On va pas en faire un sondage

L'interprétation malhonnête Ifop-Paris Match de la popularité de Sarkozy

Docteur Panel
Sondologue
Publié le 13/09/2010 à 15h46

On ne sait jamais trop quoi penser devant un sondage. Heureusement, les sondeurs, ces hérauts modernes du peuple, du vrai, nous édifient de leurs commentaires. Tout de suite, on y voit plus clair. A moins que ce ne soit le contraire.


Voyons voir. On a beaucoup parlé des biais DANS les sondages, il est temps de parler des biais SUR les sondages grâce à l’exemple éloquent de la dernière enquête Ifop pour Paris Match. Le titre :

« La politique sécuritaire de Sarkozy, bien loin des préoccupations des Français selon notre sondage Ifop-Paris Match. » (Télécharger le tableau de bord politique Ifop-Paris Match)

La suite :

« Notre baromètre de septembre montre que l’offensive sécuritaire de Nicolas Sarkozy est loin d’avoir porté les fruits espérés, même si sa cote parvient à regagner quelque trois points pour atteindre un niveau qui reste médiocre (38%).

Bien que son sujet de prédilection ait été en tête des conversations des Français -l’expulsion des Roms a animé les conversations de 74% d’entre eux- 51 % jugent inefficace la politique sécuritaire du Président, qui ne convainc que 49% des Français sur ce sujet.

Plus grave, cette politique passe à côté des préoccupations de la plupart des Français : la “ sensibilité à leurs préoccupations ” est une qualité qui lui correspond mal pour 64% des Français, chiffre qui apparaît bien plus corrélé à la politique sociale -également vilipendée par 64% des Français- qu’à la politique sécuritaire.

Pour finir, elle n’a pas réussi à évacuer du devant de la scène l’affaire Bettencourt-Woerth, qui continue d’alimenter les conversations d’un foyer sur deux (49%). »

Allez, j’arrête là. Ce commentaire -l’aviez-vous deviné ? - est apocryphe. Il n’a jamais existé que dans ce blog. Mais il se base très exactement sur les mêmes chiffres que ceux de l’Ifop.

Deux interprétations radicalement opposées d’un même sondage

Bien malin qui pourrait dire lequel, de celui de l’Ifop ou de votre serviteur, est le plus impartial -ou l’inverse, c’est selon- et je ne m’y risquerai certainement pas. Mais la différence d’interprétation qu’on peut faire à partir des mêmes chiffres est suffisamment abyssale pour donner le tournis. Voici un extrait du commentaire de l’analyste de l’Ifop qui l’a réalisé :

« On observe d’abord, une remontée de la cote d’approbation du président de la République (+ 3 points en deux mois, à 38%) [...].

Le “ tournant ” sécuritaire initié depuis le discours présidentiel de Grenoble ne semble pas étranger à cette remobilisation de son électorat. En effet, testée pour la première fois dans le tableau de bord politique, l’efficacité de l’action du chef de l’Etat en matière de lutte contre l’insécurité est saluée par un Français sur deux (49%) [...].

Pour autant, la désapprobation de l’action du chef de l’état reste un phénomène largement majoritaire (64% en moyenne), y compris dans certaines catégories -pourtant sensibles au discours sécuritaire- comme les ouvriers (75%) et les employés (71%).

C’est l’insuffisance perçue de l’action du Président en matière de politique sociale qui “ leste ” sa popularité au sein des catégories populaires [...].

Enfin, au-delà du trio de conversations qui émerge en tête -la polémique autour des renvois de Roms dans leur pays d’origine (74%), la rentrée scolaire (73%) et la journée de mobilisation contre le projet de loi de réforme des retraites (62%)-, il est aussi intéressant d’observer les sujets peu abordés par les Français, à savoir le remaniement ministériel prévu en octobre (18% [...]), la baisse du chômage (30%) et surtout l’affaire Woerth-Bettencourt : à peine une personne sur deux (49%) en a parlé cette semaine en dépit d’une exposition médiatique très intense depuis 2 mois. »

La différence profonde entre... 49% et 49%

Le sondeur s’abstient scrupuleusement de tout commentaire sur le chiffre attestant de la piètre sensibilité du Président aux préoccupations des Français. Bon c’est sûr, ce 64% de « correspond mal » n’est pas très raccord avec la thèse de Match qui entame son article par :

« Le chef de l’Etat se voit conforté dans sa politique sécuritaire. Celle qu’il dit décriée par les élites parisiennes et applaudie par les Français modestes. »

Thèse qui rejoint celle de Jérôme Fourquet, directeur adjoint du département opinion de l’Ifop, comme on peut le lire sur le blog Identités politiques de Mediapart. Sauf à ce qu’il y ait en France 64% d’élite parisienne, à ce niveau d’insensibilité aux préoccupations des Français, on peut craindre qu’il y ait aussi quelques Français modestes qui n’ont pas vu en quoi les expulsions de Roms répondaient à leurs préoccupations.

Plus curieux encore de la part d’un sondage qui clame qu’il « respecte fidèlement les principes scientifiques et déontologiques de la profession », vous aurez noté la différence profonde que l’Ifop établit entre 49% et 49%. Pour le responsable de l’étude, 49%, c’est une véritable ovation s’agissant de la politique du Président en matière de sécurité, « saluée » par un Français sur deux. Et tant pis pour la majorité de 51 % qui semble plutôt la huer.

Tandis que 49% de Bettencourt-Woerth dans les conversations, c’est un sujet « peu abordé », par « à peine une personne sur deux [malgré le complot politico-médiatique de la gauche milliardaire, ndlr] ». Pardon, c’est ma lepénisation des esprits qui me reprend. Il fallait lire sous la plume de l’Ifop « en dépit d’une exposition médiatique très intense depuis deux mois ».

Une interprétation objective d’un sondage est-elle possible ? J’en doute. Les chiffres sont objectifs -euh, parfois- mais ne disent rien. Seuls les mots qui en parlent leur donnent un sens, et ce sens est nécessairement guidé par les décisions qui devront en découler, et nourri par les présupposés de celui qui les commente.

A défaut d’objectivité, on leur demande juste d’être honnêtes.

