En pleine culture

Chaque semaine, une chronique sur l'économie de la culture par Françoise Benhamou, professeur d'économie à Paris-13.

Amazon, la loi Lang et le sort des libraires

Publié le 02/02/2008 à 10h21

Les libraires : une corporation d'individus poujadistes qui ne lisent pas et qui vivent grassement en empochant un tiers du prix du livre. Tel est le jugement -tout en nuance- que Thierry Wolton assénait dans le Monde du 19 janvier à propos des libraires. A quoi devait-on cette ire qui ne faisait pas dans la mesure ?

Au procès intenté par le Syndicat de la librairie française à Amazon, pour non respect de la loi qui interdit de discounter les livres de plus de 5%. Certes, la librairie en ligne n'affiche pas de rabais de plus de 5%, mais, en ne reportant pas les frais de port sur l'acheteur, elle applique un rabais déguisé et enfreint de fait la loi.

Autres temps, mêmes refrains

Si l'on jette un œil sur les débats qui accompagnèrent en son temps la discussion de la loi, on retrouve, en fait, les mêmes termes. Dès décembre 1977, alors que la loi se préparait, André Essel, président directeur général de la Fnac, qualifiait le projet de « poujadiste, conservateur et réactionnaire » .

Et en 1981, alors que la loi venait d'être adoptée, un professeur de français, Georges Grand, écrivait dans Le Monde :

 » Il est absolument intolérable dans une démocratie d'interdire à un commerçant de pratiquer des rabais sur ses propres bénéfices […]. Comment promouvoir la création et aider les écrivains en diminuant le nombre des lecteurs-acheteurs ? Je ne serai pas le seul lecteur à faire grève de la lecture, sinon dans les bibliothèques. »

L'avenir aura pourtant montré que la loi, en aidant les librairies à conserver une part du marché du best-seller, leur aura permis de constituer la trésorerie nécessaire à leur activité. Sans la loi, la vente des best sellers, massivement discountés, se serait quasi exclusivement concentrée dans les grandes surfaces, ne laissant à la librairie indépendante que les livres qui s'écoulent lentement, et qui donc permettent difficilement à un petit commerce d'être viable.

Les libraires, un réseau fragile

Bref, la loi aura aidé les libraires à travailler -et non à s'enrichir, contrairement à ce qu'écrit Monsieur Wolton, puisque le taux de rentabilité moyen des librairies indépendantes est de 2,9 % pour les librairies les plus grandes et de 1,1 % pour les plus petites. Les librairies auront su défendre la création la plus variée et la plus difficile, comme le font aussi, à leur manière, d'autres formes complémentaires de vente au détail (librairies en ligne, grandes surfaces spécialisées, espaces culturels des grandes surfaces). La loi aura aussi permis que l'unicité des prix évite à l'acheteur les coûts de la recherche du prix le plus bas ; elle favorise ainsi les achats d'impulsion qui constituent une part non négligeable du marché du livre.

Une indirecte aux livres plus difficiles

J'ajouterai enfin que c'est un contresens que de penser que la loi lèse le gros acheteur de livres. Mes collègues universitaires belges n'hésitent pas à franchir la frontière pour acheter leurs livres en France parce qu'ils y sont moins chers. L'effet inflationniste de la loi n'a jamais pu être démontré. Mieux encore, en empêchant les rabais sur les livres réputés faciles, les plus populaires, la loi instaure de fait une subvention indirecte du lecteur populaire au profit du lecteur de livres plus difficiles.

Certes, vu du côté de l'acheteur, le procès contre Amazon pour non tarification des frais de port peut sembler d'arrière-garde ; mais son enjeu véritable, le respect de la loi Lang, mérite réflexion, lorsqu'on voit la rapidité avec laquelle les chaînes de librairies ont absorbé la majeure partie du marché de détail au Royaume-Uni depuis l'abandon du Net Book Agreement en 1995 ; la diversité des formes de ventes au détail et le maintien d'un réseau de libraires sont des éléments aussi fragiles qu'essentiels de la vie du livre aujourd'hui. Pourquoi prendre le risque de devoir s'en passer ?

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  • ApollonduRéverbère
    • Posté à 11h33 le 02/02/2008

    Je ne suis pas tout à fait d'accord avec vous, mais vous avez le droit de défendre votre point de vue.

