En pleine culture

Chaque semaine, une chronique sur l'économie de la culture par Françoise Benhamou, professeur d'économie à Paris-13.

La montée de la classe moyenne, enjeu pour la culture brésilienne

Françoise Benhamou
Professeur d'économie à Paris-XIII
Publié le 01/11/2010 à 19h40

La culture au Brésil puis d’abord dans la vitalité permise par le métissage, 53% de Blancs, 40% de métis et mulâtres, 40 % de Noirs, et moins de 1% d’Asiatiques et d’Indiens.

Un pays dont les villes rassemblent plus de 80% de ses 200 millions d’habitants (dont 18 millions pour la seule agglomération de São Paulo, et 10 à Rio). Un pays jeune, qui assure plus que la simple reproduction de sa population.

Des inégalités record malgré le recul de la pauvreté

Les inégalités demeurent pourtant extrêmes. Le Brésil est en tête des pays émergents pour l’écart entre riches et pauvres, malgré le programme Bolsa Familia qui a permis aux familles les plus pauvres de recevoir entre une somme de l’ordre de 50 euros chaque mois, à la condition que les enfants soient scolarisés et suivent les programmes de vaccination obligatoires.

La Bolsa Familia bénéficie aujourd’hui à 12,6 millions de familles, et la pauvreté a nettement reculé. 22% des Brésiliens vivent en dessous du seuil de pauvreté (contre 35 % il y a huit ans), et 4,8% en état d’extrême pauvreté (contre 12 % il y a huit ans).

Plus significatif encore, 1,4 million de familles ont pu franchir le seuil de pauvreté et ne plus avoir besoin de recevoir des aides au titre de ce programme.

La montée d’une gigantesque classe moyenne

Mais la présidence Lula aura aussi été une période plutôt faste pour ce que l’on appelle la « classe C », ou classe moyenne inférieure (on raisonne au Brésil sur cinq tranches de revenu classées de A à E). Entre 2002 et 2007, quelque 20 millions de Brésiliens sont passés des tranches de revenu D et E à la tranche C.

Cette catégorie représente la moitié de la population du pays, affiche un revenu familial mensuel compris de 500 à 1000 euros, quand le salaire minimum n’atteint que 200 euros.

Dans un article paru dans l’hebdomadaire brésilien Istoé et reproduit dans Courrier international, on apprend selon une étude menée dans six grandes villes brésiliennes, que 80 % des consommateurs de la classe C estiment « impossible de vivre sans ordinateur », que 60% des familles possèdent un lecteur de DVD, et que 82% disposent des technologies destinées aux divertissements et loisirs de la famille.

L’accès à la culture numérique, au-delà ou plutôt à côté de la culture du spectacle et de la musique déjà ancrées dans les pratiques et la psyché collectives, ne peut que progresser. La demande existe, et la montée d’une classe moyenne assure un marché aux industries culturelles.

Un retard majeur du côté de l’édition

L’édition brésilienne produit près de 300 millions de livres, distribués dans 2700 points de vente (pour comparaison, et malgré la différence de taille des populations, les éditeurs français produisent 750 millions d’exemplaires, et le pays compte environ 25 000 points de vente).

Les sources de cette différence sont évidentes, taux d’alphabétisation insuffisant pour assurer un débouché à l’industrie de l’édition, mais aussi développement de l’enseignement secondaire et supérieur encore très faible.

Le nombre de chercheurs illustre le retard : le Brésil compte 213 000 chercheurs selon l’Unesco, contre 1,5 million en Chine, 935 000 au Japon, et 200 000 en France. Il faut savoir que cinq argentins ont remporté le prix Nobel, mais pas un seul brésilien.

Cinéma : production en hausse, consommation faible

De même, pour évoquer un autre pan des industries culturelles, le cinéma brésilien décolle avec 113 millions d’entrées en 2009, 138 films produits, et une part de marché nationale de l’ordre de 14%. Le potentiel repose sur la demande latente de la part de cette classe moyenne que j’évoquais tout à l’heure.

Bref, pour l’équipe de Dilma Rousseff, les enjeux du développement culturel reposeront sur trois piliers : montée du pouvoir d’achat et du niveau d’éducation de la classe moyenne, investissements dans des industries culturelles compétitives, capitalisation du réservoir de créativité lié à la diversité culturelle.

