En pleine culture

Chaque semaine, une chronique sur l'économie de la culture par Françoise Benhamou, professeur d'économie à Paris-13.

Pouvoir d'achat et culture : du gratuit sinon rien ?

Françoise Benhamou
Professeur d'économie à Paris-XIII
Publié le 31/08/2008 à 23h08

Rentrée morose. Le pouvoir d’achat est en berne, l’inflation repartie, le PIB recule. Il faut donc s’attendre à un ralentissement de la consommation, qui ne manquera pas d’affecter en retour les prévisions des entrepreneurs. C’est John Maynard Keynes qui remarquait qu’à leur manière les entrepreneurs ont toujours raison.

Imaginez que leurs anticipations de croissance soient bonnes. Ils investissent, ils embauchent. Ils distribuent donc des revenus qui constituent des débouchés pour leurs produits. Les anticipations s’avèrent justes, et par un effet multiplicateur, la croissance engendre la croissance.

A l’inverse, si les anticipations des entrepreneurs sont plutôt sombres, s’ils sont pessimistes, ils investissent peu, ils ne créent pas d’emplois et peut-être même choisissent-ils de licencier. Les revenus stagnent ou diminuent, la consommation se tasse, la croissance est en berne. Les anticipations s’avèrent réalisées.

Passons sur les facteurs qui peuvent enrayer ce cercle vicieux de la croissance ou celui de la décroissance. On peut pinailler, mais les faits sont là : l’économie va mal, et le pouvoir d’achat souffre. Pour les industries culturelles, c’est là une mauvaise nouvelle.

Un déplacement vers les consommations gratuites

En effet, les consommations culturelles payantes, tous domaines confondus, représentent en moyenne 4 à 5% du budget des ménages. Les dernières années ont vu des déplacements de dépenses, comme il s’en produit régulièrement, le téléphone portable occupant par exemple une place de choix dans le petit équipement des individus, adultes et enfants, et devenant un véhicule réel ou potentiel des consommations de services culturels.

Sur quelles dépenses sera-t-on tenté de rogner ? Les dépenses alimentaires sont appelées à représenter une proportion en légère hausse du budget total, compte tenu de l’inflation qui règne en la matière et du caractère pour partie incompressible de certaines d’entre elles. Le budget des ménages consacré à la rentrée scolaire ne cesse d’augmenter. Les loyers ne diminuent pas.

La menace pèsera sur les consommations culturelles, avec deux phénomènes concomitants : il faut s’attendre d’une part à une réduction de la dépense, et, d’autre part, à un déplacement vers les consommations gratuites, via l’emprunt, l’Internet, la circulation des œuvres, au détriment des sorties et des achats plus lourds.

Avec la culture, toutes les études l’ont montré, l’achat entraîne l’achat, l’intérêt des uns suscite la curiosité des autres. Réciproquement, la morosité alimente le désamour, et les salles de spectacle comme les librairies en souffrent.

La télévision, moyen de faire connaître l’offre culturelle ?

C’est en ces temps maussades que tout ce qui concourt à faire connaître l’offre culturelle doit être réactivé. La télévision ? Sans doute un peu ringardisée par l’Internet, la grille de télévision tient encore une place de choix dans les pratiques effectives des Français. Le service public a de longue date su promouvoir les livres, les films, les spectacles nouveaux.

Il faut espérer que malgré les difficultés présentes engendrées par l’annonce de la fin de la publicité sur les chaînes publiques, malgré, surtout, l’absence de perspective liée à la baisse drastique du budget qui se profile, des programmes de qualité, innovants et exigeants, aident à la circulation des informations sur l’offre de culture.

Un exemple. L’émission présentée par Frédéric Ferney, Le Bateau livre, ne figurera pas dans la grille de rentrée télévisuelle de France 5. On peut le regretter, quand on lit sous sa plume qu’il ambitionnait de « faire découvrir de nouveaux auteurs en leur donnant la parole, […] de ne pas céder à la facilité du divertissement pur et du people, et [...] de donner l’envie de lire ».

