Chez Francis

Francis est SDF depuis quinze ans. A 60 ans passés, il attend de toucher sa petite retraite et rêve d'une autre vie sous le soleil de l'Equateur. Mais d'ici là, « il faut tenir ». Chronique d'une saison à la rue pour Francis, Anouar, Philippe, Jeff et tous les autres.

Pour les SDF du Fleuron, c'est « jamais sans mon chien »

Aurélie Champagne
Journaliste
Publié le 09/02/2011 à 16h11


La péniche du Fleuron-Saint Jean (Aurélie Champagne-Volp).

Du quai du port de Javel (XVe arrondissement de Paris), on aperçoit les drapeaux de l’Ordre de Malte et de la Fondation 30 millions d’amis flotter au-dessus de l’embarcation. Ce sont Soli et l’Electro qui m’ont parlé de la péniche. Depuis 1999, le Fleuron Saint-Jean accueille chaque soir 50 hommes sans-abri et jusqu’à 25 chiens. « On dit passagers », précise Edith de Rotalier, responsable du Fleuron. « Le terme n’est pas anodin. »

A mon arrivée, je croise sur la passerelle un groupe de fêtards fuyant vers le quai : ils se sont trompés d’adresse. Ils se rendent à une soirée organisée sur la péniche d’à côté.

« On n’a pas de problème avec les chiens. Ils arrivent ici et dodo »

A bord, les visages accusent la fatigue. Les personnes qui séjournent ici peuvent rester une semaine. L’ambiance est douce. L’épuisement est flagrant.

Joseph Jouffre, qui coordonne ce soir-là l’équipe de bénévoles, assure :

« On n’a jamais de problème avec les chiens. Quand ils arrivent ici, les maîtres et les animaux sont claqués : même les rottweilers, les gros, les petits chiens... ils arrivent ici et dodo ! »

A l’avant de la péniche se trouvent cuisine et réfectoire. On fait recharger son téléphone portable dans la cabine de surveillance, moyennant 50 centimes d’euros. Les hommes dînent, bavardent, jouent à des jeux de société avant le couvre-feu de 22 heures.

Le lendemain, ils avalent un petit déjeuner et quittent les lieux pour la journée. La péniche comporte des cabines de douche et fournit savon, dentifrice et mousse à raser. Un dépliant distribué à l’arrivée invite à s’en servir : « Un manque d’hygiène sera un motif de fin de séjour à bord. »

Les cabines de couchage sont exiguës : un lit superposé, des draps blancs. On dort à deux, à trois s’il y a un chien, mais tout le monde apprécie. Un médecin est là trois soirs par semaine, un vétérinaire tous les quinze jours. Plus si nécessaire.

Jeff a profité de la présence du véto pour faire examiner Grisou. La chienne est mastoque, « croisée rottweiler, boxer et labrador. »

La consultation a lieu au milieu du couloir, entre les deux rangées de cabines. Grisou se laisse faire. C’est « de la médecine de guerre », commente le Dr Chollet, vétérinaire bénévole de l’association Sapah (Soigner l’animal pour aider l’homme).

« Le chien est un cheval de Troie pour les parasites, bactéries »

Chaque animal qui pénètre sur la péniche est traité :

« Les maladies les plus courantes sont d’origine parasitaires : puce, poux, gale du corps ou des oreilles. »

Plus dangereux, « les chiens ont aussi des vers intestinaux et là, il y a un risque direct de transmission à l’homme ». Il existe quatre ou cinq types de vers susceptibles de contaminer le maître :

« On incite l’homme à soigner son animal pour leur santé mutuelle. Le chien est un cheval de Troie pour les parasites, les bactéries et les champignons. »

Verdict du véto : Grisou est en bonne santé. Jeff la ramène dans sa cabine, où le molosse tombe aussitôt comme une souche. « Ici, c’est un bon hôtel pour elle et moi. »


Jeff et Grisou (Aurélie Champagne-Volp).

