Chez Francis

Francis est SDF depuis quinze ans. A 60 ans passés, il attend de toucher sa petite retraite et rêve d'une autre vie sous le soleil de l'Equateur. Mais d'ici là, « il faut tenir ». Chronique d'une saison à la rue pour Francis, Anouar, Philippe, Jeff et tous les autres.

Pour un SDF, le chien est un ami, une protection et des emmerdes

Aurélie Champagne
Journaliste
Publié le 22/01/2011 à 12h57


L’Electro et son chien : « Elle vient d’où la misère ? » (Aurélie Champagne/ Olivier Volpi)

Soli fait équipe avec Nikita. Il y a aussi L’Electro et Mistral. Jeff et Grisou. Stéphane et Diego. Henri et Sniper. Tous sont totalement dévoués à leur chien. C’est une protection, une famille et une raison de marcher droit. Paradoxalement, un chien est aussi un fardeau qui rive le maître au bitume et corse ses conditions de vie.

L’Electro passe ses journées devant la ventilation d’un Franprix en compagnie de son ami Soli. Chacun a ses sacs, son pack de bières et son chien. La petite bande est connue dans le quartier. Les riverains s’arrêtent pour bavarder, ils appellent les bêtes par leur nom. Les chiens s’ébattent puis tombent de fatigue l’un contre l’autre. Ils attendrissent les passants. Certains déposent une boîte de pâté.

Soli et l’Electro boivent bière sur bière. Pour bavarder, il faut faire la course avec leur ébriété. Soli raconte son histoire. L’Electro boit et crie ce qu’il a à dire pour compléter les propos de son ami. Chaque bière engloutie échoue sur un tas de canettes froissées, soigneusement rangé derrière son sac.


Soli et Nikita (Aurélie Champagne/ Olivier Volpi)

Soli a une cinquantaine d’années mais son visage est marqué. Il vit à la rue depuis 1989 et avec Nikita depuis 2003. On ne peut pas dire que son jack russel soit un molosse, pourtant Soli se vexe si on doute des qualités de protecteur de son chien :

« Elle va t’attaquer au mollet au début. [...] Si jamais elle te fait tomber par terre, tu peux dire au revoir à la vie. [...] C’est une alarme, c’est ce qui te prévient de tout danger. »

Pour Soli, Nikita est aussi un compagnon que « même les flics ne feront pas parler ». (Ecouter Soli vanter les qualités de son chien)

Audio file

Soli vante les qualités de Nikita

Jusqu’en 1994, un chien pour échapper au ramassage de la Bapsa

Soli a commencé à vivre avec un chien à l’époque où les autorités hébergeaient de force les sans-abri. A cette époque, il s’agissait d’échapper aux ramassages intempestifs de la Brigade d’assistance aux personnes sans-abri (Bapsa).

Créée en 1955 – soit un an après l’appel de l’abbé Pierre –, cette brigade de police urbaine était appelée « équipe de ramassage de vagabonds » jusqu’en 1968. Alors, « la Bapsa avait l’obligation de ramasser les clochards », de gré ou de force. Ils étaient le plus souvent conduits au Chapsa, le Centre d’hébergement de l’hôpital Max-Fourestier de Nanterre.

La simple évocation du lieu réveille les pires angoisses chez Soli et L’Electro :

« Ils te ramassaient. Si tu voulais t’enfuir, ils te chopaient, ils te massacraient et te passaient les menottes. Ils t’attachaient au poteau dans le bus. » (Ecouter les explications de Soli et son anecdote incroyable sur la femme d’un préfet de police)

Audio file

Soli et la Bapsa

Jusqu’à l’abrogation des lois sur le délit de vagabondage en 1994, un des moyens d’échapper à la Bapsa était d’avoir chien :

« Ça les faisaient chier parce qu’après ils devraient appeler la fourrière. Pendant que tu étais à Nanterre, ils savaient pas trop quoi foutre du chien. »

Les SDF qui ont un chien, souvent plus désocialisés que les autres

Les temps ont changé. Soli et l’Electro aussi – vingt ans de rue obligent. Pourtant, vivre avec un chien soulève toujours les mêmes paradoxes : on prend un animal pour se protéger, pour avoir un compagnon fiable qui est aussi un repère affectif quand tout prend l’eau. Seulement, la présence d’un chien interdit l’entrée de beaucoup de lieux. Au final, les SDF qui ont un chien sont souvent plus désocialisés que les autres.