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  • survivant
    • Posté à 20h47 le 01/11/2010
    • Internaute 25864

    Ça va mieux ? Bienvenue au pays du soleil. C’est dur hein ? La remise en question. Paraît-il en France nous serions, ceux qui utilisent le moins de savon. Je comprend pourquoi maintenant. Une bonne douche ça fait du bien, on se sent tout de suite mieux. Si je vous avais dit tout de suite où je vous emmenais vous n’y auriez pas cru. C’est ça qui est bien dans le cinéma, c’est réussir à emmener son public là où le metteur en scène veut aboutir au but de sa réalisation de son film. Le mien a pour titre : La délivrance. Alors, il fallait déjà que je vous mettent tous à poil, normal, chacun a ses petits secrets intimes et n’a pas spécialement envi de faire le grand déballage public et celui ou celles qui sont restés sur le carreau dès le début, l’émotion était trop forte sûrement. Ceux et celles qui ont suivit ont eu la force de caractère d’y croire et ont su pleurer sur leur méchanceté. Maintenant vous êtes tous enfin prêt pour construire un monde meilleur. Les grands perdants sont ceux qui resteront là où ils n’auraient jamais dû sortir. De l’oubli.

  • leo s
    leo s
    (...)
    • Posté à 21h21 le 01/11/2010
    • Internaute 73621
      (...)

    « Bref, pour l’équipe de Dilma Rousseff, les enjeux du développement culturel reposeront sur trois piliers : montée du pouvoir d’achat et du niveau d’éducation de la classe moyenne, investissements dans des industries culturelles compétitives, capitalisation du réservoir de créativité lié à la diversité culturelle. »

    développement
    pouvoir d’achat
    investissement
    industrie
    capitalisation

    tout cela nous éloigne des 5 phases de la création

    1- éprouver un état de saisissement créateur : travail de quelques secondes
    2- prendre conscience d’un représentant psychique inconscient et l’ériger en code organisateur de l’œuvre
    3- choisir un matériau apte à doter ce code d’un corps : travail de quelques semaines
    4- composer l’œuvre dans ses détails : long et minutieux travail de plusieurs mois ou années
    5- la produire au-dehors

    • egide
      egide répond à leo s
      Littéral
      • Posté à 23h40 le 05/11/2010
      • Internaute 45067
        Littéral

      Serait-il possible d’avoir quelques explications complémentaires sur ces cinq phases de créations  ?
      Au moins une référence, s’il y en a  ?
      En particulier sur le point deux qui me parait un peu osbcur :
      prendre conscience d’un représentant psychique inconscient et l’ériger en code organisateur de l’œuvre

      • leo s
        leo s répond à egide
        (...)
        • Posté à 09h06 le 06/11/2010
        • Internaute 73621
          (...)

        Lire

        Didier Anzieu

  • deserteur
    deserteur
    Service Athée
    • Posté à 21h31 le 01/11/2010
    • Internaute 62084
      Service Athée

    53% de Blancs, 40% de métis et mulâtres, 40 % de Noirs, et moins de 1% d’Asiatiques et d’Indiens.

    53+40+40+1=134/100

    bigre !

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 22h28 le 01/11/2010
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    Destins croisés : les BRIC et les PIGS
    Alors que les BRIC sont en pleine euphorie et que leurs croissances affolent les bourses, les PIGS subissent les régimes draconiens que le FMI, la BCE et les docteurs diafoirus de Bruxelles leurs infligent.
    Des BRIC seul le Brésil a la chance d’avoir un Lula qui a mis en place des programmes sociaux dignes d’un pays moderne et l’émergence d’une classe moyenne en est la résultante. La nouvelle Présidente aura la lourde tâche de transformer l’essai.
    La Russie, l’Inde et la Chine n’ont pas encore franchi le cap de cette transformation sociale « en douceur » et ils n’auront pas forcément des lendemains qui chantent pour y parvenir.
    Les PIGS, dédaigneusement appelés ainsi par des journalistes anglo-saxons, désignent les pays Européens qui ont vu leurs destins pris en main par les agences de notation. Le Portugal, l’Irlande, la Grèce, et l’Espagne (Spain en anglais) vont faire le chemin inverse des BRIC et voir leur classe moyenne fondre comme neige au soleil.
    La bête à abattre dans notre belle Europe est bien la classe moyenne, car elle est trop couteuse pour les budgets de l’État (santé, éducation, retraite, .....) et pour les entreprises (cotisations patronales,.....).
    Là où le soleil se lève pour la classe moyenne avec Lula et bientôt Dilma au Brésil, il se couche avec Nicolas, Angéla,et consorts pour l’Europe, Dominique pour le FMI et Jean Claude pour la BCE