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  • A déménagé le 16-01-2012
    • Posté à 16h05 le 13/09/2010
    • Internaute 30191
      non connue

    L’interprétation des 49%,c’est comme le reste, selon que vous serez puissant ou misérable ! ! en tous les cas, ils ne manquent pas d’air, d’être malhonnêtes à ce point ! ! ou bêtes ? ,ou les deux ...

    • enfumage
      enfumage répond à A déménagé le 16-01-2012
      parti de rien pour arriver (...)
      • Posté à 17h25 le 13/09/2010
      • Internaute 97031
        parti de rien pour arriver (...)

      des sondages truqués pour un truqueur et un menteur quoi de plus normal en Sarkozyie ! Woerth ment , Besson ment , Sarko ment , le cabinet noir de l’Elysée mitonne des petits sondages réconfortants pour le petit césar de Neuilly qui sans cela deprimerait ...la France elle s’en tape ...la culture opinionway a encore de beaux jours devant elle avec Giacometti aux commandes !

  • Tmal
    Tmal
    Parti rider...
    • Posté à 16h16 le 13/09/2010
    • Internaute 112672
      Parti rider...

    Quand on fait de la propag... heu, de la communication, on ne s’embarrasse pas de précautions contreproductives, ni d’objectivité contraignante...

    Il faut bien faire passer le message, au burin si besoin est.

  • Asse42-
    Asse42-
    Royaliste engagé contre le N.O.M (...)
    • Posté à 16h23 le 13/09/2010
    • Internaute 25124
      Royaliste engagé contre le N.O.M (...)

    Le pire ce sont les sondages qui disent que DSK est la meilleure chance pour la gauche devant Aubry et Royal, alors que dans les faits c’est Royal qui a raflé la mise :
    Lien

    • enfumage
      enfumage répond à Asse42-
      parti de rien pour arriver (...)
      • Posté à 18h36 le 13/09/2010
      • Internaute 97031
        parti de rien pour arriver (...)

      la mafia du pognon qui va progressivement lacher Sarkozy qui devient totalement incontrolable va nous imposer DSK comme meilleur alternative ...elle sait qu’avec lui il n’ y rien a craindre ...et puis il fait partie de la meme famille pas très catholique qui a toujours eu autant de réserve à droite comme à gauche ...c’est celà la vraie arnaque !

      • pipolino
        pipolino répond à enfumage
        .
        • Posté à 20h38 le 13/09/2010
        • Internaute 89242
          .

        « elle sait qu’avec lui il n’ y rien a craindre “

        C’est à dire, que voulez-vous dire ? Qu’avec lui la gauche va gagner ?
        Si la gauche présente DSK c’est une traitrise
        N’importe qui à gauche mais pas lui, j’aurai vraiment un problème de conscience

  • sheeldon
    • Posté à 16h25 le 13/09/2010
    • Internaute 21367
  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 16h49 le 13/09/2010
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    Désolé, mais on ne s’en lasse pas !

  • speedy38-
    speedy38-
    Ingénieur des travaux finis
    • Posté à 16h52 le 13/09/2010
    • Internaute 124689
      Ingénieur des travaux finis

    Il me semble aussi nécessaire de rappeler que les questions des sondages sont biaisées et qu’elles sont habilement tournées pour faire pencher la balance du bon côté...

    J’ai une fois été sondé dans ma vie, par téléphone.

    J’ai cru que le sondeur allait devenir fou...

    Chaque fois qu’il me posait une question, je lui répondais par une question en lui demandant de préciser le sens précis de la question.

    Puis je discutais avec lui, essayant de relever le niveau du débat, d’obtenir des précisions, résistais à son empressement à m’arracher une réponse rapide et manichéenne.

    A la fin de ce débat, je répondais systématiquement à côté car les réponses stéréotypées ne me convenaient pas du tout.

    Le sondage, qui aurait dû durer quelques minutes, a duré plus de deux heures...
    Et à la fin le sondeur à sûrement dû jeter ma fiche car elle était inexploitable.

    Je me suis bien marré (intérieurement).

    C’est étrange, je n’ai plus jamais été sondé.
    Je dois désormais être en « liste rouge » dans les instituts de sondage.

    • Waldeck
      Waldeck répond à speedy38-
      Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)
      • Posté à 17h00 le 13/09/2010
      • Internaute 36864
        Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)

      Et bien moi, à 60 ans, je n’ai jamais été sondé, dans la rue, au téléphone ou ailleurs, ayant pourtant vécu et travaillé à Paris, et je ne connais personne dans mon entourage l’ ayant été.

      Vous êtes la première personne qui déclare avoir été sondé, je vous crois et bravo pour vos réponses !

      Et vous les Riverains ?

      • speedy38-
        speedy38- répond à Waldeck
        Ingénieur des travaux finis
        • Posté à 17h19 le 13/09/2010
        • Internaute 124689
          Ingénieur des travaux finis

        C’était en 88, quelques mois avant la présidentielle.
        Un sondage politique.
        Je me suis bien marré, mais avec du recul je plains le « sondeur » car ça n’a pas dû être drôle pour lui. C’est les risques du métier.

        Quand j’ai un peu de temps à perdre, je m’amuse aussi avec les « prospecteurs téléphoniques » qui essayent de vendre des cuisines ou d’autres trucs dont je n’ai rien à faire.

        Je détourne la conversation, leur fais parler de la pluie et du beau temps... Rien à voir avec ce qu’ils essayent de me vendre...
        Et quand j’en ai marre je commence un débat philosophique sur la moralité de la prospection téléphonique intrusive dont le but est de vendre très cher des biens que l’on peut acquérir à moindre coût... Généralement ils raccrochent.

        Bref, on peut se marrer à peu de frais dans la vie (heureusement, c’est pas avec ce que l’on gagne)...

         
        • A déménagé le 2 mai 2011
          A déménagé le 2 mai 2011 répond à speedy38-
          Délinquante au coin de la rue
          • Posté à 19h28 le 13/09/2010
          • Internaute 26137
            Délinquante au coin de la rue

          C’est pas gentil ça ! !