    Sans tenir compte de l'histoire des frais de port, la loi Lang a eu un effet négatif : il n'y a plus de concurrence. C'est l'effet réactionnaire de cette loi. Je ne vais donc pas plus chez mon libraire que je ne me rends à la Fnac. Chez l'un je trouve les invendus des décennies écoulées et les grands classiques recouverts de poussières, et chez l'autre je trouve les nouveautés. Mais le prix unique a détruit le motif de l'achat, le plaisir de la négociation et de la recherche de la différence, de la qualité de service.

    Je n'éprouve plus vraiment de plaisir à acheter un livre, voilà l'effet négatif de la loi Lang. J'en achète bien moins aujourd'hui que je n'en achetais avant la loi Lang sur le prix unique, c'est un fait incontestable.

    • Numerosix
      Numerosix answers to ApollonduRéverbère
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 11h55 le 02/02/2008
      • Internaute
        Prisonnier dans le village (...)

      Ha ben vous devez etre heureux ,vous , dans cette société ,a passer votre temps a le perdre pour trouver des « prix malins » pour tout.
      Vous ne devez plus vraiment avoir le temps de lire, de toutes façons ,alors laissez nous a notre plaisir de lire des livres plutot que de passer des heures à les negocier..

      • ApollonduRéverbère
        • Posté à 12h37 le 02/02/2008

        Pour répondre comme ça, on voit que les livres n'ont aucune valeur pour vous, vous ne connaissez pas le plaisir du bouquiniste, je vous plains mais en même temps je m'en félicite, nos valeurs sont bien différentes et c'est heureux qu'il en soit ainsi, car nous ne frayons pas dans les mêmes chemins.

        Pour quelqu'un qui se plaint d'être prisonnier du village global, mais vous me donnez l'impression d'en être l'otage con_sentant.

        Bon appétit.

         
        • Numerosix
          Numerosix answers to ApollonduRéverbère
          Prisonnier dans le village (...)
          • Posté à 13h33 le 02/02/2008
          • Internaute
            Prisonnier dans le village (...)

          La loi Lang s » applique aux bouquinistes ? Premiere nouvelle ..
          Vous racontez n » importe quoi , mon pauvre ..

          • ApollonduRéverbère
            • Posté à 13h41 le 02/02/2008

            Pauvre vieux, dans le village global on a du mal à poétiser ses mots, mais ils ont un sens ne disait pas votre gourou ?

            Le lecteur est un bouquiniste lui aussi, il chalande, marchande, s'intéresse, échange. Mais je vous parle de quoi là, ça doit vous passer au-dessus du cigare.

            Allez bonne journée dans votre cage.

            • Numerosix
              Numerosix answers to ApollonduRéverbère
              Prisonnier dans le village (...)
              • Posté à 14h07 le 02/02/2008
              • Internaute
                Prisonnier dans le village (...)

              WAF !
              Les chiens aussi veulent toujours avoir le dernier aboiement , vous avez remarqué .
              Ceci dit bonne journée aussi , y a pas de raison, je sais bien que vous n » etes pas du tout un chien . Ne vous enervez pas . C'est juste des conneries, tout ça .
              d » ailleurs je trouve aussi que les livres sont beaucoup trop chers, si vous voulez tout savoir ..
              Si vous pouviez les negocier pour moi..

              Cordialement .

            • Madmad
              Madmad answers to ApollonduRéverbère
              passante
              • Posté à 22h50 le 03/02/2008
              • Internaute
                passante

              On peut toujours chalander et marchander dans tous les lieux où on vent des livre d'occasion, et ils sont nombreux - au moins dans les grandes villes -...

              Quant à cette loi, je l'approuve totalement : je sais que c'est grâce à elle qu'il y a toujours un libraire vers chez moi (en banlieue)... Sinon, entre le centre commercial, sa FNAC et le supermarché du coin (pour les bestsellers, c'est suffisant), il aurait disparu. Un commerce de moins, et surtout, une offre réellement culturelle qui aurait disparu. Car bien sûr, ce petit libraire est de très bon conseil. Et contrairement à ce que vous avancez, sa boutique ne ressemble pas du tout à un cimetière à classiques (je fais des efforts pour ne pas y entrer trop souvent de peur d'en ressortir ruinée)...

          • Prolo du livre
            • Posté à 16h11 le 04/02/2008

            Elle s'applique aussi aux bouquinistes, dans la mesure où elle différencie les deux activités, et donc les définit et l'activité du libraire et celle du bouquiniste... D'ailleurs elle définit aussi l'activité du grossiste et du soldeur...
            Notamment sur le fait d'avoir le droit de vendre des ouvrages de moins de six mois...

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    • joanici
      • Posté à 19h48 le 02/02/2008

      Prenons, si vous êtes d'accord, l'exemple d'un autre « produit culturel » non soumis au prix unique : le disque.

