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L'actualité espagnole commentée depuis Madrid par Elodie Cuzin.

Barcelone, l'arène du combat entre aficionados et anticorridas

Elodie Cuzin
Journaliste
Publié le 04/07/2009 à 12h30


Le torrero russe Roman Karpoukhine dans le Monumental de Barcelone en avril 2000 (Gustau Nacarino/Reuters)

Théâtre de la « corrida de l'année » ce week-end, mais aussi capitale d'un mouvement citoyen qui pourrait aboutir sur leur interdiction en Catalogne, Barcelone est au cœur du débat sur la tauromachie.

La dernière initiative de José Tomas le prouve. C'est le matador le plus prestigieux du moment, le « messie » des aficionados, qui voyaient avec inquiétude la popularité de leur passion s'effriter. Il parle peu, mais les actes de cet Espagnol taciturne en disent plus que mille discours, et l'on discerne un sens de la provocation bien développé sous sa légendaire discrétion.

Sinon pourquoi aurait-il choisi Barcelone pour une corrida attendue par les aficionados comme « l'évènement de l'année » ?

Ville « anti-taurine » ou épicentre de la corrida ?

La ville où il a décidé d'affronter, un par un, six taureaux dimanche est officiellement « antitaurine » depuis 2004. Une prise de position symbolique qui ne s'accompagne pas d'une interdiction des corridas dans sa seule arène, la célèbre Monumental.

C'est aussi à Barcelone qu'il avait fait son retour triomphal, en 2007, après cinq ans de « retraite ». A chaque fois, les places se sont arrachées en quelques minutes, d'autant plus que le matador n'accepte pas les retransmissions télévisées de ses corridas. Pour ne pas tuer « l'esprit », selon ses partisans ; parce qu'ils n'a pas obtenu le cachet espéré, pour ses détracteurs...

Des billets pour dimanche s'échangeraient en tout cas en ce moment pour plusieurs centaines, voir milliers, d'euros entre passionnés désireux de ne pas rater un grand moment de la carrière de ce torero « trompe-la-mort ».

Un flagrant pied de nez au sceau « antitaurin » de Barcelone, une ville qui a en outre interdit la construction de nouvelles arènes il y a plus de vingt ans.

180 000 signatures contre les mises à mort

Mais les anti-corridas sont loin de s'avouer vaincus et viennent justement de présenter aux parlementaires catalans une pétition rassemblant 180 000 signatures pour demander leur interdiction en Catalogne.

Cette initiative législative populaire (ILP) oblige les députés à en débattre en session plénière. Or la corrida divise au sein même des partis et les discussions, qui devraient se tenir à la rentrée, promettent de faire du bruit. La plateforme citoyenne Prou (« Ça suffit » en catalan), iniciatrice du projet, explique sur son site :

« Le processus sera long et difficile mais les taureaux sont plus proches que jamais de se faire entendre au Parlement. Et les députés ont la mission d'ouvrir la voie vers l'abolition. »

L'organisation affirme placer le débat sur le terrain de la « cohérence ». La Catalogne dispose en effet d'une loi de protection des animaux qui interdit les spectacles où ils seraient maltraités ou tués, à l'exception des taureaux et des chevaux utilisés dans les corridas.

« Les taureaux sont des animaux comme les autres »

Prou exige que tous soient également protégés, mais ne réclame pas l'interdiction des fêtes populaires impliquant vachettes et taureaux qui ne sont pas tués : « Nous considérons que les taureaux et les chevaux sont des animaux comme les autres. »

Malgré les milliers de fervents admirateurs de José Tomas et des nouvelles générations de toreros, les enquêtes -peu nombreuses- montrent une désaffection croissante des espagnols pour les arènes : seuls 32% affirment être des fidèles de la corrida.

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  • Adéménagé le 3 janvier 2011
    • Posté à 12h59 le 04/07/2009

    La burka la semaine, les toros le week end, z'auriez pas un truc sur le 11 septembre vu par les groupuscules nazis histoire que la totalité des dingopates (Copiright Jissé) soient bien rassemblée ?

  • ydcl
    • Posté à 13h32 le 04/07/2009
    • Internaute

    Je suis d'origine portuguaise. Et au Portugal, on ne met pas à mort le taureau ! On fait la corrida à cheval, donc les animaux, sortent grandis de ce spectacle ! Les taureaux, finissent leur vie comme reproducteurs ! Pour ceux qui ont un doute, demandez aux spécialistes du dressage, sur la qualité des chevaux de corrida. A la fin, des hommes font face au taureau pour le stopper. Parfois, ils s'y reprennent à plusieurs fois ! Donc l'homme et l'animal » en sortent grandis, sans mort inutile ! N'est-ce-pas, amis de Camargue, qui procèdent, à peu près de la même façon ?

