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L'actualité espagnole commentée depuis Madrid par Elodie Cuzin.

Dans mon pays d'Espagne (olé), y a un foot comme ça !

Elodie Cuzin
Journaliste
Publié le 31/12/2010 à 12h48

En cette année de crise, les Espagnols ont eu un moment de bonheur : la victoire de leur sélection en Coupe du monde. Et 2011, c’est sûr, va consacrer la philosophie de jeu cultivée au FC Barcelone, festive et fair-play – oui, c’est bien de foot dont il s’agit.

De l’autre côté des Pyrénées, les Rois mages sont le Père Noël, et ceux-ci passent début janvier. Cette année, les cadeaux sont tombés du ciel en avance :

  • le milieu de terrain Xavi Hernández vient d’être désigné meilleur joueur de l’année par les lecteurs du magazine britannique World Soccer ;
  • pour l’Académie des sports américaine, l’attaquant David Villa est le sportif de l’année ;
  • deux des trois joueurs prétendant au Ballon d’or – qui sera décerné le 10 janvier –, sont Espagnols, et le troisième, l’Argentin Leo Messi, est un pur « produit » du Barça.

Pour couronner la fin d’une année étincelante, il faut ajouter que les Ibères tiennent leur rang dans le seul championnat qui se joue ces jours-ci, faisant fi de la trêve des confiseurs : la Premier League britannique.

Fernando Torres, Pepe Reina, Fabregas et David Silva bossent sous la neige et font savoir sur les réseaux sociaux qu’ils sont « heureux ».

Cesc Fabregas déclarait ainsi sur Twitter le 23 décembre :

« Joyeux Noël à tous. Je sais qu’en Espagne tout s’arrête, mais moi je meurs d’envie de jouer contre Chelsea. »

« La star, ce n’est pas le joueur mais la passe »

« Avec la victoire de l’Espagne en Coupe du monde, c’est le jeu qui triomphe », nous explique Javier Gómez, journaliste sportif en Espagne sur LaSexta et chroniqueur en France sur Canal + :

« La star, ce n’est pas le joueur mais la passe. »

Une philosophie qui vient tout droit de Barcelone, dans la pépinière du Barça, la Masía, où selon Javier Gómez :

« Cela fait vingt ans que l’on mise sur une certaine idée du football, sur tout ce qu’il ne fallait pas faire en principe. Face à la force physique mise en avant jusque-là, on parie par exemple sur des petits gabarits. [...]

Et pas une star entre eux. L’humilité règne dans les vestiaires. Le Barça a ainsi non seulement changé le style de jeu mais aussi l’esthétique hors du terrain.

Il bouscule la hiérarchie établie depuis longtemps dans le football, la culture de la victoire. Le Barça a une idée de jeu et s’y tient, qu’il gagne 5-0 ou perde 2-0. »

Depuis la Coupe d’Europe 2008, c’est ce style de jeu qui imprime l’esprit de la selection nationale. D’abord, par le nombre de joueurs venus tout droit du Barça (jusqu’à 7 sur 11 lors du match contre l’Allemagne). (Voir la vidéo des buts espagnols durant la phase qualificative de la Coupe du monde)

Mais aussi grâce à la volonté des entraîneurs, Luis Aragonés d’abord en 2008, puis Vicente del Bosque pour la Coupe du monde, d’abandonner l’époque de la « furia », longue période où l’Espagne pensait gagner grâce à la force, pour la stratégie et le « tiki-taka », terme utilisé par des chroniqueurs sportifs amusés par le nombre impressionnants de passes.

« Pas une insulte pendant la Coupe du monde »

Dans l’équipe nationale aussi, l’entente règne. Ses deux leaders, le capitaine et goal Iker Casillas et son numéro deux Xavi Hernández jouent respectivement au Real Madrid et au Barça, les deux équipes ennemies par excellence. « Mais ce sont des amis intimes. Ils jouent ensemble depuis qu’ils ont 17 ans », rappelle Javier Gómez. Il souligne, dans une allusion à peine voilée à l’ambiance morose qui régnait du côté de l’équipe français :

« Cela s’est senti pendant la Coupe du monde, où il y a eu une vraie bonne entente : pas la moindre insulte même après la première défaite face à la Suisse. »

Pas de coups d’éclats bling-bling ou d’ « affaire Zahia » non plus avec cette génération de sportifs.

