Chez Franck Riester

Agé de 34 ans, Franck Riester est député UMP de la 5e circonscription de Seine-et-Marne, maire de Coulommiers. Il est également chef d'entreprise et dirige à ce titre plusieurs concessions automobiles. A l'Assemblée nationale, Franck Riester est membre de la commission des Affaires économiques et administrateur de la chaîne parlementaire LCP-AN.

Voilà enfin la grande réforme que le paysage audiovisuel attendait

Publié le 15/12/2008 à 01h56

Si l'on excepte les décrets Tasca régissant les relations entre producteurs et diffuseurs, qui viennent d'ailleurs d'être renégociés avec succès, le cadre réglementaire organisant notre paysage audiovisuel était resté désespérément figé depuis 1986 et la privatisation de la première chaîne.

Pourtant, en deux décennies, que de changements ! Il fallait d'abord prendre en compte l'arrivée des chaînes de la TNT, que l'on appelle encore parfois les nouveaux entrants. Depuis 2005, elles redessinent les lignes de force de notre paysage audiovisuel, poussent les chaînes dites historiques à s'adapter, et profitent largement au téléspectateur qui bénéficie d'une offre enrichie.

Il fallait également prendre acte de la révolution numérique qui arrive aujourd'hui dans nos foyers. D'ici 2012, au terme d'un processus qui démarrera à Coulommiers le 4 février, l'ensemble du territoire national basculera à la télévision tout numérique. Cela signifie une qualité d'image et de son exceptionnelle désormais offerte à tous, que viendra par ailleurs enrichir la diffusion en haute définition.

Il fallait enfin agir face à la situation de sous-financement chronique du paysage audiovisuel français qui, à terme, menaçait la création française ; préserver ce vivier de documentaires, d'œuvres de fictions, de reportages, qui témoignent de la spécificité de notre modèle français, était un impératif. Nous le voyons bien, il est donc urgent d'agir. Car cette réforme, et c'est ma conviction, répond d'abord aux intérêts de l'ensemble du paysage audiovisuel, pour l'intérêt de tous.

Une nouvelle télévision publique capable d'informer le plus grand nombre

Urgent d'agir, cela l'est également pour France Télévisions. D'abord, parce qu'à l'heure de la convergence audiovisuelle, nous regarderons de plus en plus la télévision sur différents types de supports (télévision classique, téléphone mobile, télévision mobile personnelle, internet...). C'est tout le sens de la transformation du groupe France Télévisions, composé jusqu'alors de 49 sociétés indépendantes, en entreprise unique afin de répondre au mieux au défi du « global media ».

Ensuite, parce qu'il faut justement donner les moyens à France Télévisions d'entrer dans l'ère du numérique que prévoit la généralisation du Plan France Numérique 2012 annoncé en octobre dernier.

Mener cette réforme, c'est également et surtout recentrer France Télévisions sur sa mission de service public audiovisuel qui constitue son identité. La suppression de la publicité sur les chaînes du groupe France Télévisions doit permettre de répondre à cette exigence d'une nouvelle télévision publique, libérée de la pression de l'audimat.

Une nouvelle télévision publique capable d'informer, éduquer et divertir le plus grand nombre. Une nouvelle télévision publique audacieuse, permettant une première partie de soirée à 20h30, une deuxième partie à 22h15, offrant davantage de commentaires et de décryptages, davantage de nouveaux formats, davantage de créations et d'innovations. Une nouvelle télévision publique qui soit simplement au service de tous les Français.

Cessons d'opposer les chaînes publiques aux chaînes privées !

J'entends dire que France Télévisions n'aura pas les moyens de ses ambitions. Soyons sérieux, ce projet de loi apporte la garantie la plus solide qui soit : celle de l'Etat, qui apportera un financement public et pérenne. Ainsi, l'audiovisuel public ne dépendra plus seulement d'un financement par un marché publicitaire au rendement aléatoire.

Une des critiques formulée revient à dire que cette réforme ne servirait en définitive que les intérêts des chaînes privées. Cessons d'opposer les chaînes publiques aux chaînes privées ! Penser que la bonne santé des unes passait par l'affaiblissement des autres revient à profondément dénaturer ce projet de loi. Nous souhaitons renforcer l'audiovisuel français, public comme privé, et lui apporter davantage de financement.

