Drôles de gammes

La musique classique sans frac ni claque, par Nathalie Krafft.

Classique : ça sonne comment un orchestre d'amateurs ?

Nathalie Krafft
Journaliste
Publié le 21/03/2011 à 15h05

Une des dernières initiatives des institutions musicales dans leur quête de nouveaux publics est la formation, au Grand Théâtre de Provence (GTP), d’un orchestre d’amateurs placés sous la houlette des « grands frères » de l’Orchestre national de France. Et ça sonne comment un orchestre d’amateurs ?

Comme ça ! Ecoutez-les dans une « Danse hongroise » de Brahms. Au premier plan du pupitre de violoncelles, Pauline, 7 ans, et Françoise, 74 ans. (Voir la vidéo)

Revenons à l’origine du projet : d’un côté le Grand Théâtre de Provence, un nouveau-né qui a grandi à toute allure et su trouver, en quatre ans, sa place dans la famille des salles de concert et d’opéra. De l’autre, Radio France et ses quatre formations musicales (Orchestre national de France, Orchestre philharmonique de Radio France, les chœur et maîtrise), plutôt vieille dame en quête de cure de rajeunissement.

La vieille dame et le nouveau-né

L’un a faim de légitimité, l’autre soif de jouvence. En 2010, c’est décidé : la vieille dame et ses quatre enfants (les formations musicales) vont aller habiter quelque temps (ça s’appelle une résidence) chez le nouveau-né flatté de se voir confier une telle aïeule.

Pour symboliser l’esprit d’ouverture de cette résidence, il est décidé de créer un orchestre d’amateurs de tous les âges, de tous les horizons et de tous les niveaux, qui serait bâti avec la complicité de membres de l’Orchestre national de France. Une façon d’intégrer ces musiciens « parisiens » dans le paysage aixois.

Des musiciens de 7 à 77 ans

Cinq cents candidatures ont été envoyées, 92 ont été retenues. L’âge des élus ? De 7 ans (Pauline, violoniste) à 76 ans (Joël, flûtiste).

Et parmi ceux-ci, des familles : un frère violoncelliste et ses deux soeurs, l’une violoncelliste (la petite Pauline) l’autre violoniste. Ou des grands-parents (le grand-père trompettiste, la grand-mère violoniste) « jouant le jeu » avec avec leur petit-fils, Clément, 8 ans, flûtiste, qui les a entraînés dans l’aventure.

En participant à cet orchestre, Françoise, 75 ans dans l’année, exauce son voeu le plus cher, elle qui s’est mise au violoncelle à 60 ans et à qui il a fallu quatre ans avant de jouer juste… (Voir la vidéo)


Du médecin en passant par le légionnaire (deuxième violon solo), du pilote d’avion aux retraités, commerçants ou étudiants, ces amateurs viennent de tous les horizons... Parmi eux, des vocations musicales contrariées, dont cet orchestre vient panser les blessures.

Comme Michel, un tromboniste de 73 ans, étudiant au Conservatoire de Paris appelé au moment de la guerre d’Algérie pour trente mois de service militaire. Au retour, il a dû renoncer.

Des leçons virtuelles

Depuis novembre 2010, ils ont travaillé dur les partitions spécialement arrangées en fonction de leur niveau par l’orchestrateur Yvan Boumans. Des vidéos où des musiciens leur donnaient des conseils techniques avaient été filmées et mises en ligne. Ces leçons virtuelles leur ont permis de travailler seuls le programme entre les huit séances de travail prévues avant le concert. Une séance de travail filmée par Radio France. (Voir la vidéo)

C’est le grand soir. La répétition générale permet à Takuo Yuasa, le chef japonais qui semble vivre cette expérience avec le même enthousiasme que les musiciens, de régler les derniers détails, et à Marc-Olivier de Nattes, le violoniste de l’ONF qui a encadré l’ensemble du projet, de prodiguer ses derniers conseils.

A 20h30, les amateurs s’avancent comme de vrais « pros » sur la scène du Grand Théâtre de Provence. Terriblement concentrés, ils se lancent à fond dans la première « Danse hongroise » de Brahms du concert, avec une vaillance, une concentration et une énergie qui emportent toute réticence. Salut les artistes !

  • 9965 visites
  • 51 réactions
Vous devez être connecté pour pouvoir commenter : ou créez un compte
  • Srgvlt
    Srgvlt
    Twitter @srgvlt
    • Posté à 15h13 le 21/03/2011
    • Internaute 23660
      Twitter @srgvlt

    Dans le même temps you tube faisait la même chose à sydney avec des amateurs du monde entier et retransmission en direct sur le web.

    ça a l’air d’être à la mode, dites-donc. Alors même qu’on assiste dans tous les domaines à une professionnalisation croissante, le spectacle s’entiche des amateurs.

    • Schrödinger
      Schrödinger répond à Srgvlt
      Poli et gentil. Très rue89.
      • Posté à 16h12 le 21/03/2011
      • Internaute 41709
        Poli et gentil. Très rue89.

      « le spectacle s’entiche des amateurs. »

      C’est pas cher un amateur bénévole...

      • RG 1710
        RG 1710 répond à Schrödinger
        Musicien
        • Posté à 18h28 le 21/03/2011
        • Internaute 56629
          Musicien

        Cela dit, c’est génial pour les amateurs de pouvoir faire un projet comme celui-là. Les arrières-pensées économiques sont peut-être là, mais c’est un fait.

        C’est un fait aussi que l’on ne trouve pas le même enthousiasme chez les pro et chez les amateurs.

         
        • Srgvlt
          Srgvlt répond à RG 1710
          Twitter @srgvlt
          • Posté à 18h42 le 21/03/2011
          • Internaute 23660
            Twitter @srgvlt

          si les amateurs peuvent remplacer les pros, alors...

          on retrouve les mêmes problèmes dans le champ muséal. cela avait été abordé dans un article de la rue, disant que n’importe qui était appelé à définir le contenu des expositions, ce qui à mon sens témoigne peut-être de ce que les institutions peineraient à fournir du contenu innovant. l’idéal de l’expérience google : ne retrouver que ce que l’on a déjà cherché, construire un monde autour de l’internaute où rien de nouveau n’arrive.