« Déjà, un chien, c’est des emmerdes avec l’administration », lâche L’Electro, dont les yeux se brident à mesure qu’il entasse ses 8.6 :

« Quand tu as un rendez-vous, tu ne peux pas rentrer dans les bureaux avec. Si tu le laisses dehors, on te l’embarque. Il faut s’organiser pour qu’on te le garde. »

« Raconte-lui ton histoire, quand ils t’ont viré du bus », lance Soli. L’Electro se renfrogne et regarde ailleurs. Soli raconte à sa place :

« Il y a un mois de ça, il vivait sous une tente au bois de Vincennes. La neige a flingué son abri. Pour rentrer, il prend un bus qui le ramène à la lisière du bois. Un soir, le chauffeur lui demande de descendre avec Mistral. L’Electro refuse, disant qu’il fait trop froid et qu’il lui reste 5 km à marcher. Les flics sont venus. Il a fini en cellule de dégrisement et le chien dans un centre. »

« Quand je rentrais à ma tente dans la journée, je me repérais aux marques que j’avais faites sur les troncs », maugrée L’Electro. « Mais la nuit, c’est Mistral qui me ramenait. »


L’Electro et Mistral (Aurélie Champagne/ Olivier Volpi)

L’Electro et Soli ont renoncé depuis bien longtemps à chercher des centres d’hébergement. Le manque de structures tolérant les chiens et les conditions d’accueil des animaux y sont pour beaucoup :

« Souvent, le mec est au chaud, il a sa soupe, mais le chien on s’en fout. Il est dans une cage en plein courant d“air et s’il renverse son eau en tournant, tant pis pour lui.”

Malgré la rareté des lieux d’accueil, un nom revient souvent sur les lèvres : la péniche Le Fleuron Saint-Jean, “ un des seuls endroits où on peut garder son chien avec soi ”.

Nous discutons depuis deux heures. L’Electro est ivre. Couché à ses pieds, Mistral veille. Soli maintient qu’il peut boire sans fléchir et continue de me raconter sa vie.

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  • pablito31
    pablito31
    Juriste
    • Posté à 13h04 le 22/01/2011
    • Expert 138342
      Juriste

    J’aime bien ces chroniques.

    Ca vous montre la dureté de la situation de certains, sans condescendance ni pitié.

    Les gens dont on parle sont décrits avec rigueur, leur travers et leurs sourires à égalité. On les comprend sans les envier ni les mépriser.

    En fait, on les respecte en tant qu’êtres humains, qui n’ont pas besoin de s’excuser de ce qu’ils sont.

    J’aime bien ces chroniques.

  • Nislheim
    • Posté à 13h07 le 22/01/2011
    • Internaute 91774

    Belle plongée... bel article.

    • stupidboy59
      stupidboy59 répond à Nislheim
      Fines plaisanteries
      • Posté à 19h59 le 22/01/2011
      • Internaute 124816
        Fines plaisanteries

      Et des dessins qui déchirent de plus en plus...

      En fait, je capte surtout les dessins.

  • momo la salade
    • Posté à 13h14 le 22/01/2011
    • Internaute 110276
      foutus

    un ours c’est mieux

    • Numerosix
      Numerosix répond à momo la salade
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 13h17 le 22/01/2011
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)
      • Blue_tail_fly
        Blue_tail_fly répond à Numerosix
        Dans l'Air du Taon
        • Posté à 17h01 le 22/01/2011
        • Internaute 123618
          Dans l'Air du Taon

        Suffit pas d’avoir une bonne tête, il faut encore montrer patte blanche et rester tout miel. Il n’est même pas certain que les ours de Slovénie ou des Carpathes s’adaptent à long terme dans les Pyrénées.

        C’est un peu comme les éléphants dans les magasins de porcelaine, ça réclame de gros et forts d’éducation :

    • TienTien
      TienTien répond à momo la salade
      impavide devant les ruines de (...)
      • Posté à 13h32 le 22/01/2011
      • Internaute 86881
        impavide devant les ruines de (...)

      Sauf peut-être lorsqu’il hiberne ?

      • grosnours
        grosnours répond à TienTien
        ecoretraite
        • Posté à 10h12 le 23/01/2011
        • Internaute 94647
          ecoretraite

        c est a moi que tu causes ? groumpf !

