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L'actualité espagnole commentée depuis Madrid par Elodie Cuzin.

L'économie, premier défi du nouveau gouvernement Zapatero

Elodie Cuzin
Journaliste
Publié le 10/03/2008 à 19h11

« Que le temps ne te change pas » , suppliait l’une des rengaines pop choisies par les stratèges du parti socialiste espagnol pour la campagne des législatives 2008. Reconduit au pouvoir pour quatre ans avec une nette majorité de sièges, José Luis Rodriguez Zapatero n’a peut-être pas changé mais la conjecture économique qu’il va devoir affronter est, elle, beaucoup plus difficile qu’en 2004. Il lui faudra en outre honorer le déluge de promesses électorales qui ont abreuvé la campagne.

Après quatorze ans de solide croissance économique, l’Espagne fait aujourd’hui face à un brusque ralentissement de son activité. Certains analystes prévoient même que son taux de croissance baissera de 3,8 % en 2007 à 2,5 % cette année. L’activité dans le secteur de la construction, l’un des principaux employeurs du pays, a freiné brusquement l’année dernière et l’économie nationale ressent en outre l’impact de la crise américaine des prêts à risques (subprimes).

Le chômage a augmenté pour le cinquième mois consécutif en février. Il s’élevait à 8,8 % de la population en janvier et montait jusqu’à 12,4 % parmi la population étrangère, qui représente aujourd’hui 10 % du pays. Inquiets, les espagnols subissent en plus une forte inflation.

Déluge de promesses électorales
Pour attirer les électeurs dans cette ambiance morose, parti populaire et parti socialiste ont rivalisé de générosité extravagante pendant la campagne. C’est maintenant à M. Zapatero d’honorer ses promesses et de payer l’addition. S’il tient parole, les contribuables recevront un chèque de 400 euros après leur prochaine déclaration, en juin. L’impôt sur le patrimoine devrait également disparaître

Le gouvernement socialiste s’est aussi engagé à créer deux millions de nouveaux emplois. Affirmant après sa victoire vouloir privilégier le « dialogue politique et social » , M. Zapatero a promis de réunir au plus vite les acteurs sociaux pour lutter contre la précarité du marché du travail et adopter un plan de reconversion pour les milliers de travailleurs ayant perdu leurs emplois dans l’immobilier.

Des millions d’arbres à planter
Le gouvernement socialiste s’est en outre engagé à créer 300 000 nouvelles places de garderies et à allonger les congés parentaux. C’est sous le premier mandat Zapatero qu’un congé paternité de quinze jours a été introduit. Il compte également renforcer la lutte contre les discriminations et améliorer l’éducation sexuelle à l’école, en permettant notamment la distribution gratuite de la pilule du lendemain.

Pas de temps à perdre, enfin, pour les jardiniers du parti socialiste. La formation a promis de planter 45 millions d’arbres, un pour chaque espagnol, pendant les quatre prochaines années. Maigre consolation après sa défaite, le PP n’aura au moins pas à planter les… 500 millions d’arbres qu’il avait contre-offert.

Promesses ou mensonge de campagne ? Pour financer son programme de relance, le gouvernement socialiste peut en tout cas compter sur un confortable surplus budgétaire de 20 milliards d’euros, soit 2 % de son PIB. De quoi faire rêver nombre de ses voisins européens.

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  • calinantes
    • Posté à 20h49 le 10/03/2008
    • Internaute 35429

    Avis d’économiste demandé : je ne vois pas bien comment la crise des crédits à risque USA peut affecter le secteur immobilier espagnol de manière drastique
    merci de votre help

    • Caius
      Caius répond à calinantes
      Expert en management
      • Posté à 11h28 le 11/03/2008
      • Internaute 35080
        Expert en management

      J’avoue être circonspect quant au lien affiché entre la crise des crédits à risque aux Etats Unis et celle du secteur immobilier espagnol. Il semble bien que le secteur de la construction immobilière souffre davantage, en Espagne, d’une crise de surproduction. C’est une sorte de « bulle immobilière » spécifique à ce pays qui s’est développée depuis plusieurs années,avec des mises en chantier dépassant largement les possibilités réelles de l’économie, et cette surproduction a été artificiellement entretenue par des conditions de crédit que l’on peut qualifier d’hallucinantes. Le miroir aux alouettes est tout simplement en train de se briser, et si l’on peut voir des analogies avec la situation aux USA, il n’y a probablement que très marginalement de lien de cause à effet.
      Ceci étant, l’économie espagnole ne manque pas, me semble t-il, d’atouts et de dynamisme pour compenser, dans d’autres secteurs, le dégonflement de cette bulle.

  • Elodie Cuzin
    Elodie Cuzin
    Journaliste
    • Posté à 11h23 le 11/03/2008
    • Journaliste 2077
      Journaliste

    Bonjour,
    Vous avez raison, le raccourci, précipité, n’est pas correct. J’ai corrigé la phrase. Merci !

  • morgan
    • Posté à 13h46 le 12/03/2008
    • Internaute 4849

    C’est vrai qu’il y a en espagne un rallentissement de l’économie,mais si vous parlez avec des directeurs de banque vous dissent qu’elle est moins réel que ce que les média publient.
    la construction inmobilière debait finir un jour ou un autre parce qu’elle est excesive et le marché ne peut pas l’absorber d’une façon naturelle.
    Il faut atttendre et voir.Mais pour le pays est bien mieux un gouvernement de Monsieur Zapatero qu’un gouvernement ultraliberal du PP.

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