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L'actualité espagnole commentée depuis Madrid par Elodie Cuzin.

La crise force les familles espagnoles à cohabiter

Elodie Cuzin
Journaliste
Publié le 07/10/2008 à 12h22



Manif pour des logements accessibles à Madrid le 16 juin 2007 (Andrea Comas/Reuters).


Ce n'est plus la fête à la maison chez les espagnols. L'explosion de la bulle immobilière, la crise financière internationale et l'augmentation des prix forcent de plus en plus de couples à rester ensemble même s'ils rêvent de divorce.

Déjà tendus, ils doivent en plus parfois supporter le retour au nid de leurs grands enfants, qui avaient difficilement pris leur envol avant d'être forcés de rentrer chez papa-maman faute de pouvoir payer leurs loyers.

Après des années de boom, l'Espagne accumule les mauvaises nouvelles depuis des mois et les gros titres témoignent jour après jour de la détérioration fulgurante de son économie. L'époque où l'on construisait plus de 500 000 nouveaux logements par an semble bien révolue alors que le marché immobilier est bloqué, les prix en berne et le nombre de sollicitations de nouveaux prêts au logement en chute libre.

Faute de pouvoir revendre leur appartement, les couples divorcent moins

Mauvais temps pour les couples qui ne s'entendent plus : en plus de la perspective du coût du divorce (frais de procédure, pensions alimentaires…), ils sont aujourd'hui assommés par des remboursements mensuels qui ne cessent d'augmenter, (les ménages espagnols s'endettent en grande majorité à taux variables) et inquiets à la perspective de ne pouvoir revendre qu'à pertes l'appartement conjugal.

Résultat, le nombre de divorces baisse en Espagne alors même que le gouvernement socialiste a introduit une forme de procédure simplifiée en 2005 : -18 % au premier trimestre 2008, comparé avec la même période un an plus tôt. En 2007, le nombre de ruptures officialisées avait déjà chuté de 5,8%, selon l'Institut National des Statistiques espagnol. Avocat et directeur d'un site de conseils légaux en ligne, Separaciononline.com, Alberto Rubio confirme cette tendance :

« On constate normalement un pic de demandes d'informations sur le divorce au retour des vacances d'été -lorsque les couples qui se supportent à peine pendant l'année sont forcés de se voir 24h/24h- mais pas lors de cette rentrée. On a même vu une baisse. »

Une chute des demandes estimées à 30% par le journal El Periodico.

Les couples se donnent une nouvelle chance, tentent de se supporter au quotidien… Ou « décident de divorcer sans dire au juge qu'ils continueront à vivre sous le même toit, pour ne pas compliquer la procédure », selon Alberto Rubio.

Touchés par la crise, les jeunes retournent parfois vivre chez leurs parents

Déjà peu festive, l'ambiance dans ces foyers peut empirer après un coup de sonnette fatidique : leur enfant, dépassant parfois la trentaine, demande à rentrer au foyer. Traditionnellement, les jeunes Espagnols figurent déjà parmi les Européens qui mettent le plus longtemps à s'émanciper, 55% des 18-34 ans vit encore chez ses parents et près d'un quart des 30-34 ans, selon le Conseil de la Jeunesse d'Espagne. La crise commence en plus à faire regretter ceux qui avaient, eux, déjà sauté le pas.

Avec la population étrangère, les jeunes sont les plus touchés par la situation économique actuelle. Syndicats et observateurs confirment que le retour a déjà commencé et s'attendent à ce qu'entre 20 et 25% des jeunes qui se sont émancipés lors des deux dernières années rentrent bientôt au bercail parental. Plus de la moitié des 710 000 qui vivent seuls ont de toutes façons déjà besoin de l'aide parentale, selon le quotidien gratuit 20 Minutos. Juanjo Lopez du Syndicat des Etudiants avertit :

« Nous n'avons pas encore vu le pire de cette crise et les jeunes sont déjà parmi les plus affectés. Ils risquent de beaucoup souffrir car ils ont souvent des contrats précaires, en première ligne en temps de difficultés. »

Une étude récente montrait en effet que le retour « à la maison » était surtout motivé par la précarité de l'emploi, le chômage, qui touchait 12,3% des 18-34 ans au premier trimestre 2008, et les bas salaires : un peu plus de 14 000 euros annuels dans cette tranche d'âge.

Photo : Manif pour des logements accessibles à Madrid le 16 juin 2007 ; les manifestants sont déguisés en prisonniers et arborent des masques à l'effigie du maire de Madrid, Alberto Ruiz-Gallardon (Andrea Comas/Reuters).

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  • 9911francis
    • Posté à 16h16 le 07/10/2008
    • Internaute

    Qui nous vantait voici encore quelques années les bienfaits de l'économie espagnole basée surtout sur l'immobilier ?
    Les Marseille, Baverez et consorts, préparateurs de l'élection de qui nous savons ( aucun jeu de mot avec Marseille qui précède ).
    Et suivi par les toutous de l'UMP, bien entendu.
    Aujourd'hui que les grus ont disparu du paysage ibère et que l'économie commence à se délitter, on n'entrend plus ces incapables.
    Ce sont les mêmes qui louaient le thatcherisme des dirigeants islandais qui avaient tout privatisé
    ( comme certains crétins du gouvernement veulent encore le faire pour la Poste ). Résultat : l'Islande tout entière est en failite.
    Conitnuez les élu PMU ( paris ridicule )avec vos idées libérales en retard de 40 ans ! Vous êtes aussi ringards qu'arriérés !

