Chez Francis

Francis est SDF depuis quinze ans. A 60 ans passés, il attend de toucher sa petite retraite et rêve d'une autre vie sous le soleil de l'Equateur. Mais d'ici là, « il faut tenir ». Chronique d'une saison à la rue pour Francis, Anouar, Philippe, Jeff et tous les autres.

Mon sac de SDF, mon oreiller, mon capital, ma galère

Aurélie Champagne
Journaliste
Publié le 23/11/2010 à 11h10


(Aurélie Champagne).

La première fois que j’ai vu Francis, il m’a parlé de sa récolte de cannettes. Son sac est pour lui un instrument de travail à part entière.


Philippe (Aurélie Champagne/ Olivier Volpi)

Traîné comme un boulet, détesté, chéri, protégé... Pour Francis, Philippe, Anouar et les autres, un sac n’est pas qu’un sac : c’est une galère à gérer au quotidien, la source d’un paquet d’angoisses et toute une vie passée à chercher des planques sauvages dans les rues.

Philippe est SDF depuis vingt ans. Il est « basé » près des Halles et dort sous un remblai face à l’Eglise Saint Eustache.

« Mon sac, c’est ma salle de bains et ma penderie. »

C’est aussi un capital. Un coffre où conserver les documents administratifs et les souvenirs personnels. Un siège et un oreiller. Un garde-manger et un rangement.

Philippe : « Plus une vie est longue, plus le sac est lourd »

Le sac est aussi un obstacle à pas mal de choses. A cause de lui, on peut se faire virer des lieux publics. Pas question d’aller chercher du boulot avec 35 kg de bagage sur soi et pas évident, non plus, de renouer avec des parents ou amis... Philippe explique :

« Le sac stigmatise le SDF parce qu’il ne peut pas bouger comme il voudrait. Ça te cloue sur place.

Y a certains sacs qui pèsent très très lourds. Plus une vie est longue, plus le sac est lourd. » (Ecouter le témoignage de Philippe)

Audio file

Philippe et la galère du sac

Francis : « Des heures de sommeil en moins ! »

La dernière fois, pour Francis, l’équation était simple : sac = fatigue.

« Des heures de sommeil en moins ! Tu l’as avec toi la nuit, tu dors que d’un œil pour pas te le faire piquer.

Et dans la journée, tu peux pas t’allonger sur un banc et dormir, sinon, tu le mets où ? »

Et puis, il y a le problème du mauvais temps. Un sac qui prend l’eau en hiver, c’est une malédiction : les vêtements et duvets ne sèchent plus et les mauvaises odeurs imprègnent tous les tissus.


(Aurélie Champagne/ Olivier Volpi)

Mains libres, la bagagerie participative de Philippe

Autant dire que depuis que Philippe occupe son demi-mètre cube au sein de la bagagerie Mains libres, il revit : son PC portable est en sécurité, le rechange à l’abri et ce petit espace, à lui, lui permet de se délester de sa grosse valise et de son couchage chaque matin. (Ecouter Philippe, son sac, sa bagagerie)

Audio file

Philippe, son sac, sa bagagerie

Il n’est pas peu fier d’être vice-président de l’association Mains libres où cinquante casiers sont mis à disposition des sans-abri. Les yeux qui frisent derrière sa grosse barbe de Père Noël, il en détaille le fonctionnement :

« Chaque personne acceptée à la bagagerie adhère à l’association au même titre que les ADF [avec domicile fixe, ndlr].

Les adhérents peuvent prendre part au conseil d’administration, aux décisions, assurer des permanences.

C’est une démocratie participative totale : on ne décide pas pour toi. Dans beaucoup d’associations quand tu es SDF, tu poses ton cul sur une chaise et tu n’as rien à dire. »

Le concept fonctionne si bien qu’il fait des émules. Après avoir effectué des maraudes pendant dix ans, Guy François vient d’ouvrir la bagagerie Antigel, qui dispose elle de soixante casiers et suit le même fonctionnement.

Planques et système D

Il existe une dizaine de consignes pour sans-abri à Paris. A défaut, c’est la débrouille. La mob d’Anouar n’a pas roulé depuis belle lurette mais il veille sur elle comme un trésor. Un gros caisson rivé au porte-bagages renferme toute sa vie.

Francis aussi entasse tout un fourbis dans le caisson de son deux-roues. Le reste du temps, il fait comme tous les SDF : il passe sa vie à chercher des planques pour ses sacs.

C’est lui qui a évoqué le premier le « système de la poubelle dans la poubelle ». J’étais effarée alors j’en ai touché deux mots à Philippe. Il a simplement souri :

« Oui, c’est très connu dans le monde des SDF... Les planques, t’en as partout dans Paris ». (Ecouter Philippe raconter le système des planques de rue)

Audio file

Philippe : « les planques, il y en a partout dans Paris »
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  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 11h24 le 23/11/2010
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    pourquoi ne pas faire une consigne gratuite pour sdf ?
    (sans rétro commissions)

    rappel historico-dramatique :

    C’était il y a exactement 4 ans, le 18 décembre 2006. Nicolas Sarkozy alors candidat, prononçait un discours à l’attention de la France qui se lève tôt. Tout ça dans la belle ville de Charleville-Mézières dans les Ardennes

    Il a promis toutes sortes de choses, mais une d’entre elles est terriblement d’actualité. Voici la phrase dans le discours écrit :

    Je veux que d’ici à deux ans plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d’y mourir de froid. Emporté par son élan, il prononça une promesse plus forte :

    Par ce que le droit à l’hébergement, je vais vous le dire, c’est une obligation humaine. Mes chers amis, comprenez le bien, si on n’est plus choqué quand quelqu’un n’a plus de toit et qu’il fait froid dehors c’est tout l’équilibre de la société ou vous voulez que vos enfants vivent en paix qui sera remise en cause.

