En pleine culture

Chaque semaine, une chronique sur l'économie de la culture par Françoise Benhamou, professeur d'économie à Paris-13.

Crise : le cinéma va plutôt très bien, merci

Françoise Benhamou
Professeur d'économie à Paris-XIII
Publié le 05/05/2011 à 11h48

Chaque année un peu avant Cannes, le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) publie un bilan de la production cinématographique française. Etonnante annonce d’où la crise semble avoir disparu, et qui témoigne du cinéma comme d’une activité qui se déroulerait à rebours du climat économique tendu et de son cortège de difficultés.

Trois chiffres au moins l’affirment :

  • en 2010, 261 films ont été agréés. C’est un record historique, avec 31 productions de plus qu’en 2009 ;
  • près d’1,5 milliard d’euros a été investi dans les longs-métrages agréés, soit une très importante progression par rapport aux années précédentes. Cette augmentation du nombre d’œuvres produites ne résulte pas du partage d’une même somme entre plusieurs films, mais bien d’une véritable croissance de l’activité ;
  • le nombre de coproductions internationales s’établit à 118 films, soit 25 de plus qu’en 2009. C’est le plus haut niveau de la décennie.

Le mariage du cinéma et de la télévision est plus que jamais célébré : quatre cinquième des films produits le sont avec l’intervention d’une chaîne, le cinquième restant consistant pour l’essentiel en de tous petits films dont le devis est inférieur à 1 million d’euros.

Mais quid de l’emploi ?

Dans la plupart des pays, le box-office se porte comme un charme. On pourrait même en conclure que le cinéma est un antidote à la crise. Manifestement, le piratage menace la vidéo mais pas les entrées en salle, et produit même un réflexe inverse de recherche de sociabilité et de convivialité.

Cependant, le rapport du CNC ne se penche pas sur les répercussions sur l’emploi dans le secteur. Pourtant, le bilan solide qu’il présente aurait gagné à être complété par un topo sur l’emploi, surtout que le document analogue publié aux Etats-Unis par la Motion Picture Association of America (MPAA) comprend une large partie consacrée à l’emploi dans le domaine de l’audiovisuel et du cinéma.

Aux Etats-Unis, on compte plus de 296 000 emplois dans le cœur de l’activité de production/marketing des films et productions audiovisuelles. Et il faut compter près de dix fois plus, soit environ 140 milliards de dollars de salaires si l’on prend en compte tous les emplois liés – depuis la billetterie jusqu’aux parcs à thèmes (ce qui au passage donne un salaire moyen annuel de l’ordre de 55 600 dollars, 26% plus élevé que le salaire moyen américain).

On attend des évaluations analogues en France, sachant que le département des études et de la prospective du ministère de la Culture (Deps) fait état de 180 000 emplois dans l’audiovisuel et le spectacle vivant.

En bref, le cinéma va plutôt très bien, merci. C’est heureux et les spectateurs du monde entier lui font la fête, mais ce constat est purement financier, pas nécessairement qualitatif. Sur ce point, on sait que si la part de marché du cinéma français marque le pas, elle ne saurait indiquer la valeur artistique des films en question...

  • 11251 visites
  • 31 réactions
Vous devez être connecté pour pouvoir commenter : ou créez un compte
  • vieilanarfatigué
    vieilanarfatigué
    Changer le monde, c'est se (...)
    • Posté à 11h57 le 05/05/2011
    • Internaute 125168
      Changer le monde, c'est se (...)

    J’aime bien la conclusion de cet article. La quantité est une chose la qualité une autre.Peu importe si le public y trouve son compte, non ?

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 12h02 le 05/05/2011
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Les emplois de Guillaume Cané, Marion Corbillard, Daniel Cercueil et de Dany bouh snif on l’air de se porter très bien...
    De la à dire que le cinéma est vivant..

    • JP_JP
      JP_JP répond à Numerosix
      • Posté à 12h56 le 05/05/2011
      • Internaute 18274

      et quand tu fais la moyenne des rémunérations de ces gus avec les divers machinistes et Cie, tu obtiens une rémunération moyenne plus que sympa dans ce secteur (également). Merci qui ?
      bon, c’est pas tout ça, je retourne sur megaupload.

