Infusion de sciences

La science est une activité très sérieuse dont il est fondamental de parler (aussi) avec dérision

On ne transmet pas que des gènes à ses enfants

Damien Jayat
Médiateur scientifique
Publié le 04/03/2009 à 01h30

Intelligence, obésité ou délinquance : les médias ne jurent que par le pouvoir des gènes. Rue89 vous démontre le contraire.

Avary Hunsinger dans les bras de son père lors d'un meeting de campagne de Barack Obama, le 30 décembre 2007 (Keith Bedford/Reuters).

Gène de l'intelligence ou de l'obésité, gène de la délinquance ou de la réussite sociale avec Rolex incorporée, les médias sérieux annoncent régulièrement des découvertes révolutionnaires confirmant le pouvoir absolu des gènes. Rue89 étant un média sérieux, je me fais un plaisir de vous annoncer l'exact contraire. Preuve à l'appui.

Le cerveau est capable de bien des merveilles, dont une des plus fascinantes est son aptitude à la mémoire. Fascinante même pour les spécialistes, qui ne savent toujours pas précisément les mécanismes grâce auxquels le cerveau garde nos souvenirs au chaud.

Ils savent au moins que plusieurs types de mémoire existent, et que dans tous les cas les connexions entre neurones subissent des bouleversements.

Pour ne pas oublier : serrez les tentacules

Le cerveau est un immense « trifouillamini » de neurones, véritables poulpes armés de milliers de tentacules. Chaque poulpe serre la louche à de nombreux collègues, établissant ainsi les connexions qui forment le réseau.

A l'état de repos, les poignées de tentacules sont lâches, on se tient juste du bout des ventouses pour ne pas se perdre dans la foule. Mais quand une info arrive à un poulpe A, il serre quelques tentacules, ce qui réveille tous les amis se trouvant à l'autre bout. En réponse, les amis serrent leurs tentacules, ce qui excite d'autres amis, etc. C'est ainsi que l'info circule entre les neurones.

Les poignées de tentacules sont le siège de modifications qui permettent la mémorisation. Un des mécanismes s'appelle la potentialisation à long terme (LTP en anglais). Son principe est simple : pour se souvenir qu'une info ayant excité le neurone A est parvenue jusqu'au n°D, le cerveau s'arrange pour que les poignées de tentacules A-B, B-C et C-D soient plus serrées, même à l'état de repos. Il suffit alors d'une légère excitation de A pour que le message passe à B, et ainsi de suite jusqu'à D.

Et l'info circule très vite : au lieu de se perdre dans les méandres du réseau, elle trouve immédiatement sa route de A vers D. C'est donc par un renforcement des liens entre les neurones que le cerveau mémorise. Le mécanisme est bien entendu dépendant de nos gènes, qui permettent aux neurones de se réorganiser. Mais il est aussi dépendant de l'environnement. En premier lieu car les infos à mémoriser viennent souvent de l'extérieur.

Tester la mémoire dans une cage électrique

Mais l'aptitude à la mémoire est elle-même influencée par le mode de vie. On le sait depuis les années 60 et les premières études en labo sur des rongeurs : vivre dans un monde stimulant est bon pour le cerveau. Des souris élevées en cages, avec pour seule compagnie un matelas de copeaux, un bol de croquettes et un distributeur d'eau, sont tristounettes et ont un banal cerveau de rongeur.

Dans un environnement « riche » où plusieurs animaux vivent en colocation, disposant d'équipements sportifs et de jouets souvent renouvelés pour briser l'ennui, les souris s'éclatent et deviennent très douées face à des tests de mémoire et d'apprentissage. Notre comportement est donc soumis à l'influence des gènes et de l'environnement. Le fait est déjà lourd de conséquences, notamment pour ceux qui voudraient repérer dès la crèche les futurs délinquants.

Voir le document

(PDF file)

Mais jusqu'à peu, les gènes gardaient l'exclusivité dans leur fonction d'agent de l'hérédité : des parents aux enfants, ce n'était que des gènes qui circulaient et rien d'autre. Or depuis peu on se rend compte que tout cela est faux. Une étude parue dans le Journal of Neuroscience le confirme grâce à des travaux sur la mémoire et la LTP. (Voir le document ci-contre)

La méthode utilisée par les chercheurs est courante et pourtant, je vous l'accorde avant que vous me sautiez dessus, indigne d'une recherche moderne. On place une souris dans une cage spéciale, puis on lui envoie une petite décharge électrique et on observe : en général, la souris se fige dans un coin de la cage, terrorisée -je vous le ré-accorde, cette méthode est idiote.

On retire alors la souris de la cage puis, quelques heures ou quelques jours après, on l'y remet, cette fois sans l'électriser. Mais le rongeur se souvient et se fige de peur. En mesurant le temps passé dans cette position, on juge l'efficacité de la mémoire de l'animal. Comment la souris se souvient ? Grâce à la LTP.

L'info de départ est « je suis dans une cage », immédiatement suivie de « houlà, mais ça pique ici c'est quoi ce bordel ? » car la douleur rend la souris très grossière. Une 3e info est alors déclenchée : « j'ai peur, ça va recommencer ! » et passe le relais aux muscles qui figent la souris dans une posture tétanisée par la trouille.

La douleur et la peur encouragent le cerveau à garder l'expérience en mémoire, en renforçant par LTP les connexions le long de la chaîne « cage = ça pique = j'ai peur = tétanisation ». Voilà pourquoi, lors d'une 2e expérience, la souris se fige à la seule vue de la cage.

Une contre-révolution retire la couronne impériale aux gènes

Mais le plus beau est à venir. Avec cette méthode barbare, les chercheurs ont montré que des souris élevées dans un environnement riche se souvenaient mieux de leur expérience électrique. Elles possèdent en effet une LTP plus efficace, notamment dans l'hippocampe, une région cérébrale impliquée dans la mémoire.

Plus fort : les chercheurs ont étudié des souris ayant une anomalie génétique perturbant leur mémoire. Elles ont du mal à se rappeler l'expérience de la cage électrique, par exemple. Et bien élevez ces souris mutées dans un environnement riche pendant 15 jours, et elles deviennent capables de mémoriser aussi bien que les autres !

