Chez Francis

Francis est SDF depuis quinze ans. A 60 ans passés, il attend de toucher sa petite retraite et rêve d'une autre vie sous le soleil de l'Equateur. Mais d'ici là, « il faut tenir ». Chronique d'une saison à la rue pour Francis, Anouar, Philippe, Jeff et tous les autres.

Comment Philippe, SDF depuis vingt ans, ne vit plus dans la rue

Aurélie Champagne
Journaliste
Publié le 17/04/2011 à 11h44

Il s’est rasé la barbe, porte une fine moustache et n’a plus cette odeur de rue des dernières fois. Depuis un mois, Philippe a un toit.


Philippe et les Orgues de Flandres (Aurélie Champagne/ Olivier Volpi)

Philippe a fixé le rendez-vous au métro Riquet, dans son nouveau quartier du XIXe arrondissement de Paris. Le chahut de l’avenue de Flandres est assourdissant. Nous marchons jusqu’à la première terrasse engageante.

Philippe est sidéré de voir réapparaitre le canal de l’Ourcq au bout de la rue. Il n’est jamais venu ici. Découvrant ces espaces dégagés, la promenade et la brochette de bateaux à quai, il lâche :

« Il y a assez de place ici pour planter des tentes. »

Puis il se ravise :

« Avec ce grand hôtel qu’il y a là-bas, les gens se feraient virer. »

Depuis huit ans, Philippe dormait sous un remblai face à l’église Saint-Eustache, dans le quartier des Halles (Ier arrondissement). Chaque matin, il se délestait de son duvet dans une bagagerie pour SDF. L’hiver a été long et particulièrement dur pour le quinquagénaire. Il a échappé aux nuits les plus froides en se refugiant dans un gymnase ouvert par la mairie.

« Parfois, j’allais à droite, à gauche, quand on me proposait ou dans une église où je connais des gens. »

« Putain, ce soir, j’ai un endroit où dormir »

Aujourd’hui, Philippe vit dans une chambre d’hôtel meublée. Elle fait 15 m2 : un lit, une armoire, une douche, des toilettes, un évier. La direction de l’hôtel interdit les visites mais Philippe s’en moque : avec cette chambre, il a retrouvé la sensation d’être en sécurité. La présence d’une porte qui ferme permet de dormir à poings fermés.

« Ça fait un mois que je me couche à 22 heures et que je me lève à 13 heures ! »


« Fini les mecs qui te réveillent » (Aurélie Champagne/ Olivier Volpi)

C’est toujours cette même histoire de privation de sommeil qui mine le quotidien des SDF. Au fil des jours, elle agit directement sur l’humeur et sur la clairvoyance. « Là, tu es plus relax », résume-t-il, tu peux apprécier la vie. Tu te dis : « Putain, ce soir, j’ai un endroit où dormir. »

« Quand tu es habitué à dormir dehors sur du carton, il faut un temps pour s’adapter au matelas. Mais maintenant, j’ai qu’une hâte le soir, c’est retrouver mon lit ». (Ecouter Philippe raconter son emménagement)

Audio file

Ecouter Philippe raconte son emménagement.


« Fini les cartons » (Aurélie Champagne/ Olivier Volpi)

L’assistante sociale : « Pour Philippe, le timing était bon »

En décembre dernier, Philippe a sollicité l’association Aux Captifs, la libération pour un hébergement.

« Virginie, l’assistante sociale, m’a monté un dossier en béton. Les Petits frères des pauvres ont accepté. »

« Pour Philippe, le timing était bon », explique Virginie. C’est une question de chance. Les listes d’attente pour les hébergements sont interminables.

« J’ai fait un autre dossier fin février pour une personne qui a cinq ans de plus que Philippe et vingt ans de rue également. J’ai eu une réponse en mars m’invitant à représenter le dossier en mai. Il n’y avait plus de places et, pourtant, c’est la même structure. »

Aux Captifs, la libération, chrétienne « sans être exclusive »

Fondée par un prêtre il y a trente ans, Aux Captifs, la libération tire son nom d’un passage des Evangiles, explique Pierre Jamet, responsable de secteur sur l’antenne de Paris-centre. Elle « a de fait une couleur chrétienne et travaille en lien avec le diocèse de Paris [...] sans être exclusive ».

L’association est installée dans les murs de l’église Saint-Leu Saint-Gilles. Au sous-sol, des statues d’anges gothiques côtoient des cartons de nourriture, de vêtements et d’accessoires pour femmes issus de collectes.

« Ici, on tourne à 25 bénévoles, répartis entre la précarité et la prostitution : ceux qui vivent à la rue et ceux qui vivent de la rue. On joue sur cette nuance. »

Maraude, suivi social, activités visant à « mettre les personnes de la rue en projet » sont le quotidien des Captifs.

Le 115 : 18% des appelants contre les centres d’hébergement

Selon la Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (Fnars), réseau de 850 associations et organismes publics, les SDF renvoyés à la rue à la fin de la trêve hivernale seraient :

  • 800 à Paris,
  • 900 en Seine-Saint-Denis,
  • 400 à Lille,
  • 180 à Nantes,
  • 150 à Bordeaux,
  • 100 à Rennes,
  • 100 à Strasbourg...

