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L'actualité espagnole commentée depuis Madrid par Elodie Cuzin.

En Espagne, un attentat met fin à une campagne « normale »

Elodie Cuzin
Journaliste
Publié le 07/03/2008 à 20h23

Affiche pour le socialiste Zapatero à Majorque (Dani Cardona/Reuters)

Il restait moins de quarante huit heures avant l’ouverture des urnes, dimanche matin, et les espagnols commençaient à se réjouir d’avoir pu vivre une campagne législative « normale » . Normale, avec ses propositions parfois démagogiques, ses meetings aseptisés et ses dialogues de sourds. Une campagne qui ne serait pas marquée par le sang, comme celle de mars 2004 et les près de 200 personnes assassinées dans les attentats djihadistes de Madrid.

Mais à 13h30, vendredi, un ancien conseiller municipal socialiste de 43 ans, Isaías Carrasco, a été assassiné par balles alors qu’il sortait de chez lui, dans la ville basque d’Arrasate-Mondragón (nom bilingue basque-espagnol). Le chef du gouvernement et leader socialiste José Luis Rodriguez Zapatero était en plein meeting électoral à Malaga lorsqu’on lui a appris la nouvelle. Rentré d’urgence à Madrid, il a déclaré lors d’une conférence de presse que cet acte montrait « l’extrême cruauté de ceux qui ont décidé de continuer leur activité exécrable contre le plus élémentaires des droits, le droits à la vie. »

« Mais nous savons aussi, et nous le savons avec certitude, que l’ETA est déjà vaincue par la démocratie, elle est rejetée et isolée par l’ensemble des espagnols et par la société basque. C’est pour cela qu’elle n’a pas d’autre destin que de disparaître, et ses membres n’ont pas d’autre futur que la prison » , a-t-il ajouté.

Peu de temps après l’annonce de l’attentat, les principaux partis ont décidé de mettre fin à la campagne électorale, qui devait se conclure officiellement vendredi soir à minuit. Les députés devraient tous se retrouver, vendredi soir, au Congrès pour adopter une déclaration de condamnation commune.

« Il faut répondre aux balles avec des votes »

Les manifestations populaires de rejet du terrorisme ont, elles, été repoussées à lundi, « pour ne pas interférer avec le processus électoral » , a expliqué un des hauts responsables du parti socialiste, José Blanco, peu de temps après l’attentat. Dans une interview à la radio, il a ajouté :

« Il faut répondre aux balles avec des votes, dimanche, c’est la manière de répondre des démocrates. »

Au cours de la législature qui s’achève, la politique anti-terroriste du gouvernement Zapatero a durement été critiquée par le parti populaire (PP), principale force d’opposition. Elle lui reproche notamment sa tentative de négociation avec l’ETA, qui avait échoué avec l’attentat de l’aéroport de Madrid en décembre 2006. Le leader du PP, Mariano Rajoy, avait ainsi accusé M. Zapatero d’avoir « agressé les victimes » du terrorisme lors du premier débat télévisé qui les avait opposé lundi 25 février.

Mais après l’assassinat de vendredi, M. Rajoy a affirmé lors d’une conférence de presse :

« Tout le monde sait ce que je pense : les seuls coupables sont les terroristes. »

« L’ETA a définitivement perdu le nord » : le dégoût était également palpable chez le chef du gouvernement basque, Juan José Ibarretxe, qui s’est adressé directement à ses membres vendredi après-midi :

« N’utilisez jamais plus le nom du peuple basque pour justifier vos crimes. »

Triste présage

Le ministre de l’Intérieur, Alfredo Pérez Rubalcaba, avait élevé l’alerte terroriste à son niveau maximum le 21 février dernier, convaincu que l’ETA tenterait d’assassiner avant les élections. Le jour de l’assassinat d’Isaías Carrasco, le quotidien espagnol Público dédiait une pleine page aux nouvelles mesures de protection mise en place par l’Intérieur pour protéger les hommes politiques, surtout au Pays Basque.