  • Tinhinane
    Tinhinane
    Médiatrice scientifique
    • Posté à 22h42 le 01/11/2010
    • Internaute 4901
      Médiatrice scientifique

    Le Brésil est là où il se trouve aujourd’hui entre autres parce qu’il a pensé son destin sans s’inspirer de nos modèles. Nos choix, partis-pris, grilles de lectures et d’analyses, surtout ces trois dernières décennies, ne sont vraiment pas à conseiller aux autres.

    Dans votre conclusion, je retiens par exemple ceci : « montée du pouvoir d’achat et du niveau d’éducation de la classe moyenne » Pourquoi faut-il se préoccuper uniquement de la classe moyenne ? Ne pensez-vous pas qu’il faille en même temps, voire prioritairement, s’occuper des plus démunis ?

    « Investir dans les industries cultuelles compétitives », écrivez-vous aussi : qui parmi les BIC voire BRIC à amélioré son sort en misant sur les industries cultuelles ? Vous me direz l’Inde pour ce qui concerne le cinéma mais son envol elle ne le doit pas qu’à ce secteur qui était florissant sur son continent même aux temps de vaches-maigres.

    Quant à la « capitalisation du réservoir de créativité lié à la diversité culturelle », là encore je ne suis pas convaincue. La France par exemple n’a jamais été capable de tirer partie de la diversité culturelle, même avec la Réunion en son sein ou la masse d’immigré de toutes origines et de grands penseurs de la créolité, comme Édouard Glissant. Les États-Unis, le Canada, l’Australie, n’ont pas non plus vraiment tiré profit de la diversité culturelles. Pour moi, son existence n’est pas un argument suffisant en soi, ce qui compte c’est la manière dont elle est vécue politiquement, socialement et intellectuellement qui en font un atout émancipateur et cohésion sociale et politique.

    • egide
      egide répond à Tinhinane
      Littéral
      • Posté à 23h56 le 05/11/2010
      • Internaute 45067
        Littéral

      Le Brésil doit son université à quelques professeurs français dont Lévy-Straus.

      Si la France n’a jamais tiré partie de sa diversité c’est qu’elle encore embuée des fumées impériales colonialistes.

      De plus des institutions en place depuis longtemps comme la francophonie ou autre tenant de l’exception culturelle font de la métropole l’alpha et l’oméga de la culture et des arts.

      Depuis la fin des mouvements d’avant-garde, l’isolement des artistes et des auteurs littéraires renvoie la création en France dans un état d’une grande misère qu’elle n’avait pas connue depuis le siècle des Lumières.

      Enfin, depuis la Révolution la classe moyenne qui s’est peu à,peu élargie n’a jamais misé sur l’art et la littérature. Il n’y a pas de marché français de l’art même si Paris est une place prestigieuse et appréciée, les acheteurs sont étrangers.

      Nous avons cette particularité ahurissante d’avoir délégué à l’état et aux régions le soin d’acheter les œuvres d’art contemporaines et sans le secours des subventions et des règlements ultra-protectionnistes, l’édition serait peau de chagrin.

  • survivant
    • Posté à 23h09 le 01/11/2010
    • Internaute 25864

    Bon et bien voilà. J’ai terminé mon film. J’espère qu’il aura plu à tout le monde. Et puis , maintenant vous n’avez plus besoin de chef d’orchestre pour savoir qui doit faire quoi. Vous n’êtes plus des enfants vous êtes devenus des adultes responsables. Pour le groupe des chassettes noires , vous savez ce qu’il vous reste à faire. A bientôt. Pour un nouveau film mais cet fois ci il sera question de paix et de sérénité.