  • Deamon7
    Deamon7
    Petit agité
    • Posté à 12h27 le 05/05/2011
    • 49273
      Petit agité

    Quelle est la part des subventions publiques qui maintiennent le cinéma français sous perfusion étatique dans cette bonne santé « purement financière » ?

    En 2010 seulement 3 films français ont été rentables en salle. Ce n’est certes pas une fin en soi, n’empêche que le cinéma hexagonal a du mal à nous sortir quoique ce soit d’enthousiasmant.

    Après si une bouse comme les Ch’tis fait un carton inexplicable, on a probablement le cinéma qu’on mérite.

    • batmad
      batmad répond à Deamon7
      enrevenantducinema.fr/
      • Posté à 13h59 le 05/05/2011
      • Internaute 154601
        enrevenantducinema.fr/

      Pourquoi sous perfusion ? Le principe même d’une subvention c’est pour un secteur qui n’a pas pour but la rentabilité, sinon elle ne servirait à rien.

      Le système de financement français est un des meilleurs du monde, même s’il a des défauts (par exemple l’avance sur recette qui se base sur un scenario comme si cela seule permettait de juger d’un projet... Ou aussi, le manque d’aide pour la distribution, la lâcheté des chaines du service public qui diffusent souvent le pire du cinéma français, etc.) mais l’idée d’une taxe sur les entrées est bonne.
      Ainsi le succés des gros films aident les petits films, ça ne peut pas plaire aux adeptes de l’ultra libéralisme mais pour ceux qui défendent le cinéma comme un art, c’est une bonne chose.
      Il permet, bon an, mal an, au cinéma français d’être un des meilleurs du monde, d’avoir tous les ans des premiers films enthousiasmants, de produire des films fragiles qu’on ne verrait pas ailleurs, même si l’année 2010 n’est pas la meilleure.
      Mais j’attends pour bientôt les films de Bonello, Ameur-Zaïmeche, Honore, etc.

      • Deamon7
        Deamon7 répond à batmad
        Petit agité
        • Posté à 19h05 le 05/05/2011
        • 49273
          Petit agité

        Je ne dis pas que c’est un bon ou mauvais système, mais l’article vante la bonne santé financière du cinema français. Ca permet de soutenir à bout de bras la production hexagonale dont sortent quelques films intéressants, et beaucoup de nullités.

    • kristenn
      kristenn répond à Deamon7
      producteur
      • Posté à 14h06 le 05/05/2011
      • Internaute 139687
        producteur

      un film ne se rentabilise pas souvent en salle tout simplement parce que ce n’est qu’une partie de ses recettes. vous avez remarqué que parfois un film passe à la télévision, dans un festival, en dvd, en vod, à l’étranger ?

      il y a quelques excellents films français qui sortent chaque année, ce ne sont pas toujours les plus vus, certes, mais comme dans toute industrie culturelle (et il n’y a pas de lien inverse entre la qualité et le succès non plus, heureusement).

      et si une petite dizaine de films valent le coup chaque année, cela justifie bien les efforts que l’on consacre à le protéger (car c’est surtout là que se trouve l’intervention étatique, par les obligations de production faites aux chaines de télé notamment).

      • Deamon7
        Deamon7 répond à kristenn
        Petit agité
        • Posté à 14h54 le 05/05/2011
        • 49273
          Petit agité

        Même avec les DVD et le reste, beaucoup de films ne sortiraient pas la tête de l’eau.

        Sur la qualité c’est probablement une question de goûts. Il y a sûrement des bons films, et j’admets que de temps en temps le cinéma français est moins consensuel et narcissique, parfois même il a des soubresauts d’ambition.

  • pablico
    pablico
    Co-NOBEL de la Paix
    • Posté à 12h25 le 05/05/2011
    • Internaute 14278
      Co-NOBEL de la Paix

    ♫♫Nuit tu me fais peur
    nuit tu n’en finis pas
    comme un voleur
    il est parti sans moi
    papa j’tassure arrêtes ton cinéma♫♫


    le cinéma doit être un art, mais c’est souvent une industrie, ou alors une industrie agricole de culture de navets..

    ♫Papa j’tassure arrêtes ton cinéma♫

    • Beny_
      Beny_ répond à pablico
      0
      • Posté à 13h01 le 06/05/2011
      • Internaute 141381

      Tout à fait, et un navet n’est pas de l’art,
      c’est un navet.

