Les fleurs du printemps nucléaire

Le Japon post-Fukushima

Les Japonais ont-ils raison d’avoir peur de « manger Fukushima » ?

Publié le 13/11/2012 à 10h05

Champs de poireaux de Nihonmatsu, à 50 km de Fukushima-Daiichi (Alissa Descotes-Toyosaki)

(De Fukushima) Dans un champs de poireaux, deux femmes, le dos cassé en deux, travaillent la terre. Au loin, les pylônes électriques rappellent malgré eux la présence à 50 km de la centrale de Fukushima-Daiichi. Dans la région de Nihonmatsu, les producteurs ont continué à cultiver malgré le terrible tribut laissé par la catastrophe nucléaire. Une terre contaminée d’où, pourtant, filtrent des produits sains.

« Depuis septembre 2011, la préfecture de Fukushima a baissé de moitié le seuil officiel de tolérance de 100 becquerels/kilo pour la commercialisation des produits alimentaires », nous apprend un officiel du centre de suivi de la radioactivité de Fukushima.

Une norme encore trop haute pour les producteurs locaux qui ont décidé de ne pas commercialiser leurs produits à plus de 20 bq, soit 5 fois moins que les autres préfectures. Une réalité toujours inconnue chez les consommateurs japonais. 

« Qu’on le croie ou non, la plupart des cultures ici présentent des taux très faibles, entre 5 et 10 bq, alors que la terre est contaminée à 0,6 mSv. Il n’y a que les champignons et le riz qui posent un réel problème en raison de leur capacité élevée d’absorption du césium. »

« Il existe beaucoup de produits sains »

C’est dans sa coopérative paysanne de Nihonmatsu que Tatsuhiro Ono a mesuré pour la première fois sa culture de champignons sur bûches et décidé lui-même d’en arrêter complètement la production. Après séchage, les précieux champignons contenaient 4000 bq/kg de césium. Pourtant ses autres produits sont commercialisables. 

« Pour survivre, on a dû continuer à cultiver coûte que coûte. Si on avait interrompu le cycle de production, on n’aurait pas pu reprendre. Il y a plus de 270 producteurs du coin qui viennent régulièrement mesurer leurs produits. On garde espoir de pouvoir les commercialiser en dehors de la coopérative. [...]

Il existe beaucoup de produits de Fukushima qui sont sains et nous les proposons au même prix qu’avant. Mais le consommateur a toujours peur. »


Tatsuhiro Ono et son fils Mizuki qui veut continuer l’agriculture (A.D-T)

M. Takahiro Eki travaille à Radish Boya, une société de livraison à domicile de produits bio, installée à Tokyo. Depuis l’accident nucléaire, l’entreprise a investi dans un appareil de mesure et affiche sur son site internet les résultats des tests de radioactivité des produits, garantis entre 3 et 9 bq, quelle que soit leur provenance.

Une politique de transparence appliquée par de plus en plus de magasins bio mais pas par le gouvernement. Alors que des chaînes comme le supermarché Aeon ont tenté de promettre au consommateur des produits becquerels zéro, il leur a fallu abandonner et remonter leur seuil à 50bq/kg, soit le même taux que la préfecture de Fukushima.

Natural Harmony, une autre marque bio qui cultive des produits sans engrais animal, ni organique, a aussi intégré le césium sur ses étiquettes. Le manager Hiroaki Baba explique :

« Nous affichons le taux de becquerels sur tous nos produits. C’est pour sensibiliser le consommateur et le responsabiliser. »

200 kg de poulpes mesurés deux fois

A Fukushima, plus de 38 centres de mesure ont ouverts. Mais ce nombre est largement insuffisants pour les producteurs qui ont installé dans les coopératives leur propre machine de mesure, financé par Tepco.

« Nous mesurons tous les échantillons de poissons. Mais normalement, c’est au gouvernement de le faire pour rassurer les gens », remarque M. Kazunori Endo, directeur du syndicat de pêche de Soma, un des plus grands ports de Fukushima, à 30 km au nord-est de la centrale.