« Sans oublier tous ceux qui ne sont pas comptabilisés parce qu’ils ne demandent plus rien et qu’ils restent à la rue, même l’hiver. »

Une enquête, réalisée cet hiver par Médecins du monde dans six villes de France, révèle que pour 32% des personnes ayant contacté le numéro vert national 115, le manque de places disponibles est la cause majeure de retour à la rue. Dans 18% des cas, c’est le refus d’aller dans les centres d’hébergement :

« Promiscuité, séparation des couples et des familles, violences et vols, alcool, mauvaises expériences sont les principales raisons évoquées pour expliquer ce refus.

Beaucoup préfèrent rester dans leur abri précaire plutôt que de se rendre dans des lieux inadaptés et perçus de manière très négative. »

Philippe : « J’aurais refusé le dortoir. J’aurais préféré la rue »

Pour Philippe, une chambre individuelle était la condition sine qua non de son relogement.

« J’aurais refusé de me retrouver dans un dortoir avec six ou huit personnes. J’aurais préféré continuer à dormir à la rue. »

Depuis son arrivée aux Captifs il y a deux ans, Virginie constate :

« Les dispositifs sont saturés ou ne correspondent pas aux demandes des personnes [...]. Les chambres individuelles sont de plus en plus difficiles à trouver. [...] »

« Ce qui fait que les gens restent dans ce système de rue et en fait, on les y maintient », estime Annabelle, assistante sociale collègue de Virginie, qui déplore :

« Les seules solutions qu’on a sont les hôtels au mois ruineux. Calculez les sommes dépensées par la société pour caser des gens dans des réduits ! » (Ecouter Annabelle et Virginie)

Audio file

Ecouter Annabelle et Virginie.

« Ça suffit, les solutions d’urgence ! »

Tous les mois, les Petits frères des pauvres versent 595 euros au propriétaire de l’hôtel meublé pour la chambre de Philippe. S’ajoutent 180 euros que Philippe sort de sa poche. Au final, la chambre revient à 775 euros par mois. « Quand ils voient des SDF arriver, les propriétaires de l’hôtel se frottent les mains », ironise Philippe. Virgine :

« C’est du grand n’importe quoi mais, nous, on ne peut rien y faire. On cherche des solutions pour des personnes qui n’ont pas de logement, et pas d’accès non plus à ne serait-ce qu’un studio dans le privé ou une chambre de bonne parce qu’elles manquent de garants, de ceci, de cela... Donc ouais, c’est l’hôtel au mois. »

Pour Philippe, « ça suffit, les solutions d’urgence ! » :

« Je ne conçois pas une réinsertion si les mecs n’ont pas un logement viable et individuel. Quelqu’un qui veut s’en sortir, il faut lui donner les moyens. Il faut des chambres individuelles pour réfléchir et refaire surface. » (Ecouter Philippe)

Audio file

Ecouter Philippe sur le relogement.

Certains se disent prêts, mais dorment habillés, la fenêtre ouverte

Pour le SDF, tout n’est pas encore gagné. Virginie a appris à rester prudente : « Il peut arriver qu’une personne à la rue se dise prête à entrer dans un hébergement », sans y parvenir.

« La personne dort par terre, tout habillée et les fenêtres grandes ouvertes... »

Depuis un mois, Philippe éprouve cette sensation de claustrophobie :

« T’as vécu au grand air pendant vingt ans et ensuite tu te retrouves confiné dans une chambre. Tu te sens angoissé. »

Se retrouver dans une chambre « n’a pas été évident », explique Philippe.

« A un moment donné, je me demandais si c’était vraiment chez moi. Quand tu reprends un logement, tu as un temps d’adaptation, il y a un tas d’habitudes que tu prends quand tu vis à la rue. [...]

Avant j’allais aux douches municipales. Impossible de se laver tous les jours. »

Avec une douche personnelle, « il n’y a plus ces problèmes de mycose ».

« Tu sais que tu as ta douche, c’est toi qui la nettoies, tu es en confiance. Beaucoup de personnes m’ont dit que ça se voyait, ça se sentait. »

Surtout, « il y a l’eau chaude, chose que t’as pas à la rue... » « Je peux me faire mes cafés, mes soupes. » (Ecouter Philippe raconter son emménagement)

Audio file

Ecouter Philippe raconter son emménagement (suite).


« Fini les mycoses des bains douches » (Aurélie Champagne/ Olivier Volpi)

« Une chambre change toute ta vision du monde »

Philippe se sent encore un peu perdu dans son nouveau quartier et n’a pas vraiment rompu avec sa vie ritualisée de SDF :

« Je retourne aux Halles, c’est normal, j’y ai passé quinze ans. »

Pour l’heure, il se concentre sur les choses les plus élémentaires :

« Aller à ton domicile, partir le matin, rentrer le soir, avoir une clef... Plus tard, ce sera faire la cuisine... »

Pour lui, l’hôtel est une première étape. Il doit faire ses preuves et convaincre :

« Les Petits frères des pauvres, ils te placent à l’hôtel au mois pour voir si tu es bien régulier dans tes paiements. Ensuite, ils te passent à l’hôtel meublé avec cuisine : t’es un petit peu plus chez toi. Ensuite c’est vraiment le logement définitif.

C’est un parcours qui demande à peu près trois ans. Mais encore une fois, si c’est trois ans pour avoir un chez soi, je suis prêt à le faire.

Je me rends compte que vivre à la rue, je ne peux plus [...] je vieillis, je suis moins résistant et le déclic que j’ai eu, c’est peut-être d’avoir vu trop de potes crever à la rue. »


« J’vais m“y faire” (Aurélie Champagne/ Olivier Volpi)

Une fois son loyer payé, il reste à Philippe 286 euros pour vivre sur son RSA de 466,99 € mensuels. Philippe ne se plaint pas : “ c’est à moi de tenir ”. Il trouvera des petits boulots.

