En pleine culture

Chaque semaine, une chronique sur l'économie de la culture par Françoise Benhamou, professeur d'économie à Paris-13.

La crise a finalement fait chuter le marché de l'art

Françoise Benhamou
Professeur d'économie à Paris-XIII
Publié le 08/06/2009 à 12h09

Le marché de l’art contemporain, et son segment le plus actuel, ont été longtemps particulièrement dynamiques dans certains pays d’Europe, comme la Belgique.

Cela tenait à divers facteurs : créativité artistique et bouillonnement culturel à Bruxelles, audace des galeristes, mais aussi fiscalité attractive et faiblesse des prix de l’immobilier permettant aux artistes de mieux vivre qu’ailleurs.

Malgré les crises politiques fédérales, les artistes et les institutions culturelles belges font plutôt bon ménage, et les tensions communautaires n’affectent pas les milieux artistiques.

Rien ne semblait donc atteindre la belle santé du marché de l’art. Un exemple. Un tableau du peintre autrichien Gustav Klimt avait été vendu en enchères 107 millions d’euros, lors d’une vente à Bruxelles en 2006. Le quotidien La Libre Belgique s’en était étonné auprès de Baudoin Michiels, président de la fondation Belgacom Art, de la société de télécommunications du même nom.

L’amour de l’art sans la croissance, ça fait baisser les prix

Je vous livre sa réponse, qui mettait l’accent sur les relations entre les cycles économiques et le boom du marché de l’art :

« L’abondance des liquidités et des taux d’intérêt fort bas favorisent ce marché. Or, l’offre est limitée. Et il y a dès lors une adaptation économique naturelle des prix des œuvres.

De plus, il faut tenir compte des techniques de marketing mises en place par les galeries, les revues d’art et les grandes salles de vente internationales. Mais n’oublions pas l’essentiel : l’art nous permet d’être entourés d’œuvres qui nous font vivre et nous stimulent. »

Bref, la croissance économique et l’amour de l’art permettaient au marché de couler des jours heureux. La crise a tout chamboulé. La croissance s’est envolée, et l’amour sans la croissance, ça fait baisser les prix.

C’est ce que note le dernier rapport sur le marché publié par Artprice :

« Après sept années consécutives de hausse des prix, le marché de l’art a basculé en 2008. L’élargissement de la crise des subprimes aux systèmes financiers et économiques internationaux a impacté le marché de l’art dès le premier trimestre 2008.

Les premiers signes de repli à l’échelle internationale se sont traduits par une baisse des prix de l’art de -7,5% sur le premier trimestre par rapport au niveau des prix enregistrés au 4ème trimestre 2007. Il faut remonter à la déflagration de 1991-1992 pour observer un tel effondrement. »

Un retournement attendu, après des années de spéculation

Il faut dire que la spéculation était allée bon train, préparant un retournement à sa mesure. Entre 2000 et 2005, le montant des ventes de beaux arts oscillait entre 2,5 et 4,2 milliards de dollars. Fin 2008, le marché mondial atteignait les 8,3 milliards de dollars. Fin 2007, on affiche un milliard de moins.

Il est vrai aussi que les adjudications supérieures au million de dollars étaient devenues monnaie courante : 1 254 en 2007, 1090 en 2008, pour les stars du marché : Damien Hirst, Andy Warhol, Gerhard Richter, Richard Prince, Jeff Koons. Sur les cinq stars, trois artistes vivants, alors que l’on sait de longue date, depuis notamment les travaux fondateurs de Raymonde Moulin, que rien n’est plus incertain que les valeurs de l’art contemporain.

La crise était attendue ; elle est arrivée, en Europe comme ailleurs.

