Frenezik

Un blog sur la musique animé par Marc Linet, du label Rise Recordings.

DJ Mujava, sensation électro venue d'un township de Pretoria

Marc Linet
Producteur indépendant
Publié le 25/09/2008 à 17h00

DJ Mujava (DR).

Elvis Maswanganyi a passé ses vingt-et-une premières années à Attridgeville, un township proche de Pretoria. Un township tranquille, comme les autres. Un paradis qui sent bon l’avenir et l’espoir. D’ailleurs, en zulu, Attridgeville se dit « Phelindaba » ou « Pheli », « fin de l’histoire » en français.

Un sobriquet qui vient aussi de l’ancien site nucléaire du périmètre. Ciel bleu, air pur. Pour terminer le tableau, Attridgeville se distingue par ce dernier petit charme : depuis 1956, le township a engendré une demi-douzaine de serial killers. La plupart des victimes sont des femmes.

Mais Elvis grandit avec autre chose dans la tête. Des sons. Il est le seul dans la famille. Mais pas question d’aller étudier la musique à l’école. Pas les moyens.

Alors un jour, c’est un des grands frères qui décide de lui payer un ordinateur. Comme ça, il va pouvoir accoucher de ses idées de production. Enfin.

Les taxis assurent le buzz de ses premières compositions

Alors il compose, il produit. Assez vite il est relayé par les « community stations », ces radios qui font et défont le son du township.


DJ Mujava (DR).

Et ça démarre. Ça plait. A tel point que les taxis qui sillonnent la ville, attirés par le buzz, viennent lui réclamer ses titres devant chez lui. Et les jouent à longueur de journée, comme autant de DJs sur roues. Promo phénoménale.

Le son du township, c’est lui. Mais tout va un peu trop vite à son goût, et il veut garder le contrôle. Alors il s’initie au management musical, histoire d’avoir des notions contractuelles et de ne pas se faire « endormir » par l’industrie du disque, déjà sur le coup.

Il décide finalement de s’associer à CRY, un producteur de Gospel qu’il fréquente depuis qu’il chante à l’église et qui lui propose de démarrer un projet house. Ils fondent ensemble le label « House Therapy Productions ».

Un label anglais, crème de la crème électronique, le repère

Dès lors, les collaborations s’enchainent : Bujo Mujo, Casablanca (DJ Floit), DJ Cee, Ghetto Skwatt (Hip Group), Simon Makhatholele (Gospel), Tsala & Spoko. En parallèle, il sort ses premiers albums : « House Assignment 1 & 2 », « Bass & Drums 1 & 2 », « DJ Mujava presents Getto Skwatt », « House Rawkers » et dernièrement « DJ’s by Nature ».

Puis vient l’heure, récente, de l’association avec Sheer Music, un gros label indépendant sud-africain qui lui ouvre les portes du reste du monde.

Le label anglais Warp, crème de la crème électronique, repère très vite « Township funk », une bombe minimale calibrée pour les dancefloors UK. Tout de suite plébiscité et rélayé par les blogs musicaux, le titre est cartonné par BBC 1, FM toute-puissante outre-Manche.



Le track est d’une pureté limpide. Une basse synthé qui n’est pas sans rappeler « Flashback » de Laurent Garnier, un beat ensorcelant entre broken et house, un clip « ghetto made », ce bijou est voué à retourner tous les dancefloors d’Europe et d’ailleurs.

La « township touch » débarque en force.

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  • christlo
    christlo
    Graphiste en Info
    • Posté à 18h04 le 25/09/2008
    • Internaute 6843
      Graphiste en Info

    Vive la Townshiptonik ^^

  • kane85
    kane85
    Dort avec toutes ses dents
    • Posté à 18h25 le 25/09/2008
    • Internaute 35160
      Dort avec toutes ses dents

    waouh ! du super ! j’adore ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !

  • dommarco
    dommarco
    travailleur
    • Posté à 18h49 le 25/09/2008
    • Internaute 53279
      travailleur

    L’Afrique du Sud est au top niveau de l’infos musicale et de la technologie. C’est pas un hasard si les Master At Work font le déplacement pour remixer de la House sud africaine ;
    le mouvement actuel s’appelle le kwaito, qui veux dire dangereux, et qui regroupe le hip hop, le dancehall et la house music. la production est énorme.
    En tanzanie il y a le bongo flava, et les masaïs sédentarisés se mettent au rap, et ça ne s’arrête pas là l’afrique produit de la musique en quantité cosmique.une musique moderne, polulaire et urbaine qui n’a rien à envier a la production américaine du genre et encore moins à celle d’Europe.
    Nous ne serons véritablement au courant que dans une vingtaine d’années, empêtrés que nous sommes dans la sclérose d’un nombrilisme culturel.

