En pleine culture

Chaque semaine, une chronique sur l'économie de la culture par Françoise Benhamou, professeur d'économie à Paris-13.

Téléchargements : subventionner l'internaute, une bonne idée ?

Françoise Benhamou
Professeur d'économie à Paris-XIII
Publié le 15/01/2010 à 13h00


Une femme écoute de la musique

Remis le 6 janvier dernier à Frédéric Mitterand, le rapport Zelnik, intitulé Création et Internet, envisage la création d’une carte Musique en ligne pour soutenir les achats de musique par les jeunes internautes (15-24 ans). Une fausse bonne idée.

50% du coût de la carte est pris en charge par l’Etat, soit environ 20€, et 50% par le jeune internaute qui, ô miracle, bascule ainsi dans la légalité. Cela pourrait concerner un million d’utilisateurs. La carte permettrait à un jeune qui ne dispose pas de carte bancaire de payer pour ses téléchargements ; elle serait utilisable sur un portail de référencement de l’offre en ligne. On en espère un effet de levier sur les revenus de l’industrie musicale.

L’internaute subventionné. Une fausse bonne idée

Deux objections peuvent être formulées. La première, la plus forte, est d’ordre idéologique. Chez les jeunes, la connaissance du caractère illégal du téléchargement est de plus en plus intense, mais le sentiment de la légitimité de la transgression est plus ancré encore : la culture appartient à tous. Payer, même peu, est difficile à faire entendre.

La seconde porte sur le prix de la carte. Le même rapport évalue le consentement à payer moyen à 5 à 7 € par mois, toutes générations confondues, soit une somme bien moindre chez les jeunes. Comment alors convaincre celui qui est prêt à dépenser quelques euros d’en débourser deux dizaines pour la seule raison que l’Etat lui doublera la mise ?

Se posent donc des questions de coûts d’application, avec un effet de révision des comportements probablement très faible. A l’inverse, se produiront à la marge des effets d’aubaine (on subventionnera la demande y compris d’utilisateurs déjà prêts à payer).

On refuse la licence globale, mais on met le doigt dans le pot de confiture

Toujours au sujet de la musique, le rapport refuse la licence globale, mais avoue que ce serait une bonne solution de demander ce qu’on appelle la rémunération équitable (c’est à dire un forfait sur les recettes) pour les sites de streaming type Deezer.

Pas de forfaitisation d’un côté, et forfaitisation de l’autre. On refuse la licence globale, mais on met le doigt dans le pot de confiture.

En revanche, un point fort du rapport réside dans la mise en place d’un système de gestion collective des droits, conseillée, et, si elle n’est pas adoptée « spontanément », imposée, pour la gestion des droits musicaux sur Internet.

Pour le livre et le cinéma, on préconise l’extension du régime du prix unique du livre au livre numérique, l’alignement des taux de TVA, et une révision de la chronologie des médias (pour la VOD par abonnement).

Un taux réduit pour tous les produits culturels

La création d’un portail commun pour le livre numérique est aussi proposée. Et, le texte va plus loin encore. Il demande un taux réduit pour tous les produits culturels. Mais... cela dépend de Bruxelles. Plus on en demande, et moins on a une chance d’aboutir.

On aurait mieux fait de se battre pour cela plutôt que pour la TVA réduite dans la restauration qui n’aura que très marginalement baissé les prix et créé des emplois.

Plusieurs autres mesures financières sont prévues.

  • Crédit d’impôt
  • Abondement de l’organisme de financement des projets culturels, l’IFCIC : 10 millions d’euros
  • Abondement du Centre national du livre, le CNL : 10 à 15 millions d’euros par an.

L’ensemble du dispositif requiert au total un financement de l’ordre de 50 millions d’euros.

Le financement reste incertain

La taxe déjà baptisée Google sera difficilement applicable. Pourtant l’idée est simple et convaincante : taxer les revenus publicitaires en ligne des « grands acteurs » du web, comme Google, Yahoo, Microsoft ou... Facebook, sur la base des revenus générés par les clics sur les liens sponsorisés qu’ils proposent.

Puisque les moteurs de recherche tirent des revenus de la mise à disposition d’œuvres qu’ils n’ont pas financées (dans la droite ligne de ce que l’on appelle chez les économistes un « passager clandestin »), il serait logique de leur demander de participer à ce financement via une taxe sur les clics publicitaires, et cela d’autant que ces sociétés sont basées dans des pays étrangers.