      Prix : depuis le passage du vinyle au CD, le prix du disque n'avait jamais baissé malgré la liberté totale des distributeurs sur ce point. S'il a fini par le faire récemment, cela n'a rien à voir avec un effet de concurrence : les éditeurs ont tenté (bien trop tard) de compenser les baisses de vente par une augmentation du volume.

      Distributeurs : les disquaires indépendants ont pratiquement disparu, étouffés par les Fnac et les grandes surfaces qui profitent de remises pour vendre les disques moins cher tout en réalisant plus de marges.

      Editeurs : la part des labels indépendants est extremement réduite (notamment en France) au profit des majors. Lesquelles n'ont plus pour priorité l'art mais le profit, la réorganisation récente d'EMI l'illustre on ne peut mieux.

      Industrie musicale en générale : elle se casse joliment la gueule. Là encore les « gros » pourront se refaire étant donné leur force de frappe et leurs infrastructures (Internet notamment) ; les autres boivent la tasse.

      « le prix unique a détruit le motif de l'achat, le plaisir de la négociation et de la recherche de la différence, de la qualité de service. »

      A moins que le motif de l'achat soit la recherche du meilleur prix, j'ai du mal à vous suivre. Le prix unique peut précisément permettre de rechercher la qualité de service (mise de coté, suggestions) sans être uniquement guidé par la question du coût.

      • oliwek
        oliwek answers to joanici
        • Posté à 12h30 le 04/02/2008
        • Internaute

        il y a quand même une notable différence dans le cas de l'industrie musicale : le partage de fichiers via les logiciels peer to peer permet à de nombreux internautes de jouir d'une musique (certes « dématérialisée ») sans passer par la case achat de cd. Mais si écouter la musique digitalisée est aisé, et même si des ebooks existent dans le cas du livre (et de la bande dessinée qui elle s'échange activement sur les résaux p2p), l'attrait du papier/du livre (ou l'inconfort de lire des centaines de pages sur un écran pc)semble heureusement préserver le monde de l'édition à l'heure actuelle. Il est vrai que le public ciblé est souvent différent...
        Je fais juste une remarque, je n'encourage pas ici le détournement du droit d'auteur.
        Les causes des fermetures de nombreux petits disquaires sont probablement plus complexes que la seule concurrence des grandes infrastructures.
        Le budget culturel des ménages a probablement aussi évolué (plus grande part d'audio-visuel et de logiciels vraisemblablement).

         
        • thierry reboud
          thierry reboud answers to oliwek
          • Posté à 12h57 le 04/02/2008
          • Internaute

          Bonjour.
          Votre analyse est sans doute juste pour le jour d'aujourd'hui.
          Mais l'immense majorité des disquaires indépendants avait déjà disparu avant que l'internet soit devenu aussi omniprésent et que nous soyons familiarisés (diversement) avec les échanges de fichiers entre pairs ou même la digitalisation des fichiers.

        1 other comments
  • riverain désinscrit
    • Posté à 11h56 le 02/02/2008

    Encore une fois, manipulation qui tend à faire croire que le prix du transport fait partie du prix du produit.

    • gsourima
      • Posté à 13h22 le 02/02/2008

      Il en fait partie, en quelque sorte, du point de vue de l'acheteur. Si quelqu'un prend le bus/métro/voiture pour aller chez son libraire adoré, il y aura un coût pour lui pour ramener le(s) livre(s) désiré(s) à la maison. Ce coût imputé à l'acheteur revient-t-il au libraire/auteur ? Non.
      De la même façon - et là, arrêtez-moi si je dis une grosse connerie - si Amazon (ou un autre revendeur du même type) vend un livre X euros avec Y euros de frais de ports, aucune part des Y euros ne sera reversée au fournisseur/auteur.

      Les frais de port n'ont donc dans ce sens aucune raison « logique » d'être comptés dans le prix de vente du livre, et la loi est respectée.

      De deux choses l'une :
      1 - Soit votre raisonnement est un peu bancal chère Françoise
      2 - Soit je suis complètement à côté de la plaque, et je serais heureux que vous m'expliquiez simplement pourquoi...

      Bouquinement,

      Gaël

      • riverain désinscrit
        • Posté à 13h47 le 02/02/2008

        Deux exemples qui prouvent que la position prise par la rédactrice ne tient pas la route :

        - Je suis voisin d'une librairie où je me rends à pied tous les trois jours.
        Je passe ma commande et en général le soir quand l'un des libraires s'en va il m'apporte mes livres...
        Réduction ?

