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L'actualité espagnole commentée depuis Madrid par Elodie Cuzin.

Bataille des drapeaux en Espagne : un maire devant les tribunaux

Elodie Cuzin
Journaliste
Publié le 01/12/2007 à 10h36

La crispation autour du drapeau rouge et or ne semble pas près de se relâcher en Espagne, à trois mois des prochaines élections. Le maire socialiste de la ville basque de Saint Sébastien a dû comparaître vendredi matin devant un tribunal, accusé de ne pas hisser l’emblème national sur la façade de sa mairie.

La plainte, une première contre un maire selon les médias espagnols, a été déposée par un collectif appelé « Mains Propres » (Manos Limpias). A sa sortie du tribunal, le maire, Odón Elorza, a accusé le Parti populaire espagnol (PP. droite) d’être derrière cette organisation. Il a également affirmé que, lorsque les deux partis partageaient la mairie, les conseillers PP n’avaient « formulé aucune requête pour qu’on hisse le drapeau constitutionnel sur le balcon tous les jours. »

Le groupe « Manos Limpias » serait composé de « fonctionnaires des différents corps des administrations centrale, autonome et locale, mais aussi d’employés de l’administration publique » , selon son site. Le quotidien de gauche El Pais, lui, le décrit dans un article comme un « syndicat mené par un homme d’extrême droite et sans adhérents. »

Le groupe a, en tout cas, également porté plainte contre le maire de Bilbao et celui de Tarragone. On peut donc s’attendre à de nouvelles comparutions.

Menée par le PP et quelques médias conservateurs, cette « bataille des drapeaux » avait été relancée en juillet dernier par une sentence du tribunal constitutionnel rappelant que l’étendard national devait orner les façades officielles en permanence. Or de nombreuses mairies, surtout en Catalogne, au Pays Basque et en Navarre, préfèrent s’en passer.

Certains maires expliquent leur choix par une volonté de ne pas braquer inutilement les citoyens, « un signe de respect » pour tous, en somme, comme l’expliquait en septembre un responsable catalan que nous citions sur Rue89 (voir l’article sur le même sujet). Une maire PP d’un village basque avait, elle, été menacée de mort pour avoir hissé le drapeau lors de la fête annuelle de la commune.

La tension semblait depuis être quelque peu retombée, même si, à l’image de ce collectif, certains sont bien décidés à ne pas lâcher le morceau. Le quotidien El Mundo publie ainsi chaque jour dans ses premières pages une photo montrant la façade d’une mairie ne respectant pas la loi. Une litanie dont il ne se lasse pas : le 30 novembre marquait son 82 ème épisode.

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  • Campilles
    Campilles
    Catalunya Nord (66)
    • Posté à 15h10 le 01/12/2007
    • Internaute 23639
      Catalunya Nord (66)

    Premier point : rapprochez le « mains propres » du « mains propres et tête haute » du FN il y a quelques années... Bien sûr que le PP, de droite mais surtout franchement à droite, est derrière...
    Deuxième point : on voit bien l’utilisation des symboles par les nationalistes, y compris quand ils ne se disent pas nationalistes. Les nationalistes français ne font-ils pas le même tintoin avec le drapeau partout, la marseillaise dans les stades et dans les écoles, etc... je dis bien les « nationalistes français » comme les « nationalistes espagnols », car ces termes ne sont jamais employés, alors que dans la réalité politique la plupart des hommes politiques nationaux, de droite comme de gauche n’ont que « la France, une et indivisible » et « la langue française, phare de la culture mondiale » à la bouche. Par contre, si on critique un pouvoir central, on est automatique taxé de nationalisme, qu’on soit basque, catalan, breton, gallicien, corse... Bizarre... Je ne suis pas nationaliste, mais comme je critique, je suis catalogué... Cette histoire de drapeaux nationaux, c’est juste le pouvoir central madrilène qui tient à marquer son territoire comme on pisse sur un mur, que cela choque les citoyens locaux ou non. Pathétique... Le plaisir de mettre de l’huile sur le feu... Dans mon « pays », la plupart du temps, on peut voir sur les édifices publics se cotoyer trois drapeaux : européen, français, catalan, un triptyque fédérateur, n’excluant rien ni personne. Un exemple à montrer aux hystériques de Paris ou madrid...