200 kg de poulpes ont été mesurés deux fois et vendus avec succès dans la région depuis le début de la pêche expérimentale au mois de juin. Pourtant, en dehors de la préfecture, le poulpe de Soma fait peur. Le phénomène de discrimination du « made in Fukushima » est d’autant plus gênant qu’au début de la crise, beaucoup de produits commercialisés étaient en effet contaminés. Une négligence du gouvernement qui a préféré prendre des risques plutôt que de reconnaître la gravité de l’accident.

« La propagande des médias enjoint toute la nation à manger Fukushima. Ça nous cause beaucoup de tort. Ils veulent faire croire que le problème de la centrale de Fukushima-Daiichi est réglé et que tout va bien. Nous servons d’alibi au lobby nucléaire. Mais il faut savoir que les gens ici ne sont pas dupes  ! »


Télé japonaise promouvant la reprise de la pêche à Fukushima : « La confiance est-elle installée ? » (A.D-T)

« Cette pêche, elle est pour la génération future »

Takashi Nakajima gère le supermarché Nakajima de Soma. La radioactivité externe de la ville n’est pas plus élevée qu’à Tokyo mais la contamination des poissons a ruiné toute l’industrie halieutique. Pourtant la pêche du poulpe a reprise à 50 km de la côte et redonné un peu d’espoir. Comme pour les produits de la terre, certaines espèces de poissons et crustacés échappent à la contamination par les rejets radioactifs.

« Je pêche depuis 40 ans. Je sais quels poissons vont vers l’ouest, près de la centrale de Fukushima-Daiichi. Les poulpes par exemple sont sédentaires, on les trouve à 50 km de la côte. »

Masahiro Kikuchi fait partie de l’expédition de la pêche expérimentale du poulpe mais malgré les bons résultats, il a dû mal à se réjouir. La reconstruction mettra des dizaines d’années.

« Je serai déjà mort. Cette pêche, elle est pour la génération future. »

Sa mine renfrognée contraste avec l’enthousiaste des médias japonais qui sont venus accueillir les bateaux sur la jetée. Depuis un an et demi, son fils de 20 ans ne repêche que des débris et le marché de la criée dévasté par le tsunami est toujours désert. La région commercialisait des poissons de marque dont la fameuse sole de Soma, désormais invendable. Sa femme avait l’habitude de vendre ses poissons, des prises de 1,5 tonne par jour.

« On a 56 espèces de poissons, seules une ou deux sont OK et encore personne ne va les acheter. »


Takashi Nakajima, gérant du supermarché de Soma (A.D-T)

M. Nakajima ironise derrière son comptoir à poissons. Comme en écho, une mère passe avec une poussette devant le rayon « poulpes de Soma », sans même s’arrêter.

Depuis septembre, la pêche expérimentale de Fukushima s’est élargie à d’autres espèces, dont le crabe et le calmar. Les poulpes en août s’étaient vendus 20 % plus cher que d’habitude à Tokyo. Mais pour M. Nakajima, il n’y a guère que les personnes âgées pour l’acheter. Il exprime le sentiment de tous les gens de Fukushima qui sont coincés entre propagande de reconstruction économique et discrimination.

« Si ce poulpe est sûr  ? L’échantillon est à moins de 3 becquerel  ! Mais les gens ne comprennent pas ce que ça veut dire. Les mères ont leur cœur rempli d’inquiétude, c’est ça la réalité.

Moi je vais manger ce poulpe mais cela ne veut pas dire qu’il est sûr pour tout le monde. On ne peut mesurer chaque poisson un par un  ! C’est pareil pour les docteurs qui disent tous des trucs différents sur la radioactivité. Résultat : personne ne sait mais tout le monde doit vivre avec. Je ne souhaite à personne ni en France ni ailleurs ne vivre cette expérience »

 

1h du matin à Soma : Masahiro Kikuchi et son équipe partent en mer pour la deuxième pêche expérimentale du poulpe

 

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  • kodiak
    kodiak
    myope
    • Posté à 10h29 le 13/11/2012
    • Internaute 148655
      myope

    C’est chouette d’avoir autant de traceurs radio-actifs disséminés sur une zone littorale. On va pouvoir apprendre (enfin les autorités) plein de trucs hyper intéressants sur les chaînes biotiques et alimentaires. Des études en finesse. Bientôt tout sera beaucoup plus clair - devant l’assiette : bon ou pas bon.