        Dans un colis Amazon se trouvent un livre et 4 dvd.
        Amazon propose par exemple au-delà de 30 euros pas de frais de port. Réduction sur le livre ?

      • charly brown
        charly brown answers to gsourima
        • Posté à 15h07 le 02/02/2008
        • Internaute

        Bravo pour votre raisonnement. En effet l'auteur ne touchant aucun pourcentage sur les frais de port, ceux-ci ne peuvent pas être compris dans le prix du livre.

         
        • gsourima
          gsourima answers to charly brown
          • Posté à 15h24 le 02/02/2008

          Et pour s'en convaincre, voir le texte de loi correspondant sur Legifrance : Lien

          Dans l'article premier, il est bien fait la distinction entre le prix public de vente (auquel s'applique la remise maximale de 5 pour cent, et qui est fixé par l'éditeur ou l'importateur) et les éventuels surcoûts liés à la prestation, si j'ai bien compris le texte (je ne suis pas juriste)

          Les frais de port n'entrent ici pas en compte dans le prix public de vente ; le reproche fait à Amazon semble donc sans objet.

          Gaël

        1 other comments
    • gsourima
      • Posté à 13h29 le 02/02/2008

      Nota Bene : Le raisonnement ci-dessus n'a bien-sûr rien à voir avec une critique éventuelle de la loi Lang. Déjà, je n'ai pas le recul ni l'expérience suffisante pour juger objectivement son efficacité. Et intuitivement, si je devais avoir un avis dessus, alors je dirais que tant qu'elle permet de faire vivre mon libraire favori, avec qui je peux discuter des heures, alors c'est une loi efficace, parce qu'un service comme ça je n'en trouve pas dans la grande distribution.

      Fin de la digression, il est temps de revenir au sujet initial ( qui n'est pas l'efficacité de la loi) ; -)

      Gael

    • Prolo du livre
      • Posté à 16h13 le 04/02/2008

      Il l'est de fait puisque l'éditeur tient compte de la marge laissée à sa distribution et du cout du transport (qui est à sa charge pour l'expédition, vers un distributeur ou un libraire, avant de fixer son prix de vente public...

  • J.C.M.
    • Posté à 12h03 le 02/02/2008

    Bonjour Françoise.

     » J'ajouterai enfin que c'est un contresens que de penser que la loi lèse le gros acheteur de livres. « 

    ... si ! ... (et aussi les petits acheteurs).
    Monsieur Lang me coûte très cher.

    Je n'ai pas la chance de recevoir des “ services de presse ‘ !

    Cordialement.

    J.C.M.

  • jflmt
    jflmt
    ancien libraire
    • Posté à 13h01 le 02/02/2008
    • Internaute
      ancien libraire

    Ancien librairie j'ai connu le passage du prix libre au prix dit lang
    A l'époque employé dans une grande librairie proche d'une FNAC nous avons voulu marquer notre différence dans le conseil , l'assortiment et la compétence puisque nous ne pouvions plus marquer notre différence par le prix
    Ensuite j'ai acheté une librairie de quartier dans paris que j'ai tenue pendant 13 ans. Je n'aurais jamais pu resister exister si la Loi Lang n'avait pas exister.
    Les clients étaient trés satisfaits de mes conseils, de mon service, de mon assortiment et de ma proximité.
    C'est un affront à la profession que de la traiter de poujadiste. Je pensais Monsieur Wolton plus fin !

  • thierry reboud
    • Posté à 13h15 le 02/02/2008
    • Internaute

    J'ai été libraire de 1984 à 1987. Je travaille à présent comme représentant pour une entreprise qui diffuse et distribue une (bonne) quarantaine de petits éditeurs (Allia, Picquier, Rue du Monde, etc). Par ailleurs, j'habite à Lyon.
    Si je précise tout cela, c'est pour dire que j'ai connu la déferlante du décret Monory (libéralisation du prix du livre), puis la mise en place de la loi Lang.

    Prétendre que la loi Lang a défavorisé la véritable concurrence dans la librairie, c'est (selon moi) faire un contre-sens à peu près complet.
    Cette loi a, bien au contraire, permis aux librairies de se faire une concurrence fondée sur la qualité de l'assortiment, de l'accueil, de la diligence des commandes particulières, bref sur tout ce qui fait la qualité d'une librairie, autrement dit pas les prix.
    De même, prétendre que la loi Lang a asséché le marché du livre, c'est encore se tromper du tout au tout. L'exemple lyonnais est, de ce point de vue, très intéressant. Depuis 1992 (date à laquelle j'ai commencé comme représentant, notamment en Rhône-Alpes), le nombre de librairies s'est accru dans des proportions étonnates, même en tenant compte de la fermeture de deux librairies emblématiques de la ville (La Proue et la Librairie des Nouveautés).