L’histoire d’amour la plus médiatisée de la Coupe du monde a même un goût de guimauve : après la victoire, le beau gardien Iker Casillas, au bord des larmes, embrasse passionnément sa belle journaliste de fiancée devant les caméras. Depuis, il joue la discrétion, comme la plupart de ses co-équipiers.

Fernando Torres, qui évolue à Liverpool, vient lui, à 26 ans, d’avoir son deuxième enfant avec son amour d’adolescence.

« Trop de bons joueurs dans la sélection nationale »

« Il y a trop de bons joueurs dans la sélection », s’amuse pour sa part Begoña Pérez, journaliste espagnole installée à Londres, pour expliquer le remisage sur le banc des remplaçants, pendant de longs matchs de Coupe du monde, de joueurs qui font le bonheur des Britanniques.

Les Anglais étaient choqués de voir leurs chouchous – Fernando Torres, Pepe Reina, Cesc Fabregas – sur le banc. Jusqu’à ce que justice soit faite avec la passe décisive de ce dernier en finale. Capitaine du club londonien d’Arsenal depuis ses 21 ans, « Cesc y est un joueur déterminant », remarque-t-elle.

Ce sont justement ces joueurs espagnols évoluant outre-Manche qui assurent – en partie – le spectacle en cette période creuse où seuls les matchs de Premier League se maintiennent – lorsque la neige le permet.

Carlos Cuéllar (Aston Villa) conseille carrément à l’Espagne de copier le calendrier anglais :

« On perd beaucoup en spectacle. Le problème, c’est que la tradition de jouer à ces dates n’existe pas en Espagne. C’est dommage. Moi je serais pour jouer. »

Des joueurs pas payés pendant une saison entière

Bien sûr tout n’est pas rouge et or sur les pelouses espagnoles... déchirées par de gros soucis financiers.

Le Betis, club au sommet de la seconde division, doit plus de huit millions d’euros de salaires à ses joueurs. Ceux du Recreativo de Huelva n’ont pas été payés pendant toute la saison dernière.

Les dettes alourdissent les bilans d’une grande partie des clubs espagnols et le FC Valence a même dû interrompre en 2009 les travaux de construction de son stade.


Pour ceux et celles qui auraient échappé aux centres aérés, colos et autres camps de scouts, et ne comprendrait pas le titre de cet article, voici les paroles et les gestes de la comptine « Dans mon pays d’Espagne, olé ». (Voir la vidéo)

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  • Sibyllin
    Sibyllin
    Rien à dire mais je le dis (...)
    • Posté à 13h41 le 31/12/2010
    • Internaute 36016
      Rien à dire mais je le dis (...)

    et pendant que des millionnaires tapent dans la baballe l’Espagne compte 20% de chômeur, une économie dévastée et une retraite à 67 ans...
    l’évolution du foot pour une régression de la société, c’est le pied !

  • Gauvain de Lantenac
    Gauvain de Lantenac
    Situationniste
    • Posté à 14h43 le 31/12/2010
    • Internaute 105086
      Situationniste

    « la philosophie de jeu cultivée au FC Barcelone, festive et fair-play »
    D’accord avec le fait que Barcelone a une réel philosophie de jeu datant des années ou Cruyff dirigeait le club en tant qu’entraineur(parce qu’avant le jeu catalan c’était 8 Busquets et 4 Oleger). D’accord pour dire que le jeu proposé est le plus allechant depuis le Milan de Sacchi ou l’Ajax de 1996.
    Mais dire que les joueurs de « mas que un club » sont fair-play c’est ne pas avoir bien regardé un seul de leur match : rien que depuis 2 mois on peut citer la prise de Kung Fu de Valdes contre Copenhague, leur attitude indigne de leur jeu contre Madrid( Guardiola et la balle, Busquets à de nombreuses reprises, Puyol et meme Messi) ou les jolies simulations de Busquets(notamment contre l’Inter mais c’est plus vieux). Et je précise que je ne suis ni supporteur Merengue ni un detracteur du FC Barcelone( meme si porter un maillot Unicef et dejeuner avec le prez Ouzbek je trouve ça un peu bizarre).
    De meme dire que l’Espagne a eu le jeu le plus seduisant de la wc 2010 c’est n’importe quoi. Le plus efficace, oui(comme la France en 1998 ou l’Italie en 2006, qui etaient à l’époque moins » belle à voir jouer » que respectivement les P-B ou l’Argentine( le 6 0 contre la Serbie en 2006 est un chef d’oeuvre). Le jeu le plus agréable à voir à la télé ou au stade en 2010 c’était sans conteste l’Allemagne de Muller, Podolski ou Low : une équipe jeune , offensive, sympathique et bien loin des clichés sur le jeu germanique.

