En pleine culture

Chaque semaine, une chronique sur l'économie de la culture par Françoise Benhamou, professeur d'économie à Paris-13.

La pub pour le livre à la télé : une fausse bonne idée ?

Françoise Benhamou
Professeur d'économie à Paris-XIII
Publié le 27/01/2008 à 17h50

A ce jour, la publicité pour le livre est interdite à la télévision, du moins sur les grandes chaînes. Cette interdiction procède du constat que la publicité pour le livre est soit inopérante, soit porteuse d’effets pervers dangereux pour le livre lui-même. Comment le comprendre ?

Très simplement : le prix du spot télévisuel est trop élevé pour qu’il soit possible, et même tout simplement rationnel, de promouvoir d’autres livres que les best-sellers. La publicité irait donc aux livres qui en ont le moins besoin, ceux qui bénéficient de très gros tirages.

S’il fallait introduire ce secteur interdit à la publicité télévisuelle, la seule publicité équitable, en quelque sorte, concernerait alors le livre et la lecture en général, et pas tel ou tel livre. Il faudrait donc promouvoir tous les livres, ou bien des genres, des sous-ensembles de livres, et non des titres particuliers. Teresa Cremisi, PDG de Flammarion, déclarait ainsi, au journal Les Echos :

« Mon expérience en Italie, même si elle est ancienne, n’a pas été concluante, sauf éventuellement pour la publicité institutionnelle, en faveur de la littérature ou du poche par exemple. Autrement, l’économie du livre est en contradiction avec le coût d’un spot à la télévision. »

On ne saurait être plus clair.

Le dossier relancé par Sarkozy

A la demande de Bruxelles, le dossier de la publicité avait été ouvert en 2002 et un compromis de semi-ouverture avait été négocié, qui autorisait la publicité sur les chaînes du câble et du satellite durant deux années, mais l’interdisait sur les chaînes hertziennes.

L’expérience, peu concluante il est vrai, s’est achevée, et aucune décision ne s’en est suivie. Parmi les rares éditeurs qui se sont lancés dans l’affaire, selon un rapport du Sénat, il faut relever Michel Lafon, sur les chaînes LCI, Téva, Paris Première, Odyssée et TCM, pour le livre « Confessions royales » de l’ancien majordome de la princesse Diana, pour un investissement de départ de 53 000 euros. L’Equipe a également communiqué sur les chaînes thématiques pour un livre sur le sport.

Le syndicat national de l’édition l’a reconnu : seule une poignée de livres peut justifier une campagne de télévision hertzienne. Et encore, faudrait-il démontrer que le message suscite des achats. L’expérience du disque incite à demeurer circonspect ; les professionnels sont les premiers à constater la faiblesse de l’impact en regard de la dépense, malgré des tarifications préférentielles.

En dépit de ces réserves, Nicolas Sarkozy a relancé le dossier ; on dit que son éditeur (Bernard Fixot) l’y a incité. Il est vrai que les temps ont changé.

L’univers de l’écrit, de plus en plus absent de la télé

La place du livre à la télévision s’est marginalisée. Les émissions littéraires n’ont plus droit au prime time ; les éditeurs ont la nostalgie d’un Lectures pour tous ou d’un Apostrophes, même si les ventes ne suivaient pas nécessairement l’invitation de l’auteur.

A présent, les émissions littéraires -de plus en plus tardives- panachent leurs programmes pour ne pas ennuyer le téléspectateur ; on y parle livre, cinéma, théâtre, politique, crise des subprimes... Et la tentation est grande de présenter la publicité comme un substitut aux émissions littéraires.

L’univers de l’écrit étant de plus en plus absent de la télévision, la publicité serait bienvenue afin de pallier cette carence. Mais c’est faire peu de cas de la profonde distinction qui demeure entre promotion et publicité. Ce ne sont ni les mêmes titres, ni les mêmes messages, ni la même éthique qui prévalent. Cela va de soi, mais mérite d’être rappelé en des temps où règne quelque confusion en la matière.

