En pleine culture

Chaque semaine, une chronique sur l'économie de la culture par Françoise Benhamou, professeur d'économie à Paris-13.

« Nicole Kidman n'est pas une star » : Hollywood loin de la parité

Françoise Benhamou
Professeur d'économie à Paris-XIII
Publié le 03/01/2009 à 13h42

« Désolé, Nicole Kidman n’est pas une star. » Tel est le jugement récemment asséné par Patrick Goldstein, journaliste au Los Angeles Times. Le star system, c’est ce phénomène étonnant qui fait que des individus achètent des billets de cinéma juste sur un nom. Eh bien ce simple fait n’existe presque jamais pour les femmes.

Ce sont les vedettes hommes qui conduisent à une fréquentation presque aveugle -si je puis dire- des salles obscures. La star, ce ne sont ni le talent ni la beauté, c’est le box office. Or l’effet mécanique du nom de la star ne marcherait, selon le journaliste, que lorsqu’il s’agit d’un homme, il est bien moins fort quand il s’agit d’une femme.

D’ailleurs la Twentieth Century Fox a basé sa communication, pour le film Australia –un sacré navet il est vrai-, sur le seul fait que le film est une production originale et extravagante de Baz Luhrmann ; la major fait peu de cas de la présence de Nicole Kidman. Pauvre Kidman : il est plus facile de bâtir une carrière d’actrice respectée que de devenir une icône du box-office.

Les actrices sont nettement moins bien payées que les acteurs

Résultat : le cinéma, c’est comme l’automobile ou l’informatique. Ça paye moins bien les femmes que les hommes. Et si vous vous en étonnez, on vous dira que c’est rationnel, car elles rapportent moins. Imparable.

Le phénomène a été analysé de longue date par toute une série d’économistes, parmi lesquels Arthur de Vany et David Walls, qui relèvent que le différentiel de revenus entre hommes et femmes est bien plus élevé que celui qu’on relève dans d’autres activités.

Pourtant, il faut savoir que, contrairement aux présupposés, les hommes ne sont pas plus une garantie que les femmes d’une fréquentation élevée.

Je vous épargnerai la longue liste des désastres que nous ont infligés, parmi d’autres, Tom Cruise, Arnold Schwarzenegger et Kevin Kostner, Silvester Stallone et Bruce Willis, pour lesquels la relation est généralement inverse entre la présence dans des films et le niveau des profits des mêmes films.

Bref, le différentiel de rémunérations entre hommes et femmes n’a pas grand-chose à voir, en réalité, avec la réduction du risque que les premiers permettraient mieux que les secondes.

Homme ou femme, ils redeviennent égaux devant l’angoisse de la fin de la notoriété. Dure, dure, la vie des stars : elles doivent composer avec les caprices du marché et l’ingratitude du public. La gloire devient vite un dû, une drogue, un élixir ; on s’en plaint, mais on en vit. On la souhaite toujours plus forte et sans partage.

« Si une actrice prétend que ses fans la barbent, c’est une menteuse »

Warhol l’avoue, quand d’autres s’en défendent : « La notoriété, c’est comme manger des cacahuètes : quand on commence on ne peut plus s’arrêter. » Et le même Warhol se désole, lors d’une projection du Coronet Theater de New York, parce qu’aucun photographe ne se précipite sur lui : « J’imagine que je ne suis plus grand chose. »

Bette Davis, qui ne craignait pas la vérité, avouait ainsi :

« Si une actrice prétend que ses fans la barbent, c’est une menteuse. Et elle manque de sens pratique. Ce sont eux qui maintiennent votre carrière en vie. Quand on est acteur, il ne faut veiller qu’à une seule chose : dès qu’ils arrêtent de vous ennuyer, on est cuit. »

Mais quittons un instant ce monde des futilités pour rejoindre Adam Smith qui intitulait un des chapitres de sa Théorie des sentiments moraux, publiée en 1759 :

« De la corruption de nos sentiments moraux résultat de notre disposition à admirer les riches et les grands, à mépriser ou négliger les personnes pauvres et misérables. »

On pourrait ajouter, en nos temps si enclins à la dictature de la notoriété : notre disposition à admirer les célébrités et les bruits de la futilité, et à mépriser ou négliger les personnes inconnues, et donc … ennuyeuses.