  • Charles Mouloud
    Charles Mouloud answers to bzit
    Bras gauche de la Vénus de (...)
    • Posté à 13h36 le 04/07/2009
    • Internaute
      Bras gauche de la Vénus de (...)

    C'est vrai , tu as raison.

    Et je trouve que l'on devrait organiser des corridas ou autres rituels typiques, un peu partout , en fonction des spécialités régionales.

    En Bresse, grand lâcher de poulets dans l'arène et muleta de rigueur .Le vainqueur aura l'aile et le croupion.

    Dans les Cévennes , chasse à courre de la chèvre , avec légionnaires rabatteurs.

    En Corse , chaque vendredi , ball-trap de cochons sauvages, et mise à mort avec chants polyphoniques.

    En Alsace , tirs aux cigognes avec Koughelhof.

    En Provence , vendetta de cigales à la boule de pétanque.

    De quoi rejouir les viandards priapiques, sous couvert de culture .

  • Lemmy Nothor
    Lemmy Nothor
    - Drinking muddy waters
    • Posté à 14h01 le 04/07/2009
    • Internaute
      - Drinking muddy waters

    Les Américains ont une version que je préfère.....celui qui déguste c'est pas le taureau....

  • affreuxjojo
    • Posté à 15h18 le 04/07/2009
    • Internaute

    La mort et la souffrance sont liées à la vie. Ce sont des mystères intimes, pas des spectacles.
    Défendre la corrida au nom de la tradition est aussi indécent que de défendre la tradition des petits pieds des Chinoises ou l'excision en Afrique. Quand on croit à l'idée de progrès, on arrête les conneries, traditionnelles ou non.

  • Albedo
    Albedo answers to maelou
    • Posté à 17h10 le 04/07/2009
    • Internaute

    Excusez-moi de vous dire ça, mais c'est absurde. L'art est une sublimation, il relate. La corrida, c'est la réalité.

    Entre quelqu'un qui se délecterait de voir des gens se faire poignarder devant lui et quelqu'un qui aime lire un bon roman policier, vous trouvez que c'est la même chose ?

  • Citoyen Omega
    Citoyen Omega answers to Lemmy Nothor
    Ingénieur et peintre
    • Posté à 17h18 le 04/07/2009
    • Internaute
      Ingénieur et peintre

    Historiquement, il y avait bien une tradition taurine en Catalogne, notamment à Barcelone, bien avant que Franco s'en mêle (cf. Idées Reçues, « La Corrida », le Cavalier Bleu). Mais il est vrai que le nationalisme catalan a su s'appuyer sur le cliché corrida = Espagne pour en faire un des éléments de sa propagande sur l'impérialisme culturel castillan, comme si rien n'avait changé depuis la mort de Franco. La protection des animaux est ici bien secondaire...

  • Coragyps Atratus
    Coragyps Atratus answers to bzit
    Dans l'attente du moment propice
    • Posté à 20h06 le 04/07/2009
    • Internaute
      Dans l'attente du moment propice

    Le combat anti-corrida est un exutoire permettant de se donner bonne conscience sur le bien-être animal.

    Les processus industriels en terme d'élevage et d'abattage d'animaux ayant cours dans l'industrie agro-alimentaire ne respectent en rien l'animal. De la naissance à la mort, un grand nombre d'animaux restent dans des bâtiments d'élevage, gavés d'antibiotique, nourris avec des aliments industriels, transportés dans des conditions exécrables et tués à la chaine. Il n'y a vraiment rien de moral à élever des animaux de la sorte dans les bêtes sont réduites à l'état d'objet. Mais il est vrai que ces processus industriels permettent de gagner du pouvoir d'achat dans nos supermarchés.

    On peut sans doute reprocher un certain nombre griefs à la corrida mais il fut reconnaître que les taureaux élevés pour cet art bénéficient de conditions d'élevage exceptionnelles car ils ne voient quasiment pas l'homme et peuvent courir sur de grands territoires. De même, les taureaux qui entrent dans l'arène portent tous un nom ce qui est loin d'être le cas des taureaux que l'on mène à l'abattoir. Au delà de l'industrie agro-alimentaire qui considère l'animal comme un simple capital financier sur patte, les éleveurs taurins les considèrent aussi comme des animaux de façon intégrale.

    Avant de s'attaquer au menu fretin de la cause animale représenté par les corridas, que les anti-corridas se penchent avant tout sur les processus industriels d'élevage animal. C'est de ces élevages que l'irrespect de l'animal est le plus choquant.

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