          • RG 1710
            RG 1710 répond à Srgvlt
            Musicien
            • Posté à 08h05 le 23/03/2011
            • Internaute 56629
              Musicien

            Je ne dis pas que « les amateurs peuvent remplacer les pros ». Mais il faut d’abord s’entendre sur ce qu’on appelle « pro » et « amateur ».

            J’ai rencontré des amateurs qui jouaient comme des pros. Par exemple, un prof en prépa, que je connais, qui a toujours travaillé son instrument intelligemment et passionnément et dont le niveau est celui d’un pro. Ce n’est pas le cas le plus fréquent mais ça existe.

            D’un autre côté, il y a aussi des professionnels non passionnés, qui ne travaillent plus leur instrument dès qu’ils ont un poste. Ça existe aussi (pas que dans la musique).

            Tout instrumentiste ayant passé plusieurs heures par jour, pendant plusieurs années, à travailler un instrument pour le maitriser et décidé d’y consacrer sa vie mérite un salaire décent et c’est normal. Le piège, comme partout, c’est que le salaire attire aussi des gens qui font de la musique « pour l’argent », et dont la motivation artistique est moindre.

            Je fais bien la distinction entre un projet comme celui qui est décrit là, et qui ne me parait pas vouloir remplacer les orchestres professionnels. Des orchestres amateurs, il y en a toujours eu. Les amateurs ont quand même bien le droit de jouer des grandes œuvres pour orchestre, non ? Du moment qu’elles sont à leur niveau. La suite de Bizet et la danse hongroise de Brahms que l’on entend sur la video sont connues pour être techniquement abordables.

            Je ne sais pas si les arrières-pensées sont là, dans ce projet. Je me suis laissé dire que les régions qui n’ont pas d’orchestre à financer sont bien contentes, et que les régions qui ont un orchestre se demandent comment s’en débarrasser. Dans beaucoup de villes, ce qui fait office d’« orchestre » regroupe les professeurs du conservatoire, avec les meilleurs élèves, mais c’est rarement un « grand orchestre », et l’on se contente de ça. Personne, dans les haut décideurs politiques, n’est intéressé par un « grand orchestre » avec un haut degré de professionnalisme et d’exigence musicale. Car ils ne font pas la différence. Comme ils gèrent en urgence et à court terme, l’intérêt de financer une activité culturelle est vite trouvé : aucun !

            Maintenant, lorsqu’un projet d’orchestre amateurs, encadrés ou non par des pros, il ne s’agit pas forcément de vouloir « remplacer les pros par des amateurs ». Dans le cas d’Aix, je ne sais pas.

        • Schrödinger
          Schrödinger répond à RG 1710
          Poli et gentil. Très rue89.
          • Posté à 15h53 le 22/03/2011
          • Internaute 41709
            Poli et gentil. Très rue89.

          Dans l’absolu je suis contre les artistes professionnels, complètement et irrémédiablement, l’art n’ayant pas à être confisqué par des gens qui se disent ou se sentent plus créatifs que d’autres...

          Mais pour cela, permettre à chacun des exprimer, il faut des moyens et des cadres, des lieux..

          Dans le monde qui est le notre, il est évident que favoriser les amateurs revient à faire l’économie d’investissements vers les professionnels, là ou il faudrait plus redéployer les moyens...

          C’est une manière de se désengager de la part de l’Etat, de donner la responsabilité de promouvoir l’acte créatif à d’autres... Tout ceci dans un sens strictement figé, muséal, dépassé, tout ceci dans la répétition des toujours identiques attributs du pouvoir... D’où la renaissance des enflures de mécène mégalo tels Pinault ou autres, qui se piquent d’art, veulent marque le territoire et en savent pas montrer la moindre once de respect pour quoi que ce soit...

        3 autres commentaires
    • argiope
      argiope répond à Srgvlt
      chatouille ou pique, c'est selon
      • Posté à 18h09 le 21/03/2011
      • Internaute 34103
        chatouille ou pique, c'est selon

      En même temps vous êtes sur un site de journalisme (à la mode ?) où les amateurs comme vous et moi sont encouragés à participer, et vous y participez.
      Ce qui ne veut pas dire que le journalisme s’entiche de vous.

      • Srgvlt
        Srgvlt répond à argiope
        Twitter @srgvlt
        • Posté à 18h43 le 21/03/2011
        • Internaute 23660
          Twitter @srgvlt

        à ce que je sache, je n’ai jamais écrit le moindre article sur rue89. si vous confondez l’article et ses commentaires, je ne peux rien pour vous. (ceci dit la rue se sert d’amateurs pour fournir du contenu en leur ouvrant ses colonnes, dans les blogs)

    • Nathalie Krafft
      Nathalie Krafft répond à Srgvlt
      Journaliste
      • Posté à 19h08 le 21/03/2011
      • Journaliste 15276
        Journaliste

      En 2009, lors de la création du « Youtube symphony orchestra », j’avais écrit un article sur le sujet dont voici le lien :
      Lien

      Il me semble que les projets diffèrent par les moyens utilisés pour leur mise en oeuvre, le You tube symphony orchestra ne devant son existence qu’à Internet et à l’ambition de Youtube de faire du trafic sur son site. Il reste qu’il s’agit dans l’un et l’autre cas d’amateurs, lesquels existent de tout temps. S’ils viennent sur le devant de la scène, tant mieux !

      • Srgvlt
        Srgvlt répond à Nathalie Krafft
        Twitter @srgvlt
        • Posté à 20h02 le 21/03/2011
        • Internaute 23660
          Twitter @srgvlt

        Je ne vois pas pourquoi tant mieux.

        On y perd en termes de :

        * conception de l’interprétation : il s’agit de faire comme l’original ;
        * innovation, créativité : on reproduit des types et des régimes artistiques connus.