« Ça m’a donné une responsabilité et ça m’a fait renaître »

Jeff a 31 ans, dont treize passés à la rue. La dernière fois qu’il a vu ses parents, sa mère était hospitalisée pour dépression et son père lui tirait dessus avec une carabine de 22. « Je n’ai que ma chienne. »

Des bateaux-mouches passent de temps à autre sur la Seine. Il est 20 heures. On annonce le dîner dans les haut-parleurs saturés de la péniche :

« Je n’ai pas faim. Si tu veux, on s’installe à l’étage pour parler. »

Il y a six ans, un type avec qui il vivait dans un squat lui a cédé Grisou. A cette époque, Jeff sortait de prison :

« Ça m’a sauvé quelque part. [...] Ça m’a donné une responsabilité et ça m’a fait renaître. » (Ecouter le témoignage de Jeff)

Audio file

Jeff, à propos de sa chienne Grisou

Jeff parle avec douceur. Sous sa casquette dardent des yeux clairs aux pupilles hyper-dilatées. Sa silhouette a quelque chose d’adolescent mais le teint est blafard. Jeff est accro au Skenan LP depuis plusieurs années. « C’est un sulfate de morphine assez proche de l’héro. »

On en prescrit notamment pour soulager les douleurs cancéreuses intenses. Jeff commence un traitement de méthadone pour décrocher :

« C’est difficile des fois de résister à l’appel, même si on a promis à notre chien d’arrêter. »

« Avec le chien, les gens sont plus généreux »

Jeff se concentre de toutes ses forces sur son sevrage, avec sa chienne pour seul repère :

« Pour l’instant, je me sens incapable d’assumer un travail, de vivre dans un appartement. Je vois pas au-delà de quelques jours. La seule chose que je sais, c’est que je suis avec Grisou. »

La journée, il fait la manche et veille sur sa chienne pendant qu’elle se repose. La nuit, la chienne prend la relève et protège le sommeil du jeune homme :

« Souvent quand je fais la manche, les gens disent : “C’est pour le chien.” Ça signifie : “ Vous, allez vous faire foutre.” [...] Mais c’est vrai qu’avec le chien, les gens sont plus généreux. » (Ecouter le témoignage de Jeff)

Audio file

Jeff évoque la manche avec sa chienne

« Avec le trafic de chiots, les gens se méfient »

Les passants s’apitoient souvent sur le chien, observe Jeff :

« Un peu moins ces derniers temps, mais avec le trafic de chiens des Roumains, les gens commencent à se méfier. Les chiennes se font engrosser, elles deviennent des mères porteuses et fabriquent des chiots à la chaîne. Les passants sont attendris devant les petits, ils donnent de l’argent. Certains veulent sauver le chiot et l’achètent parfois 300 ou 500 euros. »

Que deviennent les chiots invendus quand ils grandissent ? Jeff a un sourire navré.

Depuis le couloir, un homme m’apostrophe. Il se tient voûté sur sa couchette, le sourcil broussailleux et parle d’une drôle de voix métallique. Il est venu au Fleuron avec son chien Diego :

« Je te donne mon numéro, tu appelles si tu veux, on discutera. Je peux pas te parler tout de suite, je suis pas dans mon élément ici. Mais eux ne savent rien. Moi je vis à la rue depuis une éternité, j’ai fait dix ans de tôle, je connais tout. »


Stéphane et Diego (Aurélie Champagne-Volp).