  • unagi-
    unagi-
    卑語
    • Posté à 12h29 le 05/05/2011
    • Internaute 24252
      卑語

    Chiffre d´affaires, télévision, volume et box office.
    Ça c´est de la culture.

  • A déménagé le 1-6
    • Posté à 12h29 le 05/05/2011
    • Internaute 61755

    jean vigo, reviens !

  • JP_JP
    • Posté à 12h50 le 05/05/2011
    • Internaute 18274

    « en 2010, 261 films ont été agréés »
    et combien de merdes ? ? ? 80%, 90%, 95 % ? ? ?

  • geneviève421
    geneviève421
    medecin
    • Posté à 12h53 le 05/05/2011
    • Internaute 121096
      medecin

    « on sait que si la part de marché du cinéma français marque le pas, elle ne saurait indiquer la valeur artistique des films en question… »

    « Marque le pas » ? pourquoi ce terme, le reste semble indiquer le contraire, ou j’aurais loupé quelque chose ! ?

  • unagi-
    unagi-
    卑語
    • Posté à 13h21 le 05/05/2011
    • Internaute 24252
      卑語

    Ce tableau idyllique est un superbe « trompe-l’oeil », dénonce Stéphane Goudet, exploitant indépendant, directeur du cinéma Georges-Méliès à Montreuil.

    « Il masque l’extraordinaire concentration des entrées sur quelques films et quelques salles. »
    A rebours de l’euphorie générale, le Méliès a accusé en 2010 une baisse de fréquentation de 5 %, comparable à celle de l’ensemble de la petite et moyenne exploitation. Signe d’une diversité menacée, il faut descendre à la quinzième place pour trouver au box-office de ce cinéma classé art et essai un film ni américain ni français (Biutiful du Mexicain Alejandro González Iñárritu, qui jouit lui-même du label Hollywood).

    Même tendance du côté des distributeurs indépendants : leur part de marché globale a chuté à 6 % cette année contre 9 % en 2009. « Le public vient moins voir nos films », déplore Anne Pouliquen, directrice générale de Dire, syndicat regroupant une dizaine de distributeurs (parmi lesquels Diaphana, Pyramide, Wild Bunch, Ad Vitam...) qui peut s’enorgueillir de neuf Palmes d’or depuis 2000 et une soixantaine de prix cannois toutes sections confondues.

    Tous les professionnels indépendants interrogés, auteurs, producteurs, distributeurs, exploitants ou exportateurs, pointent avec inquiétude le fossé qui se creuse chaque année davantage entre les quelques champions du box-office et la marée de films qui ne trouvent ni public et, pire, ni salles pour les accueillir. Un chiffre les alarme tout particulièrement : 40 % des films qui sortent en France réunissent moins de 20 000 spectateurs et 60 % recueillent moins de 100 000 entrées.

    Constamment dénoncée, la distorsion de concurrence, voire la situation de quasi monopole que provoque la domination des trois grands groupes d’exploitation : UGC, EuroPalaces (Gaumont/Pathé) et MK2. A Paris, ils trustent 90 % des entrées. « 

    Il suffit que trois programmateurs ne veuillent pas d’un film pour qu’il passe à la trappe ! », s’insurge Stéphane Goudet. « Ces groupes ont des logiques de supermarché », surenchérit Anne Pouliquen. Si un film n’a pas convaincu lors de sa première semaine, il est immédiatement retiré de l’affiche. »
    On peut craindre que le turn-over devienne encore plus rapide avec le passage au tout-numérique.

    A l’époque où le carrefour de l’Odéon du Quartier latin n’était pas encore le pré carré d’UGC et MK2, le Saint-Germain attirait plus de 80 000 spectateurs par an ( » la queue allait jusqu’à chez Gibert Joseph », soit plus de deux cents mètres). Le chiffre s’est depuis divisé par deux.

    La situation semble encore pire pour les distributeurs indépendants à l’économie de plus en plus précaire. Non seulement leurs recettes diminuent avec l’érosion de leur public mais leurs dépenses publicitaires augmentent de façon drastique : + 240 % entre 2000 et 2009. Les tarifs de l’affichage pratiqués dans les salles augmentent et les espaces bandes-annonces, jadis offerts, leur sont désormais facturés.