En terrasse, Philippe savoure son bonheur, même s’il pense aux “ copains retournés à la rue ”. D’après le dernier rapport de la Fondation Abbé-Pierre, il y aurait 133 000 SDF en France. D’ici quelques heures, il en retrouvera certains à la bagagerie Mains libres où il est bénévole. C’est son tour de permanence.

Philippe se roule une clope et sirote son Martini – “ on va croire que je picole ” – puis levant le nez sur ce bout de canal où il se promet de revenir, il conclut :


Philippe face au Canal (Aurélie Champagne/ Olivier Volpi)

  • 68880 visites
  • 163 réactions
Vous devez être connecté pour pouvoir commenter : ou créez un compte
  • héliotrope
    héliotrope
    Ecocitoyen débutant, chercheur (...)
    • Posté à 11h52 le 17/04/2011
    • Expert 2978
      Ecocitoyen débutant, chercheur (...)

    Je ne sais même pas si les clients du Fouquet’s ont un jour fait ce cauchemar ?

  • A.T.swey
    • Posté à 11h55 le 17/04/2011
    • Internaute 112034
      *

    Encore un beau reportage d’Aurélie ! mais sait-on combien de sdf mourraient dans la rue sans le travail de toutes ces associations ?

    La réponse devrait faire honte aux pouvoirs publics...

    • federowa
      federowa répond à A.T.swey
      resp comptable
      • Posté à 16h04 le 17/04/2011
      • Internaute 147115
        resp comptable

      J’en pleure en l’écrivant !
      Les reportages d’Aurélie sont effectivement poignants !
      C’est une trè bonne journaliste « en herbe » !
      Son regard « neutre », mais toutefois poignant, ne me laisse pas insensible !
      Courage Aurélie, votre « plume est belle »
      Et merci encore

      • labrisure
        labrisure répond à federowa
        Personnage exceptionnel
        • Posté à 18h34 le 17/04/2011
        • Internaute 48949
          Personnage exceptionnel

        Et quel est l’intérêt de pleurer ?

         
        • federowa
          federowa répond à labrisure
          resp comptable
          • Posté à 19h55 le 17/04/2011
          • Internaute 147115
            resp comptable

          Intérêt très égoiste sans doute !
          Sensibilité ou sensiblerie !
          Je n’arrive pas à lever le pied pour passer au-dessus de quelqu’un allongé au sol
          Même si, c’est son choix Déjà, qu’on me dise lequel
          Cordialement

        • A déménagé le 27-01-2012
          • Posté à 20h02 le 17/04/2011
          • Internaute 19993
            nc

          On ne choisit pas de pleurer, ça viens naturellement.

          • federowa
            federowa répond à A déménagé le 27-01-2012
            resp comptable
            • Posté à 21h28 le 17/04/2011
            • Internaute 147115
              resp comptable

            Merci,
            Ton pseudo est « Labrisure »
            Je suis « Labrisurée »
            Merci encore pour ta réponse
            Très, très cordialement

        3 autres commentaires
  • héliotrope
    héliotrope
    Ecocitoyen débutant, chercheur (...)
    • Posté à 11h56 le 17/04/2011
    • Expert 2978
      Ecocitoyen débutant, chercheur (...)

    @ Aurélie :
    Merci et pour l’article, et pour Philippe et pour vos magnifiques illustrations.

  • A déménagé le 3 mai
    • Posté à 11h59 le 17/04/2011
    • Internaute 112096
      écriveuse

    Je ne parviens même pas à être contente de ce qui arrive à Philippe, tant ce que relate l’article est révoltant. Trois ans de mise à l’épreuve pour avoir enfin un logement. Pays de merde !

    • siko
      siko répond à A déménagé le 3 mai
      capitaliste révolutionnaire
      • Posté à 12h09 le 17/04/2011
      • Internaute 38962
        capitaliste révolutionnaire

      Je vois pas le rapport avec le pays. On parle d’une assoce. Ça servirait à quoi de filer un appartement à quelqu’un qui ne sait pas se gérer. D’ailleurs, il n’a pas l’air de s’en plaindre... Je pense que ça fait partie d’un processus de reconstruction.

      • A déménagé le 3 mai
        A déménagé le 3 mai répond à siko
        écriveuse
        • Posté à 13h41 le 17/04/2011
        • Internaute 112096
          écriveuse

        Je pense que le jour où les faits qui mènent à la rue vous atteindront, vous n’aurez plus besoin d’un dessin. Ils se trouve que cela arrive bien plus vite qu’on ne pourrait l’imaginer, et que cela peut toucher des gens considérés comme « très biens » lorsqu’ils sont intégrés. Le jour où vous vous retrouverez au chômage, c’est bête, mais c’est banal, et que d’un coup d’un seul vous en deviendrez insolvable, puis expulsé, vous constaterez qu’au bout d’un temps, il ne vous restera que la rue. Mais comment faire comprendre ceci à quelqu’un qui visiblement gère d’une main de maître jusqu’à l’imprévisible ! Ce jour là, alors que vous verrez les vautours de près, que frôlé par la loi au point d’en être secoué vous comprendrez peiné ce que le pays et surtout ce que ses dirigeants en ont fait, est, votre vision changera. Peut-être qu’alors, si avez encore la possibilité d’avoir accès à cet article, vous entreverrez que, derrière l’association évoquée, la toile qui pourrait à première vue paraître en arrière plan, crève de plein fouet l’écran.

