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L'actualité espagnole commentée depuis Madrid par Elodie Cuzin.

Espagne : le Kosovo fait irruption dans la campagne électorale

Elodie Cuzin
Journaliste
Publié le 18/02/2008 à 16h54

C’était le seul sujet qui faisait l’unanimité, depuis quelques jours, entre les deux principaux partis en lice aux élections législatives qui se tiendront en Espagne le 9 mars prochain : le refus de reconnaître officiellement l’indépendance du Kosovo, proclamée dimanche.

Mais le parti populaire (PP, opposition) a finalement décidé de faire entrer ce petit pays des Balkans dans la campagne électorale, ce week-end, pour attaquer le gouvernement. Objet de ses critiques ? La « faiblesse » de la politique extérieure du gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero, minoritaire sur cette question au sein de l’Union européenne, selon les propos tenus dimanche par l’un des députés européens du PP, Gerardo Galeote :

« L’Espagne se retrouve seule et n’a pas de capacité d’influence sur les autres puissances, ce qui n’est pas très original, ces derniers temps. »

Le ministre des Affaires étrangères espagnol, Miguel Ángel Moratinos, a bien confirmé lundi, à son arrivée à une réunion avec ses pairs, à Bruxelles, que l’Espagne ne reconnaîtrait pas « la déclaration unilatérale » du Kosovo car elle « ne respecte pas la légalité internationale. » La secrétaire chargée des relations internationales du parti socialiste espagnol (PSOE), au pouvoir, Elena Valenciano, précisait déjà dimanche :

« Nous ne sommes pas partisans de la création de nouveaux Etats sur la base de différences ethnique et l’exemple du Kosovo pourrait entraîner d’autres situations de déstabilisation qui ne bénéficient à personne dans la région. »

« La force du droit à l’autodétermination »

La réticence des deux principaux partis espagnols s’explique évidemment aussi par l’encouragement que le précédent du Kosovo pourrait fournir aux courants nationalistes de la péninsule. La satisfaction est d’ailleurs palpable du côté du gouvernement autonome basque, aux mains des nationalistes. Dans un communiqué, il affirmait ainsi dimanche :

« [Le cas du] Kosovo est un nouvel exemple de la force du droit démocratique à l’autodétermination, exprimé dans la législation internationale et il contredit à nouveau ceux qui soutiennent que ce droit n’existe dans aucun pays démocratique. »

Le parti indépendantiste catalan Esquerra Republicana a, quant à lui, écarté toutes comparaisons entre les situations catalanes et kosovares avant d’exiger, toutefois, que le gouvernement reconnaisse l’indépendance du Kosovo.

S’il diffère de la majorité des pays de l’UE sur ce point, le gouvernement de José Luis Rodriguez Zapatero devrait cependant confirmer aujourd’hui sa participation aux efforts prévus sur place par l’Europe pour consolider le nouvel Etat. Toujours selon Elena Valenciano, « la stabilité des Balkans » et le « consensus au sein de l’UE » priment avant tout.

Pour le quotidien El Mundo, proche du PP, cette prise de participation –prévue à hauteur d’une quinzaine de personnes- contredit le refus du gouvernement de reconnaître l’indépendance du Kosovo. Reflétant la nouvelle stratégie du PP, le journal critiquait d’ailleurs vertement le gouvernement Zapatero, dimanche, dans un éditorial intitulé « Kosovo, une nouvelle preuve du manque de poids de l’Espagne » :

« Nous nous trouvons devant un nouvel exemple de l’échec de la politique extérieure de ce gouvernement, qui démontre non seulement notre peu d’influence en Europe mais aussi quelles sont les conséquences de n’avoir aucune capacité d’interlocution avec les Etats-Unis. »

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  • riverain désinscrit
    • Posté à 21h45 le 18/02/2008
    • Internaute 24295

    La reconnaissance du Kosovo outrepasse le cadre juridique international, basé sur la souveraineté nationale. Elle accepte le fait qu’une minorité ethnique au sein d’un pays s’autoproclame indépendante et crée son propre état.
    Jusqu’à présent toutes les institutions (ONU, UE..) fonctionnent sur l’appui des états.

    Voici donc qu’une revendication nationaliste est encouragée.
    Qui pourrait empêcher que les Serbes de la Republika Srpska en Bosnie-Herzégovine fassent sécession ?

    Pour cette raison je suis très proche de la déclaration de la secrétaire aux relations internationales du PSOE, Elena Valenciano, et de la position de l’Espagne qui refuse de reconnaître l’indépendance du Kosovo.

    Nous assistons là à une manipulation à des fins déstabilisatrices que chacun frileusement refuse d’évoquer.