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  • A déménagé le 1-6
    • Posté à 16h41 le 03/01/2009
    • Internaute 61755

    la référence à bette davis est savoureuse...elle fut longtemps une actrice adulée...elle a marqué son (long) temps...il suffit de voir « all about eve » de mankiewicz pour s’en assurer...bon c’est vrai, fut un temps, il y avait aussi des cinéastes...

  • Thomas Cadène
    Thomas Cadène
    Dessinateur
    • Posté à 19h44 le 03/01/2009
    • Internaute 38789
      Dessinateur

    Une étude similaire a t elle été faite sur un autre secteur culturel comme la chanson par exemple ?
    Britney vend elle plus autant ou moins que Justin ?

    De même Patrick Goldstein prend il bien en considération toutes les données économique de la personne Kidman ?
    Par exemple :

    qui fait vendre le plus de magazine ? Nicole ou Bruce ?
    Qui fait vendre le plus de parfum ? Nicole ou Jude ?
    Qui fait exploser les ventes de jean de telle marque ? Nicole ou Tom ?
    Qui génére le plus de clic sur les sites people ? les infos sur Tom ou les infos sur Kathy ?
    Du coup qui génére le plus de revenus publicitaire et/ou d’activité économique diverses ? (équipe rédactionnelle people, pub etc.)

    Sommes nous donc bien sur que Nicole n’est pas globalement bankable ?

    de même : sans nicole quelle couverture promo pour Australia ?
    combien cela se quantifie t il en terme d’équivalent pub ?
    Un homme génère t il autant de couverture média ? Autant de Unes ? donc autant de pub nécessaire en moins ?

    • A déménagé le 1-6
      • Posté à 21h58 le 03/01/2009
      • Internaute 61755

      et qu’en pense rosalind ?

      • Thomas Cadène
        Thomas Cadène répond à A déménagé le 1-6
        Dessinateur
        • Posté à 00h57 le 04/01/2009
        • Internaute 38789
          Dessinateur

        Je pense que Rosalinde ne comprendrait pas bien tout ça mais puisqu’il s’agit d’économie et que c’est assurément un sujet auquel elle n’entend rien elle préciserait peut être pour la forme gaulliste (qui est la seule qui lui importe) que la politique de la france ne doit pas se faire à la corbeille, ce genre de chose. Heureusement que Muchu peut lui expliquer à l’occasion quelques bases de la société de l’image.

  • vol19
    • Posté à 20h21 le 03/01/2009
    • Internaute 13492

    Cette société de l’image, du média, de la notoriété (de la réputation) repose assurément sur une grande part d’imposture et se retrouve dans d’autres secteurs. C’est l’image et la réputation de Madoff dans la finance qui lui a permis de monter son arnaque du siècle. Il en est de même avec la titrisation de nombre de produits financiers, le fonctionnement du système des agences dont la confiance repose sur une « notoriété » d’institution... Dans l’art contemporain, ce mécanisme de la notoriété amène à former un prix d’oeuvres ou d’artistes sans rapport avec une réelle valeur artistique (Certes, ce n’est pas nouveau, cf l’affaire de la peinture de l’âne Lolo). Il est de même des mécanismes pitoyables d’imposition des experts ou intellectuels que l’on nous sert régulièrement dans les médias.