        Alors certes on est habitué depuis longtemps, par la télévision - ça a débuté bien avant Star Academy : Patrick Bruel, etc.

        Mais cela reste considéré comme une forme « populaire » d’art, si tant est qu’on peut appeler « populaire » une production culturelle formatée par la télévision.

        Cela n’innove pas grand-chose, et fait plutôt plaisir à ceux qui adorant les canons s’émeuvent de ce que n’importe qui puisse prétendre à montrer sa capacité à s’y conformer.

        L’innovation n’est alors portée ni par les artistes (interprètes compris, même si c’est déjà différent), ni par les institutions, ni par les amateurs (au sens où ils pourraient proposer d’autres formes). Grande communion sentimentale dans le registre de l’autorité, kitsch académique.

  • alberich
    alberich
    fumiste
    • Posté à 16h46 le 21/03/2011
    • Internaute 84604
      fumiste

    Ça sonne comme un grand brouhaha. En même temps Brahms c’est de la merde. Un grand incompris comme on dit ^^

    • Vicfer II
      Vicfer II répond à alberich
      • Posté à 16h54 le 21/03/2011
      • Internaute 149594

      Pour votre information, Brahms, c’est n’est pas de la merde.
      Pour preuve : nous l’aimons beaucoup.
      Brahms n’est vraiment mal compris que des mal comprenants.

      • alberich
        alberich répond à Vicfer II
        fumiste
        • Posté à 17h06 le 21/03/2011
        • Internaute 84604
          fumiste

        On est bien d’accord :)))

        Je retire le qualificatif de merde qui est très exagéré. Disons d’un point de vue personnel qu’il n’aurait pas existé l’histoire de la musique n’en aurait pas été amoindrie.

         
        • Vicfer II
          Vicfer II répond à alberich
          • Posté à 17h14 le 21/03/2011
          • Internaute 149594

          Juste par curiosité,
          qui placez-vous au-dessus ?

          • alberich
            alberich répond à Vicfer II
            fumiste
            • Posté à 17h23 le 21/03/2011
            • Internaute 84604
              fumiste

            Chronologiquement, Bach, Mozart, Haydn, Beethoven, Strauss, Stravinski, Chostakovitch entre autres.

            Et bien entendu Wagner, comme mon pseudo s’en inspire.

            Mais les Brahms, Berlioz and Co, non ... pas vraiment. :)

            • Vicfer II
              Vicfer II répond à alberich
              • Posté à 18h03 le 21/03/2011
              • Internaute 149594

              Je ne vois pas Chopin dans votre liste. Pour moi il est au top, avec Brahms et Bach (juste les instants où il cesse d’être obsessionnel).

        • argiope
          argiope répond à alberich
          chatouille ou pique, c'est selon
          • Posté à 18h05 le 21/03/2011
          • Internaute 34103
            chatouille ou pique, c'est selon

          Disons d’un point de vue personnel que si Alberich n’existait pas le journalisme participatif amateur ne serait pas amoindri.

        5 autres commentaires
      • Pier O'Saughnessy
        Pier O'Saughnessy répond à Vicfer II
        enseignant
        • Posté à 18h16 le 22/03/2011
        • Expert 140794
          enseignant

        J’adore Brahms mais j’ai explosé de rire en lisant ce commentaire ...
        En tous les cas je viens d’apprendre plusieurs choses :

        1 Brahms n’est pas de la Merde. Ce qui en soit constitue une remarque intelligente et qui a le charme de faire avancer l’histoire de la musique en étayant les travaux de générations de musicologues qui ont sué sang et eau pour comprendre ce qui faisait de sorte que Brahms n’était justement pas de la Merde. Merci pour eux ^^

        2 Le fait que VOUS aimiez beaucoup Brahms constitue de manière irrémédiable la preuve qu’effectivement, (..avec le respect que nous devons aux mêmes musicologues précédent qui n’ont pas eu, car ils sont morts de leur belle mort, la Joie de vous connaître, et de se voir confirmer ainsi leurs propres recherches musicologiques) Brahms n’est pas de la Merde et loin delà... Le syllogisme était pourtant simple pourquoi ne pas y avoir pensé avant ...

        3 L’existence d’une confrérie voire d’une secte des mal comprenants qui, par pêché ou par incompréhension malfaisante ont eu le malheur de ne pas comprendre le maître. Ils constituent donc une sous culture de crétins car le vulgus pecum ,LUI, a compris Brahms et depuis longtemps... Faisant fi au passage du club inutiles des musicologues qui, depuis des années, expliquent que Brahms c’est pas comme Johnny, pour bien le comprendre faut certaines clés ...

        A mon Dieu que vous êtres rafraichissants en définitive ... Mais je me suis peut être trompé... peut être était - ce de l’humour ...

         
        • Vicfer II
          • Posté à 19h42 le 22/03/2011
          • Internaute 149594

          Je vois que vous avez donné tout ce que vous aviez.
          Nous vous félicitons et vous souhaitons bonne route.

          • Pier O'Saughnessy
            Pier O'Saughnessy répond à Vicfer II
            enseignant
            • Posté à 20h58 le 22/03/2011
            • Expert 140794
              enseignant

            Rassurez vous j’ai plus. Mais seulement pour ceux qui ont les moyens de suivre. Bonne route à vous aussi

        2 autres commentaires
      • Soulsister
        Soulsister répond à Vicfer II
        • Posté à 16h36 le 23/03/2011
        • Internaute 124688

        allez avoue, Françoise, dans la deuxième video, C EST TA MERE ! !

         
        • Vicfer II
          Vicfer II répond à Soulsister
          • Posté à 19h16 le 23/03/2011
          • Internaute 149594

          Désolé.
          Je n’ai pas vu la vidéo. D’ailleurs, je ne lis jamais les articles.
          Tout ce qui m’intéresse dans rue 89, c’est les commentaires de Vicfer II.