L’autre question est la suivante : la publicité pour le livre à grand tirage sert-elle tous les livres ou produit-elle un effet amplificateur de la focalisation des achats sur quelques livres ? Si le panier de l’acheteur de livres est fixe, ne va-t-on pas condamner plus encore le livre difficile et ne le laisser dépendre plus que du bon vouloir de quelques éditeurs et vendeurs militants ? L’effet de levier sur l’ensemble du marché demeure un pari plus qu’une réalité.

Un risque, pour la presse écrite

Dernier point enfin : si la dépense publicitaire des éditeurs se reporte sur la télévision, et compte tenu du fait qu’elle n’est guère extensible, la presse risque de souffrir d’un manque à gagner qu’elle aura bien du mal à compenser.

Faut-il alors lever un interdit dont ne dépendent ni la lecture ni le marché du livre, mais seulement l’amplification du succès de quelques best-sellers ? En ces temps de fascination parfois béate pour les vertus de la main invisible du marché, j’inclinerais à la prudence….

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  • joanici
    • Posté à 18h40 le 27/01/2008
    • Internaute 17477

    Notre Grand Timonier l’a dit : « Ce qui est bon pour les best-sellers est bon pour l’ensemble de la chaine du livre ».
    Ce qui est bien évidemment erronné, mais comme c’est lui qui décide...

    • kawouede
      kawouede répond à joanici
      • Posté à 19h42 le 27/01/2008
      • Internaute 27995

      C’était pas plutôt « Ce qui est bon pour l’Amérique est bon pour la presse régionale. » ?

      On pourrait en faire un cover-generator, après la fin des « Martine »...

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 18h58 le 27/01/2008
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Je crois que la télevision actuelle est incapable de parler des livres, par contre la litterature sait parfaitement ecrire sur la télévision :

    Extrait du roman « Festins secrets » de Pierre Jourde
    (je l’ ai deja passé sur les commentaires de Rue89, c’est la derniere fois, je vous le jure)

    A présent , tu devrais mieux comprendre les fresques peintes par des vieux maitres sur les murs des églises . . des démons ricanants y fouaillent les damnés dans des décors aux couleurs agressives . La bouche de Lucifer avale tout. Les hommes ont réalisé très exactement l’ enfer . Il est la au fond de l’abîme incandescent des écrans. Il est universel. Nul ne peut échapper aux ricanements sans joie de ses suppôts, à ses grimaces. Il ne nous attend pas dans un autre monde. Nous y sommes plongés. Les vieux péchés capitaux, luxure, avarice, y sont devenus vertus. Par dessus tout, on exalte l’ orgueil . Chacun s’ y fait gloire d’ être soi-même, comme objet de spectacle. Dans les eaux gluante du Styx , des myriades d’ etres baignent jusqu’ au cou. C’est en eux même qu’ ils barbotent. On les entend vagir sans discontinuer : Je suis moi, je suis moi, moi, moi . Cette musique est celle que je désire par dessus tout l’ enfer. Il apprend à ses enfants à faire les beaux, comme les bébés font des mines pour que l’ on s’extasie . La géhenne télévisée veut des enfants à dévorer, des enfants adultes, des enfants vieillards , fiers et heureux d’être comme ils sont, adorateurs de leur ombilic. Cette ignorance de l’ infini, cette certitude qu’ il n’ y a rien en soi à changer, à détruire, à sauver, cela s’ appelle la damnation.
    Et toi, Saurat, tu refuses encore de croire à l’Esprit du mal ? Est ce que tu ne sens pas , autour de toi sa présence ? Notre enfer est pire encore que celui des vielles églises, car on ignore qu’ il est l’enfer . il a compris qu’ il pouvait étendre sans fin sa présence en proclamant son insignifiance. Ce n’est rien, disent les démons, cela n’ a pas d’ importance, juste un jeu. On s’ amuse. On rigole. Les théologiens n’ avaient pas prévu cela : ceux qui sont au fond de la géhenne sont content de leur sort. Leurs rires et leurs cris ne s’ éteindront jamais, ni la musique obsédante, ni l’ éclat des feux qui les illuminent . l’ enfer sera universel . Comme dans les imaginations qui torturaient l’ ame des puritains, personne ne pourra lui échapper, il n’ y aura aucun élu. L’ univers tout entier sera une immense émission de variétés, aux décors roses, violets, dorés. L’ humanité sera un public applaudissant au dévoilement de son néant spectaculaire. Applaudissant à ses chagrins, à ses turpitudes , à ses habitudes, à ses opinions parce qu’elle se les montre. L’ histoire cessera enfin. Le spectacle brûlera pour l’ éternité .