  • harvestjo
    harvestjo
    pas terrible
    • Posté à 14h00 le 22/01/2011
    • Internaute 115190
      pas terrible

    A Barcelone, j’avais rencontré dans un bar une fille qui au détour de la conversation m’avait dit qu’elle n’avait jamais connu ses parents : la DASS pendant 18 premières années de sa vie donc.

    J’étais déjà en train de chercher quelques paroles « réconfortantes » quand d’un coup d’oeil elle m’a interrompu :

    « Pas d’apitoiement stp ».

    * * * *

    Les chroniques de cette journaliste son tout secs, brutal dans sa réalité, notre flaire sentait déjà un souffle de pitié condescendante nauséabonde mais non : seul une légère brise un peu fraîche vient nous éclaircir.

    Merci pour vos chroniques.

    PS : le crayon est à la hauteur de la plume

  • beuhrète-
    • Posté à 14h21 le 22/01/2011
    • Internaute 75660

    L’animal en l’occurence le chien remplace ce que l’humain à perdu depuis quelques décennies c’est à dire son humanité.

    • InitiativeDharman
      InitiativeDharman répond à beuhrète-
      Berger dans les nuages
      • Posté à 17h37 le 22/01/2011
      • Internaute 56651
        Berger dans les nuages

      Ne l’a t-il jamais eue (son humanité) ?

  • InitiativeDharman
    InitiativeDharman
    Berger dans les nuages
    • Posté à 14h40 le 22/01/2011
    • Internaute 56651
      Berger dans les nuages

    PCC : pseudo-punk avec chien et crête.

    Je me souviens d’un temps où l’homme sans toit ni travail faisait la manche, pour s’acheter l’alcool qui l’aidait à oublier, à survivre et un peu de nourriture pour lui et son fidèle compagnon : son chien.

    Aujourd’hui, je ne vois plus ces clochards célestes.

    Je vois des SDF, très jeunes la plupart du temps, avec leurs chiens...
    Parfois, il y a plus de chiens que de personnes...

    Certains, ont un toit, touchent le RMI.

    D’autres, viennent s’encanailler cyniquement, le temps d’un jour, auprès des exclus, avec leur chien bien entendu...(et le look qui va avec)...

    Elles ont bon dos, ces pauvres bêtes.

    Combien de fois ai-je vu leurs maitres les frapper à mort...

    Parfois, on ne distingue plus le vrai du faux.

    Le chien protège, transmet sa chaleur, est une compagnie.
    Encore faut-il lui être redevable.

    Je donne pourtant fréquemment à ces exclus, en regrettant le clochard solitaire et son chien, pacifiques, tous deux.

    La clochardisation est devenue elle aussi, décadente.

    • Ginette Bouzigue
      Ginette Bouzigue répond à InitiativeDharman
      concierge dans l'escalier
      • Posté à 15h05 le 22/01/2011
      • Internaute 102660
        concierge dans l'escalier

      C’est vrai, j’habite dans le sud, où il y a beaucoup de punks à chiens, comme on les appelle ici, car le climat est doux et ils ont énormément de structures d’accueil pour eux et leurs chiens et je constate une maltraitance permanente sur leurs animaux. Ça me fait mal. Je sais, on me rétorquera que la misère ect... ect... Mais l’animal n’y est pour rien de cette misère et doit subir la violence alcoolisée de ses maîtres. Moche et glauque... Et décadent, oui.

      • Popy_Chou
        Popy_Chou répond à Ginette Bouzigue
        Auvergnats de tous les pays, (...)
        • Posté à 16h59 le 22/01/2011
        • Internaute 133142
          Auvergnats de tous les pays, (...)

        Les punkachiens qui squattent les places des grandes villes peut-être. Mais j’ai jamais vu un SDF maltraiter ton clébard...

        Pourtant j’habite Lille, Dieu s’il existait saurait combien il y en a...

         
        • InitiativeDharman
          InitiativeDharman répond à Popy_Chou
          Berger dans les nuages
          • Posté à 17h31 le 22/01/2011
          • Internaute 56651
            Berger dans les nuages

          Ah ! Bon !
          Tu as de la chance, moi, je vois çà tous les jours.
          Moi, je vois çà tous les jours.
          Il faut dire que j’habite Bordeaux,
          La ville de Monsieur le cul-mou : Alain Juppé.

