Chez Francis

Francis est SDF depuis quinze ans. A 60 ans passés, il attend de toucher sa petite retraite et rêve d'une autre vie sous le soleil de l'Equateur. Mais d'ici là, « il faut tenir ». Chronique d'une saison à la rue pour Francis, Anouar, Philippe, Jeff et tous les autres.

Premiers grands froids, la saison des journalistes chez les SDF

Aurélie Champagne
Journaliste
Publié le 02/12/2010 à 19h32


la saison des journalistes (Aurélie Champagne)

Contre le gel, il y a les « techniques de routier », ricane Philippe, SDF depuis une vingtaine d’années :

« Tu découpes une semelle dans du carton et tu doubles le fond de ta chaussure. Tu te colles du papier journal dans le dos et sur le ventre. »

Depuis l’arrivée du froid, Philippe a troqué son squat sauvage en face de l’église Saint-Eustache, dans le Ier arrondissement de Paris, contre un lit de camp dans une salle d’hébergement d’urgence à la mairie du IVe :

« Quand il fait froid comme ça, j’hésite jamais. Même si j’ai un bon duvet et un petit coin à l’abri, ça suffit pas. »


Les duvets du Samu social (Aurélie Champagne).

Aux dernières nouvelles, Francis dormait toujours sous une descente d’escalier au-dessus d’une chaufferie dans le XXe arrondissement. A présent, j’ignore où il est. Il n’a pas appelé depuis un mois et n’appellera sans doute plus.

La dernière fois, au Busabri des Enfants du canal, un type était là, somnolant au-dessus d’un gobelet de café. Il lui ressemblait beaucoup.

La bagagerie Antigel : « On se limite aux radios »

L’accueil a beau être cordial, on sent poindre la lassitude chez Cédric, chef de service au Busabri :

« Avec la neige, on a énormément de demandes de journalistes. Ils veulent faire des reportages sur l’accueil de jour et les personnes à la rue. Ça continuera jusqu’à Noël et ensuite on aura très peu de demandes jusqu’au 15 novembre de l’année prochaine.

Notre action, elle, court toute l’année. On n’accueille pas spécialement plus de gens en période de grand froid. »

Au rez-de-chaussée du bus, une dizaine d’hommes bavardent au chaud. L’ambiance est conviviale, on charrie un type parce que je m’assieds à côté de lui. On sirote des boissons chaudes, on grignote des petits gâteaux. Anne-Lore, assistante sociale, s’occupe des dossiers en cours :

« Avec le froid, les gens de la rue ont peur. Ces temps-ci, j’ai beaucoup de demandes d’hébergement. »

A côté d’elle, Fabrice, garçon de café de 38 ans, raconte sa lente sortie de la galère après trois ans passés à appeler le 115 [le numéro d’urgence sociale, ndlr].

Soudain, une montée de panique vrille l’ambiance : une femme fait une syncope, il faut appeler les pompiers. La femme est SDF et souffre de graves troubles psychiatriques, explique Anne-Lore :

« Elle vit son errance à la rue comme une punition : elle marche pieds nus, dort à même le sol et s’habille à peine. Ses pieds sont très abîmés. Encore une année comme ça et ce sera l’amputation. »

Quand les pompiers repartent sans la patiente, l’équipe est fumasse :

« Ils disent qu’il suffit de l’alimenter. Mais ils attendent quoi ? Qu’elle crève ? »

Pendant ce temps, un homme d’une quarantaine d’années m’apostrophe gentiment :


(Auréile Champagne)

Je chasse les inquiétudes du bonhomme avec un sourire mais à l’intérieur, quelque chose grimace : l’idée de départ de ce blog n’était-elle pas de proposer « la chronique d’un seizième hiver passé à la rue » pour Francis ? Avec les mêmes parti pris de saisonnalité qui fleurissent dans l’actu ces jours-ci ?

Guy François, directeur de la bagagerie Antigel, lâche :

« Depuis le début de la vague de froid, on a été contactés par la presse écrite, par France Télévisions, BFM-TV, France inter... On a fait deux passages sur RTL, RMC. »

On se limite aux radios, on ne tient pas à ce que des images soient filmées avec des usagers, on ne sait pas ce qu’il y a dans leur vie. »

Emmaüs : « Le sujet-type que l’on donne en école de journalisme »

On y a droit tous les ans. Comme les soldes, la galette des rois ou les départs en vacances : les SDF face au retour des premiers froids est un marronnier pour journalistes.