    Enfin, l'idée reçue selon laquelle la loi Lang a renchéri le coût du livre est, au moins, discutable : d'une part, parce qu'il est difficile de comparer, disons, « L'Amant » de Duras et « Les Bienveillantes » de Littell ; d'autre part, parce qu'il est très délicat d'évaluer la valeur vénale d'un livre.

    Reste que, sans la loi Lang, la plupart des éditeurs pour lesquels je travaille et la plupart des libraires indépendants qui sont mes clients auraient tout bonnement disparu. Qu'on jette donc un coup d'oeil à la situation britannique, et qu'on y considère l'état de la librairie indépendante... Il y a, d'après moi, tout lieu de se réjouir que nous ayons évité cela.

    • jflmt
      jflmt answers to thierry reboud
      ancien libraire
      • Posté à 15h40 le 02/02/2008
      • Internaute
        ancien libraire

      Merci de votre témoignage,et de votre soutien à la librairie indépendante. Bravo à Harmonia Mundi qui a toujours soutenu les editeurs indépendants
      jf loisy ancien libraire visité par de Maistre

      jf loisy

    • charlesanastase
      • Posté à 11h38 le 03/02/2008
      • Internaute

      Et bien oui j'habite a londres, dans cette magnifique ville si chere si posh, et bien pour trouver une librairie avec un « libraire » et ses precieux conseils : Bonne chance !
      Venez decouvrir Waterstone.s, foyles ou borders. Sortes de supermache sur 3 ou 4 etages, avec des etudiants sous payes aux caisses et pas le moindre esprit de culture a l'horizon.
      Et oui je viens a Paris acheter mes livres, a la hune, a l'arbre a lettres ou n'importe ou ailleurs au hasard de mes promenades
      Peut etre que je me trompe mais en France j'ai l'impression que les libraires ont su perpetrer une tradition d'accueil, de service, voir de guide et pas seulement a Paris mais partout en province.(et la loi lang ne me semble pas etrangere a ce phenomene)
      Et est-ce que les livres de poches y sont plus chers qu'a la fnac ?
      (je ne savais meme pas qu'on pouvait acheter des livres sur amazon, a a peine trente ans je vais passer pour un vrai reac ! )
       ; }

  • Questionneur alternatif
    • Posté à 13h16 le 02/02/2008
    • Internaute

    Pensez vous que les libraires autres que « la Fnac et pairs » croulent sous les invendus et la poussière ?

    La négociation se fait en Fnac ? c'est nouveau !
    Quel est le plus grand plaisir, celui d'acheter un livre ou celui de le lire ?

    je ne pense pas que la valeur d'un livre soit faite par le prix et, par le lissage de celui ci on peut peut être revenir à la vrai valeur d'un livre : le contenu.

  • PICROCHOLE
    • Posté à 15h33 le 02/02/2008
    • Internaute

    Qui a fait l'expérience de commander un livre à un libraire de province ne recommence pas l'expérience ! ! ! Délais très longs car recours à des intermédiaires et éditeurs négligents.
    Le recours à Amazon ou Alapage permet de gagner du temps et de payer un déplacement à la ville voisine quand comme moi on habite un village sans librairie.
    La plupart de mes achats étant des coups de coeur,j'y renoncerai si je devais attendre l'occasion d'aller à la librairie la plus proche où de plus l'accueil d'un client occasionnel laisse à désirer. Qui n'a jamais entendu un libraire dénigrer les mangas ou même la S-F ne peut pas comprendre la délivrance de recourir à Amazon ou à des grandes surfaces ! ! !
    Je suis sûr que la fin de la gratuité des frais de port pour la vente par internet ne profitera pas aux libraires ni aux éditeurs. Les jeunes achetant des « poches » n'attendront pas d'atteindre 30€ ou 40 € pour commander à Amazon : s'ils possèdent cette somme ,ils risquent de l'investir dans des jeux videos.
    Cette concurrence « déloyale » me semble concerner surtout les libraires des grandes villes.Autant je suis d'accord pour le maintien du prix unique du livre (et on pourrait renoncer à la réduction de 5%),autant je suis opposé à la fin du port gratuit qui me permet d'obtenir en 3 jours le livre que j'ai envie de lire sans être obligé de me déplacer 2 fois à la ville voisine un samedi après-midi

    • thierry reboud
      • Posté à 16h31 le 02/02/2008
      • Internaute

      Il est assez naturel qu'existent de bons et de mauvais libraires.
      Pour autant, il serait excessif d'accepter que tous soient pénalisés pour les erreurs qu'a (ou aurait) commises votre libraire. Pour en visiter une vingtaine par semaine, je peux témoigner de la très bonne qualité d'ensemble du réseau de librairies.
      Une précision : la fin du port gratuit ne vous interdirait pas de commander à un quelconque fournisseur en ligne. Simplement votre commande reviendrait à son coût.