          • beuhrète-
            • Posté à 20h08 le 23/01/2011
            • Internaute 75660

            La ville du repris de justice ? je comprends pourquoi vous êtes si dur avec les SDF qui maltraiteraient leurs chiens.

            Perso je n’ai vu que de l’humanité dans le regard du chien envers son maître SDF a contrario de bien des humains qui ne regardent même pas ces malheureux je parle des deux là.

            • InitiativeDharman
              InitiativeDharman répond à beuhrète-
              Berger dans les nuages
              • Posté à 05h46 le 24/01/2011
              • Internaute 56651
                Berger dans les nuages

              Oui, de nombreux SDF maltraitent leurs chiens.

        • Ginette Bouzigue
          Ginette Bouzigue répond à Popy_Chou
          concierge dans l'escalier
          • Posté à 20h32 le 22/01/2011
          • Internaute 102660
            concierge dans l'escalier

          Je peux vous affirmer qu’ici , à Toulouse, les chiens de SDF sont maltraités par leurs maîtres. Je le vois tous les jours et ça me met en colère ! Et l’agressivité de ces punksàchiens, qui ont quand buté un mec en le basculant du Pont Neuf dans la Garonne, me dérangent de plus en plus ! ! ! L’été, c’est insupportable !
          De plus, j’ai un ancien punk à chien dans mon immeuble qui fait venir tous ses copains et ça devient un enfer !
          Voilà, certains me rétorqueront que je suis réac, tant pis mais je ne suis surtout ni assistante sociale, ni psychiatre et que ma propre précarité ne me laisse pas le temps de m’apitoyer.
          Mais que faire, je ne sais pas. Toujours l’écart entre le discours et la réalité.
          Surtout que la ville de Toulouse a mis à leur dispositions énormement d’aides de toutes sortes.

        4 autres commentaires
      • monOpinion-
        monOpinion- répond à Ginette Bouzigue
        Coon & Friends
        • Posté à 19h31 le 22/01/2011
        • Internaute 22434
          Coon & Friends

        Idem dans le Nord-Est, à Reims les punkachiens quadrillent méthodiquement les guichets automatiques bancaires de la place principale. Et ce n’est pas le froid qui les rebutent...

         
        • -Mélusine-
          -Mélusine- répond à monOpinion-
          Brebis galeuse
          • Posté à 19h41 le 25/01/2011
          • Internaute 142026
            Brebis galeuse

          A Reims on quadrille les distributeurs et vous savez pourquoi ?
          Car la Place d’Erlon est composée en grande partie de :
          - cafés : aïe , manche impossible ! Dispute assurée avec le patron !
          - galeries marchandes : on ne peut pas fumer, on ne voit pas assez de monde
          - boutiques de vêtements : les gens paient rarement en liquide des fringues à 150e le tee-shirt...

          Alors oui, à Reims on se fixe les tabacs et les banques comme point de chute...

        1 autres commentaires
    • Enki
      Enki répond à InitiativeDharman
      alchimiste
      • Posté à 13h49 le 23/01/2011
      • Internaute 9562
        alchimiste

      Une tantine à moi eut pendant des années une femme de ménage qui descendait chaque semaine à la même station de métro, où elle croisait le spot de manche de quelques uns de ces punkachiens. Ceux là, qui ne se privent pas de l’indécence de sourire parfois, sourire même aux bourgeois s’imaginant qu’il existât un jour un RMI pour les moins de 25 ans, étaient généralement accompagnés de quelques autres batards.

      La laborieuse domestique, plus alcoolique qu’eux dans sa vie d’esclave, et que je n’ai jamais vue rire faisait son arrivée hebdomadaire accompagnée de ce commentaire systématique :

      « Quand même, ces pauv’ bêtes qui couchent dehors ! »

      A la cloche ou dans cette bonne société, où s’invente l’humanité ? D’où voit-on sourdre la décadence ?

      Un chien, en plus d’avoir l’humanité de partager la patée qu’il mendie (le paté est pour les bipèdes), a celle de réinventer à son échelle la collectivité comme une sécurité partagée : la société.

      Il garde vos chaussures et partage sa chaleur, sans le monnayer, sans charité.

      Il offre à son maître de n’être pas le dernier échelon hierarchique, quand les pairs de son espèce le relèguent à une considération inférieure à celle qu’ils ont pour un animal.