Les rédactions chassent des SDF à interviewer et les associations essaient d’allier, sans trop transiger, impératifs de communication et protection de leurs usagers. Au service de presse d’Emmaüs :

« Depuis quinze jours, ça n’arrête pas. L’annonce de la neige a été le déclencheur. On a cinq ou six demandes par jour : le 20 heures de TFI, de France 2 mais aussi beaucoup d’écoles de journalisme. C’est devenu le sujet-type que l’on donne aux élèves. »

Au Samu social de Paris, Valérie Coton répond depuis treize ans aux demandes des médias :

« La plupart du temps, ils veulent suivre des maraudes de nuit ou interviewer un écoutant social du 115 de Paris. A contrario, seul un épisode caniculaire engendre des sollicitations en été. Le reste du temps, les médias s’intéressent peu voire pas du tout aux personnes sans-abri. »

Anne Derycke, responsable de communication de l’association Emmaüs, poursuit :

« Le plus souvent, les journalistes viennent avec pas mal d’idées toutes faites. Ils imaginent que les centres d’hébergement ressemblent à de grands dortoirs miteux.

Ils pensent qu’Emmaüs a une activité saisonnière basée sur le bénévolat, alors que nous employons 500 salariés et que nous avons 65 centres d’hébergement ouverts toute l’année. »

« Pour les SDF, c’est pire l’été »

Les articles se multiplient avec l’arrivée de l’hiver alors que les associations tournent toute l’année et qu’on ne meurt pas ou peu de froid quand on vit à la rue. Cécile Rocca, du collectif Les Morts de la rue :

« L’année dernière, on a dénombré une dizaine de sans-abri morts de froid... avec toutes les nuances qu’il faut apporter à ce chiffre.

Pour deux d’entre eux, il s’agissait de suicides : les hommes avaient prévenu. Ils se sont dénudés et se sont laissés mourir de froid. »

Et de trancher :

« L’aspect climatique est minime dans la mortalité des SDF. »

Guy François le clame à longueur d’entretien :

« Pour les SDF, c’est pire l’été. Les mois de juillet et août sont catastrophiques. La plupart des associations fonctionnent avec des bénévoles.

Quand ils partent en vacances, les assos ferment et il reste très peu de lieux où trouver de l’aide. L’été dernier, à la distribution alimentaire de la conférence Saint-Vincent-de-Paul, ils ont distribué pas loin de 500 000 repas en un mois ! »

Hôpital Saint-Anne : « Avec le froid, ils acceptent d’être hébergés »

Le psychiatre Alain Mercuel est chef du Service d’appui santé mentale et exclusion sociale, rattaché à l’hôpital Saint-Anne. Depuis dix ans, il œuvre avec ses équipes pour l’accès aux soins psychiatriques des gens à la rue. Pour lui aussi, l’été complique la donne :

« C’est plus difficile d’accéder aux sans-abri l’été. D’autant qu’avec la fermeture estivale de certains centres, il y a moins d’accueillants.

Les gens migrent plus facilement d’un point à un autre et on a plus de mal à accueillir les sans-abri.

Le fait d’avoir du froid est intéressant pour nous : les gens acceptent d’être hébergés ».

Morts de la rue : « L’alcool fait chuter la température du corps »

Dans 80% des cas, les sans-abri connaissent une mort violente. Il y a les agressions, les vols... Cécile Rocca évoque également les maladies chroniques et le stress :

« Quand on vit dehors, on a peur tout le temps, quelle que soit la saison. On ne dort pas et il y a beaucoup de conséquences aux addictions aux anxiolytiques et à l’alcool pris pour canaliser l’angoisse. »

Le docteur Tan, généraliste urgentiste, travaille en maraudes de nuit :

« Le problème de l’alcool consommé par grand froid, c’est que les gens sont souvent en hypoglycémie et s’intoxiquent.

Ils ont l’impression de se réchauffer mais c’est tout le contraire : l’alcool fait chuter la température du corps. »

Pour le médecin, « plus que l’alcool, c’est le non-suivi des traitements qui est le plus problématique quand on vit à la rue ».