        1 autres commentaires
  • Vicfer II
    • Posté à 16h52 le 21/03/2011
    • Internaute 149594

    Nous aimons la musique et nous vous encourageons à poursuivre vos efforts.

  • J_P_M
    J_P_M
    N/A
    • Posté à 18h02 le 21/03/2011
    • Internaute 91451
      N/A

    Bravo pour l’auteur sans « e ». Enfin un peu de bon sens...

    • RG 1710
      RG 1710 répond à J_P_M
      Musicien
      • Posté à 18h23 le 21/03/2011
      • Internaute 56629
        Musicien

      Tellement facile de dire « c’est de la merde » sans le moindre argument...

      Je reconnais bien le génie des compositeurs cités, mais j’y adjoins Brahms sans hésiter. Bruckner, aussi... et Bartok... et Ravel... et Debussy... et Palestrina... et Josquin...

      • philéas Fogg
        philéas Fogg répond à RG 1710
        touriste
        • Posté à 18h31 le 21/03/2011
        • Internaute 46572
          touriste

        et David Guetta...

      • Pier O'Saughnessy
        Pier O'Saughnessy répond à RG 1710
        enseignant
        • Posté à 18h27 le 22/03/2011
        • Expert 140794
          enseignant

        ... et tellement facile de dire que cela n’en est pas sans le moindre argument non plus ....

        Ou bien le fait que VOUS reconnaissiez le génie de certains est donc un label ... wow ... mais qui êtes vous donc ?

        Franchement ... à la lecture de certains arguments et commentaires que je lis et qui y sont développés je commence à me demander si le milieu de la musique classique et de ces adorateurs n’est pas prompte à exclure, fermé, peuplé de pseudo intellectuels qui se labellisent à coup de noms de compositeurs...

         
        • RG 1710
          RG 1710 répond à Pier O'Saughnessy
          Musicien
          • Posté à 08h43 le 23/03/2011
          • Internaute 56629
            Musicien

          Où ai-je prétendu que le fait que je reconnaisse le génie de certains compositeurs était un label ? Je ne prétends qu’une seule chose, c’est que c’est mon opinion (et ça, je n’ai pas besoin de le prouver).

          Qui je suis ?
          Je suis instrumentiste et professeur d’écriture, ce qui ne prouve évidemment pas que j’aie raison. Je passe ma vie à lire des partitions, à les jouer, à les étudier. J’essaye parfois moi-même de composer et je suis bien obligé de reconnaitre que tous ceux que j’ai cité font preuve d’une originalité, d’une imagination, d’une expression, d’une maîtrise que je qualifie de géniale. Parce que ce qu’elles me font font vivre n’a pas d’équivalent. Parce que je suis très profondément touché lorsque je les écoute. Parce que, plus j’étudie leurs œuvres et plus je me rends compte qu’ils étaient encore plus maîtres de leur art que je ne croyais avant. Qu’ils sont d’une fabuleuse richesse.

          Maintenant, je sais bien que tout ça est « subjectif » et qu’il ne peut en être autrement en musique. Et qu’il est impossible d’expliquer avec des mots pourquoi je me permets de dire « c’est génial ». De même,qu’il m’est impossible d’expliquer pourquoi une blague est drôle.

          Qu’il y ait dans le milieu de la musique classique des gens à l’esprit fermé, ça c’est évident. Je ne me hasarderai pas sur l’estimation d’un pourcentage et me contenterai du constat que ça existe. Mais c’est comme partout et comme dans tous les milieux : les diverses formes de radicalité se font remarquer le plus souvent davantage que les autres. Les humbles, les sincères, les travailleurs de l’ombre ne sont pas sur le podium pour énoncer leurs pensées profondes dès qu’il y a une caméra. Comme pour partout, ne généralisons pas, mais soyons vigilants et ne nous laissons pas duper par les pseudo-intellectuels ou les pseudo-savants.

          • Pier O'Saughnessy
            Pier O'Saughnessy répond à RG 1710
            enseignant
            • Posté à 09h19 le 23/03/2011
            • Expert 140794
              enseignant

            Nous sommes dans un média écrit.... On n’entend pas votre son de voix, on ne capte pas votre regard ... Quand on écrit comme vous l’avez fait « JE reconnais.... “ force est de constater, à tord ou à raison j’en conviens, que ce JE prend un caractère péremptoire et assez définitif.
            Si on croise votre remarque avec certains commentaires précédents avouez que parfois on peut s’interroger...

            Je reconnais que les arguments que vous employez pour justifier l’admiration que vous portez aux musiciens que vous citez sont tout à fait dignes, honnêtes et de valeur. Je les respecte donc sans hésitation et y adhère à mon tour. Votre qualification professionnelle est aussi un gage d’expertise.
            De toute évidence, ce que je me suis permis de dire dans mon commentaire ne vous concerne pas. Il est vrai aussi que parfois j’use d’une dose de provocation, mais cet artifice permet souvent d’agir comme un révélateur avec certaines personnes.
            Le ton de votre réponse m’a, je l’avoue, apaisé et rassuré par rapport à la vision que certains se font de leur Art, et de la place qu’ils pensent y occuper.
            Je vous souhaite donc de continuer à prendre un plaisir sans cesse renouvelé et constructif, et de réussir le mieux possible dans cet Art que vous aimez et pratiquez certainement avec talent.

        2 autres commentaires
  • razoul
    razoul
    artiste
    • Posté à 18h59 le 21/03/2011
    • Internaute 139177
      artiste

    BRAVO
    Favorisons l’accès à la pratique d’un Art pour le plus grand nombre !
    L’accès au sublime n’est pas réservé à l’élite....
    ....pas plus qu’aux professionnels !

  • taist
    • Posté à 19h56 le 21/03/2011
    • Internaute 15838

    moi, je trouve ça simplement génial ! aussi simple que cela !

  • adrienden
    adrienden
    En quête de sens
    • Posté à 20h12 le 21/03/2011
    • Internaute 136586
      En quête de sens

    Super idée, super projet ! Bravo !

