Dubliners

Suivez les rencontres d'une étudiante Erasmus dans les rues de la capitale irlandaises. Au programme, partir à la découverte des facettes méconnues d'une des villes parmi les plus accueillantes d'Europe.

Une boulangerie française pour sauver le plus vieux marché d’Irlande ?

Johanna Jacquot-Albrecht
Blogueuse genres
Publié le 08/12/2012 à 13h10

Moore Street est une rue incontournable de la capitale irlandaise. J’en ai déjà parlé, elle accueille le dernier marché permanent de Dublin. C’est une impression quasi irréelle qui frappe tous ceux qui la découvre au détour d’une ballade dans les abords d’O’Connell Street, la rue principale de la ville.


Les étalages de MooreStreet

En partant du Spire, il faut passer devant des vitrines de magasins de téléphonie, produits de beauté, chaussures et vêtements d’une rue piétonne où la foule se croise sans se voir, pour tomber nez à nez avec les marchands de fruits et légumes, les fleuristes, et parfois les poissonniers de Moore Street.


...et les boutiques qui longent la rue

Le contraste est fort, presque violent, entre leur accent si prononcé qu’il m’arrive de ne pas les comprendre et les pavés lisses de Henry Street à quelques mètres de là.

Les devantures sont celles des quartiers populaires d’Angleterre  : vendeurs en semi-gros et détail d’alimentation asiatique, boutiques tape-à-l’œil de bijoux en toc, revendeurs de téléphones d’occasions aux origines douteuses et, tout au bout, un Lidl bondé en permanence.

Pourtant, ce n’est pas le seul magasin qui ne désemplisse jamais. Au milieu de ce mélange cosmopolite se trouve Paris Bakery : une boulangerie-pâtisserie-salon de thé-restaurant-bar à vin-poissonnerie-fromagerie française. Son fondateur, Yannick G. Forel, se fait lui-même appeler « the lover of Moore Street ».


Paris Bakery

Son attachement pour ce quartier, tout autant que pour le bon pain, il me l’a conté dans la nouvelle salle du restaurant – ouverte depuis quelques semaines seulement – régulièrement interrompu par les affaires du commerce auquel il consacre sa vie.

Après avoir été formé par Emile Soubrier, avec lequel il a gagné le prix de Maître boulanger cinq années de suite, et travaillé dans de grands établissement en France et aux Etats-Unis, Yannick Forel s’est installé en Irlande en 2005 alors qu’il « parlait trois mots d’anglais ». A l’époque, la récession n’a pas encore frappé le pays  :

« Une amie qui habite ici depuis longtemps m’a dit qu’il y avait des opportunités. C’est là qu’il fallait être. »

S’il avait déjà le projet d’ouvrir sa propre boulangerie  ? « Disons que j’avais l’idée ». C’est le moins que l’on puisse dire  :

« Un mois après mon arrivée, la compagnie était lancée. Je suis allée au Company Center, partout où l’on pouvait prendre des renseignements sur les démarches, les problèmes potentiels, ce genre de choses. »

Le tout, avec un anglais rudimentaire, mais « il y a toujours eu quelqu’un pour m’aider quand il le fallait ».

« Ils me prenaient tous pour un fada »

La Paris Bakery n’ouvre cependant ses portes qu’en 2010. Un décalage qui s’explique par le début de la récession, mais aussi par son choix de s’installer sur Moore Street  :

« Le local correspondait à ce que je voulais, que les clients puissent voir la production à travers une baie vitrée, et c’est une rue historique ici... Mais ils me prenaient tous pour un fada. »

 

Audio file

Y.Forel - Entretien 1

« A Dublin, il y a des gens qui n’ont pas traversé la Liffey [la rivière qui sépare la ville en deux, entre le sud et le nord, plus pauvre] depuis des années. »


Les vitrines se vident en fin de journée

Pourtant, l’idée n’était pas insensée  : le pain a longtemps constitué, avec la pomme de terre, la base de l’alimentation en Irlande. Mais, pour Yannick Forel, «  Il n’y a plus de savoir-faire du pain  ». Alors il forme ses propres boulangers, au point que la création d’une école a pendant un temps été envisagée.