    • Prolo du livre
      • Posté à 15h14 le 04/02/2008

      Savez vous que lorsqu'un client (vous) commande un livre chez Amazon, celui ci répond qu'il est en stock, et passe aussitôt sa commande chez un éditeur (moi) ?
      Amazon et les autres libraires en ligne n'ont aucun stock, contrairement au libraire (même si le votre dénigre Manga et S.F., espèce devenu rare, c'est un collector vot » libraire, gardez le, il en faut pour éduquer les nouveaux libraires...).
      Résultat, le temps que FNAC, Amazon et autres vous livre, vous avez deux fois le temps d'aller à Paris chercher votre bouquin.

      Mais (il y en a toujours un), pourquoi alors ne pas commander sur le site Internet de l'éditeur ? Et là je prêche pour ma paroisse... L'auto distribution d'un éditeur peut être sa survie, plutôt que d'abandonner de quarante à cinquante cinq pour cent de son prix de vente à la distribution, c'est une marge que la commande directe permet de récupérer...

  • rich31
    • Posté à 16h08 le 02/02/2008
    • Internaute

    Vous ne trouvez pas normal qu'il faille payer pour otenir un service à domicile ? Vous commandez des pizzas, vous payez la livraison. Vous les prenez à emporter, c'est moins cher. (En fait ce n'est pas forcément moins cher, mais vous avez au moins les boissons gratuites, ou 1 pizza emportée = 1 offerte...) C'est simplement la même chose pour les livres, à ce détail près que selon la loi le prix du livre est fixe, et par conséquent que ce qui est permis aux pizzerias ne devrait pas l'être aux librairies. Pourquoi pas 1 livre commandé = 1 pizza offerte, tant qu'on y est ?

    • gsourima
      gsourima answers to rich31
      • Posté à 17h11 le 02/02/2008

      « Vous ne trouvez pas normal qu'il faille payer pour otenir un service à domicile ? »

      Si.

      Mais pour prendre le problème à l'envers, je dirais qu'il est anormal de « demander » un service à domicile qui soit gratuit. Par contre je ne trouve absolument pas choquant que le détaillant « propose » un tel service.

      Si un libraire se met à proposer un système de livraison gratuite à domicile des livres achetés chez lui, parce qu'il considère qu'il va ainsi gagner/fidéliser des clients, je ne vois pas non plus en quoi celà peut être choquant, voire illégal selon la loi sus-citée. Il perd d'un côté pour gagner de l'autre.
      C'est un système promotionnel comme un autre, qui permet au commerçant d'élargir sa clientelle, et qui respecte de surcroît la législation sur le prix du livre.

      A mon avis (pour ce qu'il vaut), il n'y a pas de raison que cela ne s'applique pas à des vendeurs par correspondance (Amazon dans le cas qui nous intéresse).
      S'il y a un cas particulier auquel je ne pense pas et qui fait que je suis complètement à côté, merci à vous d'éclairer ma lanterne ! ; -)

      Cordialement,

      Gaël

      • joanici
        joanici answers to gsourima
        • Posté à 17h19 le 02/02/2008

        Le souci des pratiques d'Amazon vient du fait que, contrairement à ce qu'on pourrait croire, le cout des frais de port n'est pas à vrai dire supporté par Amazon mais par les éditeurs... car le poids d'Amazon lui permet d'imposer ses conditions et d'obtenir des remises particulièrement importantes. Lesquelles, cela va sans dire n'arrangent guère les affaires des éditeurs indépendants. Je pense que cet aspect a compté dans l'évaluation « respect / non respect » de la loi Lang.

        Quant à l'article du Monde, c'était et cela reste un gag du titre au point final, qui ne fait guère honneur à la qualité éditoriale du journal. Un peu comme si, au moment du démarrage des journaux gratuits, un média national s'était permis de titrer « Les journaux français contre l'information ».