Les sans-abri meurent de maladies chroniques dont on ne meurt pas quand on a une vie normale. Et Cécile Rocca d’énumérer :

« Epilepsie, diabète, surinfections qui ne guérissent pas, gangrènes... »

Autres facteurs de mortalité -quoique souvent liés- : les dépressions et psychoses, très courantes chez les gens de la rue. Le psychiatre Alain Mercuel rencontre « beaucoup de gestes auto-agressifs, de tentatives de suicides et d’automutilations graves » :

« Depuis l’enquête Samenta de 2009, on sait qu’il y a quatre fois plus de dépressions à la rue que dans la population générale, dix fois plus de psychotiques...

Et la psychose entraîne une diminution de l’espérance de vie de vingt ans. Quand on est schizophrène à la rue, on cumule donc ces vingt ans de moins et les conséquences d’une vie passée à la rue. »


Philippe à la mairie du IVe arrondissement (Aurélie Champagne/ Olivier Volpi)

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  • Poulardo2
    Poulardo2
    situation
    • Posté à 19h42 le 02/12/2010
    • Internaute 135173
      situation

    Une bonne soupe au cochon et ca repart.

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 19h46 le 02/12/2010
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    La solidarité humaine, vue par la politique de Sarkozy !

  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 19h48 le 02/12/2010
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    C’était il y’a exactement 4 ans, le 18 décembre 2006. Nicolas Sarkozy alors candidat, prononçait un discours à l’attention de la France qui se lève tôt. Tout ça dans la belle ville de Charleville-Mézières dans les Ardennes ( où j’ai vécu étant gamin).

    Il a promis toutes sortes de choses, mais une d’entre elles est terriblement d’actualité. Voici la phrase dans le discours écrit : Je veux que d’ici à deux ans plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d’y mourir de froid. Emporté par son élan, il prononça une promesse plus forte :

    Par ce que le droit à l’hébergement, je vais vous le dire, c’est une obligation humaine. Mes chers amis, comprenez le bien, si on n’est plus choqué quand quelqu’un n’a plus de toit et qu’il fait froid dehors c’est tout l’équilibre de la société ou vous voulez que vos enfants vivent en paix qui sera remise en cause.

    sans commentaire qui vaut 100 commentaires... au minimum

    • eXistenZ
      eXistenZ répond à pablico
      Arracheur de dents
      • Posté à 20h20 le 02/12/2010
      • Internaute 67914
        Arracheur de dents

      Vous êtes caustique... De mon côté j’ai noté une mobilisation de la plupart des communes pour éviter qu’ils ne crèvent de froid pendant leur sommeil. N’avez vous pas noté avec quel génie créatif nos designers urbains nous ont concocté de nouveaux bancs « pare-sommeil » ? Un arceau bien placé, une barre en fer en diagonale, un espace un peu trop important entre les lames... impossible de s’allonger et de dormir. Que de vies sauvées !

    • bloozmarch
      bloozmarch répond à pablico
      indocile heureux
      • Posté à 21h57 le 02/12/2010
      • Internaute 15731
        indocile heureux

      Moi, je vais vous le dire, comprenez moi bien, je ne suis pas du genre à renier ceux que j’ ai trahis, et si j’ ai retenu quelque chose de mon prédécesseur, (petit haussement d’ épaules et sourire en coin), c’ est bien ce qu’ il a dit, « Les promesses n’ engagent que ceux qui y croient », et de toute façon les socialistes, hein, ils auraient empêché le thermomètre de descendre en dessous de Zéro, hein ?
      Alors quand j’ en vois ici et là qui ont l’ ar comme ça, jie vous le répète, c’ est bien la faute à la crise, et nos S.D.F., et bien ils s’ en sortent mieux que dans les autres pays, et chez nous, pour eux, si c’ est pas la dolce vita dans les structures d’ urgence, c’ est qu’ il y en a qui refusent la main tendue !
      Grand sourire de connivence !
      FIN (FAIM ?)

  • PF43
    PF43
    cadre fonction publique, enfin (...)
    • Posté à 19h52 le 02/12/2010
    • Internaute 130271
      cadre fonction publique, enfin (...)

    Il faut croire que quand il fait chaud, il n’y a pas de SDF.
    Enfin, ils n’intéressent pas les journalistes qui ont de l’encre de Panurge dans leurs stylos. Sans doute parce que les SDF meurent moins vite en été, aux contraires des vieux qui sont le marronnier de l’été.
    Ah mais attendez... il ne s’intéressent pas non plus aux salariés sauf quand ils se jettent par les fenêtres.
    Ni aux pauvres et aux précaires, sauf le jour de l’ouverture des restos du coeur...