« L’ETA semble avoir ordonné à ses commandos de revenir au tir dans la nuque, devant son incapacité de commettre un attentat à la voiture piégée similaire à celui du Terminal 4 de Barajas [aéroport de Madrid, ndlr] » , écrivait le journaliste.

La victime avait été conseiller municipal de sa ville de Mondragón, 23 000 habitants, de 2003 à 2007. Il n’avait pas été réélu lors des dernières élections municipales, en mai 2007, mais des gardes du corps avaient continué à le protéger jusqu’à la fin de l’année dernière. Une pratique courante pour nombre d’anciens élus du Pays Basque. Il y a quelques semaines et après avoir repris la vie civile comme employé d’un poste de péage de la région, ce père de famille de trois enfants aurait décidé de renoncer à la protection policière.

Il partait travailler, vendredi, lorsqu’un homme lui aurait tiré dessus à travers le pare-brise. Selon la presse espagnole, un complice l’attendait dans une voiture à proximité. L’épouse et la fille de M.Carrasco se seraient trouvées, selon les sources, avec lui ou a proximité. Elles étaient les premières sur place avant que l’ambulance arrive.

Après quatre ans d’opposition critique sur la politique anti-terroriste du gouvernement et ses attaques supposées aux « valeurs familiales » , le parti populaire avait pris un virage radical en début d’année, à l’approche des élections législatives. Face au ralentissement de la croissance, la droite avait alors parié sur l’économie et la baisse du pouvoir d’achat comme grand argument électoral. Son candidat principal, Mariano Rajoy, a également donné une place de choix à l’immigration dans ses discours électoraux, une première pour une campagne nationale, en Espagne.

Les derniers sondages autorisés, publiés lundi, montraient une avance d’entre deux et quatre points du parti socialiste. Privés d’enquêtes depuis le début de la semaine, les espagnols se sont rués hier sur les sites du quotidien anglais The Times et sur celui d’un journal d’Andorre, qui ont publiés de nouveaux sondages confirmant la légère avance des socialistes.

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  • K.
    K.
    • Posté à 21h43 le 07/03/2008
    • Internaute 29622

    Il est désolant ce qui se passe en Espagne. A la lâcheté des terroristes (tuer un pauvre homme qui avait refusé la protection policière… qu’ils sont courageux !), il faut ajouter la mesquinerie de vouloir s’immiscer dans la campagne électorale d’une telle façon. Le cynisme de ces viles gens n’a pas de limites. Et nous le savons tous, malheureusement.

    • ChtiMarseillais
      ChtiMarseillais répond à K.
      • Posté à 17h50 le 08/03/2008
      • Internaute 30860

      Ce qui laisse le plus perplexe, c’est le but poursuivi par ces criminels.

      En supposant qu’il s’agisse bien de membres d’ETA envoyés en mission par cette organisation terroriste, il est clair qu’ils savent pertinemment qu’il y a de grandes chances que les partis conservateurs (et plus particulièrement le PP), qui s’affichent comme leurs ennemis les plus virulents, vont récolter des voix supplémentaires après cet évènement anxiogène.

      Quel intérêt ETA trouve-t-il donc à aider ses plus farouches opposants à obtenir plus de pouvoir ?

      Personnellement, je dirais que cela leur permet de relancer leur machine de guerre : en médiatisant et en rendant plus tangible la menace qu’ils représentent, ils rendent plus juteux leurs divers rackets et peuvent ainsi obtenir plus d’armes, mieux s’organiser et recruter de plus belle les indépendantistes impatients en mal d’action pseudo-héroïque (et pourtant fondamentalement lâche, comme le dit bien K.). Tout comme Al-Qaida tire avantage des actions violentes perpétrées par les États-uniens, ou le Hamas se renforce après chaque raid israélien.

      Il ne faut pas se leurrer : si ceux qui ont commis cette atrocité appartiennent bien à ETA, cela ne vient que confirmer que cette organisation n’a plus rien de politique et a dégénéré, depuis longtemps, en association de criminels et de trafiquants. S’ils demandent l’indépendance, ce n’est pas pour le bien de leur peuple. Ils ne souhaitent que la guerre et la peur pour développer toujours plus la puissance et la prégnance de leurs activités mafieuses.

