Les dessous de l'assiette

Ce blog, c'est un peu ma croisade pour une bouffe saine et un "marketing honnête" (si ça existe). Je décortique des étiquettes de produits alimentaires, Je gratte le discours marketing, je passe des labels à la moulinette, je ponce des recommandations nutritionnelles.

Toasty : et les Allemands inventèrent le cochon carré

Colette Roos
Journaliste
Publié le 02/11/2010 à 17h34


On dit que bien manger coûte de l’argent. C’est vrai. Mais bien manger coûte surtout du temps. Prenez un wiener schnitzel, par exemple, cette escalope à la viennoise. Un plat délicieux, pas spécialement sophistiqué, qu’on met pourtant davantage de temps à préparer qu’à engloutir.

Il faut d’abord chemiser le morceau de viande -veau ou porc- avec un peu de farine, fouetter un œuf avec un peu de lait, disposer de la chapelure dans une assiette, passer les deux faces de l’escalope dans la chapelure, renouveler l’opération parce que la moitié de la chapelure s’est fait la malle et l’autre moitié a décidé de former d’inesthétiques grumeaux, mettre à frire dans de l’huile chaude, sursauter parce qu’on reçoit une ou deux éclaboussures.

Il faut ensuite poser une grille sur la poêle pour que ça ne se reproduise pas, en profiter pour jeter un coup d’œil au plan de travail maculé de gouttelettes grasses, s’apercevoir par la même occasion que le sol est constellé de chapelure, couper une rondelle de citron, enlever l’écorce s’il s’agit d’un citron traité bourré de pesticides, couper le feu, poser l’escalope panée sur une grille ou un morceau de papier absorbant pour enlever l’huile superflue et, enfin, dresser l’assiette avec l’escalope et la rondelle de citron.

C’est le moment où on court à table parce que ça refroidit et ça ramollit très vite. (Voir la vidéo)

Heureusement, le groupe allemand Tillman’s a une solution. « Don’t call it schnitzel ! », dit la publicité, au cas où on aurait été tenté de qualifier de schnitzel cette dosette de viande enrobée de chapelure industrielle et emballée dans un sachet jaune moutarde.

Toasty -c’est le nom de la trouvaille de Tillman’s- est le fils artificiel de monsieur Poisson pané et de madame Baguette. Papa lui a donné son impeccable silhouette carrée. Et Maman, son goût pour le grille-pain.

Temps de préparation : trois minutes


Publicité pour Toasty (Tillman’s)

Le chef de produit a mis au point une, deux, trois recettes, pour toutes les envies, toute la famille, toute la journée. Il y a le néo-schnitzel de porc, donc. Son petit-frère, le poulet carré. Et enfin, pour le petit déjeuner (c’est écrit sur le paquet), le « bacon & egg breakfast » qui, lui, tient davantage de son cousin germain, le cordon bleu, avec son fourrage couleur crème indistinct et ses petits morceaux de viande indéfinie.

La bonne surprise, c’est que ce « petit déjeuner » contient, pour une portion de 70 grammes, 2 grammes de sel, soit l’équivalent de ce dont le corps a réellement besoin pour quatre jours d’après l’OMS. C’est assez pratique.

Autre bonne nouvelle, le Toasty, directement sorti du congélateur, est prêt en trois minutes seulement. Le site précise gentiment -on ne sait jamais- qu’il faut TOUJOURS (pas une fois sur deux, hein) « enlever le Toasty de son sachet » avant de l’enfoncer dans le grille-pain.

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  • nono le simplet
    nono le simplet
    nihil scio nisi scio quod nihil (...)
    • Posté à 17h55 le 02/11/2010
    • Internaute 9767
      nihil scio nisi scio quod nihil (...)

    moi j’élève des poules carrées sans plumes qui adorent se rouler dans la chapelure et comme les os sont mous il suffit de leur faire croire qu’il y a à manger dans le grille-pain ...
    de plus, sous l’effet de la surprise et de la douleur elles pondent un oeuf et j’ai, pour peu que je sois prêt avec du gruyère, un super croque-monsieur au poulet ...
    pour les porcs je suis tenté mais le porc ne pond que très rarement quand il a mal et le petit déjeuner risque de toutes façons d’être trop copieux ...

  • Ermite
    Ermite
    Consultant IT
    • Posté à 18h09 le 02/11/2010
    • Internaute 37758
      Consultant IT

    Le problème en soi n’est pas qu’un industriel ait « industrialisé » le schnitzel.
    Le problème est que cet industriel utilise des produits de base de la plus basse qualité pour ce faire.
    Et pas tant pour baisser au maximum le prix que pour maximiser au mieux la marge (et ne soyons pas bêtement naïf, s’il maximise la marge, ce n’est certes pas pour mieux payer ses employé(e)s).

    Au fait, c’est vendu combien, cette « chose » ?

