Greensiders

Baignée dans l'écologie depuis de longues années, j'ai créé Ecolo-Info en 2007 et je blogue aussi à titre personnel Du coté de chez SoAnn. A Rue89, où j'ai passé quelques jours en immersion en janvier 2011, j'apporte ma vision sur les tendances que je vois émerger dans le milieu de l'écologie.

Plongée dans le flou artistique des Indignés

Anne-Sophie Novel
Ecolo-Info
Publié le 24/11/2011 à 17h26

Doit-on attendre quelque chose du mouvement des Indignés en France  ? A voir les activistes qui cherchent à s’ériger entre les tours de la Défense, il est légitime d’en douter.

Océane participe au mouvement des indignés à Strasbourg. Elle m’a confié  :

« Ce qui me dérange, c’est la beauté et la difficulté du parcours démocratique. Tout le monde veut parler, et il y a un tel besoin d’expression qu’on n’arrive pas à agir encore. C’est surtout une prise de conscience… »

A l’écouter, on comprend vite que les Indignés rejettent en masse toute affiliation à un mouvement associatif, syndicaliste ou politique. La résistance s’exprime en revendiquant le pouvoir pour le peuple. Un positionnement que me confirme Catherine, Indignée parisienne  :

« Ce qui revient tout le temps en assemblée générale (AG) c’est ceci : le mouvement est horizontal, sans leader, sans appartenance politique, loin des associations ou des syndicats. Les Indignés c’est les 99% contre le 1% (slogan lancé par occupywallstreet, repris partout désormais).

La prise de parole par le peuple est omniprésente. Un micro ouvert en permanence, avec des temps de parole d’environ trois minutes, gérés sur liste d’attente. On met l’écoute au premier plan : personne ne coupe la parole, le public assis communique avec des gestes (les mains en l’air faisant les marionnettes signifient je suis d’accord ; les bras croisés en l’air, pas d’accord, etc.), parfois des huées (souvent pour souligner un rapport contre les 1%, le CAC40 ou même les forces de l’ordre). »

Pour elle, les revendications sont claires  : on en appelle à une «  réelle démocratie  », à l’image des « indignados », tout en utilisant des modes d’action non violents – en témoignent l’usage de cœurs rouges omniprésents chez les Indignés français, utilisés pour accompagner la chanson « Qu’est-ce qui vous fait battre le cœur ». Le message principal  ? Nous ne paierons pas votre crise.

Manque de relais dans les médias

Le hic, selon Catherine, vient du manque de médiatisation de leur rassemblement  :

« Bien que les Indignés soient over-équipés (livestream permanent, youtube, Facebook, Twitter) ils manquent de visibilité, ça ne passe pas dans les médias, ça ne passe pas dans la population française. On espère que ça va déboucher sur une prise de conscience des Français. Mais ça... Le mouvement a besoin du soutien des média en premier lieu (quand on ne connaît pas on ne peut pas adhérer), puis ce serait bien qu’il y ait plus de monde là-bas. »

Mais alors, pourquoi les français et les médias ne s’y intéressent pas plus  ?

Pour Sébastien Porte, journaliste indépendant, co-auteur avec le photographe Cyril Cavalié d’un ouvrage sur les nouveaux militants, Un nouvel art de militer (Editions Alternatives), plusieurs éléments permettent d’expliquer ce manque de relais médiatiques, en commençant par un contexte économique et social relativement plus clément en France  :

« L’état de la crise est un premier élément d’analyse  : à la différence de la Grèce ou de l’Espagne, la crise n’a pas encore poussé les génération à un degré de désespérance suffisamment élevé au point de les rendre solidaires. Chez les Indignés français, je sens une certaine jeunesse, pas forcément représentative de toute une génération qui pourrait se sentir menacée, exclue… Le nombre d’étudiants qui retrouvent un boulot est plus élevé en France. »

Pourquoi ça prend moins en France

Les français sont également plus méfiants, ils refusent toute récupération politique, syndicale ou associative  :

« En Espagne, les syndicats et partis politiques “surfent’ sur le mouvement des Indignés et huit millions d’Espagnols ont participé aux mouvements organisés par les Indignés. Les partis là bas ont pris en compte les revendications. En France la rupture est plus nette entre ce mouvement et mouvement type syndicats et partis.”

La raison  ? Elle est culturelle.

“Le mouvement des Indignés tient d’une tradition libertaire qui a fait son bonhomme de chemin ces dernières années, après les forums sociaux notamment. Cette tendance retrouve un nouveau souffle avec le message envoyé par les révolutions arabes  : deux pays ont prouvé la capacité de déstabilisation d’un mouvement citoyen…

Aussi est-il est normal que le rassemblement fonctionne mieux en Espagne, berceau des mouvements anarchistes. Aux Etats-Unis, la culture politique diffère aussi de la culture française  : la désobéissance fait partie des outils légitimes d’expression, les associations et les lobbies ont une place différente dans l’espace publique. La France est ancrée dans une tradition républicaine qui ne permet pas au mouvement des Indignés de raisonner de la même manière…”

Dans les faits, cela explique pourquoi les partis politiques français ne se rapprochent pas du mouvement. A New-York au contraire, les Indignés et les syndicalistes ont organisé une marche commune et les partis politiques ont pris en compte les revendications.

Dis moi quel est ton mode opératoire, je te dirai qui tu es

Une différence qui se retrouve aussi dans les modes opératoires. Si le mouvement des Indignés se caractérise par l’absence de chef, le soin apporté à la mise en scène, le symbole (notamment au niveau du lieu d’occupation), les accessoires, les dimensions festives, ludique et spectaculaires… il demeure que les camps n’occupent pas les lieux et l’espace médiatique de la même manière.

En France, il est quasiment impossible aux Indignés de s’imposer dans la durée. D’après Catherine, sur l’esplanade de la Défense, les forces policières françaises ont reçu pour consigne de confisquer les bâches et les tentes.

Pour Sébastien Porte, ce mode opératoire reste toutefois exogène à notre culture  :

“C’est plus américain de prendre place dans l’espace public. Reconstituer une micro société, c’est une évocation des phalanstères d’une certaine manière. C’est une micro société en carton reconstituée, qui forme la force du mouvement et lui permet de s’inscrire en dehors du système global. C’est une façon d’exprimer une forme de solidarité, de montrer qu’on est ensemble contre les autres, qu’on forme un groupe. Cela fait plus penser aux anarchistes espagnols et aux groupes anar il y a un siècle qu’à la culture française où l’on forme un corps social, avec notre vision républicaine où l’on permet moins le parcellement des actions.”

