Infusion de sciences

La science est une activité très sérieuse dont il est fondamental de parler (aussi) avec dérision

Comprendre la pensée ? Les chercheurs y pensent...

Damien Jayat
Médiateur scientifique
Publié le 28/05/2011 à 10h50


Une main (verte) tape sur un clavier (avec une touche violette) (josef.stuefer/Flickr/CC).

Ça veut dire quoi, penser ? Peut-on vraiment savoir ce que pensent les autres ? Et dans ce cas, que signifie « savoir » ce qu’ils pensent ? Problème scientifique majeur, sur lequel se pensent... pardon, se penchent en ce moment même des scientifiques toulousains.

De la perception visuelle à la synesthésie

Jean-Michel Hupé est chercheur au laboratoire Cerveau et cognition (CerCo), rattaché au CNRS et à l’université Paul-Sabatier de Toulouse. L’équipe dans laquelle il travaille est la CREMe du laboratoire. Aucun orgueil mal placé là-dedans, il s’agit simplement de l’acronyme du nom de l’équipe « Construction des représentations et états mentaux ».

La spécialité de J.-M. Hupé est l’étude des mécanismes cérébraux impliqués dans la perception de l’information visuelle : comment notre cerveau produit-il une image à partir des informations que l’œil lui expédie ? Pourquoi subissons-nous des illusions visuelles, et quelles connaissances fondamentales peut-on en tirer ?

Voici quelques années, un ensemble d’étranges phénomènes, dont certains sont liés à notre perception visuelle, a attisé l’intérêt de J.-M. Hupé : les synesthésies. Ou événements de perception vécus par certains d’entre nous et qui consistent à se mélanger les pinceaux dans les informations sensorielles. Par exemple, un synesthète « graphème/couleur » voit les lettres en couleurs même lorsqu’elles lui sont présentées noir sur blanc ; un autre verra du jaune ou du rose saumon en écoutant un morceau de musique (que le morceau soit ou pas « La Truite » de Schubert).

La synesthésie est tout sauf une maladie, bien entendu. Le phénomène n’en est pas moins surprenant, assez pour attirer l’œil, l’attention et la passion exploratoire des spécialistes des neurones. D’autant qu’on ne sait toujours pas ce qui se passe dans le cerveau d’un synesthète quand il « voit » du bleu ou du rouge alors que c’est écrit en noir, ni les différences entre la perception d’un vrai noir et celle d’un noir-qui-a-l’air-rouge.

De la synesthésie à la pensée

Et pourtant, un synesthète n’est pas un schizophrène, et si Jeanne d’Arc était convaincue que l’archange Saint-Michel lui susurrait intérieurement des mesures boutatoires envers l’envahisseur britannique, un synesthète qui voit les lettres en couleur a parfaitement conscience qu’elles ne sont pas vraiment colorées. Quand il annonce au scientifique qui l’observe « je vois cette lettre rouge », il sait qu’en réalité elle est imprimée en encre noire. Et il l’avoue de lui-même, sans qu’on le torture en lui faisant lire un vieux scénario d’« Hélène et les garçons » écrit en tout petit et pas dans les bonnes couleurs.

Que veut donc dire, pour un synesthète, cette simple phrase : « Je vois cette lettre rouge » ? Comment un scientifique, avec sa rigueur, sa méthode et son souci d’extraire des données objectives, peut-il comprendre cette marque absolue de subjectivité ? Entre perception réelle et impression de perception, quelles différences ? Et surtout, comment diantre explorer ce monde intime de la conscience individuelle avec des outils faits pour observer le monde depuis l’extérieur ?

Vaste question. Vaste problème. Vaste programme. Auquel s’est attelé J.-M. Hupé avec l’aide d’une étudiante américaine, Charlotte Gates. Venue du sud de la Louisiane pour mener des recherches sur la synesthésie, attirée à Toulouse par les origines cajun – et donc françaises – de sa région natale ; par son intérêt irrémédiable pour « les différences d’esprit individuelles, surtout les différences de perception » ; et par la découverte de ce nouveau thème de recherches initié dans la ville rose.

