Drôles de gammes

La musique classique sans frac ni claque, par Nathalie Krafft.

Le compositeur polonais Henryk Gorecki est mort

Nathalie Krafft
Journaliste
Publié le 14/11/2010 à 13h37

Gorecki, c’est lui qui avait bousculé la croyance selon laquelle la musique contemporaine n’était accessible qu’à une poignée de mélomanes ennemis de la jouissance : sa « Troisième symphonie » dite « des Chants plaintifs » s’était vendue à plus d’un million d’exemplaires dans le monde. Il a quitté le monde des vivants le 12 novembre.


Henryk Gorecki (photo DR)

Pas besoin d’avoir arpenté les labyrinthes de la musique contemporaine pour avoir entendu cette « Troisième symphonie » écrite pour soprano et orchestre.

Composée en 1977, créée la même année au festival de Royan en France et dédiée aux victime de l’Holocauste, elle était passée inaperçue jusqu’à son enregistrement en 1992 par le label Nonesuch qui en fit un succès planétaire. Elle était interprétée par le London Sinfonietta dirigé par David Zinman avec la
soprano Dawn Upshaw.

D’après Gorecki, une oeuvre lente et ennuyeuse

« Comment les jeunes peuvent-ils s’intéresser à une oeuvre aussi lente et aussi ennuyeuse ? » s’était à l’époque interrogé Gorecki...

Les textes qu’il avait choisis sont une lamentation du 15ème siècle, une mélodie populaire de Silésie et les mots d’une adolescente, arrêtée par la Gestapo, écrits sur le mur de sa prison. Voici un extrait du deuxième mouvement, qui, comme les deux autres qui composent la symphonie, s’articule autour d’une voix féminine.

Né le 6 décembre 1933 près de Katowice où il est mort vendredi dernier, Henryk Gorecki commence à étudier la composition relativement tard, à 19 ans, après avoir étudié le violon. Très vite, il revêt des habits souvent portés à l’époque, ceux de l’avant-garde la plus prospective.

Dans les années soixante dix, il crée son propre univers, habité par des mélodies populaires polonaises et les chants sacrés les plus anciens. Son langage se dépouille à l’extrême, une simplification stérile pour certains, le gage d’une plus grande accessiblité à tous les publics pour d’autres. En tout cas, pour certains, Gorecki a rejoint la cohorte des compositeurs dits minimalistes sacrés, comme Arvo Pärt ou John Tavener.

Malade depuis un certain temps, il continua à composer pour le quatuor à cordes Kronos Quartet, fidèle parmi les fidèles. « Si vous pouvez vivre sans musique pendant deux ou trois jours, alors n’en écrivez pas, c’est mieux de passer son temps avec une fille ou avec une bière. » Les filles et les bières, c’était pas pour lui.

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  • 4 réactions
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  • Hulk
    Hulk
    Gros con de droite
    • Posté à 06h55 le 16/11/2010
    • Internaute 108405
      Gros con de droite

    Un million !

    Mais qu’est-ce que c’est que ce compositeur polonais qui vient manger le pain de la bouche de nos compositeurs français à nous ? Je croyais que la directive Bolkenstein avait été rejetée ?

    • Numerosix
      Numerosix répond à Hulk
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 08h15 le 16/11/2010
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      Tu manques pas d’aplomb ..

  • Daniel Zéro-
    Daniel Zéro-
    Re - traité
    • Posté à 07h22 le 16/11/2010
    • Internaute 96621
      Re - traité

    Pour une fois, tais-toi !

    Écoute l’extrait proposé dans l’article.

    Personnellement je préfère l’interprétation de Dawn Upshaw (Soprano) avec le London Sinfonietta dirigé par David Zinman dont tu pourras trouver un extrait là :

    Lien

  • DISASTROUS
    DISASTROUS
    artiste assez maladroit
    • Posté à 10h01 le 16/11/2010
    • Internaute 89589
      artiste assez maladroit

    Immense compositeur, à noter qu’ à l’époque où il écrit il fallait oser aller contre le diktat de la musique atonale, quitte à passer pour un réac obscurantiste. Dans la même lignée il y a eu Arvo Päärt et Shimanowsky. Ce groupe reprenant manifestement le flambeau de Gustav Mahler. En peinture on pourrait comparer Gorecky à Lucian Freud.

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