    Quelques questions néanmoins :

    - Que deviennent les 408 autres personnes qui se sont proposées ?
    Auront-elles aussi la chance et le bonheur d’être formé et de jouer avec d’autres professionnels un jour ?

    - J’aimerais bien savoir quels ont été les critères de sélection.

    - On peut se poser la question suivante : ces amateurs, dans ce cas précis où ils sont sélectionnés, devraient-ils être payés ?

    - Sans être mauvaise langue, l’ONF touche-t-il des subventions supplémentaires pour ce genre d’actions pédagogiques ?
    Est-ce une condition pour toucher leur subventions annuelles ? Une de celles souvent demandées par les Directions Régionales des Affaires Culturelles - DRAC

    • aimable
      aimable répond à adrienden
      plasticien
      • Posté à 09h51 le 22/03/2011
      • Internaute 70198
        plasticien

      A cette série de questions, tout en saluant l’initiative, j’ajouterais le quid de la culture musicale ?
      Des conservatoires nationaux de musique à tout les coins de rue avec un nombre impréssionnant de pratiquants, oui bravo... et pourtant ! dans nos petites préfectures, des salles désertes lors de concerts classique, concerts voir parfois purement et simplement annulés faute de public.
      Où est le public, où sont ceux qui se prétendent amateurs lorsque la même préfecture revendique 800 éléves au conservatoire départemental ?
      Dans les mégalopôles phénomène inverse, mais là élitiste en raison du coût des places.
      De même arrêtons de nous gargariser avec les salles archi comble pour ce type de concert mixte amateurs et pro.
      Chaque éxécutant amateurs à son autopublic soit en moyenne 5 personnes ( papa, maman, papy, mamy, les amis, le chien etc...)
      facile alors de remplir une salle de 2000 places - plus ecore si le concert est gratuit.
      Quid aussi du marché du cd classique, quasi disparution de celui-ci faute de vente, et le téléchargement n’en ai pas ici le principale responsable.
      Oui Bravo mais modérons notre enthousiasme, cette belle aventure est un peu hélas l’arbre qui cache la forêt.

    • Roumzaille
      Roumzaille répond à adrienden
      heureux !
      • Posté à 12h30 le 22/03/2011
      • Internaute 149726
        heureux !

      Bonjour,
      je peux répondre à vos questions puisque j’ai suivi de près ce projet :
      - Les 408 autres candidats n’auront pas forcément la chance de participer à un projet similaire. Néanmoins, on leur a proposé de venir à des répétitions de musiciens professionnels sur d’autres concerts de la saison du Théâtre

      - les critères de sélection : la nécessité de savoir décrypter une partition, de jouer d’un instrument d’orchestre. Les pianistes ne pouvaient donc y participer.
      Ensuite il s’agissait plus de leur motivation, de faire un choix éclectique et hétéroclite en terme de classe d’âge, de formation, de niveau. Il n’était pas question d’avoir uniquement des médailles d’or du conservatoire ! ! !
      donc, peut-on parler un peu de hasard : d’un certaine façon, oui car il n’y a pas eu d’audition.

      - la question du salaire des musiciens : cet orchestre n’avait pas vocation à perdurer tout d’abord. Ensuite, comment rémunérer des musiciens dont ce n’est pas le métier ? dans ce cas-là, rémunérons les gamins qui jouent dans les clubs de foot, ou bien toute personne à l’initiative d’un projet amateur.

      - Subventions supplémentaires à l’ONF :
      Je n’en sais rien. Mais j’ai vu Marc-Olivier de Nattes qui a mené ce projet. je ne suis pas sûr qu’un musicien de son rang ait été motivé pour de l’argent. ni même l’ONF. je pense que la politique de cet ensemble a été redéfinie afin de proposer des projets plus tournées vers la sensibilisation de la musique classique auprès de tous. y compris les amateurs ! n’oublions pas que les familles des musiciens sont venus voir le concert.
      Et je peux vous assurer qu’il n’y avait pas que des bourgeois. de gens qui n’auraient jamais osé passé les portes de ce théâtre l’onf ait pour la première fois et en sont ressortis avec fierté : celle de voir l’un des leurs sur une scène professionnelle, et celle d’être entré dans un lieu qu’ils ne leur donnaient pas forcément envie.
      La démocratisation de la culture, c’est aussi comme ça qu’on la gagne !

  • PASCALC
    • Posté à 21h45 le 21/03/2011
    • Internaute 39241

    NB : le Grand Théâtre de Provence est à Aix en Provence
    Vous voyez, même les pros oublient des notes.

    Faire jouer des amateurs n’est en rien pour Radio France ou le GTP une question de budget et de gain financier.

    Grâce à cette initiative, c’est le regard sur la musique classique et sa pratique qui est à l’honneur.
    Le message st simple : jouez d’un instrument, allez au concert, remplissez les salles et les opéras, remplissez vos oreilles de cette musique qui a traversé les siècles et vous verrez, vous y trouverez du plaisir.

  • jerome_munich
    jerome_munich
    (internaute)
    • Posté à 21h50 le 21/03/2011
    • Internaute 136614
      (internaute)

    Puisqu’on parle d’orchestre d’amateurs, moi je propose cet orchestre là :

    Lien

    (ou comme youtube est en mono, ce qui est quand même dommage pour du classique, il y a des exemples sur cette page ci : Lien)

    • Ditah
      Ditah répond à jerome_munich
      étudiante
      • Posté à 23h35 le 21/03/2011
      • Internaute 131482
        étudiante