    A l’inverse, les exploitants des grands circuits multiplient des revenus qui échappent à l’économie du cinéma, comme la confiserie et désormais le « hors film » qui se développe peu à peu (une salle complète à 25 euros l’entrée pour la retransmission d’un opéra sera toujours une meilleure opération commerciale qu’une séance lambda).

    Délocalisations :

    De nombreux producteurs français vont chercher des financements en Belgique (les films franco-belges comptent pour un tiers des coproductions), et sur-représentent la part des techniciens belges au générique, pour profiter d’une fiscalité avantageuse. Rien de nouveau, mais le phénomène s’accentue.

    Inédite en revanche, et particulièrement mesquine, est la situation engendrée par le récent tournage en Tunisie du nouveau film de Jean-Jacques Annaud (Or noir, devis de 38 millions d’euros). La production déléguée Quinta communications, propriété de l’homme d’affaires tunisien Tarak Ben Ammar, a embauché, via une entreprise prestataire dont la fonction est de mettre à disposition la main-d’oeuvre, des ouvriers et techniciens français soumis au droit du travail tunisien. Résultat : perte des points retraite, des indemnités chômage, des congés spectacles...

    Peu scrupuleuse, Quinta communications a demandé au CNC un agrément pour bénéficier du soutien financier de l’Etat français à la production. La Commission d’agrément (où siège le SNTPCT) a émis à l’unanimité un avis défavorable, mais le service juridique du CNC, lui, ne voit dans l’affaire aucune irrégularité.

    Futur :

    L’UE remet en cause son programme de subventions, la Hongrie taille dans les aides et la situation se dégrade encore en Angleterre et en Italie… Les cinéastes se mobilisent pour sauver les films du Vieux Continent.
    La circulation des capitaux, oui, la circulation des oeuvres, non. En menaçant de dissoudre le programme d’aide au cinéma européen Media dans un vaste machin communautaire, la Commission européenne envoie un signal inquiétant aux cinéastes du Vieux Continent. Lesquels ont tôt fait d’exprimer leur « extrême inquiétude »

    Ce programme ne ruine pas les caisses de l’UE (une enveloppe globale de 750 millions d’euros pour six ans) et son efficacité est réelle « Si l’on supprime cette aide, les films de Béla Tarr, par exemple, ne seront vus nulle part, c’est certain. »
    Béla Tarr, au hasard. Le cinéaste hongrois vient d’être auréolé d’un Ours d’argent à la Berlinale pour son nouveau film, Le Cheval de Turin. Et il est directement concerné par un autre scandale européen : la nauséabonde loi sur les médias du gouvernement hongrois et son corollaire, la « restructuration » - le démantèlement - des aides publiques au cinéma.

    source les Inrocks.

  • unagi-
    unagi-
    卑語
    • Posté à 13h25 le 05/05/2011
    • Internaute 24252
      卑語

    dernier box office

    Titre Sem. Entrées France Cumul France Copies France

    1. Rio 2 543 021 1 143 899 667
    2. La Fille du puisatier 1 468 552 468 552 513
    3. Source Code 1 300 899 300 899 272
    4. Scream 4 2 274 975 808 001 440
    5. La Croisière 1 250 724 250 724 380
    6. Titeuf, le film (3D) 3 225 799 880 603 633
    7. Le Chaperon Rouge 1 170 969 170 969 243
    8. Numéro quatre 3 133 403 582 912 261
    9. Detective Dee : Le mystère de la flamme fantôme 1 113 967 113 967 147
    10. Et soudain, tout le monde me manque 1 106 713 106 713 254
    11. La Proie 2 100 869 281 089 300
    12. Mon père est femme de ménage 2 70 208 210 874 228
    13. Rango 5 63 304 1 165 113 480
    14. Tomboy 1 60 550 60 550 77
    15. Pina 3 46 903 178 020 130
    16. Winnie l’ourson 2 44 798 112 223 367
    17. Tous les soleils 4 44 548 428 335 273
    18. Le Flingueur 3 35 917 244 240 137
    19. Big Mamma : De Père en Fils 4 25 807 344 711 100
    20. Sucker Punch 4 23 707 541 929 201