    Autre option : on est pas sûrs mais on a faim !

    • Karg se
      Karg se répond à kodiak
      Ingénieur agronome vendu à une (...)
      • Posté à 07h11 le 14/11/2012
      • Internaute 9172
        Ingénieur agronome vendu à une (...)

      Il y a bien assez de métaux lourd pour travailler sur le sujet, que ce soit au Japon et ailleurs. D’autre part la propension à concentrer dépend autant de l’espèce que de son régime alimentaire, il est donc difficile de conclure quoique ce soit en comparant les taux de contaminations.

  • Tezka
    Tezka
    ex étudiant des chinois du FBI
    • Posté à 10h37 le 13/11/2012
    • Internaute 122782
      ex étudiant des chinois du FBI

    Seulement les japonais ?

    • boboland
      boboland répond à Tezka
      bobologue
      • Posté à 11h27 le 13/11/2012
      • Internaute 104841
        bobologue

      la radioactivité s’étend sur le Pacifique, en direction de l’est (vents, rotation de la terre ?)
      L’atteinte des terres (EU, Chine,...) n’apparait pas clairement sur la vidéo.
      A-t-on des chiffres d’une contamination des terres ?
      je ne me souviens pas d’avoir lu que l’Asie (chine ou asie du S-E) ou les E-U aient été atteints. Avez-vous une telle notion ? et des chiffres ? merci.

  • Jaimz
    Jaimz
    ingénieur
    • Posté à 10h38 le 13/11/2012
    • Internaute 87110
      ingénieur

    Un bon article qui met bien en lumière l’aspect catastrophe économique et la peur des consommateurs face à l’inconnu.
    Merci, je trouve que les médias ont bien vite oublié Fukushima alors que ce n’est que le début de l’histoire.

  • michel007
    michel007
    aaa ah ah
    • Posté à 11h46 le 13/11/2012
    • 179121
      aaa ah ah

    Votre article est dangereux malgré qu’il est presque juste !
    Vous dites qu’il commercialise des produits quasi non radioactif ? Faux.
    A des taux de 3 à 9 bq/kg ? Vrai mais Faux.
    En ayant regardé dans vos sources, l’article parle de test effectué sur les atomes d’iode et de césium. L’iode a une durée de moyenne-vie dites d’une semaine, le césium d’un mois ou un peu plus...
    Heureusement que l’on en trouve pas plus ! ! ! !
    Mais je m’excuse de vous le dire ou de vous l’apprendre : la radioactivité la plus dangereuse vient des autres atomes : plutonium and co !
    Rien n’a été entreprit dans l’article que vous citez pour en mesurer l’importance, soit par des rayons gamma.

    Non, les articles qui vendent ne sont pas du tout sains et non radioactif. Alors oui, ils sont chargé de 3 à 9 bq/kg en iode ou césium, mais on s’en tape de ces éléments radioactifs, un an après ce drame ! ! !
    Il n’y en avait pas plus à 1 km de Tchernobyl après la catastrophe ! ! !

    L’ignorance est un des plus grands maux de notre époque.
    Je m’excuse de vous le dire, mais je ne valide en aucun cas le contenu de votre article.
    Faites attention : de votre source
    « On this occasion, as on every other day since fishing in Soma resumed at the end of June, the two radiation-measuring devices in the lab revealed not even the slightest trace of radioactive iodine-131, and caesium-134 and -137. »

    Mais c’est normal et ça ne veut en AUCUN cas signifier que ces poissons ne sont pas dangeureux ! ! !
    Aucun test des GAMMA n’a été effectué, c’est surtout cela que cela veut dire : ou comment endormir un bloggeur français sur le sujet...
    Désolé de vous le dire...

    • michel007
      michel007 répond à michel007
      aaa ah ah
      • Posté à 12h03 le 13/11/2012
      • 179121
        aaa ah ah

      Oups, petite erreur, veuillez me pardonner : le césium 137 a bien une durée de vie moyenne de 30,15 ans.
      Je fais moi-même des erreurs sur le sujet !