    • Azza
      Azza répond à pablico
      Ingénieur en informatique (...)
      • Posté à 11h25 le 23/11/2010
      • Internaute 25467
        Ingénieur en informatique (...)

      Fou de rage. De colere. de frustration.

      Devant mes yeux, des images de poings dans la tronche et de dents qui volent.

      Mais bon, je vais me calmer, je vous rassure. Vite, il faut que je lise un article sur Miss Normandie Giscard d’Estain pour penser a autre chose.

    • ludo_75
      ludo_75 répond à pablico
      developpeur
      • Posté à 12h27 le 23/11/2010
      • Internaute 133534
        developpeur

      ça n’existe plus les consignes depuis les premiers plans vigipirates ! Et effectivement pour les SDF c’est un vrai drame !

      • pablico
        pablico répond à ludo_75
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
        • Posté à 12h32 le 23/11/2010
        • Internaute 14278
          À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

        des consignes spécifiques sdf.

        on n’a jamais vu de SDF terroristes..

        quoi que si ils l’étaient un poil, le problème des SDF serait résolu depuis longtemps..

      • marabbeh
        marabbeh répond à ludo_75
        au comptoir du café du commerce
        • Posté à 15h31 le 23/11/2010
        • Internaute 20412
          au comptoir du café du commerce

        Bien sûr que ça existe les consignes... Sinon on serait dans la m... quand on voyage. Ca a été supprimé un certain temps. Puis rétabli.
        Pour avoir dû traîner un bagage dans tout Paris, je comprends que ce soit pratique une consigne pour SDF, eux qui le font tous les jours...

    • ludo_75
      ludo_75 répond à pablico
      developpeur
      • Posté à 12h27 le 23/11/2010
      • Internaute 133534
        developpeur

      ça n’existe plus les consignes depuis les premiers plans vigipirates ! Et effectivement pour les SDF c’est un vrai drame !

    • Pi.K
      Pi.K répond à pablico
      Vilain Parisien
      • Posté à 12h46 le 23/11/2010
      • Internaute 105016
        Vilain Parisien

      Même en imaginant que Sarkozy ait été le moindrement sincère à ce moment-là (ce dont il est permis de douter, pour des raisons que je rappellerai plus loin), (1) son manque criant de compétence et de savoir-faire en la matière (les SDF que Sarkozy fréquente sont plutôt du genre « mon domicile n’est pas fixe parce que je voyage tout le temps entre le Cap Nègre, New York, Paris et l’île de Ré, et puis ma fortune n’a pas non plus de domicile fixe, un jour à Genève, le lendemain à Monaco en passant par les îles Caïmans et le Liechtenstein ») interdit d’avance tout espoir en la matière ; (2) cela impliquerait une vraie politique du logement, qui ne se décide de toute façon pas à l’Élysée, mais, entre autres, dans les bureaux du Puca (agence interne du ministère de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement, dans la Grande Arche de la Défense).

      Le problème, c’est que Sarkozy a miné sa promesse en promettant autre chose de parfaitement incompatible : « tous propriétaires ». Or une telle promesse implique de faciliter l’accès à la propriété, en passant par le crédit immobilier, ce qui renforce la demande (plus de personnes ont accès à la possibilité de devenir propriétaires de leur logement) alors que l’offre est très peu extensible (l’augmentation de l’offre passe par la construction de logements, ce qui prend du temps), ce qui génère une hausse des prix que la récente baisse des taux de crédit immobilier ne va pas arranger (avec pour effet direct la relégation des pauvres de plus en plus loin des villes, ce qui ne manque pas de piquant quand on sait que la ségrégation urbaine résultante n’est pas sans effet sur la délinquance, d’une part par la concentration géographique des pauvres, d’autre part du fait d’un accès plus difficile à l’emploi : le Kärcher était rempli d’essence). Ce qui reste, entre nous, tout bénéf’ pour la confrérie du Fouquet’s, qui ne manque pas de spéculateurs immobiliers.

      Quant à savoir si, au-delà de son incapacité à la mettre en œuvre, la promesse du candidat Sarkozy était sincère, on peut en douter : elle ne visait pas les SDF, dont le poids électoral n’est pas, c’est le moins qu’on puisse dire, extraordinaire, mais les électeurs potentiels, aussi bien à « gauche » (le point de vue « il n’est pas acceptable de faire vivre des êtres humains dans de telles conditions ») qu’à « droite » (le point de vue « ces propres-à-rien qui font pas joli dans nos belles rues si propres »). Ce qui fait plus songer à une manœuvre (manipulation ?) électorale qu’à une promesse sincère.

      • pablico
        pablico répond à Pi.K
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
        • Posté à 13h37 le 23/11/2010
        • Internaute 14278
          À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

        voulez vous que je vous dise :

        vivement que la droite arrive au pouvoir, vivement que Sarkozy soit président afin que la France et les rues bien de chez nous, ne soient plus une zone de non droit

        (amertume, dérision, gausserie, raillerie, sarcasme, et ironie)

    • zénon denon 84
      zénon denon 84 répond à pablico
      Bonne
      • Posté à 14h00 le 23/11/2010
      • Internaute 30028
        Bonne

      not bon chef de mafia
      nous aurait-il menti ,ou alors
      il nous aurait pris pour des cons / oui des cons ! ! !

      je ne pense pas que ça puisse durer encore longtemps
      à ce rythme avalanchesque ...comme aurait dit l’« autre » !