Mark Mulligan, vice-président de l’institut américain Forrester Research, s’interrogeait le 7 janvier dernier dans le Globe and Mail :

« Où cela commence-t-il, où cela finit-il ? L’argument est que Google est coupable de faire baisser les revenus de la filière musicale car les gens commencent leur recherche de fichiers piratés depuis Google. Mais qu’en est-il des ordinateurs ? Car sans les ordinateurs, les gens ne pourraient pas télécharger. Et l’électricité qui sert à faire marcher ces ordinateurs ? »

Prédateurs de la valeur culturelle

La remarque, teintée d’une bonne dose de mauvaise foi, renvoie à la question : qui sont les prédateurs de la valeur culturelle ?

Indéniablement, Google est outil de premier ordre, mais un prédateur sans scrupule. Il doit contribuer au financement des œuvres qu’il diffuse. La question est de savoir jusqu’à quel point, dans l’univers numérique où un principe de justice ne donne pas nécessairement naissance à une décision applicable, la taxe Google a un sens. On retrouve ici, bien malgré nous, une opposition décidément ravageuse entre culture et internet.

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  • foobar
    foobar
    nabalzr
    • Posté à 13h12 le 15/01/2010
    • Internaute 27760
      nabalzr

    Indéniablement, Google est outil de premier ordre, mais un prédateur sans scrupule. Il doit contribuer au financement des œuvres qu’il diffuse.

    Les œuvres en question sont soit dans le domaine public, soit sont diffusés avec l’accord des ayants-droits (et la consultation est limité, toutes les pages ne sont pas accessibles) :
    Lien

  • Barbatruc
    Barbatruc
    Jedi
    • Posté à 13h15 le 15/01/2010
    • Internaute 92719
      Jedi

    « Remis le 6 janvier dernier à Frédéric Mitterand, le rapport Zelnik... »

    MitteRRand, avec deux R, comme dans GRRRRRRR...

  • Strawman
    Strawman
    Scientocrate
    • Posté à 13h21 le 15/01/2010
    • Internaute 96130
      Scientocrate

    Une fois de plus, on regarde en long, en large et en travers le dernier maillon de la consommation culturelle (les acheteurs/internautes) alors que c’est l’un des premiers qui pose problème : les majors, et plus généralement le système de commercialisation/distribution.

    Depuis des millénaires, et plus particulièrement depuis les révolutions industrielles, le commerce suit la même structure pour la plupart des biens : produire en masse en un point A, puis transporter d’intermédiaires en intermédiaires jusqu’au point L : le consommateur.
    Ainsi, un CD coûte environ 20 euros pour 13 chansons, avec le bénéfice de l’artiste, les frais d’enregistrement, d’édition, de publicité... Ces frais restent et resteront incontournables.
    En revanche, en téléchargeant les chansons via Internet, on s’affranchit des frais de transport, des grossistes, et surtout de la marge de la Fnac (30%). Conclusion : le prix de revient du CD est divisé par 5.

    Or les chansons sur Internet sont vendues 1 euro chacune, dont seulement 3 centimes pour l’artiste ! Tout le reste augmente directement la marge des compagnies de musique. C’est là qu’il faut chercher. Tant qu’elles continueront à pratiquer des prix relevant de l’escroquerie, les gens préféreront télécharger illégalement. Imposez un prix limite à 30 centimes par chanson, et le marché de la musique dématérialisée sera à son apogée.

    • PétaouSchnok
      PétaouSchnok répond à Strawman
      • Posté à 14h08 le 15/01/2010
      • Internaute 11586

      ++ Je crois qu’on aurait pas pu mieux résumer le malaise que comme tu viens de le faire.

      Les utilisateurs (quels qu’ils soient) n’auraient aucun problème à débourser une somme raisonnable pour de la musique s’ils savaient que ce sont les artistes qui en tiraient une marge raisonnable (c.a.d au moins 50%).

      Hors, on en a marre de financer les petites soirées de P Nègre au Maroc pendant que les quelques artistes montants de qualité (= talentueux et originaux) galèrent comme des chiens pour avoir le budget minimum pour jouer avec un minimum de confort.
      Avoir du backline de qualité, des loges séparés entre groupes/artistes et des chambres d’hôtel single, ça ne devrait plus être considéré comme un luxe au regard des dépenses faites sur le compte des « frais de promotion » des vendeurs de ringtones. Si vous saviez ce qui se passe réellement...

      • francoisBR
        francoisBR répond à PétaouSchnok
        étudiant-salarié
        • Posté à 14h19 le 15/01/2010
        • Internaute 77907
          étudiant-salarié

        Tout à fait d’accord avec vous deux, les majors ont tué la création.
        A force d’investire en bourse, de rechercher l’artiste « rentable » et de mettre des traders pour recruter des artistes, ils ont corrompus le système.

        En plus avec hadopi ils ont refusé la licence globale à la francaise (pour 20-25 euros) et résultat : on pay une licence globale de 5 euros en allant sur d’excellents sites chinois.