      Aujourd’hui, en effet, l’idée qu’il faille mériter ses droits et sa dignité d’être humain a fait son chemin.

      Un chien ne remet en question les certitudes de personne, ça mérite bien une patée...

      • Ginette Bouzigue
        Ginette Bouzigue répond à Enki
        concierge dans l'escalier
        • Posté à 12h26 le 24/01/2011
        • Internaute 102660
          concierge dans l'escalier

        Oh ! oui, ça mérite bien une pâtée mais pas des coups ! !

  • zzzut
    zzzut
    étudiant
    • Posté à 14h49 le 22/01/2011
    • Internaute 78406
      étudiant

    Moi aussi, j’aime beaucoup cette rubrique et le ton, simple et direct de son auteur. On apprend beaucoup de choses. Félicitations à vous.

  • plusoumoins-
    plusoumoins-
    indécis
    • Posté à 15h02 le 22/01/2011
    • Internaute 125618
      indécis

    Ce qui est navrant c’est de faire subir à un pauvre chien de devenir SDF ce qu’il ne voulait sans doute pas quant il est né.

    • assisdansmoncanapé
      assisdansmoncanapé répond à plusoumoins-
      spectateur
      • Posté à 15h14 le 22/01/2011
      • Internaute 132017
        spectateur

      Contrairement au pauvre homme qui devient SDF et qui, lui, le voulait sans doute quand il est né…

    • Cormakanne
      Cormakanne répond à plusoumoins-
      Educateur canin
      • Posté à 15h35 le 22/01/2011
      • Internaute 130692
        Educateur canin

      « Un pauvre chien qui devient SDF » est bien plus heureux qu’un chien d’appartement ou même de villa avec jardin et qui reste seul 12 heures d’affilé parce que son maître travaille toute la journée.
      Les chiens de SDF (quand ils ne sont pas battus bien sûr) ont des vies bien plus cool que tous ces pauvres youkis de méméres.

      Et puis qui doit-on plaindre en premier ?
      Ce pauvre chien qui se retrouve SDF ou le SDF lui-même ? ? ?

  • A déménagé le 16-01-2012 3
    • Posté à 15h19 le 22/01/2011
    • Internaute 110430
      nc

    Francis n’a pas rappelé ?

    • Aurélie Champagne
      • Posté à 15h50 le 22/01/2011
        rédacteur
      • Journaliste 131894
        Journaliste

      Bonjour Solex,
      Francis a appelé début janvier, comme il l’avait annoncé à Noël. Cette fois, la discussion a duré 20 secondes. Il a juste eu le temps de m’engueuler : Il avait tenté plusieurs fois de me joindre en numéro masqué, sans laisser message.
      J’étais en train de lui dire que je n’avais aucun numéro où le joindre quand la ligne a coupé. J’ai fait passer le message par ses amis du resto solidaire. J’attends qu’il rappelle. Je vous tiendrai au courant. A bientôt.

  • Tariec
    Tariec
    « Radio Paris ment », « Radio (...)
    • Posté à 16h27 le 22/01/2011
    • Internaute 37287
      « Radio Paris ment », « Radio (...)

    Pour les posts du dessus sur la maltraitance des animaux, c’est compréhensible (j’ai pas dis normal) car c’est un exutoire face aux galéres vécues.
    Si ce n’est pas le chien qui prend, ce sera le passant, le pote de galére...la compagne quand il y en a une ou le SDF lui même (autodestruction).

    Il y a 30 ans, quand vous viviez dans les rues, il y avait moins de chiens. Car il existait un pote, un ami encore inséré ou un proche familial pour de temps en temps vous donner un coup de pouce plus ou moins ponctuel. Aujourd’hui, les mecs sont seuls, complétement coupés de leurs familles bref ça démontre surtout la « réussite » de nos differentes politique sociale depuis 30 ans, une honte en soi !

    Bref, presque 400 SDF morts en 2010 en France, une dizaine en Allemagne, cherchez l’erreur...