    • klm_83
      klm_83 répond à PF43
      Fonctionnaire précarisé
      • Posté à 01h12 le 03/12/2010
      • Internaute 130268
        Fonctionnaire précarisé

      Très bien trouvé l’encre de Panurge, vous m’avez arraché un semi-sourire malgré le sujet assez peu optimiste de cet article.

  • NTenad
    NTenad
    Communiquant
    • Posté à 20h03 le 02/12/2010
    • Internaute 135401
      Communiquant

    Ce qui est dangereusement déculpabilisant, c’est d’inculper le froid, de rendre « naturelle » la cause d’un problème de société. Dangereux.

    • rrrobotom
      rrrobotom répond à NTenad
      Sea lover
      • Posté à 23h24 le 02/12/2010
      • Internaute 70782
        Sea lover

      Vous avez raison. Ces pauvres SDF dont tous les politiques s’en servent et que personne ne sert. Ces politos ne s’en rappellent qu’en hiver et encore quand il y en a qui en meure. D’ailleurs ça se voit que leurs actions ou ce qu’ils projettent de faire ne relève que de l’ostentatoire mais pas du spontané.

  • A déménagé le 3 mai
    • Posté à 20h03 le 02/12/2010
    • Internaute 112096
      écriveuse

    Quand les médecins cesseront de trouver normal que des psychotiques soient à la rue, on pourra dire que la psychiatrie existe.
    Idem pour ce qui est des autres maladies et des spécialistes associés. Et pour le reste on ne pourra parler de société que quand tous les humains auront un toit. C’est révoltant.

  • terpsichore
    terpsichore
    Littéraire
    • Posté à 20h13 le 02/12/2010
    • Internaute 115690
      Littéraire

    Comme souvent à la lecture de vos articles : « Merci, Rue89 ! »

    Merci de mettre le doigt sur des sujets si vrais et si révélateurs qui nous rappellent les réalités et remettent les points sur les « i ». Ça fait du bien de se faire un peu bousculer sur la Rue !

  • momo la salade
    • Posté à 20h37 le 02/12/2010
    • Internaute 110276
      foutus

    comme le dit giscard le froid n’a rien d’exeptionnel , y fait froids dans plein de pays l’hiver

  • Bakounine9
    Bakounine9
    www.revoltes.net
    • Posté à 21h09 le 02/12/2010
    • Internaute 63837
      www.revoltes.net

    Je rêve un instant. Imaginons qu’au lieu de nous planter chaque année ce marronnier, au lieu de s’intéresser seulement à une conséquence parmi bien d’autres, la presse se mettait à insister aussi lourdement, avec autant d’entrain et de constance sur les causes.

    On ne pourrait lire un journal ou regarder une télévision sans entendre qu’il faut construire d’urgence un à deux millions de logements. Plus les quelques millions supplémentaires qu’il faudrait pour notamment désaffecter tous les logements laissant à désirer.

    On ne pourrait lire un journal ou regarder une télévision sans entendre qu’il faut donner des moyens énormes à la psychiatrie. Que c’est une honte pour un pays civilisé et riche à crever de laisser à l’abandon toute une partie de la population qui nécessite des soins. On aurait la même insistance à nous dire qu’il faut s’occuper des malades mentaux, des dépressifs, des névrosés, des T.O.C. et de toute la myriade des pathologies dont on ne s’occupe plus du tout si vous n’êtes pas fils d’archevêque.

    Lien

  • Nadia Aouassi
    Nadia Aouassi
    Employée
    • Posté à 21h14 le 02/12/2010
    • Internaute 68357
      Employée

    Cette comptabilité de ces hommes et ces femmes qui meurent dans les rues est indécente et insuportable ! ! !
    Tout comme nôtre politique ,c’est le fonctionnement de nos institutions qui est à revoir totalement.
    La déshumanisation de notre société dîte « civilisé » nous habitue à rester inerte et passif devant l’inaceptable ! ! !
    http ; //lamemejusticepourtous.unblog.fr

  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 21h21 le 02/12/2010
    • Internaute 82025
      non connue

    Juste pour dire que c’est un certain hiver 54 qu’un député couillu a fait venir des journalistes pour changer les choses.

    C’est un hommage anniversaire, en somme...