  • papy55
    papy55
    prof. en province
    • Posté à 18h34 le 07/10/2008
    • Internaute
      prof. en province

    C'est un phénomène qui s'accentue également en France, depuis longtemps, en particulier chez les jeunes qui ont du mal à trouver des premiers emplois rémunérateurs et qui économisent ainsi quelque argent pour pouvoir par exemple, utiliser un téléphone portable, un ordinateur..., une vieille gimbarde !

    Certains diront, qu'ils devraient se passer de ces nouvelles technologies, mais ont-ils pensé que ces « outils » sont aussi des facteurs importants dans la recherche d'emploi ? D'autre part, les opérateurs n'ont pas été avares de publicité agressive, tout en maintenant des prix élevés pour un maximum de bénéfices à destination des ....actionnaires !

  • Claudio_Lopez
    Claudio_Lopez answers to robindesfoix
    technicien
    • Posté à 22h40 le 07/10/2008
    • Internaute
      technicien

    La situation en espagne n'est pas nouvelle au niveau des problèmes de logement des jeunes salariés, elle est même beaucoup plus aigues qu'en France !

    Cette situation dure depuis au moins 7 ans !
    Le problème ne vient pas seulement de la cherté des loyers espagnols due à la flambée de l'immobilier mais elle vient surtout des salaires misérables que touchent une bonne partie des jeunes salariés espagnoles.

    En effet, en Espagne, cette génération se fait appeler les « Milleuristas » à comprendre par là les « Mille euros » !
    Et le pire c'est que ce sont pour la plupart des surdiplômés, qui ont tous fait de brillantes études ! Et contrairement en France, ils exercent pour la plupart le métier sur lesquels ils ont été formés mais hélas pour eux, leur salaire est loin de refléter leur niveau d'étude.

    En effet, en Espagne, les salaires sont libres et ont un smic plus bas que le notre et bon nombre d'employeur ibères se sont infiltrés dans cette brèche.
    En effet, ils disposent des gens qualifiés, dynamique auquel ils peuvent payer autant qu'un équipier travaillant au Mac Do !
    Et je n'exagère pas du tout ! Il n'est pas rare de trouver des architectes à 900 euros par moi !
    Du coup, beaucoup de jeunes espagnols ont du mal à s'émanciper du foyer familial.

    Pour revenir en France, même si la situation des jeunes est aussi délicate, elle est moins enviable que celle de leurs voisins de l'autre côté des pyrénéens ou même des alpes..

  • JANCAP
    • Posté à 05h54 le 08/10/2008
    • Internaute

    Alors qu'en Espagne, plus du tiers des agences immobilières ont fermé, 1 Million 800 000 maisons sont vides et ne trouvent pas preneur aux USA.
    En France, ORPI vient de fermer 50 agences...

    En fait, la véritable cause de la « crise financière et immobilière » ne réside pas dans les magouilles sans fin des hyènes de la finance. La création de fausse monnaie spéculative a débuté dès 1973 !

    C'est bien la baisse dramatique du pouvoir d'achat, depuis 7 ans, des classes moyennes et défavorisées qui a causé leur ruine et paupérisation relative dans les pays dits développés, à cause d'une mondialisation néo-esclavagiste. Privatisation des services publics, réduction de la protection sociale (santé et éducation ont augmenté respectivement de 68 % et 46 % aux USA entre 2000 et 2007) et crédit facile basé sur prévision de saisie ont fait le reste...

    « Je considère que les institutions bancaires sont plus dangereuses qu'une armée.Si jamais le peuple américain autorise les banques privées à contrôler leur masse nonétaire, les banques et les corporations qui se développeront autour d'elles vont dépouiller les gens de leurs possessions jusqu'au jour où leurs enfants se réveilleront sans domicile, sur le continent que leurs Pères avaient conquis » (Thomas Jefferson, 1743-1826, Président des USA de 1801 à 1809).

  • Courage-Fuyons
    Courage-Fuyons
    Encerclé par l'ennemi.
    • Posté à 12h19 le 08/10/2008
    • Internaute
      Encerclé par l'ennemi.

    Bon en fait en Espagne (j'en revient après 14 ans à Almeria, province extrêmement touchée par cette crise) il y a plusieurs facteurs ; la hausse du prix des logement a été exponentielle due à un excès d'achats-revente pour faire du bénef, tout le monde s'y est mis, les constructeurs ont vécu une époque dorée vu la forte demande, non pas de logements pour vivre mais pour investir, donc on a atteint la situation ubuesque d'avoir des immeubles entiers vides de locataires ou proprios avec des prix de ventes comparables a des lofts à Manhattan. En 10 ans,les prix se sont multipliés par 100, un appart qui à l'époque valait 70 000 euros (c'est la province...) est à vendre 400 000-450 000 euros, du délire pour les plus humbles.
    C'est le même cas qu'ici, à Paris, avec les apparts et les biens de consommation courante, trop d'intermédiaires, trop de revente pour gagner du pognon fait que n'importe quel bien ou produit atteint des prix stratosphériques.
    Tuons la bourse !

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