    • Art-35_Constitution-1793
      Art-35_Constitution-1793 répond à riverain désinscrit
      Pour une Republique Bonsensiste (...)
      • Posté à 11h56 le 19/02/2008
      • Internaute 4675
        Pour une Republique Bonsensiste (...)

      C’est pire que cela et cela montre que la France et la Hollande ont permit a l’Espagne de s’exprimer !

      En effet si la constitution avait été adoptée (comme les Espagnols le souhaitaient) ils n’auraient pas pu s’exprimer, c’est le Président ou le Ministre des affaires étrangère EUROPÉEN qui avait lui le dernier mot !
      Les Espagnols avaient ils signés la Constitution « Giscard » en connaissance de cause ? Pas sur ! !

      Au vu de cette Histoire je compte fonder l’OLP et demander l’indépendance de la Picardie . Ceci aurait pour mérite de régler le problème de la Belgique puisque la Wallonnie pourrait nous rejoindre et « restaurer » la Picardie d’origine ! De plus nous parlons la même langue qui était en vigueur jusqu’au traité de Villers-Cotteret.
      Ayant un accès a la mer, une plaine agricole prospère, on pourrait vivre en paix et créer un droit de péage a tous les biens Européens qui transiteraient sur notre territoire.Imaginez un pays indépendant qui s’étendrait de Liège a la baie de Somme et qui isolerait tout l’ouest de l’Europe FRICOCRATIQUE !

      J’invite donc les Basques, les Corses, les Savoyards et les Kosovars a nous aider dans notre entreprise de liberation du pouvoir Neuilliens !

      Vive la Picardie Libre, Vive l’O L P *

      Organisation pour la Libération de la Picardie.

      * N’y voyez bien sur que du « Bon Sens » ! ! !

  • hoshiko
    • Posté à 19h06 le 18/02/2008
    • Internaute 28938

    Mme Cuzin, une remarque sur la forme : pourquoi avoir traduit en français le « Partido Popular », le « Partido Socialista Obrero Español » et le « Eusko Jaurlaritza » sans traduire la « Esquerra Republicana de Catalunya » ?
    De mes lointains souvenirs de traductions à la fac, on m’a toujours dit : « tu traduis les noms et sigles ou pas, mais tout doit être cohérent ».
    Je n’ai aucun reproche sur le fait de traduire le nom des partis et gouvernements autonomes et pas El Mundo, un journal c’est une marque, et ça sèmerait la confusion avec Le Monde français (qui n’a pas besoin de ça ces temps-ci...), mais traduisez aussi l’ERC en Gauche Républicaine de Catalogne, s’il vous plaît :)

    • Elodie Cuzin
      Elodie Cuzin répond à hoshiko
      Journaliste
      • Posté à 12h49 le 19/02/2008
      • Journaliste 2077
        Journaliste

      Bonjour hoshiko,

      Dans la pratique, il est courant de laisser le nom « Esquerra republicana » (ou ERC) en catalan, comme par exemple celui du groupe centriste catalan Convergència i Unió (CiU), mais en expliquant leur positionnement en français.
      « Gauche républicaine de Catalogne » à lui seul ne rend pas compte des velléités indépendantistes d’ERC et cela explique sans doute cet usage.
      Mais je vous remercie de votre remarque qui m’a fait repenser cette habitude. Dorénavant, j’utiliserais également la dénomination, en français, « républicains indépendantistes catalans (ERC) ».
      A bientôt

  • paco
    • Posté à 21h11 le 18/02/2008
    • Internaute 17955

    Le Kosovo n’a certes rien à voir avec la situation des autonomies en Espagne. Mais c’est vrai que la moindre mention d’indépendance, d’autodétermination, où que ce soit dans le monde, fait bondir les partis espagnols. Qui n’arrivent pas à se débrouiller des aspirations indépendantistes dans la péninsule. Mais que le PP utilise la peur du terrorisme basque dans une campagne électorale, ce n’est pas nouveau : c’est, depuis longtemps, son argument ultime, son fonds de commerce. Et pas toujours efficace (c’est là dessus qu’il a perdu les dernières élections, en 2004) ...

  • Art-35_Constitution-1793
    Art-35_Constitution-1793
    Pour une Republique Bonsensiste (...)
    • Posté à 21h11 le 18/02/2008
    • Internaute 4675
      Pour une Republique Bonsensiste (...)

    Et que dit le Maxi Traité de Lisbonne ?

    L’Espagne a t - elle le droit (EUROPEEN) de dire NON ? ? ?