    C’est triste mais c’est comme ça. Le boum des radio libre fait vraiment partie d’un passé lointain.

    • Tyb
      Tyb répond à dommarco
      (par ici, par là)
      • Posté à 20h10 le 25/09/2008
      • Internaute 24914
        (par ici, par là)

      bah en suivant un peu sur le net on peut se tenir facilement au courant quand même, entre la baile funk et le kwaito tout ça est virtuellement assez médiatisé par les passionnés

      bon par contre les médias traditionnels dont clairement plus leur boulot, mais bon ça fait longtemps qu’on le sait et qu’on se passe d’eux non ? ;)

      • Azza
        Azza répond à Tyb
        Ingénieur en informatique (...)
        • Posté à 10h59 le 26/09/2008
        • Internaute 25467
          Ingénieur en informatique (...)

        En média mainstream, il y a quand même eu l’excellent emission « l’Afrique Enchantée » sur France inter qui parle régulièrement, et depuis plus de deux ans, des musiques urbaines du continent.

        Evidement, c’est une emission d’une heure de la grille d’été, mais je peux vous dire qu’elle a eu un sacré succès. Beaucoup de gens (dont moi) n’ont allumé leur radio cet été que pour écouter cette émission.

    • micke
      micke répond à dommarco
      utopiste
      • Posté à 20h35 le 25/09/2008
      • Internaute 13094
        utopiste

      hey ! ca bouge enormement en asie et am du sud aussi

    • fimboyantembe
      fimboyantembe répond à dommarco
      architecte
      • Posté à 00h42 le 26/09/2008
      • Internaute 54101
        architecte

      super effectivement

      à propos de bongo flava

      rdv à
      Lien

      pour retrouver Professor Jay,

      ou encore Kinshasa pour retrouver Bebson et son groupe Trionix

      Lien

      que la chaine continue

      • Azza
        Azza répond à fimboyantembe
        Ingénieur en informatique (...)
        • Posté à 11h22 le 26/09/2008
        • Internaute 25467
          Ingénieur en informatique (...)

        Merci pour le lien sur Bebson ! ! !

        serieux, ces types méritent qu’on investisse dans la production de leur musique. Je ne sais pas où en est Bebson, mais franchement, si il lançait une souscription pour s’autoproduire ou pour financer une tournée de concert, je participerais (à ma mesure) avec plaisir.

         
        • fimboyantembe
          fimboyantembe répond à Azza
          architecte
          • Posté à 00h32 le 27/09/2008
          • Internaute 54101
            architecte

          malheureusement( ?) il est retourné au Congo. et il ne participe plus aux tournées . Mais ces tournées lui sont-elles vraiment profitables ? Il faudrait lui demander. Mais continuons de rester à Kin avec les Benda Bilili... sex machine

          Lien

          merci pour eux,Kinshasa est vraiment un creuset de musiques.

          à bientôt

        1 autres commentaires
  • SUTURAMA
    SUTURAMA
    cicatrisé
    • Posté à 19h24 le 25/09/2008
    • Internaute 54078
      cicatrisé

    Ouai, le Kwaito c’est d’la balle...

    J’avais pris une claque en découvrant ce son grâce au film « Mon nom est Tsotsi » et sa bande son composé notamment par Zola, le boss du Kwaito...C’est aussi une danse impressionante, mélange de break et de danse Zulu locale...

    Après, pour qui aime la musique et s’y intéresse vraiment, pas besoin d’attendre 20 ans pour découvrir ce qui émerge aujourd’hui dans le monde sonore...

    • fimboyantembe
      fimboyantembe répond à SUTURAMA
      architecte
      • Posté à 00h50 le 27/09/2008
      • Internaute 54101
        architecte

      oui bien évidemment le groove de Zola

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      mais aussi Doc Shebeleza, plus rude dans sa chanson S’Kumfete

      Mais quittons nous sur les fondamentaux avec Brenda Fassie

      Lien

  • indlulamithi
    indlulamithi
    d'ici et d'ailleurs
    • Posté à 19h30 le 25/09/2008
    • Internaute 52611
      d'ici et d'ailleurs

    on reconnait tout de suite au rythme que c’est une musique faite en Afrique du Sud
    ...et ca danse du feu de dieu !
    Mille merci d’ouvrir une fenêtre sur l’excellente production musicale sud-africaine (je ne vais pas refaire le post de dommarco mais je m’y retrouve)

    par contre, pas sure de la labellisation « township touch » ...

    parce que le mouvement musical sud-africain est bien plus large et complexe que ca. L’expression me semble réductrice et fait d’ailleurs écho à la manière dont on labellise certaines musiques dans les mass media (musique ghetto, banlieue, et j’en passe). L’expression a le mérite d’offrir un « point de comparaison » avec ce que l’on « connait » ici, mais elle n’a aucune valeur la-bas. Le clip n’a pas d’ailleurs pas lieu dans un township, ce qui pourtant aurait été facile, je ne le trouve absolument pas « ghetto made », ni revendiqué comme tel.

