Drôles de gammes

La musique classique sans frac ni claque, par Nathalie Krafft.

La mort de Luciano Pavarotti, le ténor du siècle

Nathalie Krafft
Journaliste
Publié le 06/09/2007 à 16h31

L. Pavarotti à Buenos Aires en 1987 (Stringer/Reuters).

Il était trop, en tout : un géant par la taille, un colosse par le poids, un ogre par l’appétit, et un phénomène, bien sûr, par la voix. Car le timbre de sa voix était unique, et ce mot est bien banal pour exprimer ce qu’il était : à nul autre pareille, ensoleillé, léger et profond.

Il suffisait de quelques secondes pour le reconnaître, et à chaque fois on était soufflé, épaté. Luciano Pavarotti est mort dans nuit de mercredi à jeudi, chez lui à Modène, à 71 ans, des suites d’un cancer du pancréas.

Lancé dans la carrière par le chef d’orchestre Herbert von Karajan -le « Requiem » de Verdi, à la Scala de Milan, alors qu’il avait 31 ans-, il a mis sa voix mise essentiellement au service du répertoire italien, Verdi, Puccini, Donizetti.

De là viennent les reproches qui lui ont été faits, et qui lui sont encore faits dans les nécrologies publiées ce jeudi : il ne s’est quasiment jamais aventuré dans d’autres territoires que celui du bel canto italien, et les seuls risques musicaux qu’il a pris sont ceux d’avoir confronté l’art lyrique au gigantisme des stades.

Souvenons-nous : c’est lui qui, au début des années 1990, invente les Trois Ténors, avec Placido Domingo et José Carreras, pour la Coupe du monde de football. Cela choque les puristes, cela séduit les foules : à Buenos Aires, ils chanteront devant plus de 300 000 personnes, ce dont il sera très fier : « On fait plus que les Rolling Stones ! “

Il commence alors aussi à cette époque à chanter avec ses amis de la pop, Sting, Bono, Joe Coker, Céline Dion, Mariah Carey, pour des concerts humanitaires. Et il avoue, à ceux qui le soupçonnent de ne pas savoir lire une partition :

‘ C’est vrai, je ne suis pas musicien. Je ne vais pas en profondeur. La partition est une chose, le chant en est une autre. Ce qu’il faut, c’est avoir la musique en tête et la chanter avec le corps. Autrement, ce n’est que du solfège chanté.’

On n’en finira jamais de discuter de son cas. A quel aune le juger ? Celui de la pure exigence musicale, qui le condamne ou bien celui de sa popularité, qui l’absout ? Et si on se contentait de l’écouter ? Dans ‘ La Bohème’ de Puccini, par exemple, avec Mirella Freni, Herbert von Karajan et l’Orchestre philharmonique de Berlin...

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  • Anonyme

    et oui le peuple a perdu une voix et un homme qui a su mettre l’opéra à la portée de tous en s’associant à des chanteurs pop - on lui reprochera peut être de ne pas avoir eu un cheminement « classique » mais il a fait rêver le monde - depuis ce matin j’ai en boucle un cd de lui avec ses amis et je ne m’en lasse pas
    Adieu Luciano, nous te regretterons !

  • Anonyme

    Dans Tosca également, où son interprétation de E Lucevan Le Stelle est purement magnifique.

    C’est disponible sur youtube (recherche : pavarotti + tosca), ce n’est probablement pas libre de droit, mais on s’en fou, car c’est beau...

    Dans toutes ces vidéos, on voit surtout quelqu’un qui prend plaisir à chanter. Il s’amuse avec Domingo et Carreras lorsqu’ils chantent O Sole Mio. Il dégage une telle émotion pendant son interprétation de Nessum Dorma lors de la cérémonie d’ouverture des JO d’Athènes. A voir aussi, le duo avec Bono lors d’un Ave Maria à Sarajevo.

    Une voix unique et profonde.

  • Anonyme

    En fait je dois dire que je n’en ai rien à cirer de ce chanteur, prétentieux et ridicule. Qu’il plaise à quelques uns, tant mieux. Surtout pour son porte-monnaie, mais ça ne lui sert plus, là où il est...

