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L'actualité espagnole commentée depuis Madrid par Elodie Cuzin.

Et si la République avait gagné ? La télé espagnole refait l'histoire

Elodie Cuzin
Journaliste
Publié le 15/04/2008 à 11h30

Photomontage. Une journaliste devant le drapeau républicain (laSexta).

Franco repose déjà depuis de longues années dans un cimetière du Nicaragua, où il a fini sa vie d’exilé lorsque José Luis Rodriguez Zapatero prend ses fonctions comme chef de cabinet du président de la République José Maria Aznar... Et si l’Espagne républicaine avait vaincu les troupes franquistes ? Une chaîne de télévision s’est lancée dans le périlleux exercice d’histoire-fiction pour fêter le 77e anniversaire de la Seconde République, déclarée le 14 avril 1931.

 » Il s’agit d’un jeu » : la jeune chaîne espagnole laSexta a bien pris soin d’assurer ses arrières avant de diffuser dimanche sa libre interprétation de ce que serait l’Espagne d’aujourd’hui si les Républicains avaient gagné la Guerre Civile espagnole. De l’analyse la plus sérieuse jusqu’à l’anecdote la plus incongrue, historiens, journalistes et critiques de cinéma ont accepté de présenter le passé imaginaire d’une Espagne démocratique depuis 1931 pour le documentaire « ¡Viva la Republica ! “

Un exercice d’imagination, ‘ sans volonté d’offenser’ , selon la chaîne




Photomontage : Hitler à Madrid (laSexta).

Le roi Juan Carlos Ier n’a bien entendu pas pu être désigné par le général Franco mourant. Il s’est donc recyclé en… président du Comité international olympique. Fier de sa progéniture, il fait défiler son fils, Felipe, lors de l’inauguration des jeux de Barcelone, en 1992.

L’Espagne est alors depuis longtemps intégrée dans la Communauté européenne et membre de l’Otan, la Seconde Guerre mondiale n’étant qu’un lointain souvenir enseigné à des générations d’écoliers espagnols.

Souvenez-vous : après avoir ouvert un nouveau front en Espagne et marché sur Madrid emmenées par Hitler, les troupes nazies avaient légué les rênes du pouvoir au gouvernement collaborateur d’un certain Franco.

La résistance s’était donc organisée depuis Cadix, en Andalousie, jusqu’à la victoire des alliés. Au sortir de la guerre, l’Espagne fit bien sûr partie des membres fondateurs des Nations unies. Avant la diffusion de son faux documentaire, laSexta a précisé :

” Nous avons changé la réalité des choses afin de comprendre un peu mieux notre passé le plus récent, sans volonté d’offenser ni les personnes ni les institutions. »

Raté ! Un éditorialiste du journal libéral de droite El Mundo, Martin Prieto se lance dans l’exercice à son tour... mais n’arrive pas aux mêmes conclusions :

 » Le rideau de fer impardonnable serait tombé également en Espagne ; socialistes, communistes et anarchistes n’avaient pas fait la guerre pour restaurer la monarchie ou instaurer une république libérale et amicale. »

La première ministre de la Défense, enceinte de sept mois

Plusieurs expositions et actes publics célèbrent cette semaine le 14 avril 1931 à travers l’Espagne. Mais les unes des journaux sont beaucoup plus préoccupées par le nouveau gouvernement Zapatero, justement entré en fonction lundi matin, jour du 77e anniversaire de la Seconde République.

L’équipe de dix-sept ministres, à majorité féminine, a certes dû prêter serment au Palais royal, en présence du monarque et de son épouse, et devant un crucifix. Mais tous ont choisi de promettre leur engagement sur un exemplaire de la jeune Constitution espagnole plutôt que de le jurer sur la Bible, ouverte à côté.

La nouvelle ministre de la Défense -première femme à occuper ce poste et qui plus est, enceinte de sept mois- a ensuite passé en revue les troupes espagnoles. Carme Chacon, 37 ans et ancienne tête de liste du parti socialiste catalan (PSC) à Barcelone, a enjoint les militaires à s’écrier « Vive l’Espagne ! Vive le Roi ! “ , son ventre arrondi fièrement mis en valeur par une fine ceinture noire.

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  • Network 23
    Network 23
    identité perdue dans mes papiers (...)
    • Posté à 13h16 le 15/04/2008
    • Internaute 23367
      identité perdue dans mes papiers (...)

