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L'actualité espagnole commentée depuis Madrid par Elodie Cuzin.

L'Espagne reste en récession, les députés sont privés de jambon

Elodie Cuzin
Journaliste
Publié le 02/10/2009 à 10h31


Jambons lors d’un foire de Barcelone le 13 mars 2008 (Albert Gea/Reuters)

(De Madrid) L’Espagne sera l’une des seules grandes puissances occidentales à rester en récession en 2010, vient d’annoncer le Fonds monétaire international (FMI). Les parlementaires vont donc devoir se serrer la ceinture : Ils ne recevront pas le sacro-saint « panier de Noël ».

« A la traîne », « la seule en crise » : à l’unisson, les médias espagnols reprennent, jeudi, les dernières prévisions du FMI qui, si elles ont été légèrement revues à la hausse pour tous, montrent une Espagne seule ou presque à s’engluer dans la récession en 2010.

Son PIB devrait perdre 0,7 % l’année prochaine et le taux de chômage passer la barre des 20%. La Banque centrale européenne et l’OCDE ont, avant le FMI, publié des prévisions similaires.

Le coût social de la crise et les plans de relance du gouvernement ont déjà fait exploser le déficit public, alors que l’Espagne affichait pourtant encore un excédent en 2007.

Pour équilibrer les comptes et « faire face à des dépenses sociales en hausse », selon la ministre de l’Economie Elena Salgado, le gouvernement vient d’annoncer une hausse d’impôts visant à récolter 11 milliards d’euros supplémentaires grâce, notamment, à une augmentation de la TVA et au retrait d’un « chèque » annuel aux contribuables de 400 euros, introduit en 2008.

Pas de cadeaux pour la première fois depuis trente ans

L’exécutif promet également de s’appliquer un régime austère en réduisant de 4% les dépenses publiques.

Des coupes sont prévues dans les budgets de la culture, de la recherche et du développement, de la défense... Et un coup de ciseaux tout net va toucher dès cet hiver la ligne de budget qui rend un peu plus heureux chaque année les députés, sénateurs, journalistes et employés du Congreso et du Sénat.

Ces milliers de professionnels de la politique, entre 1 800 et 3000 personnes selon les années, vont devoir dire adios, au moins pour cette fois, à leur traditionnel « panier de Noël » : la cesta de navidad.

Une vraie institution en Espagne, où chaque entreprise ou presque se fend d’un exemplaire pour ses employés. Et donc un beau filon pour les professionnels de l’alimentation.

Privés de boîte à jambon sur roulettes

Toujours bien garnis - fromages, conserves de précieux anchois, bouteilles de vins, turron, douceurs au miel... - les paniers comptaient en plus depuis quelques années sur une « star » incontestée : un jambon ibérique entier, la paletilla ibérica (patte arrière).

Mais il n’y aura pas de boîte à jambon sur roulettes pour les députés cette année.

Cette mesure d’austérité, décidée entre les plus hauts responsables parlementaires, devrait permettre d’économiser entre 200 000 euros, selon Público, et 400 000 euros pour El Mundo.

C’est la première fois depuis l’avènement de la démocratie, il y a trente ans, que les parlementaires ne recevront pas de petit cadeau à Noël, selon ce quotidien.

Déjà l’année dernière, de grandes entreprises espagnoles avaient réduit les frais en supprimant les mets les plus chers, dont le fameux jambon.

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  • sarkhobbit
    sarkhobbit répond à Michita
    la jeune garde présidentielle
    • Posté à 10h44 le 02/10/2009
    • Internaute 82076
      la jeune garde présidentielle

    Analysons les faits, uniquement les faits :

    En Espagne, la gauche est au pouvoir, la récession perdure.
    En France, la droite volontariste tient les rennes du pays, la situation a déjà commencé à s’améliorer.
    Nous pouvons affirmer que nous sommes chanceux.