Elle a posé ses valises pour un an – et probablement deux – au laboratoire CerCo, financée par une bourse Fulbright (bourse d’échanges culturels franco-américains). Avec l’objectif d’essayer de comprendre comment « pense » un synesthète, et avant tout si la synesthésie est liée à d’autres caractéristiques cognitives : mémoire, imagination, activités artistiques, raisonnement logique...

De la pensée à l’expérience

Une équipe de psychologues anglais a par exemple montré, dans une étude parue en 2008, que les synesthètes avaient davantage tendance à pratiquer une activité artistique. Cela veut-il dire qu’ils ont une créativité supérieure à la normale, tout ça parce qu’ils associent comme personne plusieurs types de perceptions sensorielles à la fois réelles et fictives ?

Pas si simple. Certes, des hypothèses viennent spontanément à l’esprit, comme « les synesthètes sont plus souvent artistes, donc ils sont plus créatifs » ou « si un synesthète associe les lettres et les couleurs, c’est forcément parce que son aire cérébrale dédiée à la reconnaissance des lettres et celle pour la reconnaissance des couleurs sont liées l’une à l’autre ». Ces idées sont peut-être vraies, peut-être fausses... et peut-être entre les deux.

Pour le savoir, il faut les soumettre à une analyse scientifique rigoureuse. C’est ce à quoi Charlotte et Jean-Michel se sont attelés. Ainsi, dans leur étude de 2008, les chercheurs anglais ont trouvé que les synesthètes réussissaient mieux que les autres un test de créativité appelé « Remote Association Test » (RAT).

Le principe est simple : trois mots sont présentés ensemble, et il s’agit de trouver un quatrième mot qui se rapporte, par sa signification, à chacun des trois premiers. Par exemple, quoi de commun dans la triade « épice, lever, ficelle » ? Il s’agit du pain, car on mange du pain d’épice, pour faire du pain il faut faire lever une pâte, et la ficelle est une sorte de pain.

De l’expérience à... d’autres expériences !

Pourquoi les synesthètes sont-ils meilleurs à ce test ? Pourquoi moi, qui ai participé aux premières expériences de Charlotte et Jean-Michel, l’ai-je très bien réussi alors que je suis autant synesthète qu’une pie voleuse sait cuisiner un tournedos Rossini ? Nul ne le sait. Les chercheurs anglais ont suggéré que la réussite au RAT et la synesthésie n’avaient peut-être rien à voir. Que d’autres paramètres, liés d’un côté à la synesthésie, de l’autre à la créativité, pourraient être les vrais responsables.

C’est ce que Charlotte va tenter d’approfondir. Une première série de tests avec des synesthètes et des non synesthètes vient juste de s’achever. Elle visait à évaluer, chez les personnes testées (j’y étais...) un ensemble d’activités cognitives : créativité, imagination, vocabulaire, culture générale, mode de raisonnement (verbal ou par images), traits de personnalité, pratiques artistiques, raisonnement logique... Petit échantillon de vingt personnes au final et, en ce moment même, comparaison des résultats entre synesthètes ou non.

Si des tendances se dégagent et si la méthode expérimentale fonctionne, alors d’autres expériences suivront à l’automne 2011. D’ici là, laissons Charlotte et Jean-Michel essayer de faire parler les données. Affaire à suivre ! Je vous tiendrai au courant. Et ne soyez pas frustrés : la recherche scientifique, par nature, ne produit en général qu’une collection frustrante d’affaires à suivre...

  • 15746 visites
  • 77 réactions
Vous devez être connecté pour pouvoir commenter : ou créez un compte
  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 11h18 le 28/05/2011
    • Internaute 82025
      non connue

    Intéressant, comme toujours.
    Il y a un truc qui me gène :
    On reconnait les synesthétes au fait qu’ils associent tous la même couleur à telle ou telle lettre.
    Un synesthéte « patenté » verra le A en rouge, par exemple. Mais si on y voit du jaune ou du vert, on ne sera pas reconnu comme synesthéte.
    Ça me semble un peu subjectif, non ?