    Peut-être aussi justement parce que ces artistes nous proposent autre chose...

  • glafouk
    • Posté à 20h22 le 25/09/2008
    • Internaute 14743

    Baheu, j’suis pas fan de la réclame, mais j’me dit que là ça peut être utile. Donc je vous invite (pour les parisiens, enfin heu les autres aussi peuvent venir vu que « ceux qui l’aiment prendront le train ») à aller squatter les soirées Chocomix à l’occasion, et comme ça vos oreilles se rendront compte qu’effectivement il se passe des trucs dans l’ailleurs. L’infoline serait genre par là : Lien

  • péchou
    péchou
    Etudiant élève ingénieur
    • Posté à 20h51 le 25/09/2008
    • Internaute 50509
      Etudiant élève ingénieur

    Eh les mecs ...

    C’est pas nouveau ... Africanism vol1, vol2 ... Ca vous dit quelque chose ?

  • dommarco
    dommarco
    travailleur
    • Posté à 22h42 le 25/09/2008
    • Internaute 53279
      travailleur

    L’intérêt de la house africaine c’est qu’elle va travailler les beats et casser la rythmique binaire qui empoisonne la techno et la house européenne.
    La créativité est là, mais elle est corrompue par l’idée que l’on se fait de la demande, c’est ainsi que le super titre de Fireball est remixé par Bob Sinclar en en une soupe finalement fade à coté de l’original.
    C’est sur que pour qui veux s’informer, le net est parfait, mais cette info est dispatchée, elle ne permet pas forcément à un grand nombre de découvrir et d’affiner ses gouts, et finalement de créer un marché varié. La volonté de formater la demande par une offre édulcorée est insuportable pour quiconque à vécu des instants fabuleux de découverte.
    Le sujet est vaste, mais finalement ce sont bien les médias traditionnels qui ne font plus leur boulot. la France en comparaison des autre pays européens est particilièrement touchée par cette malédiction.

    • Benjamin_paris
      • Posté à 12h02 le 26/09/2008
      • Internaute 27618

      La base de la house est justement ce rythme binaire.

      Si vous l’enlever ce n’est plus de la house, c’est autre chose : du breakbeat, de la Drum n’Bass, Nu dance, ...

  • Crr
    Crr
    • Posté à 23h02 le 25/09/2008
    • Internaute 13934

    DJ Mujava sera aux Trans Musicales le samedi 3 décembre.
    J’y serai !

  • marie.sauvage
    marie.sauvage
    Apatoudi
    • Posté à 00h40 le 26/09/2008
    • Internaute 4448
      Apatoudi

    La musique en Afrique du sud c’est aussi Busi Mhlongo, Thandiswa, Freshlyground, Tumi and The Volume. Que de la très bonne musique !

  • gregos
    gregos
    voyageur
    • Posté à 01h00 le 26/09/2008
    • Internaute 54102
      voyageur

    Bizarre ! Je vis la moitié du temps en Afrique du Sud, l’autre moitié en France. Le Kwaito est certes très connu mais cet artiste est purement inconnu. Les radios sud-af passent généralement des titres venant directement des radios d’universités américaines. Ici, on entend donc surtout du gros rock qui tache mais l’électo est assez confidentielle (à JHB...pour Cape Town, souvent plus « moderne », je n’ai pas d’avis objectif). Bref....ce phénomène n’en est pas un, sauf pour quelques médias.

    • keumar
      keumar répond à gregos
      Indé
      • Posté à 03h16 le 26/09/2008
      • Internaute 30580
        Indé

      Ouais... Y’a aussi des fans de Johnny qui ne connaissent pas NTM.

  • Africaviking
    Africaviking
    Emigré
    • Posté à 10h01 le 26/09/2008
    • Internaute 54117
      Emigré

    vous trouvez pas que le beat ressemble tres fortement a du coupé décalé ?