Marcher sur de longues distances relève également plus de la culture politique américaine, souligne le journaliste  :

“Le mouvement des Indignés à Wall Street rappelle les marches pour la paix, pour les droits civiques. On se créé ‘ en troupeaux ’ affinitaires, comme le disent les militants.”

Et que penser du rôle des réseaux sociaux  ?

“C’est une nouveauté, mais j’ai du mal à apporter beaucoup d’importance à cela. La volonté d’action domine malgré tout, et dans ces conditions, on arrive toujours à communiquer.

Il me semble qu’Internet n’est pas décisif chez les Indignés  : leur mouvement prouve au contraire que l’action politique ne peut exister que physiquement, sur le terrain. Leur rassemblement montre que nous sommes revenus à des formes plus incarnées d’action politique. Les réseaux sociaux ont un rôle dans l’efficacité de l’organisation, mais n’influent pas le sens politique de l’action, qui est plus traditionnel et révolutionnaire Au final, le vrai sens politique réside toujours dans la présence physique.”

Flou artistique

Pour autant, les revendications restent floues, à commencer par le nom même du rassemblement. Pour Sébastien Porte  :

“L’ouvrage de Stéphane Hessel a permis de dégager un vocable qui échappe à notre vieux lexique marqué par l’idéologie du XXe siècle  : être indigné, ce n’est pas la même chose que d’être rebelle, faire la révolution. Tout le monde peut être animé par le sentiment d’indignation. En mettant en avant ce mot, on enlève la dimension idéologique - qui pourrait faire peur et l’on rend acceptable la contestation politique en faisant référence à un état d’âme que tout le monde peut ressentir. A tout moment on est indigné par des choses. Cela participe donc au flou universaliste autour de leur revendication.”

La régulation des institutions financières pourrait être un dénominateur commun, mais nous restons loin des “Symbol Issue Groups”, ces collectifs constitués autour d’une revendication précise (tels Jeudi Noir ou le collectif des déboulonneurs par exemple). Ici, on appelle de ses vœux une évolution de la société plus globale dans un mouvement qui participe au débat public  :

“C’est un élément de plus dont doivent tenir compte les citoyens, les politique, cela fait un bruit de fond qui peut permettre de tirer le gouvernail dans un sens ou dans l’autre. Ce type d’action sans programme précis est malgré tout voué à l’échec… plus les revendications sont précises, plus on doit hiérarchiser l’organisation et prendre le risque”

Pour l’instant les Indignés se libèrent autour d’un mot d’ordre qui n’existe pas vraiment…

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  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 18h05 le 24/11/2011
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    il a un problème ce mot en français :

    indignes
    indignés

    un accent aiguë change tout le sens du tout au tout...

    alors les gens se méfient peut-être.

    indignés , mais pas indignes.

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 18h07 le 24/11/2011
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Le Parvis de la Défense un espace public ? : -)

    Le mouvement des indignés ne prend pas en France parce qu’il est complétement niais et stratégiquement totalement débile, inutile de chercher plus loin.

    • ostia
      ostia répond à Numerosix
      inadapté
      • Posté à 10h23 le 25/11/2011
      • Internaute 88960
        inadapté

      « parce qu’il est complétement niais et stratégiquement totalement débile »

      les primaires PS ont marché pourtant

      c’était gratuit : -)
      et le bonjour ! !

  • Innsa
    • Posté à 18h11 le 24/11/2011
    • Internaute 28859

    Les revendications des indignés sont un « Flou artistique » pour ceux qui n’ont pas encore pris conscience de leur impuissance politique face à la classe de politiciens professionnels qui ont confisqué le pouvoir.

    Si vous n’avez pas encore pris conscience que lors des votes, c’est le meilleur menteur (cf. Sarko), la personnes soutenu par les médias et les milliardaires (cf Sarko), la personne qui a le plus d’argent pour mener a bien sa campagne (cf. Sarko) etc. qui gagne, vous ne comprendrez pas les indignés.

    Si vous n’avez pas encore compris que lorsqu’ils sont élus, nos politiciens sont harcelé par des lobbys (bancaire, nucléaires, agroalimentaire, pharmaceutiques ) etc. et qu’ils votent les lois en fonction d’eux et non en fonction de l’intérêt général, vous ne pouvez pas comprendre le mouvement des indignés.

    Si vous n’avez pas compris que les hommes politiques sont des hommes qui aspirent à la richesse et servent avant tout les puissants, les riches et eux même, effectivement le mouvement des indignés est un « Flou artistique »

    Les revendication des indignés du monde sont tout à fait limpides : démocratie réelle et non vote pour des représentants qui ne nous représentent pas, assemblée populaire, référendum d’initiative populaire, droit pour tous les citoyens de contrôler les élus, de parler à l’assemblée de la nation etc. etc.

    • Numerosix
      Numerosix répond à Innsa
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 18h31 le 24/11/2011
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      On a compris tout ça depuis bien longtemps et ce n’est pas du tout pour ça qu’on ne suit pas le mouvement des gnigniniés figurez vous.

    • Féline
      Féline
      fée
      • Posté à 18h45 le 24/11/2011
      • Internaute 111221
        fée

      Personnellement, je suis assez favorable à vos revendications : il faudrait en effet des referendum d’initiative populaire, des assemblées populaires et de la démocratie réelle.

      Maintenant, je me demande :

      étant donné que suis défavorable à l’immigration, que je pense qu’on devrait être beaucoup moins laxiste en matière de sécurité et quadrupler la durée de toutes les peines de prison, que je ne porte pas franchement l’idéologie écologiste dans mon coeur, est-ce que je serais la bienvenue à vos manifestations ? hein, dites ?

      • Innsa
        • Posté à 19h16 le 24/11/2011
        • Internaute 28859

        Le principe et la base de la démocratie réelle est que tout le monde a accès à l’assemblée. Les décisions prises sont celles acceptés par l’ensemble de la collectivité par consensus et non par le vote majoritaire.
        Chacun propose et défend ses idées.

        Aujourd’hui si vous êtes pour le respect de la nature, contre l’immigration massive, pour plus de fonctionnaires, pour une police citoyenne, pour la construction de logement sociaux et l’aide aux SDF, contre l’euro et l’Europe... pour qui vous votez ?

        On est tellement habitué aux partis politiques gérés par des professionnels de la politique, qu’on a du mal a s’imaginer qu’aucun ne détient la vérité et que le pays peut fonctionner en recherchant la meilleur solution possible discuté par tous et non la solution PS, UMP, FN, Communiste etc.
        On est tellement lobotomisé par les partis politiques qu’on ne s’imagine même pas qu’il est possible de prendre la solution communiste pour la fonction publique, la solution (une partie) FN pour l’immigration, la solution socialiste dans le monde du travail et la solution UMP pour le commerce. On pense qu’il faut aller voter pour l’un ou l’autre et que si tu votes pour l’un tu es en total désaccord avec l’autre.