Stéphane finit par murmurer d’un air entendu :

« Tu vois, quand les gens m’offrent des croquettes pour Diego, je les prends mais je ne les lui donne jamais. C’est trop facile. Celui qui voudrait me chasser de mon coin n’aurait qu’à empoisonner mon chien et ce serait réglé. »

Un facteur de dialogue et un rempart contre la folie

Le Dr Chollet le constate à chaque fois qu’il vient :

« L’animal est sacré chez les gens de la rue. Il y a un rapport affectif très fort. L’animal représente souvent un lien fragile avec la société. »

Le chien est un facteur de dialogue qui agit comme un tiers :

« Les gens regardent souvent plus l’animal que le SDF. Ils prennent conscience de la dureté de la vie à la rue à travers la bête. Inversement, les SDF constatent l’empathie des gens sur leur animal. Et c’est moins dégradant quand il s’agit du chien, et pas d’eux. »

Pour le véto, l’affection excessive est pourtant problématique :

« Un chien qui n’est pas considéré comme un chien mais comme un humain ou comme un enfant peut connaître des déviances comportementales. Parfois les chiens deviennent dangereux. Il faut amener le maître à cadrer son animal. »

Pour Jeff, Grisou est une responsabilité qui l’empêche de flancher : il doit lui rendre des comptes. Grisou est aussi un rempart contre la folie : « Je parle pas tout seul, je parle à ma chienne. »

Depuis qu’il l’a, il est devenu un pro des soins vétérinaires. A peine s’il ne finit par les phrases du véto, pendant que celui-ci examine Sniper, le chien d’Henri.

Pendant la consultation, Henri cajole son berger allemand pour le rassurer : « Est-ce qu’il a mal ? »


Henri et Sniper (Aurélie Champagne-Volp).

A 45 ans, Henri vit à la rue depuis vingt ans. « Je viens au Fleuron pour Sniper et pour moi. »

Depuis qu’il « parcourt » avec son berger allemand, ses conditions de vie se sont corsées : « On a accès à rien avec nos chiens. » Il faut gérer l’animal pour pouvoir se laver aux bains douches, ou honorer les rendez-vous avec l’administration. Le plus gênant pour lui, c’est d’être interdit de transports en commun. Pourtant, Henri est incapable de se séparer de son chien :

« Il est tout ce que j’ai. Je fais tout avec Sniper ou rien, quelles qu’en soient les conséquences. »(Ecouter le son)

Audio file

Henri a propos de sa vie quotidienne avec Sniper

Deux ans plus tôt, une voiture a percuté l’animal. A cette époque, Henri a manqué d’en venir aux mains avec un véto pour que Sniper soit soigné :

« Je lui ai dit : “Si tu fais ce métier, c’est que tu aimes les bêtes. Je sors pas de chez toi tant que tu soignes pas Sniper”. »

Dans le couloir, le véto examine le jeune berger et le juge maigrelet : « On constate une fonte musculaire. » Il prescrit un vermifuge, un traitement pour sa patte accidentée et des vitamines pour requinquer l’animal. Malgré tout, Sniper ne souffre pas.

Un livre dédié à Sniper, son chien

L’heure tourne. Sur la péniche d’à côté, la fête bat son plein et les basses de la sono résonnent d’un bout à l’autre du Fleuron. Au réfectoire, on a sorti des jeux de société. On bavarde, on fume des clopes sur la passerelle.

Henri a un rêve un peu dingue. Ça fait longtemps qu’il y pense. Il voudrait dédier un livre à son chien : « Jamais sans mon chien », Henri a déjà le titre.

« Ce sera mon cadeau à Sniper. Je ferai en sorte qu’il y ait des images. Faut que ça soit beau et magnifique. » (Ecouter le son)

Audio file

Henri rêve à voix haute

Les haut-parleurs du Fleuron sonnent les 22 heures. En quelques minutes, tous les passagers gagnent leur cabine pour la nuit. Henri, lui, continue à rêver à voix haute.


Le rêve d’Henri (Aurélie Champagne-Volp).

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  • 44 réactions
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  • FDCraie
    FDCraie
    Debout
    • Posté à 16h42 le 09/02/2011
    • Internaute 121689
      Debout

    « Soigner l’agimal pour aider l’homme »

    J’imagine qu’il doit s’agir de « l’animal »..

    Pour le reste, très bel article, même si finalement la réalité est plus mordante qu’un chien...

