A Montpellier, la potion magique du sorcier Emmanuel Krivine
Avec l’aide des pianistes Jean-Yves Thibaudet ainsi que Katia et Marielle Labèque, le soutien efficace des compositeurs Gershwin, Braunfels et Dvorak, le chef d’orchestre Emmanuel Krivine a réchauffé un Montpellier glacé malgré la chaleur de son festival.
Le festival de Montpellier, c’est 180 concerts pendant quinze jours, dont 75% gratuits, 140 000 spectateurs en 2008, une invention permanente jaillie du cerveau en ébullition de son directeur et fondateur il y a 25 ans, le compositeur René Koering.
Koering est fou de curiosité, et de curiosités. Fanatique de l’anti-dogmatisme, il veut tout faire entendre à son public, qu’il considère aussi fureteur que lui. Koering, c’est « je pense, donc eux aussi ».
Des raretés saugrenues ou fascinantes
Alors, du matin jusqu’au soir, de Montpellier jusqu’aux plus petites villes de la région Languedoc Roussillon, se déroulent des concerts de jazz, de musiques du monde, des créations, des raretés saugrenues ou fascinantes.
Au milieu de tout ça, Beethoven, Brahms ou Bach qui ont l’air d’aller très bien. Comme Emmanuel Krivine, à la tête de l’Orchestre Philharmonique de Luxembourg et pour deux soirs à Montpellier.
L’occasion de l’entendre en France diriger cette formation est rare. Sa venue était donc une véritable aubaine, et, mieux que rassuré, on le retrouve tel qu’en lui-même : animé par un sens implacable du rythme implacable, habité par la pulsation interne de la musique, il a laissé couler les flots turbulents de la « Septième symphonie » de Dvorak comme un maître artisan.
Pour lui, tout le succès de cette interprétation revenait à l’orchestre, avec ses dix huit nationalités « qui forgent la sonorité », son premier violon Philippe Koch, « héritier d’une grande tradition musciale ». Il en est ébloui comme un enfant.
« Une musique qui tient à ma peau »
La veille, il dirigeait le Concerto en fa majeur de George Gershwin interprété par le pianiste Jean-Yves Thibaudet, né à Lyon en 1961, qui s’est fait une spécialité de cette oeuvre.
« Je l’ai jouée des dizaines de fois, nous dit-il. La première fois, j’avais 14 ans, c’était à Marseille, dans le parc Borelli. J’aime défendre ce concerto, c’est une musique qui tient à ma peau. Je vais l’enregistrer pour la première fois en novembre, aux Etats-Unis. Sur ce disque, il y aura quelque chose d’inédit que vous découvrirez bientôt.... » .
Cette musique qui lui tient à la peau, il l’a défendue comme un beau diable à Montpellier. Electrique, passionné dans Gershwin, Thibaudet dévoile dans son bis, un « Nocturne » de Chopin, qu’il sait aussi livrer être pudique et des secrets en demi-teintes.
Quand Faust se met de la partie
Dans le même concert, avait lieu une création française tirée du chapeau de René Koering : une oeuvre de Walter Braunfels, « Apparitions fantastiques sur un thème d’Hector Berlioz pour orchestre » (1914-1917).
Entre Gershwin, l’Américain pétri de jazz et Walter Braunfels (1882-1954), l’héritier de l’expressionnisme allemand, un gouffre. René Koering aime faire perdre l’équilibre. « Sarcasmes » aurait pu être le titre de ces Apparitions, si Prokofiev ne l’avait déjà utilisé deux ans auparavant pour des pièces pour piano et si Braunfels ne s’était inspiré de Berlioz, à la fois à travers la « Damnation de Faust » et la « Symphonie fantastique ».
Grimaçantes et horrifiques, ces Apparitions sont comme la mise en musique de l’enfer de la Première Guerre mondiale. Une belle découverte, somptueusement dirigée par Krivine malgré tous ses pièges rythmiques.
Une « Haine » à suivre
Koering adorant fouiller dans les placards de l’histoire de la musique, « Zaira », un opéra de Bellini jamais joué en France, avait ouvert le festival quelques jours auparavant.
Et puis, il y eut la création mondiale de « La Haine », une musique de scène de Jacques Offenbach, écrite par l’auteur des Contes d’Hoffmann sur une pièce de Victorien Sardou avec Dörte Lyssewski, Fanny Ardant, Gérard Depardieu. A suivre…
- 2465 visites
- 1 réactions









Bonne
Bonne
Enfin,
arriver au 23 juillet sans parler de Musique !
et des differents « festivaux » ___ça commençait à manquer !
Mais bon , ça y est c’est parti ...
C’est vrai que notre Emmanuel Krivine travaille fort et bien
et quelle belle sonorité à l’orchestre .
Je n’ai pas eu la joie de l’entendre comme vous à Montpellier
Mais cet hiver passé à Aix il nous à » régalé » comme on dit
dans le coin,avec un programme tres XVIII ème siècle .
Que de bons moment ,et un superbe souvenir .
Encore une tite chose ...
Vous n’étes pas sans ignorer de la disparition
d’un des pilliers de la musique de chambre en été Provençal .
Le festival de quatuors à cordes du Luberon (33 ans d’exitence)
aura vécu ___Je ne suis pas à même de vous donner
toutes les raisons de l’arrêt ,mais j’avoue humblement
que ça me fait mal .J’étais un habitué de cette pure merveille
qui disparait _Sans que personne ne s’en offusque _hélas _
Bravo à sa fondatrice /MMe Odile Pierre_Chrétien .
à ses amis ,et à la ferveur avec laquelle elle dirigea
de mains de maitre ces années innoubliable .
Ce festival ,dans sa grande qualité internationale ,
et ce avec des prix défiants toute concurence est à
Remercier encore et toujours .
Il est vrai aussi qu’avec cte crise ...l’art passe à la trappe _____
Quant au festival de piano_voisin _de Silvacane ,
les 3 coups approchent ...




Partager