        La plupard des artistes devraient essayer le modèle Trent Raznor (qui propose tout en double : une version gratuite pour les fauchés et une version « de luxe » payante, et bien sur il s’autoproduit). Il vit de sa musique et ses fans sont heureux.....

        Qui a encore envie de payer 20euros une affreuse galette, laide et encombrante quand on peut mettre 4000 chansons sur un Ipod ? ? ! !
        Il faudrait qu’ils se réveillent au dessu^^

         
        • Coragyps Atratus
          Coragyps Atratus répond à francoisBR
          Dans l'attente du moment propice
          • Posté à 08h20 le 16/01/2010
          • Internaute 37338
            Dans l'attente du moment propice

          Malgré tout, l’affreuse galette, laide et encombrante comporte des musiques au format WAVE qui permet une excellente restitution des sons que ne fait pas le format MP3.
          Mais après tout, cela dépend de ce qu’on écoute. Il est évident que le besoin de qualité est lié au degré de technicité d’une musique et au besoin d’en appréhender tous les sons : on n’écoute pas la Passion Selon Saint Matthieu interprétée par Richter comme on écoute la positive attitude de Lorie.

          Malheureusement, les plateformes de téléchargement légales ne permettent pas d’accéder à un format d’écoute de grande qualité (MP3 en 256, FLAC, OGG, WAVE). Donc, le prix de 1€ demandé par chanson est tout simplement scandaleux car le produit acheté sur ces plateformes est de moindre qualité pour un même produit culturel. Le MP3 divise par 10 le format WAVE.

          En prenant les hypothèses suivantes :
          Un disque CD acheté 20 € pèse 600 Mo pour 10 chansons format WAVE de 60 Mo chacune compressées en MP3 à 6 Mo l’unité.
          Par conséquent, le prix demandé pour l’écoute en MP3 de cette musique ne pourra être que de 0,20 € au maximum et sans léser personne puisque le prix payé serait proportionnel à la qualité du morceau acheté.

          Donc en, vendant 1€ le morceau de musique, les plateformes de téléchargement spolient les consommateurs sur la qualité et je ne suis pas sûr que cela soit légal du point de vue du code de la consommation... En d’autres termes, on nous fait prendre des vessies pour des lanternes.

        1 autres commentaires
    • a déménagé le 30 août 2010
      a déménagé le 30 août 2010 répond à Strawman
      commentjecomprendspas
      • Posté à 14h09 le 15/01/2010
      • Internaute 65511
        commentjecomprendspas

      d’accord avec vous sur le principe même si les frais incontournables ne sont pas si élevés que ça. Un exemple, les cd coûtent deux fois moins chers aux USA.

      • francoisBR
        francoisBR répond à a déménagé le 30 août 2010
        étudiant-salarié
        • Posté à 14h20 le 15/01/2010
        • Internaute 77907
          étudiant-salarié

        Baisse de la tva à 5.5 pour les biens culturels ?
        Les margent sont elles aussi exorbitantes aux Us ?

        (même si cela me fait mal au cul de qualifier de « culturel » la star’ac).

         
        • amerti
          amerti répond à francoisBR
          \°[-]°/
          • Posté à 15h35 le 15/01/2010
          • Internaute 94351
            \°[-]°/

          une baisse de la tva de 19.6 à 5.5 induit une baisse de l’ordre de 1.20 € à 1.50 € pour un cd simple...mais bon, ce serait un premier pas « concret » :)

        • Sethtes
          Sethtes répond à francoisBR
          Mega Culpa
          • Posté à 17h07 le 15/01/2010
          • Internaute 86642
            Mega Culpa

          Euh, les musiciens, ils se font de l’argent en vendant des cd ou... en faisant de la scène ?

          Je lisais une étude, que j’essaie de retrouver, qui montrait que c’était les tournées, les festivals, les concerts qui rapportaient de l’argent aux musiciens en grande partie. Les CD en eux-mêmes, leur rapporte peu, donc le débat sur payant/pas payant est une goutte d’eau sans, ou presque, d’importance.
          Quand, en plus, on voit la part faramineuse que prennent tous les intermédiaires, çà justifie encore plus que ce débat sur gratuit/pas gratuit n’a qu’un intérêt économique pour les majors (de beaux lobbying qui, j’imagine, ont bien des potes parmi nos élus) qui se répercute par pression interposée sur la politique et les lois.
          Si les musiciens mettent directement en téléchargement avec prix au choix leur musique, les titres leur rapporteraient autant (plusieurs expériences l’ont montré, une assez médiatique, celle de Radiohead, qui montrait qu’en moyenne les gens payaient autant que ce que le cd rapportait au musicien (4-5 euros), quand il passe par les intermédiaires...). Et là, ô miracle, on se rend compte que certains mettront zéro mais d’autres mettront bien plus que 5 euros, car étant dans une situation où on leur donne le choix...

