Drôles de gammes

La musique classique sans frac ni claque, par Nathalie Krafft.

Jean-Philippe Collard, pianiste fou de Liszt

Nathalie Krafft
Journaliste
Publié le 03/04/2011 à 22h31

Des annonces de concert, genre la rubrique « sortir » de Télérama, ce n’est pas tellement le genre de Drôles de gammes. Mais difficile de résister quand il s’agit de 21 récitals donnés le même mois par le même pianiste (Jean-Philippe Collard) et dans une nouvelle salle (Colonne) !

Les deux événements (les concerts et la salle) sont emboîtés l’un dans l’autre comme des poupées gigogne. Commençons par les déboîter.


Jean-Philippe Collard. photo DR

D’abord, les concerts : Jean-Philippe Collard, pianiste dans sa pleine maturité, artiste jusqu’au bout des doigts, virtuose réfléchi, se fait trop rare sur les scènes ces dernières années, du moins à Paris. Comme pour rattraper le temps perdu, réparer une bévue ou faire un pied de nez à tout le monde, il occupe pendant un mois et quelques jours (du lundi 4 avril au 11 mai) une scène parisienne où il va donner 21 récitals...

La « Sonate » de Liszt jouée 21 fois

Mais pas n’importe lesquels : chaque soir, Collard va jouer la « Sonate en si mineur » de Liszt. Cette oeuvre d’un seul tenant et qui dure une demi-heure est la seule sonate que Liszt ait écrite. Par sa virtuosité d’une grande difficulté d’exécution, par son caractère sombre ( « sinistre » a dit Clara Schumann) plein de grandeur, elle est l’acmé de la production pianistique, pourtant très riche, du compositeur hongrrois.

Elle sera accompagnée d’oeuvres différentes à chaque concert, comme la « Sonate funèbre » de Chopin, les « Kreisleriana » de Schumann, les « Tableaux d’une Exposition » de Moussorgski, « Gaspard de la Nuit » de Ravel.

Cette aventure musicale se double d’une découverte et d’une bonne surprise : rive gauche, 94 boulevard Auguste Blanqui dans le 13e arrondissement, se cache depuis des décennies (1937) une salle (nommée Kusturica ou Blanqui), idéale pour y donner des concerts intimes (199 places) et d’une acoustique telle qu’elle a été des années durant le studio d’enregistrement de Philips.

Un vrai bijou de salle


La salle, la porte d’entrée du 94 boulevard Blanqui, l’Orchestre Colonne en répétition

Malgré sa première destination (elle a été construite par la Chambre Syndicale typographique pour y tenir ses réunions), c’est une vraie bijou de salle de concerts, avec balcon, scène, parterre... L’Orchestre Colonne, qui, drôle de coïncidence, l’avait inaugurée lors de son ouverture en 1937, a décidé de la racheter pour en faire son lieu de résidence tout en continuant à la louer comme studio d’enregistrement ou de répétitions.

Après un lifting de six mois, la Salle nouvellement baptisée Colonne fait donc ses premiers pas au bras de Jean-Philippe Collard. Qui a pu y transporter son propre piano, un vrai luxe rendu possible par le nombre de concerts. Celui du lundi 4 affiche complet. Pas grave, il en reste vingt.

Du 4 avril au 11 mai 2011. De 15 à 25 euros. Location : 01 42 33 72 89. Salle Colonne, 94 boulevard Blanqui, metro Glacière, bus 21

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  • Marc Girault
    Marc Girault
    enseignant
    • Posté à 09h35 le 04/04/2011
    • Expert 151283
      enseignant

    Kusturica, vraiment ? Ou... Akustica ! : -)

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