    • Blandine Grosjean
      Blandine Grosjean répond à FDCraie
      Redchef adj Rue89
      • Posté à 17h33 le 09/02/2011
        éditeur
      • Journaliste 89094
        Redchef adj

      On retire cette coquillette. Merci

  • phamm
    phamm
    étudiante
    • Posté à 16h46 le 09/02/2011
    • Internaute 108500
      étudiante

    Très bon article. Les illustrations sont aussi de l’auteure ? Originaire de Lille je connais aussi des SDFs là bas qui dorment dans la rue faute de pouvoir aller dans les foyers avec leurs chiens. Il faudrait que ces structures s’adaptent ...et ce n’est malheureusement pas le seul problème. Voici un article de La voix du Nord sur le sujet :

    Lien

    C’est aussi une bonne idée d’avoir mis des extraits sonores.

    • Blandine Grosjean
      Blandine Grosjean répond à phamm
      Redchef adj Rue89
      • Posté à 17h32 le 09/02/2011
        éditeur
      • Journaliste 89094
        Redchef adj

      Oui, idée, dessins et sons sont (pardon pour l’allitération) d’Aurélie Champagne, et si c’est bien mis en page comme ça c’est aussi grâce au travail du service édition de Rue89.

    • Aurélie Champagne
      Aurélie Champagne répond à phamm
      Journaliste Rue89
      • Posté à 10h55 le 10/02/2011
        rédacteur
      • Journaliste 131894
        Journaliste

      Bonjour Phamm, Merci pour votre message et cet article en ref. Concernant les illustrations, je les cosigne avec Volp et comme le précise Blandine, les éditrices de rue89 fournissent aussi un boulot très précieux sur le blog. Je saute sur l’occasion pour tous les remercier !

  • OsirisBernard
    OsirisBernard
    Juriste
    • Posté à 17h27 le 09/02/2011
    • Expert 73580
      Juriste

    Article conjuguant analyse (des SDF mais aussi de notre regard sur eux lorsqu’ils ont un chien) et émotion (pour les SDF et pour les animaux).

    Je confirme (pour l’avoir déjà ressenti à la vue d’un SDF et de son chien ) : le rapport à l’animal réveille en moi l’enfant que je fus, et me rends plus humain avec l’homme qui possède cet animal.

    • Le requin rouge
      • Posté à 17h32 le 09/02/2011
      • Internaute 28023

      C’est vrai que même un pauvre chien miteux a toujours quelque chose qui attire le regard. Et les maîtres paraissent bien plus sympathiques avec leurs compagnons qui sont toujours très obéissants et jamais agressifs avec les passants.

  • Gat-ze
    Gat-ze
    [Chilanga]
    • Posté à 17h27 le 09/02/2011
    • Internaute 67612
      [Chilanga]

    Une fois de plus, merci Aurélie, pour ces récits touchants de justesse...
    A chaque fois, je ferme les yeux en écoutant les extraits sonores et je ressens la rencontre avec d’autant plus de force...

    Merci, pour ce que vous faites, pour ce que vous êtes...

    • monOpinion-
      monOpinion- répond à Gat-ze
      Coon & Friends
      • Posté à 20h41 le 09/02/2011
      • Internaute 22434
        Coon & Friends

      « c’est touchant »

      « je ressens la rencontre »

      Tsss ! Arrêtez cette hypocrisie... C’est facile d’éprouver de l’empathie quand vous avez tout ce qu’il vous faut... ce soir vous avez de quoi manger, de quoi vous chauffer... L’empathie est gratuite, elle ne vous engage à rien ! Commencez-donc à agir avec des actes, au lieu de rester là à pleurnicher.

      • Gat-ze
        Gat-ze répond à monOpinion-
        [Chilanga]
        • Posté à 20h55 le 09/02/2011
        • Internaute 67612
          [Chilanga]

        Vous en savez quoi de ce que je fais ou ne fais pas ?

        Il s’avere que je fais, pas en France, pas avec des SDF, mais aupres de communautés indigenes en amérique centrale.
        Ce n’est certes pas le meme pays, pas le meme public, mais quoi qu’il en soit c’est aider également.

