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« Never Forever » : l'ambiguë beauté des étreintes clandestines

Publié le 24/10/2007 à 19h45

Jung-woo Ha et Vera Farmiga (Surreal Films).

C’est sur deux corps à la plastique de rêve en train de faire l’amour que Gina Kim ouvre son troisième film « Never Forever » : celui de Sophie (Vera Farmiga, la psy aux yeux bleus inoubliables des Infiltrés de Scorsese) et de son mari Andrew, bellâtre d’origine sud-coréenne et avocat de renom parfaitement intégré à l’upper class new-yorkaise.

Ils finissent : le brun ténébreux pleure dans les bras de sa blonde aux boucles d’or. Pas de bonheur, mais de désespoir. On le comprend bien vite, ce dernier est stérile et ne pourra jamais donner d’enfant à sa femme.
Ils auraient pourtant tout pour être heureux : maison magnifique stylisée et tendant vers l’épure grâce aux mains de fée de la si bonne bonne, collection de chemisiers et de mocassins à en faire baver plus d’un plus d’une, amis sans rides et bien sapés eux aussi...

Mais après de vaines tentatives d’insémination artificielle, le couple s’effrite, perd espoir. Prête à tout pour le sauver, Sophie paie cher un immigré clandestin coréen en galère, Jihah. Ces deux-là s’exécutent d’abord mécaniquement sur le couvre-lit vert et pelucheux, dans le petit appartement de Chinatown qu’on occupe illégalement, dans un silence et un anonymat déconcertants. Jusqu’au jour où les regards s’effleurent et où les lèvres s’entrouvrent...

Si les vingt premières minutes du film laissent craindre l’afféterie, la joliesse presque cucul et des ficelles un peu trop visibles, la suite pourtant happe, bouscule, et nous laissent succomber aux récit des malheurs de Sophie.

La caméra à l’épaule, les gros plans audacieux, des acteurs bien sentis pris dans une lumière pure qui évolue au fil des saisons rendent avec justesse la beauté et la complexité des rapports hommes-femmes, de leurs histoires d’amour, mais aussi de celles de l’exil et de l’immigration ; l’impact est démultiplié.

Peu de mots dans ce condensé de sentiments au féminin, mais plutôt une forte capacité suggestive alliée à une sobriété rare. Pas étonnant donc, que le troisième film de la réalisatrice née à Séoul en 1973 et également enseignante en études cinématographiques à Harvard ait reçu le prix du jury au 33e Festival du film américain de Deauville.

Never Forever - de Gina Kim - avec Vera Farminga, Ha Jungwoo, David Mc Innis - Corée du sud/Etats-Unis - 1h41 - bande annonce.


David McInnis et Vera Farmiga (Surreal Films).

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  • romon_myriad
    • Posté à 00h13 le 25/10/2007
    • Internaute 14803

    Si je m’étais dépêché, j’aurais été le 1er à réagir à ce post. Mais je me suis endormi sur mon clavié (là je fais exprès). Dommage. R.

    • Anonyme répond à romon_myriad

      Merci Ella pour cette juste critique.
      Le film est à découvrir.
      A mercredi prochain, donc.

  • Anonyme

    Quel joli film, mon coup de coeur de la semaine car en plus d’être un mélodrame magnifiquement porté par les acteurs et la réalisatrice, le film permet une discrète lecture politique, discrète dans le sens où elle ne nuit jamais à l’intrigue principale (l’histoire de Sophie en quête d’un enfant pour le croit-elle sauver son couple), ainsi il est question d’exil, d’immigration, de rapport en riches et pauvres.
    Il est vraiment dommage de voir que ce film ne bénéficie pas d’une meilleure exploitation en salles.

    Antoine.

  • gdvoyageur
    • Posté à 23h12 le 31/10/2007
    • Internaute 20925

    Un film esthétisant mais pas hypnotique. Une actrice remarquable, juste, et d’une vulnérabilité troublante mais le scénario est bancal. D’un côté l’inadéquation entre l’épouse et la famille coréenne bien-pensante est parfaitement écrite, transcrite, mais de l’autre (et c’est un vrai regret) l’évolution de sa relation envers le clandestin laisse perplexe (en tout cas la seule jouissance érotique, pas spécialement mise en valeur, n’en semble pas la clé). Un film d’une réalisatrice de talent qui ne semble pas être allée tout au bout de ses idées.

  • gdvoyageur
    • Posté à 23h12 le 31/10/2007
    • Internaute 20925

    Un film esthétisant mais pas hypnotique. Une actrice remarquable, juste, et d’une vulnérabilité troublante mais le scénario est bancal. D’un côté l’inadéquation entre l’épouse et la famille coréenne bien-pensante est parfaitement écrite, transcrite, mais de l’autre (et c’est un vrai regret) l’évolution de sa relation envers le clandestin laisse perplexe (en tout cas la seule jouissance érotique, pas spécialement mise en valeur, n’en semble pas la clé). Un film inachevé, d’une réalisatrice de talent qui ne semble pas être allée tout au bout de ses idées.

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