Aller plus loin
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  • Asone
    Asone
    infophage
    • Posté à 12h17 le 08/06/2009
    • Internaute 65983
      infophage

    Tant mieux. Si l’artiste a besoin de gagner sa vie, les prix de l’art sont devenus complêtement irréaliste, et ce même dans les petites galeries, ou des artistes inconnus vendent parfois des croutes de 10x8 à 200 euros ( avec comme motif une fleur peinte à la va vite par exemple ).

    Le marché de l’art est gangréné par ces grosses fortunes qui s’amusent de la spéculation des oeuvres et qui achetent sans avoir le moindre interet pour l’art, mais plus sur la plus-value que leurs achat générera.

    Osons espérer un retour des vrais amateurs dans les galeries, avec un retour à des prix abordables, même pour certains citoyens moyens.

    • Compte supprimé le 3 janvier 3
      Compte supprimé le 3 janvier 3 répond à Asone
      in angulo
      • Posté à 19h38 le 08/06/2009
      • Internaute 10904
        in angulo

      ...« ou des artistes inconnus vendent parfois des croutes de 10x8 à 200 euros ( avec comme motif une fleur peinte à la va vite par exemple ) ».

      Bonsoir Asone,

      Qu’est-ce exactement qu’une « fleur peinte à la va vite » ?
      C’est cette notion de « à la va vite » qui m’interroge :
      car il existe des « pochades » qui sont de véritables chef-d’oeuvres...

      Lien Lien

      ... je suis sûr que vous n’en disconviendrez pas : -)

      • A.V.
        • Posté à 21h36 le 08/06/2009
        • Internaute 24685

        Art = va vite. Mais bon...hein, Brogilo ? ...

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        • Compte supprimé le 3 janvier 3
          Compte supprimé le 3 janvier 3 répond à A.V.
          in angulo
          • Posté à 19h44 le 09/06/2009
          • Internaute 10904
            in angulo

          « Art = va vite. “

          Bonsoir, A V.,

          C’est clair que si peindre (ou sculpter), c’est traduire une émotion au plus près , l’urgence de l’inspiration réclame et l’économie de moyens et la vitesse d’éxécution.

          Les Chinois anciens disent de la peinture qu’elle vient du coeur, qu’elle en est en quelque sorte l’élan et parlent de l’inspiration comme d’une ’‘humeur impétueuse et soudaine’, d’un ‘caprice inspiré’ .
          (voir à cet égard Le Traité de peinture du moine Citrouille-Amère, Shitao)
          Réussir à capter la source de son coeur, c’est toute la question : -)

          Edit : Ils sont bien beaux, ces Mondrian que tu as mis...

          Pour la peine, un petit Morandi, tout frais ébauché, pour la route : -) :

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          Du même :

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          De Manet :

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          De Vuillard :

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          Et puis on va s’arrêter là.

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      • pikasso02
        • Posté à 22h55 le 08/06/2009
        • Internaute 10134

        Bonsoir Brogilo
        Ces deux peintures sont des pochades ou des extraits de peintures ? J’ai cru voir des extraits d’oeuvres de Picasso et de Van Gogh. Qu’en est-il exactement ? Merci

         
        • Compte supprimé le 3 janvier 3
          • Posté à 18h53 le 09/06/2009
          • Internaute 10904
            in angulo

          Bonsoir, pikasso02,

          Celle de gauche, « Le verre bleu », datée de 1903, est de Picasso .
          Et fait 66,1 par 28,5 cm.

          Celle de droite, « Rose dans un verre », datée de 1911, est de Derain,.
          Et fait 35 par 25,8 cms.

        1 autres commentaires
      • Asone
        Asone répond à Compte supprimé le 3 janvier 3
        infophage
        • Posté à 00h43 le 09/06/2009
        • Internaute 65983
          infophage

        En fait je pensais surtout à un vernissage auquel j’avais assisté. Les tableaux même en « entrée de gamme » etaient hors de prix.

        ce que j’entendais par « fait à la va vite » c’est qu’il s’agissait dans le cas présent d’une fleur peinte un peu comme le ferait un enfant de 12 ans. ( oui, c’est un argument fallacieux, mais il ne s’agissait pas que de cela ), on y voyait encore les traits du croquis sous la peinture, on ne sentait pas un gros travail de réalisation ( aucune recherche de valeurs, de formes, de création ) et lors de ma demande de la signification de ses oeuvres l’artiste me répondit : « l’art ca ne s’explique pas ».