    • Mme Moi
      Mme Moi répond à Tariec
      • Posté à 02h49 le 23/01/2011
      • Internaute 128324

      Ouais enfin il ne faut pas non plus trouver ça normal !
      Le mec en gros, soit il tape sur son chien (qui ne lui a rien fait) soit sur le passant (qui n’est pas responsable de sa situation) soit sur le compagnon (qui est finalement aussi mal loti que lui). Il n’y a rien de normal là dedans. Encore une fois, même si c’est « compréhensible » ce n’est pas une « excuse ». Je veux bien que les mecs à la rue soient dans des situations difficiles. Mais ça n’excuse pas tout. Ou alors ça excuse aussi les politiques sociales qui les prennent en charge, même si elles ne vous plaisent pas.
      Comme le disait Gandhi « On peut juger de la grandeur d’une nation par la façon dont les animaux y sont traités. ». Si les SDF, face à des animaux qui les aiment malgré leur situation ne trouvent rien de mieux que leur taper dessus, je ne vois pas comment ils peuvent évoluer et s’entendre avec les autres humains. Pour moi, c’est une très bonne « évaluation » si on peut dire. A partir du moment où le mec est capable de déverser sa haine sur un animal qui non seulement ne lui a jamais fait de mal mais en plus est resté près de lui, je ne vois pas comment il sera capable de se réinsérer et de supporter la compagnie des humains. Que ce soit la « faute » de l’alcool ou de la drogue je m’en fiche. Si on est capable de frapper un animal sans défense alors que celui-ci vous est loyal, vous êtes capable de faire aussi du mal à des humains qui passent par là. Et ça, ce n’est pas normal. vous devez être puni. Misère ou pas

    • Tralala1
      Tralala1 répond à Tariec
      Maman
      • Posté à 16h30 le 23/01/2011
      • Internaute 136228
        Maman

      Je ne trouve ni normal ni compréhensible le fait de taper son sur chien, ni d’ailleurs sur un passant ou qui que ce soit d’autre. Il y a malheureusement des accidents dans la vie de chacun, et se venger en retournant sa haine contre n’importe quelle personne n’est pas la solution.

      Mais bon, ce n’est pas le sujet de l’article. En lisant l’article, on a l’impression que ces deux personnes traitent plutôt bien leurs chiens.

      Sinon, vous avez raison sur une chose : je ne comprends pas qu’il puisse encore y avoir des SDF en France. Il y a un grave problème dans la société : on a perdu toute notion de solidarité. Comment cela se fait-il que les familles ne récupèrent pas, même pour un temps, les membres de leur famille qui se retrouvent SDF, quitte à se serrer un peu. J’ai déjà recueilli plusieurs fois des gens de ma famille chez moi pour leur éviter de payer un loyer trop élevé, certes ça peut être un peu difficile mais rien d’infaisable.

      • Tariec
        Tariec répond à Tralala1
        « Radio Paris ment », « Radio (...)
        • Posté à 16h45 le 23/01/2011
        • Internaute 37287
          « Radio Paris ment », « Radio (...)

        Quand j’écris « compréhensible », c’est en pensant au fait que nous avons tous des limites...
        Et quand ces limites sont dépassés (et il y a de quoi avec la survie dans la rue), tous nous pouvons un jour ou l’autre avoir des mots ou actions néfastes pour l’autre.

        Si certains courent/nagent ou se shootent aux jeux vidéo en mode extréme, c’est aussi dans l’idée d’expurger quelque chose, dans la grande majorité des cas, c’est juste pour le plaisir, l’adrénaline. Eux le font dans le respect des autres, ils ont encore une structure, sociale et familiale, pour canaliser leurs trop plein d’énergie ou pulsions.

        Pour avoir vécu dans la rue, je crois avoir eu le temps de ressentir que c’est le pire du pire, comme l’annonce d’une maladie grave peu l’étre.

        Je n’excuse rien ni personne, je comprends juste l’état (psy etc.) dans lequel ces mecs se trouvent, et par empathie (car en plus ayant vécu cette forme de barbarie sociale) trouve compréhensible qu’un jour ils pétent un cable.

        Ca me rappel ce SDF qui, en mode stéréotypé, n’arrétait pas de ressasser : « tu sais, chuis violent mais c’est pas moi, avant j’étais pas comme ça, tu sais chuis violent... ».
        La rue vous détruit jusqu’à votre personnalité d’origine, d’avant le crash social...alors taper sur un chien, aussi inexcusable que cela puisse étre, ça s’entend...

