L'économie vue du terrier

L'actualité économique vue par un lapin malin

Affaire Laëtitia : que Sarkozy le dise s'il est pour la peine de mort !

Lapin Bleu
Journaliste n°89910
Publié le 08/02/2011 à 12h47

Si Nicolas Sarkozy s’intéressait à la réalité des dossiers, il ravalerait sa démagogie dans l’affaire Laëtitia [du prénom de la jeune fille de 18 ans que le récidiviste Tony Meilhon aurait enlevée et tuée près de Pornic, en Loire-Atlantique, ndlr], plutôt que de surfer allègrement sur l’émotion populaire.

Le 24 janvier, dans un numéro de charme aux journalistes venus assister à sa conférence de presse sur les objectifs du G20, Nicolas Sarkozy affirmait sans ambages qu’il se « présidentialisait ». Comme il l’avait déjà fait plusieurs fois par le passé, il affirmait alors qu’il avait changé, et qu’il n’était plus le même.

« J’essaie de me porter à distance, [...] de ne pas me laisser distraire par les polémiques. »

Un fait-divers, une loi

Dès le lendemain pourtant, Nicolas Sarkozy renchérissait sur le dossier Laëtitia, stigmatisant la récidive et son traitement judiciaire. Habitués et las, les Français pouvaient alors se résigner : non, il n’a pas changé, et il n’y aura pas de loi (ou alors une loi sans qualification nouvelle, ou matériellement inapplicable, ou sans décrets d’application, bref « une loi pour le 20 heures »...).

Car la réalité est que la société à risque zéro n’existe pas, qu’il est impossible de mettre un flic, un maton ou un psy derrière tout le monde, ou d’enfermer les gens à vie. La réalité, c’est que la complexité humaine est immense, que les réalités socio-psychologiques sont subtiles, que personne n’est tout noir ni tout blanc (n’en déplaise à la vision « comportementaliste » de notre Président). Les récidivistes existeront toujours, en une portion incompressible.

Si une loi sortait malgré tout de ce fait-divers, on se demande bien quel pourrait en être le contenu. Quand on sait que depuis 2007, pas moins de cinq lois portant sur la récidive ont été votées. Nicolas Sarkozy a déjà institué une loi permettant le maintien en détention d’un délinquant ayant purgé sa peine (loi du 9/01/2008 sur la rétention de sûreté), une autre imposant la castration chimique des délinquants sexuels (2010)...

Sans compter que le contrôle judiciaire existait bien avant le sarkozysme avec pour objectif d’imposer un suivi aux délinquants en fin de peine potentiellement récidivistes. En écoutant de nouvelles promesses présidentielles sur le sujet, on en arrive donc à imaginer le pire.

Avec la peine de mort, plus de risque de récidive !

Car en réalité, le dernier recours qui n’ait pas été encore voté, est bien la peine de mort pour les délinquants et criminels sexuels. Aller au bout de la démagogie du président de la République, c’est proposer cette solution-là.

Cette solution est garante qu’aucune récidive n’est possible. Cette solution-là et ses enjeux démocratiques, philosophiques et moraux énormes. Cette solution-là qui rend toute erreur judiciaire criminelle. Cette solution-là que le prédécesseur de Nicolas Sarkozy à l’Elysée s’était attaché à rendre inconstitutionnelle avant de partir. Cette solution-là, celle du Front national, qui l’assume. Cette solution finale.

Le président de la République, qui a fait le choix de réduire drastiquement les moyens que l’Etat consacre à la justice, qui depuis son arrivée, rabote l’Etat avec la Révision générale des politiques publiques (RGPP), est-il conscient de l’impact de ses différentes mesures d’économie dans les tribunaux ?

Est-il conscient de la réalité quotidienne des services pénitentiaires d’insertion et de probation ? De celle des juges, magistrats, matons et policiers ?

Si oui, peut-il dire aux Français jusqu’où il compte aller avec la mission Ciotti et ses annonces répétitives sur la récidive ? S’il peut nous le dire, peut-il nous dire si c’est jusqu’au retour de la peine capitale ? Ou, à défaut, nous rassurer si tout cela n’est qu’esbrouffe habituelle ? ...