  • SimonR
    • Posté à 11h46 le 03/12/2010
    • Internaute 18841

    L’injonction à l’emploi provoque des dégâts chez nombre de personnes en insertion (histoire de S.) Le travail en réseau, lorsqu’il est trop formel, laisse des usagers sans accompagnement adéquat, parfois en danger (histoire de M.). Même l’emploi peut être pire que son absence (histoire de C.). Trop souvent, ces situations de plus en plus complexes laissant perplexes, voire démunis, les travailleurs des services psycho-socio-sanitaires. Lorsqu’ils parviennent à des avancées, elles restent souvent fragiles (histoire de P.)

    Toutes ces histoires et d’autres sont récoltées en ce moment sur Lien
    Une consultation des travailleurs sociaux voulue pour améliorer la prise en compte des troubles psychiques dans la relation d’aide. Pour plus d’infos : animateur.debatenligne@alter.be

  • A.V.
    • Posté à 21h45 le 02/12/2010
    • Internaute 24685

    C’est vrai que le sujet SDF est un classique de l’hiver. Avec le foie gras. D’ailleurs, ça va bien ensemble. Quand on s’est bien gavé de canard gavé, on éprouve une petite lourdeur que la vue de SDF en détresse vient soulager opportunément. Et puis quand il fait vraiment froid et qu’on imagine des pauvres gens dormant dehors... je ne sais pas... on apprécie encore plus son petit cocon scintillant des lumières de Noël.

  • Autruchette
    Autruchette
    Dieu est mort !
    • Posté à 22h12 le 02/12/2010
    • Internaute 134171
      Dieu est mort !

    Putain mais cessez de nous faire chier !
    Je suis SDF. Le plus dur, c’est l’été. Trouver un coin frais, de l’eau fraiche et buvable, c’est walou ! Vous ne vous occupez de nous qu’une fois que Noël approche, et que vos glaouis rétrécissent. Allez vous faire foutre !

  • brohan@live.fr
    brohan@live.fr
    égaré
    • Posté à 22h14 le 02/12/2010
    • Internaute 35000
      égaré

    L’inutilité du reportage journalistique, c’est qu’années après années, ils dénoncent, montrent comme des voyeurs, mais qu’inexorablement notre système sociétal génère de plus en plus de misère, tandis que nos « responsables » se permettent de diminuer toutes les subventions indispensables à une véritable politique sociale. On comprend le ras le bol des assos et des personnes en galère. Mais bon, Vive le bénévolat...(pas cher) vive l’information ( bonne conscience) et la mode qui permet un repérage temporel entre la toussaint et noël.

    • A déménagé le 18-1
      • Posté à 09h12 le 03/12/2010
      • Internaute 116615
        bc

      Je trouve que ce blog est de salut public, il est beaucoup plus nuancé et moins simpliste que vos propos.
      La misère, il faut la montrer et la remontrer, qu’elle nous emmerde, tous, qu’elle emmerde jusqu’à nos gouvernants de droite et de gauche, et qu’ils se mettent un peu à bosser contre.. J’éspère qu’un jour Sarko et ses copains du CAC 40 se prendront les pieds dans des pauvres types allongés devant leur palier, qu’il y en aura tant, que cette misère à laquelle ils auront largement contribué emportera le système actuel vers son implosion

  • brohan@live.fr
    brohan@live.fr
    égaré
    • Posté à 22h23 le 02/12/2010
    • Internaute 35000
      égaré

    L’inutilité du reportage journalistique, c’est qu’années après années, il dénonce, exhibe pour nous, voyeurs. En même temps, inexorablement, notre système sociétal génère de plus en plus de misère, tandis que nos « responsables » se permettent de diminuer toutes les subventions indispensables à une véritable politique sociale en toute impunité, voire avec la bénédiction de ceux qui « compatissent » à la misère. On comprend le ras le bol des assos et des personnes en galère. Mais bon, Vive le bénévolat...(pas cher) vive l’information ( bonne conscience) et la mode qui permet un repérage temporel entre la toussaint et noël.

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 23h51 le 02/12/2010
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    Sujet dramatique qui fait malheureusement parti des « marronniers ».
    Les « marronniers » sont des exercices de styles journalistiques récurrents comme la rentrée des classes, les bouchons automobiles des départs en vacances, les soldes,.....ce qui nous fait bien rigoler quand un tel exercice est effectué en haute voltige par notre vaticinateur local, Hugues Seraff. Cela ne fait plus rire personne quand il s’agit de traiter de l’humain et de sa solitude. Voici maintenant 66 ans que Henri Grouès, accessoirement abbé de son état, se révoltait devant la misère des sans abris. Depuis, à grands renforts de discours, les politiques font ce qu’ils savent faire de mieux, pérorer. Heureusement que les bénévoles et les collectivités locales prennent en charge ce que l’Etat est incapable de faire.