        2 autres commentaires
    • touko_2
      touko_2 répond à Strawman
      fonctionnaire http://minettelol (...)
      • Posté à 14h41 le 15/01/2010
      • Internaute 70143
        fonctionnaire http://minettelol (...)

      30 cents,encore trop cher en rapport avec ce qui revient à l’artiste, lui le vrai créateur de culture ..

      Ce qui voudrai dire encore 27 cents dans les caisse de ceux qui ne branlent rien et profite de leur monopole, on appelle cela des parasites je crois ! !
      Ah non, c’est vrai que ce terme ne concerne que les chômeurs, et les fonctionnaires, merde chui con moi ..

      Et puis excusez du peu mais 99 cents, voire même 1,20 euros pour certains titres, en mp3 128 kb, mais de qui on se fou ? ? ?

      On voit vraiment que la zique en ligne est là pour vendre de la merde, à des gens qui n’y connaissent rien.

      Au final cela reviens plus cher qu’un CD avec pas de CD, ni boite ni pochette, une qualité de merde, impossible à utiliser où on veut à cause d’un autre système d’un autre age (les DRMS) ..

      On comprend aisément pourquoi les gens préfèrent pirater ..

      • elarips
        elarips répond à touko_2
        • Posté à 16h18 le 15/01/2010
        • Internaute 19146

        exat touko_2

        ils n’ont tj pas encore compris

        ils devraient faire le titre à 0,30€ (qualité wav aiff )
        au prorata l’album de dix titres à 2 €, comme le font parfois quelques sites russes

        reverser 0,10€ / 0.15€ à l’artiste (ce que ne font pas les sites russes) ce seras tj mieux qu’un centimes voir rien !

  • coltran
    coltran
    Entrepreneur
    • Posté à 13h18 le 15/01/2010
    • Internaute 30531
      Entrepreneur

    Longtemps l’artiste dût travailler pour gagner (mal) sa pitance, le peintre rupestre aller au fond de la caverne, le musicien s’échiner sur ses troncs d’arbres creux. Puis vînt le temps béni du disque de la photo du cinéma et de la concomitante propriété intellectuelle. Là après quelques efforts d’intensité variable, enfin l’artiste et ses parasites divers ( en vrac éditeur, perceveur de droit, maison de disque ) pouvait gagner sa vie en dormant pendant tout le restant de sa vie et 70 ans de sa mort. Et maintenant, voilà nos artistes repus, menacé de mourrir de faim. Quoique, amenez moi un artiste mort, pour autopsie. Quoique des artistes morts, lesquel, qui donne les noms, selon pourquoi pas, je pense à un .....
    Aller ne faite plus P2P, j’espere que vous avez arrêter de baiser avec le SIDA. Dans tous les cas efforcez vous d’eviter les taxes permettant aux artistes de gagner leur vie en dormant. Payez pour voir des artistes vivant, allez dans les clubs et cabaret, mais n’achetez plus de disque.

    • francoisBR
      francoisBR répond à coltran
      étudiant-salarié
      • Posté à 14h23 le 15/01/2010
      • Internaute 77907
        étudiant-salarié

      Et si les « artistes » (genre leforrestier ou gréco) utilisaient différement l’équivalent de ce qu’ils payent en botox.........

      Et oui : vive le concert, c’est toujours mieux.

  • flixp
    flixp
    Aboyeur
    • Posté à 13h18 le 15/01/2010
    • Internaute 34063
      Aboyeur

    rhooo

    moi aussi je veux une carte pour m’acheter des livres. Cela m’éviterait de les piquer à la Fnac.

    Ha ben merde je n’ai plus 25 ans. zut !

    Pour moi la seule vraie solution serait une licence globale qui fonctionnerait comme une redevance audiovisuelle.

    • coltran
      coltran répond à flixp
      Entrepreneur
      • Posté à 13h37 le 15/01/2010
      • Internaute 30531
        Entrepreneur

      Ces redevances sont généralement redistribuée en fonction de l’audience. donc vous payez pour des gens qui ne vous interresse peutetre pas

      • flixp
        flixp répond à coltran
        Aboyeur
        • Posté à 13h39 le 15/01/2010
        • Internaute 34063
          Aboyeur

        oui mais cela devient la garantie d’une diversité culturelle.

        Imaginez que seul les personnes qui sont écoutées soient financées. Tout le monde jouerait et chanterait la même chose.