    • phildup02
      phildup02 répond à pablico
      sdf
      • Posté à 20h18 le 23/11/2010
      • Internaute 134250
        sdf

      il y a au sein de Paris maintenant deux bagageries
      la toute première qui a étè crée
       » l’association mains libres « 
      et maintenant une deuxième viens d’ouvrir dans le 14 iemes
      la bagagerie antigel
      en espérant qu’il y en ai d’autres

  • Azza
    Azza
    Ingénieur en informatique (...)
    • Posté à 11h21 le 23/11/2010
    • Internaute 25467
      Ingénieur en informatique (...)

    Cette article me rend fou de rage.

    Non pas qu’il soit mauvais, au contraire. Mais il me rend fou de rage.

    • A déménage le 7-6
      A déménage le 7-6 répond à Azza
      NC
      • Posté à 11h39 le 23/11/2010
      • Internaute 91661
        NC

      Ta colère est la mienne, et celle de nombre de gens.
      Celle de l’Abbé Pierre remonte à 56 ans, celle de Coluche a 22 ans, et toujours rien.
      Il n’y a que nos gestes au quotidien et notre colère, le pouvoir politique s’en lave les mains (qu’il a bien sales d’ailleurs).

      • Azza
        Azza répond à A déménage le 7-6
        Ingénieur en informatique (...)
        • Posté à 11h46 le 23/11/2010
        • Internaute 25467
          Ingénieur en informatique (...)

        Et quand est-ce qu’on le defenestre, le pouvoir politique ?

        hhhhhhhhhhhhh, hhhhhhhhhhhhhhhh, hhhhhhhhhhhhhhhhh

        hhhhhhhhhhh, je m’essouffle, hhhhhhhhhhhhhhh !

        Vite une bouffee de « Petite niece de Giscard »..........hhh

        Ouf, ca va un peu mieux.... mais pas vraiment mieux en fait.

         
        • A déménage le 7-6
          A déménage le 7-6 répond à Azza
          NC
          • Posté à 11h53 le 23/11/2010
          • Internaute 91661
            NC

          J’ ai peur que la petite nièce ne suffise pas à te détendre, ni moi d’ailleurs.
          Pour la défenestration il y a une fenêtre de tir courant 2012.

          • Azza
            Azza répond à A déménage le 7-6
            Ingénieur en informatique (...)
            • Posté à 14h23 le 23/11/2010
            • Internaute 25467
              Ingénieur en informatique (...)

            Malheureusement, au pied de cette fenetre, y’a des matelas moelleux au lieu d’un attroupement de sans-culottes (ca, on le laisse a Berlusconi).

          • phildup02
            • Posté à 20h21 le 23/11/2010
            • Internaute 134250
              sdf

            je personnelement que gauche ou droite c’est idem ce qu’il fait ce sont des action citoyennes tel que la creation de l’association mains libres

        • Naradamuni
          Naradamuni répond à Azza
          sans
          • Posté à 14h52 le 23/11/2010
          • Internaute 30050
            sans

          N’est-ce pas en premier lieu le pouvoir de l’Économique sur le Politique qu’il faudrait sans la défenestrer, puisque malgré tout indispensable, remettre à sa juste place ?
          C’est la structure même de nos sociétés-États devenues de Marché qui réduit l’horizon à une impasse et met nous les humains à la rue !
          L’économie tout en étant toujours présentée comme liée au couple production-rareté (la rareté étant la source de l’économie) est devenue en fait principalement « une activité de divertissement, au sens pascalien du terme - qui désigne, sauf erreur, toute occupation qui nous détournerait de l’essentiel. »
          Or, cela n’est pas une découverte récente non seulement de la part des grands « humanistes » mais aussi des grands « économistes » qui sont nombreux à considérer que l’économie n’est qu’une étape à franchir pour des raisons car elle est partie liée avec la rareté. Quand cette dernière s’efface, l’économie au sens classique du terme devrait disparaître. Marx parlait « du passage du règne de la nécessité au règne de la liberté ». Smith était dans le même registre quand il disait : « une fois le problème économique [la rareté] sera réglé, on pourra s’atteler à l’essentiel (…) [la construction] de la République philosophique », qui est la rencontre des questions premières qui se posent à l’humain (étymologie : humus, ce qui fait de nous des fruits de la Terre) à savoir « la question du vivre ensemble », « la question amoureuse » et « la question du rapport au sens ». Keynes parlait de son côté « de l’au-delà de l’économie » et il allait jusqu’à inciter ces collègues économistes à l’humilité [on y viendra de gré ou pas...] en disant qu’un économiste n’aura pas plus d’importance qu’un dentiste ».Tout en ayant de la considération pour les dentistes, « nul ne songerait à fonder le lien social sur la dentisterie », comparaison implicite avec l’économie à laquelle on assigne absurdement ce rôle.
          Et le panurgisme, cette facilité de l’être humain vivant en société, à se soumettre au modèle de comportement qu’il observe autour de lui, sans que personne ne le lui demande ou sans qu’il ne risque sa vie à s’y soustraire, est à notre sens une des plus importantes manifestations de notre « barbarie intérieure ».
          Comme on est sorti de la rareté sans être préparé culturellement à l’abondance, il en résulte « une surabondance d’énergie [et] on finit par (…) dépenser, se dépenser mais sur un mode pathologique et le mode pathologique par excellence, c’est les crises et la guerre (…) et les grands faits totalitaires. »

          Avec l’aimable participation ; o)) de
          LA LEGITIMITE DU REVENU MINIMUM D’EXISTENCE
          Pour un nouveau contrat social
          Mémoire de Master recherche de « Droits de l’Homme »
          Soutenu par Olivier Rochette - Année universitaire 2008-2009
          Université Lumière LYON II - Faculté de droit et de science politique
          Lien