    Le capitalisme actuel a créée un sujet narcissique, on le sait bien, et toxicomane, dépendant de pulsion libidinales, narcissiques de vantardise, de valorisation d’image de soi, ceci dans la conso, la mise en scène de soi... il produit aussi le besoin de création d’« icônes », c’est à dire de personnages non-humains, forcéments distants, adorés à un moment, puis fracassés, condamnés à être dévorés publiquement et petit à petit. Celà dit pour que le deal soit acceptable, il faut qu’il y ait de l’argent beaucoup d’argent qui circule, et qui soit balancé... En bref, un sujet, vide condamné à vivre dans l’image des autres, à n’exister qu’avec un faux-self, donc sans altérité... Le jeu pervers, quoique fût l’essence de l’individu, c’est qu’il fasse consommer, vendre un produit, un scénario... Celà me rappelle un vieux film très drôle : « une femme qui s’affiche », l’aventure d’une certaine Gladys Glover qui se paye des espaces publicitaires pour devenir connue... la suite...
    Impossible de rencontrer des gens très intéressants et positifs là-dedans...

    Bref, ce qui manque en fait, ce sont les critères d’appréciation, la culture que justement le système vise à détruire ou à caricaturer genre l« ’émission débat de critiques », pas simple du tout d’en sortir de cette falsification ? Comment, ce serait un débat... ?

    • A déménagé le 13-01-2012
      • Posté à 21h18 le 03/01/2009
      • Internaute 18368

      Il faudrait peut-être commencer par jeter sa télévision, arrêter d’aller au cinéma, ne plus acheter de magazine, installer un filtre anti-pub sur son navigateur... pratiquer l’autoréduction publicitaire ?

      • vol19
        • Posté à 21h41 le 03/01/2009
        • Internaute 13492

        Initier le retour d’une période néocalviniste ? Dommage pour le spectacle vivant, qui d’ailleurs peine à survivre. La télé et les magazines de merde sont largement en cause. ( je n’en ai pas jusqu’à présent). Et la Radio, il n’y a pas d’images mais quand même de la caption par la voix, c’est un peu moins facile. Et même là, je commence à atteindre le seuil de raz le bol, suivisme, égocentrisme de certains, travail critique insuffisant... Et internet, ne sommes-nous pas un peu captés aussi ?
        Bon ce qui est en cause dans l’article, c’est le principe de notorieté, de dépendance-fascination, de « captation » sur un nom, un style... au delà des qualités et attributs intrinsèques du « produit »...
        « Autoréduction publicitaire » sans doute... Travail d’éducation sur les critères ou la formation de ses propres critères, gros travail, difficile... Education critique sur les médias ? Travail psychologique critique sur l’image ? Surtaxation de la pub... ?

         
        • A déménagé le 13-01-2012
          • Posté à 21h56 le 03/01/2009
          • Internaute 18368

          Le spectacle vivant quand on a encore de bons yeux et de bonnes oreilles, il est à chaque coin de rue...
          La captation est inhérente au besoin de connaissances : c’est bien pour cela que les publicitaires se sont emparés des diffuseurs de connaissances.
          L’autoréduction publicitaire (à défaut de son éradication) est une solution qui ne requiert ni richesse ni compétences particulières...
          La surtaxation de la pub risque d’avoir un effet pervers : si l’argent rentre en masse, les projets initiés grâce à cet argent en deviendront tributaires et la pub (heureuse de payer des taxes) s’imposera d’autant plus...

          • vol19
            • Posté à 22h46 le 03/01/2009
            • Internaute 13492

            Sans rechercher à « capter », justement ce fil de discussion, je me permets de revenir sur votre point, sur ce que l’on met sur ce mot « captation » (cf aussi B Stiegler) :