  • bibimbap
    bibimbap
    en travaux
    • Posté à 17h29 le 22/01/2011
    • Internaute 86441
      en travaux

    Je me permets de signaler le Club de Défense des Animaux du 12e arrondissement, qui offre aux personnes sans abri une garde pour leurs compagnons lorsqu’ils doivent se rendre à des rendez-vous administratifs.
    Ils offrent également des soins vétérinaires, notamment de stérilisation.
    Lien

  • Feu_Follet
    Feu_Follet
    Biloute
    • Posté à 18h20 le 22/01/2011
    • Internaute 137656
      Biloute

    Et pour être orienté sur le Fleuron ? Le samusocial de Paris gère environ 5 places dont environ 3 avec chien, alors il faut galérer pour joindre le 115 et avoir un coup de chance incroyable pour avoir une place.

    Pour les places restantes il faut être orienté par un travailleur social, qui accepte rarement les chiens dans ses locaux.

    Les femmes avec chien, qui soit dit en passant on généralement plus besoin de protection que ces messieurs, c’est pire, puisque le fleuron c’est homme uniquement.

    En tout cas merci pour ces articles toujours aussi intéressants.

  • pemmore
    pemmore
    geek
    • Posté à 18h39 le 22/01/2011
    • Internaute 121073
      geek

    bel article, merci aux gérants de la péniche.
    la désocialisation avance , avant quelqu’un de la famille prêtait un bout de maison indépendante ,un appentis voire un petit local,une soupente au 5ème on a enfermé les familles pauvres et une grande partie des classes moyennes dans des town chips étriqués ou quand des amis viennent faut ouvrir le clic clac, alors l’exclus avec son chien plus qu’à rester dans la rue sans solution de secours.

  • Koikso
    • Posté à 21h21 le 22/01/2011
    • Internaute 19971

    Que pensez-vous de Diderot dans Jacques le fataliste qui fait dire à son héros :
    « D’où il conclut que tout homme voulait commander à un autre ; et que l’animal se trouvant dans la société immédiatement au-dessous de la classe des derniers citoyens commandés par toutes les autres classes, ils prenaient un animal pour commander aussi à quelqu’un. »

  • socio2lazone
    socio2lazone
    Chercheur
    • Posté à 11h01 le 23/01/2011
    • Expert 141927
      Chercheur

    Merci pour votre article Aurélie, à la fois bien écrit et bien illustré ! En fait, ces propriétaires sont souvent eux-mêmes traités « comme des chiens » par une société qui ne les comprend pas (cf l’ensemble des commentaires sur la prétendue maltraitance que les SDF réserveraient systématiquement à leurs animaux alors que pas grand monde ne semble soulever que chaque été, ce sont bien des personnes « socialement intégrées » qui abandonnent Médor sur le bord de l’autoroute des vacances !).
    Pour continuer la réflexion, voici un lien vers l’un de mes articles :
    Lien

    Bonne journée !

    • Aurélie Champagne
      Aurélie Champagne répond à socio2lazone
      Journaliste Rue89
      • Posté à 12h44 le 23/01/2011
        rédacteur
      • Journaliste 131894
        Journaliste

      Bonjour Christophe et merci pour ce lien. Votre enquête sur les « routards prisonniers dans la ville » est passionnante. J’en recommande à tout le monde la lecture.

      • Enki
        Enki répond à Aurélie Champagne
        alchimiste
        • Posté à 14h38 le 23/01/2011
        • Internaute 9562
          alchimiste

        Très intéressant, en effet :
        Lien

        Ce qu’on peut en retirer, ainsi que de votre article, c’est ce paradoxe : Alors que la compagnie d’un chien est humainement, psychologiquement et socialement bénéfique à son maître, le cadre légal et administratif du traitement social en font un facteur de sur-précarisation.

        Ce paradoxe se retrouve sur beaucoup d’autres facteurs humainement bénéfiques et légalement précarisants :

        - Les relations amoureuses non statuées.
        - Les enfants.
        - La mobilité.
        - Polycompétence et polyactivité.
        - La pratique artistique.
        - etc

        D’une façon générale, la liberté et l’amour sont des facteurs de précarisation de par l’orientation des lois.

    • michel 13
      michel 13 répond à socio2lazone
      • Posté à 14h10 le 23/01/2011
      • Internaute 49378

      Excellent article que je conseille de lire. Il donne une bonne approche d’une réalité quotidienne pas toujours simple à appréhender.
      Merci donc de nous avoir proposé cette analyse complète et pertinente sur un monde que nous côtoyons de plus en plus.