         
        • PétaouSchnok
          PétaouSchnok répond à flixp
          • Posté à 14h10 le 15/01/2010
          • Internaute 11586

          On va malheureusement vers ça, et pas l’inverse : /

        1 autres commentaires
  • rumpus
    rumpus
    friend/unfriend
    • Posté à 13h21 le 15/01/2010
    • Internaute 96441
      friend/unfriend

    Elle écoute quoi la fille sur la photo ?
    Parce que ça a l’air bien sympa

  • Rensk
    • Posté à 13h23 le 15/01/2010
    • Internaute 65029

    Subventionner... pour se donner bonne conscience ? Vendre mieux HADOPI 2 ?

    Les faits sont tout autre ; ont donne du fric des impôts (sans demander les payeurs d’impôts) pour des amis proche... me semble plus vrai comme « réalité » !

    Si vous regardez de plus près qui va toucher le jack-pot c’est... Ceux qui ont déjà eu droit aux diminutions d’imposition étant trop riche pour l’Etat

    • vutom
      vutom répond à Rensk
      checheur
      • Posté à 14h18 le 15/01/2010
      • Internaute 98929
        checheur

      Tout à fait d’accord sur ce point de vue. Pour ettayer : je pense bien que les sites proposés sur le fameux « portail de référencement de l’offre en ligne » seront les sites des copains (Universal, Warner, iTunes,...) ; et le crédit de cette carte sera sans doute inutilisables sur des sites de musique libre, qui fonctionnent grâce aux dons, tels Jamendo, Dogmazic, ou autres...

      • francoisBR
        francoisBR répond à vutom
        étudiant-salarié
        • Posté à 14h26 le 15/01/2010
        • Internaute 77907
          étudiant-salarié

        Rappelez moi un détail : on achèterait une carte sponsorisée par l’état.....avec quel argent ?

        Le notre^^ on va payer une carte 25euros et l’état nous redonnera 25euros de nos impots sur cette carte.........

        Si les majors étaient moins rapaces.......et l’état moins con.......

  • a déménagé le 30 août 2010
    a déménagé le 30 août 2010
    commentjecomprendspas
    • Posté à 13h24 le 15/01/2010
    • Internaute 65511
      commentjecomprendspas

    Pire qu’une fausse bonne idée, c’est une très mauvaise idée... En fait, c’est surtout un cadeau aux maisons de disques que nous allons devoir payer. tiens d’ailleurs qui a fait cette proposition ?

    Les jeunes sont nés dans la musique gratuite, il est plus que naif de croire qu’ils vont dépenser de l’argent pour avoir ce qu’ils prennent déja gratuitement. (c’est pas bien on le sait, mais c’est la réalité des faits). Cette mesure ne sert donc à rien

    La carte va donc être acheter par les rares jeunes qui téléchargent légalement. Ils vont soit télécharger autant en payant moins soit télécharger plus et donner un peu plus d’argent aux maisons de disques.

    Donc quel est l’interet de cette réforme à part offrir de l’argent aux éditeur et aux gens qui télécharge légalement ? Est ce que moi aussi je peux recevoir une réduction de 50% sur mon prochain lave vaisselle vu que je suis quelqu’un d’honnête et que je n’en ai jamais volé ?

    • A déménagé le 02-02-2012-2
      • Posté à 13h33 le 15/01/2010
      • Internaute 82025
        non connue

      Les jeunes ne sont pas nés dans la musique gratuite, mais dans la musique payante, par forfait : une mise de départ (matériel + abonnement), puis plus rien.
      Les bénéfices étant strictement réservés aux fournisseurs d’accès, et aux producteurs et aux distributeurs de matériel.

      Sans contenu, un lecteur MP3 ou un accès ADSL ne vaut... rien.

  • Lebartek
    Lebartek
    Journaliste
    • Posté à 13h28 le 15/01/2010
    • Journaliste 100949
      Journaliste
  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 13h29 le 15/01/2010
    • Internaute 82025
      non connue

    A propos de la taxe Google, ou d’une taxe sur des équipements, voici un petit sujet de réflexion :

    L’idée n’est pas de moi, mais je l’ai lue sur le net.
    Pourquoi ne pas taxer EDF (ou autres fournisseurs d’énergie) pour payer une part du financement de l’audiovisuel public (en compensation des pubs par exemple), dans la mesure ou de l’ordre de 10 à 20% de leur chiffre d’affaire grand-public vient de la consommation des téléviseurs ?

    Derrière cette idée, on perçoit la nécessité de revoir, ou au moins réfléchir à toute la fiscalité, car le monde change, et les schémas d’enrichissement aussi.
    Le cas d’internet n’est finalement qu’une occasion de se poser des questions plus générales.