    • batmad
      batmad répond à unagi-
      enrevenantducinema.fr/
      • Posté à 14h12 le 05/05/2011
      • Internaute 154601
        enrevenantducinema.fr/

      Que veux-tu dire par ce box office ?
      Que les films commerciaux sont en tête ? En soi ce n’est pas un problème s’il y a de la place pour les autres, (je vois et me réjouis que Tomboy semble marcher un peu), ce qui est plus dommage c’est quand les films commerciaux sont faible artistiquement, il n’y a hélas pas que des Tsui Hark et si le cinéma français est très intéressant dans son cinéma d’auteur (je n’aime pas trop cette définition), le problème aujourd’hui est son cinéma grand public très faible qualitativement.

      Ce que je veux dire, c’est que des chiffres ainsi posés ne montrent pas grand chose, il faudrait analyser par rapport au budget des films (tu l’analyses plus dans ton précédent post), je ne m’attends pas à voir un film de Guiraudie, Bonello, de Claire Denis par exemple dans cette liste... Ce qui importe c’est que leur film existe et soit vu même si c’est par un plus petit nombre de gens.

      • unagi-
        unagi- répond à batmad
        卑語
        • Posté à 15h40 le 05/05/2011
        • Internaute 24252
          卑語

        Je ne veux rien dire de spécial mais vu que l’on parle économie le box office ne me semble pas inintéressant.
        Quand on parle d’embellie du cinéma français on peine quand même un petit peu à le trouver.
        Le cinéma d’auteur est invisible, un cinéma de qualité à peine mieux (on peut être populaire et de qualité).
        Les acclamations sur les coproductions valent les celles sur les délocalisations de Renault en Pologne, les chiffres à l’international chutent, le secteurs appauvrit l’emploi national baisse pour faire la belle au « plombier polonais (désolé pour la récurrence de la Pologne c’est un hasard), etc, etc.....
        Le problème est que les réalisateurs dont vous parlez ont assez d’antériorité et d’estime du public pour continuer à vivre. Les chiffres d’obtention de salles pour ce type de films se réduisent comme peau de chagrin.
        Le film devient un produit d’appel et non plus le centre de l’industrie, objets marketings etc, etc...
        Pas de quoi grimper aux rideaux.

         
        • batmad
          batmad répond à unagi-
          enrevenantducinema.fr/
          • Posté à 16h28 le 05/05/2011
          • Internaute 154601
            enrevenantducinema.fr/

          Oui, on sait depuis longtemps que le maillon faible du cinéma français n’est pas tant la production que la diffusion, que ce soit au niveau des salles (à Grenoble par exemple, on voyait avant quasi tous les films, c’est moins le cas aujourd’hui) ou au niveau télévisuelle, il y a peu j’ai vu que la Graine et le Mulet passait sur France 2 ou 3 en première partie de soirée, je me souviens avoir été surpris alors que ça devrait être normal.
          On souffre de toute une production de téléfilms indignes qui en 20 ans ont nivelé le goût vers le bas et ont influencé le cinéma populaire d’ici. On perçoit des tentatives pour changer cela (sur arte et canal par exemple) mais cela reste timide.
          Parce que je pense aussi qu’il peut y avoir un cinéma populaire de qualité, on en trouve aux Etats-Unis, en Asie, en France on a trop souvent le droit à des films tièdes familiaux, ou à des comédies tellement en dessous des films d’Apatow, Stiller, Rogen et compagnie à part deux, trois exceptions (par exemple l’Arnacoeur n’était pas si mal)
          Alors que la France reste une place forte du cinéma pour ce qui est du cinéma classé art et essai, mais il manque la visibilité de ce cinéma, les passerelles pour passer de l’un à l’autre, etc. ça n’empêche pas de continuer de protéger ce cinéma là et de le reconnaitre.
          Sans parler de toi, je lis souvent des commentaires sur Rue89 pour dire que le cinéma français est nul, et quand certains noms sont cités pour prouver le contraire, on s’aperçoit que les cinéastes importants d’ici ne sont pas vus, que beaucoup préfèrent râler sans avoir la curiosité d’aller voir ces films, sans chercher à les défendre, alors que ces films existent...

          • unagi-
            unagi- répond à batmad
            卑語
            • Posté à 16h36 le 05/05/2011
            • Internaute 24252
              卑語

            En même temps ma culture en cinéma français...
            Si tu as des conseils, des coups de coeur, you’re welcome.

