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L'actualité espagnole commentée depuis Madrid par Elodie Cuzin.

Madrid veut des noms de famille moins machos

Elodie Cuzin
Journaliste
Publié le 06/11/2010 à 12h43


Une étiquette-prénom (plugimi/Flickr).


Le personnage Soupalognon y Crouton, Astérix en Hispanie, 1969.

Le fier Soupalognon y Crouton que rencontre Astérix en Hispanie en témoigne : les Espagnols portent depuis des lustres deux noms de famille -même si le « y » de liaison a souvent disparu-, celui de la branche paternelle et celui de la branche maternelle.

Au nom de l’égalité des sexes, le gouvernement espagnol veut mettre fin à cette tradition d’ici deux ans et permettre aux mères d’apposer leur patronyme en premier. En cas de conflit au sein du couple, l’ordre alphabétique primera. Ce choix a des implications à long terme : le premier des deux noms sera celui que l’enfant pourra donner à sa propre progéniture.

Les Zapatero menacés d’extinction ?

A peine la nouvelle diffusée, ce jeudi, médias, lecteurs et auditeurs ont commencé à s’inquiéter. Si l’ordre alphabétique prime en cas de conflit, les noms de famille commençant par des lettres en fin d’alphabet ne risquent-ils pas de disparaître ?

Zapatero vient évidemment à l’esprit. Le premier ministre espagnol s’appelle en réalité Jose-Luis Rodriguez Zapatero. Mais c’est son second patronyme, bien moins répandu, que l’on utilise couramment pour le désigner. Si ses parents avaient bénéficié de cette loi, ils auraient pu directement l’appeler José-Luis Zapatero Rodriguez.

Pour beaucoup de commentateurs, il ne fait aucun doute que cette disposition provoquera des disputes familiales. « Il va y avoir des accrochages terribles dans les bureaux d’Etat civil », s’inquiète Antonio, sur le site du journal Levante, en rappelant l’influence encore souvent déterminante de la famille élargie sur la vie des couple :

« Non seulement les parents vont donner leur opinion mais les grands-parents aussi. Il vaut mieux opter pour un tirage au sort. »

Le Parti populaire (PP), principale formation de l’opposition, a lui immédiatement annoncé qu’il se « battrait » contre cet arrangement alphabétique. La présidente du PP en Aragon, Luisa Fernanda Rudi, a au passage accusé le gouvernement socialiste de José-Luis Rodriguez Zapatero d’être accoutumé à « ouvrir des débats inutiles. »

En France, la loi introduite en 2002 par Ségolène Royal, alors ministre déléguée à la Famille, et permettant la transmission du double nom ou celui du nom maternel n’a que légèrement bousculé la prédominance paternelle.

1,5 million d’Espagnols s’appellent Garcia

Le principal intérêt de cette réforme sera peut-être de permettre aux parents de privilégier les patronymes les plus rares, les plus chics, les plus basques, catalans, galiciens, etc. En France, c’est ainsi du côté de la Corse que la réforme du nom de famille a eu le plus de succès.


Répartition géographique des noms de famille en Espagne, INE, novembre 2006 (Wikimeda Commons).

La péninsules ibérique souffre d’une certaine pauvreté onomastique. Près d’1,5 million d’Espagnols répondent au nom de García, et autour de 900 000, à chacun des trois autres patronymes les plus répandus : Fernandez, Gonzalez, Rodriguez, selon l’INE. Les Martin, nom le plus répandu en France, ne sont, eux, que 235 846.

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  • anini
    anini
    terrienne de souche !
    • Posté à 13h20 le 06/11/2010
    • Internaute 51759
      terrienne de souche !

    La coutume est déjà moins macho qu’en France puisque elle associe le nom des deux parents !
    Assez curieusement , en France les femmes conservent leur nom de naissance et adoptent donc un nom composé quand elles préfèrent le privilégier en cas de profession valorisante alors que selon la loi , on pourrait très bien le porter toute sa vie !
    Par contre , elles ne le transmettent pas à l’enfant !

  • Megotarus
    Megotarus
    Mystère
    • Posté à 14h07 le 06/11/2010
    • Internaute 94732
      Mystère

    Réforme ridicule et je rejoins l’opposition espagnole, c’est un débat inutile et même nocif que le gouvernement espagnol ouvre simplement pour plus de « progressisme » et pour soigner son image « féministe ».

    Un progressisme borné qui vise a détruire une tradition familiale. Et sans parler du choix par ordre alphabétique totalement ridicule et qui devrait créer des conflits.

    Comment créer un problème là où il n’y en avait aucun.

  • seb.a
    seb.a
    hors hexagone
    • Posté à 14h33 le 06/11/2010
    • Internaute 126414
      hors hexagone

    Bonjour,

    les variation de coutumes selon le pays ont des effets bizarres sur l’identité, je n’ai pas le même nom en France et en Espagne : deux identités différentes, sans être un espion, c’est la classe !

    NOM ESPAGNOL : Sébastien NomPère NomMère
    NOM FRANCAIS : Sébastien NomGrandPèrePaternel NomGrandMèrePaternelle

    Précision : je suis né en France d’un père espagnol et d’une mère au nom bien franchouillard.