    • kawouede
      kawouede répond à Numerosix
      • Posté à 19h44 le 27/01/2008
      • Internaute 27995

      Pas mal mais un peu redondant Jourde des fois. J’ai acheté « Pays perdu », m’est tombé des mains tellement c’est glauque.

      • Numerosix
        Numerosix répond à kawouede
        Prisonnier dans le village (...)
        • Posté à 21h37 le 27/01/2008
        • Internaute 14499
          Prisonnier dans le village (...)

        Ouais , Pays perdu , c’est pas terrible, par contre ..
        On est d’ accord ..

  • Claude PELLETIER
    Claude PELLETIER
    Retraité dans son jardin
    • Posté à 19h24 le 27/01/2008
    • Internaute 10710
      Retraité dans son jardin

    MMe Benhamou,

    je suis surpris d’entendre parler de l’absence de l’écrit sur les chaînes télé. Abonné aux chaînes autour de Canal, j’ai pu découvrir des émissions littéraires imprévues…… ?

    J’ai toujours regretté que depuis Apostrophes les émissions littéraires soient comme « branchées » avec le milieu des éditeurs et ce qui fait l’actualité de l’édition,
    et que l’on oublie de mettre en valeur des écrits plus anciens. J’aurais tellement aimé un nouveau Pivot faisant des incursions vers le passé : Flaubert, Zola, Dostoïevsky, ……

  • skalpa
    skalpa
    actif et militant ?
    • Posté à 20h39 le 27/01/2008
    • Internaute 7181
      actif et militant ?

    Que ce soit pour des livres, de la musique, du cinéma, bref tout produit culturel, la pub ne fera que ce qu’elle sait faire :
    vendre des produits et non des oeuvres !

    Vous imaginez une pub pour le dernier Raimbaud ?
    Moi non plus et vaut mieux pas !

    Lien

  • albin
    • Posté à 22h32 le 27/01/2008
    • Internaute 11837

    Il y a d’autres problèmes dans le monde de l’édition que celui de la pub à la télévision. Je suis contre évidemment. Et c’est paradoxale de la part de Sarkozy qui d’une part voudrait enlever la pub de France télévisions mais propose de la pub pour les livres...

    De quoi souffre réellement l’édition ?

    1°/ visibilité
    effectivement, on ne parle plus de livre nulle part. Si vous enlevez les bouquins formatés politiques/star/people/recettes de cuisine/guides/religieux/prix littéraires ....dont vous trouverez un bel encart dans les magazines spécialisés ou féminins... à part cela plus grand chose. Très peu de visibilité dans les librairies aussi... normal, les libraires doivent vendre, il faut être rentable...rembourser des crédits... payer le loyer... Visibilité dans les salons du livre où le prix au m2 est devenu difficilement payable par les éditeurs. D’où les regroupements, les stands des régions, etc.. mais tout de même réservés à quelques uns.
    Où voulez-vous vendre les livres ? Sur Internet... respiration pour les éditeurs, bol d’air... sauf que le tarif des frais postaux est très élevé et souvent supérieur au prix du livre.

    2°/ pas assez de temps pour lire. Lorsqu’un lauréat d’un prix littéraire est une brique de 600 pages... sachez que ça fait très mal aux autres éditeurs. Internet, la télé, le travail, le TGV (et oui le train va plus vite donc moins de temps de lecture : -) ) les enfants et les consoles jeux... tout ça ne vous met pas dans un état mental pour la lecture.