        PS : je ne suis pas un indigné. Je suis un grand pessimiste qui ne pense pas que les puissants et les riches vont lâcher leurs privilèges pacifiquement.

         
        • Féline
          Féline répond à Innsa
          fée
          • Posté à 20h03 le 24/11/2011
          • Internaute 111221
            fée

          Ben vous voyez, j’avoue que j’avais prévu de me moquer gentiment de vous (je suis un peu taquine, je sais, honte sur moi), et en fait non, j’aime beaucoup votre réponse.

        • trouble fêtes
          trouble fêtes répond à Innsa
          aconforme
          • Posté à 09h28 le 25/11/2011
          • Internaute 156689
            aconforme

          « on ne s’imagine même pas qu’il est possible de prendre la solution communiste pour la fonction publique, la solution (une partie) FN pour l’immigration, la solution socialiste dans le monde du travail et la solution UMP pour le commerce. On pense qu’il faut aller voter pour l’un ou l’autre et que si tu votes pour l’un tu es en total désaccord avec l’autre. »

          Il me semble que vous rejoignez l’issue favorable défini par J-C Michéa :
           » Quelle issue ? J.-C. Michéa en voit trois : soit on « se résigne à tirer parti de nos égoïsmes pour édifier l’empire du moindre mal » ; soit « on maintient le projet d’un Empire du bien (autrement dit l’utopie d’un monde parfait) ». Mais ces deux alternatives n’en sont pas pour J.-C. Michéa, car l’une et l’autre sont autant potentiellement antidémocratiques. Il préfère la solution qui consiste à créer les conditions d’épanouissement de la common decency orwelienne (le sens de l’amitié, de l’entraide, de la réciprocité, de la loyauté…) qui nous permettaient encore de faire société et dont il nous voit tous dotés, au moins potentiellement, et qui s’enracine selon lui dans la triple obligation de donner, recevoir et rendre. Cette voie est celle d’un certain socialisme qu’il qualifie de conservateur et anarchiste, au sens, si nous comprenons bien, où elle dessine un chemin possible pour une société démocratique (socialisme...) où les hommes, tout en ne renonçant pas à cette morale de la common decency (...conservateur...) , sauraient ne pas se faire moralisateurs et avides de pouvoir (... et anarchiste).
          Jean-Claude Michéa, L’empire du moindre mal

        2 autres commentaires
      • trouble fêtes
        trouble fêtes répond à Féline
        aconforme
        • Posté à 09h43 le 25/11/2011
        • Internaute 156689
          aconforme

        « il faudrait en effet des referendum d’initiative populaire, des assemblées populaires et de la démocratie réelle. »

        Pourquoi populaire ?

        Il faudrait en effet des référendums d’initiative mais Citoyenne, des assemblées Citoyennes, de la Démocratie Directe et surtout une Constitution écrite par une assemblée constituante Citoyenne qui ne devrait comporter aucun parlementaire, ministre ou juge, actuel ou prétendant à, parmi ses membres ayant droit de vote.
        Par ailleurs, ceux qui ont écrit et voté la Constitution doivent absolument être inéligibles pour longtemps.
        L’idée d’un « Parlement Constituant » est donc un suicide démocratique (pour les citoyens).
        Nos divisions gauche droite (légitimes dans d’autres contextes) nous affaiblissent alors que, sur ce point cardinal, nous devrions nous réunir temporairement pour être forts et imposer à nos représentants, de quelque bord qu’ils soient, le droit essentiel de définir nous-mêmes, sans eux, les pouvoirs que nous leur déléguons.
        Par ailleurs, puisque c’est la Constitution qui établit les pouvoirs des représentants du peuple (Parlement, Gouvernement, Juges), à l’évidence, il devrait donc également être rigoureusement interdit à ces représentants de changer eux-mêmes la moindre ligne de la Constitution.
        Jamais les hommes au pouvoir n’écriront eux-mêmes les règles dont nous avons besoin, c’est facile à comprendre et à prévoir. Non : c’est à nous, simplement, de les tenir à l’écart de cette phase dangereuse avant de remettre notre sort entre leurs mains.
        Lien

  • actiondiscrete
    actiondiscrete
    Terroriste
    • Posté à 19h01 le 24/11/2011
    • Internaute 141532
      Terroriste

    Le mouvement des indignés en France est juste une énorme blague comme le montre ce reportage ; Indignés presque parfait

  • Nain Glumeux
    Nain Glumeux
    Touriste
    • Posté à 19h15 le 24/11/2011
    • Internaute 148099
      Touriste

    Les indignés pourquoi ça ne prend pas en France ? On a nos défauts en France, et même plus qu’il n’en faudrait peut-être, ça je ne dis pas le contraire mais peut-être que contrairement à d’autres on ne prend pas un simple hapening pour un mouvement politique.

    Pour autant, les revendications restent floues,

    Leurs revendications pour être claires il faudrait déjà qu’elles le soient dans leurs têtes. Reste encore un peu de chemin, mais il est toujours intéressant d’assiter à la naissance d’un mouvement à visée politique qui ne revendique rien.
    C’est peut-être un genre de méta-système ayant trouvé un équilibre dans l’indignation à l’état gazeux.
    Va savoir !

  • Phobos
    Phobos
    sans
    • Posté à 20h09 le 24/11/2011
    • Internaute 106461
      sans

    « Dans les faits, cela explique pourquoi les partis politiques français ne se rapprochent pas du mouvement. »
    En même temps les indignés ne veulent pas des partis politiques =)

    Sinon leur mode opératoire est totalement débile. Camper (à Nantes pour ceux que j’ai vu) en plein moins de novembre ça va attirer personne. Quand en plus ils font le choix de rester plus de deux semaines alors qu’ils sont 15, ça ne le marginalise que d’avantage.
    Les indignés espagnole ont réussis à rassembler du monde pour camper en plein été dans un pays ou le taux de chômage des jeunes dépasse les 40%. S’inspirer du voisin c’est bien adapter les moyens d’actions aux réalités de terrains c’est mieux.

    Sinon la base revendicative est toujours aussi loufoque, reprocher aux syndicats d’avoir des revendications trop concrètes fallait oser.

    • n°5
      n°5
      Amen !
      • Posté à 22h04 le 24/11/2011
      • Internaute 156966
        Amen !