        Et quand j’étais en france, je faisais aussi, bien que moins que maintenant pour cause d’emploi du temps différent, mais j’apportais ma contribution aux assos, que ce fut en dons ou plus souvent en « main d’oeuvre ».

        Et contrairement á ce que vous dites, je ne suis pas en train de pleurnicher, je dis juste que cet article me touche, comme ils me touchent á chaque fois, de par leur justesse et leur humanité, point.

         
        • monOpinion-
          monOpinion- répond à Gat-ze
          Coon & Friends
          • Posté à 21h30 le 09/02/2011
          • Internaute 22434
            Coon & Friends

          Ah.. je m’y attendais pas à celle là. Un « sauveur » des populations indigènes.

          Car c’est vrai nous autres, occidentaux, nous nous avons pour mission d’aller les aider, faute de quoi, hélas, ces peuples ne connaîtraient jamais l’alcool, la carte de crédit et le hamburger. Et tout ça en décimant les 3/4 de leur populations en les contaminant
          avec des souches de virus auquel ils ne sont pas préparés.

          • Gat-ze
            Gat-ze répond à monOpinion-
            [Chilanga]
            • Posté à 21h47 le 09/02/2011
            • Internaute 67612
              [Chilanga]

            Bon bref, vous ne comprenez que ce que votre petit cerveau veut comprendre, rien ne sert de s’expliquer avec vous...

            Puis á lire vos posts sur ce sujet, on voit qu’avec vous, les clichés ont une belle vie devant eux !

            • monOpinion-
              monOpinion- répond à Gat-ze
              Coon & Friends
              • Posté à 21h55 le 09/02/2011
              • Internaute 22434
                Coon & Friends

              Arrêtez de dire « cliché » à tout bout de champ.. ça devient moche comme mot, à force d’être utilisé. Je préfère à la limite parler « d’idées préconçues ».

        3 autres commentaires
      • MAP_connection
        MAP_connection répond à monOpinion-
        Anticapitaliste croqueur de (...)
        • Posté à 11h41 le 11/02/2011
        • Internaute 116143
          Anticapitaliste croqueur de (...)

        Et toi qui utilise ce mot, es tu ne serait ce que capable d’en éprouver, de l’empathie, envers qui que se soit ? ?
        Pauvre type ...

  • freddy p
    freddy p
    un citoyen au service des (...)
    • Posté à 17h55 le 09/02/2011
    • Internaute 82944
      un citoyen au service des (...)

    Ce qu’il y a de gênant dans cette page, c’est toute la pub à droite ! Des vêtements de 50 à 200 euros, du parfum à 70 euros, ..... Combien de personnes pourraient-on aider avec une telle somme ?

    • Lairderien
      Lairderien répond à freddy p
      • Posté à 18h34 le 09/02/2011
      • Internaute 22751

      Et bien indirectement grâce à ces pubs qui font vivre Rue 89, vous avez ce reportage écrit et sonore que je trouve plein d’humanité.

      • monOpinion-
        monOpinion- répond à Lairderien
        Coon & Friends
        • Posté à 20h36 le 09/02/2011
        • Internaute 22434
          Coon & Friends

        La fin justifierait-elle les moyens ?

        Moi de toute façon je ne vois pas la pub, j’ai installé adblock.

    • monOpinion-
      monOpinion- répond à freddy p
      Coon & Friends
      • Posté à 20h36 le 09/02/2011
      • Internaute 22434
        Coon & Friends

      Donnez 200 euros à un clochard, il revient du Franprix avec vingt litres de vodka...

      Non, mais voilà, ils le disent eux même, ils ne sont pas près à assumer une vie « normale ». Inutile de s’apitoyer sur leur sort, ni même chercher à les aider, car ils ne veulent pas de cette aide.

      • Man_Dong
        Man_Dong répond à monOpinion-
        étudiant
        • Posté à 20h43 le 09/02/2011
        • Internaute 141559
          étudiant

        Une réflexion digne d’un ado de 14 ans... Faites preuve de maturité SVP...