    • pablico
      pablico répond à compte fermé
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 23h38 le 07/03/2008
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      cela fait deux fois, qu’à la veille des élections espagnoles, il se passe quelque chose qui va mettre en exergue les sentiments et non pas la raison.

  • tranquille
    • Posté à 23h09 le 07/03/2008
    • Internaute 20946

    vraiment dramatique le moyen employe par l’ETA pour se faire entendre...
    C’est bizarre tout de meme, car ces terroristes n’ont plus pour habitude de tuer. J’espere que Zapatero (que j’admire) ne tombera pas dans le piege de son predecesseur a moustache.

    • Zontar
      Zontar répond à tranquille
      étudiant
      • Posté à 10h50 le 08/03/2008
      • Internaute 12286
        étudiant

      Je ne pense pas qu’il tombera dans ce piège. Par contre, j’ai peur que ça provoque un mouvement de voix vers le PP...

  • jomsom
    • Posté à 01h56 le 08/03/2008
    • Internaute 34471

    Ca devient une facheuse habitude que des attentats se produisent a la veille d’éléctions en Espagne...Et cela avantagera la droite...Olé

  • cooper59
    cooper59
    nazer c pueril et con
    • Posté à 10h23 le 08/03/2008
    • Internaute 18535
      nazer c pueril et con

    j’ai toujours consideré l’ETA comme un mouvement fachiste , crée a l’origine par des fachistes et ayant reussi l’exploit de se faire passer , avec le temps , pour un mouvement d’extreme gauche , il n’y a de gauche dans l’ETA que ses militants , les jeunes basques , l’appareil militaire est quand a lui dominé par une ideologie tres ambigue , ce n’est pas parce que Franco a reprimé l’ETA que celle ci est un mouvement d’extreme gauche ! On juge l’arbre a ses fruits , quand a l’Eta , beaucoup dans la mouvance d’extreme gauche europeenne ne veulent pas en entendre parler , ces mecs là sont des paramilitaires infrequentables ! Meme l’IRA a refusé tout contact avec eux !

    • morgan
      morgan répond à cooper59
      • Posté à 10h34 le 08/03/2008
      • Internaute 4849

      Je suis d’acord avec vous.La façon d’agir de l’ETA est celle d’un mouvement mafieux plus que d’un mouvement politique. C’est toujours la droite plus radicale de ce pays qui cherche à se benéficier des atentats.
      C’est quand même curieux que l’ETA demande l’abstention dans les ellections de dimanche que c’est exactement ce que cherche le PP.

    • paco
      paco répond à cooper59
      • Posté à 10h50 le 08/03/2008
      • Internaute 17955

      Que l’attentat avantage le PP, pas de doute, il est fait pour ça. La droite et sa politique du tout-répressif est en ce moment le seul moyen pour ETA d’exister. Qu’ETA utilise des méthodes indéfendables, pas de doute. Que sa stratégie devienne, avec son affaiblissement, uniquement liée à sa survie, probablement.
      En quoi cela fait-il d’ETA un « mouvement fasciste », ou mafieux (au choix) ? Se contenter de dire ETA=le mal (Mafia, fascisme), c’est éviter de se poser des questions sur les raisons de l’existence d’ETA, les raisons de ses attentats, ...
      Ceci dit, que l’idéologie de l’appareil militaire soit « très ambigüe », d’accord, par définition (c’est quand même des militaires !)

  • cooper59
    cooper59
    nazer c pueril et con
    • Posté à 11h09 le 08/03/2008
    • Internaute 18535
      nazer c pueril et con

    l’ETA a eté crée par un groupe clairement fachiste ! pour ma part je n’aurais pas utilisé le mot « mafia » , malgres le racket exercé sur certaines entreprises ; mais que l’ETA developpe tres insidieusement une ideologie fachiste fidele a la ligne politique de ses origines ne fait pas de doutes , c’est d’ailleurs , en la matiere une exception . je parle bien sur du gouffre ideologique qui separe ses sympatisants de l’appareil militaire et des ideologues de ETA .