D’autres émissions verront sans doute le jour, mais ce sera un combat difficile. Patrice Duhamel, directeur des antennes de France Télévisions, assénait il y a peu, sans nuance :

« Même les téléspectateurs qui aiment lire préfèrent regarder des fictions ou des divertissements en prime time et des émissions littéraires en deuxième partie de soirée. Si la publicité disparaît à partir de janvier 2009, les émissions littéraires pourront commencer peu après 22 heures, une heure idéale. »

La messe est donc déjà presque dite : la culture d’accord, mais point trop n’en faut. En des temps où le prix du steak et de l’ensemble des consommations incompressibles pèse sur le porte-monnaie des ménages, on peut anticiper une croissance des consommations non payantes. Au moment où le gouvernement se lance dans une lutte anti-piratage, il est à craindre que les résultats ne seront guère à la hauteur des ambitions affichées en la matière.

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  • Djékeul
    Djékeul
    ramage et plumage
    • Posté à 23h39 le 31/08/2008
    • Internaute 51519
      ramage et plumage

    « Le service public a de longue date su promouvoir les livres, les films, les spectacles nouveaux »
    Su, vraiment ?

  • Alain Pacifique
    Alain Pacifique
    enfin!! ça marche !
    • Posté à 00h04 le 01/09/2008
    • Internaute 24637
      enfin!! ça marche !

    l’article peut se résumer ainsi :
    stagnation ou baisse des revenus des ménages + hausse des produits et services de première nécéssité => baisse des achats et consommation culturels.

    pas besoin d’avoir bac +5 pour sortir ca .

    c’est presque une Lapalissade :))

  • el Chiquito
    el Chiquito
    en promenade
    • Posté à 01h16 le 01/09/2008
    • Internaute 45214
      en promenade

    Lorsqu’on voit le prix des places de concert, théatre et même les places de cinéma (environ 10 Euros dans les salles UGC) il paraît sûr que ces offres culturelles vont souffrir. En tout cas, j’avais l’habitude de prendre un abonnement pour les concerts du dimanche matin au Chatelet, et je ne crois pas que je renouvellerai cette année.

  • Panca
    Panca
    raleur qui aime les débats
    • Posté à 05h45 le 01/09/2008
    • Internaute 23059
      raleur qui aime les débats

    Le paradoxe ( la quadrature du cercle ?), c’est que l’exception culturelle devrait faire sortir la culture des circuits commerciaux habituels mais que celle ci est faite par des professionnels. L’habitude du « français consommateur moyen » (qui appartient à l’imaginaire des statisticiens) c’est d’accepter de payer des biens matériels, mais de ne pas vouloir le payer. Maintenant un prof d’économie qui ne parle pas du budget du ministère de la culture : doit faire ses preuves à l’examen. Na !

  • Panca
    Panca
    raleur qui aime les débats
    • Posté à 05h48 le 01/09/2008
    • Internaute 23059
      raleur qui aime les débats

    Le paradoxe ( la quadrature du cercle ?), c’est que l’exception culturelle devrait faire sortir la culture des circuits commerciaux habituels mais que celle ci est faite par des professionnels. L’habitude du « français consommateur moyen » (qui appartient à l’imaginaire des statisticiens) c’est d’accepter de payer des biens matériels, mais de ne pas vouloir le faire pour la culture. Maintenant un prof d’économie qui ne parle pas du budget du ministère de la culture : doit faire ses preuves à l’examen. Na !

    • lesuperdidou
      lesuperdidou répond à Panca
      Saltimbanque
      • Posté à 08h32 le 01/09/2008
      • Internaute 46485
        Saltimbanque

      Traduction, siouplait.

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 08h24 le 01/09/2008
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Pas de problème concernant l’ accès à la culture d’entreprise , celle la on va continuer à nous en gaver..

  • leon.trotski
    leon.trotski
    Trés à gauche
    • Posté à 10h37 le 01/09/2008
    • Internaute 41281
      Trés à gauche

    Bonjour,

    « La consommation gratuite »

    cela n’a pas de sens, tout se paie, et sur le net, comme les chaines privées de tv, c’est la pub qui paie (tout le monde sait cela).