         
        • siko
          siko répond à A déménagé le 3 mai
          capitaliste révolutionnaire
          • Posté à 15h07 le 17/04/2011
          • Internaute 38962
            capitaliste révolutionnaire

          C’est censé être une réponse à mon commentaire ? je comprends qu’on puisse être révolté. Je ne comprends pas qu’on puisse à ce point ne pas écouter ce que disent les autres. J’ai jamais dit tout ce que vous m’attribuez. Après 10 ans dans la rue (que cette personne soit super capable et débrouillarde ou pas), il faut se reconstruire. Et si cette association ne lui donne pas directement un logement, c’est pour éviter de perdre leur temps et leurs moyens avec des personnes qui ne sauront jamais se réadapter (malheureusement).

          • laogong
            laogong répond à siko
            • Posté à 17h23 le 17/04/2011
            • Internaute 27856

            « pour éviter de perdre leur temps et leurs moyens avec des personnes qui ne sauront jamais se réadapter (malheureusement) ».

            Voilà, c’est quand on lit des phrases comme ça qu’on se rend compte où en est rendue la société... Merci pour ce grand moment !

            • Zibel
              Zibel répond à laogong
              (soulagée mais vigilante depuis (...)
              • Posté à 18h49 le 17/04/2011
              • Internaute 4355
                (soulagée mais vigilante depuis (...)

              Siko a raison : toutes les personnes qui ont bossé auprès des clochards (SDF, pour faire moderne, mais je préfère l’autre mot, moins administratif) savent que le relogement est tout un parcours, avec des essais, des ratés, des « rechutes ».
              L’article le dit un peu aussi, en parlant de la « claustrophobie » de Philippe. Pour d’autres, c’est la difficulté à sortir de la spirale infernale de l’échec...
              C’est un fait, ce n’est pas de l’égoïsme ou du jugement moral ; nous devons travailler en ayant conscience de ça, pour éviter de perdre un temps précieux (et une place en apprt’) pour une personne qui n’est pas encore prête, et favoriser une autre pour qui les meilleures conditions sont réunies.
              Car, bien sûr, dans l’aide aux précaires, on ne bosse que dans l’urgence et la priorisation...

              • laogong
                laogong répond à Zibel
                • Posté à 21h56 le 17/04/2011
                • Internaute 27856

                Désolé, ma vision un peu naïve et sans doute gauchiste (ou peut-être chrétienne ? beurk ) c’est que tout le monde a le droit INCONDITIONNELLEMENT a un toit et à la dignité. Il n’y a pas à « être prêt » pour avoir droit à la dignité.
                Quand un enfant naît (traumatisme ô combien plus important que le fait de retrouver un toit), on n’attend pas de savoir s’il est prêt, ou s’il est capable de s’adapter, pour lui filer un biberon et un lit avec des couvertures.

                • Hot_Fuzz
                  Hot_Fuzz répond à laogong
                  Etudiante
                  • Posté à 10h22 le 18/04/2011
                  • Internaute 148350
                    Etudiante

                  Ta position est sans doute très honorable et humaniste.

                  Mais, les associations ne composent pas avec des droits fondamentaux et des principes, elles sont dans l’urgence du terrain, elles n’ont pas les moyens de pourvoir en logements tous les clochards et tous les trimards que compte notre pays, grand producteur de misère.

                  On peut considérer que les assos de réinsertion sont déjà dans une position inique, elles tendent la sébile aux dons et subventions et se débrouillent ensuite pour résoudre, avec ces quelques subsides, des situations humaines que l’État n’aurait jamais du laisser advenir...

          • clozedor
            clozedor répond à siko
            • Posté à 18h00 le 17/04/2011
            • Internaute 112179

            Et n’oublions pas que le social est un bizness...
            Comme un autre.
            Que des gens en vivent.
            Bien.
            En vivent bien.
            Assoc ou entreprises.
            Voire politiques.
            Donc il faut du SDF.
            Et les intellos « bonne conscience » continueront de prendre des vessies pour des lanternes.

            • yoms
              yoms répond à clozedor
              • Posté à 12h44 le 18/04/2011
              • Internaute 67829

              Le social n’est pas un « business », c’est une activité. Peu de salariés en vivent bien, la plupart du temps, c’est la précarité de l’emploi et des bas revenus avec comme consolation l’impression de se sentir utile à quelque choses plutôt que de bosser pour un « business comme un autre ».

              Certes au niveau politique et dans les grosses structures associatives il y a des magouilles et on entretient avec un plaisir pernicieux le mythe de l’urgence sociale au lieu d’envisager des moyens de prévention et d’insertion plus équitables mais cela ne correspond pas à l’immense majorité des travailleurs sociaux qui font ce métier par conviction.

              La moindre des choses quand on évoque ce genre de sujet c’ets de se renseigner un tant soi peu et de ne pas relayer les clichés populistes et les présupposés entretenus par le gouvernement et les médias...

              • clozedor
                clozedor répond à yoms
                • Posté à 07h50 le 19/04/2011
                • Internaute 112179

                Ok avec vous.
                Voir plus bas ma réponse à Yabou.

            • yabou
              yabou répond à clozedor
              gerant
              • Posté à 19h51 le 18/04/2011
              • Internaute 125488
                gerant

              Désolés mais si y en a qui vivent bien du « social “ il doit pas y en avoir des masses !
              J ai travaillé au Samu social a paris et adorai on travail , mais j etai aussi manutentionnaire et avait un 3eme boulot pour m en sortir ...