    Conseil : commencer à préparer des schnitzels le week-end, quand vous avez du temps. Au bout de quelques tentatives, vous maitriserez le sujet, Et au bout de quelques-unes de plus, vous ferez ça en deux temps trois mouvements. Et pour le même prix (ou peu s’en faut), vous aurez de la meilleure qualité dans votre assiette. Avec en plus la satisfaction de pouvoir vous la raconter devant votre famille ou vos ami(e)s. Je conseille l’approche « faux modeste » (genre « non mais le schnitzel c’est rien en fait, il faut juste prendre le coup »). : -)

  • Thalie 54
    Thalie 54
    rêveuse
    • Posté à 18h22 le 02/11/2010
    • Internaute 81894
      rêveuse

    Je trouve que l’emballage, en particulier le rouge, a un petit air rétro (années 60)... Serait-ce voulu pour nous faire songer à une recette de grand-mère ? ? ?
    Remarquez que la situation actuelle est tout bénef pour les gloutons du pognon : Ils nous font travailler plus pour que nous ayons moins de temps pour les plaisirs de la vie (cuisiner et bien manger en tête) et, du coup, nous contraindre à nous rabattre sur leur m.... qui nous nous fait claquer à veille de la retraite.
    Qui dit mieux ?

  • Marie Morgane Kerouedan
    Marie Morgane Kerouedan
    Chercheuse autodidacte en (...)
    • Posté à 18h50 le 02/11/2010
    • Internaute 105418
      Chercheuse autodidacte en (...)

    Bonsoir,

    Un, voire « le » truc dingue dans ce genre d’affaire, c’est qu’il y ait des acheteurs potentiels... L’homme - ici l’industrie agroalimentaire- est capable de réaliser un paquet de « saloperies », c’est une chose avérée, mais pourquoi trouve-t-il des débouchés pour ces « saloperies en question » ? Parce qu’il y a des gens prêts à payer pour en savoir.
    Et ça c’est vraiment dingue !
    Marie Morgane
    Lien

  • Homer555
    • Posté à 20h07 le 02/11/2010
    • Internaute 45141

    En même temps, on trouve depuis longtemps des schnitzels surgelés et préparés industriellement en Allemagne. C’est juste qu’ils ne sont pas carrés. Mais autrement c’est un peu près la même chose.

  • Philippe Leclercq
    Philippe Leclercq
    dilettante
    • Posté à 23h03 le 02/11/2010
    • Internaute 64790
      dilettante

    Bon, j vais vous donner le truc pour paner une escalope, ou quoi que ce soit, sans en foutre partout. Il vous faut
    - Un sac en plastique pour la farine
    - Un sac en plastique pour la sciure
    - Un plat creux pour l’oeuf battu
    Vous mettez l’escalope dans le sac contenant la farine, vous secouez, vous récupérez l’escalope, vous la secouez un peu pour faire tomber l’excédent de farine, vous la passez dans le plat creux contenant l’oeuf battu, puis vous la mettez dans le sac contenant la chapelure, vous agitez, vous récupérez l’escalope dûment panée, vous la secouez pour faire tomber l’excédent de chapelure, un petit peu de sel, puis vous la posez délicatement dans une poële contenant un peu de beurre clarifié (ou un peu de beurre avec un soupçon d’huile d’arachide pour éviter qu’il noircisee) et vous cuisez à feu doux.
    Vous pouvez utilement incroporez à la farine le sel, le poivre, des épices...

    Bon, c’était la minute de mamie Françoise.

    Sérieusement, les gens bouffent n’importe quoi !
    « L’homme se nourrit, seul l’homme d’esprit sait manger » disait Brillat-Savarin.
    Qu’est-ce que je disais...

  • vispacem
    vispacem
    incertaine mais pas parabellum
    • Posté à 07h15 le 03/11/2010
    • Internaute 75529
      incertaine mais pas parabellum

    bof on avait déjà les bâtonnets de poissons panés (made in France) à 2€ les 400 gr ce qui induit à réfléchir avec quoi ils sont faits, mais ce pauvre industriel allemand est hélas en retard, pour être un vrai innovateur il devrait utiliser de la viande de porc fabriquée en laboratoire

    Lien

  • watashi_baka
    watashi_baka répond à alberte
    ...
    • Posté à 10h06 le 03/11/2010
    • Internaute 47330
      ...

    En fait il y a un vrai paradoxe Allemand, en ce qui concerne la bouffe,

    Outre la merdre industrielle que l’on trouve aussi en France.

    Il suffit de faire un tour dans n’importe quelle galerie marchande pour voir presque côte à côte :
    -Le vendeur de saucisses, burger, bagel et autre junk food consomé à toute heure de la journée
    -Les boutiques bio/végétarienne, ou l’on peut déguster sa salade 4 saison ou acheté son tofu.
    pour completer le paradoxe, on trouve aussi des salles de fitness a chaque coin de rue.

    Donc le coté bouffe et santé est assez complexe en fait.

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