      +1000
      Je me méfie du consensus aussi pour cela. Gommer les conflits n’apporte rien de bon. Nous ne sommes pas dans une société homogène ayant les mêmes intérêts et où le dialogue nous permettrait facilement de trouver un accord. Je n’y crois pas.
      Un commentaire dit plus haut que l’on pourrait s’inspirer des idées du FN sur l’immigration et sur celles du PCF pour l’économie, c’est aberrant.

      • Féline
        Féline
        fée
        • Posté à 23h21 le 24/11/2011
        • Internaute 111221
          fée

        « Un commentaire dit plus haut que l’on pourrait s’inspirer des idées du FN sur l’immigration et sur celles du PCF pour l’économie, c’est aberrant. »

        « J’approuve le refus de Paul Mercieca de laisser s’accroître dans sa commune le nombre, déjà élevé, d’immigrés ; en raison de la présence en France de près de quatre millions et demi de travailleurs immigrés et de membre de leurs familles, la poursuite de l’immigration pose aujourd’hui de graves problèmes. Il faut les regarder en face et prendre rapidement les mesures indispensables. La cote d’alerte est atteinte […] C’est pourquoi nous disons : il faut arrêter l’immigration, sous peine de jeter de nouveaux travailleurs au chômage. Je précise bien : il faut stopper l’immigration officielle et clandestine. Il faut résoudre l’important problème posé dans la vie locale française par l’immigration.
        Georges Marchais, secrétaire général du Parti Communiste Français, le 6 janvier 1981

        A l’époque, le PCF représentait 15 % de l’électorat. Heureusement, depuis le virage des années 80 pendant lesquelles les communistes ont abandonné le prolétariat pour embrasser la bien-pensance de la bourgeoisie de gauche, ils ne restent plus qu’1 à 2 % des citoyens qui votent encore pour eux.

         
        • Yp2
          Yp2 répond à Féline
          Sale gauchiste d'IEP
          • Posté à 09h07 le 25/11/2011
          • Internaute 71496
            Sale gauchiste d'IEP

          C’est bien de se rassurer en remarquant que vous avez autant de proximité avec les staliniens nationalistes et xénophobes qui étaient à la tête du PCF à l’époque... un grand gage de progressisme.

        1 autres commentaires
      • CitizenSim
        CitizenSim répond à n°5
        Au monde
        • Posté à 10h40 le 25/11/2011
        • Internaute 114259
          Au monde

        Tout à fait d’accord, Arrêtons avec les consensus mou. Comme le disent eux même les indignés c’est 99% contre 1% (je dirais plutôt 90% contre 10% mais bon...)
        Au contraire du consensus, il faut idéologiser la vie la politique. Il faut des projets globaux. Il faut entrer dans le conflit. On est aujourd’hui en plein dans la lutte des classes. Il faut lire Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon. Les 1%, eux, ont conscience d’être dans la lutte et de défendre leurs intérêts. L’idéologie libérale de la fin des idéologies, de la fin de l’histoire etc. n’est qu’un outil pour mieux nous faire croire qu’il n’y a pas d’antagonismes dans le monde social, et qu’il ne sert à rien d’entrer en lutte. Comme ça la bourgeoisie est bien tranquille au chaud avec ses stock options.
        Le problème c’est qu’il est difficile pour un pays d’entrer en lutte quand une majorité vote Sarko ou Le Pen au premier tour. Je suis pas sûr que ces électeurs là soient sur ma ligne. Du coup veuillez m’excuser de ma lâcheté mais en ce qui me concerne je préfère le repli anarchique ! Je sais j’en ai les moyen mais merde ! j’ai pas élu Sarko !

  • n°5
    n°5
    Amen !
    • Posté à 21h58 le 24/11/2011
    • Internaute 156966
      Amen !

    En Espagne et aux EU le bipartisme est bien plus marqué qu’en France. Les revendications des indignés n’y sont pas représentées politiquement.
    En France, nos petits partis sont plus entendus. Besancenot est monté jusqu’à 9% dans les sondages, et il a eu un écho dans les médias et dans la population plus important que les 5% qu’il a fait aux présidentielles. Aujourd’hui Mélenchon diffuse son discours dans les médias et porte les revendications des indignés. Il les porte en partie seulement, plus de démocratie avec le référendum d’initiative populaire, et le contrôle des élus par un comité de français qui remplaceraient le Conseil Constitutionnel, mais pas jusqu’à la démocratie directe.
    Méfions nous de la démocratie directe, les suisses n’ont-ils pas voté contre les minarets. Les français ne sont-ils pas 20% à soutenir un parti d’extrême droite ? La peine de mort ne risque-t-elle pas de revenir pour certains crimes si nous demandons l’avis des français ?
    Le Front de Gauche préfère allonger l’âge minimum de l’instruction à 18 ans au lieu de 16 aujourd’hui, améliorer la qualité de l’enseignement en donnant plus de moyens à l’éducation nationale, réformer les médias en s’inspirant des propositions des journalistes eux-même pour qu’ils soient plus indépendants. Il fait le pari qu’une population mieux formée et mieux informée pourra à terme se servir de la démocratie directe avec bon sens.

    Un mot enfin sur le consensus. Pour avoir été dans une organisation où les décisions se prenaient par consensus, je peux vous dire que c’est une énorme arnaque.
    Le consensus ne garantit nullement que la décision prise le sera plus rationnellement, ni plus démocratiquement. Au contraire. La recherche du consensus s’apparente à un chantage. Ceux qui sont contre l’idée proposée intègrent le fait qu’ils ne doivent pas créer de conflit en posant leur veto. Ils se rangeront derrière la proposition qui semble être soutenue par la majorité. Cette idée parait ainsi faire consensus et semble de ce fait la seule possible. Elle passe pour évidente. En fait cette recherche du consensus a tout prix est le lieu ou s’expriment toutes les pressions psychologiques pour arriver à un terrain d’entente. C’est insidieux. Je préfère nettement le vote démocratique ou la majorité l’emporte. Que l’on ait voté pour ou contre, on garde sa liberté, son libre arbitre. On se soumet à la majorité mais on garde des idées.

    • martial93000
      martial93000 répond à n°5
      informaticien
      • Posté à 23h41 le 24/11/2011
      • Internaute 128206
        informaticien

      Je partage assez largement votre avis.
      La démocratie directe ça parait beau comme ça sur le papier, mais je ne vois pas bien d’exemple où ça a fonctionné.
      De plus, je doute comme l’a dit une intervenante que les Indignés seraient d’accord pour certaines idées si elles devaient se révéler majoritaires.
      « Elections , piège à cons » comme on disait en 68, peut être mais je ne crois pas qu’on ait trouvé mieux.
      De toute manière, si vraiment ils veulent se faire entendre, ils devront bien entrer dans des structures existantes ou créer leur propre parti.
      Pour finir, des études ont été faites pour savoir comment ont voté les Indignados en Espagne ?