    • suffren
      suffren répond à cooper59
      • Posté à 20h59 le 08/03/2008
      • Internaute 30483

      Comment font les sympatisants pour etre separes de l appareil militaire et des ideologuespar« un gouffre ideologique » ? Face a un mouvement terroriste on cautionne ou on condamne Tous le reste n est que bavardage sterile

      • cooper59
        cooper59 répond à suffren
        nazer c pueril et con
        • Posté à 22h14 le 08/03/2008
        • Internaute 18535
          nazer c pueril et con

        non Suffren , ce gouffre ideologique , ne serait ce qu’avec les sympathisants pourrait faire l’objet d’une these universitaire , il y a un gouffre abyssal entre les theoriciens d’ETA et la mouvance d’extreme gauche qui soutient implicitement ETA ; rien a voir entre l’etat major d’ETA et les punks a chiens , ou tous les alternatifs espagnols et le scene mucicale qui admirent ce mouvement et finalement le portent d’une certaine façon .

  • zbobi
    zbobi
    enseignant à Madrid
    • Posté à 13h51 le 08/03/2008
    • Expert 34949
      enseignant à Madrid

    Fascistes et mafieux, sans aucun doute car

    - au Pays Basque, ce ne sont pas eux qui doivent circuler avec un garde du corps (1000 personnes actuellement : juges, politiques, journalistes, syndicalistes...)...

    - quand on veut voter, ce sont eux qui viennent à la sortie des bureaux de vote conspuer les citoyens...

    - au Pays basque on ne peut pas dire le mot « España », il faut employer le terme « estado español » pour marquer la distance et ne pas se faire identifier comme pro-Madrid et figurer sur les listes noires...

    - ils vivent de l’argent soutiré par la violence, ils assassinent des hommes et des femmes, qui, au-delà de leur appartenance politique, sont des êtres humains éliminés en raison de leur filiation à une idée et personne ne peut ôter la vie d’autrui pour vaincre une idée alors que le système démocratique permet justement d’exprimer celle-ci en toute liberté une fois que l’on renonce explicitement à la violence. Les catalans font-ils donc oeuvre de terrorisme ? ...

    - l’existence de l’ETA est l’un des derniers avatars de Franco qui a provoqué sa naissance à force de réprimer ; son maintien malgré la démocratie parlementaire et l’autonomie des régions est une pure perversion des idées originelles de l’ETA qui a passé d’assassiner les aides de camp du dictateur à massacrer des clients de supermarché, des communistes ( !), des représentants de l’ordre. Ses actuels membres, embrigadés depuis l’enfance dans les cercles fermés de l’extrémisme, sont plus l’expression d’un anarchisme dénié de buts politiques au service de quelques chefs exilés qui gèrent un budget collossal tout en abandonnant les détenus à leur sort que l’expression d’un désir d’émancipation territoriale et politique. Qui arrête de tuer et de voler après y avoir consacré toute sa vie ? Mieux vaut continuer avec cette poule aux oeufs d’or qu’est la pratique mafieuse (sur le plan économique) et fasciste (sur le plan pseudo-politique).

    Voilà les faits, rien que les faits.

    -

    • paco
      paco répond à zbobi
      • Posté à 14h40 le 08/03/2008
      • Internaute 17955

      Votre description du Pays basque (où je vis) me paraît caricaturale. ETA assassine, se finance par le racket, ... OK. Mais la description d’un Pays basque terrorisé (on ne peut pas y dire « Espagne », ...) c’est celle d’ABC, pas la réalité. D’ailleurs, la faiblesse actuelle d’ETA est contradictoire avec la force que vous prêtez à ses partisans. Et ses chefs décrits comme des nababs exilés tirant les ficelles...
      Je ne pense pas que cela aide à mieux comprendre la situation, et donc à lutter plus efficacement contre les méthodes d’ETA.

    • morgan
      morgan répond à zbobi
      • Posté à 18h15 le 08/03/2008
      • Internaute 4849

      Ta décrption est exacte. C’est comme ça.

    • morgan
      morgan répond à zbobi
      • Posté à 18h16 le 08/03/2008
      • Internaute 4849

      Ta décrption est exacte zbobi. C’est comme ça.