          J’ai travaillé trois mois pour vendre par téléphone des cuisines et des fenêtres : -))

          Mais j’étais mauvaise, parce que je ne voulais pas arnaquer les personnes âgées ; mais je pestais si on me faisait perdre mon temps avec de la conversation... ou pire, de la drague ! !
          Mais le mieux c’est ceux qui vous raccrochent au nez : -))

          • speedy38-
            speedy38- répond à A déménagé le 2 mai 2011
            Ingénieur des travaux finis
            • Posté à 19h50 le 13/09/2010
            • Internaute 124689
              Ingénieur des travaux finis

            Je n’ai jamais raccroché au nez, j’ai toujours été courtois, je n’ai jamais dragué car ça ne me serait d’ailleurs jamais venu à l’esprit - mais vous venez de me donner une idée ; -).

            Quand je n’avais pas le temps, je leur demandais simplement comment ils avaient obtenu mon numéro de téléphone.

            Ils (ou elles) me répondaient habituellement que le numéro avait été fourni par leur chef.

            Je demandais alors à parler au chef...

            Quand c’était possible, je passais une branlée au chef en lui signalant que j’étais inscrit sur la liste orange pour ne pas être emmerdé par des pubs téléphoniques à la con....

            Quand ce n’était pas possible, je leur signalais poliment que j’étais inscrit sur la liste orange, que je n’étais pas intéressé du tout. Merci beaucoup, au revoir.

            Quand j’ai un problème, je n’engueule jamais le « pousse-cailloux » de base. Il n’y est pour rien et ne fait qu’obéir aux ordres. C’est une preuve de lâcheté de manque de respect.

            Je demande toujours à parler au chef, et là je me lâche...Toujours poliment, mais je le fais souvent passer pour le roi des cons (devant ses collaborateurs, c’est mieux, ils rient sous cape et ça les détend).

            J’espère que vous avez trouvé un job qui vous plaît.

            • A déménagé le 2 mai 2011
              A déménagé le 2 mai 2011 répond à speedy38-
              Délinquante au coin de la rue
              • Posté à 19h55 le 13/09/2010
              • Internaute 26137
                Délinquante au coin de la rue

              Oui, sans problème ; -) merci

              • speedy38-
                speedy38- répond à A déménagé le 2 mai 2011
                Ingénieur des travaux finis
                • Posté à 20h26 le 13/09/2010
                • Internaute 124689
                  Ingénieur des travaux finis

                Vous pourriez vous remémorer cette délicieuse époque...

                Je vous propose de m’appeler pour essayer de me vendre une cuisine...

                Ça tombe bien, mon épouse est absente ce soir. Je pourrais vous draguer à loisir ! ! !

                Vous trouverez mon numéro dans l’annuaire.

                Dans l’attente de votre appel,

                Merci ; -)

        5 autres commentaires
    • Episteme
      Episteme répond à speedy38-
      Recul critique
      • Posté à 23h52 le 14/09/2010
      • Internaute 123504
        Recul critique

      Ah oui, j’ai eu à peu de choses près la même attitude.

      Pour l’anecdote sur le démarchage par téléphone, je me fais depuis quelques mois régulièrement (une à deux fois par mois) appeler par une société qui me propose de rencontrer un conseiller sur mon ancienne commune pour installer des panneaux solaires sur le toit. Problème, j’ai déménagé à 15km, j’ai gardé le même numéro et je suis passé en liste rouge. J’en conclue que les mises à jour des répertoires n’est pas vraiment bien faite.

      La seule fois où je me suis vraiment énervé, c’est lorsque j’ai été appelé par un marchand d’alarmes qui voulait jouer sur la peur en me faisant comprendre à mots couverts que le fait de ne pas m’équiper d’une alarme était vraiment irresponsable. J’ai fini la conversation en lui demandant qu’il me donne le nom et le numéro de siret de sa société histoire que je sache qui indiquer aux policiers si d’aventure je me faisais cambrioler. Bizarrement, je n’ai jamais été rappelé... ni même cambriolé au demeurant : D

      • speedy38-
        speedy38- répond à Episteme
        Ingénieur des travaux finis
        • Posté à 00h18 le 15/09/2010
        • Internaute 124689
          Ingénieur des travaux finis

        En premier lieu, vérifiez si vous êtes toujours dans l’annuaire électronique (Lien)
        Si vous y êtes toujours, protestez auprès de France Télecom ou votre fournisseur.

        Ensuite, demandez à votre interlocuteur où il a obtenu votre numéro.

        S’il vous dit que c’est dans l’annuaire, vous lui rétorquez que le démarchage téléphonique est interdit à partir de l’annuaire téléphonique et qu’ils doivent acheter des listes A JOUR à des organismes certifiés.

        S’il vous dit qu’il a obtenu par un organisme certifié, demandez lui si sa liste est à jour, le nom de cet organisme, et ses coordonnées et passez « une branlée » à l’organisme en question, et indiquez-lui que vous êtes en liste rouge.

        S’il vous dit que c’est son chef, demandez à parler audit chef et passez lui une branlée (au chef) en lui disant que vous êtes en liste rouge pour ne pas être emmerdé par des cons qui veulent vous vendre des merdes. Ça les calme.

        Dans tous les cas, si vous avez affaire à un « grouillot », restez courtois, il faut bien qu’il gagne sa croûte, ça le fait déjà assez chier de faire ce boulot à la con alors n’en ajoutez pas.

        Si vous avez affaire au patron, LÂCHEZ VOUS ! ! ! Il n’a pas à venir vous faire chier pour vous arnaquer (en plus, les panneaux solaires c’est de l’arnaque pour attraper les bobos-écolos)...

        Sincères salutations.

  • grosnours
    grosnours
    ecoretraite
    • Posté à 16h52 le 13/09/2010
    • Internaute 94647
      ecoretraite

    un recent sondage en micro trottoir devant ma residence principale a demontre que 89,78 % des membres de ma famille trouvent que mon chien est le plus beau du monde .alors que 10,22% considerent qu il a le poil trop long ! interressant ....non ?
    celui qui dit que ce sondage est nul ....a parfaitement raison ! poil au zonzon !
    SARKO DEMISSION !

  • Waldeck
    Waldeck
    Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)
    • Posté à 16h54 le 13/09/2010
    • Internaute 36864
      Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)

    « IFOP / PARIS MATCH “

    L’Ifop, c’est quoi ?

    - C’est Laurence Parizot, la patronne du Merdef !