    Voici la question que je me pose : Y a t’il une réelle demande, massive, de culture aujourd’hui ?

    Je suis personnellement adherent à la bibliothèque municipale de ma ville depuis plus de vingt ans, c’est pas cher et gratuit selon vos revenus. La fréquentation de ce service public a t’elle explosé ?

    Il y a un site internet pour la B.N.F. par exemple, y a t’il un fort taux de visite ?

    Je ne dirais pas que l’on vit dans le meilleur des mondes mais en matière de culture, l’offre existe et n’est pas nécessairement hors de prix.ce qu’il manque ,à mon sens c’est la volonté de se cultiver et plus encore, ce serait un rôle de service public de donner « l’envie d’avoir envie ».

    A bientôt.

  • Albufera
    Albufera
    Observateur.
    • Posté à 10h57 le 01/09/2008
    • Internaute 29241
      Observateur.

    Deux remarques :
    -la promotion de l’ offre culturelle par les médias a changé de nature : pour être rapide, la critique s’ est transformée en quasi publi-reportage pour certaines institutions, éditeurs et producteurs de cinéma : 600 romans en septembre, Millet-Angot-Jauffrey-Rollin sur toutes les ondes à toutes les heures. Idem pour certains films de rentrée. Pourquoi parler d’ exception culturelle dans ces conditions ? La culture dans sa commercialisation est devenue un produit comme un autre et il n’ est pas étonnant dans ces conditions que la notion de service public soit de plus en plus floue et mal comprise.
    -l’ économie n’ est pas un jeu à somme nulle : il faut bien reconnaître que l’ augmentation des prix contribue à l’ augmentation du revenu de certaines personnes : c’ est notamment vrai pour beaucoup de cafetiers dans les grandes villes, pour nombre de commerçants dont les marges ont grimpé et pour les professions libérales dont les revenus ont littéralement explosé en 5 ans (voir les dépassements d’ honoraires systématiques de la part des spécialistes). Pourquoi faire l’ impasse sur cette redistribution des revenus ? Peut-être pour maintenir une certaine paix sociale. Tout le monde ne s’ est pas appauvri et il faut bien que l’ augmentation des prix -qu’ on retrouve dans le partage profit/salaire- profite à certains.

  • septentrion
    septentrion
    _/) _/) _/)
    • Posté à 11h31 le 01/09/2008
    • Internaute 51560
      _/) _/) _/)

    La métropole Lilloise, dans sa mission idéologique, entend montrer que la culture et les arts plastiques en particulier sont les outils de l’intégration sociale, la base d’une société qui évolue et se fortifie sans heurts (l’art adoucissant les moeurs).
    Précisons que l’entrée est gratuite pour les habitants.
    Les musées fleurissent donc à Lille, capitale régionale, mais aussi à Villeneuve d’Asq, Tourcoing, Roubaix. A chacun sa spécificité.
    Lille sera plutôt classique, Villeneuve d’Asq contemporain, Tourcoing confrontera le classicisme au contemporain et la Piscine à Roubaix met en valeur les arts décoratifs liés au textile ainsi que les collections accumulées par les mécènes locaux.
    Pourtant, les statistiques des entrées démontrent que la plupart des nombreux visiteurs sont pour beaucoup les hôtes de maisons de retraite, des associations du 3ème âge, des étrangers en visite dans la région.
    Ce sont les responsables des institutions, culturelles et sociales qui, par solidarité idéologique entrainent de gré ou de force une population qu’il « faut divertir ou intéresser ».

    Pour preuve un reportage sur France3 la semaine dernière montrant que La Piscine (classée 1er musée de province et 5ème musée de France, derrière le Louvre, Orsay, le Centre Pompidou et le Musée des arts asiatiques Guimet, mais devant le Musée des arts décoratifs et celui du Quai Branly) n’a quasiment pas de visiteurs habitant Roubaix ... dont l’entrée est pourtant gratuite pour eux.