Ce qui veut dire que le milieu dans lequel elles ont vécu a permis de corriger l'impact néfaste de gènes mal fichus. Le pouvoir absolu des gènes prend du plomb dans l'aile. Et voilà le meilleur. Après avoir élevé des souris mutées dans un environnement riche et leur avoir fait passer le test de mémoire, ils les ont remises dans un environnement pauvre, où elles ont fait des petits.

Logiquement, ces derniers portent la mutation génétique et devraient donc mémoriser aussi bien qu'un python nage le crawl. Surprise : si vous faites subir aux petits le test de la cage, ils le réussissent parfaitement, comme leur maman ! Comme s'ils avaient eux aussi connu un environnement riche qui compensait leurs gènes défectueux. Or il n'en est rien.

Les petits furent toujours élevés dans un environnement pauvre, parfois par d'autres femelles que leurs mères. Conclusion : les petits ont reçu de leur mère, lors de la période intra-utérine, des gènes défectueux mais aussi la capacité à mieux mémoriser grâce à une LTP plus efficace.

Or cette capacité, la maman l'a acquise lors de son séjour en milieu riche, avant même de tomber enceinte, avant même de faire le test de la cage. Elle a donc transmis à ses petits des gènes, mais aussi des modifications biologiques induites par son vécu avant la grossesse.

Une théorie vieille de deux siècles revient à la mode

Ce résultat apporte sa pierre à l'édifice qui barre la route à la toute puissance des gènes, qu'on nous rabâche depuis trop longtemps et dans trop de circonstances. Il confirme ce que plusieurs études nous ont mis sous le nez depuis une quinzaine d'années : l'héritabilité des caractères acquis.

Un mécanisme proposé par de nombreux savants du XIXe siècle, notamment par le Français Lamarck et Charles Darwin lui-même. Un mécanisme qu'on a ridiculisé, moqué, écartelé, pour mieux dérouler le tapis rouge aux gènes, aux gènes et encore aux gènes.

Ce fut une période passionnante qui nous a permis d'approfondir le rôle des gènes dans le fonctionnement des êtres vivants. Des théories extrémistes en ont été tirées, il fallait en arriver là car ainsi sont les hommes : tant qu'ils ne sont pas allés au bout du chemin, ils ne peuvent pas savoir qu'au bout il n'y a qu'un gouffre d'ignorance -tudieu, comme je parle bien, des fois ! Mais il est temps de s'enlever les œillères et saisir enfin la complexité du monde…

2009 est l'année Darwin, car son premier livre à sensation, « L'Origine des espèces au moyen de la sélection naturelle ou la préservation des races favorisées dans la lutte pour la vie », fut publié en 1859, il y a 150 ans. L'occasion de faire le bilan sur ce qu'on sait de l'évolution, de l'hérédité et des gènes. En voilà un premier aperçu.

Si le cœur vous en dit, j'en parlerai de temps en temps. Le sujet est vaste et passionnant. Rien que de savoir qu'on ne transmet pas que des gènes à ses gosses, ça me fait bien réfléchir… Pas vous ?

Photo : Avary Hunsinger dans les bras de son père lors d'un meeting de campagne de Barack Obama, le 30 décembre 2007 (Keith Bedford/Reuters).

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  • ysengrimus
    • Posté à 14h00 le 04/03/2009
    • Internaute

    La génétique de troquet, on en revient, en effet. Il y a des dérives fort nocives à cela...

    Lien

    et anciennes, et malodorantes... la facette sombre de Darwin...

    Paul Laurendeau

    • napakatbrax
      napakatbrax answers to ysengrimus
      • Posté à 14h19 le 04/03/2009

      Très intéressant, et instructif.

      Résumons : des souris dotées d'une « anomalie génétique perturbant leur mémoire » obtiennent une mémoire performante par électro-stimulation. Et leur descendance, bien que porteuse de cette même anomalie, lorsqu'elle est élevée dans une ambiance mollassone... aussi. D'où la conclusion : y a kèkchose d'autre qui est transmis.

      Au point de vue du raisonnement pur, une question : pourquoi les souris de première génération n'auraient-elles pas aussi été porteuses de ce « kèkchose » ? Qui est venu en premier, l'oeuf ou le... sourisseau ?

      Petit rappel complémentaire : la génétique a été totalement remise en cause - par les généticiens - depuis une demi-douzaine d'années, mais j'ai l'impression que l'info a du mal à passer.

      . : : Voir : Lien

      • Azza
        Azza answers to napakatbrax
        • Posté à 18h23 le 04/03/2009

        Juste un commentaire sur la logique du raisonnement : l'influence sur ces petits de ce qu'a connu la mere souris durant ses belles annees pourrait tres bien s'expliquer par quelque production hormonale favorisant le developpement du cerveau de son petit. Cette production hormonale, pourtant caractere acquis, peut se transmettre au petit par son action pendant la grossesse.

        Un exemple humain pourrait etre celui d'une femme qui a commence a fumer ou a picoler etant jeune et qui a garde cette habitude tout au long de sa vie, jusqu'a tomber enceinte. Cette habitude acquise aurait pourtant des consequences evidente sur la sante du petit. Je ne vois donc pas vraiment en quoi cette experience apporte un resultat revolutionnaire. Mais peut etre ai-je mal compris ?

         
        • Damien Jayat
          Damien Jayat answers to Azza
          Médiateur scientifique
          • Posté à 18h41 le 04/03/2009
          • Internaute
            Médiateur scientifique

          Le côté révolutionnaire est que, contrairement à ce qu'on pensait, des caractères acquis peuvent se transmettre. Ca vous parait peut-être naturel, mais ça ne l'est pas pour la plupart des théoriciens de la génétique !