          « *L’homme possède le droit à la vie, car il le tient des lois de la nature. Il a donc droit à sa part dans les richesses du monde. Grâce à son travail, il pourrait se procurer cette part et ainsi gagner sa vie. Il le pourra désormais de moins en moins, car son travail est progressivement éliminé par un gigantesque appareil de production qui rend tous les jours le labeur humain un peu moins nécessaire. Cependant les progrès techniques qui se succèdent en libérant l’homme de ses occupations matérielles ne doivent pas le priver des biens créés sous prétexte que son travail n’est plus nécessaire. En effet si l’homme est dénué de moyens d’existence, son droit à la vie devient un leurre. Mais si l’homme l’a inventé n’est il pas juste qu’elle travaille pour lui ? (…) La fortune des hommes de notre temps réside dans l’efficience des techniques qui permettent de créer ces richesses. Nous avons donc tous le droit de profiter des découvertes de nos devanciers : d’où ce deuxième principe :

          * L’homme est l’héritier d’un immense patrimoine culturel qu’il trouve aujourd’hui en naissant, car l’équipement agricole et industriel n’est qu’une œuvre collective poursuivie pendant des siècles par une foule innombrable de chercheurs et de travailleurs, tacitement associés pour l’amélioration continuelle de la condition humaine. Cependant, si l’homme est l’héritier de ce prodigieux patrimoine, il n’est que l’usufruitier des richesses qu’il permet de créer. Sous quelle forme pourrait-il en percevoir sa part ? Ecartons la fameuse prise au tas, qui se concilie mal avec l’ordre qui doit régner dans une économie rationnelle (…). Dans le monde moderne la part d’usufruit ne se conçoit que sous la forme de pouvoir d’achat, donc de monnaie, puisqu’elle ne constitue plus qu’un titre de créance. Il faut que tout le monde possède de l’argent pour vivre, comme tout le monde a de l’air pour respirer. D’où ce troisième principe :

          *Les droits politiques ne suffisent plus à assurer la liberté des hommes, car, pour vivre, il faut avoir de quoi vivre. Les droits du citoyen doivent se compléter des droits économiques du consommateur, concrétisés par un “ revenu social ” auquel il aura droit du berceau au tombeau. “

          Jacques Duboin Les yeux ouverts, 1955.

          • Chromakey
            Chromakey répond à Naradamuni
            Etudiant
            • Posté à 20h16 le 23/11/2010
            • Internaute 114233
              Etudiant

            Très joli votre texte, la langue est assez riche, vous citez des noms célèbres, c’est du plus bel effet. Néanmoins votre thèse repose sur des fondations totalement fallacieuses.

            Le concept de rareté sera toujours d’actualité pour la simple raison que la satisfaction de nos besoins mobilise du temps et des ressources qui sont tous les deux finis. Nous sommes forcés d’arbitrer en permanence. A vous entendre on aurait découvert la corne d’abondance mais dois-je vous rappeler que nous manquons de logement, dans quelques années de pétrole...
            La problématique de la rareté est insoluble, elle peut juste être atténuée au mieux par un auto-organisation des échanges.

            Votre conception de la richesse et du travail est également totalement faussée :
            « Cependant, le travail à lui seul produit fort peu, s’il n’est aidé par l’emploi de ce qui a été réalisé auparavant, au moyen d’épargne et de capital accumulé. Les produits sont le fruit d’une coopération entre le travail et l’outillage ainsi que d’autres biens de production, coopération dirigée selon le plan à longue portée de l’entrepreneur. Les épargnants, dont les économies ont constitué et maintiennent le capital, et les entrepreneurs, qui drainent ce capital vers les emplois où il sert le mieux les consommateurs, ne sont pas moins indispensables au processus de production, que les travailleurs de force.

            Il est dénué de sens d’imputer tout le produit aux apporteurs de travail, et de passer sous silence la contribution des apporteurs de capitaux et d’idées d’entreprises. Ce qui produit des objets utiles, ce n’est pas l’effort physique comme tel, mais l’effort physique correctement guidé par l’esprit humain vers un but défini. Plus grand (à mesure du progrès du bien-être général) devient le rôle des facteurs de production, et plus devient absurde la glorification romantique de la simple exécution routinière de travaux manuels » (Ludwig Von Mises – L’action humaine).

            Effectivement, le capital intellectuel, matériel, financier accumulé par les générations précédentes est immense mais il ne produit rien. Mais vous avez beau disposez d’un balai ce n’est pas pour ça que votre salon sera balayé si vous ne le faites pas. La richesse n’est jamais que la production d’un individu.

            • Naradamuni
              Naradamuni répond à Chromakey
              sans
              • Posté à 22h20 le 23/11/2010
              • Internaute 30050
                sans

              « En partie » d’accord avec vous, je ne me permettrait pas par contre de parler de fallacieux à votre encontre peut-être d’incompréhension ; quant à citer des noms célèbres, si cela se résume pour vous qu’à être du plus bel effet, c’est néanmoins indispensable dans un mémoire et vu que la thèse repose sur les fondations (fallacieuses ! ?) de ces illustres ...