    • A déménagé le 31-1
      • Posté à 13h23 le 03/12/2010
      • Internaute 115310

      voui, mais on peut aussi considérer que la défausse constante de l’Etat sur le caritatif privé, avec critères d’admission ou de prise en charge particuliers, est assez inquiétant, dans l’autre sens

      • padiran
        padiran répond à A déménagé le 31-1
        Chroniqueur Grolandais
        • Posté à 13h46 le 03/12/2010
        • Internaute 5159
          Chroniqueur Grolandais

        J’ai une amie qui est Présidente des Restos du Cœur d’un département du centre de la France. Je lui est posé la question des critères pour bénéficier des aides. Quand tu vois qu’il y a des personnes qui arrivent aux restos du cœur avec un revenu de 2500 euros et des factures à payer à hauteur de 2500 euros par mois (loyers, remboursements voiture, électroménager, Hifi ,... ces personnes sont aiguillées vers les commissions de sur endettement.
        Il y a un problème avec les crédits revolving, problème soulevé auprès de Lagarde qui a refusé de modifier l’attribution de ces crédits en fonction de l’endettement réel des ménages (somme des crédits en cours).
        Les organisations caritatives ne peuvent prendre en compte tous les éclopés du crédit ; elles tentent de prendre les plus amochés.

         
        • A déménagé le 31-1
          • Posté à 14h14 le 03/12/2010
          • Internaute 115310

          je suis ok sur les restos, sur le surendettement...
          Je faisais plutôt allusion aux fondations ou assoces d’obédience religieuse par ex, avec critères d’admission ou de prise en charge discrétionnaires.
          Avant tout, je crois que vouloir s’en remettre au privé pour assumer des pans entiers de la question sociale comporte un certain nombre de dérives potentiellement inquiétantes (sujétion des individus à des régles qui échapperaient au contrôle des pouvoirs publics, aux règles démocratiques et républicaines pour ainsi dire, d’égalité devant le droit, etc.).
          Une défausse qui permet à l’Etat, cad à la droite actuellement, de continuer à mener une politique pour ses copains d’abord, voilà ...

          • padiran
            padiran répond à A déménagé le 31-1
            Chroniqueur Grolandais
            • Posté à 14h23 le 03/12/2010
            • Internaute 5159
              Chroniqueur Grolandais

            Ah ok, j’avais pas compris sous cet angle là. Effectivement je suis d’accord avec toi. L’Etat se défausse de plus en plus de ses missions et les confie dans le meilleurs des cas aux collectivités locales et dans le pire à des associations « privées », de tout y compris de déontologie et d’éthique. Cette défection n’est pas seulement dans le sociale, mais aussi dans l’éducation, la santé, la solidarité.

        2 autres commentaires
  • A déménagé le 10 mai
    • Posté à 00h09 le 03/12/2010
    • Internaute 102287

    En résumé : Les journalistes sont des branleurs qui font (en majorité) juste leur papier à chaque époque de l’année quoi...

    Printemps : le soleil qui arrive - les allergies et le tour de médecins pour dire attention blablabla - et un p’tit tour chez les producteur de fruits et légumes qui vont nous dire qu’avec le gel tardif la saison ne sera pas bonne c’est une catastrophe les prix seront en hausse (de toute façon, on ne mange quasiment pas ce qui est produit en france) ; il n’y a pas eu de gel la récolte sera bonne - scandale politique, détournement de pognon.

    Eté : la fête de la musique - reportage sur les pauvres gamins de banlieue qu’on emmène à la plage ou il verront la mer pour la première fois de leur vie - fête de la révolution avec son défilé - visite d’un ou deux campings - pensez à arroser vos petit vieux fréquemment pour ne pas qu’ils dessèchent - les jeunes qui picolent - les drogués de la jet-set - scandale politique reporté à la rentrée.

    Automne : la rentrée scolaire et visite dans 2 - 3 supermarché pour démontrer que le cout des articles scolaire n’ont pas augmenté d’un centime (le plus important est d’y croire) - reportage sur les arnaques des vacances et portrait du gugus qui s’est fait entuber - la cueillette des champignons (avec une spécial truffe qui coute des 10aines de milliers d’euro, important de parler gros sous) - resto du coeur - les gens qui sont dehors quand le froid arrive - l’insalubrité des logements - reprise des scandales politique, détournement de pognon.