    • Achernar
      • Posté à 12h26 le 28/05/2011
      • Internaute 119490
        Etudiant

      Euh non, c’était juste un exemple.

      • A déménagé le 02-02-2012-2
        A déménagé le 02-02-2012-2 répond à Achernar
        non connue
        • Posté à 12h33 le 28/05/2011
        • Internaute 82025
          non connue
         
        • Achernar
          • Posté à 12h41 le 28/05/2011
          • Internaute 119490
            Etudiant

          « Par exemple, pour un synesthète le A évoque la couleur rouge, tandis que pour un autre il pourrait s’agir de la couleur jaune. »

          C’est bien un exemple.

          • A déménagé le 02-02-2012-2
            A déménagé le 02-02-2012-2 répond à Achernar
            non connue
            • Posté à 13h17 le 28/05/2011
            • Internaute 82025
              non connue

            Soit, mais pourquoi la représentation du A est toujours la même ? Un bête copié-collé ?

            Et dans le cas contraire, comment reconnait-on un synesthète ?

            • pelicano
              pelicano répond à A déménagé le 02-02-2012-2
              intermittent
              • Posté à 13h51 le 28/05/2011
              • Internaute 156246
                intermittent

              Le spectre de couleur part en general du rouge vers le vert en passant par le jaune pour passer au bleu...esthétiquement cette combinaison et la plus simple à apprehender

            • dilettante non mélomane
              • Posté à 18h16 le 28/05/2011
              • Internaute 107984
                En stand-by

              C’est une image que l’on trouve souvent sur la toile, mais tous les synesthètes graphème-couleur ne vont pas utiliser les mêmes couleurs pour les mêmes lettres.
              Cette perception dépend de la personne, mais est constante dans la durée pour une personne donnée. Concrètement, un protocole permettant la détection d’une synesthésie graphème-couleur -et la détection des simulateurs- est de :
              a) présenter une feuille remplie de graphèmes proches (« 5 » et « S » par exemple), tous noirs mais disposés de telle sorte que les « 5 » forment une image.
              b) mesurer le temps de détection de l’image par la personne.
              Il est inférieur à la moyenne pour une personne synesthète graphème-couleur, qui active automatiquement un circuit perceptif supplémentaire aidant à la résolution du problème.

              Bon, ceci-dit, il y a des personnes extrêmement performantes pour repérer les structures à l’intérieur d’images. Certaines d’entre elles ne sont peut-être pas synesthètes. Il faut donc identifier et éliminer ce biais s’il y a lieu...

              Un autre indicateur peut être le temps de réponse allongé d’un synesthète-graphème couleur à Lien genre de test (oubliez le texte pseudo-explicatif accompagnant l’image). Là, le synesthète sera plus long à gérer la dissonance cognitive.

              Un phénomène apparemment subjectif peut être testé à l’aide de méthodes objectives. La cognition et le comportement animal sont ainsi étudiés à l’aide de protocoles peu à peu dégagés des influences des premières approches anthropocentriques.

        4 autres commentaires
  • Redroom
    Redroom
    La V2, une grosse merde.
    • Posté à 11h27 le 28/05/2011
    • Internaute 23589
      La V2, une grosse merde.

    Bon article comme toujours.

    « Et ne soyez pas frustrés : la recherche scientifique, par nature, ne produit en général qu’une collection frustrante d’affaires à suivre… »

    En effet, dans le domaine de la pensée, cela s’apparente plus à l’exploration de l’univers, à la recherche de nos origines, qu’à une formule de math, mais faut bien commencer quelque part...