              Quand une société vit dans le gaspillage elle est sorti de la rareté et
              nous sommes sortis de la rareté, « des besoins essentiels à la survie » ! Gandhi ; o)) résumait bien le problème qui se pose à nous : « Il y a assez de ressources sur cette planète pour répondre aux besoins de tous, mais il n’y en a pas assez pour répondre au désir de possession de chacun. »
              La course contre la rareté, objet de l’économie, est finie, mais nous continuons quand-même à courir car c’est une chose qu’on sait faire. »
              Il ne s’agit pas de trouver une corne d’abondance mais de tenter de rétablir l’équilibre de la balance du partage des besoins essentiels à la vie de tous. Un revenu minimum d’existence décent pour tous n’est pas la solution à tous les problèmes, mais il rend possible beaucoup plus de solutions et pas des moindres ...
              Lien

              « Votre conception de la richesse et du travail est également totalement faussée : » Qu’avez vous lu qui vous fasse dire cela ? Ou alors développez le, au lieu d’aborder un sujet « les apporteurs de capitaux etc...
              Il ne me semble pas avoir imputer tout le produit aux apporteurs de travail ni au propriétaire de capitaux pour qui l’économie, tout en étant toujours présentée comme liée au couple production rareté, est devenue en fait principalement “ une activité de divertissement, au sens pascalien du terme - qui désigne, sauf erreur, toute occupation qui nous détournerait de l’essentiel.”. “ Considérant que les rapports entre les humains sont ce qu’il y a de plus difficile, mieux vaut organiser le rapport avec les choses et la marchandisation ” dont on a ensuite beau jeu de se plaindre alors que c’est le mouvement naturel de cette “ économie de marché ” devenu “ société de marché ”. L’économie de marché conçue à l’origine est devenue à tel point centrale dans nos sociétés qu’elle fait désormais à elle seule société. Elle en est devenue en tout cas l’axe majeur. Comme l’être humain a vocation à appliquer jusqu’au bout les modèles qui lui sont présentés comme les meilleurs, la tentation est trop grande de prolonger la logique du marché sur ce auquel elle ne portait pas initialement (sortir de la rareté). La stagnation n’est jamais bonne. Il est important de créer une dynamique. Il est donc cohérent que ce soit l’économie de marché qui remplisse se rôle, et cela même de manière excessive, puisqu’il n’y a pas de modèle(s) concurrent(s) au marché et donc de la richesse qui ait une force symbolique et réelle qui puisse(nt) le rééquilibrer. Il y a une part d’hypocrisie à se plaindre de la marchandisation généralisée sans proposer une conception alternative de la richesse ou au minimum sans remettre en cause son paradigme dominant ; ce à quoi nous nous engageons.

              La richesse n’est toujours que la production d’un individu réalisable grâce à la production d’autres individus contemporains ou des générations précédentes !
              Sans balai...

        7 autres commentaires
      • Maud
        Maud répond à A déménage le 7-6
        In the eeeeeyes of the tiger
        • Posté à 12h02 le 23/11/2010
        • Internaute 66739
          In the eeeeeyes of the tiger

        « Celle de l’Abbé Pierre remonte à 56 ans, celle de Coluche a 22 ans »

        La colère de Coluche date d’un peu plus longtemps : il est mort en 86, il y a donc 24 ans. Et il était en colère certainement depuis plusieurs années avant cela.

        ... Désolée je ne peux rien apporter dans cette discussion si ce n’est ma colère personnelle, alors je participe sur les détails techniques...

         
        • A déménage le 7-6
          A déménage le 7-6 répond à Maud
          NC
          • Posté à 12h06 le 23/11/2010
          • Internaute 91661
            NC

          Tu as raison, au temps pour moi, je faisais référence à l’amendement Coluche qui date de 88 si ma mémoire est bonne, (j’irais vérifier), quand à sa colère, comme celle d’ailleurs de L’abbé, elle est certainement beaucoup plus ancienne.
          Merci pour ton mot.
          Jean

        1 autres commentaires
      • steed1
        steed1 répond à A déménage le 7-6
        Franco-Breton
        • Posté à 20h41 le 23/11/2010
        • Internaute 29140
          Franco-Breton

        Merci pour votre contribution, pour ma part je pense souvent à Coluche, à sa campagne électorale torpillée par la gauche et la droite, son engagement pour les resto du coeur.
        Chaque année je maudis ces politiciens de gauche et de droite qui se satisfont d’un système qu’ils n’ont pas contribué à mettre en place. Si j’avais à choisir, Coluche serait l’homme politique français le plus important de la deuxième moitié du XXème siècle.
        Oui, il n’y a pas un hiver où je ne pense pas particulièrement à lui.

         
        • A déménage le 7-6
          A déménage le 7-6 répond à steed1
          NC
          • Posté à 06h44 le 24/11/2010
          • Internaute 91661
            NC

          Merci pour votre message, il y a des hommes comme lui dont la colère et la volonté peuvent changer la vie des plus pauvres.
          Je ne peux m’empêcher de penser que les choses seraient différentes aujourd’hui s’il était encore là.
          Bonne journée,
          Jean.

        • framboise92
          framboise92 répond à steed1
          je choisis la campagne, la (...)
          • Posté à 09h22 le 24/11/2010
          • Internaute 24519
            je choisis la campagne, la (...)

          Bonjour,
          Moi aussi.

        • canette
          canette répond à steed1
          secretaire
          • Posté à 15h43 le 24/11/2010
          • Internaute 134314
            secretaire

          j’ai honte quand je lis des articles comme celui-ci, honte de me coucher le soir dans un lit douillet. Je n’ai pas de compte bancaire en suisse mais je traverse tranquillement la vie par rapport aux galères de certains. Comment un pays dit civilisé peut accepter que des êtres humains dorment sur les trottoirs, non pas dans des pays lointains mais là, ici, dans ce pays où tant d’argent se gaspille. Quand trouverons-nous un homme (femme) politique, de gauche, de droite, du centre ou de quelconque parti, capable de gérer humainement ce scandale, Existe-t-il ?

