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L'actualité espagnole commentée depuis Madrid par Elodie Cuzin.

Atlético - Marseille : la sanction de l'UEFA indigne l'Espagne

Elodie Cuzin
Journaliste
Publié le 14/10/2008 à 07h55

Les supporters de l'Atlético Madrid n'en reviennent pas. Eux qui se réjouissaient déjà de revoir l'enfant prodige, Fernando Torres, courir dans leur stade sous les couleurs de Liverpool devront se faire une raison.

L'UEFA a ordonné la fermeture du Calderón pour deux matchs de Ligue des Champions et une troisième fermeture avec sursis après avoir déterminé que les incidents survenus lors de la rencontre contre l'OM du 1er octobre « ont été provoqués par la police espagnole sans aucune raison ». Le ministre de l'Intérieur espagnol défend lui publiquement l'opération de ses forces de l'ordre. (Voir la vidéo)

Accusé d'avoir insulté le milieu offensif de Marseille Mathieu Valbuena, l'entraîneur de l'Atlético, Javier Aguirre, n'aura pas non plus le droit d'assister aux deux prochains matchs de son club, contre Liverpool le 22 octobre et contre le PSV Eindhoven le 26 novembre.

En plus de recevoir une amende de 150 000 euros, l'Atlético devra organiser ces deux rencontres à au moins 300 kilomètres de son stade. La troisième suspension dépendra du comportement du club et de ses supporters pendant les cinq prochaines années.

Pour le porte-parole de l'UEFA, Williams Gaillard, interrogé par la chaîne de télévision britannique Sky Sports News :

« Tout au long du match, on a entendu des chants dirigés contre les joueurs qui n'étaient pas blancs et il y a eu aussi des problèmes avec les supporters handicapés qui avaient acheté des places et qui n'ont pas été placés dans les zones prévues pour voir le match. »

Le club madrilène a jusqu'à vendredi pour faire appel de la décision de l'autorité du football européen. Son président, Enrique Cerezo, s'est montré défiant dans les médias ce mardi en déclarant que « le Liverpool-Atlético se jouera au Calderon » :

« J'espère qu'ils [l'UEFA] ne seront pas partisans et qu'ils écouteront autant un côté que l'autre [...]. Tout est dans les faits, toute l'Europe l'a vu. Il n'y a rien eu après le match à part la répression de la police qui a fait ce qu'elle estimait opportun pour garder le contrôle du terrain. »

Le gouvernement espagnol critique une « décision insolite »

Difficile d'obtenir un récit impartial à Madrid, où la presse semble avoir assisté à un tout autre match que les supporters marseillais. Au lendemain de la rencontre, les médias espagnols évoquaient bien les « incidents », mais en pointant unanimement du doigt d'autres coupables que la police espagnole : les « ultras » marseillais et, dans une moindre mesure, les « Stewarts », le corps de sécurité privé embauché par l'UEFA. Ces derniers auraient été débordés par des premières altercations, ce qui aurait poussé les policiers à intervenir.

Les journaux télévisés espagnols ont bien montré en boucle les images d'un supporter français au visage ensanglanté tentant apparemment de montrer qu'il était photographe aux policiers. Mais l'impact de cette image impressionnante était largement désamorcée par d'autres plans tout aussi récurrents, montrant des supporters marseillais arrachant des sièges et des Madrilènes, dont un père et son garçonnet, forcés de quitter leurs gradins après avoir apparemment reçu des projectiles depuis le haut de la tribune.

