Drôles de gammes

La musique classique sans frac ni claque, par Nathalie Krafft.

Cent ans du « Sacre du printemps » : où est le scandale ?

Nathalie Krafft
Journaliste
Publié le 16/03/2013 à 12h03

Depuis que le « Sacre du printemps » d’Igor Stravinsky a provoqué une émeute en 1913, l’œuvre a inspiré nombre de chorégraphes, à commencer par Vaslav Nijinski. Vous pouvez voir ci-dessus un panorama en photos des spectacles qui ont fait date et des créations qui vont marquer le centenaire du « scandale du siècle ».

« Quelques faibles protestations se sont faites entendre dès que la musique a commencé », raconta plus tard Stravinsky. Rien de trop surprenant quand on connaît le début du « Sacre », le plus étrange des solos de basson jamais inventé pour l’ouverture d’une œuvre orchestrale.

Le Sacre du printemps dirigé par Pierre Monteux, avec l’Orchestre National de France en 1955

« Mais quand le rideau s’est ouvert sur des Lolitas aux longues nattes sautant dans tous les sens, l’émeute a éclaté », poursuit Stravinsky. Une partie du public braille son indignation tandis que l’autre prend parti pour la musique et la chorégraphie qu’elle a inspirée à Nijinski.

La violence des critiques

La légende du plus grand scandale du siècle commence, alimentée par la violence des critiques au lendemain de la création, le 29 mai 1913 au Théâtre des Champs-Elysées à Paris.

Pierre Lalo, dans le Temps :

« Tout est laid, lourdement, platement et uniformément laid. Danseurs et danseurs ne s’élèvent jamais de terre, restent ramassés sur eux-mêmes, bras et jambes contractés, s’agitant avec une pesante et gauche frénésie. On se doit de faire face à l’inadmissible refus de la grâce traditionnelle ; le choix est entre civilisation et barbarie. »

Adolphe Boschot, dans L’Echo de Paris, évoque les danseurs :

« [ils] répètent cent fois de suite le même geste : ils piétinent sur place, ils piétinent, ils piétinent et ils piétinent… Couic : ils se cassent en deux et se saluent. Et ils piétinent, ils piétinent, ils piétinent… Couic…. »

Le spectacle d’un grand rite sacral païen

Une incompréhension qu’avait anticipée Stravinsky.

« Je crains que “Le Sacre du printemps”, où je ne fais plus appel à l’esprit des contes de fées ni à la douleur et à la joie tout humaines, mais où je m’efforce vers une abstraction un peu plus vaste, ne déroute ceux qui m’ont témoigné, jusqu’ici, une sympathie chère. Avec “Le Sacre du printemps”, j’ai voulu exprimer la suprême montée de la nature qui se renouvelle : la montée totale, panique, de la sève universelle. »

De quoi s’agit-il ? « D’une série de cérémonies de l’ancienne Russie », précise le compositeur interrogé en février 1913. Des années plus tard, il racontera qu’il a été « visité » par une « vision » :

« J’entrevis dans mon imagination le spectacle d’un grand rite sacral païen : les vieux sages, assis en cercle, en observant la danse à la mort d’une jeune fille, qu’ils sacrifient pour leur rendre propice le dieu du printemps. »

Le rythme entre dans la danse

Le chahut est énorme. Au point que les danseurs n’entendent plus l’orchestre, dirigé par Pierre Monteux. Pour les guider, Nijinski hurle la mesure des coulisses. Sa mère, au premier rang, perd connaissance. Diaghilev fait éteindre et allumer la salle afin d’essayer de calmer la fureur. Stravinsky s’en va.

Le « Sacre du printemps » est retiré de l’affiche après huit représentations. Mais il y a un « avant » et un « après » 29 mai 1913 : à partir de cette date, plus jamais aucun compositeur ne pourra écrire de la musique de la même manière. Le rythme est entré dans la danse…

Aujourd’hui encore insolemment moderne, le « Sacre » est un irréductible : le temps n’a pas de prise sur lui. Pour lui, c’est toujours le printemps.

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  • 32 réactions
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  • Ianeak
    Ianeak
    escapiste
    • Posté à 12h53 le 16/03/2013
    • Internaute 104544
      escapiste

    sacre du printemps par kounen

    Une reconstitution du scandale

    • irsey
      irsey répond à Ianeak
      Etudiant
      • Posté à 16h43 le 16/03/2013
      • 177682
        Etudiant

      Haaa je suis devancé ! L’ambiance de la première du sacre, qui ouvre le film de Kounen, est parfaitement retransmise ! Coco Chanel & Igor Stravinsky est par ailleurs une œuvre étonnamment réussie, quoique méconnue.