    Le POUM et la CNT auraient gagnés face aux staliniens qui déclaraient une « guerre dans la guerre » ;

    les républicains n’auraient pas été internés par la Troisième République ;

    les criminels de guerre nazis ne se seraient pas réfugiés dans le sud de l’Espagne ;

    les mafias siciliennes, ayant pactisé avec la CIA, n’auraient pu investir dans des villas somptueuses au bord de la mer ;

    la Méditerranée n’aurait pas été défigurée par le béton ;

    les terroristes néo-fascistes italiens n’auraient pu fuir en Espagne franquiste après avoir perpétré quelques attentats ;

    Pinochet n’aurait pas rencontré Stefano Delle Chiaie à Madrid pour préparer l’attentat contre le démocrate-chrétien Bernardo Leighton à Rome ;

    Foucault, Debray, Montand ne seraient jamais allés à Madrid, et Foucault n’aurait jamais écrit « Aller à Madrid », affirmant qu’il fallait rendre la violence du pouvoir visible en lui résistant (Lien) ;

    le colonel italien Alberto Vollo ne se serait jamais entraîné dans des bases Gladio de l’OTAN des Canaries (Lien) ;

    l’OAS n’aurait jamais eu de branche à Madrid ;

    l’ETA n’aurait jamais existé ;

    la résistance anar anti-franquiste de Toulouse ne serait jamais allé à Barcelone ;

    Pierre Goldman n’aurait jamais été assassiné par le GAL ;

    Aznar n’aurait jamais soutenu le coup d’Etat contre Chavez ;

    le fondateur de l’Opus Dei n’aurait jamais été béatifié ;

    la France de Guy Mollet, la Grande-Bretagne et l’Espagne aurait formés les Etats-Unis hispano-anglo-francophones (Lien)...

  • ex-riverain
    • Posté à 13h56 le 15/04/2008
    • Internaute 35098
      x

    une fois de plus, un posteur fait plus que compléter un article un peu léger.
    j´ajouterais que la seconde guerre mondiale aurait plus rpidement tourné court pour nazis : imaginez la France résistante appuyée par le front républicain espagnol...(la honte, alors que la France du front populaire avait pas eu les tripes de l´aider ! ! !)
    et puis l´Espagne aurait offert au monde le visage d´une vraie révolution populaire, pas comme celle volée par les bolcheviques...(soupir)

  • NuklearCocroach
    NuklearCocroach
    ex GeneralSubverciòn
    • Posté à 15h06 le 15/04/2008
    • Internaute 36938
      ex GeneralSubverciòn

    Et si ma tante en avait...ça sert à quoi ce genre d’exercice sinon étouffer la honte de ne pas avoir fait ce qu’il fallait au bon moment.les espagnols furent ils moins lâches de supporter un dictateur pendant 40 ans que nous d’accepter d’être gérés par des menteurs et des tricheurs qui nous gouvernent actuellement ? pas sur car on se laisse faire aussi...

    • Network 23
      Network 23 répond à NuklearCocroach
      identité perdue dans mes papiers (...)
      • Posté à 15h20 le 15/04/2008
      • Internaute 23367
        identité perdue dans mes papiers (...)

      ... Pablo Neruda n’aurait jamais écrit, le jour où le Winnipeg partait pour le Chili avec 2 000 réfugiés républicains :

      « Que la crítica borre toda mi poesía, si le parece.

      Pero este poema, que hoy recuerdo, no podrá borrarlo nadie. »

      (Que la critique efface toute ma poésie, si elle veut.

      Mais ce poème, qu’aujourd’hui je me rappelle, personne ne pourra l’effacer)

      ... Leopoldo Castedo n’aurait pas écrit l’Histoire du Chili...

      ... Federico Garcia Llorca aurait continué à écrire ses poèmes...

      ... Gerardo Diego n’aurait pas renié la Génération de 27 en entrant à l’Académie...

      ... la Movida n’aurait pas eu lieu, et Pedro Almodovar ferait des films à la David Lynch...

      ... à quoi ça peut bien servir, d’imaginer et de rêver, tous les possibles, bons et malsains, qui n’auront pas eu lieu ?

      • adaunis
        adaunis répond à Network 23
        • Posté à 15h42 le 15/04/2008
        • Internaute 4255

        Et quid de Picasso, et est ce que salvador Dali aurait decrété que la « gare de Perpignan » était le centre du monde, qu’en aurait il été des bras espagnols pour reconstruire la France aprés la guerre,(les « maçons »), et quid de Christine Bravo, et Isabelle Alonzo !
        Est ce que la famille Ciganer Albenitz, serait venue en france, auquel cas on aurait échappé à Cécilia, enfin si les poules avaient des dents ! Hollé !
        Enfin pour sûr, Pablo Neruda n’aurait jamais écrit : « généraux traitres » Regardez ma maison morte !

