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L'actualité espagnole commentée depuis Madrid par Elodie Cuzin.

Espagne : l'espion, l'espadon et le détecteur de mensonges

Elodie Cuzin
Journaliste
Publié le 22/06/2009 à 07h19

Plutôt habitués à la pénombre, les agents secrets espagnols se retrouvent sur le devant de la scène médiatique après plusieurs accusations rocambolesques qui pourraient sérieusement écorner leur image internationale. Accusé par un journal d'utiliser des fonds publics pour participer à des parties de pêche au gros, leur chef aurait fait passer certains de ses agents au détecteur de mensonges pour découvrir d'où venaient les fuites.


Le chef des services secrets espagnols en photo en train de êcher dans El Mundo (El Mundo)

Tout a commencé avec un jeu des 7 errreurs en couverture d'El Mundo. Au matin du 16 juin, le lecteur pouvait découvrir deux photos montrant une poignée d'hommes à l'arrière d'un bateau, deux d'entre eux brandissant de gigantesques espadons.

« Jeu des différences » chez les agents secrets

La légende de la photo venait vite éclaircir les doutes. Selon le journaliste Antonio Rubio, alors que sur la photo originale (en haut) on distingue le visage du responsable des services secrets espagnols, Alberto Sainz, la seconde montre à sa place une autre tête, masquée par des lunettes de soleil (en dessous).

Problème, elle est identique à celle d'un homme, placé juste à la droite de l'image, un sergent de la Guardia Civil selon le journal.

Dans le même article, Antonio Rubio avance qu'en apprenant qu'El Mundo enquêtait sur de supposés détournements de fonds publics pour s'offrir des parties de pêche et de chasse, le chef des services secrets aurait ordonné à ses hommes « d'éliminer et de manipuler les preuves, traces et vestiges de ses aventures de chasseur et pêcheur en Afrique ». D'où cette photo peu convaincante qui aurait été prise au large du Sénégal.

Ce n'est pas la première fois que le journal, proche de l'opposition, s'en prend à Alberto Sainz. Il dépend de la ministre de la Défense, Carme Chacón, l'un des membres du gouvernement socialiste les plus en vue : une trop belle proie.

El Mundo avance cette fois qu'en plus des voyages et safaris en Afrique et Amérique du Sud, il aurait utilisé ses hommes pour des tâches saugrenues - nettoyer sa piscine ou mettre sur écoute la femme de ménage d'un ami pour vérifier si elle passait trop de temps au téléphone -, favorisé les candidatures de proches et souffert des démissions en chaîne de hauts gradés sans en informer sa supérieure.

Dénonçant une « accumulation de fausses interprétations, mensonges et même des calomnies », Alberto Sainz devra toutefois comparaître mardi, à huis clos, devant une commission parlementaire mixte à qui il tentera de justifier chacune de ses expéditions à l'aide de factures et autres documents prouvant, selon lui, sa bonne foi.

Dix agents secrets soumis au détecteur de mensonges

Loin de freiner les articles à charge, El Mundo affirmait lundi matin qu'Alberto Sainz, furieux, aurait soumis au détecteur de mensonges dix de ses agents pour découvrir la source de toutes ces embarrassantes fuites (il disposerait d'un engin perfectionné acheté auprès des services américains, toujours selon le quotidien).

Seules les publications du groupe d'El Mundo ou proches de sa ligne ont repris à leur compte ces informations, mais il est certain que ce coup de projecteur sur le département en théorie le plus secret de l'Etat embarrasse ses responsables.

Profitant de la trop belle occasion pour lancer des piques au gouvernement, l'opposition conservatrice du parti populaire (PP) réclame désormais une autre comparution du chef des espions, en précisant, moqueur, qu'il devrait s'agir cette fois d'une « session publique », sans toutefois éxiger l'utilisation « du détecteur de mensonges ».

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  • daniel burdan
    daniel burdan
    retraité
    • Posté à 11h53 le 23/06/2009
    • Internaute
      retraité

    On peut effectivement en rire (jaune) des services secrets epagnoles.........Neanmoins, dans leur democratie, ils ont une comission PARLEMENTAIRES chargée de suivre l'évolution de leurs services les plus « SECRETS », ce qui manque cruellement à notre REPUBLIQUE, ou les services sont directement liés au President et un peu au 1er Ministre. Hormis eux, aucun parlementaires français n'a le droit de regard..........

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