Dénonçant une « décision insolite », le ministre de l'Intérieur espagnol, Alfredo Pérez Rubalcaba, a annoncé mardi lors d'une interview pour la radio Onda Cero, que le gouvernement allait se mêler de l'affaire en mettant à disposition du club des vidéos de la soirée montrant des supporters de l'OM « arrachant les chaises du stade, les tirant sur les policiers », « parfois avec succès » :

« Les actes sont là, ils sont enregistrés. Nous allons les envoyer et voir si après les avoir vu, il [Williams Gaillard] est capable de soutenir ce qu'il vient de dire. »

L'Atletico déconseille à ses supporters d'aller à Marseille

Journaliste à Radio Marca, Miguel Angel Toribio parle posément lorsqu'il dénonce la décision de l'UEFA, « injuste », selon lui : « Elle est démesurée et nuira surtout aux supporters qui n'ont rien à voir dans cette histoire. »

Le 1er octobre, l'AFP avait constaté que les Madrilènes s'en étaient « pris au défenseur nigérian de l'OM Taye Taiwo, imitant des cris de singe et lançant des insultes racistes ». Mais lui n'a entendu que des sifflets, sans insultes. Quant à l'incident qui aurait conduit le supporter marseillais Santos Mirasierra en détention préventive, le récit de Miguel Angel Toribio diffère grandement de celui d'un internaute que nous rapportions la semaine dernière :

« Quand le match s'est terminé, 1 500 supporters marseillais sont restés dans le stade pendant une heure et demi sans incidents. Ils sont ensuite entrés dans leurs autobus et c'est là que Santos Mirasierra a lancé une bouteille par la sortie de secours du véhicule en direction de la police nationale, qui l'a ensuite arrêté. »

La direction de l'Atlético Madrid a déconseillé à ses supporters de se rendre à Marseille pour le match retour, après avoir relevé des menaces sur des forums présageant « un accueil similaire » pour les Espagnols.

La décision de l'UEFA n'arrange pas l'image du football espagnol, déjà entamée cette semaine par la décision de la fédération anglaise de football de ne pas disputer un match amical contre l'Espagne à Madrid « en raison des incidents de nature raciste que nous y avons subi la dernière fois ».

A lire aussi : Atlético - OM : « Rendez-nous Santos », enfermé à Madrid

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  • Molive
    Molive
    juriste
    • Posté à 09h16 le 15/10/2008
    • Expert
      juriste

    Bonjour,

    C'est noble de fustiger l'Espagne, l'Angleterre et l'Italie, mais les supporters français ne sont pas à leur coup d'essai :
    Lien
    Lien

    Et pour ce match Atletico - Marseille, pensez aller voir la vidéo en homepage du site Lien un des quotidiens sportifs espagnol les plus vendus.

    Je condamne par ailleurs toutes les insultes racistes dont j'ai par ailleurs vu la démonstration lors de Real Madrid - Lyon en 2005 (cris de singe et saluts fascistes) mais celà reste une minorité (les Ultras Sur).

    Les médias nous montrent ce qu'ils veulent bien nous montrer.

    Bonne journée

  • floriangers
    floriangers answers to JIEM 92
    • Posté à 09h51 le 15/10/2008

    On assiste ici au problème habituel de généralisation : « Les supporters de foot ont un petit pois dans la tête ».

    Déjà, on ne peut pas classer tous les spectateurs d'un stade dans le même panier. L'article le souligne justement :
    - il y a le père de famille et son fils qui sont venus voir leur équipe jouer. Ils ne chanteront pas s'ils gagnent, ils râleront tout au plus s'ils perdent.
    - Il y a le supporter, qui va chanter ou siffler.
    - Il y a le privilégié qui va suivre le match en loges, avec Champagne et petits-fours.
    - Et il y a, parmi d'autres catégories non citées, les ultras. Qui, par définition, sont extrêmistes et minoritaires. Ces gens-là payent et se défoulent, comme dit précédemment. Si ce n'est pas contre les supporters adverses (sifflets, jets de projectiles), ce sera contre l'équipe adverse (siffler des joueurs de couleurs, des joueurs célèbres, dangereux, etc) ou, pire encore pour un « supporter », contre sa propre équipe.
    Les incidents d'un stade ne comprennent généralement qu'une infime partie du public, rarement plus d'une centaine de personnes (sur un stade de 60 000 places). Comprenez donc, JIEM 92, que ces ultras ne rassemblent pas la majorité des spectateurs venus assister à un match de football. C'est d'ailleurs pour ça que la sanction paraît lourde du côté espagnol.