  • Punklog
    Punklog
    Etudiant
    • Posté à 13h35 le 15/01/2010
    • Internaute 84316
      Etudiant

    « On retrouve ici, bien malgré nous, une opposition décidément ravageuse entre culture et internet. »
    Non, entre internet et marché culturel, ce qui n’est pas tout à fait la même chose.
    Ou comment donner généreusement l’argent de la France aux majors qui semblent si proche de notre gouvernement.

    • flixp
      flixp répond à Punklog
      Aboyeur
      • Posté à 13h36 le 15/01/2010
      • Internaute 34063
        Aboyeur

      mais aussi entre culture et capitalisme

    • rumpus
      rumpus répond à Punklog
      friend/unfriend
      • Posté à 13h45 le 15/01/2010
      • Internaute 96441
        friend/unfriend

      Ooooh ! T’exagères ! Tout de suite les grands mots !

  • Gastlag
    Gastlag
    flâneur | identi.ca/gastlag
    • Posté à 13h41 le 15/01/2010
    • Internaute 8274
      flâneur | identi.ca/gastlag

    « La remarque, teintée d’une bonne dose de mauvaise foi, renvoie à la question : qui sont les prédateurs de la valeur culturelle ? “

    Je ne vois pas en quoi cette remarque relève de la mauvaise fois. Certes Google en profite, mais il est vrai que les vendeurs d’ordinateurs en profite tout autant. Qui achèterait un ordinateur s’il ne pouvais pas y écouter sa musique, regarder ses films, lire ses journaux etc. ?

    Nan la réalité c’est que la culture doit totalement revoir son modèle économique. Ils pourraient déjà rendre le mode répartition des recettes plus équitable (évidement il n’y a pas qu’eux qui pourraient faire ça). Le problème c’est que le communisme n’est plus à la mode, ni chez les économistes ni chez les artistes.
    Ce qui est à la mode aujourd’hui c’est ‘je gagne 40 000€ par mois parce que les gens m’aiment et pas toi. Alors casse toi et va balayer. Moi je l’ai mérité mon pognon.’

    Après savoir si c’est Google, Apple, EDF ou Obispo qui doit recevoir le fric, ce n’est que des bisbilles entre gamins qui sont pris à leur propre jeu.
    Sortir du capitalisme me semble beaucoup plus important que de réfléchir à qui il faut taxer.

    • REMARQUEUR -Compte bloque-
      REMARQUEUR -Compte bloque- répond à Gastlag
      freelance
      • Posté à 02h23 le 16/01/2010
      • Internaute 78816
        freelance

      Les espaces de marginalité se restreignent de plus en plus : free party, squats, boites/bars à prix raisonnables,etc. et Hadopi.
      Il n’y a plus la mise en relation des talents et des décideurs (dont certains sont dénués de talents, ont acheté leur situation par papa-maman-école-à-8000€-l’année-et-appartement-acheté) qui restent assis sur leur pécule amassé, spolié à la pure création - pure donc par nature subversive-.
      Les décideurs cherchent la rentabilité à court terme et fabriquent des produits fantoches : des groupes rock faux rebelles en batterie, pouffes sous plastique pour vendre de l’idéologie consumériste (Lady Gaga, Britney Spears et Cie), de la nouvelle chanson française de la vieille bourgeoisie soixante-huitarde aux relais socio-promotionnels établis qui confèrent au marché de l’immobilier.
      Il fut un temps où les loyers étaient moins chers, les jeunes artistes doués pouvaient approcher des décideurs qui ne misaient pas sur l’uniformisation de la culture (Star Ac’, écrivains-acteurs fils de, etc...) et sur un Art docile et social-traitre.

      « Aujourd’hui les artistes crèvent en banlieue dans une chambre de bonne au bord du suicide et les décideurs sont entre eux avec des putes ukrainiennes en s’arrosant de champagne. »

  • Sibyllin
    Sibyllin
    Rien à dire mais je le dis (...)
    • Posté à 13h45 le 15/01/2010
    • Internaute 36016
      Rien à dire mais je le dis (...)

    qui acceptera de payer demain 25€ alors que c’est gratuit ?
    Ils surveillent le peer to peer avec Hadopi mais internet va, heureusement, plus vite que nos politiques et déjà d’autres mode de téléchargement permettent d’échapper à la surveillance d’Hadopi...

    • Désabusé
      Désabusé répond à Sibyllin
      desabuse.blogspot.com
      • Posté à 13h54 le 15/01/2010
      • Internaute 32800
        desabuse.blogspot.com

      [quote]qui acceptera de payer demain 25€ alors que c’est gratuit ? [/quote]

      Mieux vaut en effet consacrer 5 ou 10 euros à l’abonnement à un VPN pour s’affranchir de la « curiosité malsaine » des pouvoirs publics et surfer tanquillou !