    • Anonyme

      @courageux anonyme de 18 h 49 : au lieu d’écrire un commentaire pareil, vous auriez mieux fait de vous abstenir, par respect et par décence
      Marie-France (qui n’était pas fan de Pavarotti ni d’opéra en général)

    • Anonyme

      Tu t’y entend en musique dit ?
      et ton gout ?

    • Anonyme

      Cher Ignare, votre propos illustre parfaitement la médiocrité qui doit vous habiter et qui nourrie votre petite diarhée.

      Personnellement je n’apprécie pas les « ouvertures » vers la masse de Pavarotti ...ses duos, comme avec Bono sont ridicules, mais il était l’illustration de la tradition populaire italienne du chant.

      Au lieu de baver lamentablement sur sa réussite, cultivez vous, même si cela ressemble à une mission impossible dans votre cas !

      • Anonyme

        moi j’appelle ça de l’élitisme et j’aime pas ça !

         
        • Anonyme

          le courageux anonyme de 15h23 est M K Ballé : j’ai cliqué trop vite

        • Anonyme

          Et vous ...c’est la france des cavernes ? ?

        2 autres commentaires
    • Anonyme

      Retournes devant ta Star Ac, mais s’il te reste du temps, essaies de te cultiver un peu en écoutant autre chose que des merdes. Pavarotti était parmis les plus grands et ton avis est vraiment insignifiant.

  • Anonyme

    callas, pavarotti : les disquaires nécrophages qui réduisent de mois en mois la surface des rayons classiques doivent se frotter les mains.
    M K Bayé

  • Anonyme

    je sais que l’épithète « du siècle » est très tendance d’un point de vue journalistique mais n’est-ce pas oublier un peu vite Caruso ?

    • Charles Mouloud
      Charles Mouloud
      Bras gauche de la Vénus de (...)
      • Posté à 06h34 le 07/09/2007
      • Internaute 12542
        Bras gauche de la Vénus de (...)

      « .....ce siècle avait 7 ans ..... » Robert Hugo !

  • AE35
    • Posté à 06h33 le 07/09/2007
    • Internaute 14197

    Ce n’était pas le tenor du siècle. Juste le meilleur marketeur parmis eux.

  • Anonyme

    mon premier post a disparu .

    Mon grand père aussi est mort du cancer, mais il ne chantait pas il était cheminot .
    En clair on s’en fout .

    • Anonyme

      « En clair on s’en fout . » pas ON mais TU ...nuance le frustré haineux !

      Que tu sois inculte et assez incapable de te dégager d’un pathos existentiel lourd...certes...mais rajoutez un louche de bétise et de haine ! beurk

  • Anonyme

    On a beau être quelqu’un on est pas grand chose.
    a domani !

  • Anonyme

    Luciano est mort ce matin.

    Je sais bien, vous allez dire que je fais mon malin, que je l’appelle Luciano comme si je le connaissais, comme si nous avions mangé des pâtes ensemble. Hé bien, ne vous en déplaise, nous avons mangé des pâtes ensemble.

    J’étais ami avec Dino qui habitait dans la même rue, du temps où j’étais presque parisien. Il était peintre comme un italien : En bâtiment, fou d’opéra et de la Youvé… Un vrai fou de cette musique et de cette équipe du calcio. Avant de devenir asthmatique, à force d’avoir respiré des poussières de couleurs. Quand il s’attaquait à un plafond, Dino se choisissait un opéra, au hasard, enfin presque au hasard, pour lui l’opéra était italien, point. Monteverdi, Rossini, Puccini, Donizetti, le plus grand d’entre les plus grands Verdi et basta… Mozart, Wagner ce n’était déjà plus de l’opéra, presque plus de la musique, pour Dino. Il se choisissait, donc un opéra et il se le chantait, debout sur son échelle, les bras levés, du début à la fin et toutes les voix. Il connaissait par cœur, tous les airs, tous les actes, tous les Everest de chaque. Bien entendu, il aurait aimé être chanteur Dino mais en Emilie, au début du siècle dernier, on avait plus de chances d’être ténor du pinceau que prince de la Scala.