      • affreuxjojo
        • Posté à 21h18 le 09/02/2011
        • Internaute 29421

        Donnez un bel article humain et sensible à « mon opinion », il en tireras une conclusion de merde. Ne vous apitoyez pas sur lui, et ne cherchez pas à l’aider, son cas est désespéré.

         
        • monOpinion-
          monOpinion- répond à affreuxjojo
          Coon & Friends
          • Posté à 21h21 le 09/02/2011
          • Internaute 22434
            Coon & Friends

          Je n’ai pas de leçon à recevoir d’un no-life de Rue89... car on dirait que vous aussi, vous avez un avis sur tout.

          • nitroglycerin
            nitroglycerin répond à monOpinion-
            nécromancien
            • Posté à 10h03 le 10/02/2011
            • Internaute 38267
              nécromancien
          • MAP_connection
            MAP_connection répond à monOpinion-
            Anticapitaliste croqueur de (...)
            • Posté à 11h43 le 11/02/2011
            • Internaute 116143
              Anticapitaliste croqueur de (...)

            Non, pas sur tout, juste sur ta gueule, mais rassure toi pour ca c’est pas très difficile et ca prend pas plus de 20seconde, le temps en faite de lire les commentaires que tu vomis a une vitesse impressionnante ;)

        3 autres commentaires
      • denisardine
        denisardine répond à monOpinion-
        funambule
        • Posté à 00h22 le 14/02/2011
        • Internaute 143091
          funambule

        salut
        je vois le problème : certaines personnes ne savent prendre la parole qu’en se protégeant derrière un bon jugement moral préconçu ...
        Vous me faites penser à un gros et gras magistrat du début du siècle : votre verdict étant sans appel évidemment ...

  • Feu_Follet
    Feu_Follet
    Biloute
    • Posté à 18h26 le 09/02/2011
    • Internaute 137656
      Biloute

    Bel article, comme à l’habitude !

  • Fabou
    Fabou
    Etudiant
    • Posté à 18h46 le 09/02/2011
    • Internaute 110861
      Etudiant

    Super comme d’hab ;)

  • herve14-
    herve14-
    boulanger
    • Posté à 18h49 le 09/02/2011
    • Internaute 135409
      boulanger

    Vous faites venir des immigrés,alors que vous ne n’avez pas de boulot et de logement pour eux
    C le grand délire de la france et appauvrir les ouvriers moyens et développer l insécurité

    • davidlepilote
      davidlepilote répond à herve14-
      Etudiant
      • Posté à 21h33 le 09/02/2011
      • Internaute 140145
        Etudiant

      Trop beau troll

    • MAP_connection
      MAP_connection répond à herve14-
      Anticapitaliste croqueur de (...)
      • Posté à 11h44 le 11/02/2011
      • Internaute 116143
        Anticapitaliste croqueur de (...)

      Toujours a fond sur la bouteille a ce que je vois vévé ;)

      • herve14-
        herve14- répond à MAP_connection
        boulanger
        • Posté à 13h10 le 11/02/2011
        • Internaute 135409
          boulanger

        80 000 chomeurs en 2010 de plus
        on va voir ,comment sa va finir ?

         
        • MAP_connection
          MAP_connection répond à herve14-
          Anticapitaliste croqueur de (...)
          • Posté à 13h50 le 11/02/2011
          • Internaute 116143
            Anticapitaliste croqueur de (...)

          En effet,
          j’espère juste perso que c’est pas comme tu l’imagines : p

          • herve14-
            herve14- répond à MAP_connection
            boulanger
            • Posté à 13h54 le 11/02/2011
            • Internaute 135409
              boulanger

            moi,je vois une guerre civil c tout
            mais c grace a vous,pas a mon parti ,on a jamais été élus

            • MAP_connection
              MAP_connection répond à herve14-
              Anticapitaliste croqueur de (...)
              • Posté à 14h08 le 11/02/2011
              • Internaute 116143
                Anticapitaliste croqueur de (...)