    Paris Match, c’est quoi ?

    - C’est Lagardère, le marchand de canons, Europe 1 , le JDD ...

    Des Amis du Fouquet’s, des Copains, des Coquins ...

    ... Et Sarkozy qui se plaint d’être maltraité par les Merdias !

  • Gaston le roux
    Gaston le roux
    ami des bêtes
    • Posté à 17h05 le 13/09/2010
    • Internaute 120601
      ami des bêtes

    Est ce qu’on ne pourrait pas interdire les sondages ?

    (et surtout les journalistes qui les relayent sans faire fonctionner leur cerveau...)

    • Docteur Panel
      Docteur Panel répond à Gaston le roux
      Sondologue
      • Posté à 00h07 le 14/09/2010
      • Internaute 43290
        Sondologue

      et pendant qu’on y est, interdisons les journaux qui emploient les journalistes qui relayent les sondages qui... (c’est à dire à peu près tous les journaux).
      Pardon cher Gaston, je me moque, n’en soyez pas offensé. Mais c’est que j’ai du mal avec l’idée de censure. Toute proportion gardée je ne peux m’empêcher de trouver qu’interdire toute une profession comme solution à quelques-uns de ses excès, c’est comme expulser toute une communauté comme solution à la délinquance de quelques-uns. Ca soulage l’irritation du moment mais ça fait du tort à la démocratie, et ça rabougrit la société...

      • Gaston le roux
        Gaston le roux répond à Docteur Panel
        ami des bêtes
        • Posté à 00h23 le 14/09/2010
        • Internaute 120601
          ami des bêtes

        Je vous en prie moquez vous, il paraît que c’est bon pour la santé ^^

        Plus sérieusement, j’y suis allé peut être un peu fort avec la censure totale.
        Mais je voulais surtout parler d’interdire les sondages genre 2 ou 3 mois avant (et pendant) les élections (présidentielle, législative, référendum, etc...)

        (d’ailleurs ils sont interdits un jour ou une semaine avant je crois)

        Pourquoi ? Parce que je trouve les sondages anti-démocratique.
        les sondeurs posent les questions comme ils veulent....
        Par exemple c’est toujours : « pour qui allez vous voter »
        au lieu de .... « qui aimeriez vous voir devenir président ? “

        certaines personnes votent différemment de ce qu’elles auraient fait si il n’y avait pas eu de sondage.

        Je pense qu’interdire les sondages aideraient aussi contre l’abstention.
        ‘à quoi ça sert d’aller voter mon parti va gagner’
        ou au contraire
        ‘à quoi ça sert d’aller voter mon parti va perdre’

        Si on avait aucun sondage (mais c’est sûr que c’est difficile puisqu’il reste les sondages étrangers genre la Suisse et la Belgique)
        Si on avait aucun sondage, comment prédire la victoire de tel ou tel parti ?

        Personnellement, je rendrai obligatoire le vote (sauf pour ceux qui ne peuvent pas se déplacer) et j’interdirai les sondages.

        Maintenant je pense qu’un des problèmes des sondages c’est la manière dont on présente les choses comme vous l’avez écrit dans votre article.
        D’ailleurs merci pour votre article :)

         
        • Docteur Panel
          Docteur Panel répond à Gaston le roux
          Sondologue
          • Posté à 01h04 le 14/09/2010
          • Internaute 43290
            Sondologue

          Merci à vous cher Gaston,
          Ce débat sur l’interdiction revient souvent... personnellement, je trouve qu’interdire, même seulement peu avant le vote, n’est pas vraiment une solution. En soi, un sondage est une information. Donner aux gens un aperçu « représentatif » de ce que pensent leurs concitoyens n’est pas blâmable.
          Il faut se souvenir qu’autrefois, c’étaient les journaux, sur la base de leur intime conviction ou de leurs micro-trottoirs, qui prédisaient les victoires et les défaites et ce faisant influençaient l’opinion tout autant. Les premiers sondages étaient donc plutôt des « cinquième pouvoirs » qui complétaient le « quatrième » dans la panoplie des contre-pouvoirs.
          Aux états unis, comme aussi en France lors du ballottage de De Gaulle, le fait que des sondages plus objectifs sont allés contre les prédictions dominantes de la presse, a permis à des gens de se sentir légitimes dans leur opinion. Une information influence une opinion, plusieurs informations de natures et sources différentes permettent de mettre en perpective et de se faire une opinion plus libre, finalement.
          Ma conviction est que les sondages sont nocifs pour deux raisons, qui doivent se résoudre sans passer par l’interdiction, histoire d’éviter de jeter le bébé avec l’eau du bain :
          1/ parce que les gens, (y compris et surtout les journalistes), les prennent pour argent comptant, faute de connaissances pour savoir les relativiser. C’est pour ça que je m’emploie, avec d’autres de plus en plus nombreux (voir quelques articles de Sébastien Rocher dans rue89, ou Eric Fassin sur Médiapart) à donner quelques trucs aux riverains pour les regarder avec plus de distance
          2/ parce qu’ils sont souvent mal faits, parfois par bêtise, parfois par manipulation. Là c’est comme la nourriture trompeuse ou de mauvaise qualité : il faudrait des régulations et un encadrement bien plus rigoureux sur ce qu’on a le droit de dire et pas le droit de dire, sur ce qui autorise l’allégation de représentativité, etc. Exactement comme dans la consommation : un yaourt n’a pas le droit de s’appeler yaourt s’il y a de la gélatine dedans comme agent de texture, une eau ne peut s’appeler eau de source que si elle vient d’une source identifiée, sans aucune transformation...
          Et peut-être encadrer les relations d’intérêts croisés entre gens de pouvoir et sondeurs, comme pour les journaux.
          Voilà, pardonnez-moi c’était un peu long mais c’est la première fois que j’ai l’occasion de donner... ma propre opinion sur cette question :)

          • McRasta
            McRasta répond à Docteur Panel
            Humain
            • Posté à 02h17 le 14/09/2010
            • Internaute 71884
              Humain

            Déjà merci pour votre article, et merci pour votre vision personnelle du sujet.

            Je m’étonne que vous ne soyez pas plus défiant envers les sondages, en tant que personne « éclairée ».