  • Boutauvent
    Boutauvent répond à sarkhobbit
    Testeur de temps libre
    • Posté à 11h05 le 02/10/2009
    • Internaute 45018
      Testeur de temps libre

    La France est moins en récession grâce à ce qui constitue un « bouclier social » et qui permet à un grand nombre de Français de continuer à consommer malgré la crise économique et financière... mais qui génère un déficit de près de 150 Mds.
    Je crois me souvenir que le gouvernement s’acharne à démolir ce « bouclier » (code du travail et autres) et qu’il ne tient qu’à l’obstination de l’opposition et des syndicats que ce ne soit pas déjà fait.
    Effectivement, notre « protection sociale » est un frein à la croissance en période faste ; mais c’est aussi un garde-fous en période de crise.
    Comme la croissance n’est pas équitablement partagée, il est normal que les récessions soient moins subies... et nos capitalistes ne s’en portent que mieux, à ce que je constate !

  • langue-rouge
    langue-rouge répond à sarkhobbit
    travailleur social
    • Posté à 11h12 le 02/10/2009
    • Internaute 50270
      travailleur social

    T’as oublié d’éteindre le mode « blague carambar »

    Je l’éteins pour toi. Tac !

    Bon maintenant, pour revenir aux choses sérieuses.
    C’était quoi le modèle de développement de l’Espagne déjà ?
    Tout le monde propriétaire de son logement et pour y arriver le développement de crédits immobiliers pourris.
    Il disait quoi déjà Sarkozy lors de sa campagne ?
    Développement des crédits immobiliers à l’américaine ou à l’espagnol pour que tout le monde soit proprio.

    Et puis l’une des raisons pour laquelle la France subit moins qu’ailleurs cette crise c’est la persistance d’un modèle social, modèle social que la droite démantèle consciencieusement depuis des années.
    Heureusement pour elle mais surtout pour nous que vos potes n’ont pas complètement réussit à tout démanteler. On serait dans la même situation qu’en Espagne !

    C’est bon, tu peux reprendre tes blagues « carambar »

  • Michita
    Michita répond à sarkhobbit
    Bonne à rien professionelle
    • Posté à 11h22 le 02/10/2009
    • Internaute 26069
      Bonne à rien professionelle

    Effectivement vous êtes chanceux ! ! !

    Vous avez une classe politique au 90% sérieuse, des médias qui peuvent tenir un penchant politique mais qui évitent de faire la propagande servile, et une population qui s’intéresse aux problèmes du pays.

    La bas, le gouvernement s’intéresse plus à taper sur l’opposition qu’à gouverner, l’opposition à faire l’autruche par peur d’être traités de résidus du franquisme (quand dans le PSOE il y a pas mal de fils de dignitaires du régime, par exemple la vice-présidente), les médias sont complètement partisans et serviles au gouvernement (voir le Groupe MediaPro -Le journal Publico y la TV La sexta- ou le Groupe Prisa -Le journal El Pais, la TV Cuatro* y la radio Ser). Quant à la population, ils sont plus intéressés à savoir la vie de Belen Esteban qu’autre chose (ça fait trop longtemps que la Trash TV les a lobotomisés, per exemple Gran Hermano -Le Loft- entamera sa 11ème edition ! !)

    Souriez au moins vous vivez dans un pays civilisé, d’accord avec un temps pourri, mais civilisé

    * Exemple de la chronique d’opinion dans le journal télévisé de Cuatro (Oui, de l’opinion personelle dans un JT ! ! !) fait par Inaki Gabilondo (frère du Ministre de l’éducation Angel Gabilondo) dans lequel traite l’ex-président Aznar de pochetron.

    Lien

  • sarga
    sarga répond à Boutauvent
    étudiant
    • Posté à 11h47 le 02/10/2009
    • Internaute 83213
      étudiant

    Le bouclier social en Espagne consiste à rendre le licienciement extrêmement cher pour l’entreprise. Résultat :
    - c’est un des pays européens avec le plus de contrats temporaires (ce qui rend les conditions de travail précaires
    - en temps de crise on fait sauter tous les emplois temporaires

    Comme licencier est si cher, certaines entreprises ne peuvent meme pas se permettre de réduire le nombre d’employés. Résultat :
    - au lieu de licencier 1 personne on ferme l’entreprise et 10 personnes vont au chômage, cette entreprise ne peux repayer ses fournissuers et cela cree une nouvelle faillite...

    Dans le marché du travail il existe 2 façons de s’ajuster au cicle : par les « prix » (salaires) ou par les « quantités » (embauche/licenciement). C’est très simple, en Espagne le modele consiste à s’juster via quantité...

    Cest un choix que la société doit faire....

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