    • s4m0
      s4m0 répond à michel007
      se balade
      • Posté à 12h57 le 13/11/2012
      • Internaute 191829
        se balade

      que d’approximations et d’erreurs dans ce que vous avancez avec une si grande assurance.
      Les aliments sont testés sur des émetteurs bêta et alpha, beaucoup plus nocifs lorsqu’on parle d’ingestion.
      C’est notamment le cas du césium et de l’iode, qui font partie des produits de fissions et qu’ils se propagent facilement dans l’organisme. La période de demi vie est bien entendue prise en compte dans les calculs !
      Ajouter à cela, l’activité de ces produits permets de remonter à l’activité des éléments parents et de calculer celles des éléments fils.
      Ce sont les raisons pour lesquels les seuils sont fixés sur ces éléments là. Ce n’est pas par hasard !

      Les émetteurs gamma n’ont aucun intérêt à être testé pour des aliments car ils sont moins énergisants.
      Et vous parlez de produit « non radioactifs » mais c’est un non sens puisque tout notre environnement est radioactif. Vous même êtes radioactif (à hauteur de 8kBq, en grande partie du à l’activité du potassium).
      Pour info, beaucoup de vos aliments sont irradiés par l’industrie alimentaire pour détruire certains parasites (pour les fraises notamment).

      • Karg se
        Karg se répond à s4m0
        Ingénieur agronome vendu à une (...)
        • Posté à 15h25 le 13/11/2012
        • Internaute 9172
          Ingénieur agronome vendu à une (...)

        Les fraises irradiés ? Source ? A ma connaissance ça ne concerne que certains produits particuliers comme les épices. Les fraises fraiches ne subissent absolument pas ce genre de traitement.

         
        • s4m0
          s4m0 répond à Karg se
          se balade
          • Posté à 17h09 le 13/11/2012
          • Internaute 191829
            se balade

          Au temps pour moi, mon exemple n’était pas très bon. Effectivement il semble que ce ne soit plus le cas pour la France (depuis 88) mais cela concerne tout de même un certains nombre d’aliments autres que les épices (notamment la volaille) :
          Lien
          En 2006 pas mal de pays irradiaient encore les fruits :
          Lien
          et il semble que ce soit toujours le cas en Suisse (Lien) et en Belgique.
          Par contre je ne sais pas comment cela se passe pour les produits d’importation : est ce que c’est la législation du pays producteurs qui s’applique ou celle du pays où le fruit est vendu ?

        1 autres commentaires
    • Karg se
      Karg se répond à michel007
      Ingénieur agronome vendu à une (...)
      • Posté à 15h28 le 13/11/2012
      • Internaute 9172
        Ingénieur agronome vendu à une (...)

      A Tchernobyl on trouve du plutonium et de l’uranium en quantité notable jusqu’à 10km de la centrale, le réacteur a été en partie vaporisé. Ces éléments lourds sont tombés dans le voisinage. Par contre dire qu’on trouve moins de 10bq par kg à 1km c’est faux, les silures qui grandissent dans le canal de la centrale sont sans doute bien plus chargé, au moins à 1kb. Ca m’empêcherai pas d’en manger un pour marquer le coup, mais le risque n’a rien à voir avec 10 bq par kg.

  • Vivre libre ou mourir
    Vivre libre ou mourir
    Europe ? SALOPE !
    • Posté à 11h47 le 13/11/2012
    • 182797
      Europe ? SALOPE !

    Franchement, vous n’arrivez pas à trouver plus de substance en parlant de ce sujet aussi catastrophique ? Vous n’arrivez pas à en mesurer l’ampleur ? Votre imagination ne va pas assez loin ?

    « Moi je vais manger ce poulpe mais cela ne veut pas dire qu’il est sûr pour tout le monde. On ne peut mesurer chaque poisson un par un ! C’est pareil pour les docteurs qui disent tous des trucs différents sur la radioactivité. Résultat : personne ne sait mais tout le monde doit vivre avec. »

    Principe du lobbying, on obscurcie le débat de la sorte, puisque ces gens là possèdent tous les médias et que les « débats » ne se font que par l’intermédiaire de ceux ci, de sorte de noyer l’horreur libérale dont le seul but est d’éliminer une partie de la population qui la gêne c’est tout et que pas plus de responsables ne soient capables de cette simple analyse montre à quel degrés de corruption notre société en est arrivé...