            Je rejoins votre avis quand au fait que de voir les ficelles aide à prendre du recul quand aux sondages, mais pouvons nous vraiment nous affranchir du conditionnement lié à l’information ? Par exemple, malgré ce que l’on sait sur la publicité, on trouve quand même plus jolie une fille mince et une voiture qui ressemble à celle qu’on voit dans les pubs, culturellement (ou in-culturellement).

            Quand à l’encadrement légal, ce serait un pas certain en avant, mais là encore je ne crois pas qu’il puisse suffire à résoudre les effets pervers de ces études, pour 2 raisons :
            - Ce serait sans doute aussi inefficace que l’encadrement du financement des partis politiques en période d’élection.
            - Il me semble impossible de rendre une question de sondage objective dans sa formulation ( chaque formulation ayant des sous-entendus divers), et plus encore d’avoir un fonctionnaire qui garantisse efficacement cette objectivité.

            Une solution de compromis pourrait être de ne pas publier de sondages, laissant à chacun le choix d’aller vers ces informations de lui-même, via les sites des instituts de sondages ou par audiotel, par exemple.

            Un plaisir de vous lire (au pluriel !)

            • Docteur Panel
              Docteur Panel répond à McRasta
              Sondologue
              • Posté à 14h34 le 14/09/2010
              • Internaute 43290
                Sondologue

              Merci à vous cher McRasta.
              C’est certainement un débat légitime. Mais ma position est qu’un sondage est une information, et qu’interdire une information ne me semble que rarement une bonne option.
              Je crois que ce qui donne envie d’interdire cette information à des citoyens par ailleurs épris de liberté d’information (que sont à peu près tous les riverains je suppose), c’est parce qu’il y a quand même une différence de nature : un sondage est une information « fabriquée », une sorte « d’information de synthèse », par opposition à celle de la presse qui est supposée cueillir (ou chasser, parfois dans des endroits difficiles d’accès) une information « sauvage », « naturelle » qui préexisterait, et nous la restituer dans un état le plus intact possible.
              Mais qu’elle soit cueillie ou élevée en batterie, l’une ou l’autre information peut être honnête et contribuer au débat, et l’une ou l’autre peut être manipulée. Malgré tout je pense que des régulations, des codes et contraintes déontologiques de la profession plus stricts (comme dans le journalisme, la médecine, l’alimentation, les professions juridiques...) permettraient d’en tirer un peu plus le meilleur et un peu moins le pire. Dans les autres professions, ça n’évite pas toutes les mauvaises pratiques mais ça permet de les contenir dans un niveau acceptable.

          • Gaston le roux
            Gaston le roux répond à Docteur Panel
            ami des bêtes
            • Posté à 08h16 le 14/09/2010
            • Internaute 120601
              ami des bêtes

            Le pire c’est que je suis d’accord avec vous sur un grand nombre de points que vous évoquez (qu’un sondage c’est déjà un peu mieux qu’un micro-trottoir, que l’information peut être contrôlée et c’est bien là le problème à mon avis, et qu’il faudrait encadrer les sondages)

            Je sais que vous êtes un spécialiste en sondage et moi juste un pauvre quidam, et donc j’en profite pour vous demandez ce que vous pensez des triangulaires (serrées) lors d’un vote ?

            Un exemple :
            Quelqu’un veut voter principalement pour le partie A, secondairement pour le partie B, et absolument pas pour le partie C
            Mais un sondage donne victorieux le partie C (d’une courte tête devant le partie B lui même d’une courte tête devant le partie A)
            Ma question est : l’électeur ne va-t-il pas abandonner son vote pour A et reporter son vote pour B ?

            (alors qu’il faut rappeler que les sondages ont une grosse marge d’erreur, et qu’en réalité le partie A ou B aurait peut être gagné contre C, mais le mal est fait l’électeur a changé son vote..... à Cause d’un sondage...)

            • Docteur Panel
              Docteur Panel répond à Gaston le roux
              Sondologue
              • Posté à 14h19 le 14/09/2010
              • Internaute 43290
                Sondologue

              Oui bien sûr, je suis convaincu que certaines personnes votent en pensant « stratégie » et pas seulement « conviction » (ce serait intéressant de savoir combien... mais pour cela il faudrait faire un sondage, qui ne serait pas très fiable sur un tel sujet car les gens ont aussi des stratégies de réponses aux sondages ! ! !).
              Et en effet les sondages, parce qu’on y croit commme à des prédictions, influencent sûrement plus les stratégies de vote que d’autres types d’information.
              Mais même sans sondages, il y aurait des pronostics, parce que les gens, et surtout les journaux, en sont friands. La voyance est sûrement le plus vieux métier du monde ! Or tout pronostic d’où qu’il vienne peut pousser les individus à élaborer des stratégies de vote.
              D’où l’importance d’apprendre à relativiser ces sondages, à repérer les différents types de biais.

              Le dernier exemple vraiment absurde en date : le sondage France-Soir qui donne DSK gagnant est un sommet du genre (le plus confondant de bêtise étant d’ailleurs le commentaire du journal) : il demande aux gens non pas qui ils veulent voir comme candidat ou comme gagnant à la présidentielle, mais qui ils pensent avoir le plus de chances de gagner (comme l’explique bien Nicolas de St Meleuc dans le site Arrêt sur image (Lien).
              On arrive à des sondages qui s’autoréférencent en permanence (ce que le logicel excel appelle « référence circulaire ») : ils mesurent une popularité qui donne Untel comme le plus consensuel, le clament à longueur de colonnes, puis demandent aux sondés de pronostiquer qui va gagner. « Euh, ben, Untel, comme vous l’avez dit la semaine dernière, non ? » répondent-ils logiquement. Et voilà les journaux qui titrent à nouveau sur le raz-de-marée en faveur du candidat Untel.
              Dans Excel, le logiciel vous alerte et vous empêche d’effectuer une référence circulaire. Dans les sondages, point d’alerte : ils peuvent resservir, ravaler, re-resservir la même bouillie à l’infini...

          • Episteme
            Episteme répond à Docteur Panel
            Recul critique
            • Posté à 22h58 le 14/09/2010
            • Internaute 123504
              Recul critique

            Bonjour Dr Panel,

            Je ne peux que saluer votre recul critique sur une pratique que vous connaissez semble t-il fort bien, mais je suis pour ma part bien plus dur que vous ne l’êtes.