    3°/ démystification des critiques (pseudo) littéraires. Il faut arrêter de dire que Amélie Nothomb écrit merveilleusement bien et que Jacques Albinhousky c’est de la merde. Il est inadmissible qu’un auteur vendent plus d’1 million de livres par an et que 90% des titres soient vendus à moins de 900 exemplaires. C’est mauvais pour la bibliodiversité. C’est parfait pour la pensée unique. Et il est bien possible que Jacques Albinhousky écrivent beaucoup mieux qu’Amélie.

    Trois points à développer, d’autres probablement à découvrir encore...

    • Claude PELLETIER
      Claude PELLETIER répond à albin
      Retraité dans son jardin
      • Posté à 23h07 le 27/01/2008
      • Internaute 10710
        Retraité dans son jardin

      Déçu par Nothom et d’autres jeunes pousses
      qui n’écrivent rien de transcendant mais savent se faire mousser, cela m’a donné envie de tourner le dos aux rayon Dernières Parutions. J’ai même trouvé des auteurs à succés du passé qui avaient bien passé le cap du temps.

      C’est mon conseil Lectures avec le sourire : ne pas se laisser manipuler par les émissions littéraires qui ne font que se caler sur le calendrier des éditeurs.

      • pikasso02
        • Posté à 17h43 le 30/01/2008
        • Internaute 10134

        Un peu de votre avis
        Autrefois, un seul livre était lu toute la vie : La Bible. Lu et relu, toujours et jamais le même.
        La modernité est apparue.
        Le livre baclé s’en est suivi.
        L’écrivain ne devrait écrire qu’un livre dans sa vie, et le faire éditer après sa mort.
        Je plaisante, mais à moitié !

  • léo solo
    • Posté à 10h55 le 28/01/2008
    • Internaute 2483

    « La pub pour le livre à la télé : une fausse bonne idée ? »

    Aller plus loin que la lecture du titre me paraît inutile.

    Il en aurait été tout autrement si le titre avait été :

    La livre, à la télé a t’il besoin de pub. ou d’émissions littéraires.

    ou

    La livre, à la télé a t’il besoin de pub. ou d’adaptations filmées.

    ou

    de quoi la télé est-elle le nom ?

    • Claude PELLETIER
      Claude PELLETIER répond à léo solo
      Retraité dans son jardin
      • Posté à 15h05 le 28/01/2008
      • Internaute 10710
        Retraité dans son jardin

      Sans partager vous critiques, voici une très jolie fin.

      Une remarque à caractère typographique concernant une anomalie qui se rencontre souvent. Pourquoi placer une apostrophe là où il faudrait un trait d’union ?

      Cela coince dans ce bout de phrase : « La livre, à la télé a t’il …… “

      L’apostrophe est le signe qui convient pour marquer une élision, c’est-à-dire la disparition d’une lettre (‘Tu t’es vu’ … fait apparaître une réduction qui n’existe pas dans ‘Tu te vois’ ou ‘Tu te verrais’.

      Le t qui apparaît au milieu de ‘a-t-il’ ou ‘a-t-elle’ n’est pas le signe d’une élision. Au contraire c’est une lettre rajoutée pour des raisons d’euphonie qui est la musique de langue propre au français.
      Il eût fallu écrirre : ‘La livre, à la télé a- t- il ……’

      • léo solo
        • Posté à 17h13 le 28/01/2008
        • Internaute 2483

        Le bouton rouge signifiant « utile » est cliqué.
        Je vous remercie pour ce rappel à la règle.
        Cultivons en effet notre jardin.

      • léo solo
        • Posté à 19h58 le 28/01/2008
        • Internaute 2483

        Mais, c’est bien vrai que le diable est toujours dans les détails.
        Ainsi, comme moi, vous n’avez pas vu que j’avais affublé le mot « livre » de l’article « la » ce qui est quand même un manque de respect majeur pour la langue française.
        Ce point était tellement aveugle que vous même l’avez repris sans ciller.

        Je ne vous mentirai pas en disant que ce sont fautes de frappe dues à des coups de marteau que je me serais donné sur les phalangettes, rendant ainsi mon toucher aléatoire.