    • WhiteWarrior-
      • Posté à 13h00 le 24/01/2011
      • Internaute 129329

      « une société qui ne les comprend pas » : hier, passant à la station rer nation, j’en ai vu un installé sur un banc (la station nation est bien pour çà, car il y a des « alcôves » qui permettent d’être un peu isolé) dans un état de crasse indescriptible, caché sous ses hardes informes, entouré de sacs plastiques éventrés dégueulant leur contenu douteux...ce que je ne comprends pas en effet, c’est que notre société, sous prétexte de « respect de la liberté individuelle », laisse des gens dans sans cet état là au lieu de les soigner, de s’occuper d’eux et d’essayer de les réinsérer : le vrai scandale est là. Le bon côté de la chose , c’est l’aspect didactique : j’étais avec un enfant, et je lui ai dit « voilà comment tu finiras si tu ne travailles pas bien à l’école ». Reçu « 5 sur 5 » !

      • socio2lazone
        socio2lazone répond à WhiteWarrior-
        Chercheur
        • Posté à 14h08 le 24/01/2011
        • Expert 141927
          Chercheur

        Il y a un effet didactique dans toute chose et je souhaite évidemment que l’enfant qui vous accompagnait hier ne se retrouve jamais dans une telle situation. Il serait très vite confronté, lui-aussi, aux jugements hâtifs et implacables de personnes qui condamnent parfois très vite sans forcément savoir exactement pourquoi ces individus en sont réduits à cet état lamentable. Car, contrairement à une opinion communément partagée, la plupart des personnes en situation d’exclusion n’ont pas « choisi » la vie à la rue…

         
        • WhiteWarrior-
          • Posté à 14h16 le 24/01/2011
          • Internaute 129329

          ....surtout que sa propre mère est sdf (dort dans une voiture), donc je connais leur psychologie. Et comme par hasard, cette personne a des problèmes psychiatriques soignables (mais ne veut pas vraiment se soigner...) : c’est vrai que la société finit par être démunie par la multiplication de ces cas...

        1 autres commentaires
  • citrouille
    citrouille
    gerboulade permanente
    • Posté à 11h37 le 23/01/2011
    • Internaute 33365
      gerboulade permanente

    Merci de remplacer la formule administrative de « SDF » par celle de « demeurant partout » qui correspond davantage à la réalité.

  • rienk1peucon
    rienk1peucon
    commerçant
    • Posté à 11h52 le 23/01/2011
    • Internaute 125901
      commerçant

    Putain de ploutocratie ! !
    C’est combien le salaire des « Emplois (presque) fictifs pour un ex-ministre UMP et un maire PS » ?

  • morova
    • Posté à 12h41 le 23/01/2011
    • Internaute 24254

    enfant , mes parents tenaient un restau « bougnat près d’une gare de triage en banlieue après le service pépère et charlot clochards de leur état s’attablaient et prenaient leur repas tranquille seule contraire ne pas arriver trop tôt lorsque l’hiver se faisait plus froid ils craignaient “les bleus‘qui les auraient pris pour le emmener a nanterre alors on leur avait aménage un coin près de la chaudière qu’ils devaient alimenter et ils avaient aussi pour boulot de tirer le vin des tonneaux, boucher les bouteilles et coller les étiquettes j’étais tout jeune parfois le jeudi je les aidais je ne les ai jamais vu abuser . j’imagine mal une situation pareille aujourd’hui comme disait higelin on a mis la haine dans le cœur de l’homme quand je vois les commerçant javelliser leurs poubelles pour que personne ne s’y nourrisse j’ai tendance a fortement douter de notre avenir et de la société qu’ils nous préparent ....... souriez demain sera pire

    • WhiteWarrior-
      WhiteWarrior- répond à morova
      • Posté à 12h12 le 24/01/2011
      • Internaute 129329

      ...Le pire étant les gens (loin d’être tous des sdf) qui se font agresser par des vigiles de supermarché parce qu’ils essaient de récupérer de la nourriture jetée, souvent même pas encore à date de péremption ! et aprés les politiciens vont nous causer, l’air sentencieux, de « lutte contre le gaspillage », « développement durable » etr « économies d’énergie » ! ! ! ! ! ! !

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