      • Ianeak
        Ianeak répond à irsey
        escapiste
        • Posté à 12h04 le 17/03/2013
        • Internaute 104544
          escapiste

        ben d’accord. Kounen est un des réalisateurs les plus inventif de sa génération et ses films méritent d’être (re)decouverts

  • gigi_
    • Posté à 13h32 le 16/03/2013
    • Internaute 114828

    article et vidéo très bien, mais fenêtre de pub bancaire particulièrement envahissante !
    A ce niveau d’intrusion la pub risque d’être contre productive, pour 3 pelés que ça intéresse la grande majorité émigrera vers des sites plus humains. Ou alors flash block.

  • Lionel06
    Lionel06
    Dessoucheur
    • Posté à 13h33 le 16/03/2013
    • Internaute 30683
      Dessoucheur

    Ah ces critiques...

    Cela me fait penser aux avis de ces trois personnages tombés dans l’oubli :

    « Il est certain qu’aucun homme ou aucune femme mentalement sain ne serait séduit par les déformations sadiques et obscènes de Cézanne, Modigliani, Matisse, Gauguin et autres fauves » (John Fry)

    « Einstein ne possède pas une culture mathématique suffisante pour apprécier exactement la signification des calculs, ni pour interpréter et discuter les résultats. Ce n’est, je le répète, qu’une grossière contrefaçon de la science » (Jules Le Roux)

    « L’énergie produite par l’atome n’est pas très importante. Celui qui espère une nouvelle source d’énergie de la transformation de ces atomes dit des balivernes » (professeur Ernest Rutherford, après la fission de l’atome en 1933)

    • -Candide-
      -Candide- répond à Lionel06
      Jardinateur
      • Posté à 03h28 le 17/03/2013
      • Internaute 40778
        Jardinateur

      Vous confondez les critiques comme dans votre citation de John Fry et les formulations modifiées et sorties de leur contexte.

      Concernant le mathématicien J.Leroux, son prénom est Jean-marie, et il n’a strictement rien à voir avec Jules Leroux (écrivain)
      Einstein n’était pas un matheux dans l’âme, et tout le monde sait qu’il a accouché de la théorie de la relativité à l’aide des mathématiciens Marcel Grossmann et David Hilbert. ça ne retire rien à son génie intuitif et la construction physique qu’il a apporté.
      Mais il n’y a rien de surprenant à ce que dans un contexte particulier de la modélisation du système relativiste, des mathématiciens aient trouvés dans certains écrits d’Einstein des simplifications douteuses.
      ça ne veut absolument pas dire que Le Roux rejetait en bloc la théorie de la relativité.
      On retrouve parmi ses ses nombreuses publications des choses comme :
      1933 « Sur l’incompatibilité de la conception riemannienne de l’espace avec le principe de relativité. »
      1935 « La relativité suivant les idées de Poincaré »
      1936 « La définition de la distance dans la théorie de la relavité. “

      Quant à Rutherford (peut être un des plus grands physicien-chimiste britannique depuis Newton), on est dans le contre-sens le plus complet !
      Ce qu’il a réellement écrit dans le contexte d’un bombardement protonique :
      ‘We might in these processes obtain very much more energy than the proton supplied, but on the average we could not expect to obtain energy in this way. It was a very poor and inefficient way of producing energy, and anyone who looked for a source of power in the transformation of the atoms was talking moonshine. But the subject was scientifically interesting because it gave insight into the atoms.[18]’

      Vous avez donné l’exemple parfait de la citation tronquée omettant le contexte.

      En deux mots,
      il explique que bombarder des atomes de l’extérieur pour provoquer une fission et récupérer l’énergie de cette fission n’a pas grand intérêt (au sens bilan énergétique), en dehors de mieux comprendre ce qu’il y a dans les atomes.
      Parce que, même si l’énergie récupérée est plus grande que celle du proton, il faudra sans doute bombarder beaucoup avant que l’un touche une cible.
      C’est dans la continuité de la modélisation et des expériences de Rutherford que l’on a réussi en 1938, peu après sa mort (1937), à définir la fission induite et la réaction en chaine sans l’apport de bombardement extérieur.

      • sissa
        sissa répond à -Candide-
        • Posté à 14h43 le 17/03/2013
        • Internaute 39778

        Bravo et merci pour cette mise au point.

      • Lionel06
        Lionel06 répond à -Candide-
        Dessoucheur
        • Posté à 11h48 le 18/03/2013
        • Internaute 30683
          Dessoucheur

        Merci pour ces précisions.

        Mon commentaire était plus de l’ordre de la boutade qu’une analyse.

    • sissa
      sissa répond à Lionel06
      • Posté à 14h41 le 17/03/2013
      • Internaute 39778

      Rutherford, personnage oublié, il fallait oser...

      • Lionel06
        Lionel06 répond à sissa
        Dessoucheur
        • Posté à 11h49 le 18/03/2013
        • Internaute 30683
          Dessoucheur

        Demandez donc autour de vous si Rutherford est connu.
        Faites ensuite le même exercice avec Einstein.