  • soleildusud
    soleildusud
    chômeur « senior »
    • Posté à 18h58 le 08/03/2008
    • Internaute 28658
      chômeur « senior »

    avant de faire tout commentaire je souhaite qu’Isaias, mort en homme libre, repose en paix (descanse en paz Isaias ! !), j’adresse à sa famille mes condoleances et je leur dis en español ! animo ! . c’est vrai que le gouvernement s’attendait à un coup de l’ETA d’autant qu’après des efforts, pour négocier la « paix », la trève avait été rompue avec l’attentat de barrajas, n’oublions pas que Rajoy et son equipe « extremiste » (Aguirre, Acebes et cie) n’ont jamais voulu soutenir le gouvernement rompant avec le pacte en vigueur depuis la transition, pendant toute la campagne on a entendu parler que du terrorisme de l’ETA , de ZZ qui agressait les victimes etc.., afin que le PP récupère les voix de l’extrème droite espagnole renaissante, sont-ils indirectemnt coupable ? je ne sais pas mais ils n’ont rien fait pour calmer le jeu car ils ont encore en travers de la gorge la défaite de 2004.comment vaincre l’ETA ? moi je croyais au dialogue, préferable à la violence qui appelle la violence, peut-être est-ce une utopie ? ? ? Isaias tu es mort à cause de tes idées, descanse en paz, viva la libertad hasta la muerte , siempre ! ! !

    • margaïd
      margaïd répond à soleildusud
      étudiante à Brest
      • Posté à 10h58 le 09/03/2008
      • Internaute 12582
        étudiante à Brest

      Vous le dites en espagnol... et alors ? Peut être cette famille utilise-t-elle le basque dans sa vie quotidienne...

      • soleildusud
        soleildusud répond à margaïd
        chômeur « senior »
        • Posté à 12h13 le 09/03/2008
        • Internaute 28658
          chômeur « senior »

        désolé, je ne parle pas basque mais le castillan est la langue commune à tous les espagnols, à moins que vous consideriez que les basques ne le soient pas, soyons tolerants et la « paix » reviendra, amen ! ! !

  • wotan
    wotan
    syndicaliste
    • Posté à 19h57 le 08/03/2008
    • Internaute 32843
      syndicaliste

    Pourquoi personne dans les commentateurs indignés ne condamne l’interdiction qui a été faite aux nationalistes basques de se présenter aux élections ? Le déni de toute possibilité de représentation pour des centaines de milliers de personnes n’est, ni plus ni moins que de la dictature !
    Il y a aussi un prix un payer à la torture systématique des prisonniers etarras, à la souffrance de leurs familles
    Tant que ces deux mesures : liberté de vote et interdiction de la torture n’auront pas été établis, je me refuse à condamner ces gens qui ont été poussés à devenir fous
    Zapatero aurait pu faire la paix des braves si les néo franquistes n’étaient pas en surenchère

  • chti kreutch
    • Posté à 22h39 le 08/03/2008
    • Internaute 35248

    Entièrement d’accord avec Soleil du sud et Zbobi. J’aimerai ajouter une chose toutes les élections depuis le retour de la démocratie ont été entachés par le sang des victimes d’ETA sauf celle d’il y a 4 ans ou une barbarie s’est substituée á une autre.

    Pour Wotan
    1 les nationaliste basques (PNV parti Nationaliste Basque)sont au pouvoir depuis 30 ans au pays basque
    2 Les formations illégalisés par le juge Garzon l’ont été après que leurs liens avec les terroristes aient été avérés. Ceux-la même qui ne respectent ni les personnes ni les lois élémentaires demandent le respect des institutions qu’elles ne font que piétiner.
    3 Torture systématique, des preuves svp. La revendication des familles des prisonniers est que leurs assassins chéris soient dans une taule basque et non pas pour des raisons administrativo-policières répartis dans tout le territoire national. En aucun cas,ils ne se plaignent de torture.
    4 Aucune idée, aussi brillante soit-elle ne permet qu’on puisse tuer pour elle. Vous avez des préoccupations ethniques, politiques, fondez un parti, une association et on vous écoutera. Si vous n’avez pas de respect pour la vie et les idées des autres vous n’aurez aucun respect de la part des espagnols et de leur gouvernement(politique gouvernementales espagnole des 30 dernières années, sauf exception honteuse du GAL)