      • diviendres
        diviendres répond à martial93000
        ex-tradé
        • Posté à 02h25 le 25/11/2011
        • Internaute 75133
          ex-tradé

        A peu prés 10 - 11 % pour IU (gauche unie) qui étaient à 3 % lors du dernier vote utile en faveur du PSOE (les socialistes (ou les socialaux au choix)) pour contrer le PP (pas la peine de tartiner).
        D’où l’on voit que le vote utile contre $ et CiE en faveur de la gélatine c’est nous promettre un 2017 à lEspañol !
        Ou pire....

        Faites gafe au 11/05/2012.

      • Yp2
        Yp2 répond à martial93000
        Sale gauchiste d'IEP
        • Posté à 08h44 le 25/11/2011
        • Internaute 71496
          Sale gauchiste d'IEP

        « De toute manière, si vraiment ils veulent se faire entendre, ils devront bien entrer dans des structures existantes ou créer leur propre parti. »

        Pas forcément. Cela peut rester un mouvement politique avec des structures originales. Cf l’évolution du mouvement dans les grandes villes espagnoles qui se structurent autour de manifs ponctuelles, des réunions de quartier et des actions anti-expulsions (saisie du domicile pour faillite personnelle).
        Cela dit, la critique de n°5 sur la démocratie directe est très intéressante.

  • A.Gacé
    A.Gacé
    Scientifique
    • Posté à 22h07 le 24/11/2011
    • Internaute 103547
      Scientifique

    A tout décortiquer, on noie le poisson...
    N’est-il pas possible de réaliser, sous l’angle du simple bon sens, que ces gens ont simplement raison...
    Les évidences sont pléthores, tout le monde feint de comprendre, voir même de contester...
    Sur la masse des bêlants pseudo-râleurs, peu peuvent revendiquer le nom d’« Indigné ».
    Moi je les aime bien et surtout je ne cherche pas à les étiqueter, cela me donne un peu plus d’air à respirer lorsque je les entends.

  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 22h55 le 24/11/2011
    • Internaute 82025
      non connue

    Cela dit, 10 000 « indignés » ne valent pas un seul « poing dans ta gueule ».

  • Sixpatte-
    Sixpatte-
    Sur Mars
    • Posté à 00h42 le 25/11/2011
    • Internaute 77583
      Sur Mars

    Amis résigniais et des médias, bonsoir.

  • Yp2
    Yp2
    Sale gauchiste d'IEP
    • Posté à 08h39 le 25/11/2011
    • Internaute 71496
      Sale gauchiste d'IEP

    J’adore ce genre d’article si français qui continue à alimenter le mythe des mouvements indignés « sans programme » ou se cantonnant à « un flou artistique » niveau revendications. Ca va continuer à conforter le lecteur franchouillard qui n’a probablement pas vu un campement de sa vie, que ce soit en France, en Espagne ou aux USA, et qui continuera à se croire supérieur parce qu’encore plus rebelle à ne rien foutre derrière son clavier.

    Bordel ! On s’en fout de savoir que le journaleux est perdu parce qu’il ne peut pas résumer comme d’hab le programme politique des manifestants en comptant le nombre de badges CGT ou CFE-CGC ! Apprenez à lire un programme : tout est sur internet, et ça ne demande qu’à être analysé. Mais par contre là, ça requiert une autre compétence journalistique que de synthétiser les éditos du Monde et de Marianne.

  • utropique
    utropique
    vivant
    • Posté à 09h37 le 25/11/2011
    • 176376
      vivant