C'est en ce sens que la règlementation publicitaire doit évoluer, comme le prévoit d'ailleurs la transposition de la directive Service média audiovisuel (SMA). L'introduction d'une deuxième coupure de publicité, l'augmentation du volume horaire de publicité ou encore le passage de l'heure glissante à l'heure d'horloge sont autant de dispositions destinées à assouplir une règlementation qui est déjà la plus encadrée d'Europe.

Sortir d'un système de nomination hypocrite que personne n'osait clarifier

Nous proposons en outre de sortir d'un système de nomination hypocrite que personne n'osait clarifier. Désormais, les présidents de France Télévisions et de Radio France seront nommés par décret présidentiel et, comme dans toute entreprise, ils devront chaque année rendre des comptes à celui qui les a désigné.

Ces nominations seront par ailleurs assorties de deux verrous : d'une part, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) devra donner un avis favorable et, d'autre part, il faudra un vote des deux commissions compétentes des assemblées. Saluons cet effort de transparence. Et qui peut dire que les journalistes ne sont pas libres dans notre pays ?

Ambitieuse pour le service public de l'audiovisuel, cette grande réforme l'est aussi pour l'ensemble de la télévision. Il serait dommage qu'à cause de l'obstruction systématique de quelques députés arqueboutés sur des positions caricaturales qui n'apportent de surcroît rien au débat, notre audiovisuel manque son rendez-vous avec la modernité et ne fasse pas la grande réforme dont il a plus que jamais besoin.

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  • Averoes
    • Posté à 18h40 le 15/12/2008
    • Internaute

    Bonsoir,
    M. Riester avance un certain nombre d'idées, mais je ne crois pas que le site de Rue 89 soit la meilleure place pour un texte qui oscille sans cesse entre deux genres : l'analyse et la profession de foi, avec pour cette dernière un registre qui donne parfois dans l'optimisme naïf.
    C'est, je pense, toute la difficulté (et les limites) de la tenue d'un blog par les acteurs politiques qui, en cherchant à partager leur expérience et leur vécu, versent souvent dans la parole incantatoire.
    Il me manque la connaissance du domaine de l'audiovisuel, mais sur toute une série de questions abordées par M. Riester (rapports chaines publiques/chaines privées ; publicité), il est clair que les explications données sont loin d'être suffisantes puisqu'il n'y a en fait quasiment aucun argument en l'état actuel du texte.
    Bien cordialement

  • Clarence
    • Posté à 20h39 le 15/12/2008
    • Internaute

    Chère Rue,

    Loin de moi l'idée de te contester le droit de publier, sur tes écrans, des opinions diverses et contradictoires.
    Et ça n'est pas parce que les riverains sont, majoritairement, disons « de gauche », que des gens, même députés, « de droite », n'auraient pas le droit de s'exprimer ici.
    Encore faudrait-il que les tribunes en question, qu'on les appelle « opinions », « contributions au(x) débat(s », tribunes « libres », etc..., aient au moins un petit quelque chose de personnel, qu'elles expriment un minimum l'opinion, précisément, de leur rédacteur.

    Or qu'avons-nous ici ?
    Un tract.
    Un tract de l'Ump, signé en l'occurrence par notre ami Ken (Désolé, mais sur la photo, notre héros me fait irrésistiblement penser au copain de Barbie...), mais qu'auraient pu signer, mot pour mot, au hasard Copé, Albanel, le célèbre Apparu, sarko himself, ou n'importe quel nègre de tous ces braves gens, peu importe...
    Un tract digne de la Pravda de la grande époque, qui nous promène sur 80 ou 100 lignes, dans le plus pur style ensoleillé des publi-reportages, pour tenter de nous faire oublier que tout le bazar est un cadeau de l'Ump aux potes de sarko qui ont déjà pris d'assaut l'audiovisuel (Bouygues, Bolloré, etc...) ou qui aspirent à le faire.

    Que Ken, jeune fort en thème probablement ambitieux, tente d'améliorer son avenir à la Cour en abusant de flagornerie envers ses aînés, c'est somme toute bien normal.
    Que tu cautionnes la chose, chère Rue, l'est un peu moins.

  • léo solo
    • Posté à 13h06 le 16/12/2008

    « Cela signifie une qualité de son exceptionnelle »
    qu'il dit ce député

    Nous prend pour des ânes ?

    C'est la qualité du sens qui importe.

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