      Je suis à la fois surprise et déçues de quelques des commentaires que je lis ici. J’ai fait parti des musiciens amateurs au cours de cette expérience (hautboïste) et ça restera certainement l’un de mes plus beaux souvenirs musicaux. Les musiciens de l’ONF ont été d’une gentillesse merveilleuse et d’une attention sans pareil. A ceux qui écrivent que cet orchestre n’avait aucun sens, que le résultat est pitoyable et qui rient de ce que nous avons produit, je leur répond que la mentalité française est élitiste, qu’elle étouffe l’amateurisme et que de cracher sur ce genre de projet, de s’en moquer, quelque soit le résultat, c’est tuer la musique. Vous qui aimez rire de notre travail, persévérez, continuez donc de sourire et de mépriser tout ces efforts, mais sachez que vous êtes responsable de la mort de l’Art qui ne peut pas vivre dans l’ignorance et sans amateurisme ! Vous qui prenez plaisir à détruire de vos mots notre expérience, sachez que vous être parfaitement dans l’air du temps et que le système élitiste pourri qui s’installe a besoin de vous pour s’établir...
      Quand aux autres, merci de votre soutien. Nous musiciens avons très marqué par ce concert et par toute cette expérience. Bien sûr que le répertoire était très connu. Mais nous avons redécouvert tant de chose en le jouant. Quand aux auditeurs, ils étaient ravis ! Une salle comble et des applaudissements déchaînés ! Si vous saviez de quoi nous sommes parti, vous seriez tant surpris ! QUe de progrès accomplis... Un Grand bravo à tous les musiciens et à ceux qui se sont impliqué dans ce projet ! !

    • RG 1710
      RG 1710 répond à jerome_munich
      Musicien
      • Posté à 08h54 le 23/03/2011
      • Internaute 56629
        Musicien

      Si on part sur les orchestre amateurs allemands ou autrichiens :

      Lien

      (renforcé par quelques professionnels, toutefois)

  • boboétie
    • Posté à 09h01 le 22/03/2011
    • Internaute 2816

    « Je hais les musées. Le beau me paraît quelque chose qu’il faut voir, mais non pas regarder, quelque chose qui accroche un instant les yeux pendant que l’on travaille ou que l’on va à ses affaires. Par exemple, si l’on pouvait, boire son café dans une belle tasse ; avoir devant les yeux, pendant le repas, en pleine ville, une fraîche image de prairies et d’arbres, ou, pendant que la neige tombe, les chaudes couleurs de l’été ; s’asseoir et appuyer sa main sur une noble chimère sculptée dans le bois, et usée déjà un peu par tant d’autres mains. Sortir, regarder l’heure à une belle horloge, se hâter, traverser la cour du Palais de Justice ; lever le nez en l’air pour voir s’il pleuvra et apercevoir une gargouille monstrueuse qui semble rire ; voir changer, à mesure que l’on avance, de belles perspectives, les ogives s’entrecouper, une tour se hausser derrière l’autre ; se plaire à tout cela, mais n’y point penser ; au contraire, en faire comme un fond et une trame pour d’autres pensées, c’est ainsi que j’entends le plaisir esthétique. » Alain

    La même chose pour la musique, évidemment. Mon génie du moment, c’est Ferdinand Ries. Et Beethoven me paraît bien indigeste et ... compassé. ... Peut-on séparer la fatuité ... de l’art et surtout de sa perception ?

    « Mais s’en aller, à une heure fixée d’avance, dans de grandes salles sans meubles, faire là-dedans une espèce d’inventaire ; passer d’une femme au bain à une autre femme au bain ; répandre le même regard admiratif sur le portrait d’un vieux bonhomme, sur un camp du Drap d’or, sur des couchers de soleil, sur une femme qui lit, sur un homme qui rit, sur un moine qui prie, sur une femme au masque, sur une femme au bouquet, sur une femme au gant, sur des chevaux, sur des chevreuils, sur des paniers de fruits et sur des chaudrons ; puis reprendre son parapluie au vestiaire, et raconter après cela que l’on vient de mettre un peu d’harmonie dans ses sentiments et dans ses idées, c’est à peu près comme si quelqu’un, quand la bise souffle, s’en allait dans quelque magasin essayer un vêtement bien chaud, et se promenait ensuite sous un léger pardessus, en disant qu’il ne sent pas le froid. » Alain - la suite...

  • Z
    Z
    • Posté à 11h15 le 22/03/2011
    • Internaute 2534
    • Flute
      Flute répond à Z
      amateur
      • Posté à 11h43 le 22/03/2011
      • Internaute 149720
        amateur

      Pour répondre à certains, je fait partie des musiciens ayant déposé leur candidature, et n’ayant pas été selectionné.
      Le dossier était assez simple (un mixte entre le CV musical et la lettre de motivation), mais je n’ai pas eu connaissance des critères de sélection.
      Les 2 extraits entendus me donneraient toujours, ou encore plus, envie d’y participer.
      Merci aux pros de cette initiative pour les amateurs, et merci pour cet article !

      • RG 1710
        RG 1710 répond à Flute
        Musicien
        • Posté à 08h55 le 23/03/2011
        • Internaute 56629
          Musicien

        Dur, pour les flûtistes....

  • Pier O'Saughnessy
    Pier O'Saughnessy
    enseignant
    • Posté à 13h19 le 22/03/2011
    • Expert 140794
      enseignant