        Donc,s’il arrive que je me dispense d’une relecture, je l’avoue,oui, c’est ma faute, c’est ma très grande faute d’orthographe.

        Et donc autant pour moi. La prochaine fois, je relirai.

         
        • patdepar
          patdepar répond à léo solo
          • Posté à 22h19 le 28/01/2008
          • Internaute 10679

          et en plus, l’expression correcte est « au temps pour moi ». Oui, je sais, c’est bizarre et je ne me souviens plus du pourquoi de cette graphie, mais c’est ainsi que cela s’écrit, même si la plupart des gens ne le sait pas (mais bon, la plupart des gens ne sait pas non plus qu’il faut dire « voire » et pas « voire même » ...)
          attention : je ne vous indique pas cela pour me moquer ou frimer, mais parce que je pense que cela vous intéressera de le savoir. Moi, j’aime bien qu’on me corrige,puisque personne n’est à l’abri d’une erreur, mais je sais que beaucoup de gens détestent ça .. (mais je le fais quand même tellement ça m’énerve parfois que nos amis les gens s’expriment n’importe comment ...)

          • léo solo
            léo solo répond à patdepar
            • Posté à 13h16 le 29/01/2008
            • Internaute 2483

            Je suis d’accord avec vous.
            Tout ce qui nous éloigne de la publicité et nous ramène à la littérature, au travail dans la langue, est bienvenu.

            A vrai dire j’ai longtemps hésité avant d’écrire « Autant pour moi », d’autant plus qu’il me semble avoir lu il y a quelques temps, sur rue 89 aussi, une correction semblable à la votre.
            Bien sûr j’avais pensé à

            « Autan pour moi » (car de face, dans nos région il freine le cycliste)
            ou
            « Haut tant pour moi » (car de petite taille)
            ou
            « Oh ! tends pour moi » (....)

            ...on peut imaginer des suites.

            Je reconnais que le cas de figure suivant ne semble pas rentrer dans l’épisthémogénèse de l’expression incriminée, mais je me suis toujours demandé pourquoi Margaret Mitchell a écrit « Autant en emporte le vent », et pas autre chose.
            Il est un peu tard pour lui glisser toutes ces vaines digressions sur l’orthographe idoine.

          • sccber
            sccber répond à patdepar
            • Posté à 00h44 le 30/01/2008
            • Internaute 27851

            D’accord avec vous. Moi ce qui m’énerve le plus, ce sont les fautes grossières faites par les journalistes (depuis qu’ils « saisissent » eux-même leurs textes), ou par les diplomés de l’université : participes passés remplaçés par des infinitifs (par exemple), les fautes de typographie, les Mr (mister) pour M (monsieur), les kms (kilomètres) pour km, et j’en passe, toutes erreurs qui auraient valu un échec au C. A. P. de dactylographie dans les années 60 ou 70.
            Personnellement, mon orthographe a toujours été moyenne, mais je fais attention. Au fait, ne devrait-on pas dire « la plupart des gens ne le savent pas » plutôt que « ne le sait pas » ?

            • patdepar
              patdepar répond à sccber
              • Posté à 00h54 le 30/01/2008
              • Internaute 10679

              j’ai hésité mais je crois que c’est « la plupart » qui ne sait pas. or, cette ’« plupart » est singulière, non ? Vite, un vrai linguiste pour nous éclairer ...

        4 autres commentaires
  • Pierre Esselinck
    Pierre Esselinck
    Ingénieur nomade
    • Posté à 14h22 le 28/01/2008
    • Internaute 29071
      Ingénieur nomade

    Petite reflexion, peut-être naïve,
    Quand je vais dans ma librairié préférée pour y chercher un livre, jamais je n’en sors sans en avoir au moins une demi-douzaine dans le sac à dos...
    Pousser les gens à entrer dans les librairies, pour prendre certes des « best-sellers », n’entraine pas la vente d’autres livres ? (si il y a un libraire dans les parages la question est pour vous !). Qu’est en-il réellement de cet « effet de levier » ?