  • Lemmy_Nothor
    Lemmy_Nothor
    - Gone fishing !
    • Posté à 13h49 le 15/01/2010
    • Internaute 12434
      - Gone fishing !

    C’est curieux que depuis deux ou trois semaines, tous les journeaux spécialisés dans le domaine, annonce des chiffres inégalés dans les entrées de cinémas.....partout, en France, Angleterre, Etats Unis, bref.....d’après ces mêmes chiffres, l’industrie a l’air de se porter à merveille....et on voudrai nous faire croire que les téléchargements portent préjudice aux producteurs ?

    En attendant, EMule fonctionne très bien....merci beaucoup.

  • guyome
    • Posté à 14h00 le 15/01/2010
    • Internaute 11884

    « En revanche, un point fort du rapport réside dans la mise en place d’un système de gestion collective des droits, conseillée, et, si elle n’est pas adoptée “ spontanément ”, imposée, pour la gestion des droits musicaux sur Internet. »

    C’est à vérifier, mais je ne crois pas qu’il soit légal d’imposer une gestion collective, l’autre a tout droit sur son oeuvre. C’était d’alleurs un des reporches - non justifié - fait à la license globale.

    « Puisque les moteurs de recherche tirent des revenus de la mise à disposition d’œuvres qu’ils n’ont pas financées (dans la droite ligne de ce que l’on appelle chez les économistes un “ passager clandestin ”) »

    Alors le « free riding » ou le passager clandestin, si je me trompe pas, c’est une idée que l’on associe au service public puisque tous y on accès ( et non donc pas intérêt à payer ). Ce qui voudrai dire que la culture est un service public et, in fine, que comme tout service public on devrait la financer par un impôt. J’ai même un nom à propose : la license globale.

    « Il doit contribuer au financement des œuvres qu’il diffuse. »

    Outre google news/books, Google ne publie, ni ne diffuse quoi que ce soit.

    « une opposition décidément ravageuse entre culture et internet. »

    Le web - comme son nom l’indique - est une toile et donc si un noeud de la toile accède à quoique ce soit : il peut toujours le re-distribuer au autre. Aussi, on peut rien vendre sur internet à l’exception de services. Il serai temps de le comprendre : on ne peut pas vendre de musique/vidéo sur Internet. Et itunes n’est qu’un service adosser sur l’Ipod.

  • rincevent
    rincevent
    sans emploi (et presque content)
    • Posté à 14h13 le 15/01/2010
    • Internaute 83697
      sans emploi (et presque content)

    Je propose un nouveau service public : l’intranet francais ! Une plate forme de téléchargement, basée sur le catalogue de la Sacem, avec mise à disposition d’oeuvres libres de droit, et vente à cinquante centimes le titre... une rémunération directe à l’auteur ou ayant droit...

    un financement par l’impot et la pub ! C’est pas une bonne idée ? :)

    • nanabel
      nanabel répond à rincevent
      1ère version
      • Posté à 14h50 le 15/01/2010
      • Internaute 97292
        1ère version

      La Sacem n’est pas un distributeur d’oeuvres culturelles, elle n’a pas de catalogue.

      Payer une taxe pour le téléchargement serait valable uniquement pour les oeuvres distribuées en france. L’état n’a pas le droit de taxer un produit à l’étranger. Il suffit que le serveur soit hors de france pour que la taxe ne soit pas perçue.

      L’idée d’une taxe sur des produits virtuels est ridicule. L’internaute qui veut télécharger un titre international, peut très bien se connecter sur un site francophone de la zone euro. Quant-à envisager une taxe européenne, c’est carrément de la science fiction.

  • alexandre32
    alexandre32
    clochard céleste
    • Posté à 14h17 le 15/01/2010
    • Internaute 100183
      clochard céleste

    Après les banquiers, les fabricants automobiles, les labos.... c’est au tour des industriels du disque de recevoir de grasses subventions de l’état (sous une forme détournée évidement, mais tant que le pognon rentre...)

  • amerti
    amerti
    \°[-]°/
    • Posté à 14h36 le 15/01/2010
    • Internaute 94351
      \°[-]°/

    ça me fait penser à une subvention déguisée pour les majors et autres industriels, parce que faut pas réver, ce n’est pas l’internaute qui est subventionné...

    l’argent en forme de prépaiement est prévu de manière à ne pas être utilisé pour autre chose...
    on force les gens à foncer droit dessus pour bloquer le reste du capital et hop, le tour est joué !

    cela s’appelle de l’extorsion de fonds en bande organisée.