          • steed1
            steed1 répond à canette
            Franco-Breton
            • Posté à 20h15 le 24/11/2010
            • Internaute 29140
              Franco-Breton

            Pour répondre à votre question, je ne vois qu’Eva Joly.

            • canette
              canette répond à steed1
              secretaire
              • Posté à 16h14 le 25/11/2010
              • Internaute 134314
                secretaire

              je suis allée sur le net chercher des infos sur Eva Joly, j’avoue que je suis bluffée ! ! ! elle a parcours étonnant, à suivre

        5 autres commentaires
    • beaulande
      beaulande répond à Azza
      Des nuées de sens
      • Posté à 12h14 le 23/11/2010
      • Internaute 115981
        Des nuées de sens

      Et de frustration... : (
      Nous nous sentons impuissants, mais aussi que nous pouvons faire quelque chose...
      Pour commencer infléchir les votes aux prochaines élections, non pas en votant Troll, mais en votant utile, pour un candidat issu de la société civile, pour un « petit candidat »...
      Ou alors en suivant la proposition de Cantonat...

    • vacarme le rouge
      vacarme le rouge répond à Azza
      Francais emigré en allemagne et (...)
      • Posté à 12h41 le 23/11/2010
      • Internaute 121757
        Francais emigré en allemagne et (...)

      Moi aussi ca me rend fou de rage, d’autant plus que c’est voulue par le système.
      Je me souvien avoir lu un interview avec un sociologue qui disait en gros que les SDF servent au pouvoir comme menace envers les « petites gents ». Si tu la ferme pas et bien tu finis comme SDF.

    • rrrobotom
      rrrobotom répond à Azza
      Sea lover
      • Posté à 12h48 le 23/11/2010
      • Internaute 70782
        Sea lover

      Il y a au moins deux catégories d’SDF ; ceux qui veulent vivre ainsi et qui ont des membres de leurs familles qui viennent les voir régulièrement et crois moi j’en ai connus, ils tiennent absolument à rester comme ça. Puis il y a l’autre catégorie ; la plus grande en nombre, qui concerne ceux qui n’ont pas de moyens et qui n’ont pas le choix que de vivre dans la galère quotidienne comme si bien raconté dans le présent article. C’est là où le bas blesse. Le gouvernement croit en délégant la tâche de s’en occuper aux associations, se dégager de la responsabilité mais il ne fait que confirmer son cynisme vis-à-vis des SDF. Tant de morts par froid et par faim et pourtant ils ne réagissent que par à-coups. Aucune action structurée et budgétée en vue d’éradiquer ce phénomène comme promis par Mr. Sarkozy au cours de sa campagne électorale. Si on avait alloué le 1/1000ème de ce qu’on avait octroyé aux banques on aurait éliminé ce fléau mais que voulez vous ? Mr le président à d’autres chats à dorloter. Il s’amuse entre autres à accuser un journaliste de pédophile en pleine séance de presse. Comme quoi c’est ainsi qu’on l’accuse de tromper dans l’affaire Karachi. Plaisanterie de très mauvais goût.

      • Azza
        Azza répond à rrrobotom
        Ingénieur en informatique (...)
        • Posté à 14h27 le 23/11/2010
        • Internaute 25467
          Ingénieur en informatique (...)

        C’est terrible a dire, mais je crois que la seule solution serait une grave generale des associations.

        Pas une soupe, pas une marraude.

        Rien.

        Pour mettre le pouvoir face a sa responsabilite.

        Mais je sais que de la part de quelqu’un qui vit dans le confort, ce simple enonce sonne comme une monstruosite.

        Donc, je retire immediatement ce que je viens de dire. Et tout peut continuer comme avant.

         
        • Azza
          Azza répond à Azza
          Ingénieur en informatique (...)
          • Posté à 15h01 le 23/11/2010
          • Internaute 25467
            Ingénieur en informatique (...)

          Je me suis naze aussi.

          Je vous l’ai dit, je suis en rogne.

        • Ghasielyne
          Ghasielyne répond à Azza
          indépendante
          • Posté à 16h56 le 24/11/2010
          • Internaute 107796
            indépendante

          Pensez-vous vraiment que le pouvoir « public » se sentirait concerné par une grève des associations caritatives ? « Une de plus, établissons un service minimum ! » se dirait-il, peut-être... Quand les valeurs humaines sont en berne, faisons de la politique !

          • Azza
            Azza répond à Ghasielyne
            Ingénieur en informatique (...)
            • Posté à 11h01 le 25/11/2010
            • Internaute 25467
              Ingénieur en informatique (...)

            Je vous l’ai dit, cet article m’a mis en colere.

            Par contre, un engagement politique plus clair des associations serait peut etre benefique.

            Faire campagne pour recolter des dons, ok. Mais il faudrait peut etre interpeller le gouvernement plus radicalement.

            J’ai le sentiment qu’autant les associations qui combattent sur le terrain des « questions de societes » (assos antiracistes, ou pour les droits des homosexuels) n’ont pas hesite a se heurter de front avec le pouvoir (y compris en justice), autant les associations d’aide aux SDF me semblent plutot discretes. Du coup, ca ressemble plus a ce qui se fait ici, au royaume uni : un joli gala de charite a Noel avec plein de people qui donnent l’exemple de la generosite et des politiques qui se montrent discrets....

            La lutte contre la pauvrete devient juste une question de generosite personnelle. La politique est totalement evacuee.

            Je comprends bien que les associations se veulent « apolitiques » dans le sens ou elles ne veulent pas etre recuperees par un partit. Mais de la a rester muet sur les choix politiques qui impactent directement les plus pauvres ! ! ! ? ? ?

