Bataille des drapeaux en Espagne : un maire devant les tribunaux
La crispation autour du drapeau rouge et or ne semble pas près de se relâcher en Espagne, à trois mois des prochaines élections. Le maire socialiste de la ville basque de Saint Sébastien a dû comparaître vendredi matin devant un tribunal, accusé de ne pas hisser l’emblème national sur la façade de sa mairie.
La plainte, une première contre un maire selon les médias espagnols, a été déposée par un collectif appelé « Mains Propres » (Manos Limpias). A sa sortie du tribunal, le maire, Odón Elorza, a accusé le Parti populaire espagnol (PP. droite) d’être derrière cette organisation. Il a également affirmé que, lorsque les deux partis partageaient la mairie, les conseillers PP n’avaient « formulé aucune requête pour qu’on hisse le drapeau constitutionnel sur le balcon tous les jours. »
Le groupe « Manos Limpias » serait composé de « fonctionnaires des différents corps des administrations centrale, autonome et locale, mais aussi d’employés de l’administration publique » , selon son site. Le quotidien de gauche El Pais, lui, le décrit dans un article comme un « syndicat mené par un homme d’extrême droite et sans adhérents. »
Le groupe a, en tout cas, également porté plainte contre le maire de Bilbao et celui de Tarragone. On peut donc s’attendre à de nouvelles comparutions.
Menée par le PP et quelques médias conservateurs, cette « bataille des drapeaux » avait été relancée en juillet dernier par une sentence du tribunal constitutionnel rappelant que l’étendard national devait orner les façades officielles en permanence. Or de nombreuses mairies, surtout en Catalogne, au Pays Basque et en Navarre, préfèrent s’en passer.
Certains maires expliquent leur choix par une volonté de ne pas braquer inutilement les citoyens, « un signe de respect » pour tous, en somme, comme l’expliquait en septembre un responsable catalan que nous citions sur Rue89 (voir l’article sur le même sujet). Une maire PP d’un village basque avait, elle, été menacée de mort pour avoir hissé le drapeau lors de la fête annuelle de la commune.
La tension semblait depuis être quelque peu retombée, même si, à l’image de ce collectif, certains sont bien décidés à ne pas lâcher le morceau. Le quotidien El Mundo publie ainsi chaque jour dans ses premières pages une photo montrant la façade d’une mairie ne respectant pas la loi. Une litanie dont il ne se lasse pas : le 30 novembre marquait son 82 ème épisode.
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Catalunya Nord (66)
Catalunya Nord (66)
Premier point : rapprochez le « mains propres » du « mains propres et tête haute » du FN il y a quelques années... Bien sûr que le PP, de droite mais surtout franchement à droite, est derrière...
Deuxième point : on voit bien l’utilisation des symboles par les nationalistes, y compris quand ils ne se disent pas nationalistes. Les nationalistes français ne font-ils pas le même tintoin avec le drapeau partout, la marseillaise dans les stades et dans les écoles, etc... je dis bien les « nationalistes français » comme les « nationalistes espagnols », car ces termes ne sont jamais employés, alors que dans la réalité politique la plupart des hommes politiques nationaux, de droite comme de gauche n’ont que « la France, une et indivisible » et « la langue française, phare de la culture mondiale » à la bouche. Par contre, si on critique un pouvoir central, on est automatique taxé de nationalisme, qu’on soit basque, catalan, breton, gallicien, corse... Bizarre... Je ne suis pas nationaliste, mais comme je critique, je suis catalogué... Cette histoire de drapeaux nationaux, c’est juste le pouvoir central madrilène qui tient à marquer son territoire comme on pisse sur un mur, que cela choque les citoyens locaux ou non. Pathétique... Le plaisir de mettre de l’huile sur le feu... Dans mon « pays », la plupart du temps, on peut voir sur les édifices publics se cotoyer trois drapeaux : européen, français, catalan, un triptyque fédérateur, n’excluant rien ni personne. Un exemple à montrer aux hystériques de Paris ou madrid...




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