  • A déménagé le 10-11-2011
    • Posté à 11h28 le 28/05/2011
    • Internaute 124772
      -

    Tiens en parlant d’images et de pensées qui se forment

    Expérience vécue :
    J’ai acheté un smartphone d’occasion .A l’accueil du magasin en l’essayant je découvre que l’ancien propiétaire a oublié d’effacer ses anciens numeros .Je peste un peu. Comme la batterie est vieille j’oublie le téléphone dans un tiroir en attendant d’avoir une nouvelle .
    Un matin au réveil je me rappelle d’avoir rêvé d’un type qui porte un bouc particulier au milieu d’autres rêves bizarres .
    Dans la journée je reprends le téléphone et je m’amuses avec et je décide d’effacer les données de l’ancien propio .Et surprise !
    Je découvre dessus des photos de l’ancien propio qui est le portrait craché du bonhomme de mon rêve !
    C’est quoi ces infos qui se baladent dans l’air et qu’est ce qui sert d’antenne de reception ?

    • Lohiel
      Lohiel répond à A déménagé le 10-11-2011
      http://twitter.com/Lohiel
      • Posté à 11h54 le 28/05/2011
      • Internaute 38391
        http://twitter.com/Lohiel

      Là-dessus il est intéressant de lire Rupert Sheldrake
      Lien
      A savoir néanmoins : il n’est plus considéré comme un « scientifique sérieux » par ses pairs, malgré son itinéraire universitaire brillant. Personnellement je trouve aussi qu’il établit des raccourcis un peu rapides (il « veut » croire, c’est trop visible) dans un domaine qui a été étudié avec plus de prudence par Jung, entre autres, mais ça reste tout à fait étayé sur certains points précis.

    • Angrod
      Angrod répond à A déménagé le 10-11-2011
      Etudiant en faculté de médecine (...)
      • Posté à 11h54 le 28/05/2011
      • Internaute 116149
        Etudiant en faculté de médecine (...)

      Simple coïncidence que vous pouvez expliquer statistiquement. Sur tous vos rêves que vous avez faits, combien de fois les personnes imaginées auxquelles vous rêvez vous sont réellement apparues ?
      Une seule fois visiblement, mais vous ne retenez que celle-là.

      Les visages inconnus ne sont pas particulièrement détaillés dans les rêves, seul des éléments bien distincts comme un bouc, une grosse barbe ou des lunettes en seront représentatifs. C’est visiblement ce qui s’est passé ici, vous avez rêvé de quelqu’un avec un bouc et l’ancien propriétaire possédait un bouc. Votre cerveau a fait une liaison entre les deux évènements, bien qu’il n’y en ait aucun.

      La probabilité de rêver au moins une fois d’un individu possédant une certaine particularité et de retrouver le même jour un individu bien réel avec cette même particularité n’est pas insignifiante.

      • A déménagé le 10-11-2011
        • Posté à 13h26 le 28/05/2011
        • Internaute 124772
          -

        Je savais parfaitement a quoi m’en tenir quand j’ai posté .
        A savoir que les réactions ne tarderaient pas.Je sais que ça tient de la télépathie et des rêves prémonitoires .Ça, c’est juste une anecdote parmi d’autres . Pourtant le personnage rêvé est le parfait jumeau de l’ancien propriétaire du téléphone .Quand j’ai manipulé l’appareil la première fois dans le magasin je n’ai pas eu accès aux photos ,juste essayé s’il fonctionnait bien .Je pense pour ma part qu’il y a eu transmission de « fluide » au contact de l’appareil par exemple ...

    • fredgg84
      • Posté à 13h56 le 28/05/2011
      • Internaute 92172

      Ce que tu dis ressemble à un rêve prémonitoire.C’est trés frequent mais peu de personnes osent en parler de peur de moqueries genre « il se prend pour un médium » ou autre.

    • zorai
      zorai répond à A déménagé le 10-11-2011
      a l'ouest
      • Posté à 18h05 le 28/05/2011
      • Internaute 153708
        a l'ouest

      Votre expérience peut s’expliquer d’une autre manière qui a son origine dans la différenciation cerveau gauche/droit qui ressemblerait a l’impression du déja-vu

      Lien

      dans votre cas le visage s’est collé après-coup a votre rêve mais la communication de vos hémisphères cérébraux vous font penser que son souvenir en était antérieur

      • A déménagé le 10-11-2011
        • Posté à 18h16 le 28/05/2011
        • Internaute 124772
          -

        Ça, ça me fait bien sourire : -)

        Et celui là ?