  • Erwan69100
    • Posté à 12h58 le 01/09/2008
    • Internaute 14567

    Un peu plus de communication bien pensée sur les offres culturelles serait pas un luxe. Le manque d’informations locales accessibles ne provoque pas le « réflèxe culture » ou ne déclenche pas de stimulis pour permettre d’aller à...Les offres elles aussi, même de qualité, ne font pas rêver, n’éveillent peut être pas assez de curiosité pour investir les lieux culturels.

    Alors, d’un côté avoir des offres viables et d’un autre une population qui ait envie. Le pari n’est pas gagné !

    Le facteur clef ? LE TEMPS, se donner le temps de découvrir, avoir le temps (en famille) de se déplacer, d’apprécier. Le temps est un luxe que la majorité des gens n’ont plus l’impression d’avoir ou quand ils ont du temps ils privilégient autre chose (farniente, famille, hobby). Travailler moins pour plus de culture !

  • Carmagnole
    Carmagnole
    retraité de l'Education (...)
    • Posté à 15h35 le 01/09/2008
    • Internaute 44234
      retraité de l'Education (...)

    La culture et l’accès à la culture deviennent « réalité pour tous » quand les besoins fondamentaux de l’être humain sont assurés : manger,se loger,se chauffer,se soigner,etc...Quand l’angoisse des fins de mois s’installe il n’y a plus de place pour la culture !
    Cela paraît évident mais tellement occultés par « la pensée unique » de nos médias et soi-disant intellectuels ou penseurs qui préfèrent gloser sur l’inculture des masses regardant TF1 !
    Je ne défends pas TF1( et les autres ) mais je me refuse à porter des jugements de valeurs sur ceux qui regardent ces chaînes quand on connaît « le prix de la culture » ! Il est bien évident que ces médias participent activement à maintenir l’accès à la culture à une « élite ! »

    Diderot déclarait : » HÂTONS-NOUS DE RENDRE LA PHILOSOPHIE AU PEUPLE. »

    Avec la domination de l’ultra-libéralisme nos sociétés prennent le chemin inverse !

  • marmotte64
    marmotte64
    Super héros
    • Posté à 16h12 le 01/09/2008
    • Internaute 35594
      Super héros

    Votre article implique deux choses.

    Tout d’abord que la télé soit un bien gratuit, ce qui est discutable à de nombreux égards au titre desquels je relèverai en priorité le fait qu’il faille s’acquitter annuellement de la redevance et , bien entendu d’un téléviseur. Or, s’il est évident que le téléviseur est un bien devenu indispendable dans les foyers (on est pour, on est contre, mais c’est comme ça), je ne sais s’il consiste en une dépense « culturelle ».

    D’où mon deuxièmemet point : vous semblez partir du fait que la télé est un vecteur de culture et cela je crois que c’est hautement discutable. En tout cas, ce n’est certainement pas le premier vecteur de « culture gratuite » que j’aurais choisi.

  • comprendre d abord
    • Posté à 16h24 le 01/09/2008
    • Internaute 20461

    Françoise Banhamou semble en effet près d’inventer l’eau chaude : en ces temps de contraction des revenus - pour la majorité d’entre nous - le poste budgétaire « culture » sera le premier touché. Certes. Mais on peut se poser plusieurs questions : la culture est-elle obligatoire, c’est à dire est-elle le seul moyen de nous rendre (plus)intelligents, conscients, maîtres de nos vies ? ? ? Quand on voit certaines expositions, certains discours d’artistes autoproclamés, criant leur « droit » à la subvention, sinon c’est Mozart que l’on assassine, il n’apparaît pas idiot de profiter de ces temps de vaches maigres pour réexaminer la pertinence de certaines subventions.
    D’un autre côté, je suis en total désaccord avec Carmagnole qui au contraire de ce qu’il dit, me semble s’inscrire dans la plus pure lignée ultra-libérale : comment en effet considérer la culture comme du superflu ? Que je sache, dans les camps d’extermination, les déportés résistaient à leur destructuration mentale grâce à la culture, en se récitant des poèmes, des pièces de théâtre etc...la culture peut très bien ne rien coûter : les bibliothèques municipales sont gratuites et offrent parfaitement de quoi se cultiver et les moyens de réfléchir et donc de se sortir d’une situation personnelle difficile. J’ai plus de doutes à ce point de vue, sur les programmes de TF1.
    En tous cas, pour moi, les difficultés actuelles sont une bonne occasion de réfléchir à une politique culturelle nouvelle qui privilégie la demande, et non plus seulement l’offre, dont la qualité et la pertinence sont quelquefois problématiques.