            • A déménagé le 1-6
              • Posté à 19h23 le 05/05/2011
              • Internaute 61755

              les films de joël séria ; -)

              • unagi-
                unagi- répond à A déménagé le 1-6
                卑語
                • Posté à 19h30 le 05/05/2011
                • Internaute 24252
                  卑語

                Merci hershell, ces dernières années j’ai développé une putain d’aversion pour le cinéma français.

                • A déménagé le 1-6
                  • Posté à 21h18 le 05/05/2011
                  • Internaute 61755

                  de rien, ça date, mais c’est plus roboratif que bien des caneteries actuelles. de toute façon, le ciné français est mort, c’est ailleurs que ça se passe.

            • batmad
              batmad répond à unagi-
              enrevenantducinema.fr/
              • Posté à 00h22 le 06/05/2011
              • Internaute 154601
                enrevenantducinema.fr/

              En en oubliant sûrement beaucoup, les films d’Alain Guiraudie, de Mia Hansen-Love, Rabah Ameur Zaïmeche, Olivier Assayas, Claire Denis, des frères Larrieu, Céline Sciamma, Jean-Paul Civeyrac, Quentin Duprieux, d’Abdelatif Kechiche, Christophe Honore, Jean-Claude Brisseau, Godard (bon il est plus Suisse...), Mathieu Amalric, Nicolas Klotz, Arnaud Desplechin, Philippe Garrel, Bertrand Bonello, Pascale Ferran, Sophie Fillières, etc.
              Demain je me dirai j’ai oublié celui-ci ou celui-là mais déjà avec ceux que je viens de citer, il y a de quoi faire une bonne cinématographie... sans compter ceux qui sont adoptés par la France comme Raul Ruiz, Lucas Belvaux et de nombreux autres. La France finance un certain nombre de films étrangers intéressants.

              L’idée pour moi n’est pas de défendre le cinéma français en soi, je m’en fous, je ne suis pas du tout patriote, mais de reconnaître objectivement qu’il existe en France un nombre important de cinéastes au style et univers divers ce que peu de cinématographies ont. Il suffit de comparer avec les autres pays européens, si on trouve des cinéastes importants en Espagne, en Allemagne, en Finlance ils sont assez isolés, on peut regarder en Italie qui est pourtant un pays de cinéma à la base, en Espagne, en Angleterre, on ne trouve pas cela. Et ce n’est pas parce qu’on est meilleur mais juste qu’il a été mis en place un système protecteur face au rouleau compresseur étatsuniens, tous les pays qui ont mis en place des systèmes de protection ont conservé un cinéma, c’est le cas en Corée par exemple même si c’est attaqué en permanence.

              Le fait de dire à tord (ou alors il faut me prouver le contraire) que le cinéma français est entièrement nul est aussi une voie ouverte pour une réforme détruisant la protection d’un système plus exigeant. Critiquons pour améliorer mais reconnaissons les faits, le cinéma français existe et produit tous les ans des oeuvres importantes. Pour de nombreux cinéastes et critiques étrangers, le système français est un modèle à suivre. Faisons qu’il soit meilleur.

              • unagi-
                unagi- répond à batmad
                卑語
                • Posté à 09h44 le 06/05/2011
                • Internaute 24252
                  卑語

                Merci pour ta liste, ca va faire de la matière.
                Pour revenir sur ta réponse la Corée est un bon exemple d´un système de protection perverti en ce sens ou c´est devenu un cinéma d´exportation avec des budgets qui explosent et une production pléthorique avec deux cibles géographiques les usa et la chine.
                Mais la tendance a l´air de s´inverser avec des réalisateurs qui tentent d sortir du système « studio ».

        7 autres commentaires
  • unagi-
    unagi-
    卑語
    • Posté à 13h31 le 05/05/2011
    • Internaute 24252
      卑語

    Aura internationale de la culture francaise.