            « La captation est inhérente au besoin de connaissances » « c’est bien pour cela que les publicitaires se sont emparés des diffuseurs de connaissances ».
            Il me semble que l’on peut être « capté » par un regard, des expressions corporelles, une voix, un débit de voix, un discours, un récit (dans le cas du storytelling), des rituels... bref des éléments de communication qui n’appartiennent pas au registre, du cognitif, de la raison, du savoir, mais davantage de l’affectif, de l’imaginaire, du non-verbal. Il me semble que lorsque l’on est « capté », « capturé », il y a un écho sur la scène intime et sociale qui se joue sur un plan qui ne s’intellectualise pas vraiment. On a tous en mémoire ces photos de préparation des discours d’Hitler... et l’étrangeté que ces discours aujourd’hui ne capteraient en rien l’attention par rapport à cette époque là.
            Comment et pourquoi l’attention d’une moyenne de population se fait « capturer » par une vedette, une icône ou une star, ou un style pour prendre une place dans un imaginaire commun ? Et qu’est-ce qu’on peut faire avec çà ? Peut-on s’en prémunir ? est-ce souhitable et comment ? A un moment ou une frange de la population rêve à travers les reality show, et qui sait un jour, internet de devenir une star pour exister ? (ce dont on peut douter)... Il faut voir les modèles que l’on donne et diffuse implicitement et explicitement...

        2 autres commentaires
  • clark kent
    • Posté à 02h56 le 04/01/2009
    • Internaute 16327

    nicole kidman est une très bonne actrice (les autres, the hours..)et stallone (rocky aussi. Avant les acteurs il faut un bon realisateur et un scenario et des dialogues... et chacun et chacunes ont tourner des navets. Hollywood veut des acteurs BANKABLE et generer de l’argent c’est tout. C’est une industrie. Et comme toute entreprise les studios veulent faire de l’argent.
    Avec un nom, Will smith fait vendre mais mauvais acteur.
    Avec un personnage connu et reconnu, indiana jones shrek
    Avec une fille sexy et non une actrice, halle berry ou megan fox (ou est passé julia roberts ? ? ? ?)
    Et une BANDE ANNONCE pour deplacer les foules.
    Oui alors certes kidman vend plus de mag people que jodie foster (bonne actrice) mais ce sont les nanas qui les achetent pareil pour les parfums...(la plupart du temps) et elles ne connaissent pas sa fimographie mais le prenom de ses gosses..
    Les femmes n’interessent plus dès l’age de 40 ans contrairement à un homme. C’est le jeunisme. La preuve ou sont passés sandra bullock, julia roberts, michelle pfeiffer (caaaatwoman), kim basinger, sharon stone, meme cameron diaz, demi moore (extraordinaire dans mr brooks), catherine zeta-jones,.. et j’en passe. Elles font de plus en plus de productions independantes et moins de blockbusters car les grands studios les zappent pour des minettes qui ont posé après elles pour « sports mag » en maillots ou pour FHM en couv’ ou meme vu dans une serie à succès ou une chanson.. (beyoncé, alicia keys,megan fox, eva mendes, etc etc) et on les zappera pour d’autres dans quelques temps. On aurait dit du betail beeeeeurk !
    C’est l’univers impiiiiitoyaaable du cinema.

    PEACE

    PS sylvester stallone est un grand. ! ! ! (malgré quelques navets)

  • sarkophage_xyz-
    • Posté à 09h00 le 04/01/2009
    • Internaute 24987

    Elle est bien bonne celle là ! Les actrices célèbres ne déplaceraient pas plus les foules que les acteurs... A mon avis c’est surtout les producteurs qui n’ont pas envie de rémunérer les actrices à hauteurs de leurs talents et/ou de leur popularité. Encore une fois je ne prétend pas ëtre représentatif, mais j’emmène souvent mes filles au ciné et le fait que telle ou telle actrice joue dedans est souvent un critère de choix.

  • Jack Sullivan
    Jack Sullivan
    en boule
    • Posté à 10h17 le 04/01/2009
    • Internaute 42204
      en boule

    Vous confondez deux choses me semble-t-il, le statut de star, qui tient plutôt de l’a-priori favorable, souvent irrationnel, qu’éprouve le public pour une personne, qu’il aille la voir ou non dans ses films, et la « bankability » (donnée purement financière) qui fait que la présence de cette personne au générique peut être corrélée avec un généreux retour sur investissement.

