L'économie vue du terrier

L'actualité économique vue par un lapin malin

Politiques publiques : seulement 7 milliards d'économie en trois ans

Lapin Bleu
Journaliste n°89910
Publié le 13/03/2011 à 10h57

« Arme nucléaire » du gouvernement pour démembrer l’Etat selon les syndicats, la révision générale des politiques publiques (RGPP) a permis de réaliser 7 milliards d’euros d’économies sur la période 2009-2011 s’est félicité François Baroin qui en présentait un bilan en conseil des ministres mercredi, nous apprend La Tribune de jeudi. Le gouvernement mise sur 10 milliards d’euros supplémentaires sur 2011-2013.

Sur le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant en retraite, le ministre du Budget estime que cela aurait permis « de ne pas remplacer 100 000 départs entre 2009 et 2011, soit 5% des effectifs de l’Etat, ce qui représente une économie de 2,7 milliards d’euros ».

Il affirme que la moitié de cette somme a été redistribuée aux agents conformément aux promesses gouvernementales. Des chiffres sous-estimés selon la Cour des Comptes qui calcule qu’en 2009, 700 millions avaient été rétrocédés aux agents sur 800 à 900 millions d’économie annuelle attendue (le gouvernement achèterait ainsi « au prix fort » l’adhésion des syndicats de fonctionnaires à la RGPP).

7 milliards d’économies, 379 milliards de déficits

Mais au final, ce qui ressort de ce bilan est le faible niveau d’économies réalisées. Certes, comme le disait ici en octobre notre cher Hulk (« gros con de droite » riverain de Rue89), « il n’y a pas de petites économies ». N’empêche.

Comme le signale l’éditorialiste Pierre-Angel Gay, qui stigmatise également dans La Tribune de jeudi une « revue des gagne-petit-petit », « la somme est modeste si on la ramène aux 379 milliards de déficits cumulés durant la même période ».

Revenant sur la divergence d’interprétation entre gouvernement et Cour des comptes, le journaliste estime que le bilan est même dérisoire, « si l’on considère que les services de Bercy incluent dans les économies réalisées 2,7 milliards correspondant aux 100 000 suppressions de postes effectuées dans la fonction publique ».

Quand on voit avec quelle violence idéologique la RGPP s’exprime sur le terrain, avec des services restructurés à la hache, des objectifs de rendement parfois surréalistes, la privatisation à la va-comme-je-te-pousse de certains services, la nomination de « petits chefs » sarkozystes prompts à ne pas réfléchir, etc., sans savoir si au-delà des chiffres et du rendement le service public en ressort de meilleure qualité, on se dit que le jeu n’en vaut peut-être pas la chandelle.

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  • Hulk
    Hulk
    Gros con de droite
    • Posté à 15h26 le 13/03/2011
    • Internaute 108405
      Gros con de droite

    Même dans l’hypothèse où la RGPP ne générerait pas d’économies, il faudrait la faire, pour le simple motif qu’une organisation qui ne se restructure pas régulièrement s’encroute et devient de moins en moins performante. Pour ce simple motif, qui est que les français ont droit à une administration efficiente, la RGPP s’impose.

    De plus, elle génère des économies qui vont s’amplifier avec le temps, quand le retour sur investissement sera maximal. Les gouvernements en place dans dix ans ne pourront que se féliciter que ce boulot ait été fait.

    Cela étant, les oppositions sont bien compréhensibles. Cela s’appelle la résistance au changement, qui est une attitude présente dans toute organisation soumise à un changement important. On observe cela dans des entreprises pourtant habituées à se réorganiser fréquemment. Alors dans la fonction publique qui n’avait en gros pas évolué depuis 1944, c’est sûr que ça secoue un peu. Rien de grave, il faut juste accompagner les personnels et arroser les syndicats, ce qui coûte une partie des économies réalisées en effet.

  • survivant
    • Posté à 15h41 le 13/03/2011
    • Internaute 25864

    Baroin le magicien nous sort son lapin de son chapeau. Voici, 4 ans de réforme de l’état pour comprendre le tour de magie de baroin.

    2007 :

    20 juin : Présentation du projet de révision générale des politiques publiques (RGPP).

    10 août : Promulgation de la loi sur les universités qui prévoit la généralisation de l’autonomie à toutes les universités dans un délai de 5 ans.

    19 septembre : Discours de N.S à l’institut régional d’administration de Nantes qui plaide pour une révolution culturelle dans la fonction publique.

    26 septembre : Le projet de loi de finances pour 2008, prévoit, notamment, la suppression de 22 921 postes de fonctionnaires.