    Que descanse en paz Isaïas

    • paco
      paco répond à chti kreutch
      • Posté à 23h08 le 08/03/2008
      • Internaute 17955

      Pour chti kreutch, précision sur votre 2° point : les illégalisations qui se sont multipliées depuis 10 ans ont parfois débouché sur des condamnations... qui n’avaient rien avoir avec ETA. Ainsi, plusieurs médias ont été fermés (dont 2 quotidiens, Egin et Egunkaria, fait unique dans une démocratie européenne), sans que des liens aient finalement été démontrés avec ETA. Les deux dernières illégalisations (Parti des Terres basques et ANV) n’ont pas encore donné lieu à un quelconque procès.
      Toute la difficulté est de lutter contre la violence d’ETA en restant dans le cadre démocratique, où toutes les idées doivent pouvoir s’exprimer. Est-ce bien le cas ici ?

      • chti kreutch
        chti kreutch répond à paco
        • Posté à 10h16 le 09/03/2008
        • Internaute 35248

        Effectivement Paco toute la difficulté est de lutter contre un mouvement anti-démocratique (je parle de violence, d’assassinats, de bombes pas des idées) dans un contexte démocratique. Il est clair qu’un mouvement abertzale (gauche nationaliste...)débarrassé des ses sicarios est un interlocuteur valable, c’est d’ailleurs la seule et unique condition imposée par les gouvernements au pouvoir depuis des années.

        Je ne suis pas juriste mais mon optimisme naïf me porte á croire que si des journaux ou partis sont illégalisés c’est qu’il y a des preuves pour que cela soit fait car d’une part ce sont souvent les memes partis qui se représentent sous un autre nom (batasuna illégal devient ANV, qui deviendra...)d’autre part pour l’interdiction des journaux j’imagine qu’une investigation sérieuse a été faite et que des preuves (financières, matérielles) ont démontré le bien fondé de cette lourde décision pour une démocratie.

        Je ne sais si une illégalisation donne lieu a un procès, mais il faut rappeler que aussi bien le PCTB (parti communiste des terres basques) que ANV sont les seules formations politique qui ne condamnent JAMAIS les attentats, genre : on vient de tirer 5 balles dans le dos d’un membre de l’executif de notre région , á un collègue, un basque parmi les basques et notre réaction : Bien fait pour sa gueule n’avait pas qu’a.

        Lamentable.

         
        • paco
          paco répond à chti kreutch
          • Posté à 15h29 le 09/03/2008
          • Internaute 17955

          Inutile d’être juriste pour comprendre, mais difficile d’être informé : on annonce, en France, les arrestations ou les illégalisations, mais jamais les suites. Pour Egunkaria, le procureur demande la relaxe, et le seul délit pour lequel sont poursuivis les responsables est désormais « irrégularités en matière de TVA ». Mais le journal est fermé depuis 5 ans...
          De plus, a t-on jamais imposé à qui que ce soit de condamner un crime (la Shoah, le massacre des Indiens, ou ceux de Pol Pot...) pour exister. Qu’on interdise Batasuna (ou l’ANV, etc) pour apologie de terrorisme est une chose. Mais là, la loi sur les partis va beaucoup plus loin. On est tout de même très près du délit d’opinion.
          Et d’élever le moindre soupçon sur la pureté de la démocratie espagnole pourrait me faire passer pour un suppôt d’ETA auprès de gens prêts à critiquer la justice ou la police françaises.