    • huutaa
      huutaa répond à Vivre libre ou mourir
      Même pas avec des pincettes.
      • Posté à 12h50 le 13/11/2012
      • 183774
        Même pas avec des pincettes.

      Pourtant le professeur Giacomo Luciani, universitaire, est extrèmement optimiste :
      Since the 1980s, the nuclear industry, dominated by the US, France, Germany, Russia and Japan, has undergone immense restructuring and consolidation as contracts dried up after the Chernobyl disaster. Lien

      • Vivre libre ou mourir
        Vivre libre ou mourir répond à huutaa
        Europe ? SALOPE !
        • Posté à 13h39 le 13/11/2012
        • 182797
          Europe ? SALOPE !

        ils racontent n’importe quoi et pourquoi s’en priver ? Les médias leur appartiennent du coup ils essayent carrément de changer la réalité...

  • Borice
    Borice
    Bonapartiste en plastique
    • Posté à 14h23 le 13/11/2012
    • Internaute 129480
      Bonapartiste en plastique

    Quand je vois le petit Mizuki, je pense à mon fils.

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 14h28 le 13/11/2012
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    Les autorités politiques et scientifiques japonaises sont aussi pertinentes en matière de communication que les nôtres au moment de Tchernobyl. A force de prendre les citoyens pour des imbéciles en leur cachant la réalité des chiffres et des actions, elles se sont complètement discréditées auprès de la population.
    Pour en revenir aux quantités d’éléments radioactifs contenus dans les légumes et les poissons issus de la région de Fukushima, il est bon de rappeler quelques chiffres.
    - Être humain : un individu de 70 kg a une activité interne et naturelle de l’ordre de 8 000 Bq dont 4 500 dus au potassium 402 ;
    - Source injectée lors d’une scintigraphie thyroïdienne : 40·000.000 Bq (de l’ordre de 0,5 MégaBq par kg de poids du patient.
    Quand aux normes que les autorités japonaises se sont fixées
    Depuis septembre 2011, la préfecture de Fukushima a baissé de moitié le seuil officiel de tolérance de 100 becquerels/kilo pour la commercialisation des produits alimentaires », nous apprend un officiel du centre de suivi de la radioactivité de Fukushima.
    Une norme encore trop haute pour les producteurs locaux qui ont décidé de ne pas commercialiser leurs produits à plus de 20 bq, soit 80 fois moins que les autres préfectures. Une réalité toujours inconnue chez les consommateurs japonais.
    , il faut les rapprocher de celles de la Communauté européenne. Elle a fixé des doses de radioactivité à ne pas dépasser dans les aliments : le lait ne doit pas dépasser 500 Bq/l pour l’iode 131. Dans certains länder allemands, les normes sont beaucoup plus sévères (100 Bq/l en Sarre, 20 Bq/l en Hesse et Hambourg). Radioactivité
    Et pour mieux s’y retrouver avec les communications des uns et des autres C’est pas parce qu’on est nul ou contre qu’il faut en plus être ignorant

    • Borice
      Borice répond à padiran
      Bonapartiste en plastique
      • Posté à 14h53 le 13/11/2012
      • Internaute 129480
        Bonapartiste en plastique

      Le problème avec ces pseudo normes à la con, c’est qu’elles ont été mise en place APRES les 5000 ou 6000 essais aériens atomiques et que par conséquent elles ne veulent pas vraiment dire quoi que ce soit...

      • padiran
        padiran répond à Borice
        Chroniqueur Grolandais
        • Posté à 15h11 le 13/11/2012
        • Internaute 5159
          Chroniqueur Grolandais

        1) La radioactivité naturelle du corps humain est de 8000bq dont 4500bq de potassium 40 et n’a rien à voir avec les tirs aériens.
        2) Les tirs ont disséminés dans l’atmosphère des radionucléides parfaitement connus (H3, C14, Sr90, Cs137, Pu238 - 239 - 240) qui n’apparaissent pas dans les normes parce qu’il faut effectuer une anthropogammamétrie pour en retrouver des traces dans le corps humain.