    Je pense que l’état d’esprit des indignés qui actent par leur présence et pèche parfois dans leur discours peut se résumer à ça :
    Voici le contrat reconductible par tacite reconduction que vous signez chaque matin en vous réveillant simplement et en ne faisant rien
    1) J’accepte la compétition comme base de notre système, même si j’ai conscience que ce fonctionnement engendre frustration et colère pour l’immense majorité des perdants,
    2) J’accepte d’être humilié ou exploité a condition qu’on me permette a mon tour d’humilier ou d’exploiter quelqu’un occupant une place inférieure dans la pyramide sociale,
    3) J’accepte l’exclusion sociale des marginaux, des inadaptés et des faibles car je considère que la prise en charge de la société a ses limites,
    4) J’accepte de rémunérer les banques pour qu’elles investissent mes salaires à leur convenance, et qu’elles ne me reversent aucun dividende de leurs gigantesques profits (qui serviront a dévaliser les pays pauvres, ce que j’accepte implicitement). J’accepte aussi qu’elles prélèvent une forte commission pour me prêter de l’argent qui n’est autre que celui des autres clients,
    5) J’accepte que l’on congèle et que l’on jette des tonnes de nourriture pour ne pas que les cours s’écroulent, plutôt que de les offrir aux nécessiteux et de permettre à quelques centaines de milliers de personnes de ne pas mourir de faim chaque année,
    6) J’accepte qu’il soit interdit de mettre fin à ses jours rapidement, en revanche je tolère qu’on le fasse lentement en inhalant ou ingérant des substances toxiques autorisées par les états,
    7) J’accepte que l’on fasse la guerre pour faire régner la paix. J’accepte qu’au nom de la paix, la première dépense des états soit le budget de la défense. J’accepte donc que des conflits soient créés artificiellement pour écouler les stocks d’armes et faire tourner l’économie mondiale,
    8)J’accepte l’hégémonie du pétrole dans notre économie, bien qu’il s’agisse d’une énergie coûteuse et polluante, et je suis d’accord pour empêcher toute tentative de substitution, s’il s’avérait que l’on découvre un moyen gratuit et illimité de produire de l’énergie, ce qui serait notre perte,
    9) J’accepte que l’on condamne le meurtre de son prochain, sauf si les états décrètent qu’il s’agit d’un ennemi et nous encouragent à le tuer,
    10) J’accepte que l’on divise l’opinion publique en créant des partis de droite et de gauche qui passeront leur temps à se combattre en me donnant l’impression de faire avancer le système. j’accepte d’ailleurs toutes sortes de divisions possibles, pourvu qu’elles me permettent de focaliser ma colère vers les ennemis désignés dont on agitera le portrait devant mes yeux,
    11) J’accepte que le pouvoir de façonner l’opinion publique, jadis détenu par les religions, soit aujourd’hui aux mains d’affairistes non élus démocratiquement et totalement libres de contrôler les états, car je suis convaincu du bon usage qu’ils en feront,
    12) J’accepte l’idée que le bonheur se résume au confort, l’amour au sexe, et la liberté à l’assouvissement de tous les désirs, car c’est ce que la publicité me rabâche toute la journée. Plus je serai malheureux et plus je consommerai : je remplirai mon rôle en contribuant au bon fonctionnement de notre économie,
    13) J’accepte que la valeur d’une personne se mesure à la taille de son compte bancaire, qu’on apprécie son utilité en fonction de sa productivité plutôt que de sa qualité, et qu’on l’exclue du système si elle n’est plus assez productive,
    14) J’accepte que l’on paie grassement les joueurs de football ou des acteurs, et beaucoup moins les professeurs et les médecins chargés de l’éducation et de la santé des générations futures,
    15) J’accepte que l’on mette au banc de la société les personnes âgées dont l’expérience pourrait nous être utile, car étant la civilisation la plus évoluée de la planète (et sans doute de l’univers) nous savons que l’expérience ne se partage ni ne se transmet,
    16) J’accepte que l’on me présente des nouvelles négatives et terrifiantes du monde tous les jours, pour que je puisse apprécier a quel point notre situation est normale et combien j’ai de la chance de vivre en occident. je sais qu’entretenir la peur dans nos esprits ne peut être que bénéfique pour nous,
    17) J’accepte que les industriels, militaires et politiciens se réunissent régulièrement pour prendre sans nous concerter des décisions qui engagent l’avenir de la vie et de la planète,
    18) J’accepte de consommer de la viande bovine traitée aux hormones sans qu’on me le signale explicitement. J’accepte que la culture des OGM se répande dans le monde entier, permettant ainsi aux trusts de l’agroalimentaire de breveter le vivant, d’engranger des dividendes conséquents et de tenir sous leur joug l’agriculture mondiale,
    19) J’accepte que les banques internationales prêtent de l’argent aux pays souhaitant s’armer et se battre, et de choisir ainsi ceux qui feront la guerre et ceux qui ne la feront pas. Je suis conscient qu’il vaut mieux financer les deux bords afin d’être sûr de gagner de l’argent, et faire durer les conflits le plus longtemps possible afin de pouvoir totalement piller leurs ressources s’ils ne peuvent pas rembourser les emprunts,
    20) J’accepte que les multinationales s’abstiennent d’appliquer les progrès sociaux de l’occident dans les pays défavorisés. Considérant que c’est déjà une embellie de les faire travailler, je préfère qu’on utilise les lois en vigueur dans ces pays permettant de faire travailler des enfants dans des conditions inhumaines et précaires. Au nom des droits de l’homme et du citoyen, nous n’avons pas le droit de faire de l’ingérence,
    21) J’accepte que les hommes politiques puissent être d’une honneteté douteuse et parfois même corrompus. je pense d’ailleurs que c’est normal au vu des fortes pressions qu’ils subissent. Pour la majorité par contre, la tolérance zéro doit être de mise,
    22) J’accepte que les laboratoires pharmaceutiques et les industriels de l’agroalimentaire vendent dans les pays défavorisés des produits périmés ou utilisent des substances cancérigènes interdites en occident,
    23) J’accepte que le reste de la planète, c’est-à-dire quatre milliards d’individus, puisse penser différemment à condition qu’il ne vienne pas exprimer ses croyances chez nous, et encore moins de tenter d’expliquer notre Histoire avec ses notions philosophiques primitives,
    24) J’accepte l’idée qu’il n’existe que deux possibilités dans la nature, à savoir chasser ou être chassé. Et si nous sommes doués d’une conscience et d’un langage, ce n’est certainement pas pour échapper à cette dualité, mais pour justifier pourquoi nous agissons de la sorte,
    25) J’accepte de considérer notre passé comme une suite ininterrompue de conflits, de conspirations politiques et de volontés hégémoniques, mais je sais qu’aujourd’hui tout ceci n’existe plus car nous sommes au summum de notre évolution, et que les seules règles régissant notre monde sont la recherche du bonheur et de la liberté de tous les peuples, comme nous l’entendons sans cesse dans nos discours politiques,
    26) J’accepte sans discuter et je considère comme vérités toutes les théories proposées pour l’explication du mystère de nos origines. Et j’accepte que la nature ait pu mettre des millions d’années pour créer un être humain dont le seul passe-temps soit la destruction de sa propre espèce en quelques instants,
    27) J’accepte la recherche du profit comme but suprême de l’Humanité, et l’accumulation des richesses comme l’accomplissement de la vie humaine,
    28) J’accepte la destruction des forêts, la quasi-disparition des poissons de rivières et de nos océans. J’accepte l’augmentation de la pollution industrielle et la dispersion de poisons chimiques et d’éléments radioactifs dans la nature. J’accepte l’utilisation de toutes sortes d’additifs chimiques dans mon alimentation, car je suis convaincu que si on les y met, c’est qu’ils sont utiles et sans danger,
    29) J’accepte la guerre économique sévissant sur la planète, même si je sens qu’elle nous mène vers une catastrophe sans précédent,
    30) j’accepte cette situation, et j’admets que je ne peux rien faire pour la changer ou l’améliorer,
    31) J’accepte d’être traité comme du bétail, car tout compte fait, je pense que je ne vaux pas mieux,
    32) J’accepte de ne poser aucune question, de fermer les yeux sur tout ceci, et de ne formuler aucune véritable opposition car je suis bien trop occupé par ma vie et mes soucis. J’accepte même de défendre à la mort ce contrat si vous me le demandez,
    33) J’accepte donc, en mon âme et conscience et définitivement, cette triste matrice que vous placez devant mes yeux pour m’empêcher de voir la réalité des choses. Je sais que vous agissez pour mon bien et pour celui de tous, et je vous en remercie.

    • CitizenSim
      CitizenSim répond à utropique
      Au monde
      • Posté à 10h54 le 25/11/2011
      • Internaute 114259
        Au monde

      Tout à fait d’accord. En fait vous n’acceptez pas la DOMINATION ! Bourdieu disait : « si le monde social m’est supportable, c’est parce que je peux m’indigner » c’est même le titre d’un ouvrage. Il est sans doute temps d’aller davantage piocher des idées chez Bourdieu. Y’a un peu plus de matière que chez Hessel.

  • utropique
    utropique
    vivant
    • Posté à 09h42 le 25/11/2011
    • 176376
      vivant

    Pour info : Samedi 26 novembre : Grand rassemblement pour célébrer le 21ème jour d’occupation de la Défense

    Samedi 26 novembre 2011, dès 15h, nous vous invitons à nous rejoindre pour fêter le 21ème jour d’occupation de la Défense.