            • Ghasielyne
              Ghasielyne répond à Azza
              indépendante
              • Posté à 12h40 le 25/11/2010
              • Internaute 107796
                indépendante

              Je partage entièrement votre point de vue, et adhère complètement à vos propos modérés.
              Pour avoir travaillé au sein d’une ONG (Médecins du Monde pour ne pas la nommer !) et autres associations caritatives, je peux dire que ma vision « midinette » de ces associations a nettement évolué !

              Mais tandis que le fossé s’élargit entre les « nantis » du pouvoir (ou des pouvoirs, devrais-je dire) et le citoyen lambda (qu’un ministre a qualifié de « France d’en bas »), la paupérisation des classes moyennes permet de financer les cadeaux princiers des « politiques » !

        4 autres commentaires
  • Pépé61
    Pépé61
    Enterré vivant
    • Posté à 11h42 le 23/11/2010
    • Internaute 31199
      Enterré vivant

    Il va faire froid. Comme chaque année, on s’occupe des SDF dès que le thermomètre baisse. On râle parce qu’il n’y a pas assez de structures pour les accueillir, parceque les associations manquent de bénévoles et de moyens pour éviter le pire. Et puis ça fait bien, aux JT, de parler de ces malheureux entre les reportages sur les vitrines de Noël, ou sur la queue qui s’annonce à la première de la projection du dernier Harry Potter. Mais n’en parlons pas trop, parcequ’on se sent tous coupables de ne pas les aider assez, de mettre sur le dos de nos structures ou des élus cette situation intolérable. Mais dans notre égoïsme quotidien,on oublie un adage dont il faudrait se faire une devise : quand ça ne va pas, ne pas chercher de coupable autour, mais toujours se demander ce qu’on a fait soi-même pour en arriver là, ou ce qu’on aurait pu faire pour éviter ça.

    • Naradamuni
      Naradamuni répond à Pépé61
      sans
      • Posté à 14h59 le 23/11/2010
      • Internaute 30050
        sans

      Le panurgisme, cette facilité de l’être humain vivant en société, à se soumettre au modèle de comportement qu’il observe autour de lui, sans que personne ne le lui demande ou sans qu’il ne risque sa vie à s’y soustraire, est à notre sens une des plus importantes manifestations de notre « barbarie intérieure ».
      Lien

    • Ghasielyne
      Ghasielyne répond à Pépé61
      indépendante
      • Posté à 13h31 le 25/11/2010
      • Internaute 107796
        indépendante

      Certes, une remise en cause personnelle n’est jamais superflue, et le travail du développement personnel ne peut nuire...

      Mais, cessons de se complaire dans la culpabilisation systématique du citoyen lambda pour tous les maux de la société (SDF, racisme, etc.) C’est si facile de parler de « l’égoïsme des classes moyennes », pour éviter de regarder du côté des politiques !

      Vous mentionnez les queues devant les boutiques de noël ou le dernier film d’Harry Potter... Quel rapport ? Il est dangereux, à mon sens, de faire un parallèle (culpabilisant évidemment) entre l’argent dépensé pour une séance de cinéma ou autre et l’aumône qui n’est pas versée dans le chapeau ! Où est le respect de l’autre ?

      Quand je vois les salaires, pardon « traitements », mensuels accordés aux députés - qu’ils soient ou non présents ! - pendant et après leurs mandats... évidemment réglés par nos impôts (et vous parlez d’égoïsme ? Nous leur payons plus que ce nous gagnons, nous ! Cela s’apparenterait plus à de l’altruisme à mon sens ! ! ! lol ! , je ne peux m’empêcher de trouver que cet argent - ne serait-ce que 10%, voire 20%, serait peut-être mieux employé pour des actions sociales durables, et non pas un coup de pub ou de promotion !

      Mais sans doute suis-je trop naïve...

  • A déménage le 7-6
    • Posté à 11h51 le 23/11/2010
    • Internaute 91661
      NC

    Martin Hirsch, haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, ancien Président d’Emmaus France,
    Triste bilan.
    Il a mangé avec le diable et sa cuillère n’était pas assez longue.

    • Naradamuni
      • Posté à 15h56 le 23/11/2010
      • Internaute 30050
        sans

      Désolé ! *< ; o)) Le manche de la cuiller est (trop) long !

      Un homme tenait un jour une conversation avec un Sage. Il lui dit : « Grand Sage, j’aimerais savoir comment est le paradis et comment est l’enfer ». Le Sage conduisit l’homme vers deux portes. Il ouvrit l’une des portes et permit à l’homme de regarder à l’intérieur. Au milieu de la pièce, il y avait une immense table ronde. Au milieu de cette table, il y avait une grosse marmite contenant un ragoût à l’arôme délicieux. L’homme saliva d’envie.
      Les personnes assises autour de cette table étaient maigres, livides et malades. Elles avaient toutes l’air affamées. Elles tenaient des cuillères aux très longs manches, attachées à leurs bras. Toutes pouvaient atteindre le plat de ragoût et cueillir une cuillerée. Mais, comme le manche de la cuillère était plus long que leurs bras, elles ne pouvaient ramener les cuillères dans leur bouche et elles renversaient de ce merveilleux ragoût sans pouvoir s’en délecter en salissant tout autour d’elles. L’homme frissonna à la vue de leur misère et de leurs souffrances. Le Sage dit : « Tu viens de voir l’enfer ».