              Je n arrivai pas a payer mon loyer et ai du partir de paris pour pouvoir gagner humblement ma vie !

              Ce travail n est pas pour devenir riche mais pour essayer de diminuer les differences sociales et aider ceux dans le besoin ...

              Pour que ca change il faudrait deja changer de regard ! J ai essayé de sauver une fois un sdf de la mort en hiver (avant de travailler au samu social , c etai a bordeaux ) il etai en train de mourir d hypothermie dans la rue et tout le monde l evitai ou l esquivai comme ils pouvaient ...en passant j ai vu ca et cela m a dégouté ... me suis occupé de lui jusqu a l arrivée du samu ...bien 30 minutes le temps que les urgences comprennent que c etai un sdf ... je ne savai pas a l epoque qu il y avait un organisme special pour eux...les urgences je les croyaient pour tout le monde...

              Votre vision est peut etre veridique dans certains sens (il y aura toujours des abuseurs ; c tellement normal ‘ en France...) mais ce n est pas une vérité , j ai rencontré tellement de gens qui faisaient ce travail avec valeurs ! ! ! Et non pas pour etre riches ... mais pour que cette richesse du coeur qu est le partage existe ...fraternité !

              • clozedor
                clozedor répond à yabou
                • Posté à 07h48 le 19/04/2011
                • Internaute 112179

                J’aime les raccourcis, voire la provoc.
                Evidemment, vous avez raison ; les travailleurs sociaux (pro ou bénévoles) : la majorité d’entre eux sont tout à fait respectables, remplis d’humanisme et d’altruisme.
                Et on devrait leur rendre un hommage permanent, ce qui n’est pas le cas, bien au contraire.
                Ce que je voulais dénoncer ce sont simplement ces articulations financières qui consistent à ammasser des quantités de subventions qui au mieux ne servent à rien, au pire sont détournées à des fin personnelles ou politiques.
                Ce sont ces associations de type charity business qui ne consacrent qu’une part infime de ce qu’elles récoltent à une aide directe envers les populations en souffrance, tandis que leurs Présidents voyagent en first et se logent dans des 4 étoiles.
                Ce sont ces hôtels sociaux qui accueillent des familles dans des conditions scandaleuses et qui touchent le pactole de l’état ou des conseils généraux.
                La liste est hélas longue de tous les abus commis au nom du « Social » et au détriment du contribuable.
                Et le dire, ce n’est pas faire du populisme ou activer les mécanismes pro FN, c’est tout simplement se montrer pour le moins lucide.

                • yabou
                  yabou répond à clozedor
                  gerant
                  • Posté à 19h04 le 19/04/2011
                  • Internaute 125488
                    gerant

                  Merci pour cette reponse qui montre que malgres votre air agressif et desabusé , un coeur bat bien dans ce corps 8 ) haha bon provocateur en tout cas bravo !

                  Vous avez tout a fait raison sur les abus ... je n en suis que trop bien placé pour pouvoir dire le contraire (hotels « sociaux » , charity buisness..) malheureusement tout est toujours récupéré a des fins de profits souvent douteux...
                  Et je suis daccord sur le cote lucide , voir les choses comme elles sont , mettre les problemes en avant pour pouvoir les regler n est pas faire du populisme ou le jeu du Fn , bien au contraire a mes yeux ... il faut savoir ou est le probleme pour pouvoir trouver sa solution .. ne pas avoir peur d affronter la realité , ce qui n est vraiment pas le cas du Fn qui a mon humble avis joue avec les peurs !

                  • clozedor
                    clozedor répond à yabou
                    • Posté à 07h47 le 20/04/2011
                    • Internaute 112179

                    ...Et un des meilleurs exemples, ce sont les multiples « plans banlieues ».
                    Au gré des gouvernements, des orientations politiques, des différents minitres de la ville : combien de millions dilapidés sans résultats concrets ?
                    Des commissions, ça, il y en a eu.
                    Des projets, qui sont restés « projets ».
                    Des études, bureaux d’études, j’en passe et des meilleurs...
                    Si seulement le quart de toutes ces subventions avaient été confiées à des « soutiers », des acteurs du social en phase avec le terrain, et non des politiques hypocrites (pléonasme) ou des fonctionnaires neurasthéniques, le il y aurait aujourd’hui de vrais progrès.
                    Mais non, ça continue.

        12 autres commentaires
      • KIKI21000
        KIKI21000 répond à siko
        retraité
        • Posté à 16h23 le 17/04/2011
        • Internaute 53190
          retraité

        ainsi qu’à mog : ce n’est pas le pays, mais le système dominant qui est de la merde.

      • Danielle29
        Danielle29 répond à siko
        Soutien à amonhumbleavis
        • Posté à 17h27 le 17/04/2011
        • Internaute 30791
          Soutien à amonhumbleavis

        Extrait du dictionnaire de l’Académie Française, à propos du verbe « gérer », employé à tort.

        (1)GÉRER v. tr. (se conjugue comme Céder). XVe siècle. Emprunté du latin gerere, « porter, administrer, faire, exécuter ».
        Administrer pour le compte d’une autre personne, d’une collectivité, d’une entreprise, etc., ou, par ext., pour son propre compte. Gérer une tutelle. Gérer un domaine, un établissement. Gérer les stocks, le budget d’une entreprise. Un patrimoine bien géré, mal géré. Mal gérer ses affaires. Expr. fig. Gérer une crise, une pénurie, y faire face par des moyens empiriques.
        On ne peut gérer que des biens matériels ou ce qui peut y être assimilé. L’emploi extensif de ce verbe à d’autres domaines, comme dans « gérer un divorce, une maladie, un échec », etc., est de très mauvaise langue et doit être proscrit.