          • tobernite
            tobernite answers to Damien Jayat
            • Posté à 13h45 le 05/03/2009

            L'usure du cadre théorique de la génétique se mesure à l'accumulation des expériences « ratées » (c'est à dire produisant des résultats difficiles à expliquer), un peu comme à l'époque où Ptolémée accordait au marteau-pilon ses observations de trajectoires planétaires avec le principe « Terre au centre de l'univers ». Pour se sortir de l'ornière, on attend une nouvelle théorie de la biologie, on attend, on attend.

            L'épistémologue André Pichot (que je m'étonne de ne pas trouver en référence dans votre excellent article) nous raconte comment la science, depuis sa naissance, a évolué, a pu franchement débloquer, s'est figée, mais peut aussi reprendre son élan. Parmi les livres de Pichot, je recommande les deux tomes de la Naissance de la science, ainsi que l'Histoire de la notion de gène.

            Lien

          • PolemiKe
            PolemiKe answers to Damien Jayat
            • Posté à 15h00 le 05/03/2009

            « Or cette capacité, la maman l'a acquise lors de son séjour en milieu riche, avant même de tomber enceinte, avant même de faire le test de la cage. Elle a donc transmis à ses petits des gènes, mais aussi des modifications biologiques induites par son vécu avant la grossesse. »

            Vous semblez vous méprendre sur les fondements mêmes de la théorie de la mémétique, l'erreur est trop cruciale pour ne pas être rectifiée.
            Le patrimoine génétique est transmit à l'enfant, mais qu'est ce que le patrimoine génétique ?
            Dawkins dans son ouvrage « Le gène égoïste » insiste sur le fait que l'homme/l'animal ne soit qu'un porteur d'ADN.
            Si un lion se reproduit plus que son rival, c'est parce qu'il possède une plus belle crinière, que ses griffes sont plus solides, qu'il a un système immunitaire plus perfectionné qui lui a permis un développement plus sain etc ...
            Les gènes de la belle crinière et compagnie serons souvent transmis à sa descendance (plus nombreuse), ainsi l'ADN le plus viable statistiquement survit.
            Jusque là rien de nouveau, rappelons qu'un homme musclé ne donne jamais naissance à un enfant musclé, ni qu'un homme très cultivé ne donne naissance à un enfant très cultivé. Pourquoi ?
            Tout simplement parce qu'il s'agit d'un apprentissage postérieur à la naissance, c'est pour ça qu'on parle d'acquis et non d'inné.
            La très grande plasticité du cerveau de l'homme le caractérise parmi le monde animal. Anthropologiquement parlant, l'intelligence de l'homme était sa seule arme, les individus les plus intelligents se multiplient plus que les autres. Mais la taille du bassin de la femme n'est pas adapté aux nouvelles dimension du crâne des enfants qu'elles mettent au monde, seuls ceux qui ne meurent pas en couche survivent et se reproduisent, limitant ainsi les dimensions du crâne. Le développement se fait de tel manière que seuls les individus qui s'adaptent le mieux à leur environnement s'en sortent. Bien sûr, ceux qui s'adaptent le mieux sont les individus possédant les cerveaux les plus perfectionnés possédant à la naissance (de manière innée, génétique) la plus grande capacité d'apprentissage, la plus grande capacité d'adaptation au milieu.
            Par contre, l'apprentissage en lui même des méthodes de pêches, de chasse et de tout ce qui a pu faire la survie de l'homme, se fait par apprentissage, par acquis.
            On parle alors « d'apprentissage vicariant » ; le mimétisme permet la survie parce que les plus adaptés sont les modèles et ceux qui ont le plus de chances de survie.
            Est c'est seulement maintenant qu'intervient la théorie de la mémétique, ainsi nommée par Dawkins dans son ouvrage du gène égoïste, pressentie par Darwin, Lamarck et Spencer.
            Cette théorie est celle selon laquelle un geste, un comportement (acquis) ne survit que s'il est adapté et permet une meilleure survie.
            La cigale qui chante tandis que les fourmis travaillent à donc peu de chances de survies ... Chanter n'est donc pas, pour une cigale française, en été, un comportement adapté. Par contre, peut être que la cigale amazonienne (ça existe ? ) qui ne craint pas le froid, si elle chante toute l'année à plus de chance d'attirer les femelles et ainsi de faire survivre ses gènes.

            En Roumanie, après la chute de Nicolae Ceausescue, des dizaines de milliers d'enfants sont retrouvés dans les orphelinats d'état. Pour la petite histoire, le despote voulait assurer un avenir à son pays et condamnait les jeunes filles sans enfant passé un certain âge à une amende ou peine de prison. Les bébés, en criant, en pleurant, remarquent qu'ils peuvent agir sur leur environnement, lorsqu'ils pleurent, ils entrent en interaction avec le monde. Dans un orphelinat roumain en sous effectif, personne ne vient répondre à ces appels. L'enfant n'est pas stimulé et attend simplement passivement qu'on veuilles bien le nourrir. Le syndrome d'hospitalisme chez un enfant est ravageur, c'est ce que démontre l'expérience de Harlow sur des singes, il s'agit de la théorie de l'attachement.
            Pour faire court, la théorie de l'attachement postule que l'attachement est source de tout développement, que l'interaction est source de toute connaissance, réflexion, pensée.
            Un bébé privé de tout ses sens (odorat, vue, toucher, ouïe, gout) peut il se faire une idée du monde ? La pensée ne vient elle pas de la stimulation ?

            Les caractères acquis se transmettent donc bel et bien, on parle de culture, de rites ... mais chez l'homme, la sécurité sociale existant, les individus peuvent se permettre de passer du temps à des taches très secondaires à leurs survies (mais jamais inutiles).
            Ainsi, les loisirs comme les gouts permettrons de rencontrer une personne du sexe opposée peut être plus en adéquation que n'importe qui d'autre dans la rue, afin de se reproduire.
            Les modes permettent de regrouper des individus dans des états d'esprits bien particuliers et d'afficher leurs différences et leurs similarités. D'un simple coup d'œil un rebelle reconnait une rebelle.

            Pour en savoir plus, depuis un site de vulgarisation et de débat :

            Le propre de l'homme ?
            Lien

            Sur le mimétisme :
            Lien

            Sur le mémétisme :
            Lien

            Ou tout simplement depuis le site :

            Lien

            Cordialement.

