Drôles de gammes

La musique classique sans frac ni claque, par Nathalie Krafft.

« Impempe Yomlingo » : Mozart joué sur marimbas

Nathalie Krafft
Journaliste
Publié le 12/10/2009 à 10h27

« La Flûte enchantée » de Mozart interprétée par une troupe née dans les townships sudafricains et réorchestrée pour marimbas, c’est le spectacle décapant que propose le Théâtre du Châtelet à Paris.


Photo DR

Cette « Flûte », baptisée « Impempe Yomlingo », a vu le jour en 2007 en Afrique du Sud, au Bax Theatre du Cap, avant de connaître à Londres un beau succès. Au point de remporter en 2008 un Laurence Olivier Award.

La voilà au Châtelet jusqu’au 18 octobre, après avoir été précédée d’une « Flûte » habituelle. Sur la scène, Isango Portobello, troupe de trente trois musiciens, danseurs, chanteurs, et choristes et un orchestre de douze marimbas et percussions africaines. Les voilà en répétition. (Voir la vidéo)


La Reine de la nuit. Photo DR

Les musiciens jouent sans partition sur des instruments traditionnels africains : les marimbas (sorte de xylophones), des percussions et une trompette. Placés de part en part de la scène, ils sont dirigés par un chef d’orchestre, Mandisi Dyantyis. Ils chantent aussi parfois avec les chœurs ou les chanteurs, tandis que Mandisi Dyantyis joue parfois lui aussi.

Le livret a été adapté en anglais avec des passages en zoulou et swana, la représentation dure deux heures (au lieu de deux heures trente d’habitude). Résultat ?

C’est bien du Mozart que l’on entend, pas à la lettre évidemment, mais dans l’esprit complètement. Le choix de l’œuvre pour une telle transposition est très pertinent.


Papageno et Papagena. Photo DR

Dans la tradition tsonga, la foudre est causée par des oiseaux que seule la musique d’une flûte peut empêcher de tout détruire.

Mozart chez lui dans les townships

Chez Mozart, la flûte est aussi une métaphore des pouvoirs infinis de la musique. Le travail mené par Isango Portobello poursuit d’une certaine façon la métaphore mozartienne : la musique peut tout, elle est sans frontières.

« La Flûte enchantée », créée en 1791, l’année de la mort de Mozart, dans un petit théâtre populaire de Vienne, est parfaitement à son aise dans les townships du Cap.


Choeur. Photo DR

Le chœur et les chanteurs, excellents (ils ne sont absolument pas sonorisés) sont aussi de formidables acteurs, très drôles et d’une gaité communicative.

Les musiciens sont d’authentiques virtuoses, personne ne se prend au sérieux mais chacun est professionnel. Tout est réglé au millimètre près alors que l’ensemble donne une impression de naturel et de spontanéité. Deux heures de pure réjouissance.

Impempe Yomlingo - au Théâtre du Châtelet - les 14, 15, 16, 17, 18 octobre.

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  • Guy Valte
    Guy Valte
    Parisien abonné au gaz
    • Posté à 14h49 le 12/10/2009
    • Internaute 24462
      Parisien abonné au gaz

    et en plus, c’est sublime d’humanité.

  • Lionel06
    Lionel06
    Minoritophile et alter-natif
    • Posté à 20h07 le 12/10/2009
    • Internaute 30683
      Minoritophile et alter-natif

    Waow, ça fait chaud au cœur !

    Vivement de le voir en France (en spectacle ou en retransmission).

  • ron-ron
    • Posté à 03h05 le 13/10/2009
    • Internaute 37198

    Le style me rappelle « Labarena : Bach to Africa », album sorti en 1999 en hommage à Albert Schweitzer. Même si ce dernier intègre plus d’éléments « occidentaux », comme l’orgue.

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