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  • alangaja
    alangaja
    "Bank brother is watching you"
    • Posté à 12h51 le 08/02/2011
    • Internaute 93690
      "Bank brother is watching you"

    peine de mort dont les élus seraient exemptés, on l’espère !

  • C. Creseveur
    C. Creseveur
    D'actualité, de dessin surtout
    • Posté à 13h01 le 08/02/2011
    • Internaute 7715
      D'actualité, de dessin surtout
  • marc44
    • Posté à 13h26 le 08/02/2011
    • Internaute 24488

    Un groupe de députés UMP dépose, de temps à autre, une proposition de loi pour rétablir la peine de mort.

  • affreuxjojo
    • Posté à 13h26 le 08/02/2011
    • Internaute 29421

    Il va forcément ce calmer sur ces question. Les Français comprennent de mieux en mieux qu’il a gravement échoué sur les questions de sécurité (comme partout d’ailleurs).
    S’il y a bien un responsable de la mort de Lætitia, c’est Sarkozy lui-même et sa démolition forcenée des services publics.

  • Pierre Hesschentier
    Pierre Hesschentier répond à Malzieux
    retraité
    • Posté à 14h04 le 08/02/2011
    • Internaute 128979
      retraité

    Que proposent les démagos de gauches qui ont cependant la même vision de la politique économique à conduire ?

  • Ehz
    Ehz
    libre
    • Posté à 14h57 le 08/02/2011
    • Internaute 143908
      libre

    Ils peuvent courir les députés / président etc pour rétablir la peine de mort

    Depuis 1985, il est impossible de rétablir la peine de mort en France. En effet, la France a ratifié, en 1985, un traité international de 1983, le 6ème Protocole à la Convention européenne des droits de l’Homme. Cette convention interdit aux Etats qui l’ont ratifiée, de recourir à la peine de mort. Les traités internationaux ayant une valeur supérieure à la loi, le Parlement français ne pourrait rétablir la peine de mort que si le Président de la République française dénonçait cette convention. Pareille dénonciation mettrait la France au ban moral des droits de l’Homme en Europe. Un tel acte, de la part du Président de la République française, apparaît impossible au regard de l’affirmation constante de la France, la patrie des droits de l’Homme.

    (source Lien )

  • nanabel
    nanabel répond à Pour que vive la République
    1ère version
    • Posté à 15h00 le 08/02/2011
    • Internaute 97292
      1ère version

    Un sondage TNS Sofres publié le 16 septembre 2006 montre que 4 français sur 10 sont favorables au rétablissement de la peine de mort, abolie il y a 30 ans.

    Si 42% des Français sont pour la peine capitale, 52% s’y déclarent opposés et 6 % sans opinion, selon le sondage.

    Les hommes sont plus enclins au retour de la peine de mort (44%) que les femmes (42%) et les tranches d’âge les plus vieilles (48% des 35 à 49 ans sont pour) plus que les jeunes (32% chez les 25 à 34 ans).

    Conformément à l’engagement pris par François Mitterrand, l’abolition de la peine capitale était votée le 18 septembre 1981 à l’Assemblée nationale à une large majorité malgré l’hostilité de l’opinion.

    62% des Français se déclaraient alors favorables à la peine de mort, selon une enquête de 1981 publiée par la Sofres.

    Si en 1981, 62 % des français se disaient pour la peine de mort, en 2006, ils ne sont plus que 42 %. Mais avec la politique du tout sécuritaire d’aujourd’hui, il n’est pas certain que le nombre « des favorables à la peine de mort » soit inférieur à 40 %.

    Il est à noter que, quelque soit l’opinion publique, on ne peut pas rétablir la peine de mort. C’est la première condition que l’UE exige de tout candidat à l’adhésion. La Turquie a été contrainte d’abolir la peine de mort pour montrer son intérêt à rentrer dans l’Union.

