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L'actualité espagnole commentée depuis Madrid par Elodie Cuzin.

Zapatero soulage les chômeurs endettés, les salariés restent inquiets

Elodie Cuzin
Journaliste
Publié le 03/11/2008 à 21h10



Manif à Barcelone en mars 2008 pour des logements à prix décents (Albert Gea/Reuters).


Bonne nouvelle pour une partie des propriétaires asphyxiés par le remboursement de leurs prêts immobiliers en Espagne : le gouvernement Zapatero a annoncé lundi le gel partiel et temporaire de leurs mensualités, des remboursements qui ont parfois doublé en quelques années. Mais les salariés aux revenus modestes restent dans une situation de plus en plus désespérée.

Dans les journaux, à la télé, au café du coin, un mot revient sans cesse depuis des mois : « Euribor “. Tout le pays a les yeux fixés sur cet indice européen qui détermine le montant des mensualités de 97% des propriétaires qui ont acheté en Espagne. Ici, en effet, les prêts à taux d’intérêt variables règnent en maître et leur niveau dépend de cet indice qui avait atteint un faible niveau en 2003, 2004 et 2005 avant de remonter brutalement (Voir le graphique de Boursorama.com). Il a certes connu une baisse en octobre mais cela n’allègera pas immédiatement les montants des remboursements.

Le chef du gouvernement José Luis Rodriguez Zapatero cherche donc à soulager les chômeurs et travailleurs indépendants ayant perdu leur activité. Ils pourront à partir du 1er janvier 2009 ajourner 50% de leurs remboursements mensuels jusqu’à fin 2010, tant que la somme déduite ne dépasse pas 500 euros. Ils auront ensuite dix ans pour payer les montants manquants. L’exécutif espagnol estime que 500 000 familles pourraient être concernées par sa mesure qui ne vise que les gens ayant souscrit un prêt de moins de 170 000 euros.

Les mensualités de la famille Galarza ont presque doublé en trois ans

‘Nous nous réjouissons que des familles puissent être aidées mais cela reste une mesure partielle’, dénonçait-on au siège de l’Association des usagers des banques, caisses et assurances (Adicae) lundi :

‘ Les remboursements de certaines familles ont doublé voir triplé ces dernières années et même lorsque tous travaillent, il leur est parfois impossible de rembourser. Sans parler des cas où la personne endettée travaille à temps partiel. ’

Employée par un organisme public comme aide à domicile, Marlene Galarza, mère de famille équatorienne, est justement dans ce cas :

‘Nous travaillons tous les deux, mon mari est militaire. Le montant de notre mensualité va justement être revu le 7 novembre. Nous attendons de voir mais on s’attend à une augmentation de 80 ou 100 euros, ce qui nous amènerait aux alentours de 1700 euros alors que nous ne gagnons que 1800 euros à deux.’

Les Galarza doivent en outre s’occuper de leurs deux filles adolescentes. Lorsqu’ils ont sollicité un prêt pour acheter un appartement dans un quartier populaire de Madrid, il y a trois ans, le montant des remboursements mensuels était fixé à 911 euros. L’agence immobilière leur avait bien expliqué qu’il pourrait augmenter mais en avançant que cela ne dépasserait sûrement pas quelques 60 euros par an. Le montant de leurs traites a presque doublé depuis :

‘Le gouvernement devrait étudier chaque situation au cas par cas. Nous n’avons pas encore raté de mensualité mais nous sommes obligés de tirer sur nos cartes de crédit. On vit sur les salaires que nous n’avons pas encore touché.’

Photo : manif à Barcelone en mars 2008 pour des logements à prix décents (Albert Gea/Reuters).

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  • nemo3637
    nemo3637
    Déchoukeur
    • Posté à 02h36 le 04/11/2008
    • Internaute 44521
      Déchoukeur

    Un moratoire concernant certaines dettes, notamment celles concernant des personnes ayant perdu leur emploi, devrait être une revendication à mettre en avant en France.

  • 9911francis
    • Posté à 07h47 le 04/11/2008
    • Internaute 37453

    Vous souvenez-vous, voici quelques années, combien d’éminents sarkozystes chargés de miner l’état d’esprit des français ( « La France qui tombe » ...) afin qu’ils élisent le Sauveur Sarko, souvenez-vous que ces messieurs nous vantaient la bonne santé de l’Espagne grande bâtisseuse...
    Il est vrai que, pour y avoir séjourné voici 6 ans j’ai été surpris par la nombre de grues qui émergeaient de toutes les villes traversées.
    Eh bien voici le résultat : des subprimes à l’ibérique, des gens à la rue, plus de pauvres, le chômage montant... comme aux Etat-Unis, donc.
    Et personne ne va rechercher ces nullards prétentieux pour leur mettre le nez dans leur caca ?
    Il est vrai que les médias sont majoritairement à la botte.
    La carte de presse n’est plus l’insigne du journaliste désormais.

  • Boblep Onge²
    • Posté à 15h29 le 04/11/2008
    • Internaute 29230

    Je sais que le crédit à taux variable était souvent conseillé par les banquiers qui faisaient miroiter des taux soit à hausse restreinte soit à la baisse. Quand je prend un taux variable, c’est un paris que je fais sur l’avenir du taux, je joue un peu au trader (certes, je suis mal conseillé par ma banque) mais je joue... j’accepte les risques (qu’on ne m’explique pas assez ou que je suis trop bête pour comprendre).
    Ce type de crédit existera t-il toujours après « la crise » ? Sera t-il encadré ?

  • ericparis11
    ericparis11
    juriste
    • Posté à 15h36 le 04/11/2008
    • Expert 57790
      juriste

    La grande différence avec la France, c’est qu’ils ont construits, au moins, nos amis ibères. Certes, des bâtiments hideux en bord de mer pour touristes nordiques, mais aussi des logements pour les classes moyennes autour de toutes les villes. Ils sont vides pour l’instant, voient leur valeur s’effondrer, mais ils existent. Pas comme ici où on organise sciemment la pénurie pour maintenir les rentes des propriétaires...

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