              Aaah mais nous non plus lol Nous, on attend toujours le grand soir, qui se rapproche (a en croire les expériences tunisienne et égyptienne) a grand pas :))
              Ya basta !

        3 autres commentaires
  • kisuige..
    kisuige..
    instants de vies
    • Posté à 20h57 le 09/02/2011
    • Internaute 144180
      instants de vies

    Un bel article ..
    Je vous pose un lien vers une pétition concernant un projet pour les sans-abri ..
    Lien

  • Oignon
    Oignon
    Etudiant
    • Posté à 21h32 le 09/02/2011
    • Internaute 95253
      Etudiant

    Suis-je le seul à être interpellé par le fait que des humains puissent préférer un chien à un de leurs semblables ?

    Comment peut-on, objectivement parlant, dire à un être humain -un homme à qui on ressemble en tout point, avec qui l’on partage notre code génétique, avec qui l’on pourrait boire, manger, discuter, rire, pleurer, qui aurait pu être notre père, notre frère, notre fils- que si on l’aide, c’est bien parce qu’on a pitié du chien ? C’est faire preuve d’une cruauté sans nom, c’est tout simplement être inhumain ! Quelles sont les raisons qui peuvent mener un humain à haïr à ce point sa race ? Quelqu’un qui agit comme ça a t-il seulement conscience de ce qu’il fait ?

  • Brennig
    Brennig
    musicien
    • Posté à 21h41 le 09/02/2011
    • Internaute 141972
      musicien

    Bravo, je suis votre reportage depuis le début. C’est grâce à vous que je me suis abonné à Rue 89.

    Voila enfin un travail sérieux de journaliste, avec illustrations sonores et dessins !

    C’est un vrai travail d’artiste aussi, car il est créatif : après la BD, et la radio, vous nous proposez un nouveau type de reportage, parfaitement adapté aux médias d’aujourd’hui.

    Et le plus important, c’est l’être humain que vous nous donnez à connaître, pas dans le clinquant et le luxe, mais au contraire dans son dénuement et sa dignité.

    Et c’est ce qui est le plus beau

    ça nous change des reportages bidonnés

    Bonne continuation et au plaisir de vous relire

  • Irfan
    • Posté à 03h17 le 10/02/2011
    • Internaute 30779

    Encore un très bel article. Je crois que j’avais oublié de vous remercier pour le précédent, qui m’a beaucoup intéressé : je n’aime pas beaucoup les animaux, et j’ai toujours été perplexe devant les SDF qui ont des chiens. Certes, je comprenais bien qu’il s’agissait d’avoir à la fois une présence à ses côtés, un protecteur, un camarade ; mais ce sont des dépenses et des emmerdes en plus.
    En ce qui me concerne je n’ai parlé qu’avec des SDF sans chien, et pour certains d’entre eux, ceux des autres font peur, certains s’en servant même pour attaquer. Eux dorment souvent les uns près des autres, ou dans des endroits qu’ils connaissent, pour se protéger ; mais la promiscuité pose d’autres problèmes (notamment sexuels).

    Autre remarque plus générale sur votre série : on y voit surtout des SDF relativement « propres sur eux », lucides, qui argumentent, qui sont sympas... c’était aussi le cas des trois ou quatre avec qui j’ai parlé assez longuement, mais justement ne serait-il pas intéressant, bien que très compliqué d’accès, de mieux cerner les marginaux des marginaux, ceux qui sont figés dehors sans bouger ni parler et qui se font dessus ; certains immigrés (à Saint-Michel par exemple) qui sont devenus alcooliques et sales ; des handicapés mentaux... Ce sont ceux-là qui souvent repoussent (odeur, comportement) ou font peur, plutôt que ceux qui ressemblent plus à une personne lambda (encore que pour une certaine catégorie de la population, cette proximité entraîne une peur du déclassement).