    Au programme :
    15h30 - Opération l’Euro s’envole
    Tout au long de l’après-midi :
    - Buffet auto-géré
    - Jam session libre (venez avec vos instruments ou votre voix)
    - Activités prévues de la petite enfance au 6ème âge

    19h - Concerts gratuits

    Bien sûr, toutes les initiatives festives et conviviales sont les bienvenues !

    Vous pouvez télécharger les tracts ici : Lien

    • ostia
      ostia répond à utropique
      inadapté
      • Posté à 10h26 le 25/11/2011
      • Internaute 88960
        inadapté

      elle est occupée la défense ? ?

  • unagi-
    unagi-
    卑語
    • Posté à 09h50 le 25/11/2011
    • Internaute 24252
      卑語

    Le portrait choisi est suggestif, la vue en plongée la neutralité du fond, est ce un mur, est ce un matelas ? La parfaite neutralité de la bouche opposée à l’invite du regard, la crudité de l’éclairage, les épaules rehaussées, le cou magnifié.
    « elle doit mieux tenir sur son dos qu’une chèvre sur ses cornes ».
    Pour le reste, un conformisme politique bien enrobé.

    • utropique
      utropique répond à unagi-
      vivant
      • Posté à 10h00 le 25/11/2011
      • 176376
        vivant

      Je vois que monsieur est amateur d’art, je suis sculpteur et c’est une sculpture qui sort d’un mur( à la verticale donc), elle s’appelle « le pense muraille ». Pour ce qui est de la politique, c’est vrai ce n’est pas mon domaine, bises à toi unagi.

  • Waldeck
    Waldeck
    Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)
    • Posté à 10h16 le 25/11/2011
    • Internaute 36864
      Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)

    -« A l’écouter, on comprend vite que les Indignés rejettent en masse toute affiliation à un mouvement associatif, syndicaliste ou politique.
     »
    Et oui, c’est embêtant ça, pour les journalistes qui ne conçoivent les individus que dans des cases biens délimitées, dans des espaces dédiés, des partis,des syndicats, des assoces, des castes, des tribus, où il est facile de mettre une étiquette, où l’on peut contacter un attaché de presse, un conseiller en communication qui transmettra un document de synthèse soluble dans les médias, sans relecture préalable.

    C’est tellement plus simple un appareil politique vertical, avec son secrétaire général, son président, ses statuts, son bureau politique, son comité central, son siège national, ses fédérations, son congrès, ses universités d’été, ses éléphants, ses barons, ses apparatchiks, ses leaders, ses militants, ses dissidents, ses dogmes immuables, ses clercs, sa liturgie, ses excommunications ...

    Non ?

    ( L’indignation c’était le premier pas indispensable. Dans ce monde cynique où la vue d’un être humain couché sur le trottoir en hiver ne choque même plus, on ne peut envisager d’action sans passer par ce stade !
    Et après ?
    - On est pas encore mûrs pour passer à « l’après » ... )

    • Anne-Sophie Novel
      Anne-Sophie Novel répond à Waldeck
      Ecolo-Info
      • Posté à 12h08 le 25/11/2011
      • Expert 142203
        Ecolo-Info

      Bonjour Waldeck,
      Je ne cherche pas à mettre des gens dans des cases, il s’agit seulement de décrire la logique française du mouvement en comparaison à l’esprit plus « constructif » il me semble des Indignés espagnols ou américains... Après je n’ai pas la science infuse et me trompe peut être, mais la question mérite d’être posée ! !

  • unagi-
    unagi-
    卑語
    • Posté à 10h18 le 25/11/2011
    • Internaute 24252
      卑語

    Changement sur le fond dans la manière de faire de la politique et d’exercer la démocratie.

    Analyser les demandes des uns et des autres est un exercice vain : parmi les gens que je vois manifester dans la rue, très peu soutiendraient explicitement ces demandes. Beaucoup arrêtent de les lire parce qu’elles n’en valent tout simplement pas la peine : les citoyens descendent dans la rue avec une contre-pétition, appelant à un changement radical, parce que les partis politiques et le système ne les représentent déjà plus. Ils en représentent d’autres.

    En ce qui concerne les demandes concrètes… cela viendra plus tard, pour le moment, nous sommes dans un processus de changement. De quoi ? Il est trop tôt pour le savoir, et il possible d’espérer que, quel qu’il soit, ce changement soit pacifique, ordonné et civilisé. Je suis entièrement d’accord avec le billet d’Antonio Ortiz à cet égard.

    L’origine, le déclenchement

    C’est le moment où les trois grands partis, PSOE, PP et CiU, forment un pacte pour faire passer la ley Sinde4 , en contradiction flagrante avec la volonté d’une grande majorité de citoyens, pour faire plaisir à un lobby. Attention, ceci n’est que le début, le détonateur : à l’heure actuelle, cela n’a déjà plus d’intérêt ou de pertinence dans les manifestations. Mais en voyant l’acharnement pathétique à « faire passer cette loi à tout prix » alors que l’ensemble du réseau s’était soulevé contre elle, le relayer en direct a eu le même effet – avec tout le respect dû aux tunisiens et en demandant pardon d’avance pour la comparaison tragique – que le suicide de Mohammed Bouazizi s’immolant en Tunisie. De l’activisme contre la ley Sinde est né le mouvement #nolesvotes (ne votez pas pour eux), en plus de la cristallisation d’un climat de mécontentement évident contre toute une manière de faire de la politique.

    Les motifs réels

    Les véritables raisons sont, et cela n’a échappé à personne, des sujets tels que la gestion de la crise économique, la corruption, le chômage (en particulier le taux de plus de 40% de chômage pour les jeunes) et surtout, la désaffection envers une classe politique, identifiée comme l’un des problèmes majeur de la citoyenneté dans les enquêtes du CIS5. Egalement, le désenchantement que l’on peut ressentir face à cette manière de faire de la politique qui fait de l’électeur un être sans importance, juste bon à déposer un bulletin dans une urne et qui, par cet acte, donne à un parti politique toute la légitimité de faire ce que bon lui chante pendant quatre ans6. Un parti qui est devenu une grande entreprise inefficace et corrompue répondant aux intérêts des lobbies et pas à ceux des citoyens.