      Ils se dirigèrent alors vers la seconde porte. Le Sage l’ouvrit. La scène que vit l’homme était identique à la précédente. Il y avait la grande table ronde, la marmite de délicieux ragoût qui le fit encore saliver. Les personnes autour de la table étaient également équipées des cuillères aux longs manches. Cette fois, cependant, les gens étaient bien nourris, replets, souriants et se parlaient les uns aux autres en riant.
      L’homme dit au Sage : « Je ne comprends pas ! » « C’est simple, répondit le Sage. Ils ont appris à se nourrir les uns les autres tandis que les gloutons et les égoïstes ne pensent qu’à eux-mêmes ... cela fait toute la différence... »

      Vous pouvez regarder et/ou télécharger en ligne « le film en intégral » « revenu de base, une impulsion culturelle » ici :
      Lien
      Un revenu pour chacun, pour chaque personne sans condition, sans exigence ou mise sous tutelle, suffisamment élevé pour pouvoir vivre modestement.

  • Autruchette
    Autruchette
    Dieu est mort !
    • Posté à 11h52 le 23/11/2010
    • Internaute 134171
      Dieu est mort !

    C’est vrai ça : on parle des S.D.F. l’hiver. Et l’été, quand il fait chaud, voir très chaud dans nos villes, ils ont un abri, ils ont accès à l’eau potable pour se rafraîchir ?
    De toute manière, entre les promesses des uns, les agitations des autres, et les boeufs qui matent ça au J.T. de Pernault entre deux reportages de foies gras et champagnes..

  • a déménagé le 17 décembre ....
    a déménagé le 17 décembre ....
    émophane stable. voir mode d' (...)
    • Posté à 11h54 le 23/11/2010
    • Internaute 130799
      émophane stable. voir mode d' (...)

    Que du vrai. Pour moi c’est loin, mais de cette période, j’ai toujours gardé mon sac comme mon bien le plus précieux.
    Au cas ou...

  • Oontack
    Oontack
     ! =
    • Posté à 12h34 le 23/11/2010
    • Internaute 60324
       ! =

    Je ne peux pas concevoir qu’une personne dont le cerveau fonctionne parfaitement et qui s’exprime aussi clairement soit inutile aux autres au point de se trouver la gueule par terre, bannie de la société humaine.
    .
    On vit dans une société criminelle. C’est criminelle qu’une personne en 2010, en France, puisse être clodo.

    • A déménage le 7-6
      • Posté à 12h42 le 23/11/2010
      • Internaute 91661
        NC

      « Je ne peux pas concevoir qu’une personne dont le cerveau fonctionne parfaitement et qui s’exprime aussi clairement soit inutile aux autres au point de se trouver la gueule par terre, bannie de la société humaine. »

      Pourquoi, ceux dont le cerveau ne fonctionnerait pas aussi parfaitement ou qui ne s’exprimeraient pas aussi clairement auraient leur place dans la rue ?

      « On vit dans une société criminelle. C’est criminelle qu’une personne en 2010, en France, puisse être clodo. »

      Là par contre je suis d’accord.

      • Oontack
        Oontack répond à A déménage le 7-6
         ! =
        • Posté à 13h21 le 23/11/2010
        • Internaute 60324
           ! =

        « Pourquoi, ceux dont le cerveau ne fonctionnerait pas aussi parfaitement ou qui ne s’exprimeraient pas aussi clairement auraient leur place dans la rue ?

        Ce que je viens d’écrire est parfaitement horrible. Je parlais d’un point de vue ultra-libéral, évidemment.

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 13h19 le 23/11/2010
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    [ Philippe est SDF depuis vingt ans. Il est « basé » près des Halles.]

    ¤ .Je dois dire que j’ai beaucoup de mal à comprendre cela.

    Serait-ce tout simplement un choix de vie, car je ne m’explique pas qu’une telle situation de détresse puisse durer si longtemps.
     : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : : :

    Est-ce qu’Aurélie a pu faire un petit chèque (ou en espèces) d’environ 100 €uros,
    voire même un peu plus - pourquoi pas - à Francis et à Philippe pour leur aimable
    participation à l’article qu’elle nous fait partager...et qui génère des clics à Rue89.

    Parce que Gérard Depardieu a touché 50 000 € pour une simple apparition de 15 secondes dans une publicité pour les pâtes Barilla !
    ...avec en plus un versement de royalties à chaque passage télévisé de la pub.

    Alexandre, un SDF aujourd’hui recherché partout par ses amis de galère, semble avoir disparu du secteur, car il a abandonné toutes ses affaires... (le fameux sac) et quelques conserves de sardines. Disparition « IMPOSSIBLE », selon ses potes !
    ...de quoi inquiéter ses amis qui le supposent décédé, tué par le froid et la fatigue.

    • assisdansmoncanapé
      assisdansmoncanapé répond à Yvon le Zébulon
      spectateur
      • Posté à 13h28 le 23/11/2010
      • Internaute 132017
        spectateur

      « [Philippe est SDF depuis vingt ans. Il est “basé” près des Halles.]
      Je dois dire que j’ai beaucoup de mal à comprendre cela. »

      Peut-être qu’aller à la rencontre de Philippe ou d’autres SDF, leur parler et les écouter, comme le fait Aurélie, pourrait vous aider à « comprendre » ?

      « … Est-ce qu’Aurélie a pu faire un petit chèque à Francis et à Philippe pour leur aimable participation… »

      Qu’Aurélie aide ou non les SDF, c’est son problème, et ça ne me semble pas du tout être le propos de ce blog. Ou alors il faudrait exiger de tout journaliste qui recueille un témoigne de venir en aide à ceux dont il recueille les propos…

      En tout cas, cher Yvon, merci de votre commentaire. Vous nous prouvez avec brio que si, contrairement à Philippe, l’homme d’esprit n’est jamais seul, il peut être bien con.

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