        En pleine nuit je fais un cauchemard.Je vois un mur rouge comme une plaque surchauffée,j’entends des hurlements d’enfants derriere .
        Je me réveille avec la nausée,je bois un verre et je me recouche .
        Au matin j’écoute la radio et aux infos j’apprends que dans la même nuit des enfants sont morts dans un pavillon qui a brûlé.Seuls les parents ont survécu et les parents n’ont pas réussi a les sauver.
        Comme déjà vu ...

         
        • zorai
          zorai répond à A déménagé le 10-11-2011
          a l'ouest
          • Posté à 18h27 le 28/05/2011
          • Internaute 153708
            a l'ouest

          même explication...

          parfois les sujets pensent que leur souvenir a des années mais en réalité ils ont un souvenir « vide » et quand ils rencontrent cette impression le souvenir récent vient juste devancer le rappel en se glissant dans cette boîte vide que le 1 er souvenir avait laissé.
          Le sujets ont meme l’impression de « se souvenir de s’être souvenue entre-temps » d’un visage qui pourtant n’est effectif qu’a la fin

        • Krishnamurti
          Krishnamurti répond à A déménagé le 10-11-2011
          Humain (1895 - 1986)
          • Posté à 22h47 le 28/05/2011
          • Internaute 53637
            Humain (1895 - 1986)

          Si vous vous réveillez au moment des infos, ils est normal que certaines infos passent dans votre inconscient et que vous en rèviez juste avant d’avoir le temps de vous réveiller totalement.
          Ca m’arrive quelquefois, et je ne cherche pas d’explications paranormales.
          De plus, quand je fais la grasse-matinée, le fait de m’être réveillé une fois et de me rendormir me rend beaucoup plus sensible aux bruits environnants. Je « rève éveillé » en sachant bien que je ne suis qu’à moitié endormi...
          Enfin, sans être médisant, l’abus d’alcool et de shit rend très imaginatif, dans le sens paranoïaque du terme.

        4 autres commentaires
    • adrienden
      adrienden répond à A déménagé le 10-11-2011
      En quête de sens
      • Posté à 14h35 le 29/05/2011
      • Internaute 136586
        En quête de sens

      Vous l’avez acheté dans la magasin même ou par internet d’abord ?
      Peut-être qu’en vous amusant avec le matin suivant vous avez, sans le voir, parcouru rapidement la photo du propriétaire (les photos de profil sur ce genre de machins ça existe et ça apparaît souvent quand on rentre dans les menus options ou préférences non ?).

      Bon... affaire à suivre... ; -)

      • A déménagé le 10-11-2011
        • Posté à 16h10 le 29/05/2011
        • Internaute 124772
          -

        Définitivement non .Jamais je n’ai aperçu les photos de l’ancien propriétaire avant ce rêve.
        Dans mon idée quand j’ai parlé de cette experience j’avais aussi autre chose en tête .Par exemple on admet que les bains de boues sont bénefiques pour le corps,on admet que des oligo éléments pénetrent par la peau ,que des bracelets de cuivre font du bien au membre douloureux atteints par l’arthrite etc ...d’où l’idée qu’il est possible que des infos passent par le corps ,la peau .
        Le son,la musique,les notes influent sur le système nerveux
        Y en a bien qui veulent la guerre quand ils écoutent Wagner
        C’est juste une piste possible c’est tout .

         
        • adrienden
          adrienden répond à A déménagé le 10-11-2011
          En quête de sens
          • Posté à 18h09 le 29/05/2011
          • Internaute 136586
            En quête de sens

          Ce sont des pistes intéressantes.
          Woody Allen aurait très envie d’envahir la Pologne quand il écoute Wagner !