    • Tophee
      Tophee répond à NuklearCocroach
      en haut a gauche
      • Posté à 18h58 le 15/04/2008
      • Internaute 2159
        en haut a gauche

      Si Franco avait perdu , mes grand parents serait reste en Espagne. Parcontre, ils est extravagant de dire que les espagnols doivent avoir honte, ou qu’ils aient ete lache.

      Pour ceux qui sont parti, comme pour ceux qui sont rester, cela a ete tres dur. Le choix etant de rester sous franco ou de s’exiler vers une france envahie par les nazis.

      Qui etes vous pour juger ? Si demain Sarko tournait completement fasciste au milieu d’une europe aubord de la guerre, etes vous sur d’etre un hero ?

      • hoshiko
        hoshiko répond à Tophee
        • Posté à 19h43 le 15/04/2008
        • Internaute 28938

        Mon grand-père non plus ne serait pas venu en France.
        Il n’aurait pas passé des mois à Argelès-sur-Mer, dans un camp de vacances, pardon de concentration.
        Quoique... l’antimilitariste qu’il était serait certainement venu pour combattre les Nazis, ce qu’il a d’ailleurs fait.
        Il serait sans doute retourné en Catalogne, aurait peut-être suivi les traces de Frederica Montseny et aurait été élu de la CNT.
        Et je serais peut-être ministre d’une Catalogne indépendante...

         
        • nimoinitoi
          nimoinitoi répond à hoshiko
          • Posté à 20h25 le 15/04/2008
          • Internaute 38956

          Cette politique-fiction est absurde... pour preuve dans le cas contraire qui aurait pu imaginer la neutralité de Franco lors de la dernière guerre.
          Imaginez aussi un débordement probable des communistes en Espagne.. froid dans le dos...
          Dans cette option, pauvres Espagnols, car l’expérience nous prouve qu’après la chute d’une dictature, il est plus difficile de relancer une économie collectiviste qu’une économie libérale. Car dans le premier cas tous les rouages économiques de marché ont été sabordés, donc à reconstruire.
          Pour preuve l’explosion économique espagnole héritière d’un système franquiste qui a su préserver tous rouages économiques d’une société et de l’autre les pays de l’Est qui pleurent sur une économie grippée avec des rouages sabordés par plusieurs décennies de collectivisme.
          Mon message n’est pas du tout la défense d’un fascisme condamnable, mais tout simplement un avertissement aux gogos qui croient que notre monde est binaire. Le bien ou le mal !

          • Network 23
            Network 23 répond à nimoinitoi
            identité perdue dans mes papiers (...)
            • Posté à 22h37 le 15/04/2008
            • Internaute 23367
              identité perdue dans mes papiers (...)

            Cette politique-fiction serait absurde si elle prétendait être réaliste. Mais il n’y a rien d’absurde à rêver ou à imaginer ce qu’on veut !

            Enfin, vous nous conseillé d’éviter le manichéisme, tout en affirmant qu’économiquement les dictatures de droite seraient plus efficaces que les dictatures de gauche. C’est absurde ! La situation des pays de l’Est est très variée, certains s’en sortent pas mal du tout, d’autres beaucoup moins bien, et en tout état de cause, les « thérapies de choc » administrées par le FMI et la Banque mondiale sont largement responsables de l’échec de la Russie et des plus mal en point, comme l’a très bien raconté Joseph Stiglitz, ex-directeur de la Banque mondiale, dans La grande désillusion.

            Et voyez un peu la situation sociale désastreuse du Chili, qu’on nous vante comme succès faramineux alors qu’un tiers seulement de la population accède à des études supérieures, soit la moitié qu’en Argentine ou en Uruguay !

            • nimoinitoi
              nimoinitoi répond à Network 23
              • Posté à 07h12 le 16/04/2008
              • Internaute 38956

              Je n’ai pas dit qu’une dictature de droite était plus efficace qu’une dictature de gauche, car les deux peuvent amener à des excès terribles. J’ai seulement développé une simple observation des réalités. Au sortir de ces dictatures, un système qui a su maintenir la libre entreprise a preservé ses rouages économiques, ce qui n’est pas du tout le cas des systèmes collectivistes.
              Et il ne sert à rien de se renvoyer la balle sur les errements des systèmes de droite ou de gauche, Chili, Cuba ! et pourquoi pas la Chine... ?

              • Network 23
                Network 23 répond à nimoinitoi
                identité perdue dans mes papiers (...)
                • Posté à 11h08 le 16/04/2008
                • Internaute 23367
                  identité perdue dans mes papiers (...)

                C’est absurde ce que vous dites (d’opposer massivement collectivisme à libéralisme : dans quelle case metterez-vous la France gaulliste, celle du programme du CNR et des nationalisations ?),

                et faire de l’Espagne franquiste, paradis des technocrates de l’Opus Dei, un paragon de la libre entreprise est pour le moins surprenant !