    Le témoignage est recueilli par d’autres associations

    D’abord JuventudSinFuturo (Jeunesse sans futur) et ensuite DemocraciaRealYA (Une vraie démocratie maintenant !) ont été capables de s’organiser brillamment, avec civilité et pacifiquement pour transposer ce mouvement dans la rue. Ce fut l’épreuve du feu, le « moment de vérité » : avant que les protestations ne prennent vie dans la rue, le réseau bouillonnait de dizaines de tweets par minute, de groupes Facebook et de posts de blogs, mais personne n’avait encore sauté le pas. Après les protestations, les gens se sont rendus compte qu’ils n’étaient pas les seuls à partager cet opinion, et que si l’organisation et l’action sont possibles, ils sont aussi une réalité concrète. C’est comme cela qu’est tombée la barrière que beaucoup se mettaient pour descendre dans la rue.
    La décision de descendre dans la rue répond à un sentiment général

    Et non pas à une revendication particulière comme une série de points d’un programme. Dans la rue, vous pouvez voir des personnes de tous les âges, opinions politiques, de toutes les conditions sociales. Des étudiants en chemises jaunes, des chômeurs, des punks, des retraités, des entrepreneurs, des enseignants … J’étais là, concrètement, et j’ai rencontré tous ces profils, un par un, et plus encore. Un qui salue une connaissance, et j’ai pu moi-même saluer plusieurs anciens élèves, des collègues, des gens que je connais qui ont créé des start-up, des cinéastes, des avocats, des journalistes … On trouve de tout. Littéralement tout.

    Ne vous attendez pas à un accord sur les mesures à prendre, c’est impossible. Mais s’il y a une chose sur laquelle il existe bien un accord c’est la nécessité d’un CHANGEMENT. Et un retour en arrière n’est pas envisageable.

    La simplification est mauvaise

    Que les jeunes de gauche soient les plus susceptibles de descendre dans la rue ne veut rien dire, et prétendre inscrire ce soulèvement dans une idéologie ou un parti spécifique est tout simplement absurde. C’est normal et inévitable. Tenter de se placer devant les gens pour faire croire qu’ils vous suivent est encore plus pathétique : dans un mouvement aussi connecté, la personne qui tente de « diriger » en appliquant des techniques pastorales comme on le ferait pour un troupeau de bêtes se fait immédiatement régler son compte sur les réseaux sociaux.

    En Égypte, il avait eu des moments où il semblait que les Frères musulmans monopolisaient la protestation, et d’autres qui montraient clairement la diversité et la pluralité au sein du mouvement. Ici il n’y a pas de leader, il y a des gens. Personne ne suit personne réellement, il ne s’agit même pas de savoir si c’est bien comme ça ou pas. Le désir de changement continue d’être présent, et c’est tout.

    Attribuer ces manifestations à des mouvements organisés, à une stratégie concrète ou a des personnes spécifiques est une vieille interprétation, typique de ceux qui ne comprennent rien à ce qui se passe. Chercher à mieux organiser le mouvement, prétendre que des demandes concrètes sont en cours, demander un leadership plus clair et incarné ou chercher sous les pierres son origine alambiquée est absurde : cela ne peut pas être, et plus que tout, c’est impossible.
    Et maintenant ? Maintenant nous voulons plus !

    Une fois la mèche allumée, il est très difficile de l’éteindre. La manifestation du 15M (15 mai) à Madrid a rassemblé des dizaines de milliers de personnes ; un événement autorisé et organisé depuis des semaines. Cependant celui d’hier, le 17 mai à Sol, a été organisé en quelques heures, en utilisant uniquement Twitter et Facebook. La place de 10000 m2 fut presque entièrement remplie, jusqu’à la rendre impraticable.

    L’exemple s’est également largement étendu à d’autres villes. Le contrôle de tous ces mouvements est tout bonnement impossible. Il faut absolument, et par tous les moyens, que tout se déroule de façon civilisée et pacifique, mais ne nous ne sommes pas sûrs d’éviter des mouvements incontrôlés d’une part ou des réactions excessives d’autre part. L’ordre malheureux d’expulsion du camp de la place Sol dans la nuit de dimanche a déclenché le rassemblement de mardi après-midi, et ce phénomène pourrait se produire plus souvent.

    Il est important de comprendre que nous avons passé une étape

    Une étape vers un modèle que les partis politiques devront comprendre, de gré ou de force. Ils ne peuvent plus ignorer les citoyens et défendre d’autres intérêts. La politique ne peut pas continuer à être menée de cette manière là.

    Nous ne sommes pas dans le cas de la Tunisie ou de l’Égypte : en Espagne il y a un gouvernement démocratiquement constitué et personne ne descend dans la rue pour le renverser, mais des changements importants sont nécessaires, des changements en profondeur et drastiques que les partis devront mettre en place maintenant.

    Pour l’instant, les partis politiques sont en train de minimiser l’importance de cette question, et pensent : « ça va leur passer ». Mais nous ne sommes pas dans cette dynamique. Probablement l’ampleur du changement nécessaire est telle que nous devrons faire des modifications depuis le code électoral jusqu’à la Constitution elle-même. Mais si cela ne se fait pas, si des avancées dans ce sens ne se font pas sentir, le mouvement continuera, et a de fortes chances de s’étendre.

    Si nous tenons jusqu’au dimanche 22 mai et que les élections nous ressortent le même scénario et toujours les mêmes messages, j’ai le sentiment que le mouvement va s’intensifier. Mais en qui concerne ces mouvements de société, personne n’en possède le contrôle ou le pouvoir de prédire ce qu’il en adviendra.
    La seule certitude est que l’Espagne a déjà sa révolution.

    Lien

  • Kimouss
    Kimouss
    Plombier polonais au Water Gate
    • Posté à 17h16 le 25/11/2011
    • Internaute 37458
      Plombier polonais au Water Gate

    Enieme article flemmard (pour rester poli) sur les Indignés.

    C’est sidérant d’écrire ce genre de choses : « En France, il est quasiment impossible aux Indignés de s’imposer dans la durée. D’après Catherine, sur l’esplanade de la Défense, les forces policières françaises ont reçu pour consigne de confisquer les bâches et les tentes. »

    N’importe qui vient rejoindre le camp de la défense se rend compte en 10 minutes : les flics harcèlent les Indignés en permanence, jour et nuit.

    Destructions, vol, intimidations... Ca fait bientôt 3 semaines que ça dure...

    Dans les autres pays, les Indignés ont pu se poser leur tente sans trop de soucis.

    En France, la durée d’une tente est de 2 mn...

    Le scandale est là, gros comme une Arche de la Défense. Et pas un « journaliste » qui fait mine de comprendre..

    Je conseille à chacun de venir au moins une fois sur le parvis, le soir de préférence, pour comprendre.

    Ceux et celles qui « vu » ont eux compris. Et n’écrivent pas de balivernes telles que celles écrites ici.

    A bon entendeur..

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