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L'actualité espagnole commentée depuis Madrid par Elodie Cuzin.

En Espagne, la grosse facture des offres spéciales Mondial

Elodie Cuzin
Journaliste
Publié le 12/07/2010 à 17h15

Après la victoire de La Roja dimanche soir, Carrefour doit rembourser un million d’euros aux acheteurs de télés et d’ordinateurs.


Des supporters de l’équipe d’Espagne, le dimanche 11 juillet 2010 à Madrid (Andreas Comas/Reuters).

En mai dernier, Carrefour promettait de rembourser téléviseurs et ordinateurs si les Bleus gagnaient la Coupe du monde. L’équipe de Domenech s’est empressée de couper court au suspens en ne passant même pas le premier tour du Mondial. Mais en Espagne, vainqueur pour la première fois de son histoire, la campagne « Locos por el Mundial » -« Fous du Mondial » - va coûter à Carrefour la modique somme d’un million d’euros.

L’enseigne française de grande distribution a dû retenir son souffle jusqu’à la 117e minute. Et va finalement devoir honorer ses généreuses promesses : 10 000 bons d’achat de 100 euros, valides en seul cas de victoire de La Roja, ont été distribués à ses clients.

PC City a promis de donner dix euros à ses clients pour chaque but marqué pendant la compétition. Là, l’addition n’est pas trop salée : huit buts en tout.

Mauvais joueurs et petits malins tentent d’esquiver l’addition

D’autres sont moins fair-play et tentent d’esquiver le passage en caisse. Toshiba a ainsi été dès lundi rappelé à l’ordre par une association espagnole de consommateurs, Facua. Malin, le fabricant de PC avait promis de rembourser les téléviseurs ou ordinateurs achetés avant la Coupe en cas de victoire, mais à condition que les clients s’inscrivent en ligne. Un détail bien caché dans les conditions de participation, même trop caché selon Facua qui exige à la compagnie qu’elle honore ses engagements.

D’autres sont plus réglos mais tout aussi futés. Le distributeur d’électroménager et d’électronique allemand Media-Markt a également fait sa campagne sur le thème « une télé remboursée en cas de victoire ». Mais seulement si la victoire n’était précédée d’aucune défaite depuis le premier tour. Or l’Espagne s’est inclinée devant la Suisse lors du premier match.

Une banque se dit « enchantée » de débourser 10 millions d’euros

C’est finalement un sponsor officiel de l’équipe de foot, la banque Banesto, qui a sans doute misé le plus gros dans une opération commerciale liée à la victoire en promettant d’augmenter le taux d’intérêt de son compte « Selección » de 3% à 4%. Coût de l’opération, selon les analystes espagnols, 10 millions d’euros.

Mais compte tenu de l’avalanche de publicités Banesto illustrées de portraits des champions, avant et après la finale, le succès de La Roja reste sans aucun doute une opération juteuse.

Son directeur général de marketing, Rami Aboukhair, l’a d’ailleurs dit tout net au quotidien Cinco Días :

« Nous serons enchantés de payer cette somme. »

Les grands sponsors assurent même qu’ils ont rentabilisé leurs investissement avant même le début de la compétition !

+0,7% de croissance pour le champion du monde

Alors que la crise économique et son énorme taux de chômage -20%- propulse l’Espagne en une des journaux du monde entier depuis près de deux ans, c’est, enfin, un succès espagnol qui fait les gros titres.

Une victoire qui améliorera la « marque » Espagne, selon les experts, et pourrait même donner un coup de pouce à la croissance espagnole encore dans le rouge cette année.

Publié en 2006, un rapport de la banque ABN Amro -ironie de l’histoire, ABN Amro est une ancienne banque néerlandaise rachetée en partie par l’Espagnole Santander en 2007- évaluait ainsi à 0,7% la hausse du PIB dont pouvait profiter un vainqueur de Coupe du monde.

Mais cette étude date d’avant la plus profonde crise mondiale connue depuis soixante-dix ans, a rappelé lundi matin, plus sceptique, le président de la chambre de commerce de Madrid, Arturo Fernández :

« Il est trop tôt pour savoir si le goal d’Andrés Iniesta pourra ajouter une décimale au PIB espagnol. »


Accessoire d’aficionado espagnol (Elodie Cuzin/Rue89).

Certains n’ont pas besoin d’attendre pour se frotter les mains : le principal fabricant de drapeaux espagnols en a vendu 60 000 en à peine quelques jours, soit presque l’équivalent de ses ventes annuelles ordinaires.

Et c’est sans compter sur tout le marchandising « pirate » que les aficionados se sont arrachés dans les rues d’Espagne avant la finale et qu’ils brandiront encore à Madrid au passage, lundi soir, de leur équipe victorieuse.

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  • 65 réactions
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  • duarn
    • Posté à 17h22 le 12/07/2010
    • Internaute 17322

    +0,7% de croissance pour le pays vainqueur. Et combien en moins pour le pays le plus nul du mondial ?

  • jma14
    • Posté à 18h07 le 12/07/2010
    • Internaute 31729

    C’est un simple calcul de partage de risque, ce dernier étant partagé par le nombre de pays ! ! ! ! !
    Ils ont au contraire joué le jeu en le proposant dans tous les pays, sachant qu’un seul serait gagnant.
    Le coup de pub est justement phénoménal puisque tous les pays où il y a Carrefour vont le savoir ! Chaque supporteur reportant son regret non sur Carrefour mais leur équipe.

    Je pense aussi que l’offre espagnole était moins importante, compte tenu du plus fort pourcentage de réussite de l’équipe espagnole. Il suffit d’ailleurs de constater que 1.000.000€ divisé par une télé moyenne à 550€, cela fait 1818 acheteurs. Hors à mon avis ils ont vendus plus de 1818 télévisions sur cette période en France.

    La grande distrib a encore été très forte sur ce coup là. Leurs statisticiens n’ont pas chômé.

  • Le_Manchot
    Le_Manchot répond à jma14
    • Posté à 18h35 le 12/07/2010
    • Internaute 28808

    Surtout, ils se sont évidemment assurés auprès d’un assureur contre le « risque » de victoire de l’équipe nationale dans chaque pays où ils ont fait l’opération. Dans tous les cas, ils n’ont donc rien d’autre à payer que la prime d’assurance, la victoire de l’Espagne ne leur coute pas un centime de plus que ne leur aurait couté la défaite.

    Voir par exemple cet article de l’expansion sur la question : Lien

    Je suis juste étonné que la journaliste de Rue89 n’ait pas l’air d’en avoir conscience...

  • Homer555
    • Posté à 19h10 le 12/07/2010
    • Internaute 45141

    Toutes ces entreprises ont contracté une assurance. Carrefour ne débourseras pas un centime, c’est l’assurance qui paye.

  • Boris Carrier
    Boris Carrier répond à sgt.toper
    cogito ergo sum
    • Posté à 19h22 le 12/07/2010
    • Internaute 67367
      cogito ergo sum

    L’effet de la victoire sur l’économie est bien plus subtil : il s’agit d’un climat d’optimisme et de satisfaction qui génère un dynamisme productif et créatif. En profite aussi le gouvernement dont la cote remonte, contrairement à celle de Sarkozy plombé par Domenech.

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