        A utiliser les mots de la finance et de la possession matérielle pour parler des vies et des personnes, on finit par traiter les vies et les personnes comme des produits.
        Cela m’agace profondément.
        Mon agacement « tombe » à propos de votre commentaire, mais il est généré par l’emploi quasi systématique de ce verbe aujourd’hui pour toutes sortes de situations qui ne relèvent pas de cet emploi lexical.
        Il existe une foule d’autres mots pour nommer au plus près la manière dont une personne conduit sa vie.

         
        • siko
          siko répond à Danielle29
          capitaliste révolutionnaire
          • Posté à 11h53 le 18/04/2011
          • Internaute 38962
            capitaliste révolutionnaire

          Bon ben très heureux d’apprendre. Quels sont les mots qui auraient été plus adéquats ?

        1 autres commentaires
    • amanite
      • Posté à 12h24 le 17/04/2011
      • Internaute 28366

      @ mog, ça veut dire quoi : « pays de merde “, vous pouvez développer un peu ?

      • manusan
        manusan répond à amanite
        • Posté à 16h07 le 17/04/2011
        • Internaute 40431

        Un pays de merde, c’est un pays où vous ne verrez jamais ce genre de récits, c’est un pays où il faut partir chez le voisin pour avoir un minimum de charité, c’est un pays qui laisse ses plus pauvres crever.

    • Jean-Jacques Louis
      • Posté à 13h30 le 17/04/2011
      • Internaute 2277

      Si la France était un pays de merde, penses-tu qu’autant d’étrangers essaieraient de s’y installer ?

      Vas voir ailleurs avant de juger.

      • A déménagé le 3 mai
        • Posté à 14h00 le 17/04/2011
        • Internaute 112096
          écriveuse

        Il se trouve que j’y suis allée... et que je me suis rendue compte que si bien des peuples étaient dans la misère, la politique de nos dirigeants qui suit celle des intérêts financiers qui ne profitent certainement pas aux gens desdits pays, n’y était non seulement pas étrangère, mais qu’elle y contribuait ! Je préférerais qu’on se vouvoie.

         
        • Jean-Jacques Louis
          • Posté à 15h05 le 17/04/2011
          • Internaute 2277

          Sur ce point, je suis d’accord avec vous. C’est seulement l’appellation « pays de merde » qui m’avait choqué car il fait meilleur vivre en France que dans d’autres pays industrialisés.

          En fait, la seule chose merdique en France ce sont justement les acteurs de cette politique néolibérale génératrice et exportatrice de misère et dont il faut se débarrasser au plus vite avant qu’ils ne fassent vraiment de la France un pays de merde et avec elle des autres pays de sa zone d’influence.

          La France doit rester la France et pas devenir une imitation des USA.

        1 autres commentaires
      • super_lapin
        super_lapin répond à Jean-Jacques Louis
        couillon de la classe moyenne
        • Posté à 14h49 le 18/04/2011
        • Internaute 135884
          couillon de la classe moyenne

        Il se trouve que beaucoup de gens la quitte aussi la France...
        Quand aux étrangers, contrairement à ce qu’on voudrait nous faire croire, la plupart ne font que passer

    • A déménagé le 13-10-2012
      • Posté à 13h36 le 17/04/2011
      • Internaute 19357
        non connue

      Arrêtez de dire « pays de merde » , il n’y est pour rien le pays , dites « société de merde “ alors ou plutôt une certaine société car dans la mienne on s’entraide et on se soutient , on s’inquiète des autres , on les visite quand ils sont malade etc ....

      • Brédala
        Brédala répond à A déménagé le 13-10-2012
        NB : dernières lignes dans " (...)
        • Posté à 13h41 le 17/04/2011
        • Internaute 63792
          NB : dernières lignes dans " (...)

        « ...il n’y est pour rien le pays , dites “société de merde ‘...’

        ou plutôt politique de merde !

         
        • Hot_Fuzz
          Hot_Fuzz répond à Brédala
          Etudiante
          • Posté à 10h28 le 18/04/2011
          • Internaute 148350
            Etudiante

          Dites plutôt « Merde ! » aux politiques...

        1 autres commentaires
      • A déménagé le 3 mai
        • Posté à 13h54 le 17/04/2011
        • Internaute 112096
          écriveuse

        Devant votre réaction, je m’incline, car vous avez « presque » raison. Il n’en reste pas moins que je nuance, car l« entraide est surveillée de près, c’est devenu un acte non-marchand. S’entraider c’est résister. Les SEL ne sont pas vus d’un bon oeil ! Et puis je constate que des lois perfides visent à la saboter pied à pied, ce qui ne m’empêche pas de “pratiquer”. Quid des assurances en cas de pépins ? LOPSSI2 ? Héberger un ami dans la dèche plus de 6 mois, il me semble que c’est ça le délais, et hop, voilà un concubinage ! Etc... etc...Mais pour ce qui est des paysages, en France nous sommes bien lotis, c’est vrai.

         
        • A déménagé le 13-10-2012
          • Posté à 14h15 le 17/04/2011
          • Internaute 19357
            non connue

          Merci de m’avoir lu , je me faisais une autre réflexion , comme dans les années 70 sur le parvis de l’église d’en face ou les frères servaient la soupe aux SDF , que l’on appelait clochards d’ailleurs , en échange d’une ou deux prières obligatoires .
          Je ne donnais jamais au secours catholique , préférant le secours populaire de peur que mon fric et mes vêtements servent à l’endoctrinement de ces pauvres gens déjà bien malheureux .
          Ben , il semble à la lecture de cet article qu’il n’y ait pas de marchandage , c’est très curieux .