  • A déménagé le 9-4-2012
    A déménagé le 9-4-2012
    Explore l'indéterminé
    • Posté à 10h51 le 10/02/2011
    • Internaute 22643
      Explore l'indéterminé

    Passionant, ce reportage, très sensible et simple. Le rôle du chien m’a fait penser à des figures mythologiques d’animaux intercesseurs, passeurs entre deux mondes. Je pense aussi aux chiens dans les films de Tarkovski, surtout dans Stalker, qui jouent ce rôle d’intercesseurs et aussi de symboles de fidélité. Merci !

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 12h03 le 10/02/2011
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Moi je suis un punk
    Un punk avec un chien
    Mais mon chien il est mort
    D’un cancer de la truffe
    C’est bête je l’aimais bien
    Il s’appelait Vicious
    Il savait tendre la patte
    Et compter la monnaie
    Et faire la différence entre
    Un skin et un vieux

    Bonjour monsieur le vendeur
    J’voudrais un animal
    De préférence un chien
    Un chien pour punkachien
    Ah il vous reste plus de chiens
    Il vous reste que des chats
    Des chats pour vieilles-à-chats
    Bon ben j’vais vous prendre ça
    Le siamois c’est vendu par deux-eux

    Moi je suis un punk
    Un punk avec un chat
    Mais mon chat il est mort
    D’une cirrhose des moustaches
    C’est bête je l’aimais bien
    Il s’appelait fuck you
    Il savait se mettre en boule
    Pour attendrir les gens
    Et faire la différence entre
    Un skin et un rat

    Bonjour monsieur l’vendeur
    J’voudrais un animal
    De préférence un chat
    Un chat pour punkachat
    Ah il vous reste plus de chats
    Il vous reste que des poules
    Des poules pour papa-poules
    Bon ben j’vais vous prendre ça
    Avec la laisse a clous

    Moi je suis un punk
    Un punk avec une poule
    Mais ma poule elle est morte
    D’un infarctus du bec
    C’est bête je l’aimais bien
    Elle s’appelait No Future
    Elle savait pondre des oeufs
    Dans les toilettes su squat
    Et faire la différence entre
    Un skin et un mur

    Bonjour monsieur le vendeur
    J’voudrais n’importe quoi
    De préférence vivant
    Qui tienne jusqu’au printemps
    Ah il vous reste plus rien
    A par un vieux canard blessé
    Vous dites qu’il nettoie
    Dans les coins
    Bon ben j’vais vous prendre ça
    Avec un bonnet pour ses oreilles

    30 millions de punks © Fatals Picards (Pamplemousse mécanique, 2007)

    • milymalena
      milymalena répond à Keldan
      artiste peintre
      • Posté à 16h03 le 10/02/2011
      • Internaute 138309
        artiste peintre

       :) 30 millions de punks lol...
      ah ! y’a pas si longtemps moi aussi j’étais à la rue mais jeune et pleine d’espoirs...que s’est-il passé ?

  • ELCHEKATZO
    ELCHEKATZO
    Ruminant
    • Posté à 15h36 le 10/02/2011
    • Internaute 36477
      Ruminant

    Article intéressant. Merci.

  • noelie
    noelie
    active
    • Posté à 18h27 le 11/02/2011
    • Internaute 138158
      active

    Ton analyse et ton approche fine et intelligente d’un monde que la plupart d’entre-nous ne veut pas voir ou rejette est trés pertinente.
    Les personnes(et leurs animaux si importants) deviennent presque
    des famillers,dans tous les cas des Hommes que l’on regarde différemment(du mois je l’espère).

    • denisardine
      denisardine répond à noelie
      funambule
      • Posté à 00h34 le 14/02/2011
      • Internaute 143091
        funambule

      Noelie, il faut aller plus loin :
      ce « monde » .. n’est rien d’autre que le nôtre, et ces « personnes » sont « nous » et non pas : « deviennent presque des familiers » ... BORDEL DE MERDE ! ! ! !

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