    • lesuperdidou
      lesuperdidou répond à comprendre d abord
      Saltimbanque
      • Posté à 16h36 le 01/09/2008
      • Internaute 46485
        Saltimbanque

      Il ne me semble pas que les bibliothèques municipales soient gratuites : ce n’est que par la mutualisation de leur coût -les impôts- qu’elles peuvent fonctionner !
      Cessez de croire que les intervenants culturels vivent d’air pur et d’eau fraîche et que les supports culturels tombent du ciel ; la Culture ne s’en portera que mieux et les artistes aussi.

    • Carmagnole
      Carmagnole répond à comprendre d abord
      retraité de l'Education (...)
      • Posté à 17h29 le 01/09/2008
      • Internaute 44234
        retraité de l'Education (...)

      Il me semble que vous n’avez pas compris mon commentaire...je persiste à dire que la culture sous toutes ses formes devient UN BESOIN quand LES BESOINS FONDAMENTAUX ne sont plus « aléatoires ».Nous sommes des « animaux “ dont la nécessité absolue est ‘SE NOURRIR’ pour simplement continuer à vivre...vous n’êtes pas sans savoir que pour des millions d’êtres humains ( ce que je déplore !) c’est la priorité numéro 1 ! Encore une fois je ne juge pas,je constate.
      Votre exemple sur les camps n’est pas probant...ce que vous dites est vrai pour ceux qui avaient eu accès à cette culture de l’écrit mais pour la grande majorité ce ne fut hélas pas le cas.
      Qu’entendez-vous par ‘privilégier la demande ?’

  • Elrefo
    Elrefo
    Responsable Produit
    • Posté à 17h26 le 01/09/2008
    • Internaute 45115
      Responsable Produit

    Il faut en finir avec la gratuité du « culturel ». Tout à un prix, la culture aussi. Organiser des manifestations culturelles gratuites tue les manifestations culturelles. C’est pourtant la mode, c’est même une obsession de nombre de Maires de France avec en première ligne celui de Paris, de responsable régionaux et nationaux. Quelle erreur ! Et comment expliquer aux jeunes que le téléchargement pirate est du vol, si tout ce qui ressemble à de la « consommation culturelle » est en apparence gratuit ?

    • lesuperdidou
      lesuperdidou répond à Elrefo
      Saltimbanque
      • Posté à 18h38 le 01/09/2008
      • Internaute 46485
        Saltimbanque

      Une manifestation culturelle « gratuite », organisée par une mairie, un conseil général ou tout autre organisme de ce type, est déjà payée par nos impôts : je ne vois pas pourquoi nous devrions la payer deux fois !

    • lesuperdidou
      lesuperdidou répond à Elrefo
      Saltimbanque
      • Posté à 18h52 le 01/09/2008
      • Internaute 46485
        Saltimbanque

      Quant au piratage nos lecteurs k7 et nos magnétoscopes du siècle dernier c’était pour la déco ?

  • Djékeul
    Djékeul
    ramage et plumage
    • Posté à 17h43 le 01/09/2008
    • Internaute 51519
      ramage et plumage

    19 Euros, par an pour la médiathèque à côté de chez moi ,avec possibilité d’emprunter 5 livres, cinq Cds, 1 dvd par semaine.
    Il existe des solutions alternatives à l’achat de biens culturels, bref....

    - Francoise, « service public », celà évoquait t’il simplement « la télévision de service public » ?