  • -Géo-
    -Géo-
    Tb
    • Posté à 15h28 le 06/11/2010
    • Internaute 51248
      Tb

    « La péninsules ibérique souffre d’une certaine pauvreté onomastique. Près d’1,5 million d’Espagnols répondent au nom de García, et autour de 900 000, à chacun des trois autres patronymes les plus répandus : Fernandez, Gonzalez, Rodriguez, selon l’INE. Les Martin, nom le plus répandu en France, ne sont, eux, que 235 846. »

    Je me suis toujours demandé pourquoi il y avait autant de noms différents en France, au contraire des pays ibériques, de l’Angleterre ou des pays scandinaves. Est-ce dû à la diversité des langues sur le territoire avant le XXé siècle ?
    Si quelqu’un a une explication.

  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    → → → → → → → le marché autant (...)
    • Posté à 15h41 le 06/11/2010
    • Internaute 23078
      → → → → → → → le marché autant (...)

    « des noms de famille moins machos »

    ► Mais enfin.. « Crouton-y-Soupalognon » , ça aurait l’air de quoi ?

  • A déménagé le 18-1
    • Posté à 15h42 le 06/11/2010
    • Internaute 116615
      bc

    La loi francaise évoquée en fin d’article :
    loi n° 2002-304 du 4 mars 2002
    modifiée par la loi n° 2003-516 du 18 juin 2003
    décret d’application n° 2004-1159 du 29 octobre 2004

    Depuis cette loi, les parents des bébés nés en françe peuvent composer le nom de leur enfant de plusieurs façons avec les patronymes des deux parents.
    C’est cette même loi qui a autorisé à inventer des prénoms, création à laquelle seul peut s’opposer le Procureur de la république - c’est très rare-.

    .

  • Yp2
    Yp2 répond à turlututu42
    Sale gauchiste d'IEP
    • Posté à 17h42 le 06/11/2010
    • Internaute 71496
      Sale gauchiste d'IEP

    Genre par exemple... les violences contre les femmes ? Thème dont nos politiques maisons n’ont rien à secouer, alors que le PSOE s’en ait chargé à bras-le-corps. Ou comme le droit simple et évident des homos à se marier et à adopter, à avoir une vie comme les autres, avec autant de droits ?
    Ca c’est du courage politique, quoiqu’on dise ensuite des nombreuses lacunes de sa politique. Nos éléphants peureux du PS n’ont pas le quart du courage politique de ZP et de ses ministres.

  • A déménagé le 19 avril
    • Posté à 19h21 le 06/11/2010
    • Internaute 24605

    j’aime bien le « Au nom de l’égalité des sexes, le gouvernement espagnol veut mettre fin à cette tradition d’ici deux ans et permettre aux mères d’apposer leur PATROnyme en premier »

    Autrement dit la mère accole le nom de ... son père (patronyme - on ne dit pas matronyme). Même si on inverse l’ordre, ça reste toujours le nom d’un père accolé au nom d’un père. Un patronyme quoi ! Avec en prime des bisous éternels entre 2 pères. Bref, quelque chose d’on ne peut plus « macho » (à ce qu’il parait...).

    On se demande s’il pense de temps à autre le Zapatero.

  • A déménagé le 19 avril
    • Posté à 19h52 le 06/11/2010
    • Internaute 24605

    certes mais si la mère est à peu près toujours certaine, le père l’est en général moins (du moins fantasmatiquement pour l’enfant). Avec le don de son nom, il apporte donc une reconnaissance et une filiation que la mère n’a pas besoin de donner.

    D’autre part, il n’y a pas beaucoup de demoiselles qui dépriment à l’idée de perdre le nom de leur... père. C’est un moyen assez commode de tuer le père que de laisser tomber le nom du sien (dans la joie et l’excitation la plupart du temps ; je ne sais si vous avez remarqué mais le mariage c’est surtout une affaire de femmes -les hommes font potiches dans l’affaire)...

  • pablico
    pablico répond à anini
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 20h26 le 06/11/2010
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    il y a le matronyme.. aussi, mais c’est dans d’autres cultures.

    un bon numéro de sécu et on colle le nom qu’on veut dessus...

    On est unique comme un numéro de sécu.. mais on a besoin de nom de ’clan’, de tribu... comme dans les grottes.

  • A déménagé le 19 avril
    • Posté à 13h39 le 07/11/2010
    • Internaute 24605

    Je corrige le tir : le nom de la mère pourrait de temps à autre venir de sa propre mère. Wikipédia dit que « jusqu’au milieu du XVIIIe siècle, les sociétés hispanophones pratiquaient la transmission du matronyme, baptisaient les enfants du nom de famille maternel, et parfois, dotaient l’enfant du nom de famille d’un grand-parent (pourtant porté par aucun des deux parents) pour le prestige, ou dans un but intéressé, flattant la matriarche ou le patriarche dans l’espoir d’en hériter des terres ».

    Et au fil de la remontée généalogique il y a probablement un enchevêtrement de patronyme et de matronyme.

    Donc le problème c’est d’utiliser le terme français de « patronyme » (qui est très clair dans son sens mais ne recouvre pas l’ensemble des pratiques culturelles) pour parler de ce sujet. Il vaut mieux utiliser le « nom de famille ».

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