Quant à MooreStreet, si le lieux était depuis quelques années sujet à une certaine décadence – Yannick Forel mentionne notamment les drogués qui venaient prendre leur dose dans les ruelles de livraison lorsqu’il est arrivé – il n’en a pas moins attiré l’attention.

« Ça a fait un choc, tout le monde a parlé de moi, certains ont traversé la Liffey juste pour venir voir. La première année, j’ai reçu beaucoup de lettres de remerciements, de toute l’Irlande, pour avoir fait ça pour MooreStreet. »

 

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Entretien avec Y.Forel

« J’ai travaillé avec la police et voilà maintenant le quartier, tout le monde le dit, c’est complètement un autre quartier, et ça va encore changer cette année et encore l’année suivante, et en 2016 avec l’ouverture du musée. »

 

Audio file

Entretien avec Y.Forel

En effet, l’ouverture du plus grand musée du pays prévue pour 2016 devrait marquer un renouveau définitif pour le marché, que les autorités sont toutefois déterminées à conserver.

 

Montage son : Mathias Jacquot-Albrecht - mathias.jacquot.albrecht@gmail.com

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  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 21h05 le 08/12/2012
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    C’est quand même pas mal de réussir à écrire un article à partir de rien.

    J’ai un réparateur de mobylette qui officie dans les caves de mon HLM,
    je vais faire un article sur lui aussi ... s’il est d’accord - bien sûr !

    • femmedesbois
      femmedesbois répond à Yvon le Zébulon
      dans sa forêt
      • Posté à 21h40 le 08/12/2012
      • Internaute 93115
        dans sa forêt

      oui, dans une capitale européenne comme Dublin, il n’est pas surprenant de voir des magasins d’alimentation de différentes origines ethniques..... ! et entre autres, françaises, of course !

      • Yvon le Zébulon
        Yvon le Zébulon répond à femmedesbois
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
        • Posté à 21h59 le 08/12/2012
        • Internaute 65781
          L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

        C’est valable partout, et ça ne vaut pas un article.

  • femmedesbois
    femmedesbois
    dans sa forêt
    • Posté à 21h41 le 08/12/2012
    • Internaute 93115
      dans sa forêt

    L’auteur de l’article a l’air surprise de l’accent qu’elle découvre sur ce marché dont je souhaite la pérénité, à croire que jusqu’ici elle n’était pas sortie des beaux quartiers mondialisés de la ville (et non parlons pas du pays ! !)

  • nesta
    nesta
    ovni parmi les siens
    • Posté à 02h00 le 09/12/2012
    • Internaute 74903
      ovni parmi les siens

    « J’ai travaillé avec la police et voilà maintenant le quartier, tout le monde le dit, c’est complètement un autre quartier, et ça va encore changer cette année et encore l’année suivante, et en 2016 avec l’ouverture du musée. »

    j’ai rien compris a ce passage. en quoi le fait qu’un boulanger travaille avec la police puisse changer un quartier ? du bon pain rend moins nerveux les flics ? ils font des prélèvements d’adn avec de la mie de pain ? et le musée ( de quoi d’ailleurs ), c’est une conséquence du boulanger ? ou de son énigmatique « travail » avec la police ?

    l’article en lui même ne m’intéresse pas spécialement, je l’ai plus lu « comme ca ». mais je l’ai encore moins compris qu’un article sur la mécanique quantique.

  • Personnel
    Personnel
    Non situé
    • Posté à 11h57 le 09/12/2012
    • Internaute 195815
      Non situé

    Ouf, il est parti le « philosophe ».

    N’importe quoi plutôt que ce bellâtre en home, je prends.

    Merci Dieu.

  • foutard
    foutard
    voudrait bien gagner un peu
    • Posté à 19h05 le 09/12/2012
    • Internaute 28406
      voudrait bien gagner un peu

    Oui , il y a des pains dans la gu......qui se perdent !

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