        Alors certes, je veux bien que chacun ait sa sensibilité et sa vision de l’art, mais quand l’on ne ressent ni travail ni reflexion ( et que l’artiste vous envoie paitre ) avec par dessus le marché un minimum de quelques centaines d’euros pour une toile faisant a peine la taille d’un A5 on ne peut que se demander si on se fout pas un peu de notre gueule =).

        J’ai conscience que la notion d’art est quelque chose de tout à fait subjectif, mais les oeuvres qui se sont inscrites dans le temps ont réussi soit de par la démarche qu’elles représentent, soit de par la qualité de la réalisation ( et parfois les deux ). Si aucune de ces bases n’existe dans l’oeuvre.alors à mon sens ce n’est plus de l’art mais juste une experience totalement personelle et donc sans interet pour le spectateur et par conséquent ne justifiant pas véritablement le prix demandé.

  • Tassin
    Tassin
    Inquiet
    • Posté à 12h19 le 08/06/2009
    • Internaute 70606
      Inquiet
  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 12h30 le 08/06/2009
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Quand on en arrive au point où un tableau coûte plus d’un million, on peut se dire qu’il fait partie de la spéculation au même titre que l’immobilier...
    Le seul truc valable qu’ai jamais fait Warhol c’est de produire le premier album des Velvet Underground, qui lui ne vaut que 20€...

  • marie 75
    • Posté à 12h40 le 08/06/2009
    • Internaute 3563

    marché de l’art ou brocante : les Puces sont en faillite !
    St ouen and co déprime

  • spleenlancien
    spleenlancien
    Manant, de passage sous le (...)
    • Posté à 12h40 le 08/06/2009
    • Internaute 78672
      Manant, de passage sous le (...)

    Pardonnez une question de béotien mais pourquoi réduire le marché de l’art à l’art contemporain ?

    • Asone
      Asone répond à spleenlancien
      infophage
      • Posté à 12h47 le 08/06/2009
      • Internaute 65983
        infophage

      Il ne s’agit pas de réduire le marché de l’art à l’art contemporain, mais la plus grande partie de l’art en circulation sur les marchés sont les oeuvres contemporaines. les oeuvres plus anciennes en général sont déjà acquises par de grands musées ou par des galeries privées et circulent moins facilement. En plus de cela, avec l’explosion des rêgles de l’art le marché s’est démultiplié et diversifié. Il y a 200 ans, un artiste qui aurait fait de l’action painting par exemple serait mort dans la rue sans le sous car personne n’aurait compris l’interet de telles oeuvres. Aujourd’hui, vu qu’il n’y a plus vraiment d’académies ni de rêgles à ce que l’on peut produire en tant qu’oeuvre tout est bon pour être consideré comme commercialisable comme objet artistique.

      L’urinoir de Duchamp en est un parfait exemple. ( je ne dis pas qu’il ne mérite pas son statut, loin de là, mais c’est représentatif du fait que tout peut passer pour de l’art ).

      • laogong
        laogong répond à Asone
        • Posté à 13h10 le 08/06/2009
        • Internaute 27856

        merci de ne pas confondre « abondance de la liquidité » et croissance. Ce qu’il faut comprendre dans cette phrase intéressante c’est que pendant des années les profits engendrés par le secteur financier n’avaient pas grande valeur...
        D’où la question naturelle : comment réinvestir ces profits sans créer une vague d’inflation qui grignoterait les réserves des riches.
        Réponse : fourrer l’argent dans le cul de sac de l’art ou de l’immobilier. L’art en particulier, ce sont des fortunes qui tournent entre les plus riches, qui ne sont pas soumises à l’impôt sur la fortune, qui ne comptent pas dans l’inflation...
        Immobilier, art, produits financiers... Trois moyens de faire tourner le plus vite possible de l’argent qui ne vaut pas grand chose pour éviter de rerépartir les richesses.