          • freedomforce
            freedomforce répond à A déménagé le 13-10-2012
            follementlucide
            • Posté à 21h07 le 17/04/2011
            • Internaute 150449
              follementlucide

            le secours populaire et ben c rien d evident ...
            il font leurs possibles semblent etre benevoles

            au final ...
            franchement rien d evident ...
            plus de peine que de bon je trouve
            systeme bien curieux ...
            qui pourtant a certain merites

          • Aleas27
            Aleas27 répond à A déménagé le 13-10-2012
            la tête dans le guidon
            • Posté à 11h29 le 18/04/2011
            • Internaute 152867
              la tête dans le guidon

            Comme vous le faites remarquer, cela se passait dans les années 70...ensuite, je ne suis pas sûre que toutes les « bonnes âmes » chrétiennes agissaient de la sorte...
            Et puis n’oubliez pas que le social actuel émane de la charité chrétienne - ah, les vieux hospices d’antan où on cachait la misère, pour mieux la contrôler..

            M’enfin, je ne réagis pas à cela mais à la fin de votre commentaire : vous semblez étonné qu’il n’y ait pas eu de « marchandage » dans le cas de Philippe... même si je vois très bien à quoi vous faites allusion (obtenir l’adhésion coûte que coûte de Philippe à la « doctrine » de l’asso ) je vous le confirme : il n’y a pas eu de marchandage. J’en sais quelque chose, c’est moi qui ai « instruit » sa demande d’hébergement. Alors, je vais me faire l’avocat du Diable, mais peut-être est-ce parce que Philippe est croyant catholique et que moi je ne le suis pas ? !
            Non, je plaisante...Peut-être aussi (sûrement !) est-ce parce qu’on accueille et accompagne de manière INCONDITIONNELLE les personnes, quelques soient leurs origines, leurs croyances, leurs problématiques etc etc... et que nous ne faisons pas dans le prosélytisme ?

            Pour ma part, je n’ai pas eu de très bons contacts avec le Secours Populaire en tant que citoyenne lambda le jour où j’ai voulu donner des affaires à l’antenne de ma ville de banlieue rouge... après, tout est affaire de personnalité, derrière chaque bénévole/salarié d’asso, il y a un individu, avec ses convictions propres, son caractère...

            Ah ! pour info, à l’attention générale : l’association où est donc domicilié Philippe travaille en lien avec des bénévoles, mais l’accompagnement social est effectué par des salariés - qui, malgré ce que certains pourrez penser, ne gagnent pas de quoi faire des économies monstres par les temps qui courent...
            V.

            • A déménagé le 13-10-2012
              A déménagé le 13-10-2012 répond à Aleas27
              non connue
              • Posté à 11h51 le 18/04/2011
              • Internaute 19357
                non connue

              Oui , vieille réaction de jeunesse , j’avais trouvé ce marchandage bien peu chrétien : -))
              Mais ils avaient à manger , c’était bien là le principal .
              Les Frères sont partis , trop de constructions alentour au fil du temps, le recueillement en souffrait .

            • A déménagé le 13-10-2012
              A déménagé le 13-10-2012 répond à Aleas27
              non connue
              • Posté à 12h05 le 18/04/2011
              • Internaute 19357
                non connue

              B.

        5 autres commentaires
    • flotenaton
      flotenaton répond à A déménagé le 3 mai
      ingénieur
      • Posté à 13h43 le 18/04/2011
      • Internaute 135479
        ingénieur

      « Une fois son loyer payé, il reste à Philippe 286 euros pour vivre sur son RSA de 466,99 € mensuels ».

      Je connais pire comme « pays de merde ».

  • expat
    • Posté à 12h00 le 17/04/2011
    • Internaute 25627

    Difficile d’imaginer ce que nous acceptons en temps que societe, pourquoi laisser tant de gens vivre de cette maniere, et ca ne va pas s’arranger.
    C’est beau de penser qu’il reste des associations qui ne les abandonnent pas et surtout qui reconnaissent qu’ils ont besoin d’etre traites avec respect.

    Bonne chance a Philippe et a tous les autres !

    Esperons que dans l’avenir un peu de raison viendra eclairer les urbanistes et qu’ils construiront/renoveront plus de logements que de bureaux, mais sans changer profondement la societe et abandonner notre systeme capitalise absurde, il y a peu d’espoir !

    • emiboot
      emiboot répond à expat
      No Homs land
      • Posté à 12h51 le 17/04/2011
      • Internaute 81944
        No Homs land

      « Esperons que dans l’avenir un peu de raison viendra eclairer les urbanistes et qu’ils construiront/renoveront plus de logements que de bureaux »
      Ou qu’on obligera les banques et autres institutionnels à ouvrir leur locaux vides et parfaitement habitables (quelque 122000 à Paris) et à cesser enfin à jouer la pressions sur le marché du locatif. Par exemple.