        Voilà...

         
        • sissa
          sissa répond à Lionel06
          • Posté à 20h02 le 18/03/2013
          • Internaute 39778

          Vu le niveau de connaissance moyen des gens en science, je ne vois pas bien ce que cela prouve ;

        1 autres commentaires
  • illiera Trevisa
    illiera Trevisa
    dépressive
    • Posté à 14h00 le 16/03/2013
    • Internaute 74681
      dépressive

    je repense aux Noces de Stravinski ..la première fois que j’ai entendu cette composition , j’ai pensé à certains morceaux du groupe Magma par la rythmique ( précisément la BO du film « Tristan et Yseult »)

  • setori
    setori
    retraité
    • Posté à 16h31 le 16/03/2013
    • Internaute 43503
      retraité

    Deux innovations majeures dans cette partition : le rythme et l’orchestration . C’est cela qui a heurté les premiers spectateurs sans qu’ils aient pu l’exprimer de prime abord car il faut du recul pour analyser avec justesse. Il n’en reste pas moins qu’il y a un avant et un après le SACRE dans la structure de l’écriture car pour ce qui est de l’utilisation de la mélodie ,c’est toujours du classique par rapport au dodécaphonisme et autres recherches de la musique dite « contemporaine » qui privilégient le son à la mélodie .

    • Seingalt
      Seingalt répond à setori
      amateur professionnel
      • Posté à 18h09 le 16/03/2013
      • Internaute 166244
        amateur professionnel

      Sauf que le dodécaphonisme c’est 10 ans après le Sacre. Et c’est bien le Sacre qui s’est affranchi de la mélodie même s’il en reste des vestiges. Je pense plutôt que c’est l’absence de mélodie qui a choqué, justement.

      • setori
        setori répond à Seingalt
        retraité
        • Posté à 10h49 le 18/03/2013
        • Internaute 43503
          retraité

        Je ne pense pas que la mélodie soit absente du sacre ,elle est simplement orchestrée de façon innovante .Il faut que l’oreille s’y habitue.

  • Lemmy_Nothor
    Lemmy_Nothor
    Aintgonnaworkformaggiesfarm
    • Posté à 18h32 le 16/03/2013
    • Internaute 12434
      Aintgonnaworkformaggiesfarm

    Deux ans plus tôt, Varese avait déjà fait scandale avec sa pièce Bourgogne, jouée à Berlin.
    Isadora Duncan aussi provoquait scandale.
    Je pense que la bourgeoisie de l’époque avait l’épiderme très sensible, la moindre contrariété et c’était la crise d’urticaire.

    • Seingalt
      Seingalt répond à Lemmy_Nothor
      amateur professionnel
      • Posté à 18h40 le 16/03/2013
      • Internaute 166244
        amateur professionnel

      J’ai entendu quelque part que cette création du Sacre (comme toutes les premières) était réservée aux abonnés. C’était un public très particulier, avec sans doute des bourgeois m’a-tu-vu d’un côté et des passionnés de l’autre. Les représentations suivantes ont été beaucoup plus calmes (et désaffectées).

      • Lemmy_Nothor
        Lemmy_Nothor répond à Seingalt
        Aintgonnaworkformaggiesfarm
        • Posté à 10h28 le 17/03/2013
        • Internaute 12434
          Aintgonnaworkformaggiesfarm

        Je crois aussi que c’était un public assez particulier qui assistait aux permières à cette époque. C’est eux qui organisaient les lever de fonds et les donations aux oeuvres artitisques...ils avaient le pognon, mais pas l’ouverture d’esprit d’ou le choc.

    • Pas tripette.
      Pas tripette. répond à Lemmy_Nothor
      Si j'aurais su, j'aurais po lu.
      • Posté à 19h06 le 16/03/2013
      • Internaute 117974
        Si j'aurais su, j'aurais po lu.

      Pareil Bartok un peu plus tard avec « Le Mandarin Merveilleux », souvent associé au Sacre d’ailleurs.
      Faut dire que le ballet mêle une pute, une poignée de macs massacreurs, quelques pigeons et un chinois increvable. Enfin, increvable, sauf à la fin de la séance de galipettes bien méritées après toutes ses misères (coups de surins, étranglement et autres).

      • Ô triste riz digne
        Ô triste riz digne répond à Pas tripette.
        Autist-Hulk : mariage pour eux
        • Posté à 19h31 le 16/03/2013
        • Internaute 48716
          Autist-Hulk : mariage pour eux

        Je suis en train d’écouter votre vidéo. C’est vrai qu’il y a des sonorités similaires. Je suis assez fan entre’autres de Bartok (6 quatuors), Stravinsky, Webern...