    « Si la publicité disparaît à partir de janvier 2009, les émissions littéraires pourront commencer peu après 22 heures, une heure idéale. » »

    La Fnac, Virgin, et même Carrefour/Auchan élaborent leurs bons de commande en fonction des plans promos prévus pour ces « produits ».
    Une émission culturelle, c’est un élément très convoité. Un sacré coup de pub en somme !

    « En tous cas, pour moi, les difficultés actuelles sont une bonne occasion de réfléchir à une politique culturelle nouvelle qui privilégie la demande, et non plus seulement l’offre, dont la qualité et la pertinence sont quelquefois problématiques. »

    Euh, êtes vous véritablement au courant de tout ce qu’on vous offre ?
    C’est impossible...
    Une demande se crée par un bon plan marketing, et une visibilité soutenue.

    La création a un prix souvent plus conséquent, est plus difficile à monter et à promouvoir, qu’un
    « ressassé » présenté sous un nouveau packaging.

    Je crains que la télévision de service public soit de moins en moins curieuse,et ne soutienne pas mieux ceux qui en ont vraiment besoin.

    « la culture d’accord, mais point trop n’en faut. »
    Autrement dit, : « la culture, ca fait mal à la tête »...

  • Djékeul
    Djékeul
    ramage et plumage
    • Posté à 17h39 le 01/09/2008
    • Internaute 51519
      ramage et plumage

    « la culture est-elle obligatoire, c’est à dire est-elle le seul moyen de nous rendre (plus)intelligents, conscients, maîtres de nos vies ? ? ? Quand on voit certaines expositions, certains discours d’artistes autoproclamés, criant leur “ droit ” à la subvention, sinon c’est Mozart que l’on assassine, il n’apparaît pas idiot de profiter de ces temps de vaches maigres pour réexaminer la pertinence de certaines subventions. »

    Cruel point de vue, il y a des choses que l’on aime et que l’on aime pas, certes.

    La culture n’est pas obligatoire, mais elle est fortement conseillée.
    Et la censure, le négationnisme, le révisionnisme est ce vraiment conseillé.

    On diverge là...
     :)

    • marmotte64
      marmotte64 répond à Djékeul
      Super héros
      • Posté à 18h03 le 01/09/2008
      • Internaute 35594
        Super héros

      Je ne suis pas d’accord : la censure, le négationnisme, le révisionnisme ne sont pas le contraire de la culture.

      Le contraire de la culture c’est selon le champ sur lequel on se place : la nature ou l’inculture à mon avis.

      Il ne faut pas tout rapporter aux heures noires des fascismes des années 40 dès que l’on veut donner du poids à son discours.

  • Djékeul
    Djékeul
    ramage et plumage
    • Posté à 18h03 le 01/09/2008
    • Internaute 51519
      ramage et plumage

    « Il ne faut pas tout rapporter aux heures noires des fascismes des années 40 dès que l’on veut donner du poids à son discours. »

    Ca s’appelle le point godwin, en effet.

    Je ne voulais pas opposer culture et « censure, négationnisme, révisonnisme... » et autres mots en -isme.

    Simplement, je m’amusais de lire cette question :
     » la culture est-elle obligatoire, c’est à dire est-elle le seul moyen de nous rendre (plus)intelligents, conscients, maîtres de nos vies ? ? ? »

    La culture est un mot fourre tout, en effet, mais se demander si elle est vraiment obligatoire, c’est comme demander s’il vaut mieux avoir des jambes pour marcher.

    • marmotte64
      marmotte64 répond à Djékeul
      Super héros
      • Posté à 18h24 le 01/09/2008
      • Internaute 35594
        Super héros

      EXACT ! j’ai passé 10 minutes à chercher le point de godwin !

      Quant à votre remarque, en fin de compte, j’y souscris totalement. Je ne vous avais pas compris.

      Et puis, il faut bien l’avouer, ce point de godwin m’énerve. :) Je le pourchasse dès que je peux.