    Un exemple pour faciliter la distinction entre les deux : Katharine Hepburn, qualifiée de « box-office poison » durant plusieurs décennies, à l’affiche de beaucoup de films qui connurent l’échec public et critique en leur temps. Films qui furent ultérieurement réévalués et firent l’objet, pour certains, d’un vrai culte, Katharine Hepburn elle-même accédant au statut de star.
    Contre-exemple : Greta Garbo, sur le nom de laquelle bien des films furent tournés du temps de sa gloire, fut donc une star parfaitement « bankable ». Puis elle se retira brutalement, gardant néanmoins son aura de star du fait même qu’elle se rendait insaisissable.

    Je parle là de stars du passé, et je pense que là où cet article pèche (outre qu’il confond deux notions comme je l’ai déjà dit) c’est qu’il cherche à lire le succès (ou l’absence de succès) des films actuels purement en fonction des acteurs. Or nous ne sommes plus depuis bien longtemps à l’ère des studios Hollywoodiens, qui *effectivement* misaient gros sur leur « écurie » de stars. Le succès d’un film résulte aujourd’hui d’une équation complexe, élaborée dans le think tank d’une major ou d’une autre (quand il ne s’agit pas d’un essai de franc-tireur indépendant, bien sûr), où entrent en compte de nombreuses variables soigneusement soupesées... le casting n’étant, finalement, que l’une d’elles, et sans doute pas la plus importante. A l’heure actuelle, la familiarité du scénario (provenant d’un comic-book ou d’un livre populaire, ou remake d’un film à succès, ou prequel, ou sequel) me semble un pari bien plus sûr pour élaborer un film à succès avec un minimum de risques, plutôt que de débaucher une pléiade de vedettes (susceptibles de ne pas honorer leur engagement pour cause de jambe cassée, de grossesse, et qu’il faudra payer à prix d’or).

    Je ne pense pas que la « bankabilité » d’une star masculine soit intrinsèquement meilleure que celle d’une star féminine.... sinon dans le sens où les femmes sont davantage que les hommes limitées par les types de rôles qu’on leur propose, et ce à tous âges, et sont donc fatalement amenées à lasser le public plus rapidement. Dans ce cas je suggère d’en blâmer les scénaristes, et derrière les producteurs qui les pressurent pour mettre au point des « formules » à succès, pour ce manque d’imagination et d’audace évident.

  • freddysun
    • Posté à 17h31 le 04/01/2009
    • Internaute 13425

    Nicole Kidman n’est pas une star, c’est Patrick Goldstein qui le dit ! !

    Le « Los Angeles Times », c’est un peu « Le Parisien » chez nous. Et Goldstein, c’est un peu Elkabbach ! Et Benhamou est prof d’economie a paris 13...

  • Alex Engwete
    Alex Engwete
    Consultant
    • Posté à 15h47 le 05/01/2009
    • Internaute 45440
      Consultant

    Angelina Jolie serait-elle l’exception qui confirme cette règle ?

  • olympe blogueuse
    olympe blogueuse
    blogueuse
    • Posté à 22h53 le 05/01/2009
    • Internaute 41479
      blogueuse

    qu e les actrices soient moins bien payés que les acteurs n’est pas une surprise, par contre pour ce qui est de la fréquentation n’y aurait il pas une contradiction dans vos propos ?

    d’une part vous dites ceci : « Or l’effet mécanique du nom de la star ne marcherait, selon le journaliste, que lorsqu’il s’agit d’un homme, il est bien moins fort quand il s’agit d’une femme. “

    et d’autre part cela : ‘Pourtant, il faut savoir que, contrairement aux présupposés, les hommes ne sont pas plus une garantie que les femmes d’une fréquentation élevée’

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