          • alaber
            alaber answers to Damien Jayat
            ingénieur
            • Posté à 03h18 le 06/03/2009
            • Internaute
              ingénieur

            En effet ce que l'on appele le lamarckisme semble revenir au gout de certains scientifiques mais pas encore aux neo-darwinistes.

            Les mères hollandaises qui avaient vers la fin de leur grossesse subit la famine durant la seconde guerre mondiale avaient produits des enfants de petit poids. Leurs filles ont hérités de cette mème caractéristique de produire des enfants de petits poids.

            Lien

            Une piste pour cette transmission de caractère acquis par la mère vers l'enfant est l'epigenetic inheritance où le DNA n'est pas changé mais la façon dont les gènes s'expriment est changée.

        4 other comments
      • OISANS38
        OISANS38 answers to napakatbrax
        • Posté à 19h16 le 04/03/2009

        Depuis bien plus longtemps qu'« une demi-douzaine d'années ». Mais le combat est toujours à mener. Pour ma part, j'ai été vaccinée contre les modes périodiques, parce lorsque j'étais en terminale (il y a 45 ans ! ), la mode était celle du « chromosome de l'assassin », fort démentie, et très rapidement, études à l'appui. Par ailleurs, je repense toujours dans ces cas à Rostand qui disait : plus on développera les connaissances, plus on découvrira de déterminations, et plus il y aura de raisons de s'émerveiller de l'inventivité.

    • tom-pouce
      tom-pouce answers to ysengrimus
      Détenu universitaire
      • Posté à 14h41 le 04/03/2009
      • Expert
        Détenu universitaire

      Vous parlez sûrement du darwinisme social (Lien)

      On ne doit pas cette méchante bébette à Darwin cf. l'article de wikipedia. Bien au contraire, on retiendra cette très belle réponse de Darwin au darwinisme social :
      « Quand à nous, hommes civilisés, nous faisons au contraire tous nos efforts pour arrêter la marche de l'élimination : nous construisons des hôpitaux pour les idiots, les infirmes et les malades ; nous faisons des lois pour venir en aide aux indigents ; nos médecins déploient toute leur science pour prolonger autant que possible la vie de chacun...
       »

      • ysengrimus
        ysengrimus answers to tom-pouce
        • Posté à 14h49 le 04/03/2009
        • Internaute

        Tout à fait d'accord. Le Social-Darwinisme (élucubration sociologique) sabote la pensée de Darwin (science biologique), la violente, la distord, en abuse. Le Social-Darwinisme est le stalinisme du darwinisme...
        P.L.

      • PolemiKe
        PolemiKe answers to tom-pouce
        • Posté à 15h08 le 05/03/2009

        N'oublions pas que Francis Galton était le cousin de Darwin.

        Encore aujourd'hui des interprétation plus que fallacieuses des ouvrages de Darwin circulent. Il me semble qu'il s'agisse seulement d'une méthode pour vendre du papier en crachant sur un grand homme.
        Je doute que les fantasmes des néo-nazis ne convainquent les foules, encore une fois il s'agit sans doute simplement pour certaines presses de caresser leurs lecteurs dans le sens du poil par exposition sélective de l'information.

        L'exposition sélective de l'information : dernier paragraphe.
        Lien

    • kdb
      kdb answers to ysengrimus
      • Posté à 18h04 le 04/03/2009
      • Internaute

      quand ont vois les menaces a peine déguiser du nain sarkozy sur le metissage obligatoire ! ! pas par choix ou par amour mais par obligation ! ! ! sauf pour certains peuples je me pose des questions sur la santé mental de ce gouvernement ! voir la video

      Lien

      • Network 23
        Network 23 answers to kdb
        • Posté à 20h34 le 04/03/2009

        A part le fait que t'es complètement HS, et que Sarkozy parle toujours de manière aussi ridicule (« on va changer partout » - signe des mains qui se joignent & s'écartent - des « obligations de résultat » ; « si le volontarisme républicain ne fonctionne pas, alors on va radicaliser les méthodes »... pffff ! tout ces propos « radicaux » qui ont une fâcheuse/heureuse (selon votre point de vue) à se modérer fortement au contact de la réalité - à part ce qui concerne les prisons, bien sûr), je ne vois vraiment pas ce qui te dérange dans ces discours.

        Ou c'est le fait qu'on te parle à la fois de métissage et de respect des « identités ». Tu trouves ça contradictoire ? Tu n'es pas Vendéen, dis-moi ?

         
        • kdb
          kdb answers to Network 23
          • Posté à 13h25 le 05/03/2009
          • Internaute

          De qui se moque t'on ? Comme si se mélanger avec des noirs ou des arabes était plus « naturel » qu'avec des Slaves,pure moment de propagande qui n'hésite pas dans ce cas à parler de difficulté culturelle ! !

        1 other comments
  • Michael A.
    • Posté à 13h47 le 04/03/2009

    Clair, drôle, intéressant.
    Merci pour cet article.

    J'attends les suivants.

  • titeso
    titeso
    en marge d'un monde que je ne (...)
    • Posté à 13h54 le 04/03/2009
    • Internaute
      en marge d'un monde que je ne (...)

    Merci !
    Vous recommencez quand vous voulez... C'est passionnant d'apprendre et ce genre de découverte vont peut-être permettre de faire comprendre aux apprentis sorciers en génétique qu'ils ne maitrise rien et sont encore loin de comprendre la Vie...
    Finalement certains finiront peut-être par admettre qu'ils ne sont pas Dieu et que la mort fait partie intégrante du cycle de la vie...
    Merci encore !

    • KAT6
      KAT6 answers to titeso
      admi
      • Posté à 12h11 le 06/03/2009
      • Internaute
        admi

      Bonjour,

      justement à ce sujet : connais-tu la différence entre un médecin et dieu.. ?