      • lesuperdidou
        lesuperdidou répond à marmotte64
        Saltimbanque
        • Posté à 18h49 le 01/09/2008
        • Internaute 46485
          Saltimbanque

        pour ceux qui cherche encore : voir wikipédia : La loi de Godwin est un adage, partie du folklore Usenet, énoncé en 1990 par Mike Godwin : « Plus une discussion sur Usenet dure longtemps, plus la probabilité d’y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Hitler s’approche de 1[1]. » Dans un débat, donner un point Godwin revient à signifier à son interlocuteur qu’il vient de se discréditer en vérifiant la loi de Godwin.

  • pikasso02
    • Posté à 22h15 le 01/09/2008
    • Internaute 10134

    Tant que les Français ne seront pas invités à participer à une réflexion sur ce qu’est la culture, le chaos continuera d’exister dans les têtes. Ce genre de proposition serait prise aujourd’hui comme une agression. La plupart des Français veulent vivre sans intervention extérieure sur leur façon de penser. Les Français sont des égoïstes qui s’ignorent. La majorité des français ignore tout de notre culture passée. Ils ne vivent qu’avec ce que leur présent leur propose. Quel dommage qu’ils ne se plongent pas dans le passé et ses grandes cultures. La culture renaîtra quand la connaissance du passé sera redevenue indispensable pour vivre. Quand réfléchir ensemble autour d’une table, ne fera plus de nous des « intellectuels ». En province les « cultureux » sont toujours aussi mal vus. On se méfie d’eux. Ils ne sont pas en harmonie avec la population et la tradition. Le régionalisme rassure les vieux. Je ne suis guère optimiste pour notre avenir proche.

  • alphonse.radimart
    • Posté à 11h30 le 02/09/2008
    • Internaute 51983
      lecteur

    Je trouve votre catégorisation et donc votre comptabilité des dépenses compressibles/incompressibles et des offres gratuites/payantes insuffisamment précise et laissant impensées trop de choses.

    Internet est-il gratuit ? Non si l’on tient le raisonnement suivant : la publicité pour le magazine l’Express que je vois dans les « annonces Google » dans la marge gauche de cet article fait que si j’achète un numéro ou un abonnement à l’Express à la suite, je paierai dans le prix de l’Express non seulement l’Express, mais via le budget publicité de l’Express, je paierai les services de Google et je paierai Rue89.

    La télévision est-elle gratuite ? Non à double titre : d’une part parce qu’elle est payée par la publicité et que la publicité est payée par le consommateur. D’autre part parce qu’elle est payée par la redevance.

    Il semblerait que dans votre liste de dépenses incompressibles vous ayez oublié la redevance télé qui est finalement une dépense tout à la fois culturelle et incompressible.

    Enfin, votre vision est peut-être trop hexagonale. Si les Français dépensent leur argent pour acheter du gaz russe, du pétrole saoudien et des chaussures chinoises, il faut peut-être que les artistes français songent à exporter la culture française aux Saoudiens, aux Russes et aux Chinois.

    • lesuperdidou
      lesuperdidou répond à alphonse.radimart
      Saltimbanque
      • Posté à 11h36 le 02/09/2008
      • Internaute 46485
        Saltimbanque

      D’accord !
      PS. Les Italiens aussi : j’aime bien les pizzas.

  • Impots-utiles.com
    Impots-utiles.com
    http://www.impots-utiles.com
    • Posté à 17h10 le 02/09/2008
    • Internaute 35603
      http://www.impots-utiles.com

    Christine Lagarde, avait évoqué la possibilité d’un allègement de l’impôt de solidarité sur la fortune, arguant que « l’imposition du patrimoine (est en France) bien supérieure à la moyenne européenne »...
    Fillon a quant à lui assuré qu’ « Il n’y a pas de réforme de l’ISF à l’ordre du jour »

    Lien

  • nemo3637
    nemo3637
    Déchoukeur
    • Posté à 16h04 le 06/09/2008
    • Internaute 44521
      Déchoukeur

    Voici le règne de SRM (super radin malin) qui commence. On veut entrer dans une époque du « développement durable » c’est-à-dire, en réalité, ne plus rien dépenser, ou en tout cas le moins posssible, recycler, ne plus « consommer ». Croyez-vous que c’est comme ça que vous allez sauver le plein emploi et l’économie capitaliste en général ?

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