         
        • gsourima
          gsourima answers to joanici
          • Posté à 17h25 le 02/02/2008

          « Le souci des pratiques d'Amazon vient du fait que, contrairement à ce qu'on pourrait croire, le cout des frais de port n'est pas à vrai dire supporté par Amazon mais par les éditeurs... car le poids d'Amazon lui permet d'imposer ses conditions et d'obtenir des remises particulièrement importantes. Lesquelles, cela va sans dire n'arrangent guère les affaires des éditeurs indépendants. Je pense que cet aspect a compté dans l'évaluation “respect / non respect” de la loi Lang. »

          Si tel est le cas, je ne peux que m'incliner humblement. Merci de votre élairage ! !

          « Quant à l'article du Monde »

          Pour ça je ne sais pas, je ne l'ai pas lu

          Merci encore

          Gaël

        1 other comments
  • corisande
    corisande
    prof d'école retraitée
    • Posté à 17h04 le 02/02/2008
    • Internaute
      prof d'école retraitée

    eh bien moi, j'utilise les deux systèmes : je vais chez le libraire pour des conseils pour trouver ce qui correspond à mes attentes et je commande aussi sur amazon quand je sais ce que je veux pour mes petits enfants et j'économise ainsi les frais d'envoi ce qui me permet de commander un album de plus ! !

  • J.C.M.
    • Posté à 17h32 le 02/02/2008

    Bonjour Françoise.

    Mais, au fait, pourquoi le syndicat de la librairie française ne fait il pas un procès à la FNAC ?

    Cordialement.

    J.C.M.

    • thierry reboud
      thierry reboud answers to J.C.M.
      • Posté à 17h36 le 02/02/2008
      • Internaute

      Bonsoir JCM.
      La FNAC suit les développements de l'affaire Amazon avec une attention soutenue. Quant au SLF, jimagine que ses moyens sont trop limités pour qu'il puisse avoir deux fers au feu.
      Après que le jugement contre Amazon sera acquis, je suppose qu'il fera jurisprudence.

      • jflmt
        jflmt answers to thierry reboud
        ancien libraire
        • Posté à 22h32 le 02/02/2008
        • Internaute
          ancien libraire

        Je suis un ancien membre du SLF . ce syndicat a porté plainte contre toutes les sociétés de vpc qui faisaient un franco de port pour les envois
        Ce n'est pas un petit syndicat poujadiste
        Je vous rappelle qu'il a porté auprès de la communauté européenne le projet de rachat de vivendi par hachette et qu'il a gagné
        Il me semble qu'il serait prudent de pas lancer de jugements trop rapides à l'égard d'un syndicat « dit poujadiste » défendu à l'époque par Jérome Lindon qui n'était pas un éditeur « poujadiste »
        jf loisy

         
        • thierry reboud
          thierry reboud answers to jflmt
          • Posté à 23h14 le 02/02/2008
          • Internaute

          Ouh là, telle n'était certainement pas mon intention ! En évoquant ses moyens limités, je ne pensais qu'aux moyens financiers que nécessite une procédure contre des géants économiques.
          Désolé si j'ai été ambigu...

          • Prolo du livre
            • Posté à 14h50 le 04/02/2008

            A lire, cher Thierry (même si je suppose que c'est fait depuis belle lurette ! ! ! ) :
            « La FNAC et les livres » de Jérome Lindon, à l'époque parut chez Minuit (chez lui donc...). Il me semble que le livre ne soit plus disponible, je n'en ai qu'une vieille photocopie...
            Au fait, c'est pas Lindon qui râlait sur le droit de prêt au bibliothèque ? !
            Le SLF mène allègrement plusieurs combat en même temps, la FNAC/Leclerc, Vivendi, etc. Et puis la FNAC est une vieille amitié de tribunal du SLF.

            Dans l'article, on n'évoqué pas le lien entre édition et librairie... La présence (je n'ose pas dire bonne santé) des libraires a une portée sur les maisons d'édition qui les soutiennent et là notre prof fait impasse sur un argument de poids de la loi Lang.