  • survivant
    • Posté à 23h20 le 01/11/2010
    • Internaute 25864

    Euh ! Pas d’almagame surtout. Quand je parlais du groupe des chaussettes noires. Je ne parlais pas de mes compagnons de banlieues à qui je dédicacerai tout particulièrement ce film et à qui nous devons tout pour leur courage. Et une profonde pensée au jeune qui s’est fait blesser à loeil

  • doubrasiou
    doubrasiou
    (ruralsexuel, ex metrosexuel)
    • Posté à 23h52 le 01/11/2010
    • Internaute 131689
      (ruralsexuel, ex metrosexuel)

    Outre le fait que vos lacunes en mathématiques dès le début de votre article (à moins que vous ne relisiez pas vos articles tout simplement ? ?) n’incitent guère à la crédibilité de votre propos, j’aurais tendance à dire que votre article est truffé d’erreur, pour ne pas dire de désinformation...

    Mais commençons par ce qui est juste pour vous rendre raison :

    1- oui la bolsa familia a permis d’intégrer des familles pauvres dans l’économie en rendant l’enseignement des enfants plus courant dans un pays où la pauvreté pousse encore à travailler (très) jeune,

    2- Oui le fossé entre riches (très riches, rien à voir avec riches européens) et pauvres (un pauvre est pauvre partout dans le monde, il a faim et prétend juste vivre) est énorme au Brésil, 8ème puissance mondiale et donc, premier pays « en voie de développement ».

    Par contre :

    il est inscrit sur le drapeau national cette phrase d’Auguste Comte, père du positivisme : « Ordem e Progresso », soit Ordre et Progrès.

    Le Brésil ne vous a pas attendu pour être un pays développé, souvent bien plus qu’en France, et, c’est le sujet de votre article, particulièrement du point de vue culturel.

    En France, comme dans les autres puissances mondiales, l’on oublie bien trop souvent que tous les pays du monde ont aussi les yeux tournés vers les pays historiques de la culture : France, Angleterre, Espagne.. Etats-Unis (culture films et télé)... Eux sont donc tournés vers nous... alors que nous ne sommes que tournés vers nous mêmes ! ! ! Et c’est ainsi que des « journalistes » comme vous font des articles comme celui-ci.

    La scène musicale brésilienne (vous savez la culture ? !) n’a rien à envier à la nôtre et à surement beaucoup plus fait pour la culture musicale mondiale que la notre... Et pour ramener vos chiffres à la dure réalité du Brésil, les copies illégales de films, vidéos, films, etc... est monnaie courante pour la majorité des brésiliens sans revenus suffisant... Mais ce n’est pas pour cela qu’ils sont incultes

    Les Editeurs brésiliens sont 10 fois plus gros - au moins - que nos éditeurs français croulant sous les dettes et la recherche absolue du prochain goncourt... Et tournés, bien avant nos vieux Editeurs vers les nouveaux médias digitaux que sont internet et le mobile...

    Cette facilité naturelle du brésilien, quelle que soit sa classe, a entendre les problématiques technologiques et se projeter vers le progrès nous feraient du bien...

    J’ai moi meme participe à l’essor d’une entreprise française de technologie au Brésil et ainsi - à mon niveau -aider à l’émergence de cette classe moyenne - mal nécessaire de nos économies modernes pour régler les taxes. Mais cela fait partie du développement naturel des Nations !

    Enfin, en ce qui concerne votre « étalon » concernant la recherche, nulle doute que tout « journaliste » parisien reconnait la culture au nombre de molières, césars, oscars, voire... prix nobels pour décider, seule, si un pays est culturellement développé.... Mais la vérité est ailleurs ! ! !

    Le Brésil est un pays jeune de seulement 400 ans. L’histoire c’est aussi cela la culture et l’on ne se construit pas une histoire en 400 ans.... alors même que le Brésil n’a rien à envier à personne, ni pays « développé », ni « journaliste »...

    Ema, Ema, Ema !