    13 novembre : Présentation au Sénat du calendrier de la réforme de la carte judiciaire qui prévoit la suppression la suppression de tribunaux de grande instance et d’instance, de tribunaux de commerce et 63 conseils de prud’hommes.

    6 décembre : Présentation d’un projet de loi prévoyant la fusion des réseaux ANPE et Unedic.

    7 décembre : Le « rapport Lambert » sur les relations entre l’État et les collectivités territoriales propose la suppression de la clause générale de compétence pour les départements.

    12 décembre : Le premier conseil de modernisation des politiques publiques présente les orientations de la réforme de l’administration publique.

    2008 :

    17 février : Mise en vigueur de la réforme de la carte judiciaire, par décrets : 23 tribunaux de grande instance, 176 tribunaux de grande instance, 178 tribunaux de commerce sont supprimés.

    3 avril : Création, par décret, d’une direction générale des finances publiques, fusionnant la direction générale des impôts (DGI) et la direction de la comptabilité publique (DGCP).

    4 avril : 2° réunion du conseil de modernisation des politiques publiques. Il adopte 166 mesures pour 7 milliards d’euros d’économie, avec notamment le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.

    17 avril : Le livre blanc sur l’avenir de la fonction publique préconise la mise en place d’une fonction publique de métiers et remet en cause l’organisation statuaire de la fonction publique de l’État.

    11 juin : 3° réunion du conseil de modernisation des politiques publiques qui prévoit une nouvelle organisation de l’administration territoriale de l’Etat au niveau départemental et la réforme du financement des universités.

    22 octobre : Création d’un comité pour la réforme des collectivités locales, présidé par Edouard Balladur. Présentation du projet de loi « Hôpital, patients, santé territoire ».

    2009 :

    5 mars : Remise du « rapport Balladur ». Il propose l’achèvement de la carte de l’intercommunalité, la création de 11 métropoles, le regroupement volontaires de régions ou de départements, la création de la collectivité territoriale du Grand Paris.

    29 avril : L’objectif d’alignement des systèmes de financement des hôpitaux publics sur le privé reporté en 2018.

    21 juillet : Promulgation de la loi « Hôpital, patients, santé et territoires ».

    23 juillet : Publication de la liste des 20 premières universités qui accéderont à l’autonomie au 1er janvier 2009. Ces universités pilotes pourront recourir à des finances privés.

    24 juillet : Présentation du plan de modernisation de la défense qui prévoit la suppression de 83 sites ou unités militaires et le déménagement de 33 autres.

    3 août : Promulgation de la loi sur la mobilité dans la fonction publique : suppression des obstacles juridiques à la mobilité et possibilité de recourir à l’intérim dans les 3 fonctions publiques....

    7 octobre : Présentation du projet de loi sur le Grand Paris visant à renforcer l’attractivité économique de la région parisienne.

    20 octobre : Discours de N.S à Saint-Dizier sur la réforme des collectivités territoriales qui doivent participer à la réduction des déficits.

    21 octobre : Présentation Présentation de 4 projets de loi sur les collectivités territoriales.

    3 décembre : Décret créant de nouvelles directions départementales interministérielles, par fusion de multiples services.

    16 décembre : Rapport de la cour des comptes qui critique la règle de non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux, résultat d’ »une démarche quantitative n’évaluant pas la qualité des missions de service public ».

    2010 :

    1er mars : La poste devient une société anonyme à capitaux publics. Elle reste, pour une durée de 15 ans, opérateur du service universel postal.

    1er avril : Création officielle des 26 agences régionales de santé (ARS).

    28 mai : Promulgation de la loi pour le développement des sociétés publiques locales (SPL), sociétés de droit privé à capitaux publics, elles pourront être créées par les collectivités locales pour gérer des missions d’intérêt général.

    3 juin : Promulgation de la loi sur le Grand Paris.

    30 juin : Présentation de la deuxième vague de la RGPP. Elle comprend le non-remplacement de 100 000 fonctionnaires sur 2011-2013 et un programme de simplification des démarches administratives. Économies attendues : 10 milliards d’euros par an à l’horizon 2013.

    22 juillet : Première nomination par décret du président de la République du PDG de France Télévisions.

    3 août : Décret sur les statuts de l’établissement public de Paris-Saclay, en application de la loi sur le Grand Paris.