    Les conservatoires et autres écoles de musique municipales ou pas forment de plus en plus de musiciens. des amateurs éclairés ou des professionnels.
    Mais je m’interroge... La Musique est comme tous les Arts un rêve que l’on voudrait caresser et s’approprier. Pour en vivre, on doit friser la perfection, même si c’est en tant qu’instrumentiste salarié d’un orchestre. Et pour arriver à en vivre, et donc devenir ce technicien de l’instrument expert, il faut travailler... travailler... travailler... Ce travail pour qu’il amène à quelque chose il doit commencer jeune. Et des cohortes d’enfants viennent donc s’assoir sur les bancs de lieux de formation en musique.
    Mais ces enfants possèdent ils le rêve ? peut on posséder à 6 ans la volonté de passer des heures devant un clavier ? Ou bien est t on en train de répondre à une demande parentale ?
    Pauline, 7 ans, puisqu’elle est nommée dans cet article, a t elle choisi de sacrifier ce qu’elle a certainement sacrifié de son enfance pour jouer dans cet orchestre ?
    Et quelles ont été les conditions de son enseignement ? Comment un prof dont la mission essentielle est de conduire ses élèves au professionnalisme (dans un conservatoire) par la réussite à des concours réagit il devant l’échec ? A t il conscience que chaque enfant possède un rythme propre et que la subtilité de l’enseignant est de savoir s’adapter ? Ou bien préfère t il favoriser un esprit de compétition forcené qui aura aussi pour effet d’écraser les plus faibles ?
    (Quand on sait que l’archéologie a prouvé que la survie de la race humaine tient dans le simple fait que dès les temps les plus anciens les hommes se sont entraidés on peut être songeur...)
    Prépare t on les enfants à l’échec ? Est ce que les directeurs de conservatoire, comme de tout lieu de formation artistique, prépare t il ses élèves au mur que l’on se prend quand on n’a plus accès au rêve ? Plus concrètement, est il bien précisé aux parents et aux étudiants que bien peu sortent capés et diplômés de ces écoles et que forcément il faut prévoir une reconversion ?
    Je me demande donc si Pauline, qui s’est certainement éclatée pendant tout le temps de cette expérience à bien conscience de tous ces aspects ... et je me demande aussi si parfois faire toucher le rêve du doigt n’en rend pas que plus difficile l’expulsion du Paradis...
    En fin de compte ... je pense aux enfants .....

    • RG 1710
      RG 1710 répond à Pier O'Saughnessy
      Musicien
      • Posté à 09h19 le 23/03/2011
      • Internaute 56629
        Musicien

      La « mission essentielle » d’un prof n’est pas de former des professionnels, ou alors seulement dans quelques très gros conservatoires.

      Il y a cependant souvent une ambiguïté entre cette conscience que 95% des élèves auront une chance d’être pro, et la volonté de « relever le niveau », de réussir l’examen, etc. Pour le prof, d’être considéré comme un « bon prof », pour le directeur de conservatoire, d’être considéré comme le directeur d’un « bon conservatoire »...

      Sinon, pour le reste, c’est une question de personne. Il y a des parents qui poussent leurs enfants contre leur gré, il y a des enfants qui aiment et qui travaillent (rares), qui aiment et qui ne travaillent pas (beaucoup plus fréquent ! Il faut alors leur faire comprendre l’intérêt de travailler, comment le faire, ce dont ils n’ont pas forcément l’idée), qui n’aiment pas et qui ne travaillent pas (plus dur, déjà, pour les profs !), et aussi des qui n’aiment pas et qui travaillent, parce qu’ils sont poussés.

      Savoir si les enfants sont préparés à l’échec. Il faut d’abord s’entendre sur ce qu’est un « échec » ? Ne pas être professionnel ? En général, la question ne se pose pas avec les enfants, cela vient plus tard, lorsqu’il manifeste l’envie d’être professionnel (ce qui est très rare chez les petits enfants, qui veulent en général « jouer » d’un instrument, parce qu’ils aiment ça). Alors, à ce moment-là, oui, il s’agit de le mettre en garde, de bien lui faire comprendre ce que ça exige, et d’être franc si on pense qu’il n’a pas la capacité. Ce dernier point est extrêmement délicat, car le monde de la musique est rempli de bons musiciens à qui on a dit qu’ils « n’étaient pas fait pour ça ».

      Mais « l’échec » se côtoie à tout instant : Ne pas réussir tel exercice, ne pas réussir tel passage d’un morceau, bien jouer, mais avoir le trac au moment de l’audition, constater que l’autre le fait mieux...

      Après, c’est une question de personne. Il y a des profs qui font ça très bien, des gentils, des durs, des psychologues, des pas psychologues, etc...On trouve de tout, comme chez les parents !

      • Pier O'Saughnessy
        Pier O'Saughnessy répond à RG 1710
        enseignant
        • Posté à 09h47 le 23/03/2011
        • Expert 140794
          enseignant

        heu ... oui on trouve de tout partout.
        C’est un peu léger comme argument quand même... Un brin fataliste aussi.
        (^^ je suis un peu provoc là ok ?)
        La technique d’enseignement de l’instrument c’est quoi en fait ?
        C’est le niveau zéro de la pédagogie transmissive : la pédagogie de l’exemple.
        Tu places tes doigts de cette manière, tu utilises tel doigté, bref tu fais ce que je te montre.
        Je note au passage que cette technique est aussi adaptable au bon usage du marteau piqueur ou de la brosse à caniche ...
        Sur quoi sont évalués les prof quand ils passent leur diplôme ? Avant tout sur leur technique, et ensuite une musicalité politiquement correcte. Ensuite sur leur capacité à faire passer le message. Enfin le message ... celui décrit plus haut et qui est, je me répète, transposable à n’importe quel outil .
        OK je sais ce que vous allez me dire ... « Si tu as mieux à proposer on t’écoute ». Ba j’ai rien je l’admet... Mais bon certainement parce qu’ en définitive un bon instrumentiste est avant tout un bon travailleur manuel.
        Un flutiste joue t il au basket ball ? Non car s’il se casse un doigt c’est chômage...
        Un trompettiste va t il sortir en plein hiver sans protéger ses lèvres ? non .. même conséquence que le flûtiste.
        OK je sais ... la différence se voit au niveau de l’interprétation, de l’intellectualisation de la musique, de la sensibilité bref : la Musicalité.
        Oui je sais ...je sais ... Mais là je m’en fout dans ce texte de ça... Moi ce qui m’intéresse ce sont les profs et leurs élèves.
        Votre analyse est très fine quand vous me rappelez qu’un enfant peut jouer d’un instrument parce qu’il aime ça tout simplement. Mais cette remarque qui vous honore est elle partagée par la majorité des profs de conservatoire ?
        J’ai en tête une prof de violon d’origine russe d’un conservatoire français que je ne nommerais pas et dont les élèves vomissaient de peur avant de franchir le pas de la salle de cours ... Cela sous le regard embarrassé des parents, mais néanmoins fataliste parce que pour réussir il fallait passer par la « case » de Mme S ...... Effectivement ... Cette dame avait des résultats dès les plus petits niveaux... Mais pour une réussite combien « d’échecs » vécus comme des traumatismes ?
        (dans ce contexte, ma définition de l’échec est simple : c’est rater quelque chose avec une telle force et une telle déception sur son « image de soi » qu’un enfant mettra du temps à s’en relever... )
        En définitive, pour conclure et en m’excusant d’avoir écrit ce texte dans la précipitation (et vous pardonnerez le manque d’étayage de certains argument j’en suis sûr mais je pars en cours...) je pense qu’un prof de conservatoire devrait a minima connaitre le développement de l’enfant presque aussi bien que son instrument.
        Bien à vous

         
        • RG 1710
          RG 1710 répond à Pier O'Saughnessy
          Musicien
          • Posté à 10h17 le 23/03/2011
          • Internaute 56629
            Musicien

          C’est pourtant vrai, qu’on trouve de tout...