    • D-503
      D-503 répond à doubrasiou
      U topos
      • Posté à 14h13 le 02/11/2010
      • Internaute 116654
        U topos

      « un pauvre est pauvre partout dans le monde, il a faim et prétend juste vivre ». C’est moins simple que vous semblez le penser. Tout dépend de la définition que l’on retient pour définir la pauvreté : pauvreté absolue, relative, monétaire, par les conditions de vie, administrative (nombre d’allocataires des minima sociaux)...
      D’ailleurs, en début d’article, l’auteure utilise une définition relative et monétaire de la pauvreté : la notion de seuil de pauvreté (sans que l’on sache d’ailleurs comme se détermine ce seuil). Selon cette définition, sera considérée comme pauvre une personne disposant d’un revenu inférieur au seuil de pauvreté, défini dans l’UE à 60 % du revenu médian (soit celui qui sépare en deux parties égales la population : 50 % dispose d’un revenu supérieur, et donc l’autre moitié d’un revenu inférieur). Etant donné que ce revenu médian varie dans le temps (à la hausse dans les pays développés, de manière moins régulière dans les pays en développement), le seuil de revenu en deçà duquel une personne est considérée comme pauvre augmente également. Ainsi,en 1970 ce seuil (à 60 % du revenu médian) se situait à 465 € par mois contre 949 € en 2008 (euros constants de 2008). Il a donc plus que doublé alors que dans le même temps le taux de pauvreté (Nbre de personnes pauvres / population x 100) est passé d’un peu moins de 18 % de la population en 1970 à 13 % de la population en 2008.
      Bien entendu, il s’agit ici d’une définition relative de la pauvreté. Il existe d’autres mesures, comme par exemple celle de la Banque Mondiale qui définit la pauvreté comme la proportion d’habitants vivant avec moins d’un dollar (ou deux dollars) par jour.

  • survivant
    • Posté à 08h20 le 02/11/2010
    • Internaute 25864

    Bonjour à tous,

    Je pense que je ne pouvais pas partir en laissant les politiques dans cet état d’esprit humiliant aux yeux du peuple.
    Alors, je compte sur ceux qui ont compris, d’expliquer à ceux qui n’ont pas compris, qu’ils ont participé à une noble cause. Ils seront définitivement lavés de cette humiliation. Merci à tous.

  • no register
    • Posté à 10h43 le 02/11/2010
    • Internaute 120050

    je m’en fout de la classe moyenne , c’est le devenir de ceux la qui m’intéresse mais comme en Afrique ou ailleurs ceux la , tout le monde s’en fout .

  • Schrödinger
    Schrödinger
    Poli et gentil. Très rue89.
    • Posté à 11h05 le 02/11/2010
    • Internaute 41709
      Poli et gentil. Très rue89.

    Pour vous la culture c’est ça ; des films tournés 100 fois et des bouquins vendus au mètre ? Pouah...

    La culture ca se vend pas, ca se pratique et pour ça les brésiliens sont 100 fois plus forts que nous... Eux ont encore un peu de vie sociale, de fête et de danses pour se forger une vraie culture.

    Quand votre putain de classe moyenne aura gagné, la culture sera morte au Brésil, enfermé dans les musées et gardées en joue par les spécialistes de l’art, ces charognards prétentieux...

    • Valdo Lydeker
      Valdo Lydeker répond à Schrödinger
      journaliste, auteur
      • Posté à 11h26 le 02/11/2010
      • Journaliste 7922
        journaliste, auteur

      Un peu violent, surtout pour les musées qui ne méritent pas tous ça, mais bien d’accord avec vous sur le fond ! Marre de voir la culture confisquée par les margoulins de l’industrie culturelle (ce qui est un oxymore en soi) et considérée sous son angle de « produit d’exportation » par les médiocres Martel et autres théoriciens du « mainstream ». L’art, c’est précisément irréductible au « produit culturel », même s’il utilise des supports reprodutibles !

      • Valdo Lydeker
        Valdo Lydeker répond à Valdo Lydeker
        journaliste, auteur
        • Posté à 11h29 le 02/11/2010
        • Journaliste 7922
          journaliste, auteur

        Pour enfoncer le clou : « investissements dans des industries culturelles compétitives, capitalisation du réservoir de créativité lié à la diversité culturelle »...
        Ces seuls mots me donnent envie de vomir. L’avenir de la culture Brésilienne, c’est Lady Gaga et autres machines à abrutir teintées de brésilianismes ? Je compte sur les artistes et le peuple brésilien, fortement créateur, pour résister à toute « capitalisation » de son potentiel de créativité !

      • Schrödinger
        Schrödinger répond à Valdo Lydeker
        Poli et gentil. Très rue89.
        • Posté à 14h31 le 02/11/2010
        • Internaute 41709
          Poli et gentil. Très rue89.