    Et une question à Mme Benhamou :
    Une question, des exemples édifiants, arguments pour ou contre... pourquoi n’avancez-vous pas de contre-propositions ? Questionner la pertinence de ce que veut faire Sarkozy, ou du statut quo n’est pas suffisant, il faut explorer les alternatives ! Que suggerez-vous concernant le livre et la télé ?

  • Trans
    Trans
    Bibliothécaire
    • Posté à 04h01 le 29/01/2008
    • Internaute 24515
      Bibliothécaire

    Pivot me manque autant maintenant qu’il m’insupportait à l’époque. C’était cadré, rassurant, en direct. On se disait qu’au fond il nous avait en gros, quand meme, montré les meilleurs. Je me rappelle de Bukowski bourré. Marrant, vivant. C’est idiot comme idée, mais c’était très cosy, ma pipe et mon coussin, la messe-pivot. Confort mental, l’ironie rangée au placard un moment. A déguster avec une bonne bière.Nostalgie.

    Au fond, ce qui m’agaçait le plus c’était la ruée du troupeau de lecteurs le lendemain, qui me demandaient illico les bouquins qu’il avait présentés, comme s’il me suffisait de traverser la rue pour les acheter chez le libraire du coin, les cons ! Faut dire que le libraire, il les avait déja, lui. Vu que les boites des auteurs présentés, elles ont aussi un chouette gros réseau de distribution. Alors elles inondaient leurs dépositaires à l’avance. Comme maintenant, quoi.

    Il aurait fallu que j’anticipe, comme pour les prix litteraires. Au moment de la parution des sélections, je commence à parier, comme sur des bourrins aux courses, pour voir si j’ai encore du pif. Pas du pif pour trouver les meilleurs, non, pour ça il faudrait les lire, tu rigoles. Non, juste pour voir si je comprends toujours bien le système. Rassurez-vous, j’achète pas, c’est avec vos sous, contribuables respectés.

    La pub pour le livre à la télé, je la vois vite susciter une impression de trop plein, donc de vide.Comme pour les sodas. On ne retient plus ce qu’on voit. On va pisser pendant le spot. La pub, c’est marchand. Donc la concurrence. Alors, ils vont « ajouter » quoi pour apparaitre comme les meilleurs, les annonceurs, quels bonus, quels trucs stupides pour faire vendre à tout prix. Parce qu’attention, il ne s’agira plus d’info, de simple multiplication d’émissions litteraires. Il s’agira bien de petits spots de merde, comme pour des savonnettes. Lisez Machin, vous le valez bien ! Finalement, Sulitzer était un sacré anticipateur en son temps !

    Et puis les annonceurs, les editeurs en l’occurrence, il y en aura combien qui pourront se le payer le spot télé ? Tu sais combien ça coute, la minute de pub ? Je vois d’ici la très petite liste de très grosses boites qui viendront pousser du coude leur produit-phare-jetable du mois..... Les pauvres auront peut-être le droit à la radio, ou au web.Ce sera d’autant plus evident qu’il parait que le retour sur investissement d’un spot de pub est en réalité très faible. Mais les boites qui se payent ça savent que leur « visibilité » generale, hors produit ciblé, est quand meme augmentée. Alors, si les ventes ne suivent pas, on imagine la dégringolade assez vite . Quelques gros marchands de canons resteront sur le marché, c’est tout.

    Déja que, côté spectateurs, il faut pouvoir se payer les chaines payantes pour avoir accès aux émissions où l’on parle des livres. J’ai appris recemment que, pour l’instant, il y a une loi qui fait que l’on ne peut présenter un livre qu’en présence de son auteur. Une idée qui serait peut-être à conserver, non ?

    De toutes façons, bientôt y aura plus que le livre électronique. Pour les très riches, cette fois. Fini le livre de poche « démocratique ». Y a déja plus qu’un adulte sur deux qui lise, apres la sortie du systeme scolaire. C’est les statistiques. Depuis peu on sait qu’on perd environ 20% de lecteurs par an en bibliothèque. Alors, avec la sélection par le fric du « E-Book », comme ils disent, y aura vraiment plus grand monde.