    Hiver : des gens meurent de froid dans la rue et le SAMU social fait le tour de paris pour emmerder les clodos qui ne veulent pas se faire démonter la tête dans des foyers ; se faire voler dans des foyers dégueulasse et surpeuplé - noël approche, les gens dépensent beaucoup de sous et les commerçant font la majorité de leur chiffre d’affaire pour l’année - jours de l’an - les vacances au sports d’hivers et les dangers de la vitesses et selon la météo bonne ou mauvaise saison dépendante de la neige - scandale politique, détournement de pognon.

    Oui oui, on est habitué : p

  • kikoulol
    kikoulol
    Comme Roméo, hooo, hooo !
    • Posté à 01h18 le 03/12/2010
    • Internaute 114514
      Comme Roméo, hooo, hooo !

    Je trouve ça bien que la rue par grand-froid soit un « sujet-type d’école de journalisme ». Bien sûr, ces étudiants en journalisme seront notés sur la mise en forme, sur la dramatisation etc... Mais il y en a d’autres dont les sujets-types sont les calculs régressif et matriciel, la marge opérationnelle, la négociation de salaire et la machine à café. Et qui font sujets d’autres articles sur Rue 89 à propos du mensonge sur la plus-value de bonheur apportée par le diplôme : sujets-types d’aspirant-journaliste aussi, sans doute, tout ce qui parle au grand nombre.

    Il me semble que les marronniers en disent au moins autant sur les lecteurs que sur les journalistes. Les marronniers n’ont pas cette faculté des cerisiers à nous replonger dans l’éphémère, dans l’instant présent voué à disparaître, dans la chienneté de cette vie de merde et ses pétales roses. Les marronniers ne reviennent que pour nous dire que c’est bientôt Noël, la rentrée littéraire, les vacances au ski, les soldes (échéances à payer aussi), ou bien dans le cas des SDF nous ramène à la voix fâchée de maman -ou moins fâchée de Dutronc- qui disait : « Si tu continues comme ça, tu finiras balayeur ».

    Je donne toujours ma pièce, quand j’en ai une. J’achetais l’Itinérant quand j’habitais en banlieue, n’en vois jamais en vente à Paris, ne sais même plus s’il existe encore. Hébergé des potes en galère, emprunté un billet quand c’était mon tour. Aurélie Champagne, journaliste, a perdu la trace de Francis. On ne sort pas forcément indemne d’un « sujet-type d’école de journalisme », je crois ?

  • KIKI21000
    KIKI21000
    retraité
    • Posté à 05h10 le 03/12/2010
    • Internaute 53190
      retraité

    Beau travail sur ceux qui s’occupent toute l’année des « sdf », j’espère qu’un article sur cette même population sera repris cet été, époque où des « sdf » meurent par des températures élevés. Les conditions de vie dans la rue ne sont jamais acceptables !

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 07h16 le 03/12/2010
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    Un électeur ’encarté’ de l’UMP vole au secours d’un sans-abri !
    (c’est à peine ironique, tant ces gens manifestent de mépris pour les pauvres)

    - Ou comment réchauffer et réconforter un SDF en le méprisant.

  • jmc06
    jmc06
    chasseur de gorille
    • Posté à 07h34 le 03/12/2010
    • Internaute 75030
      chasseur de gorille

    Philippe ,y en a 2 autres

    que j’ai fabriqué pour 3 SDF,qui peut servir de réchaud,aliments eaux chaudes ect ,ça s’appelle la mèche,appris dans un endroit peu recommandable,croit moi cette astuce c’est de l’or,par ces temps de froid

    ensuite ne met pas de papier, entoure tes pieds et le torse (pour le principal )de film plastique ,le froid seras impénétrable
    pour les maladies ,l’principal de n’pas boire à la bouteille après les autres

    bon courage à toi

  • a déménagé le 17 décembre ....
    a déménagé le 17 décembre ....
    émophane stable. voir mode d' (...)
    • Posté à 08h50 le 03/12/2010
    • Internaute 130799
      émophane stable. voir mode d' (...)

    J’adore les gens qui parlent de tout ce qu’ils ne connaissent pas (la misère, les problèmes, la psy, la justice etc etc.) mais jamais de ce qu’ils connaissent ( la connerie et la folie) c’est à dire eux même.
    Et je ne parle pas de la journaliste qui a rédigé l’article.