      Et bien, dieu ne se prend pas pour un médecin.. !
       ; )

  • einna
    • Posté à 13h54 le 04/03/2009
    • Internaute

    dire au XXIème siècle que gênes ne sont pas le siège de ce qui nous détermine et que l'environnement, le lien du sujet avec les autres , la famille, l'extérieur joue un rôle au moins tout aussi essentiel, est aller à contre courant de ce que les médias nous imposent à longueur de pages. Et pourtant ces expériences et bien d'autres qui vont dans le même sens, ne font que confirmer ce que défendent les cliniciens qui travaillent dans le soin ou le social à savoir que le sujet est un être en devenir qui se construit au travers de l'expérience.
    Nos gênes vont déterminer nos caractéristiques physiques mais pour tout ce qui est du psychisme, penser prédetermination génétique c'est penser l'humain comme un objet et pas comme un sujet.

    • Okotoks
      Okotoks answers to einna
      Amateur de paléontologie et d' (...)
      • Posté à 16h31 le 04/03/2009
      • Internaute
        Amateur de paléontologie et d' (...)

      La génétique joue tout de même un rôle important sur le cerveau, la preuve en est les nombreuses maladies mentales liées à un problème génétique. Mais comme disait je sais plus qui : « tout est inné, tout est acquis ». Mon interprétation, c'est que nos gênes sont la matière brute, la pâte, qui va prendre forme sous l'influence de l'environnement, un peu comme un potier fait modèle un bol ou une assiette, mais pas la vénus de Milo grandeur nature. Les deux visions ne sont donc pas en opposition. En tout cas, les chercheurs sont revenus de l'idée du gène de la violence, du gène de la mémoire, etc.

      • einna
        einna answers to Okotoks
        • Posté à 19h37 le 04/03/2009
        • Internaute

        qu'appelez-vous les maladies mentales liées à un problème génétique ? Est-ce les maladies neurologiques amenant à une forme de démence ou évoquez vous les maladies relevant de la psychiatrie ? Certaines maladies ou handicaps montrent indiscutablement un problème relevant de la génétique : la mucovicidose, les trisomies ou la chorée de hutington (orthographe dont je doute) mais pour les psychoses, rien de concluant dans les travaux des chercheurs.

        Toute difficulté psychique dans la vie du sujet peut être vite classée du côté de l'hérédité et le « t'es bien comme ton père ... ou ta mère » doit-on le penser comme une transmission de gênes ou comme une transmission de comportements, d'attitudes, de positions subjectives.

        Certes la génétique joue un rôle sur notre « matière corporelle » , chacune de nos cellules en contient tout un matériel mais la génétique ne peut prédire ce que nous ferons de ce matériel. Nous ne sommes pas des sujets isolés vivant en autarcie mais des êtres en interaction avec un environnement, ce que denombreux chercheurs dans leurs labos ont tendance à oublier ou à ne pas vouloir savoir.

         
        • Okotoks
          Okotoks answers to einna
          Amateur de paléontologie et d' (...)
          • Posté à 20h06 le 04/03/2009
          • Internaute
            Amateur de paléontologie et d' (...)

          « Qu'appelez-vous les maladies mentales liées à un problème génétique ? »

          Trisomie, etc. (autisme aussi, apparemment). Ce type de maladies touche essentiellement au développement du cerveau. Pour les psychoses, il est possible qu'il y ait un terrain génétique favorisant leurs apparitions mais sans que cela soit la cause premiére, juste un facteur parmis d'autres ayant plus ou moins de poids selon l'environnement du sujet. Bref, personne ne cherche de gène de la psychose aujourd'hui (en tout cas, personne de sérieux). Par contre il y a des scientifiques qui cherchent à comprendre comment fonctionne le cerveau à l'échelle de la cellule et en deçà, ce qui peut les amener à impliquer telle ou telle protéine (et donc tel ou tel gène) dans un mécanisme. Mais ceci n'est absolument pas en contradiction avec la psychiatrie.

          En gros, nous sommes bien d'accord : faire de la génétique, que cela soit sur une bactérie ou un bonhomme, n'a aucun sens si on ne le fait pas en fonction d'un environnement. D'ailleurs, Darwin ne dit pas autre chose : ) Mais il est vrai que le développement spectaculaire de la biologie moléculaire a amené à se focaliser sur un gène, une protéine, un effet sur l'individu à la fois. Mais cette vision isolée du gène est en voie de disparition aujourd'hui.

        1 other comments
    • Network 23
      Network 23 answers to einna
      • Posté à 20h49 le 04/03/2009

      Je serai plus méfiant... d'une part sur les conséquences à tirer d'une telle expérience... d'autre part sur le fait que de telles théories, si elles viennent à se populariser (dans le champ scientifique et médiatique), seraient vraiment des garde-fous contre les réductionnismes qui font l'impasse sur le rôle du milieu & de l'environnement, bref, de l'acquis, dans notre formation.

      Car il s'agit au contraire de montrer que même l'acquis se transmet : ces théories peuvent servir à insister sur le rôle du milieu, mais tout autant (sinon plus) sur le rôle de l'hérédité. Où l'on revient à Zola, et à l'alcoolisme maladie héréditaire. De là à dire qu'il faille empêcher les alcooliques de procréer, il n'y a qu'un pas.

      Qui a été franchi par la dernière loi de bioéthique (2004), qui permet de stériliser contre son gré un handicapé mental (pareil pour la Suisse, art. 8 loi 17 décembre 2004 sur la stérilisation)*. Si ce n'est pas de l'eugénisme, ça, expliquez-moi...

      *cf. paragraphe sur l'IVG, la contraception & la stérilisation ici : Lien

    • amatxo
      amatxo answers to einna
      • Posté à 06h23 le 05/03/2009

      Tout-à-fait d'accord ! Merci pour cet article qui remet l'Homme au centre même de l'univers : rien n'est jamais définitivement acquis ; l'éducation,l'enseignement,les chances offertes à tout être humain peuvent l'aider à oublier un passé difficile : honte à nos politiques qui osent parler de « délinquants“incurables qui devraient être enfermés dès ...13 ans !