            Je peux fort bien comprendre qu’en tant que praticien des sondages, il est impossible que vous en veniez à rejeter l’outil à moins de verser dans le cynisme.

            Néanmoins, le principe même du sondage pose problème. On peut déjà relever les éléments soulevés par Loïc Blondiaux dans l’article Lien^2.0+fullContent%3Ablondiaux^100.0+fullTitle%3Ablondiaux^140.0+summary%3Ablondiaux+authors%3Ablondiaux^5.0+illustrations%3Ablondiaux^4.0+bibrefs%3Ablondiaux^4.0+toctitles%3Ablondiaux^4.0+toctitles1%3Ablondiaux^3.0+toctitles2%3Ablondiaux^2.0+toctitles3%3Ablondiaux%29%29+AND+%28+%2Baccess_right%3A%28free%29+%29&words=blondiaux&words=100&words=140&words=free|Lien], mais au delà des éléments déjà soulevés, il reste la question du passage de la partie au tout.

            J’ai beau avoir regardé le théorème de Bayes, j’ai le sentiment qu’on tombe dans un sombre déterminisme. Passer de la partie au tout est très problématique et renvoie à toutes les questions autour du grave problème de l’induction en philosophie des sciences et au traitement de l’incertitude via le calcul des probabilités tel qu’étudié par Hacking ou encore le groupe de Bielefeld (Daston et son mari, Krüger, etc.).

            Par ailleurs, un point me gêne : si pour les sondages préélectoraux, nous avons le moyen de comparer avec le résultat du vote, qu’en est-il des sondages d’opinion classiques ? Rien ne permet de corroborer ou d’infirmer la réalité du sondage. On retombe ainsi dans les travers que les sondages d’opinion étaient censés bannir : celui de la vision impressionniste qui ne repose sur aucune architecture théorique jugée assez solide.

            Vous me direz, certes, mais la qualité générale des sondages publiés est déjà tellement éloignée des principes théoriques qui les sous tendent qu’une discussion approfondie serait dépenser bien trop d’énergie pour ce qui en définitive n’en mérite pas tant.

            Néanmoins, au delà de la critique circonstanciée, la critique de l’outil ne me parait pas assez poussée actuellement au regard de tous les présupposés sur lesquels celui-ci repose.

            Qu’en pensez-vous ?

            • Docteur Panel
              Docteur Panel répond à Episteme
              Sondologue
              • Posté à 23h56 le 14/09/2010
              • Internaute 43290
                Sondologue

              Cher Epistème, je n’ai pas la formation scientifique qui me permette d’être suffisamment familier des théories des auteurs que vous convoquez pour en parler, mais je vais essayer de préciser mon point de vue sur quelques points, dans le désordre :
              « La qualité est tellement loin de la théorie que discuter c’est gaspiller de l’énergie » : ô combien vrai... mais en même temps l’importance accordée à ces sondages dans le débat public justifie la discussion. Donc allons-y, discutons, et merci à vous d’alimenter ce débat !
              « la critique de l’outil en tant que tel mérite d’être plus poussée » : d’accord aussi, mais encore une fois, dans le sens de comprendre sa nature intrinsèque, pour lui donner sa juste place, élaborer les règles nécessaires pour qu’il respecte sa vocation. On ne peut pas interdire les couteaux de cuisine au motif qu’il existe aussi des poignards pour tuer. Un outil d’expression de l’opinion peut, c’est ce que je dénonce, devenir un outil de manipulation, l’arme blanche du pouvoir mou et insidieux décrit par Tocqueville. Donc on doit catégoriser, distinguer, et comprendre en profondeur de quoi on parle pour se donner les moyens de ranger tout nouvel avatar de cet outil dans la bonne catégorie et contrôler son usage en fonction de cell-ci.
              « la validation des sondages d’intentions de votes par le résultat des urnes » : justement, ces repères précieux montrent que la représentativité est médiocre (cf le FN qu’il faut redresser de façon considérable pour approcher la vérité des urnes), mais qu’elle obéit tout de même à certaines lois, ce qui ne laisse pas de continuer à m’émerveiller. Tout cela doit rendre les sondeurs et le public extrêmement modeste : on sait que les résultats sont irrémédiablement faux, on doit renoncer à l’idée qu’un sondage puisse être prédictif de quoi que ce soit. Mais en même temps on sait que mieux il est fait à la source, plus il nous informe effectivement sur l’opinion, et ça, c’est une information valable, même si approximative, même si on n’aura jamais l’occasion de vérifier qu’elle correspond au « tout ». Je dois vous dire que je suis un grand défenseur de l’obligation de moyens, contre l’obligation de résultat. Voilà un autre débat philosophique passionnant, qui a partie liée avec celui-ci !
              En fait à mon sens toutes ces envies d’interdire viennent d’une incurable tendance à la superstition, du fait que les sondages dont on parle le plus (car si vous allez sur les sites des instituts vous verrez qu’il y en a de bien plus intéressants, publics aussi, mais sans grand tapage autour) sont faits, publiés et lus pour leur valeur de pronostic. C’est la « tentation de madame soleil ». Ou encore de preuve (preuve que les annonces sécuritaires étaient la bonne chose à dire, preuve que DSK est le bon candidat à promouvoir...)
              Alors qu’à mon goût, les sondages ne devraient jamais chercher à prouver quoi que ce soit, juste à comprendre, inlassablement comprendre, soulever des petits coins de voile par-ci et par-là...

              • Episteme
                Episteme répond à Docteur Panel
                Recul critique
                • Posté à 10h17 le 15/09/2010
                • Internaute 123504
                  Recul critique

                Dr Panel,

                Donner sa juste place à cet outil, le défaire de son aura « magique », oui, mais encore faut-il s’entendre sur ce qui doit être sa place alors que dès l’origine, les promoteurs des sondages l’ont irrémédiablement intriqué dans des valeurs fortes (Voir à ce titre la thèse de Blondiaux) : le sondage est scientifiquement fondé et à partie liée avec la démocratie. On le voit encore bien avec la rhétorique de Cayrol/Rozès dans l’article paru dans Le Monde en 2007 (Lien) ou dans l’ouvrage de Cayrol « Sondages mode d’emploi » où il note le plus sérieusement du monde que dans les dictatures il n’y a pas de sondage...