        1 autres commentaires
    • margaïd
      margaïd répond à chti kreutch
      étudiante à Brest
      • Posté à 10h54 le 09/03/2008
      • Internaute 12582
        étudiante à Brest

      et si, ils s’en plaignent de la torture !
      Lien

      l’année dernière, je vivais à Vitoria-Gasteiz, et je rencontrait fréquement de militants distribuant des tracts dénonçant les méthodes de la police. En effet, les personnes arrêtées considérées comme terroristes subissent un traitement d’exception lors de leur garde à vue : « la detencion incomunicada ». Elle permet au juge de maintenir « au secret » des détenus. En pratique, cela consiste à ce que qu’ils soient isolés, sans possibilité de contact avec un avocat avant 5 jours minimum, 13 jours maximum. D’autres droits fondamentaux leur sont refusés : d’informer leur famille de leur arrestation, de recevoir des coups de fil ou de la correspondance écrite, de recevoir n’importe quel type de visite (ni famille, ni médecin ou avocat privé, ni religieux...). De plus leur avocat est obligatoirement commis d’office et il ne peuvent avoir d’entretien privé avec lui. Les risques de torture pendant cette période sont donc élevés, et des organisations de droits de l’homme et la commission des droits de l’homme de l’ONU ont depuis longtemps montré leur inquiétude. Des enquêtes ont été demandées mais pas de nouvelles, ce problème est très peu traité dans les médias.

  • wotan
    wotan
    syndicaliste
    • Posté à 23h59 le 08/03/2008
    • Internaute 32843
      syndicaliste

    Monsieur chti kreutch, votre balance est faussée car les rebelles ont perdu des centaines des leurs depuis soixante ans
    L’épisode des GAL en France avec utilisation de truands payés au « contrat » est le plus connu
    Les cas de torture des prisonniers par centaines sont décrits dans les rapports d’Amnesty, de la LDH basque, il y a des quantités de sites avec photos que vous ne vous donnez pas la peine de regarder
    Comme dans l’ex Yougoslavie, des générations ne peuvent éteindre des vendettas,je trouve tout à fait normal que l’on ait envie de venger un grand père tué ou torturé par les fascistes
    Un terroriste est quelqu’un qui n’est pas encore parvenu à prendre le pouvoir : Terroristes les révoltés américains contre la couronne britannique et depuis lors des exemples par dizaines
    Au Quebec il y avait des attentats des années soixante, puis plusieurs référendums (perdus par le PQ) ont fait disparaitre les violences
    il suffirait qu’un gouvernement espagnol admette un référendum d’auto-détermination (droit admis par l’ONU) pour que les rebelles déposent les armes
    Je rappelle que l’armée espagnole a fait savoir qu’elle ne permettrait JAMAIS un tel référendum
    Le PNV qui correspond à notre MODEM a les mêmes objectifs politiques que l’ETA mais n’admet pas leurs méthodes

    • chti kreutch
      chti kreutch répond à wotan
      • Posté à 10h46 le 09/03/2008
      • Internaute 35248

      M.Wotan

      Le point de départ de la réflexion entre nous est faussée puisque ou vous dites rebelle je ne vois qu’assassin. Dans le cas des tortures j’irai m’informer sur les sites en question et j’espère que vous, vous penserez 5 minutes á cette famille de syndicaliste brisée par un assassin á la solde d’une secte.

      Dois-je tuer un allemands pour venger mon grand-père pour des actes commis il y a 60 ans ? Non je serai trop occupé á honorer sa petite fille aurait dit Brassens.

      Le référendum est évidemment une solution envisageable, seulement je crois savoir que toute la nation doit être interrogé sur le statut Basque, un référendum réservé aux basques n’aurait aucune valeur et serait anti- constitutionnel,est-ce un thème national ? oui alors pourquoi priverons-nous de voix á l’Andalou ou au Basque exilé ?

      L’armée, elle n’a (plus)rien á voir avec tout ça depuis des années.

      J’ai un ami qui habite Mondragon (ou fut assassiné Isaïas). C’est toujours difficile d’entamer une conversation politique avec lui, il se ferme, il se tait. Il a cependant laissé glisser une chose tellement lourde un soir en me racontant son adaptation á Madrid ou il vit désormais : « Les espagnols ne sont pas les oppresseurs qu’on nous raconte lá-haut »

      Il y a un groupe qui tue face á un autre qui meurt. De quelle démocratie parlons-nous ?

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