L'économie vue du terrier

L'actualité économique vue par un lapin malin

La médecine du travail victime du « réalisme » du gouvernement

Lapin Bleu
Journaliste n°89910
Publié le 06/12/2009 à 13h32

La dernière grosse réforme de la médecine du travail avait eu lieu en 2004... Un lustre plus tard, c’est sans doute le bon moment pour en remettre une petite couche du point de vue d’un gouvernement passé maître dans l’art des « abrasions successives ».

Comme la réforme du gouvernement Raffarin introduisait une dégradation de service par surcharge de travail, rien de plus simple aujourd’hui pour l’actuel ministre du Travail d’arguer de la nécessité de « trouver un nouveau souffle » pour la médecine du travail.

Xavier Darcos a en effet présenté vendredi aux partenaires sociaux de nouveaux projets de réforme en matière de santé au Travail, nous apprennent « Les Echos ». Un avant-projet transmis jeudi aux syndicats plaide pour une réforme « réaliste et efficace », et « plus en lien avec les besoins réels des individus » relève le quotidien économique.

« Les moyens seront réorientés »

Une fois l’adhésion ainsi acquise, le document propose dix grandes axes de travail. Parmi les plus importants, l’extension du délai entre deux visites médicales :

« La fréquence des visites médicales périodiques du travail est en principe fixée à deux ans mais les moyens (...) seront réorientés vers ceux qui en ont le plus besoin, à savoir les travailleurs affectés à des postes à risques. »

Bref, le droit actuel demeurerait pour les ouvriers travaillant sur de grosses machines potentiellement broyeuses de bras ou pour les caissières dont les mouvements répétitifs risquent de générer de bien douloureux troubles musculo-squelettiques... Et tous les autres cas de ce type clairement identifiés.

Mais les autres, aux missions moins aliénantes, iraient voir le médecin moins souvent. Et pour faire passer la pilule, le projet du gouvernement prévoit pour eux une médecine édulcorée : « Plusieurs entretiens “médico-professionnels” assurés par un infirmier en santé au travail. »

Ce nivelage par le bas se retrouve ailleurs dans le projet. Si un médecin doit toujours, de plus ou moins loin, superviser le suivi individuel des salariés, « certaines tâches doivent pouvoir être dévolues à des infirmières ou des assistantes de santé au travail » dit le document, qui en introduisant là le concept « d’assistant de santé au travail », descend encore d’un cran dans la qualification, sous les infirmières.

Et puis comme il est toujours utile de préparer le prochain passage du rabot, le document préconise également un début de privatisation. Le gouvernement aimerait bien que la médecine du travail puisse passer des conventions avec les médecins libéraux. A titre expérimental bien sûr, uniquement pour « certains types de missions » et « certains salariés »...

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  • papy55
    papy55
    prof. en province
    • Posté à 22h53 le 06/12/2009
    • Internaute 24237
      prof. en province

    La « méthode » exposée par l’auteur et concernant la médecine du travail s’applique en fait à tous les domaines qui touchent aux droits des salariés, aux secteurs publics ayant vocation à devenir des filons à fric pour « investisseurs » privés, y compris des domaines comme la police, voire la justice !
    Exemple : l’Education Nationale au sein de laquelle, de réforme en réforme, de suppression de postes en suppression de postes, on organise « l’inefficacité » éducative et formative pour justifier le développement des écoles privées qui seront le recours des familles les plus aisées mais inaccessibles aux plus modestes.
    Bientôt l’offre éducative ira de « FAUCHON Education » en passant par « LECLERC Education », « LIDL Education » jusqu’à « Education du Coeur » !

  • Compte supprimé le 19 janvier 5
    Compte supprimé le 19 janvier 5 répond à Emploi TH
    Praticien du Bien Etre
    • Posté à 22h59 le 06/12/2009
    • Internaute 91153
      Praticien du Bien Etre

    La question de fond qui se pose :

    - donne-t-on trop ou pas assez de responsabilité à la médecine du travail ?

    Le problème, leur statut de salarié ne leur donne pas non plus beaucoup de liberté.

    Je ne pense pas qu’ils soient en sur-effectif, je pense que leurs compétences sont mal utilisées.

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