  • gsourima
    • Posté à 13h57 le 04/03/2009

    « Si le cœur vous en dit, j'en parlerai de temps en temps. “

    Je vous prends au mot ! J'aime beaucoup vos articles, c'est loin d'être un exercice simple de faire de la vulgarisation de qualité, pourtant vous réussissez à chaque fois haut la main !

    J'attend donc les suivants avec impatience ! : -)

    Merci

    • dalun
      dalun answers to gsourima
      • Posté à 14h41 le 04/03/2009

      pareil : ça m'botte bien de lire ça ! merci .

  • antonh
    • Posté à 13h58 le 04/03/2009

    l'inné et l'acquis. vaste concept ! ! !
    plus on va vers des espèces « évoluées », plus ce concept d'acquis prend de la place.
    chez les mammifères, l'acquis est important car les parents élèvent (normalement) les jeunes.
    chez les poissons, ça dépend : le brochet mangera ses petits s'il en a l'occasion alors que certains poissons mettront leurs jeunes à l'abri dans leur gueule en cas de danger.
    chez les insectes aussi cela dépend du groupe ou meme de genre d'espèces : les hyménoptères (guepes, abeilles, fourmis...)élèvent leurs jeunes. certaines espèces de guepes parasitent d'autres insectes en pondant leurs oeufs ...dans les espèces voulues (ex : les ichneumons) ! !
    bref : plus on est élevé par des parents, plus un phénomène de mimétisme se dévelloppe, cela s'appelle l'acquis. l'inné, est lui, issu des gènes...
    il arrive parfois, surtout chez les humains, que l'acquis ne soit pas celui des parents, mais il reste toujours lié au « vécu » car dans nos société sociales (quoi qu'on en dise l'humain reste une espèce qui vit en groupe), c'est l'expèrience du jeune au contact des autres qui va forgé son caractère, ses opinions...

    • vinz13
      vinz13 answers to antonh
      • Posté à 14h14 le 04/03/2009

      Vous mettez le doigt sur l'essentiel. L'être humain est l'animal le plus intelligent (et en un sens le plus évolué) précisément parce qu'il est le plus capable d'emmagasiner de l'expérience. Autrement dit l'acquis, chez l'homme, prend très souvent le pas sur l'inné. Chez nous, tout est souvent affaire de culture, rarement de « nature » (mais parfois si quand même ; -) ).

      • antonh
        antonh answers to vinz13
        • Posté à 14h32 le 04/03/2009

        l'etre humain est aussi doué d'intelligence qu'il est auto-destructeur.
        plus les technologies évoluent, plus, plus l'homme est capable de prouesses insoupconnées. il façonne désormais l'environnement à ses besoins (contrairement à toutes les autres espèces de la planète qui s'y adaptent ! ! ! ).
        mais l'homme auto-destructeur a désormais les moyens (et les ambitions pour une partie d'entre-eux) de se détruire et la planète avec ! ! !
        les enjeux de l'éducation ? du mode de société ? , j'en ai bien une petite idée...
        ces reflexions me viennent de mon acquis personnel...

         
        • 98euro
          98euro answers to antonh
          • Posté à 10h10 le 06/03/2009

          « les enjeux de l'éducation ? du mode de société ? , j'en ai bien une petite idée… »

          Magnifique ! c'est pour ça qu'on est ici. Développez SVP ! ! !

        1 other comments
      • muy
        muy answers to vinz13
        • Posté à 15h11 le 04/03/2009
        • Internaute

        Non, l'Homme n'est ni le plus intelligent et encore moins le plus évolué : classique erreur de biologie car tous les êtres vivants aujourd'hui sur Terre sont tous autant évolués les uns que les autres !
        Et quelle erreur de croire que seul l'Homme est capable d'emmagasiner de l'expérience !

         
        • vinz13
          vinz13 answers to muy
          • Posté à 15h59 le 04/03/2009

          Si l'homme est le plus intelligent des animaux. Et de loin. Comment le nier. Je n'ai jamais dis par contre qu'il était le seul à emmagasiner de l'expérience.
          En revanche, en ce qui concerne l'évolution, je parle bien d'un certain point de vue. Il est évident que tout les animaux (et les végétaux) vivant à notre époque, sont le fruit d'autant d'année d'évolution que tout les autres. Par contre, si l'on compare le degré de complexité morphologique et physiologique d'un cnidaire (ex : méduses) avec celle d'un mammifère, ont peut dire que les mammifères sont plus évolué que les cnidaires : D'un côté, on a des animaux à l'organisation, simple, avec peu d'organes, une ébauche de système nerveux, pas de système circulatoire...De l'autre, des animaux au plan d'organisation complexe, possédant de nombreux organes remplissant de nombreuses fonctions, un système nerveux très développé permettant, entre autre, la socialisation, infiniment plus de types cellulaires différents...
          Le cerveau de l'être humain est l'organe le plus complexe du monde vivant. Alors oui, en un sens, l'homme est l'animal le plus évolué.

          • muy
            muy answers to vinz13
            • Posté à 19h12 le 04/03/2009
            • Internaute

            Non, Vinz, je ne suis pas d'accord. En biologie, le vocabulaire est précis et rigoureux. Tu ne peux pas dire « évolué » pour « organisé ».

            Evolution : ensemble des transformations biologiques que subissent les êtres vivants et qui aboutissent à l'apparition de nouvelles espèces ou à leur extinction. Ces changements ont pour origine les mutations génétiques du génome des cellules germinales. Celles qui confèrent un avantage évolutif à l'individu sont conservées au cours de l'évolution. (sélection naturelle).
            Les bactéries, peu organisées, sont des êtres vivants aussi évolués que nous bien que leur organisation morphologique à l'état unicellulaire soit limitée. Se rappeler d'ailleurs qu'elles sont présentes depuis 4 milliards d'années et qu'elles nous survivront probablement !

            • vinz13
              vinz13 answers to muy
              • Posté à 20h59 le 04/03/2009

              Alors à mon tour de n'être pas tout à fait d'accord.
              D'un point de vue strictement scientifique, dire d'une espèce qu'elle est plus évolués qu'une autre n'a pas vraiment de sens. (Ou plutôt elle peut en avoir un... qui ne ferait pas de l'homme l'être le plus évolué, en tout cas sans doute pas). Du coup je me garderais bien d'écrire une telle chose sur mes copies d'examen.