         
        • Borice
          Borice répond à padiran
          Bonapartiste en plastique
          • Posté à 15h39 le 13/11/2012
          • Internaute 129480
            Bonapartiste en plastique

          Roh la vache, tu m’as bien fermé mon claque-merde dis donc... Bon bah ça va alors, tout est sous contrôle... Comme en plus on connait vachement bien les intéractions des radionucléides avec la chimie organique, on est content de connaitre les dosages...

          (Je plaisante)

          • padiran
            padiran répond à Borice
            Chroniqueur Grolandais
            • Posté à 16h00 le 13/11/2012
            • Internaute 5159
              Chroniqueur Grolandais

            « comme en plus on connait vachement bien les intéractions des radionucléides avec la chimie organique »
            La chimie organique je ne sais pas trop, mais avec la biologie oui. Le professeur Barnard, quand il a effectué la première greffe du coeur en Afrique du Sud à irradié son patient à la dose létal 50 pour supprimer les défenses naturelles de son patient parce qu’autrement il y aurait eu rejet du greffon. Cette technique date de 1956 HISTOIRE DE LA TRANSPLANTATION

            • Borice
              Borice répond à padiran
              Bonapartiste en plastique
              • Posté à 16h26 le 13/11/2012
              • Internaute 129480
                Bonapartiste en plastique

              Oui je sais, on irradie même les patients pour les greffes de moelle osseuse et on fait même changer les receveurs de groupe sanguin. On commence effectivement à connaître les effets de la radioactivité sur l’organisme, et d’ailleurs, il existe une base de données assez détaillées sur les liquidateurs de tchernobyl. (On a accessoirement mis en taule le professeur Bandajevsky pour ses travaux sur la pectine de pomme pour éviter la fixation du cesium sur la thyroïde...) mais bon, ça ne régle pas le problème de ces normes qu’on fait évoluer au grès des évènements et qui reposent sur un background plutôt faiblard

              • padiran
                padiran répond à Borice
                Chroniqueur Grolandais
                • Posté à 16h47 le 13/11/2012
                • Internaute 5159
                  Chroniqueur Grolandais

                Les normes évoluent en fonction des connaissances que l’on acquière de l’interaction entre les rayonnements et les tissus humains. Entre l’accident de criticité de Los Alamos de 1945 où 2 techniciens ont été exposés à une dose estimée à 6 Sv et les erreurs d’Épinal où 24 patients ont été exposés à des surdoses thérapeutiques entre 2004 et 2006, les techniques et les matériels de contrôle ont évolué, ainsi que la multiplication des sources radioactives qui servent dans de nombreux secteurs d’activités.

                • Borice
                  Borice répond à padiran
                  Bonapartiste en plastique
                  • Posté à 17h09 le 13/11/2012
                  • Internaute 129480
                    Bonapartiste en plastique

                  Je ne remets pas ça en cause. Le seul truc qui me gêne avec ces chiffres, c’est qu’on tente d’amadouer le pekin sur le nucléaire avec des chiffres qu’on sort d’un chapeau pour lui montrer que le risque est maîtrisé mais en fait, les scientifiques « honnêtes » savent que c’est du pipeau. On sait effectivement que telle dose est léthale au bout de x jours/mois, mais on sait aussi que les pathologies qui sont liées sont multifactorielles comme les cancers, ce qui rends toute étude un peu sérieuse (qui a dit OGM) quasiment non opposable dans les procès ou dans un argumentaire politique...

                  • padiran
                    padiran répond à Borice
                    Chroniqueur Grolandais
                    • Posté à 22h31 le 13/11/2012
                    • Internaute 5159
                      Chroniqueur Grolandais

                    La France à la chance d’avoir des choses intéressantes en matière de nucléaire
                    1) Une industrie nucléaire entièrement publique, c’est à dire déconnectée de la cupidité d’un actionnaire qui fera passer son intérêt avant celui de ceux qui travaillent dans les centrales, des citoyens ou de l’environnement
                    2) Les autorités de contrôles, l’ASN pour faire simple, sont indépendantes des exploitants.
                    3) Ils existent des contre-pouvoirs avec les associations environnementales du type, sortir du nucléaire, Acro, Greenpece, criirad, qui sont des aiguillons indispensables pour rappeler aux industriels et aux autorités que le nucléaire n’est pas une activité comme une autre
                    4) Un secteur de recherche à la pointe avec le CEA
                    Bref, les chiffres ne sortent pas du chapeau. Comprendre le nucléaire, même quand on est nul et/ou pas d’accord.