    • zénon denon 84
      zénon denon 84 répond à spleenlancien
      Bonne
      • Posté à 20h00 le 08/06/2009
      • Internaute 30028
        Bonne

      En effet ,autant que je sache la grande vente
      tres méditisée de Yves st Laurent_Pierre Bergé (il y a peu)
      a me semble-t-il atteint des sommets ? non ?

      Et il il y avait de tout _pas que du contemporain _

      Conclusion provisore ?

  • egide
    egide
    Littéral
    • Posté à 15h55 le 08/06/2009
    • Internaute 45067
      Littéral

    Le marché de l’Art n’est que ce qu’il est un symptôme social et culturel.

    Il n’interroge pas sur l’Art lui-même dont il n’a que faire, à part en vendre des œuvres.

    C’est un jeu cruel, un espace pour d’extrêmes violences mais très régulées, vraiment feutrées et l’incarnat des tentures et des tapis cachent les mares de sang. Les salles des ventes servent comme marqueurs des rapports de force entre ceux qui sont notablement établis et ceux qui revendent des ouvrages dignes.

    L’art est si peu naturel qu’il n’en est pas encore suffisamment déconstruit, on s’acharne maintenant à en faire jaillir de l’essence.

    Et comme ça ne suffit pas à restituer des certitudes, on se prend à détruire les écoles des Beaux Arts, une des rares exceptions françaises qui valaient vraiment le coup.
    Dans l’indifférence totale.
    Les chiens sont lâchés qui lacèrent vivant Actéon.

    On veut y faire maintenant la part belle à l’histoire, cette pseudo théorie critique qui produit des légendaires.
    Impuissants à entendre, voir, comprendre l’instinctif besoin d’expression nouvelle qu’ils n’ont jamais eux-même ressenti, ces historiens pour rien des arts posthumes.

    En faux frocs, ces comptables du patrimoine s’affairent pour en tirer du plus-de-valeur.
    Jouir en esthète, ça coute !

    Mais il faut bien des arguments dans les catalogues des salles de ventes pour susciter une si haute curiosité pour des objets même bruts afin qu’on les acquière à des prix !

    Ces tarifs sont plus fous que tous les amours !

    La folie dépensière dépasse en extravagance et en obscénité les artistes déjantés aux œuvres pourtant si provocantes !

    L’époque est soporifique comme un bain chaud qu’ils nous faut des émotions de Casino, des sommes exorbitantes à perdre ou à gagner, pour sortir de la torpeur.

    La crise est là, cependant qui réduit les attraits de la reine des croupiers.

    Si les maitres sont bien présents, il nous manque Marguerite.
    Car si le diable existait, il s’arrangerait pour transformer en sable vulgaire tous les pognons.

    Les oligarques et leurs épouses divagueraient sur la dune infortunés délirant à propos de dés qui n’ont pas aboli le hasard comme ils le croyaient.

    • pikasso02
      pikasso02 répond à egide
      • Posté à 22h23 le 08/06/2009
      • Internaute 10134

      A propos des historiens de l’art, je trouve que vous exagérez. Il ne sont pas des mille à avoir donné envie de s’intéresser à l’art. Mais permettez-moi de vous en citer quelques-uns. Germain Bazin, Kahnweiler, Elie Faure, Kenneth Clark, Jean-Louis Ferrier, Georges Charbonnier, André Lhote. Je n’en connais pas de vivants qui puissent leur être comparés. Si un jour l’Histoire de l’art est enseignée, ces auteurs seront des piliers incontournables.