  • A déménagé le 18-1
    • Posté à 14h50 le 31/12/2010
    • Internaute 116615
      bc

    A la fin des 60’s, mon copain de palier, fils de militant clandestin espagnol, ajoutait à la petite comptine :
    y’a un franco comme ça, y’a un franco comme ça, olé, (en mimant le salut faschiste).
    Le foot, j’suis pas fan, mais je préfère l’espagne d’aujourd’hui, et ses passions toutes méditéranéennes. Le foot tout autour de cette mer est une religion, quel que soit le niveau des clubs ou de l’équipe nationale.

  • Rebel Yell
    Rebel Yell
    Je pose une question.
    • Posté à 14h58 le 31/12/2010
    • Internaute 127333
      Je pose une question.

    A part un petit bémol (une intervention raciste de Luis Aragonés) le monde du football espagnol semble beaucoup plus sain que le nôtre.

    Ça fait plaisir de voir qu’on peut parler de foot sans tomber systématiquement dans le polémique et que c’est encore et avant tout un jeu dans un pays européen où le football est populaire.

    Depuis une certaine main de Thierry Henry où il a oublié d’être sportif, je crois que je n’ai plus envie de m’enflammer pour l’équipe de France : autant regarder chez nos voisins, mais la passion n’est pas la même.

  • HSEHNAMAP
    HSEHNAMAP
    R.I.P. 89...
    • Posté à 16h06 le 31/12/2010
    • Internaute 132226
      R.I.P. 89...

    Pas de pain mais des jeux, les espagnols se sont fait retourner la face par les néo-libéraux mais ils sont contents parce qu’ils sont bons à la baballe...

    Ce « sport » est une plaie, notamment parce qu’il monopolise trop souvent l’actualité et évite ainsi de parler des faits réellement importants, et surtout par les valeurs qu’il transmet : simulation (lorsque je regarde un match j’ai l’impression qu’ils passent leur temps à se rouler au sol, en scrutant l’arbitre pour voir s’il les a bien vu), tricherie acceptée par tous (comme disait nico après la main de henry : l’important c’est de gagner), haine de l’autre (vous ne verrez jamais dans un match de rugby le public siffler pendant qu’un adversaire tire une pénalité, sauf pour les matchs joués à Paris, où Guazzini a réussi à faire venir un public de foot, idem pour le Volley, le Hand, le Basket, le Tennis....).
    Hooligans et clubs de supporters fachos ? Foot.
    Coûteux déploiement policier à chaque match ? Foot.
    Tricherie et simulation ? Foot.
    Manque de sens de l’honneur et de dignité de rang des joueurs ? Foot.
    Bah ! Je ne devrais pas dire tout ça, tout le monde adore cette mascarade...

  • momo la salade
    • Posté à 16h11 le 31/12/2010
    • Internaute 110276
      foutus

    et celles qui n’ont pas accouché avant ce soir minuit perdent 2500 euros de prime, olé

  • Si toyen
    Si toyen répond à HSEHNAMAP
    Légèrement improbable
    • Posté à 16h24 le 31/12/2010
    • Internaute 124868
      Légèrement improbable

    C’est vrai que le foot a ses tricheurs, simulateurs, fachos, etc....Mais, que vous le vouliez ou non, il a aussi de grands joueurs modestes et talentueux (Iniesta, Messi, Xavi par ex.). Ce que je dis toujours, c’est que tout ce que l’on trouve de moche dans le foot, on le trouve dans absolument tout les milieux. Quant à la comparaison avec le rugby, ça me fais un peu sourire. Etant du sud-ouest, je connais un peu, les sifflets pendant les pénalités (dans TOUS les stades), le fric-hypocrite (Blanco, ex-tourneur-fraiseur qui ouvre un centre de thalasso......et j’en passe), le copinage pour assister à un match.
    Sur ce, belle année 2011, et restons zen, le foot, c’est que du.....foot !

  • Blandine Grosjean
    Blandine Grosjean répond à momo la salade
    Redchef adj Rue89
    • Posté à 18h22 le 31/12/2010
      éditeur
    • Journaliste 89094
      Redchef adj

    Penelope Cruz par exemple....

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