  • Ô triste riz digne
    Ô triste riz digne
    Autist-Hulk : mariage pour eux
    • Posté à 19h25 le 16/03/2013
    • Internaute 48716
      Autist-Hulk : mariage pour eux

    Je ne savais pas qu’on pouvait évoquer le « Sacre du printemps » de Stravinsky sur Rue89. Tant mieux.

    Cette oeuvre garde toujours son caractère puissant, moderne (révolutionnaire me semble galvaudé même si je le pense). Elle me fait penser à la musique des films d’Hitchcock composée par B. Hermann sauf que le Sacre a été composé 50 ans avant.

    A quand le 100tenaire de Hyperprism (1923) de E. Varese ?
    Plus dissonant et plus révolutionnaire dans sa structure que le « Sacre ».

    • Petr Yacub Czwynglsstaijn
      Petr Yacub Czwynglsstaijn répond à Ô triste riz digne
      Comité de défense du homard
      • Posté à 08h33 le 17/03/2013
      • Internaute 195787
        Comité de défense du homard

      Varese, ce sera dans 10 ans. Mais en attendant, l’an prochain on pourra fêter le centenaire de la Suite Scythe de Prokofiev, dont un critique (de l’époque) forcément russe disait :
      « Comparé à la Suite Scythe, le Sacre du Printemps c’est du folklore pour touristes ».

  • caro
    caro
    délinquante avérée
    • Posté à 20h20 le 16/03/2013
    • Internaute 6484
      délinquante avérée

    c’est un peu HS, mais j’aime beaucoup le Sacre dans Fantasia

    • Nathalie Krafft
      Nathalie Krafft répond à caro
      Journaliste
      • Posté à 17h57 le 17/03/2013
      • Journaliste 15276
        Journaliste

      Moi aussi ! excellente idée que de nous faire voir cette vidéo

  • caro
    caro
    délinquante avérée
    • Posté à 20h30 le 16/03/2013
    • Internaute 6484
      délinquante avérée

    Béjart avait bien compris et son ballet, notamment cette partie où seuls les hommes dansent, avait fait aussi son petit scandale, fin des années 60, début des années 70

  • Pico
    Pico
    ...
    • Posté à 20h59 le 16/03/2013
    • Internaute 74777
      ...

    Pour les curieux : l’édit de Goldmann est très intéressant.

  • Stié
    Stié
    Rien
    • Posté à 21h02 le 16/03/2013
    • Internaute 194042
      Rien

    Purée… Sérieux, y a vraiment des gens pour écouter de la musique sur Youtube  ?

    C’est du masochisme ou quoi  ?

  • Gibert Because-Youno
    Gibert Because-Youno
    Kaléïdoscopique
    • Posté à 01h29 le 17/03/2013
    • Internaute 68955
      Kaléïdoscopique

    Igor n’a pas fini de faire du bruit.

    • Gibert Because-Youno
      Gibert Because-Youno répond à Gibert Because-Youno
      Kaléïdoscopique
      • Posté à 01h30 le 17/03/2013
      • Internaute 68955
        Kaléïdoscopique

      ta-tou-dou-da-da

      • Gibert Because-Youno
        Gibert Because-Youno répond à Gibert Because-Youno
        Kaléïdoscopique
        • Posté à 01h39 le 17/03/2013
        • Internaute 68955
          Kaléïdoscopique

        « à partir de cette date, plus jamais aucun compositeur ne pourra écrire de la musique de la même manière. »

        Il me semble que la plupart des témoignages et des critiques que vous citez vont dans le sens de dire que le véritable scandale du Sacre, c’est la chorégraphie de Nijinski - qui fait littéralement voler en éclat les canons du ballet. Le conservatisme de la « représentation », et de la danse en particulier, qui convoque l’ordonnancement des corps - leur décence, leur « grâce », et leur hiérarchie - était nettement plus prononcé que celui de la musique.

        Aujourd’hui encore, la question de la « danse », invisible, de Nijinski (puisque l’on n’en a conservé que quelques photos et notes) continue de travailler l’imaginaire des chorégraphes - voir l’exemple de Xavier Le Roy et de beaucoup d’autres.

  • Lemmy_Nothor
    Lemmy_Nothor
    Aintgonnaworkformaggiesfarm
    • Posté à 10h37 le 17/03/2013
    • Internaute 12434
      Aintgonnaworkformaggiesfarm

    Mais la plus grande rupture des dernières cinquantes années, c’est le jour ou Dylan a troqué sa gratte accoustique pour une electrique au festival de Newport Folk Festival.

    Thanks Bob !

  • C. Creseveur
    C. Creseveur
    D'actualité, de dessin surtout
    • Posté à 12h26 le 17/03/2013
    • Internaute 7715
      D'actualité, de dessin surtout

    Formidable aussi au début du Israël de Siouxsie & The Banshees.

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