  • temptfate
    temptfate
    simple personne
    • Posté à 11h39 le 26/09/2008
    • Internaute 53892
      simple personne

    Quatre notes qui se battent en duel sur une rythmique lassante, cela reste trop pauvre musicalement pour moi.
    J’ai eu l’impression d’écouter les musiques accompagnant les jeux de bornes d’arcade d’autrefois.. en moins intéressant.

  • Hector Elis
    Hector Elis
    Voleur de plaques d'égoûts
    • Posté à 12h51 le 26/09/2008
    • Internaute 52742
      Voleur de plaques d'égoûts

    Vous êtes sérieux quand vous criez au génie ?
    Je veux pas être désagréable mais ce sont des vieux sons tout pourris remis en boucle. D’ailleurs on entend la boucle (entendu sur l’un de ses morceaux mis sur myspace).
    Ou alors c’est le fait qu’il vienne d’Afrique du Sud qu’on trouve que c’est génial.. je reste perplexe devant tant d’éloges.

  • dommarco
    dommarco
    travailleur
    • Posté à 15h29 le 26/09/2008
    • Internaute 53279
      travailleur

    Génial ou pas, c’est une musique comme le kuduro angolais(voir l’article de Jean Christophe Servant dans le monde diplomatique) qui est faite avec des bouts d’allumettes. Le Kwaito peut paraître pauvre, mais si l’on écoute la production clonée et effective à grand renfort de technologie de chez nous y’a pas photo. Et puis dans la sphère de la techno et de la house internationale, on a pu entendre des choses beaucoup plus pauvres musicalement.
    Il serait peut être plus honnête de reconnaître que les musiciens africains se sont adaptés remarquablement à la modernité en moins de trente ans en sachant que des artistes comme P square ou 2Face du Nigéria ont un niveau quelquefois supérieur à leur homologues anglo saxons ou afro américains, je ne parle pas de ceux de chez nous.
    Quant au coupé décalé, c’est une musique excessivement pauvre qui ne concerne qu’une partie de l’Afrique de l’ouest et de sa diaspora et qui aurait bien du mal à percer dans les charts internationaux. C’est d’ailleur moins une musique qu’une danse, et tout comme la sempiternelle rumba congolaise, elle est condamnée à disparaître à terme.
    Ce qui est intéressant, c’est que des massaïs se mettent au Hip Hop, c’est que des rappeurs togolais chantent en français avec un flow qui défie toute concurence, c’est que le soca explose dans tous les pays anglophones, que des colombiens de la cote ouest du pays fassent une musique africaine à partir de la base des disques que leur ramènent les marins, et qui leur appartient complêtement. Ce qui est grave, c’est que nous pourrions aimer tout celà mais que celà nous est interdit par le manque de curiosité, le nombrilisme et l’autosatisfaction de notre propre production et le conformisme des responsables de l’industrie discographique.

    • hood
      hood répond à dommarco
      Cordiste
      • Posté à 20h14 le 26/09/2008
      • Internaute 34382
        Cordiste

      J’aurais jamais pu dire mieux :)

      Mais où fouiller ? Le net permet des choses, mais c’est dur de choisir une direction et de trouver des pistes...

  • dommarco
    dommarco
    travailleur
    • Posté à 22h33 le 26/09/2008
    • Internaute 53279
      travailleur

    Pour répondre à hood et à ceux qui s’y intéressent voici quelques adresses :

    Pour la musique du monde, populaire et urbaine et autres le site de référence est le suivant :

    Lien ?
    taper stern music sur la page google

    pour le spanish hip hop :

    Lien

    pour le soca/jump up :

    Lien

    pour la salsa, reggaton, boogaloo, etc :

    Lien

    pour la musique du nigeria :

    Lien
    taper nigerian music

    ensuite il suffit de prendre un artiste et de connaitre son distributeur ou son label et taper le nom, beaucoup de labels sont consultables en ligne avec la liste des artistes. je ne saurai dire quoi faire pour trouver la musique. Il est possible d’acheter en ligne pour rester dans la légalité.
    Après posséder quelques piste ça va tout seul.

    L’avantage de stern est que le site permet de connaitre tous les labels les pays etc ainsi que d’écouter pendant 1 mn certaines références.

    Remercions Marc Linet et souhaitons lui bonne continuation. et à votre clavier les p’tits gars

  • Vibrations
    Vibrations
    Editeur
    • Posté à 10h32 le 30/09/2008
    • Internaute 54457
      Editeur

    Pour information le magazine VIBRATIONS vient de sortir son noveau N° avec en couverture le celebre DJ MUJAVA à vos kiosques

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