    Le cinéma français a totalisé 57,2 millions d’entrées à l’étranger en 2010, soit une chute de 17,9% par rapport à 2009. Un chiffre qui était déjà en baisse de 22% en 2009 où 66 millions d’entrées hors du sol national avaient été enregistrées. Il faut dire que l’année 2008 avait été une année record avec un total de 84,2 millions d’entrées enregistrées à l’exportation.
    Outre The Ghost-Writer, From Paris With Love et Océans, les autres films français ayant enregistré le plus d’entrées à l’étranger sont Adèle Blanc-Sec avec un total de 3,2 millions d’entrées, dont 1,8 millions en Chine (un record pour un film en langue française), Le Concert et Le Petit Nicolas qui totalisent chacun 2 millions d’entrées, Bébés, Un prophète et Le Hérisson dépassent, pour leur part, le million d’entrées tandis que L’ Immortel s’en rapproche.

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 15h49 le 05/05/2011
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Manifestement, le piratage menace la vidéo mais pas les entrées en salle
    Normale, on télécharge pas la salle de cinéma, alors qu’un film chez soi c’est la même chose qu’on l’achète ou pas, vu que la qualité des divx s’améliorent de jour en jour.

    produit même un réflexe inverse de recherche de sociabilité et de convivialité.
    Heu... on parle de cinéma ? La convivialité, je l’ai pas encore vu dans une salle de cinéma.
    Entre le manque de place, la publicité, les gens dérangeants et l’inconfort de ne pouvoir rien faire sans être à son tour dérangeant, on regrette vite d’avoir lâcher 10€ pour ça...
    Surtout quand à la maison on a de quoi mater des films dans de bonnes conditions.

    elle ne saurait indiquer la valeur artistique des films en question
    Vaut mieux pas...
    Quand on voit les films qui soit disant sont le fleuron du cinéma français, y’a de quoi flipper.
    J’ai moins rigolé en matant « Bienvenue chez les chtis » et le premier Astérix qu’en matant « Le bruit des glaçons », alors que ce dernier n’est même pas sensé être une comédie.
    En fait, là où les films français sont une bonne référence, c’est dans les polars.

    En fait, les meilleurs films français ne sont pas français. Je parle des films franco-quelque chose, de ces films fait par et avec des français mais produit aux USA ou à l’échelle européenne.

  • jmc06-
    jmc06-
    chasseur de gorille
    • Posté à 17h08 le 05/05/2011
    • Internaute 75030
      chasseur de gorille

    l’cinoche français en salle ! !

    c la puissance du son qui nous maintient les yeux ouvert

  • Air One
    Air One
    Corsaire de l » espace
    • Posté à 19h25 le 05/05/2011
    • Internaute 84964
      Corsaire de l » espace

    Faut avouer que depuis la nouvelle vague, le cinoche français produit quantité de bouses sans intérêt...
    C’ est plutôt du côté de l’ Asie - Japon, Corée entre autres - qu’ on peut découvrir de vraies perles, des ovnis, du cinoche comme on en fait malheureusement plus, qui prend le temps.
    Seul hic, trop peu sont distribués en Europe et c’ est du côté du téléchargement et des sites de subs qu’ il faut se tourner.
    « L’ exception culturelle française » ça fait un bail qu’ elle est morte, dans le cinoche tout du moins...

  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 22h42 le 05/05/2011
    • Internaute 82025
      non connue

    Le bonheur est dans le pré...
    Lien

    « Avec 90% de son chiffre d’affaires réalisé à l’export, Nataïs est devenue le leader européen du pop-corn. La PME vient d’investir 2,5 M€ dans une nouvelle ligne de production.
    [...]
    Le maïs gersois se retrouve partout : dans les cinémas, les fêtes foraines et chez les grossistes qui alimentent ensuite le commerce de détail. En 2009, Nataïs a réalisé 23 millions d’euros de chiffre d’affaires et emploie 91 salariés. [...] »

  • Caniveau89
    • Posté à 06h44 le 06/05/2011
    • Internaute 26147

    Il est assez logique qu’une activité soutenue à bouts de bras par des subventions (notamment, de la télévision) et à grands renforts de défiscalisation (c’est à dire de l’impôt qui devrait aller dans les caisses de l’état) aille « bien » !

    Comme le dit très bien l’auteur, le cinéma est découplé de l’économie réelle... et se fout parfaitement de l’emploi, base de l’économie réelle !

Retour sur Rue89

Note Les notes de blogs ne sont pas toutes mises en forme par l'équipe de Rue89 contrairement aux articles du site.