    • riverain désinscrit
      • Posté à 21h32 le 18/02/2008
      • Internaute 24295

      six pays ont dit clairement qu’ils n’étaient pas prêts à reconnaître ce nouveau micro-Etat issu de l’ex-Yougoslavie :
      Chypre, l’Espagne, la Grèce, la Slovaquie, la Roumanie et la Bulgarie.

      • Art-35_Constitution-1793
        Art-35_Constitution-1793 répond à riverain désinscrit
        Pour une Republique Bonsensiste (...)
        • Posté à 13h24 le 19/02/2008
        • Internaute 4675
          Pour une Republique Bonsensiste (...)

        Et que cse serait il passé si la constitution Européenne avait été adoptée ?

  • viva zebda
    viva zebda
    Ni maître, ni croquettes
    • Posté à 21h20 le 18/02/2008
    • Internaute 25029
      Ni maître, ni croquettes

    et les flamands,qu’en pensent ils ?
    et les corses ?
    et............

    • pablico
      pablico répond à viva zebda
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 23h36 le 18/02/2008
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      La corse n’est pas viable seule,dans ce monde moderne, même si elle fait partie de L’Europe. Les Corses ’normaux’ veulent qu’on leur foute la paix et que l’on les reconnaisse. Le reste n’est que du folklore.
      Quand aux Flamands, ils se rendent compte qu’ils ne pèseront pas lourds tout seuls face aux partenaires Européens, et qu’à deux c’est mieux, car ils ont besoin des wallons, autant que les wallons ont besoin d’eux pour peser dans le concert européen.
      Mais on nous focalise, toujours sur les partis folkloriques, qui font vendre beaucoup de papiers journalistiques.
      Jamais la majorité de corses ou de flamants ne sont descendus dans la rue pour demander leur indépendance, jamais il n’y a eu de massacre de corses ,de flamands, de catalans, de basques,etc etc.

  • muesli
    • Posté à 22h15 le 18/02/2008
    • Internaute 32496

    Finalement on n’apprend peu de l’Histoire...

    Pourtant, à bien y regarder, il apparaît qu’il a presque toujours été vain de s’opposer à la volonté d’indépendance d’un peuple tout entier (au mieux cela ne fait que repousser l’échéance, au pire (et le plus souvent) un carnage...avant l’indépendance)
    Encore faut il que cela soit la volonté d’une forte majorité (à bon entendeur corse ou basque, salut)

    une petite plongée dans le passé n’aurait donc pas été complètement inutile aux dirigeants espagnols et autres

    sinon j’aime bien l’« ibère espace »...

  • Lemmy_Nothor
    Lemmy_Nothor
    - Gone fishing !
    • Posté à 13h09 le 19/02/2008
    • Internaute 12434
      - Gone fishing !

    Je pense, que encore une fois, le PP fait une grosse erreur stratégique juste avant les elections. Ils se tirent une balle dans le pied. Depuis quand est ce que le PP appuie quelconque mouvement indépendantiste ? Ils ne pourront meme pas vendre cette idée a leurs propres electeurs. Dans la rue les gens s’en tapent complètement du statut à l’intérieur de l’Europe, c’est pas vraiment les préoccupations des gens qui vont aller voter. Zapatero a le dessus dans cette situation. Et il pourra toujours changer d’idée après les elections. Les grandes déclarations en temps de campagne présidentielle, je m’en méfie.
    Ceci dit, aux dernières elections, il a tenu promesse, il a retiré les troupes d’Irak. Et il a pas si mal assumé les conséquences. Qui de toutes manières aurait été bien pire en mort d’hommes, s’ils étaient restés en Irak.
    Mais vivant á Barcelone et écoutant les nouvelles soit à la radio, soit à la télé, plus certains journeaux, je puis affirmer sans l’ombre d’un doute que le PP est un parti de racailles comme j’ai rarement vu. A commencer par Fragga, Aznar, Zaplano, le p’tit nouveau qui vient de quitter Telefonica pour se joindre à Rajoy, je me souviens plus de son nom. Par contre Rajoy fait bien piètre figure comme chef d’un parti politique si important, surtout après Aznar qui malgré tout était un bien meilleur menteur. Sarkozy est venu souvent en visite à Madrid chez son pote. Ils se ressemblent un peu...petit, le cheveux noir, nerveux.
    Grosse erreur du PP...et c’est bien fait, pour eux.

  • Lemmy_Nothor
    Lemmy_Nothor
    - Gone fishing !
    • Posté à 13h13 le 19/02/2008
    • Internaute 12434
      - Gone fishing !

    En passant, j’ai appris hier que Aznar avait été déclaré « persona non grata » à l’Université de Barcelone, et ce depuis 2001. Il l’est toujours du reste, ils n’ont jamais changé son statut.

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