              Mais nous ne sommes pas que des scientifiques, et comme je suis résolument convaincu que l'être humain est un animal exceptionnellement intelligent, créatif, habile... capable même de penser au delà de son imagination, alors oui je l'affirme, et cela n'a aucune valeurs scientifique, l'être humain est l'animal le plus évolué, dans le sens qu'il est l'animal le plus complet, le plus intelligent.

          • Network 23
            Network 23 answers to vinz13
            • Posté à 20h58 le 04/03/2009

            Si on définit l'intelligence comme humaine, non seulement l'homme est le « plus intelligent » des animaux, mais il est même le seul animal intelligent.

            Toute la question est de savoir si l'on peut réussir à mesurer une intelligence qui ne serait pas humaine, c'est-à-dire sans plaquer sur les autres animaux nos critères à nous.

            Et là, je serai bien plus prudent que vous.

            Toute cette histoire me fait penser à ce texte de Descartes, à la fin du Discours de la méthode, où il dit grosso modo : la preuve que les animaux n'ont pas de langage, c'est que nous ne comprenons pas ce qu'ils disent.

            La preuve que les animaux n'ont pas d'intelligence, c'est que nous ne comprenons pas leur intelligence ?

            Cette question de l'intelligence se rapproche de votre usage hasardeux de l'homme, être le « plus évolué ». Evolution & intelligence : vous pensez ces deux concepts en fonction d'une fin, qui est celle de l'homme. Il est alors inévitable que vous placiez l'homme... à la fin, ou plutôt, en haut de l'échelle.

            Mais les fourmis et les cafards sont autant, si ce n'est, « adaptés » que nous. Et être « évolué », c'est d'abord être « adapté », c'est-à-dire vivre en concordance avec un environnement qui vous transforme et que vous transformez. Pourquoi n'y aurait-il qu'un seul mode de concordance, celui du mode de vie humain ?

            Concordance bien étrange, d'ailleurs, qui est en passe de détruire la planète... et avec elle toute forme de vie.

            Alors, l'homme, le plus con des animaux ? ; -)

            • extralucide
              extralucide answers to Network 23
              • Posté à 01h26 le 05/03/2009

              Le plus con, certainement. L'homme est une erreur de la nature. Quand il aura tout détruit, les insectes, les bactéries lui survivront. Alors, où est sa supposée intelligence ? L'homme est avide de fric, de plaisirs, de sang.

        • antonh
          antonh answers to muy
          • Posté à 20h29 le 04/03/2009

          aucun rapport, l'acquis vaut pour toutes les espèces, ce qui leur permet à l'échelle des populations d'évoluer (tout comme l'inné)...
          maintenant, si tous les etres sur terre étaient aussi évolués que ce grand primate d'homo sapiens, nul doute que nous serions en guerre contre le reste de l'humanité tant nous la malmenons...
          l'homme est le seul etre sur terre a avoir adapté son environnement à ses besoins, ou en tous cas, ce qu'il estime etre ses besoins.

          • Network 23
            Network 23 answers to antonh
            • Posté à 21h03 le 04/03/2009

            Ca dépend ce que vous appelez « adapter son environnement à ses besoins ».

            Sans parler des anthropoïdes, qui utilisent des outils (fini, la définition de l'homme comme homo faber ), les castors font bien des barrages, etc. etc.

            Bref, ils « adaptent » leurs environnement à leurs besoin. Vous rétorquerez, comme Marx, oui, mais le castor, contrairement à l'architecte, n'a pas préconçu le barrage dans sa tête avant que de le bâtir.

            Et de retomber sur le critère de l'intelligence... mais sommes-nous assez intelligents pour imaginer ce que serait une intelligence non humaine ?

            Qu'en pensent nos amis les dauphins ? ; -)

        7 other comments
      • Damien Jayat
        Damien Jayat answers to vinz13
        Médiateur scientifique
        • Posté à 18h44 le 04/03/2009
        • Internaute
          Médiateur scientifique

        Débat intéressant, je suis même en train de préparer un 2ème livre sur ce sujet ! D'ici là vous avez toujours le temps de lire le 1er qui aborde déjà ces thèmes ; o)

    • pablico
      pablico answers to antonh
      Sudoku et Nord de face
      • Posté à 14h26 le 04/03/2009
      • Internaute
        Sudoku et Nord de face

      ce ne sont pas les gènes seulement, peut-être jouent-ils un rôle, mais c'est l'éducation, (pas l'instruction).
      l'éducation cognitive et sociale, l'éducation à la réflexion, l'éducation de la remise en cause, du dépassement de soi, de l'affirmation de soi, qui compte le plus.
      l'instruction ne sera que l'habillage de cette base qui fabrique l'intelligence ou plutôt les intelligences..

      • antonh
        antonh answers to pablico
        • Posté à 14h45 le 04/03/2009

        l'instruction sert à dresser, l'éducation à faire évoluer. c'est toujours subtile car dans l'éducation, il y a une part d'instruction (les règles à l'école par ex) et vice versa...
        si l'école ne m'a tant révoltée, ce n'était pas vis à vis de l'éducation, mais de son instruction.
        si aujourd'hui je suis si méfiant avec les médias, c'est parce que j'ai compris que les vainqueurs écrivent l'histoire (donc ils nous éduquent...).
        instruction disais-tu ? que sont donc les cours d'histoire ? une perception du passé par les hommes du présent.
        allé, j'embrouille les choses : si mon acquis me permet d'analyser, c'est mon instinct qui me guide. il est surement un mélange de mon inné (impulsivité ou accablement par ex) et de mon acquis (je mets pas la main dans le feu, ça brule ! ! ).