                Critiquer les sondages revient dès lors à avancer sur un terrain glissant où affleure très vite le reproche d’abhorrer science et démocratie dans un même élan obscurantiste. Vouloir limiter le poids de cet outil est bel et bien un travail de Sisyphe tant il est devenu pour beaucoup socialement pertinent et surtout utile malgré les revers (je ne peux pas m’empêcher de poster cette Lien de Truman en 1948). Des propositions sont faites (ainsi Lien), mais outre qu’elles n’aient guère de visibilité, les auteurs semblent vite baisser les bras.

                En outre, l’usage de l’outil dans les sciences humaines (en particulier les sociologues- merci Stoezel- et économistes) lui donne un puissant appui. Et pourtant, même là où l’attention portée à la méthodologie de l’enquête est grande, l’usage des résultats m’inquiète. Un exemple : Dans leur ouvrage intitulé Lien, Cahuc et Algan s’appuient sur des sondages comparatifs internationaux. Observons le premier chiffre : « 52 % des Français considèrent que “ de nos jours on ne peut arriver au sommet sans être corrompu ” ».

                Ce chiffre provient de l’International Social Survey de 1999 qui portait sur les inégalités sociales. On peut retrouver le questionnaire par pays Lien. La méthode est aléatoire à partir de l’annuaire téléphonique ce qui n’est déjà pas sans poser de problèmes. Que remarque t-on pour la France ?
                Sur 11015 questionnaires envoyés Lien (page 13) personnes ont refusé de répondre. Ca jète un froid je trouve.

                On pourrait multiplier les exemples, mais au delà de l’effort et de l’espoir de connaissance tiré des sondages se pose toujours la question du rapport à la réalité de cette construction, cette simplification du réel.

                Mais ce message est déjà bien trop long pour un simple commentaire, surtout avec mon habitude d’historien (ma formation initiale) de citer mes sources.

                Cordialement,

                Episteme, le pinailleur :)

                • Docteur Panel
                  Docteur Panel répond à Episteme
                  Sondologue
                  • Posté à 13h40 le 15/09/2010
                  • Internaute 43290
                    Sondologue

                  Merci cher pinailleur :) vos habitudes d’historien sont excellentes, voilà qui me donne de quoi peupler mes prochaines vacances d’excellentes lectures qui augmenteront mon acuitié sondologique !

        9 autres commentaires
    • McRasta
      McRasta répond à Gaston le roux
      Humain
      • Posté à 01h39 le 14/09/2010
      • Internaute 71884
        Humain

      Je plussoie de tout coeur la réponse sous-entendue à la question !

      Aujourd’hui information va de paire avec manipulation/conditionnement, comme le démontre cet article, et cette dérive pourrait causer plus de tort à la société qu’une censure modérée.

      Je serais pour la suppression des sondages et des publicités.
      (chacun voit la modération à sa porte !)

      Pour la politique il y a des urnes, pour le commerce il y a des boutiques et des sites internet.
      Dans ces domaines, le reste ne me semble être qu’attrape-nigaud, parfaitement digne de figurer dans l’histoire à coté des affiches de propagandes de 1940 et du chiffre de la production journalière de Stakhanov.

      Pour répondre de manière littérale à la question, l’interdiction actuelle de publication de sondages pourrait être rendue permanente, mais ne s’appliquerait sans doute pas aux autres pays. Ceci dit, cela aurait le mérite de permettre l’information tout en nous épargnant le matraquage de chiffres actuel.

      • Gaston le roux
        Gaston le roux répond à McRasta
        ami des bêtes
        • Posté à 08h21 le 14/09/2010
        • Internaute 120601
          ami des bêtes

        Surtout quand les chiffres sont faux....

        (quelques fois manipulés ou d’autres fois juste parce qu’un sondage possède une marge d’erreur que les journalistes « oublient » toujours de rappeler)

        Et j’oubliais un point aussi, le sondage changeant le vote des électeurs il devient « faux » par lui même....

         
        • McRasta
          McRasta répond à Gaston le roux
          Humain
          • Posté à 17h27 le 14/09/2010
          • Internaute 71884
            Humain

          Je serais curieux de voir le paysage politique français si nous n’étions pas incité à stratégiser nos votes en fonction de l’avis des autres.

          Certains des partis politiques majeurs sont peut-être auto-entretenus depuis des décennies grâce aux sondages, nourris de votes décidés par crainte de la victoire du camp opposé. Cet effet renforçant la marginalisation des petits partis par le système bipartite du 2eme tour.

          Je rêve d’une démocratie directe ... qui me réconcilierais même avec les sondages !

        1 autres commentaires
  • SuperAlAmAs-
    SuperAlAmAs-
    Don Quichotte
    • Posté à 17h42 le 13/09/2010
    • Internaute 65608
      Don Quichotte

    pour ceux qui seraient « déçus » du silence des médias sur le triste anniversaire du 11septembre comme si ce qui avait changé nos sociétés à tout jamais était un sujet obsolète :
    Lien

  • jyeden
    jyeden
    khmer vert ( age des caverne, (...)
    • Posté à 17h49 le 13/09/2010
    • Internaute 20631
      khmer vert ( age des caverne, (...)

    il y a eu trop de sondages
    trop de sondages d’opinion way
    trop de titres du figaro disant le contraire de ce que disait les sondages (pourtant sujet à cautions)
    il faudrait un sondage sur les Français qui croient encore au sondage
    au diable tout cela
    les sondages défilent
    les gens n’y pretent plus attention
    les instituts de sondages se sont suicidés
    on va pouvoir etre tranquille

  • miha
    miha
    citoyenne qui veut croire à l' (...)
    • Posté à 19h08 le 13/09/2010
    • Internaute 10207
      citoyenne qui veut croire à l' (...)

    Je suis « un foyer modeste » et je n’applaudis pas la politique de Sarko.