    17 novembre : Adoption définitive par l’Assemblée nationale de la loi portant réforme des collectivités territoriales

  • Boutauvent
    Boutauvent
    Testeur de temps libre
    • Posté à 16h28 le 13/03/2011
    • Internaute 45018
      Testeur de temps libre

    Il est évident qu’une comptabilité rigoureuse est indispensable au « bon » fonctionnement d’un ménage et/ou d’une collectivité.
    Mais un excellent comptable n’est pas nécessairement un « bon gestionnaire » ; ce sont des métiers différents, quand bien même ils seraient complémentaires.
    La préoccupation essentielle du comptable est de savoir comment équilibrer les comptes qu’il doit approuver... tandis que celle du gestionnaire est de savoir ce qu’il peut se permettre d’anticiper afin que les valeurs évoluent.
    Quand on déshabille Pierre pour habiller Paul, on aboutit à un compte « à somme nulle » ; et je ne crois pas que cette forme de « gestion » soit compatible avec la nécessité de croissance qu’impose la dynamique de Ponzi mise inconsidérément en place depuis plusieurs décennies afin de combler les déficits publics et verser des retraites à peu près convenables.
    « L’objecteur de croissance » que je suis devrait s’en réjouir, voyant que l’argent public ne pourra plus servir à subventionner des entreprises « capitalistes/productivistes » qui n’ont même pas l’élémentaire politesse de payer un impôt proportionnel à leurs profits ; mais je ne crois pas que la réduction des services publics de santé et d’éducation liée à ces restrictions budgétaires va se traduire en termes de « progrès », et je n’en suis pas encore arrivé à confondre « décroissance » avec « récession »... bien au contraire.

  • Zzzzz
    Zzzzz
    Ici
    • Posté à 16h45 le 13/03/2011
    • Internaute 102708
      Ici

    Pour subir cela de l’intérieur (en lycée), je peux vous dire que ces 7 petits milliards ne sont, en plus, que des économies à court terme. Elles vont coûter cher à long terme, le service public étant dégradé, ce sont des français moins bien éduqués, moins bien soignés, moins bien protégés, moins bien accompagnés vers l’emploi, etc., que nous produisons.
    Il y a un moment ou l’économie est coûteuse, ce moment est atteint.

  • survivant
    survivant répond à survivant
    • Posté à 17h54 le 13/03/2011
    • Internaute 25864

    En clair, pour ceux qui n’auraient pas bien compris le tour de passe passe. Depuis, 4 ans, l’Etat taille dans les fonctionnaires. Ce qui lui a permis de maintenir, le bouclier fiscal en relevant l’assiette de l’impôt sur le revenu.
    Donc, forcément il y a eu moins de rentrées fiscales dans les caisses de l’Etat, qui ont été compensées par la suppression de milliers de postes de fonctionnaires non remplacés.
    Jusque là, ça ne fait pas 7 milliards d’économies pour l’Etat ; juste une économie pour les contribuables qui sont assujetis à l’impôt sur le revenu.
    Mais alors il y a un truc que baroin nous aurait caché ?
    Le truc, c’est que l’Etat a aussi obligé les collectivités territoriales à revoir les fonctionnaires à la baisse. Pour ce faire il a introduit sa fameuse réforme de partenariat public/privé.
    Le privé récupère les marchés juteux des fonctions publiques (cantines, ménages entretien et maintenance des bâtiments ect... Et le contribuable paye encore plus d’impôts locaux dont une partie repart dans les caisses de l’Etat.
    C’est la double peine pour les contribuables surtout pour les familles aux faibles revenus.
    Car, les impôts locaux, à l’inverse des impôts sur le revenu, eux, n’ont pas de variable d’ajustement. Tout le monde paye le même prix. Riches ou pauvres.
    Les contribuables payent la crise, le bouclier fiscal (bientôt l’isf) et font faire des économies à l’Etat . Bravo !

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 00h01 le 14/03/2011
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    Pourquoi la France va t’elle émettre des bons du Trésor à hauteur de 7.5 milliards d’euros le 14/03/11, c’est à dire emprunter sur le marché international.
    Le montant de la dette française est de 1 233 milliards d’euros au 31 janvier 2011, le déficit de l’État sur un an est 13,4 milliards d’euros contre 9,1 l’année précédente.
    La gestion du budget de la France par le gouvernement de Sarkozy est calamiteuse. Même sur ses fondamentaux, la réduction de la dette publique, les montants sont moindres que ceux espérés avec des service rendus en pleine déconfiture. Que ce soit la police, la justice, la santé, la pénitentiaire, les affaires étrangères, l’armée, tout se barre en guenilles.
    Alors émettre 7.5 milliards d’euros de bons du Trésor, c’est une autre façon de faire fonctionner la planche à billet. Serait ce pour boucher le trou du prêt que nous avons consenti à la Grèce pour éviter de tomber encore plus bas ? De la cavalerie ? Lamentable.

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