    D’un autre côté je ne comprends plus très bien le message : on nous parle , tout récemment, de supprimer la publicité sur les chaines publiques. Alors ? Sur les chaines privées seulement ?

    Elle a raison, madame Benhamou. Une fausse bonne idée. Je dirais plutôt une vraie mauvaise idée.Mais tellement dans l’air du temps...

  • pikasso02
    • Posté à 22h53 le 29/01/2008
    • Internaute 10134

    Françoise Benhamou, que penseriez-vous d’une pub pour les sites culturels ? Des critiques pourraient se mettre en place. Pourquoi pas des concours de sites autour d’un thème. Et n’est-ce pas une ouverture possible vers les informations nouvelles de demain ? Je vous écoute tous les samedis matin et c’est avec un certain plaisir que je vous retrouve sur Rue89.
    Celles et ceux qui sortent de l’Université, possédent un savoir et une personnalité mêlés qu’ils aiment nous faire partager. Les anciens comme moi, nous avons acquis des connaissances qui ne sont pas forcément enseignées en Université. Et si vous pensiez à celles et ceux dans mon cas. Des passionnés, un peu fous !

    Lien

  • sidonie75
    • Posté à 16h30 le 01/02/2008
    • Internaute 30521

    Il y a 2 ans et demi, avec une amie, nous avons monté une maison d’édition de littérature.
    Nous n’avons évidement pas les moyens de nous payer la moindre vignette de publicité dans un journal. Alors la pub à la télé… n’en parlons pas. Elle restera réservée aux gros éditeurs. C’est une évidence.

    En revanche, j’ai plusieurs fois entendu et lu que la place du livre à la télé devenait ridicule ; que les émissions littéraires étaient de mauvaise qualité dans la majorité des cas. Je suis d’accord avec tout cela.
    Un soir, je zappais nerveusement sur les x chaînes sans rien trouver d’intéressant. Je passais de Equida à Fashion TV, M6 Boutique… bref des incontournables du PAF. Et là je me suis demandé pourquoi il n’existait pas une chaîne télé consacrée aux livres ? Ce fameux livre, dont la disparition fait horriblement peur, est un excellent moyen de parler de tout : de l’actualité, de l’histoire, d’art, de politique, mais aussi de cuisine, de voyage, de musique.
    Cette chaîne serait un excellent moyen de faire connaître des éditeurs qui ne pourront jamais se payer de pub, de parler de la littérature pour enfant (qui est le rayon en librairie qui marche le mieux mais dont on ne parle jamais à la télé), les polars, la SF… Bref, plus j’y pense et plus les idées me viennent, comme des évidences.
    Je ne dois pas être présomptueuse, il y a sûrement déjà quelqu’un qui a dû y penser. Peut-être que les obstacles étaient infranchissables…
    Je n’ai malheureusement pas le carnet d’adresse pour envisager de me lancer dans cette aventure. Je vais donc éteindre définitivement cette télé et mettre encore plus d’énergie à faire connaître les textes que nous publions. En espérant qu’un jour nous passerons à la télé…du livre.

    • Trans
      Trans répond à sidonie75
      Bibliothécaire
      • Posté à 20h32 le 02/02/2008
      • Internaute 24515
        Bibliothécaire

      Si vos incontournables du PAF sont vraiment Equidia, Fashion TV et M6 boutique,je crains pour la politique editoriale de votre maison d’édition. Mais peut-être, plaisantiez-vous ?

      • sidonie75
        sidonie75 répond à Trans
        • Posté à 20h49 le 03/02/2008
        • Internaute 30521

        Oui Trans, je plaisantais !
        Je vais essayer d’être plus claire (et moins ironique) car, a priori, vous n’avez pas compris : si des chaines comme Equida ou fashion TV perdurent, je pense et crois qu’il serait tout a fait possible de trouver un public pour une chaîne sur le livre.

        Vous pouvez aller voir sur Lien et regarder notre politique éditoriale. J’espère que vous serez rassuré(e).

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