Drôles de gammes

La musique classique sans frac ni claque, par Nathalie Krafft.

Ecoutez les deux singles que Mozart vient de sortir

Nathalie Krafft
Journaliste
Publié le 02/08/2009 à 17h30


Partition de l’une des deux compositions inédites de Mozart rendues publiques par le Mozarteum (Calle Toernstroem/Reuters)

Mi juillet était annoncée la découverte de deux partitions de Mozart dans la bibliothèque même du Mozarteum de Salzbourg. Quelques jours plus tard, le 2 août, elles étaient jouées à Salzbourg par le claveciniste Florian Birzak. A votre tour découvrez ces pièces qu’une main malencontreuse avait plongées dans le néant.

Sans nom d’auteur, les oeuvres consistent en un mouvement de concert assez long (cinq minutes) et d’un prélude. Elles étaient « cachées » à la fin du « Cahier de musique de Nannerl » (la soeur de Wolfgang), constitué par leur père Leopold pour l’éducation pianistique de ses enfants.

Les deux pièces étaient jusqu’à présent considérées comme anonymes, mais le très sérieux département de musicologie du Mozarteum les a formellement identifiées : elles ont été écrites par Mozart enfant.

Audio file

Mouvement de concerto inédit de Mozart (numéro 50)

Prélude (n° 51)

Audio file

Prélude inédit de Mozart (numéro 51)

Mouvement de concerto (n° 50)

Un « molto allegro » très virtuose

Né en 1756 et mort en 1791, Mozart a commencé à composer dès l’âge de 5 ans. Il avait sept-huit ans quand il a écrit ces deux petites pièces et ne savait pas encore noter la musique ; c’est donc son père qui qui le faisait tandis que son fils jouait.

Le mouvement de concert, « Molto Allegro », semble être le premier mouvement d’un Concerto pour clavecin et orchestre en sol majeur, dont seules sont notées les parties de clavecin.

Le pianiste, chercheur et compositeur Robert D. Levin, qui a déjà achevé des oeuvres de Mozart et aussi de Jean-Sébastien Bach, a été chargé de composer l’accompagnement orchestral. L’ensemble sera joué en janvier 2010 à Salzbourg.

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  • jeffouletofou
    jeffouletofou
    cddiste
    • Posté à 19h33 le 02/08/2009
    • Internaute 43444
      cddiste

    on se croierai sur un commodore 64 en train de charger un jeux

  • A déménagé le 19 avril
    • Posté à 20h36 le 02/08/2009
    • Internaute 24605

    Trop fort ce Wolfgang !

    Mais ce qui m’épate le plus c’est qu’à 7-8 ans il ne savait pas encore écrire la musique alors qu’il pratiquait intensément depuis 5 ans au moins...
    Quand je pense à tous ceux qui ont été dégoutés d’apprendre à jouer d’un instrument à cause de l’apprentissage obligatoire (et éliminatoire) du solfège. Quelle hécatombe de génies potentiels !

    Y-a-t-il quelqu’un qui a des infos sur les méthodes d’apprentissage de musique de l’époque ?

  • lally
    lally
    professeur
    • Posté à 20h37 le 02/08/2009
    • Expert 51226
      professeur

    Merci de nous faire bénéficier de l’écoute.
    C’est vraiment très émouvant.

    Le premier morceau fait penser à une pièce de récréation et de défoulement dans son côté vif et enjoué. J’imagine bien le petit Mozart en train de le jouer pour se détendre après une journée un peu stressante. Le second morceau, très construit utilise une grande richesse de motifs. Peut-être un projet pour une présentation publique...

  • vol19
    • Posté à 21h08 le 02/08/2009
    • Internaute 13492

    Y a t-il un autre auteur qui ait pu produire une oeuvre, une musique qui traduit ainsi la « grâce », s’écoute à tout heure du jour, résolument intemporelle ?
    Un mystère ? Un miracle ? ... qui réconcilie parfois de notre « charmante » espèce humaine... qui ne lui a d’ailleurs pas fait beaucoup de cadeaux. Merci !
    Pour qui se questionnerait sur le sens du mot « sublimation » ?

  • Tita
    Tita
    oiseau
    • Posté à 21h53 le 02/08/2009
    • Internaute 7659
      oiseau

    Argh, à écouter, on sent, voire on devine, que dans la tête du gamin qui composa ce Mouvement de concerto, le clavecin n’est pas seul (par les temps morts, notes qui tapent simplement le tempo sur plusieurs mesures, etc.). Le clavecin était accompagné. Il est dommage, voire très dommage, que le même artiste n’ait pas pu écrire via son papa les partitions des autres instruments qui accompagnaient et qui devaient donner par leur ensemble l’allure finale de cette pièce musicale.

    Sans remettre en cause les compétences de Robert D. Levin, ce dernier n’est pas Mozart ; mais c’est un chalenge pour lui de tenter de retrouver ce que ce gamin avait de génie.

    En tout cas, beaucoup de fan de mozart (et j’en suis) seront fort curieux d’écouter le résultat du travail de Robert D. Levin. Bon courage et lui, et surtout, bonne inspiration !

  • kasherhallal
    kasherhallal répond à L08
    pour le métissage
    • Posté à 23h33 le 02/08/2009
    • Internaute 66968
      pour le métissage

    merci, je ne sais pas qui est le pianiste, mais je préfère l’interprétation du même concerto (pas du même passage) par Horowitz, moins « legato », plus vif

    Quant aux 2 passages retrouvés, je les trouve assez hallucinants de technicité tout en restant très harmonieux mozartien. Une découverte (c’est le cas de le dire).

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