                J’ajoute que votre argumentation me fait terriblement penser à ceux qui disent que, certes, Pinochet a commis des violations des droits de l’homme, mais qu’il est aussi celui du « Miracle du Chili » - d’où mon allusion au Chili. Or, ce fameux « Miracle » a surtout concerné une classe très très aisée de la population, et a notamment permis à ce parangon de vertu d’aller ouvrir des comptes aux Iles Caiman, afin de bien placer l’argent de ses divers trafics (coke, armes - violation de l’embargo en ex-Yougoslavie, etc.)

                • nimoinitoi
                  nimoinitoi répond à Network 23
                  • Posté à 13h17 le 16/04/2008
                  • Internaute 38956

                  Il n’y a pire sourd que celui qui ne veut rien entendre ! ! !
                  Pourtant, mes messages sont clairs. S’ils disent clairement que le pire des systèmes est le communisme, ils ne valident pas pour autant les dictatures condamnables.
                  Pourquoi le communisme est le pire des systèmes, tout simplement parce qu’il enferme les citoyens dans ses frontières. Tous les pays communistes bloquaient la sortie du pays : les pays de l’Est ou des gens préféraient se faire tirer comme des lapins par des Vopos ou Cuba où ils préfèrent encore se faire bouffer par des poissons dans l’océan Atlantique en désertant le paradis de Castro.
                  Nous habitants des pays riches et libres avons de la M.... dans les yeux, nous manifestons pour notre pouvoir d’achat alors que dans certains pays ils ne peuvent pas s’offrir le bol de riz journalier et pour avoir bonne conscience on nous balance en pâture les salaires mirobolants des grands chefs d’entreprise.
                  C’est un raisonnement trop facile. Pour prendre leur place, il fallait tout simplement, « comme eux », avoir un bac avec mention pour être recruté dans les grandes écoles et surtout avoir l’envie de passer des nuits à réviser en sacrifiant sa jeunesse !

                  • Network 23
                    Network 23 répond à nimoinitoi
                    identité perdue dans mes papiers (...)
                    • Posté à 15h54 le 16/04/2008
                    • Internaute 23367
                      identité perdue dans mes papiers (...)

                    Effectivement on va avoir du mal à s’entendre. Les régimes communistes, que je sache, ne sont pas les seuls à interdire la liberté de mouvement - laquelle est, aujourd’hui même, sévèrement restreinte pour une bonne partie de la planète.

                    Enfin, s’il suffisait de faire des études pour devenir PDG, ça se saurait ! C’est quand même plus efficace d’être né dans une bonne famille, tout simplement. Et il y en a même qui y arrivent sans avoir leur BAC, et sans avoir jamais sacrifié leur jeunesse (sauf à dire que prendre de la coke nuit au jour et faire la teuf dans les boîtes branchées de la capitale, d’Ibiza et de Miami, c’est un sacrifice... de neurones !)

        6 autres commentaires
  • LienRag
    • Posté à 22h38 le 15/04/2008
    • Internaute 34767

    La première question de toute tentative uchronique est d’abord de savoir POURQUOI les choses se sont (dans l’univers parallèle) passées différemment.
    Ainsi qu’aurait-il fallu pour que les Républicains gagnent ?
    Et ce choix opéré de l’évènement fondateur de la bifurcation historique détermine assez largement la suite des évènements : si l’on choisit une victoire militaire de la République, elle n’est techniquement possible que par l’implication des Républiques soeurs contre les factieux, ou au moins par la non-intervention des fascistes au côté des putschistes. Et dans chacun de ces cas, il faut argumenter pourquoi et comment...
    Si par contre on choisit l’absence de putsch par légalisme des militaires, il faut pouvoir examiner si le profond rejet de la République exprimé historiquement par les détenteurs de capital matériel ou spirituel aurait pu trouver un autre exutoire que la révolte armée, et lequel.
    Tout ceci déterminant fortement les conditions concrètes d’exercice du pouvoir par la République et donc tant les alliances qui pourront la gouverner que la ligne politique qu’elle suivra.
    Le manque de méthode des historiens de la Sexta aboutit donc à plaquer une vision abstraite de la République sur une histoire moderne vue comme inéluctable dans ses grandes lignes, et révèle ainsi leur idéalisme mâtiné d’essentialisme (au sens de Barthes) profond.

    Paradoxal pour un exercice a priori assez enrichissant pour les sciences historiques par l’ouverture (certes artificielle) du champ des possibles que d’aboutir ici à célébrer une vision finalement a-historique du monde !

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