            Quand au coté Poujadiste du SLF, là y a autre chose...
            Le Syndicat de la Librairie Française n'a rien à voir avec la CGT ou la CNT... Plutôt du coté d'un Medef version social-démocratie.
            Le SLF est un syndicat de patron de libraire, tout comme le SNE est un syndicat de patron de maison d'édition. Ce ne sont pas des syndicats de défense des employés mais d'une corporation, ce qui peut se rapprocher du poujadisme.
            Les libraires (entendez « Patrons de librairies ») ce n'est pas les vendeurs, qui pourtant, selon les conventions collectives, sont des employés qualifiés, et donc, rémunérés comme tel...
            Connaissez vous des libraires payés autrement qu'au Smic ?
            Les principaux acteurs du SLF sont des patrons de librairie importantes, en général plus d'une centaine de mètre carrés, avec entre dix et vingt employés et des chiffres d'affaires autour du million d'euros, comme l'on peut citer Ombre blanche, Folie d'encre, Vents du sud, Mollat, etc. Et là, les employés c'est du (presque ? ) précaire et mal payé...

            Sinon, un éditeur qui se distribue en vpc lui-même, notamment par le net, peut-il offrir les frais de port ? Normalement non, mais l'entorse est souvent observée, et je n'ai jamais entendu parler de poursuite SNE/SLF...

            • jflmt
              jflmt answers to Prolo du livre
              ancien libraire
              • Posté à 22h00 le 04/02/2008
              • Internaute
                ancien libraire

              Je suis un ancien responsable du SLF. Il est vrai que le SLF a son origine était dirigé par des libraires de grandes tailles mais puis-je vous rappeler que la majorité des adhérents du SLF sont des libraires de taille petite voire moyenne. J'étais libraire ( 360000€ de CA) J'ai eu des responsabilités au SLF (la formation) et les grands libraires ont toujours écouté les moyens et les petits.

              Jean françois Loisy
              Librairie L'Oeil au vert
              Paris 13 jusqu'en 2004

              • Prolo du livre
                Prolo du livre answers to jflmt
                • Posté à 13h58 le 05/02/2008

                Ses adhérents sont effectivement aussi des libraires de petites tailles, d'ailleurs quel est le pourcentage de libraire adhérent ? Je suppose que ça doit être proche de la totalité...

                Je ne remet pas en cause l'écoute, ni même la défense de la profession en général, je sais bien que le slf intervient sur nombre de dossier qui concerne en premier lieu les petites structures, ne serait-ce que par les aides financières qu'il accorde à la création de librairie...

                Ce que je déplore c'est que l'intérêt du slf ne se porte pas sur les « prolos » de la librairie et ne s'attache qu'à des problèmes plus généraux... Ce que ne fait que peu (voir pas) la cgt livre (que des imprimeurs) et Sud Livre (pas assez visible) non plus.

                Je râle mais heureusement qu'un syndicat puissant arrive à protéger notre secteur d'activité.

        4 other comments
  • J.C.M.
    • Posté à 17h32 le 02/02/2008

    Bonjour Françoise.

    Mais, au fait, pourquoi le syndicat de la librairie française ne fait il pas un procès à la FNAC ?

    Cordialement.

    J.C.M.

  • olivierlhostis
    • Posté à 21h28 le 02/02/2008
    • Internaute

    Pour remettre quelques éléments à leur place :
    La loi relative au prix du livre du 10 août 1981 est un dispositif de régulation économique qui vise à maintenir, essentiellement, la diversité de la création. Le fait qu'elle défende les libraires n'est que collatéral : les librairies sont considérées comme le meilleur moyen de défendre cette diversité en évitant la concentration des ventes sur un trop petit nombre de titres, puisque sa vocation est aussi de présenter des titres qui ne peuvent bénéficier de couverture médiatique importante. La grande distribution et la vente en ligne sont des concentrateurs importants des ventes sur ces titres de fortes ventes. Conserver le même prix aux livres partout poursuit cet objectif (pas de dumping sur les best, pas de surcoût non plus pour les livres moins populaires, soit une égalité de chances entre les livres, qu'il soit d'un petit éditeur sans moyen ou d'un gros qui pourrait s'offrir beaucoup de pub), de même qu'un ensemble de facteurs de promotion sont limités par cette même loi. Le jugement contre Amazon (et Alapage également) ne porte pas sur le prix, mais sur le fait qu'offrir le port est une vente à prime dans le cadre de la loi Lang, et que les primes ne sont autorisées que sur décision de l'éditeur et dans tous les points de vente simultanément.

    • gsourima
      • Posté à 14h14 le 04/02/2008

      Merci pour cet éclairage cher riverain !
      Je n'avais apparement pas compris comme il fallait l'article 6 de la loi pointée dans un lien un peu plus haut.

  • Maujean Jacques
    • Posté à 16h35 le 03/02/2008
    • Internaute

    Je suis enchanté qu'un petit article dans la colonne de droite (sans jeu de mot) retienne tant l'attention
    et suscite tant de réactions ; Je suis forcément pour les libraires.

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