  • pikasso02
    • Posté à 14h54 le 08/06/2009
    • Internaute 10134

    Naguère la signature était le signe d’une oeuvre de valeur artistique ! Maintenant c’est le montant de sa vente aux enchères ! Je continue de croire que le plus important est la lecture possible des oeuvres par tous. Le marché de l’art ancien ne s’effondrera jamais, je l’espère pour l’histoire de l’art. Mais que le marché des oeuvres contemporaines s’effondre, c’est logique vu la crise actuelle. Tout depuis Duchamp peut devenir oeuvre d’art, à condition qu’elle participe d’un processus compréhensible par tous. Toute personne qui aujourd’hui peint est contemporaine. Parmi ces personnes qui se nomment artistes nous trouvons les suiveurs de Duchamp, de Chaissac ou Dubuffet, et les « peintres du dimanche », les plus nombreux, comme les appelait André Lhote. Pour certains la peinture est une quête pour d’autres un loisir. Que les peintres puissent continuer de peindre est l’essentiel. Que le marché de l’art s’effondre, ils n’en ont que faire. Nous pourrons à nouveau parler d’art, quand l’histoire de l’art sera enseignée. Ce n’est pas aux spéculateurs de décider où se trouve l’art contemporain. Hélas aujourd’hui il n’y a pas d’autres solutions. Quand nous déciderons-nous à considérer l’expression artistique comme indispensable pour l’homme.

    Lien

    • egide
      egide répond à pikasso02
      Littéral
      • Posté à 16h15 le 08/06/2009
      • Internaute 45067
        Littéral

      André Breton qui ne vécut que de ça, vendre des objets d’arts, n’a jamais été historien des arts !
      On lui en sait encore gré dans les studios minuscules des artistes fauchés.

      • amontour
        amontour répond à egide
        éditrice
        • Posté à 17h47 le 08/06/2009
        • Internaute 82090
          éditrice

        @egide, et quelle collection a-t-il lui-même amassé, sans un sou, ou presque. Juste du nez, de la sensibilité, et une sacré dose de liberté.
        Car c’est surtout ça qui fait les collections, les belles. Le marché de l’art, c’est un truc pour les gens non sensibles, qui ont besoin d’un statut.

      • pikasso02
        pikasso02 répond à egide
        • Posté à 22h46 le 08/06/2009
        • Internaute 10134

        André Breton ne fut pas historien d’art, mais si nous considérons que l’histoire de l’art a un sens, il y participe désormais. Certes ce n’est pas en écoutant un prof d’histoire qu’il s’intéressa à l’art, mais en rencontrant Jacques Vaché, à qui il doit tout ou presque. Je ne vous apprends rien. Mais cette rencontre avec un passionné d’Apollinaire et de Jarry a remplacé pour Breton ces historiens qui un jour enseigneront passionnément dans le FUTUR à des jeunes ignorant tout de l’art du passé et du rôle qu’il joua.

         
        • egide
          egide répond à pikasso02
          Littéral
          • Posté à 21h35 le 09/06/2009
          • Internaute 45067
            Littéral

          Bel argument. Merci de vous accrocher en défense.

          Mais si l’histoire de l’art a un sens, c’est de l’ordre des déclarations enflammées et pleine de passions des aficionados.
          Rien n’est figé.

          C’est une vulgate aux interprétations infinies. mais qui demande en honnêteté de rester des heures durant devant une œuvre pour dépasser les sentiments et les passions qu’elles nous procurent pour y trouver à penser en oubliant les crampes d’estomac à cause des émotions.

          Seulement à ce moment là, on a une petite chance d’exprimer un discours qui nous dépasse et l’œuvre elle-même.
          Mais, c’est une discipline !

          Est-ce de l’histoire de l’art, ou une histoire ! Une fiction qui peut n’être pas dénuée d’un certain savoir ?
          Du moins d’un éclairage sur notre époque.

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