          Je connais bien ces excès dont vous parlez et ces profs qui traumatisent.

          MAIS

          Je suis gêné dès qu’on généralise (« La technique d’enseignement de l’instrument ... c’est le niveau zéro de la pédagogie transmissive », comme s’il n’y avait qu’une seule « technique d’enseignement », ou « les profs de conservatoire »), car j’enseigne aussi en conservatoire et que je vois des collègues qui ne me paraissent pas être comme ces professeurs « excessifs » que vous décrivez. Que j’ai eu des profs qui m’ont donné envie de de venir professionnel, ou que j’ai apprécié pour leurs qualités pédagogiques. Tout ça dans des conservatoires.

          Je voudrais juste qu’on ne les oublie pas, ils existent aussi !

          A part ça, que les profs devraient connaitre le développement de l’enfant, tout à fait d’accord !

          • Pier O'Saughnessy
            Pier O'Saughnessy répond à RG 1710
            enseignant
            • Posté à 11h52 le 24/03/2011
            • Expert 140794
              enseignant

            bjr

            ok ... donc existe t il autre chose qu’une forme de pédagogie très transmissive pour l’apprentissage de l’instrument ? Laquelle ou lesquelles ?

            Quelles sont les compétences qu’un prof d’instrument doit développer chez son élève (c.à.d la somme des savoirs, des savoir faire et des attitudes) ?

            Ceci pour me permettre d’évoluer positivement dans mon regard sur certains prof de conservatoire.
            Je reconnais que ma généralisation est abusive, mais je pense quand même avoir décrit une majorité de vos collègues. Malheureusement par expérience et observation répétées sur plusieurs années.
            merci D’avance
            Bien à vous

            • RG 1710
              RG 1710 répond à Pier O'Saughnessy
              Musicien
              • Posté à 12h38 le 25/03/2011
              • Internaute 56629
                Musicien

              Je ne comprends pas bien ce que vous appelez « pédagogie transmissive », avec une connotation péjorative, il me semble.

              L’enseignement consiste bien à « transmettre » quelque chose.

              D’autre part la pédagogie dépend beaucoup de la personne qui la pratique (tempérament, à l’aise ou non avec les enfants, intéressée réellement ou non par son métier). La même « méthode pédagogique » (par exemple, la progression dans les acquis) donnera des résultats des résultats différents si le professeur prend le temps d’expliquer, de répondre aux questions des enfants, de trouver les mots qu’ils comprennent (exemple avec une de mes élèves dont l’esprit se dispersait volontiers -grosses difficultés à se concentrer- , qui n’y arrivait pas mieux quand je disais « concentre-toi », mais qui y arrivait quand je disais « fais attention » !).

              Je ne sais pas en détail la manière dont procèdent les collègues que j’apprécie. Je sais juste que, lorsqu’ils parlent de leurs élèves, je les sent concerné(e)s, ouvert(e)s d’esprit, intelligent(e)s, et pas seulement là pour gagner quelques sous, appliquer bêtement une méthode en regardant la montre et être cassant ou humiliant lorsqu’un élève ne réussit pas.

              Je peux donc juste parler pour moi. En plus des acquis incontournables (lire une partition, savoir ou poser le doigt pour faire telle ou telle note..), j’accorde de l’importance à la manière de faire. Faire en sorte que le cours aie lieu dans une bonne ambiance (sinon, ce que je dis n’a pas le même impact), prendre le temps d’expliquer pour qu’ils comprennent ce qu’ils font et ne fassent pas que copier bêtement, les faire écouter, écouter, écouter (parce qu’ils corrigent souvent d’eux-même lorsqu’ils écoutent), leur donner une méthode de travail pour les préparer à l’autonomie (et pas leur dire simplement « bosse »), les amener à être conscients de ce qu’ils font en les faisant toujours imaginer ce qu’ils font avant de jouer, les amener à affiner leur jugement sur leur jeu. J’essaie de leur donner des morceaux, non pour des examens (dans l’école ou j’enseigne le violon, il n’y en a pas) mais pour qu’ils soient à disposition pour n’importe quelle situation (des chants de Noël, « Joyeux anniversaire », etc.), régulièrement, je leur demande ce qu’ils voudraient jouer, et j’essaie d’en tenir compte.
              Je m’efforce aussi de leur expliquer la logique de la progression que je leur propose.

              Je précise que j’enseigne le violon dans une école de musique qui n’est pas un conservatoire. J’enseigne l’écriture dans un conservatoire (et c’est des collègues de ce conservatoire dont je parle), mais cette discipline ne concerne pas vraiment les enfants, ce sont des « grands » plus ou moins déjà destinés au métier de musicien qui y viennent, ce n’est pas le même public.

              Pour finir, je ne vous demande pas forcément d’avoir une « meilleure idée des profs de conservatoire », a priori et de façon définitive. Mais juste de vous dire que ce n’est pas 100% des profs qui sont comme ça.

        3 autres commentaires
  • Go to the page
  • 1
  • 2
Retour sur Rue89

Note Les notes de blogs ne sont pas toutes mises en forme par l'équipe de Rue89 contrairement aux articles du site.