         
        • pablico
          pablico answers to antonh
          Sudoku et Nord de face
          • Posté à 15h11 le 04/03/2009
          • Internaute
            Sudoku et Nord de face

          si les bases de l'éducation sont bonnes, on essayera de prendre dans l'instruction, ce qui semble bon. et on ne prendra pas tout comme argent comptant.(ce qui n'empêche pas de se tromper ou d'être trompé)

          si l'on fait une image : l'éducation c'est apprendre aussi à voir les choses au second degré (le recul salvateur par la réflexion)

          • framboise92
            framboise92 answers to pablico
            en mal de choix.
            • Posté à 20h35 le 04/03/2009
            • Internaute
              en mal de choix.

            oui, éducation et amour en dépit de tout, même des situations sociales et familailes très préocupantes.

        • extralucide
          extralucide answers to antonh
          • Posté à 01h31 le 05/03/2009

          Oui, les médias n'éduquent plus aujourd'hui. Elle sont au service des puissants et même dans leurs mains et elle font de la propagande

        3 other comments
    • elscorcho
      elscorcho answers to antonh
      etudiant diant diant
      • Posté à 14h43 le 04/03/2009
      • Internaute
        etudiant diant diant

      Quelques mots et informations complémentaires sur cet article fort intéressant et fort bien construit.

      Premièrement, il faut bien savoir faire la différence entre ce qu'on appelle génotype et phénotype.
      Génotype : c'est l'ensemble des gènes que nous portons.
      Phénotype : ce sont les caractères observables au niveau de l'individu et qui sont le résultat d'une interaction entre le génotype et L'ENVIRONNEMENT. Notion très importante donc, car si nous sommes par exemple blond ou blonde, ce n'est pas uniquement du à un gène mais aussi, par exemple, à une forte exposition au soleil... Tout comme le gène de la délinquance est une énorme farce, car c'est l'environnement (social, économique, familial) des individus qui va les pousser vers la délinquance. Déjà, ici, la suprématie du gène vole en éclat !

      Pour ce qui est de la transmission des caractères acquis, je pencherai plutot pour une transmission post-natale, par l'apprentissage, ceci pour deux raisons.
      D'une part, le cerveau est un organe en reconfiguration permanente (comme l'expérience de la cage le montre) et dont les connexions se font en majeure partie pendant l'enfance, je veux donc dire que nous naissons tous avec, en gros, le même cerveau et que les connexions qui feront notre personnalité, notre mémoire, nos réflexes (etc...) s'effectue après la naissance. Le « bébé » aura donc appris à reconnaitre la cage...
      D'autre part, les « ovules » de la femelle, avec leur matériel génétique, sont formés, avant même la naissance de la souris mère, je vois donc mal comment le génome de ces gamètes pourrait être modifiés. Et je parle bien ici du génome (donc des gènes), malgré la volonté de les détroner, car c'est bien la seule chose qui soit présente dans les ovules et donc transmis à la descendance, c'est pourquoi je pense qu'il faut chercher du coté de l'apprentissage post-natal...

      Et merci pour cet article !

      • solstice
        solstice answers to elscorcho
        pigiste
        • Posté à 14h53 le 04/03/2009
        • Internaute
          pigiste

        et pourtant, l'expérience dit bien que les petites souris n'ont pas été élevées ni dans un milieu stimulant, ni par leur mère... étonnant, non ? le gène (inné) et le mode d'emploi (acquis) passeraient donc dans le foetus et une partie de l'acquis pourrait devenir inné à la génération suivante : l'évolution, en sorte...

         
        • Network 23
          Network 23 answers to solstice
          • Posté à 21h07 le 04/03/2009

          A part cette expérience de neurologie, un certain nombre d'études de psychologie tendent aujourd'hui à faire croire que l'acquis se transmettrait aussi de façon héréditaire...

          mais bon, ces études s'appuient sur ce qu'ils appellent des « traits de caractère », et puis pour leur donner crédit, il faut déjà avoir acquis le « trait de caractère du psychologue ».

          Chose qui m'est encore assez étrangère.... peut-être dans une prochaine vie, j'arriverai à me cloner et à transformer mon acquis en mon inné !

        1 other comments
      • antonh
        antonh answers to elscorcho
        • Posté à 14h53 le 04/03/2009

        la notion de phénotype est utilisée par les forestiers (par ex). c'est comme ça qu'on choisit un plant de hetre provenant d'un milieu calcaire pour une autre milieu calcaire.
        j'ai signé depuis bien longtemps la pétition contre le dépistage à l'age de trois ans.
        nous ne connaissons toujours pas l'impact des phéronmones sur les organismes, mais il est évident qu'il est des plus important. une souris qui panique transmet la panique à ses jeunes, idem pour les humains (voir les réactions de groupe en manif ou en cas de catastrophe naturelle par ex)...
        l'homme se prend pour dieu ?
        en dehors du fait qu'il n'éxiste pas, il a encore bien du chemin à parcourir...

         
        • elscorcho
          elscorcho answers to antonh
          etudiant diant diant
          • Posté à 15h19 le 04/03/2009
          • Internaute
            etudiant diant diant

          oui, et il m'apparait tout à fait évident que l'héritage de l'éducation est aussi important pour la psychologie que l'héritage des gènes est important pour (par ex.) notre apparence physique (qui elle-meme dépend de l'environnement ! ! )

        1 other comments
      • Jack Sullivan
        Jack Sullivan answers to elscorcho
        en boule
        • Posté à 15h26 le 04/03/2009
        • Internaute
          en boule

        « Et je parle bien ici du génome (donc des gènes), malgré la volonté de les détroner, car c'est bien la seule chose qui soit présente dans les ovules et donc transmis à la descendance »

        Hé non ! Certains gènes sont transmis avec une « garniture » qui conditionne leur expression (ou leur non-expression) dans la génération future. Ca s'appelle justement « empreinte parentale » (parental imprinting). Exemple historique : les petits-enfants de personnes qui ont connu des situations de famine extrêmes lors de la seconde guerre mondiale sont nés anormalement petits par rapport à la moyenne des tailles dans leurs familles.
        Voir mon message plus bas.

         
        • vinz13
          vinz13 answers to Jack Sullivan
          • Posté à 16h03 le 04/03/2009

          Ce qui n'est pas étonnant quand on connait un peu de biologie de la reproduction.

        1 other comments
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