                    • Appleseed
                      Appleseed répond à padiran
                      Mangeur de Twix
                      • Posté à 10h51 le 14/11/2012
                      • Internaute 11691
                        Mangeur de Twix

                      C’est publique Areva ? Boudiou, j’en apprend tous les jours

                      • padiran
                        padiran répond à Appleseed
                        Chroniqueur Grolandais
                        • Posté à 14h11 le 14/11/2012
                        • Internaute 5159
                          Chroniqueur Grolandais

                        PROFIL DE L’ACTIONNARIAT D’AREVA
                        Areva est donc détenu à près de 90% par l’Etat car le CEA est un établissement public industriel et commercial (EPIC), la CDC Caisse Des Dépôts et Consignations et EDF sont majoritairement détenu par l’Etat

                        • Appleseed
                          Appleseed répond à padiran
                          Mangeur de Twix
                          • Posté à 16h30 le 14/11/2012
                          • Internaute 11691
                            Mangeur de Twix

                          Oki, je ne savais pas du tout :)

                    • Borice
                      Borice répond à padiran
                      Bonapartiste en plastique
                      • Posté à 14h18 le 14/11/2012
                      • Internaute 129480
                        Bonapartiste en plastique

                      1) comme en Ukraine...
                      2) Mouai, avec Fessenheim, on s’interroge quand même.
                      3) Encore heureux...
                      4) Mouai, j’ai visité Saclay dans les années 90. J’étais plutôt ébahis de constater que leur accélérateur de particule était monté sur des cubes de déchets nucléaire... (déjà en avance sur le recyclage). Après, quand on constate que le parc français de réacteurs est basé sur un modèle licencié de Westing House, je me demande bien dans quelle mesure on peut parler de pointe... pour le MOX ? / Superphénix ?

                      • padiran
                        padiran répond à Borice
                        Chroniqueur Grolandais
                        • Posté à 16h22 le 14/11/2012
                        • Internaute 5159
                          Chroniqueur Grolandais

                        On est en droit, en tant que citoyen, d’être sceptique et dubitatif sur le nucléaire. Moi c’est un peu différent, j’ai bossé pendant 36 ans dans l’antre de la bête et vu toutes les évolutions technologiques et normatives, j’ai suivi un certain nombre de visites de l’ASN, je suis à la fois le mieux et le moins bien placé pour en parler ça dépend ou on se situe et quel point de vue on défend.

                        • Borice
                          Borice répond à padiran
                          Bonapartiste en plastique
                          • Posté à 14h04 le 15/11/2012
                          • Internaute 129480
                            Bonapartiste en plastique

                          Objectivement, le problème n’est pas d’être « pour » ou « contre », le problème c’est qu’il n’y a aucune alternative crédible...

                          • padiran
                            padiran répond à Borice
                            Chroniqueur Grolandais
                            • Posté à 14h25 le 15/11/2012
                            • Internaute 5159
                              Chroniqueur Grolandais

                            Aucune technologie n’a une durée de vie éternelle et l’on est en droit de se poser la question, « par quoi la remplacer ? ». La fusion thermonucléaire, en expérimentation à Cadarache avec ITER, est une solution ; mais elle est très coûteuse et pas encore au point. Pour le moment , un bouquet de sources d’energies renouvelables est encore le plus pertinent (solaire, hydrolien, éolien, biomasse,....) mais ces sources ne peuvent répondre qu’aux besoins domestiques, pas aux besoins industriels ou de transports. Celui qui trouvera une énergie « de masse », facile à exploiter et non polluante sera le roi de la planète.

        13 autres commentaires
      • Karg se
        Karg se répond à Borice
        Ingénieur agronome vendu à une (...)
        • Posté à 15h32 le 13/11/2012
        • Internaute 9172
          Ingénieur agronome vendu à une (...)