  • Alexad
    • Posté à 15h06 le 08/02/2011
    • Internaute 8145

    En ce qui concerne la peine de mort, elle est constitutionnellement interdite en France. De plus, elle est interdite par le traité européen, sauf dans quelques cas, déjà très inquiétants, comme :

    a) pour assurer la défense de toute personne contre la violence illégale ;
    b) pour effectuer une arrestation régulière ou pour empêcher l’évasion d’une personne régulièrement détenue ;
    c) pour réprimer, conformément à la loi, une émeute ou une insurrection.

    C’est donc pure démagogie et réveil des plus bas instincts de nos compatriotes qui animent NS. Chacune de ces horreurs lui permet de « titiller » la bêtise, pour tenter de faire remonter une cote calamiteuse et surtout pour ratisser large en matière d’électorat.
    D’ailleurs, il suffit de le regarder lorsqu’il parle pour constater que ce ne sont que postures et qu’en fait, il se moque « impérialement » des conséquences annexes...

  • lebison
    lebison répond à winner51
    chercheur
    • Posté à 15h30 le 08/02/2011
    • Internaute 93812
      chercheur

    On ne parle pas comptablement quand il s’agit de vie et de mort. Qu’est-ce que cela signifie « le risque de se faire condamner à mort à tort n’est surement pas supérieur à se faire tuer par un récidiviste » ? Si on parle de statistiques, je ne suis même pas sur que ce soit vrai dans les pays où la peine de mort est réellement appliquée (la Chine par exemple). Mais surtout, je ne vois pas ce que ces statistiques viendraient faire ici. Vous remplacez un meurtre révoltant, inacceptable, insupportable, par un meurtre d’état, institutionnalisé, planifié. Ca n’est plus un fou qui tue, c’est nous tous. Je ne l’accepterai jamais. La folie d’un récidiviste, comme celle d’un chauffard, font partie des risques que nous devons accepter, sans toutefois cesser de les combattre. Mais tuer par vengeance ou prévention, c’est perdre son humanité.

    Quant à l’argument des larmes « expliquer tout celà à la famille de Laetitia », justement, personne ne vous demande de le faire. Le président n’a pas à la faire. Il doit faire une loi juste, équitable et humaine. Le meurtre de Laetitia est horrible et révoltant, il ne mérite pas pour autant d’abolir l’état de droit.

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 17h20 le 08/02/2011
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    Sarkozy met en pratique avec la justice ce qu’il a défini avec la gestion des personnels de l’Etat.
    Selon un principe libéral bien connu, l’Etat n’est pas le solution mais le problème. Cet hypothèse étant posée, il ne reste plus qu’a déployer le raisonnement à tous les étages de notre société.
    1ère étape, creuser le déficit budgétaire de la France
    Augmentation des dépenses et réduction des recettes. Au bout de 3 ans de mandat le déficit budgétaire de la France est passé de 1100 à plus de 1400 milliards d’euros avec une très belle accélération.

    2 ème diminuer le nombre de fonctionnaire au nom du réalisme économique
    3ème étape augmenter les missions de ceux qui restent sans donner aucuns moyens supplémentaires (éducation, santé, police, justice,............)
    4 ème étape dénoncer la faillite des fonctionnaires dans les missions qui leurs sont confiés
    5 ème étape proposer des solutions alternatives de types jurys populaires ou recrutement de personnels de police avec formation allégée.
    Sarkozy est pour la privation de tous les services de l’Etat et pour y arriver il fait de l’agitprop (vielle technique marxiste)
    Agitation en provoquant tous les corps de l’État, en les mettant devant des responsabilités qu’ils n’arrivent plus a assumer
    Propagande en proposant via des E. Ciotti et autres députés de la droite de l’UMP des solutions qui favorisent la privatisation des missions.

  • A déménagé le 17-9
    • Posté à 17h25 le 08/02/2011
    • Internaute 88579
      nc
  • Clockclock
    Clockclock répond à winner51
    éleveur de poules de combat
    • Posté à 18h24 le 08/02/2011
    • Internaute 117094
      éleveur de poules de combat

    « Je me considère au moins autant humain que vous et j’ai adopté une philosophie toute simple, ne fais pas autres ce que tu ne voudrais pas que l’on te fasses »

    Donc si tu es pour la peine de mort,ça veut dire que tu es d’accord pour mourir par la main de quelqu’un d’autre.Intéressant..

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