    Quant aux sifflets lors de France-Tunisie... Là encore, tous les spectateurs n'ont pas sifflé (tout le monde n'a pas l'intention de siffler et tout le monde n'y arrive pas). Un sifflet couvre largement 10 personnes silencieuses.

    Enfin, petit détail concernant la déclaration du premier ministre, qui souhaite « interrompre la rencontre » après que les hymnes aient été sifflés. On ne peut pas « interrompre » un match qui n'est pas commencé. Ne connaissant visiblement pas l'ordre des événements d'une rencontre de football, il aurait dû utiliser « annuler » au lieu de « interrompre ».

    Anyway...

  • Berlineur
    • Posté à 10h05 le 15/10/2008
    • Internaute

    Soit vous êtes de mauvaise foi, soit vous êtes aveugles, soit vous avez une déficience intellectuelle car c'est pourtant clair, mais comme je suis une âme charitable je vais vous la refaire dans l'ordre :

    - Les flics ont voulu enlever une banderole des supporters (sans aucune consigne de l'UEFA), et alors que les banderoles sont sensées être déployées lors de l'entrée dans le stade par ces mêmes policiers afin d'en vérifier les messages.

    Cette banderole en question est l'emblème du Commando Ultra 84, qui comme son nom ne l'indique pas, n'a rien de violent (pour l'avoir fréquenté de nombreuse années je peux en témoigner). Cet emblème représente une tête de mort. Ne me demandez pas pourquoi, je ne trouve pas ça non plus d'un très bon goût, mais jusqu'à preuve du contraire le mauvais goût n'est pas répréhensible.

    - Ils sont donc monté dans la tribune pour arracher la banderole sans autre forme de procès. Vous trouverez peut-être ça aussi ridicule, mais dans le monde du supporteurisme, la banderole c'est sacré ! Il faudrait peut-être que cela soit expliqué car ça ne l'a pas encore été. Se faire voler une banderole (par les supporters adverses, par la police) c'est signe d'humiliation. Alors que les supporters parlementaient (ils avaient même commencé à recouvrir la fameuse tête de mort. Et sans beaucoup plus d'explication, les CRS ont chargé dans la tribune et tabassé les supporters médusés.

    Et alors là vous m'excuserez, mais la réaction des marseillais m'a même surpris par la passivité avec laquelle ils ont encaissé les coups de matraque. Dans d'autre stade, avec d'autres supporters, nous aurions eu droit à un gros affrontement. Là il s'agit réellement d'une charge policière et d'un tabassage en règle.

    Rappelons que dans chaque club il y a un Directeur de la sécurité. Dans les semaines précédent les rencontres de ce types, il y a des réunions entres Directeurs de Sécurité, Police et membres de l'UEFA. Tout est reglé comme du papier à musique, notamment la question des groupes de supporters. De plus, ces personnes travaillent main dans la main. Ici, rappelons juste qu'en voulant intervenir et se montrer, le directeur de la sécurité de l'OM normalement connu de la Police s'est lui aussi fait matraquer ! ! ! Le Président de l'OM venu pour calmer les choses à failli subir le même sort. C'est le dirigeant de l'UEFA qui a fait retenir le coup de matraque en criant à temps « presidente presidente » ! ! ! ALORS QU'ON NE VIENNE PAS ME DIRE QUE LES CRS N'ONT PAS TAPE A L'AVEUGLE ! ! !

    - Une fois que les CRS ont quitté la tribune, effectivement sont intervenus des jets de sièges dans leur direction. Ca s'appelle une réponse. On se fait taper sur la gueule, femme, enfants et vieillards compris et on devrait en plus sourire et leur offrir des chocolats ?

    Mais les réactions espagnoles, notamment celles du Gouvernement sont totalement indignes !