        Ces tirs représentent des centaines de Fukushima et de Tchernobyl réunis. Les enfants européens contenaient plusieurs dizaines de Bq de césium par kg dans les années 60 :
        Lien

    • kodiak
      kodiak répond à padiran
      myope
      • Posté à 15h01 le 13/11/2012
      • Internaute 148655
        myope

      Arrêtez tous, mairde ! Vous allez encore faire pleurer Allègre ! ! !

      • padiran
        padiran répond à kodiak
        Chroniqueur Grolandais
        • Posté à 15h15 le 13/11/2012
        • Internaute 5159
          Chroniqueur Grolandais

        C’est vrai que ça fait un moment qu’il n’est pas venu nous distraire Bouletor, le clo(w)ne d’Allègre

         
        • Yvon le Zébulon
          Yvon le Zébulon répond à padiran
          L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
          • Posté à 18h32 le 13/11/2012
          • Internaute 65781
            L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

          Juste pour ne pas l’oublier au grenier des scientifiques avertis.

          ( mettre en plein écran : c’est un véritable régal )

          • padiran
            padiran répond à Yvon le Zébulon
            Chroniqueur Grolandais
            • Posté à 22h42 le 13/11/2012
            • Internaute 5159
              Chroniqueur Grolandais

            C’est toujours un vrai plaisir de regarder le dégraisseur de mammouths dans ses oeuvres

        2 autres commentaires
  • Quand Le Tigre Lit
    Quand Le Tigre Lit
    en rédaction de Sutras du Tigre
    • Posté à 17h08 le 13/11/2012
    • Internaute 189949
      en rédaction de Sutras du Tigre

    Vivement une nouvelle version de Oe, Dites nous comment survivre à notre folie.

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 18h25 le 13/11/2012
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    Les Japonais ont-ils raison d’avoir peur de « manger Fukushima » ?

    Et si on retournait la question en sens inverse ?

    « FUKUSHIMA A-T-IL RAISON DE ’RONGER’ LES JAPONAIS ? »
    ...car au fil du temps, ils vont tous se mettre à « peler » comme des poires.

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 20h54 le 13/11/2012
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    Les Japonais ont-ils raison d’avoir peur de « manger Fukushima » ?

    J’ai l’impression que ceux qui consomment les coquillages, les limandes et les rougets grondins en provenance de la Baie de Somme devraient s’inquiéter aussi.

    Tous des poissons « de fond » qui cottoient des alluvions peu recommandables.

  • Alissa Descotes-Toyosaki
    • Posté à 06h35 le 14/11/2012
    • Journaliste 179669
      journaliste

    bonjour a tous ! merci pour tous vos messages...Juste un mot pour rappeler que ce sujet a ete effectue a Fukushima et que malgre le titre un peu ronflant, il a ete ecrit pour essayer de retablir une certaine justice vis a vis de tous les producteurs , pecheurs de Fukushima. Quelques miliiers de personnes qui vivent en milieu contamine . J’aurais ete la premiere a m’etonner de voir les resultats des mesures de radioactivite de tomates ou poulpes de cette region bien en deca des normes officielles. (Rappelons que les normes francaises il me semble sont de 500 bq/kg ? soit 500 fois superieures qu’au Japon.. etrange non ?) Ne pas juger avant d’avoir vu. C’est un peu la devise de cet article qui n’a aucune pretention scientifique.Ceci est bon pour les antinucleaires japonais aussi qui ne mangent pas Fukushima mais ne sont jamais alles la-bas verifier ce qu’il s’y passait. Bien a vous.

    • padiran
      padiran répond à Alissa Descotes-Toyosaki
      Chroniqueur Grolandais
      • Posté à 16h36 le 14/11/2012
      • Internaute 5159
        Chroniqueur Grolandais

      Merci pour ce témoignage. Cela n’enlève rien à la gravité de ce qui s’est passé à Fukushima et des conséquences sur la vie de la population. J’ai travaillé pendant 36 ans dans le nucléaire et j’imagine très bien ce que doit être le quotidien des citoyens J’ai un ami français qui travaille dans la préfecture de Aomori et qui me fait régulièrement part des difficultés que rencontrent les habitants de Fukushima pour retrouver un vie « normale ».

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