        Je reconnais être peut-être plus violent qu’il ne faudrait avec les musées, quoique, quand on voit ce qu’ils sont déjà et deviennent plus surement.

        La notion de musée d’une part, qui entasse des oeuvres les unes sur les autres, souvent sans introduction à l’oeuvre elle-même, ou trop succinte, qui offre au visiteur une pléthore d’oeuvre à admirer en un temps limité là où la contemplation d’une seule pourrait prendre des heures. On parle de saturation en image ; on y est définitivement, et avec pas mal d’avance. Ce qui compte ici n’est pas le sens, ni le sentiment, mais la quantité. Les musées du monde font d’ailleurs leur beurre des ces collections à rallonge jalousement conservées. J’ai visité l’Ermitage et ces mille milliards de tableau de maitre il y peu ; une nausée de tableaux accrochés vite fait à des clous rouillés. Au secours.

        Le sentiment religieux qui émane aussi de la foule admirative va profondément à l’encontre de la notion d’art ; fugitif, transitoire et historiquement marqué. Jamais un tableau n’a été peint pour finir humilié de tant de regards pleins d’à-priori positifs et admiratifs.

        Les dernières évolutions des musées ne font que renforcer ces dérives : le marketing muséal, la protection autiste des collections, le développement des activités parallèles et rémunératrices tel l’ouverture d’une cafet sponsorisée, ou d’une succursale achetée à prix d’or pour 3 pékins... Le musée n’est plus que l’excuse à passer une après-midi dans un lieu bariolé où l’on peut boire un coca, acheté une peluche de mona lisa ou enrichir sa bibliothèque de quelques tranches impressionnantes.

        Un musée pour être enrichissant doit faire l’objet d’une attention difficile à lui accorder ; prendre une carte à l’année, y venir se promener tous les we, parfois pour ne regarder qu’un œuvre, et tout cela au dépend de la vraie vie qui fait naitre ses œuvres.

        Quant à l’art contemporain des galeries...

  • survivant
    • Posté à 11h40 le 02/11/2010
    • Internaute 25864

    Une dernière chose avant de me retirer. Je n’ai agit dans aucun but politique et je ne défend aucune cause politique d’extrême droite ou d’extrême gauche. Ni pour servir les pouvoirs en place. Ce que j’ai fait a été fait dans un but uniquement humanitaire. Et à titre gratuit.

  • D-503
    D-503
    U topos
    • Posté à 13h43 le 02/11/2010
    • Internaute 116654
      U topos

    Ce qui me gène dans cet article, c’est le flou de la définition de la notion de culture. Qu’est-ce que la culture ? Les marchandises produites par les industries culturelles (films, livres, etc.) ? Est-ce l’ensemble des oeuvres (au sens d’Arendt) ? Et, plus largement, est-ce le système de valeurs et de normes propres à un groupe social et à une société ?
    De ce que j’ai compris de l’article, il semble que la définition se limite aux marchandises produites par les industries culturelles. Auquel cas, sans doute que le développement des classes moyennes (on peut rarement englober ces groupes sociaux dans une seule classe sociale) aboutira à la croissance de la production des industries culturelles. Reste à savoir si ces industries seront principalement nationales ou bien internationales : les marchés de la musique et du film sont une bonne illustration de ce problème.
    Mais si l’on élargit quelque peu la définition de la culture à l’ensemble des oeuvres légitimes, l’avènement de classes moyennes n’aboutira pas nécessairement à leur essor. En effet, il n’existe aucun mécanisme induit qui ferait en sorte que la progression du pouvoir d’achat d’une partie de la population aboutisse à la fréquentation accrue des oeuvres culturelles. Un seul exemple : la gratuité des musées nationaux en Angleterre aurait dû permettre aux classes populaires un accès largement facilité aux oeuvres culturelles. Or, tel n’est pas le cas parce que l’appréciation et la compréhension (le « goût ») pour ces oeuvres sont construites socialement.
    Cet exemple montre que ce qui s’appellent classes moyennes ne renvoie pas seulement à une place dans le processus de production mais aussi à une dimension culturelle. A moins d’être marxiste pur jus (ou à nier cette dimension), il n’y aucune liaison simple de cause à effet entre enrichissement économique et transformation des valeurs et des normes (même si les deux entretiennent des liens complexes).

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