    Le plus dégueulasse c'est de faire passer les supporters pour des racistes dans l'opinion en parlant de banderole « xénophobe ». On sait à quel point ça sert et comment c'est aisé de décrédibiliser son adversaire en le faisant passer pour un raciste ! ! !
    Sauf que manque de bol, des apolitiques comme le sont les Ultras, aux plus politisés comme le sont un autre groupe comme les South Winners, les supporters de l'OM sont tous situés à gauche ! Ou alors on m'expliquera comment il est possible aux racistes que sont les Ultras de cohabiter dans toutes les tribunes d'Europe depuis 25 ans avec d'autres groupes, l'un étant ouvertement d'extrême gauche et antifasciste ( ! ! ! ), l'autre ayant pour couleurs le rouge-jaune-vert rasta ! ! !

  • Veum
    Veum
    doctorant
    • Posté à 10h11 le 15/10/2008
    • Internaute
      doctorant

    En brut la réaction d'un ami vivant à Madrid depuis un an, qui était dans le stade :

    « - Les supporters marseillais viennent foutre le bordel dans le calderon (le stade de l atleti), en arrachant tous les sieges et en les balancant sur la securite (je passe les fumigenes qui sont le lot de tous les matches bien qu interdits, meme si juste quelques jours avant Atleti-Marseille, les supporters du barca ont jete sur leurs collegues de l espanyol et c est normal que la securite ait cette image en tete et ait un peu flippe).
    - Les supporters et dirigeants marseillais semblent avoir entendus des cris de singe style “uh ! uh ! uh ! ”, perso j etais au stade, le seul chant que j ai entendu qui ressemblait vaguement c etait “Kun ! Kun ! Kun ! ” en reference a Kun Aguero. De nombreux supporters ecrivent la meme chose sur les forums, apres, on a surement tous torts.

    Je finirai par une citation d'el mundo qui resume a elle seule comment ont ete prise les sanctions :
    “L UEFA, pour la premiere fois, a donne plus d importance a un rapport de l equipe visiteuse qu a celui de l arbitre ou celui du delegue de la UEFA. L OM a envoye un rapport incendiaire contre l equipe ‘rouge et blanche’ et a pese plus que les 2 autres.” »

  • Berlineur
    Berlineur answers to floriangers
    • Posté à 10h20 le 15/10/2008
    • Internaute

    Votre explication s'impose, cependant vous ne semblez pas connaitre la définition des « ultras ».

    Ultras ne veut pas dire « ultraméchants - ultraviolents - ultracons [bon ce dernier point est souvent en adéquation je vous le conède]...

    Et les Ultras Marseille sont des agneaux, sincèrement.

    Mais bon, comme toujours dans notre société, quand on veut faire disparaitre des gens qui ne nous plaisent pas. Un seul mot suffit souvent : soit un bon vieux préjugé qui a fait ses preuve, soit un mot devenu magique : “raciste” (ou xénophobe, ou antisémite).

    D'ailleurs ici, double sanction :
    - On n'a presque pas besoin d'expliquer ce que sont les ultras de l'OM pour que les commentaires fleurissent immédiatement du genre “ils ont des petits pois dans la cervelle”, “on sait qu'il y a des hooligans dans les stades”. Ce qui montre que le travaille de diabolisation a parfaitement fait son travail dans l'esprit des CRETINS.
    - Et on vient rajouter dessus l'accusation-condamnation de racisme. Une fois lachée, vous pouvez êtes sûr que personne ne va aller se demander si les personnes accusées sont en effet d'extrême-droite, de gauche, ou tout simplement engagés dans la lutte antifasciste ! ! !

    Contrairement à ce que des messages essayent de faire croire, le foot n'est pas une catégorie plus absurde que d'autres, la preuve : ce sont les mêmes méthodes de manipulation médiatique que dans les autres branches de la société qui sont en cours ! Et comme les abrutis sont trop nombreux pour tous entrer dans les stades, certains échouent dans les commentaires de sites d'info.

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