  • grosnaze
    • Posté à 19h12 le 13/09/2010
    • Internaute 27732

    Les sondages sont devenus un outils de com permettant d’influer sur l’opinion publique. Pour s’en convaincre il suffit de voir les sommes dépensées par ce gouvernement. 3,6 million d’euros prévu en 2010 officiellement une paille.
    Officiellement le budget est stable par rapport a 2009 alors qu’en fait il est en fait en augmentation (voir article du Canard enchaine a ce sujet nov 2009)
    A partir de là il ne s’agit plus de savoir si ils ont exact et sincère mais bien d’obtenir un chiffre utile pour les vues présidentielles.

  • Marcantoines
    Marcantoines
    trouveur
    • Posté à 19h14 le 13/09/2010
    • Internaute 55044
      trouveur

    Les sondages d’opinion ont certainement une influence sur mes propres opinions. Mais pas forcément dans un sens allant vers l’opinion majoritaire.
    Ainsi, je suis pour une réforme des retraites. Si on me dit que 99 % des français estiment que la réforme gouvernementale est injuste, je penserais toujours qu’elle est nécessaire, quitte à la faire évoluer dans un sens plus équitable.
    En fait, je crois que la France ne peut pas être gouvernée en fonction des sondages. D’une part, parce que la question posée est obligatoirement abrégée : noire ou blanche, alors qu’il y a toujours plus ou moins de gris. D’autre part, parce que le sondage dépend de l’émotion du moment et que, en général, aucune courbe de simulation objective n’est associée avec la question posée.
    Sur les sondages de popularité, plus ils baissent, plus il y a de probabilité pour que l’homme politique essaye de faire avancer les choses alors que nous subissons une situation de crise économique. Autrement dit, je crois que les sondages seraient tout de même mauvais pour Sarkozy, même s’ils n’avaient pas commis de manquements évidents d’exemplarité ( Fouquet’s, fils jean, fautes en communication, versements dé-fiscalisés aux micro-partis, etc..J’en passe et des meilleurs.)

  • Srgvlt
    Srgvlt
    Twitter @srgvlt
    • Posté à 20h02 le 13/09/2010
    • Internaute 23660
      Twitter @srgvlt

    « un sondage qui clame qu’il “ respecte fidèlement les principes scientifiques et déontologiques de la profession ” » : il n’ont pas tort, mais c’est que cette profession n’a pas de principes, seulement des semblants de codes pour faire comme si. autrement dit du marketing.

    pendant ce temps-là des sociologues sont au chômage

  • SuperAlAmAs-
    SuperAlAmAs-
    Don Quichotte
    • Posté à 04h02 le 14/09/2010
    • Internaute 65608
      Don Quichotte

    Hors sujet mais aucuns sujets sur ce sujet : s

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  • Tita
    Tita
    oiseau
    • Posté à 08h31 le 14/09/2010
    • Internaute 7659
      oiseau

    Affirmer « respecter fidèlement les principes scientifiques » n’impliquerait-il pas un reviewing ? Un scientifique qui veut publier quoi que ce soit de scientifique voit son article analysé et décortiqué par des experts anonymes afin justement d’éviter au maximum tout biais. Ce n’est qu’après avoir répondu aux exigences des experts que l’article est accepté pour publication. Cela éviterait ce genre de « grille de lecture » qui n’a de scientifique que la proclamation de l’être.

    • Docteur Panel
      Docteur Panel répond à Tita
      Sondologue
      • Posté à 14h42 le 14/09/2010
      • Internaute 43290
        Sondologue

      J’abonde dans votre sens : il n’y a vraiment que dans ce secteur qu’un acteur a le droit d’écrire, « scientifiquement testé et approuvé par moi-même » sans que personne ne le mette en demeure de faire valider cette allégation par un tiers !

      • Tita
        Tita répond à Docteur Panel
        oiseau
        • Posté à 06h58 le 15/09/2010
        • Internaute 7659
          oiseau

        Nous sommes donc d’accord pour dire que l’allégation de scientificité est illégitime, mais je pense que nous serons aussi d’accord pour dire qu’elle est « utile » pour les instituts de sondage qui surfent sur cette ambiguïté.

        Il y a ambiguïté puisque le sondage quand il est fait correctement apporte réellement une estimation de la réalité à un moment t. En cela le mot « scientifique » donne encore un peu de sens. En même temps, ce genre de travail semble plutôt rare puisque le sondage est un produit à vendre (il faut donc faire plaisir le client) et un produit qui se doit d’être efficace (qui impacte la population). En effet connaître les résultats d’un soi-disant sondage a un impact : les individus ne réagissent pas de la même manière envers DSK s’ils savent par ailleurs que 15% des gens estiment DSK vs que 85% des gens estiment DSK. Il y a toute une littérature sur cette influence minoritaire vs majoritaire. Il n’en reste pas moins que l’ambiguïté est nécessaire puisqu’on sait aussi que l’influence est réduite à néant si on reconnait la source d’influence (l’institut de sondage) comme une entité qui veut nous influencer. Le mot « scientifique » donne alors le change en prétendant une neutralité qui permet l’efficacité de ne pas l’être.

        La scientificité des instituts de sondage est donc non seulement fort discutable du point de vue de la pratique scientifique du reviewing, mais elle est aussi pernicieuse en ce qu’elle trompe ceux qui la lisent jusqu’à les influencer dans le sens désiré.

  • jmc06
    jmc06
    chasseur de gorille
    • Posté à 08h43 le 14/09/2010
    • Internaute 75030
      chasseur de gorille

    ça s’trouve asteur ,vous pouvez vous acheter un sondage sur mesure, comme les costards koi

  • avaroa avaroa
    • Posté à 17h39 le 14/09/2010
    • Internaute 51355
      AS

    les sondages ne rassurent pas le gouvernement qui visiblement est très prompt depuis une semaine, à ouvrir des vannes de promesses pour des causes laissées en suspend depuis 2007 (aides aux agriculteurs, no taxes aux associations, accès à la propriété pour tous...) encore un peu d’effort et il va redonner ce qu’il prends manu militari aux citoyens...(je pense ici à la multiplication de taxes qui grèvent nos budgets...et à tout le reste... )
    espérons que cette vague de bonté ne dupe pas les français !

    « l’insécurité » je m’en tape, sauf quand elle génère de la précarité dans tous les domaines de la vie...

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