    • Yifu66
      Yifu66 répond à Campilles
      • Posté à 16h59 le 02/12/2007
      • Internaute 17698

      Catalan du nord également, je rejoins votre conclusion concernant les 3 drapeaux (national, régional et européen).

      Le problème de l’article est qu’un maire ne veuille pas mettre le drapeau national sur sa mairie : c’est n’importe quoi !

      Une région n’est pas un état, mais fait partie d’un état. Donc le drapeau national s’applique par défaut.

      • Campilles
        Campilles répond à Yifu66
        Catalunya Nord (66)
        • Posté à 00h51 le 03/12/2007
        • Internaute 23639
          Catalunya Nord (66)

        Nous sommes presque d’accord, puisque tout se joue sur les mots employés...
        Les trois drapeaux « de chez nous » ne sont pas européen+national+régional mais européen+national1+national2. Dans un état fédéral, on dirait d’ailleurs européen+fédéral+national, comme quoi, les mots...En mettre un au niveau de région est bien reconnaitre le statut centraliste et écrasant de l’autre (ici, le français écrasant de son poids institutionnel le catalan, ce qui est la réalité quotidienne chez nous)(et s’en féliciter, contenter ou être contre est un autre débat). Si au sud, les basques ou les catalans en arrivent à être plus autonomistes (voire plus) que nous, c’est qu’ils ont des vécus historiques comme politiques actuels très différents des nôtres. Pour la suite, choisissez le vocabulaire qui vous convient selon votre sensibilité : les autres peuples/nations/régions-à-identités-fortes qui constituent la France d’aujourd’hui ont été écrasés/pacifiés/intégrés/dominés de gré ou (surtout) de force depuis plus longtemps, trois guerres ont unifié la nation française dans son propre sang versé... Ce qui n’est pas le cas de l’Espagne, où la domination de la région centrale n’est pas vécue comme définitive et irréversible, certains étant encore dans une démarche de résistance nationale (avec de bons ou de très mauvais moyens de résister).

        Donc, pour eux, le drapeau national n’est pas l’espagnol, ce serait plutôt un drapeau fédéral (ce que n’est pas loin d’être l’Espagne, bien différente de la France centraliste à outrance). Il n’est donc pas honteux pour eux, à ne mettre qu’un drapeau, de mettre « le leur », de drapeau national... De même, si une région n’est pas un état, les provinces autonomes sont pour eux des nations anciennes, présentes et en devenir - qui peut prédire l’avenir ! Regardez la Belgique, la Tchécoslovaquie, les pays baltes, l’Ecosse, le Québec, etc ! ! ! Il ne faut pas voir des Yougoslavie partout ! !

        Je ne peux les juger, leur sensibilité, leur histoire, leurs lois, leurs institutions sont différentes... Mais, honnêtement, je les comprends...
        Et pour eux, vous auriez peut-être un point de vue bien trop centraliste, madrilène - chez nous, on dirait : « jacobin », ou « parisien obtus »...

        J’éspère avoir ouvert des portes, sans en fermer aucune... Amitiés !

  • Anonyme

    en plus de déboulonner les carcasses en bronze d’une brute épaisse, ça serait de bon ton de hisser le drapeau de la république (rouge jaune violet), contre
    l’actuel, symbole des effluves de la bête immonde.
    rien de tel pour rapprocher basques, catalans, castillans...
    on peut aussi fédérer au delà des pyrénnées, des alpes et de la méditerranée pour lutter contre le capitalisme. mais là, faut hisser rouge et noir.

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