    ...vivement une caméra de surveillance dans le bureau de l’Elysée...

  • rumpus
    rumpus
    friend/unfriend
    • Posté à 14h28 le 15/01/2010
    • Internaute 96441
      friend/unfriend

    Un peu hors sujet, mais bon ...
    La musique et les films sont aujourd’hui accessibles gratuitement.
    Le ciné s’en sort bien, ça semble montrer que les gens voient un plus dans le « service ciné » et sont prêts à verser beaucoup pour pouvoir visionner un film dans des conditions optimales.
    Les CD et les DVD disparaissent puisqu’ils n’apportent pas grand chose de plus que l’équivalent dématérialisé.
    Je me rends compte que j’achète maintenant beaucoup plus de livres qu’avant.
    Comment se portent les libraires ?
    Ont-ils peur du kindle et autres ?
    Personnellement, je pense continuer sur de vrais livres, mais ça va certainement leur grignoter une part de marché.
    Et les BD ? Est ce que ça ne sera pas le dernier bastion des achats de biens culturels à résister à la dématérialisation ?

    • francoisBR
      francoisBR répond à rumpus
      étudiant-salarié
      • Posté à 14h30 le 15/01/2010
      • Internaute 77907
        étudiant-salarié

      Non, on trouve de plus en plus de BD scannées........

      • rumpus
        rumpus répond à francoisBR
        friend/unfriend
        • Posté à 15h04 le 15/01/2010
        • Internaute 96441
          friend/unfriend

        Ok mais je me suis mal exprimé, je voulais dire : est ce que la BD ne va pas résister mieux que le reste ?
        Je pense que le livre résistera mieux que le CD, et que, parmi les livres, les BD résisteront mieux que le reste pour la beauté de l’objet

         
        • raphael.w
          raphael.w répond à rumpus
          • Posté à 15h27 le 15/01/2010
          • Internaute 65284

          Même les bouquins.
          Aucun plaisir à lire sur écran et encore moins à lire après l’avoir tirer sur papier... la bd n’en parlont même pas, c’est affreux sur écran ( sauf blogs et format court )
          Puis un livre on le sort quand on veut ou on veut, imaginez vous dans le train , sortir son beau kindle quand pouf, plus de batterie...
          Alors que le cd, qu’il soit dans la chaine ou dans le disque dur, c’est du pareil au même il y aura toujours besoin d’électricité ; -)

          • rumpus
            rumpus répond à raphael.w
            friend/unfriend
            • Posté à 15h44 le 15/01/2010
            • Internaute 96441
              friend/unfriend

            Absolument d’accord avec toi, mais serons-nous majoritaires ?

        • Keldan
          Keldan répond à rumpus
          Now future & karpe diem
          • Posté à 16h17 le 15/01/2010
          • Internaute 5164
            Now future & karpe diem

          La musique est tombé car aujourd’hui il est dix fois plus simple de remplir son lecteur de milliers de MP3 que de trimballer une valise de CD.

          Le jour où le livre connaitra son lecteur MP3, autrement dit un machin qui permettent de stocker et surtout de lire aussi confortablement qu’avec un livre, ça sera la fin.

          • rumpus
            rumpus répond à Keldan
            friend/unfriend
            • Posté à 16h46 le 15/01/2010
            • Internaute 96441
              friend/unfriend

            Il y a aussi le paramètre du support.
            Le passage du joli 33T à la moche K7 puis au moche CD a sans doute été un mauvais choix (et n’oublions pas les autres arnaques qui ont échoué : minidisc, etc ...), et un bel exemple de décision à courte vue.
            Le livre a peu évolué en 500 ans, car accessible directement, sans techno intermédiaire.
            Aujourd’hui, on essaie de nous vendre un média intermédiaire pour lire, c’est peut être pas gagné.

            • Keldan
              Keldan répond à rumpus
              Now future & karpe diem
              • Posté à 17h01 le 15/01/2010
              • Internaute 5164
                Now future & karpe diem

              Justement, c’est peut être une des choses pour faire un bon « livre du futur ».

              Avoir un livre, un objet qui peut être utilisé en tant que tel, c’est bien.
              Ok, dans ce cas on vend des livres électroniques qui ne se recharge pas, comme un livre normal, avec tout dedans. Et pas un lecteur plus des livres à charger dedans.
              Comme ça quand on sort du magasin on peut lire directement son livre, même si on a oublié son ordinateur-bibliothèque électronique chez soi.

              Mais pour ça faudrait que les mecs qui essayent de nous fourguer leur truc réfléchissent un peu. Parce que pour l’instant ils ne pensant pas à vendre un livre électronique, mais à vendre du contenu... forcément c’est foutu d’avance.

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