  • Nemed
    • Posté à 10h08 le 03/12/2010
    • Internaute 60703

    Comment peut on être à la tête de l’État et garant de la destiné des citoyens français et ne pas faire de l’accès au logement, à la santé et à l’éducation la priorité absolue ?

    Et je ne parle pas que de Sarkozy pour une fois, vous pouvez remplacer « à la tête de l’État “ par à la tête d’une région, d’une commune, etc.

  • renmi21
    renmi21
    retraité
    • Posté à 10h14 le 03/12/2010
    • Internaute 74148
      retraité

    Vous titrez « des journalistes chez les SDF » pourquoi pas les SDF chez les journalistes ...... tout le monde sait que les journalistes ont le coeur sur la main ...... voilà une action qui serait beaucoup plus médiatique et plus humaine .... Que font les associations humanitaires ? ? ? ? ? Que font les psychologues ? ? ? ? ? Que font les travailleurs sociaux ? ? ? Que font les assistantes sociales ? ? ? ? Que font les élus ? ? ? ? ? Que font les services de polices ? ? ? ? Il y a des millions euros pour aider l’Irlande et en France on a pas les moyens de loyer les français qui sont à la rue….voilà où est le vrai problème ….. Il n’y a rien de logique dans tout ça …..

  • sybile
    sybile
    étudiante
    • Posté à 11h22 le 03/12/2010
    • Internaute 108413
      étudiante

    Enfin un article qui sort des clous ! ! MERCI de nous montrer l’autre coté du phénomène.

  • Karyn Dahmani
    Karyn Dahmani
    glaneuse
    • Posté à 12h12 le 03/12/2010
    • Internaute 133342
      glaneuse

    bien malheureusement, ce n’est pas le froid qui tue, c’est la misère, la pauvreté, l’absence de compassion...

  • ShredBluZ
    ShredBluZ
    Ingénieur Agronome
    • Posté à 12h40 le 03/12/2010
    • Internaute 50286
      Ingénieur Agronome

    A quand la saison des sdf chez les journalistes ?

  • kannan
    kannan
    Perplexe
    • Posté à 14h07 le 03/12/2010
    • Internaute 130188
      Perplexe

    Mon oncle était SDF, c’est pas l’hiver qui l’a tué, mais un « copain de galère » pour une bouteille de pinard....comme quoi, y a pas de saison pour en chier, c’est 365 jours/ an, avec ou sans le froid.

    Le problème dans ce pays, c’est que se sont toujours les mêmes qui se bougent quand il s’agit d’aider l’Autre, et malheureusement, les gens qui s’impliquent, sont souvent ceux qui ont déjà connu la misère, ou l’ont cotoyé de près.
    Les politicos qui font leur campagne sur la pauvreté, alors qu’ils sont les premiers à signer ou ordonner des « opérations chlorophiles » (= embarquer les zonards et les clochards qui trainent en ville pour les dépoter en pleine cambrousse, le but étant de faire croire aux citadins que les rues sont clean et que la misère n’existe pas chez eux...Je vous rassure, ils font ça surtout l’été...) et ben, ces gens là, je les prendrais au sérieux, le jour où ils injecteront autant de pognon pour les pauvres de ce pays de riches, que ce qu’ils ont injecté pour sauver leurs copains banquiers...

    ...Pour les journalistes de la Rue, à noter sur vos plannings : Une idée de sujet, comment se débrouillent nos concitoyens du bitume avant et après l’hiver...

  • PensezBiBi
    PensezBiBi
    Travailleur social
    • Posté à 23h08 le 05/12/2010
    • Internaute 79105
      Travailleur social

    « MARRONNIERS » D’HIVER.

    Le froid arrive et voilà les journalistes qui courent s’abriter sous « les marronniers » d’hiver.

    Ben oui, vous ne le savez pas, c’est que l’été est exquis pour les SDF. Ils peuvent s’amuser à faire pisser leur chien tard le soir, ils rêvent sous le ciel étoilé, ils sont libres sur leur matelas, ils font la manche en beaux tee-shirts et surtout ils voient passer les journalistes, mines resplendissantes, prêts à se requinquer à la Rochelle chez grand-mère ou aux Maldives chez super-Tonton.

    Les journalistes voient les SDF aux Grands Froids, uniquement aux Grands Froids mais ils restent aveugles devant eux en été, aveugles devant eux qui s’épuisent à survivre pourtant sous un Soleil Noir.

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