      • expat
        expat répond à emiboot
        • Posté à 13h06 le 17/04/2011
        • Internaute 25627

        C’est vrai que c’est un point dont on parle peu en France du moins dans les quotidiens nationaux, en Suisse, il y a des annees que c’est un sujet qui interpele, les nouveaux batiments sont des bureaux parce que le m2 loue rapporte bien plus qu’un logement, mais avec les crises successives ils restent vident, mais les politiques ne changent pas.
        Il existe aussi des logements vides dans beaucoup de grandes villes qui ne sont pas offerts a la location par crainte des impayes et de ne pouvoir se debarraser des locataires (des cas bien hypothetiques, si les passe-droit qui logent a vil prix en HLM les louaient il y peu de chance qu’ils ne paient pas), ou simplement parce que les proprietaires sont si riches qu’ils s’en foutent completement.

         
        • emiboot
          emiboot répond à expat
          No Homs land
          • Posté à 11h34 le 18/04/2011
          • Internaute 81944
            No Homs land

          « Il existe aussi des logements vides dans beaucoup de grandes villes qui ne sont pas offerts a la location par crainte des impayés et de ne pouvoir se débarrasser des locataires »
          Ou, très souvent, parce que ce sont des institutionnels qui possèdent AUSSI du locatif (banques, assurance) et qu’ils font pression sur le marché en les laissant vides : si on ouvre 100 000 de ces logements demain, le locatif à Paris prend facile 15% dans le nez (à la louche) à la baisse. Ce qui mécaniquement : rend les loyer plus facile à payer et à louer (moins cher), réduit le risque d’impayé, facilite la vie, etc.
          Cas de maman : elle fait un loyer 30% moins cher pour l’appart qu’elle loue à Paris, elle n’a JAMAIS eu d’impayé, ni de mal à louer. Et elle loue à des travailleurs sociaux qui sinon auraient du se loger en banlieue lointaine.

          • Herostrate
            Herostrate répond à emiboot
            mal barré...
            • Posté à 12h25 le 18/04/2011
            • Internaute 147050
              mal barré...

            Bah oui, mais on n’est riche que par comparaison, et je soupconne que par moments on se sente bien plus riche a cote des tres pauvres.

            Ca vaut pour les tres riches, mais aussi je pense pour les classes moyenne et les travailleurs pauvres,

            C’est comme un boulot de merde paye au lance pierre : dur de gueuler quand y’a X millions de chomeurs dans la panade.

            Tant qu’on peut voir « pire » que soit, on arrive encore a se dire qu’on n’est pas definitivement dans la merde.

            • emiboot
              emiboot répond à Herostrate
              No Homs land
              • Posté à 14h35 le 18/04/2011
              • Internaute 81944
                No Homs land

              C’est une logique que je ne partage pas vraiment, le c’estpirismailleurs, parce que c’est une logique non seulement descendante mais qui est un cercle vicieux (que j’ai vécu).
              Un élément simplifie les choses : la pyramide des besoins. On peut s’inventer plein de besoin, mais certains - lorsqu’ils sont remplis ou non - sont définissant de pauvreté ou de richesse, non pas relativement à quelqu’un d’autre, mais relativement aux besoins humains. Pour faire grossièrement la liste montante :
              Survie
              l’air, l’eau, la nourriture (le tout de bonne qualité et en quantité suffisante) : stade 1. Sans, on meurt.
              être en sécurité (soi, les siens), un toit, dormir assez : stade 2. Sans ça, on peut devenir fou.
              Vie
              La dignité, le lien social, le jeu pour les enfants : stade 3. Sans on est peu de chose.
              Richesse (stade 1)
              Le loisir, la prise en charge de santé, l’apprentissage, la connaissance, la liberté d’exprimer/de critiquer (ses idées, son culte, son Gvt, etc..) : stade 4. On peut s’en passer certes, mais c’est aussi ce qui défini (à mon sens) la civilisation vs la dictature ou la barbarie.

              Je n’ai pas mis : la possession du dernier Ipad, vous aurez remarqué :) qui lui fait partie de la catégorie du superflu total.

              • Herostrate
                Herostrate répond à emiboot
                mal barré...
                • Posté à 15h33 le 18/04/2011
                • Internaute 147050
                  mal barré...

                Le « on » dans mon commentaire decrivait ce que je considere comme un cas general, les gens etant habitues a se definir par rapport aux autres.

                De plus, le « c’est pire ailleurs » (servi par nos medias et gouvernants) est bien pratique pour justifier pas mal de chose, dans le meme esprit finalement que ce qui est decrit par Orwell en faisant croire que c’etait mieux hier... Comme ca on a toujours un « autre » ou un « ailleurs » par rapport auquel on est encore riche, et donc heureux.
                Il s’agit donc d’un moyen de controle parmis d’autres, et donc certainement pas une maniere acceptable de voir les choses a mon avis.

                Ensuite, en ce qui concerne mon cas personnel, je me considere comme richissime puisque j’ai tout ce dont j’ai besoin, et meme plus. Dois je preciser que je n’ai besoin ni de I-machin, ni de chateau, ni de voiture, ni de fringues de marque ?

        4 autres commentaires
    • Aleas27
      Aleas27 répond à expat
      la tête dans le guidon
      • Posté à 11h32 le 18/04/2011
      • Internaute 152867
        la tête dans le guidon

      Vu le bordel sur le Forum des Halles, en pleine réhabilitation (on « civilise » le territoire, histoire de le rendre plus « beau », histoire surtout, je crois, de repousser la misère hors de ce quartier très commerçant...) j’ai malheureusement du mal à croire qu’urbanistes et Cie se soucient du mal-logement(pour ne pas parler du non logement)... mmh ?

  • Go to the page
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
Retour sur Rue89

Note Les notes de blogs ne sont pas toutes mises en forme par l'équipe de Rue89 contrairement aux articles du site.