    Dion, avait entendu La bohème deux cent dix huit fois, au moins, il n’avait pas grand mérite à la connaître par cœur, en fait. Tellement fou d’opéra que lorsqu’il n’avait plus pu peindre, il était devenu concierge à l’Opéra de Paris un peu comme un fan de rock serait devenu vigile au Zénith. Et quand Luciano chantait à la Scala, Dino appelait son compère à Milan qui posait le combiné devant le haut-parleur qui retransmettait dans la loge le concert du soir… Ainsi Dino entendait Luciano chanter à mille kilomètres de là. Il ne fallait pas avoir à téléphoner à Garnier quand Luciano s’y produisait…

    Luciano, en dehors de la scène avait une vie très peu amusante. Les avions, les Grands Hôtels, un jour ici, un autre là, les ovations, les cohortes d’admirateurs, les interviews, le tourbillon. Quand il descendait à Paris pour quelques jours de représentations, Luciano adorait par-dessus tout venir passer la journée chez Dino. A se côtoyer, ils avaient fini par devenir proches. Ces jours de fête là, Gina préparait les pâtes qui se mangeaient sous la tonnelle et c’était un semblant d’une famille italienne qu’il retrouvait là, simplement.
    Comme j’étais ami avec Dino, les soirs où la Youvé jouait, il m’appelait dans l’après-midi et me disait de sa belle voix chantante, elle aussi :
    ___ Christiané cé souar, tou ba lé rrrégarrrdé la youvé ? Lé matchhé dé la coupé d’Eouropé contre ces cons dou bayérné, Tou ba lé rrrégarrrdé ? é si tou lé rrrégardé, yé peux vénirrr lé voir avec toua ? Ma, j’apporrrté lé carbouran ! ! !
    Même si je n’avais aucune intention de m’assoir devant ce match, je répondais :
    ___ Bien sur Dino, venez, j’achète les bières !

    Et on pleurait ensemble la qualification des allemands sur les italiens, toujours. Dino apportait la Grappa pour oublier ça. En vrai, il l’amenait pour fêter la victoire de la Youvé, mais on en filait quand même un sacré coup à la bouteille ! Ce que j’aimais par-dessus tout voir avec Dino c’était les matches France-Italie... quand la France gagnait... Là, c’est au champagne que ça se finissait.

    Et quand Luciano venait manger les pâtes chez Dino et Gina, évidemment Dino m’invitait.
    C’est comme ça que, sur le coup du café, certains dimanches après midi, j’ai eu le privilège absolu d’entendre Luciano Le Grand, l’Immense, le Merveilleux chanter divinement des airs napolitains sous une tonnelle, dans le jardin d’un pavillon de banlieue parisienne, à en péter les verres vides. Tous nos poils si gentiment couchés d’habitude se dressaient en un garde à vous impeccable, bien raides sur nos avant-bras. Et, ni les merles, ni les piafs du coin, ni les voisins ne venaient se plaindre. Sauf quand il était l’heure de s’en aller. C’était un moment d’une beauté et d’une grâce absolues.
    Il fallait voir le bonheur qu’avait cet ogre en taliatelles débordant de sa chaise en osier, un panama sur la tête de nous offrir cet instant là, en s’épongeant le front avec le blanc de la nappe... Chanter, oui mais son bonheur de chanter... comme lui. J’en connais qui auraient donné cher pour être de la partie... Jusqu’au taxi qui, vers la fin de l’après-midi, quand Luciano rentrait à son Grand Hôtel, venait le chercher, se faisait payer la course en canzione.

    Quand Dino est mort, emporté par son asthme, bien avant Luciano, j’ai su que Luciano avait pleuré.

    C’est à Dino et Gina que je pense, aujourd’hui.

    Les gens qu’on aime ne devraient pas avoir le droit de mourir, jamais.

  • Anonyme

    Le monde perd un monstre sacré de l’art lyrique....

    Adieu Mr Pavarotti

  • Anonyme

    il etait le plus grand ténor au monde et je l’adorait

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