        1 autres commentaires
  • Enki
    Enki
    alchimiste
    • Posté à 11h45 le 28/05/2011
    • Internaute 9562
      alchimiste

    Intuitivement, la synesthésie laisse penser à un phénomène de résonance.

    La recherche du fonctionnement du cerveau, et la compréhension de ce qu’est la pensée ont débutées en considérant la transmission du message nerveux, les cheminements et interactions d’« unités d’information élémentaire », avant de les perdre dans la foule cérébrale dont la modélisation résiste mieux à la connaissance que l’intimité lunaire.

    On touche peut-être ici à la compréhension de la nature ondulatoire autant que « corpusculaire » de nos lumières...

    • mewtow
      mewtow répond à Enki
      • Posté à 13h00 le 28/05/2011
      • Internaute 138470

      Attention, charabia pseudo-scientifique détecté !

      Faut dire que parler d’ interactions d’« unités d’information élémentaire » et compréhension de la nature ondulatoire autant que « corpusculaire » de nos lumières, ça frise le n’importe quoi.

      • Enki
        Enki répond à mewtow
        alchimiste
        • Posté à 15h40 le 28/05/2011
        • Internaute 9562
          alchimiste

        Oula, j’espère que je ne vais pas avoir d’ennuis avec la modération !

        Faut dire que si j’avais conclu en moins de dix lignes de charabia irréprochablement scientifique un propos introduit sur une intuition de cette nature, il eût fallu crier au génie. Je n’y prétends pas.

        Faut dire qu’il faut chercher où j’attribue une nature scientifique à mon commentaire. Je n’y prétends pas.

        Faut dire que l’inquisition partage désormais avec l’académie le monopole du droit de penser l’homme et l’univers. Je n’y prétends pas.

        Faut dire que je n’ai pas payé au syndicat la licence d’utilisation du vocabulaire que je me permet d’emprunter. Pas les moyens.

        Mais moi y’en a imaginer que moi y’en a pouvoir m’autoriser à penser que si y’en a avoir synchronicité de deux sens sans relation fonctionnelle, ça y’en a peut-être être comme toaster qui vibre dans la cuisine quand machine à laver essore dans pièce à coté.

        Et je tends à croire que la conscience ne fonctionne pas très différemment de ce dont elle est conscience, les soirs de pleine lune, quand je jette de la poudre de perlimpinpin sur mon pentacle magique.

  • Rebel Yell
    Rebel Yell
    Je pose une question.
    • Posté à 18h05 le 28/05/2011
    • Internaute 127333
      Je pose une question.

    Un chercheur qui pense, c’est bien.

    Mais un penseur qui cherche, c’est mieux.

  • Papcha
    Papcha
    Etudiant
    • Posté à 12h18 le 28/05/2011
    • Internaute 96818
      Etudiant

    Les sciences Co m’ont toujours semblé fumeuse mais sait-on jamais ! !

    • Autre raleur
      Autre raleur répond à Papcha
      • Posté à 15h03 le 28/05/2011
      • Internaute 39310

      Pourriez-vous développer ?

      Comme dans toutes les sciences de ce genre, on fait des expériences en essayant de contrôler un maximum de paramètres et on regarde l’effet induit par la modification de quelques uns de ces paramètres. On obient ainsi des données, des informations (et pour que ces données aient un sens il faut préciser les résultats et le protocole expérimental). Il n’y a là rien de criticable a priori (ça devient criticable si pour obtenir ces données vous trépannez des sujets par exemple).

      Ensuite, ce qui est délicat, c’est d’interpréter ces données. Et si on résume ces recherches aux interprétations qui sont faites c’est évidemment douteux (comme dans des journaux de vulgarisation que je ne citerai pas). Mais si on n’oublie pas les données, pas de soucis.

      • Papcha
        Papcha répond à Autre raleur
        Etudiant
        • Posté à 13h57 le 29/05/2011
        • Internaute 96818
          Etudiant

        Je suis parfaitement d accord avec vous, tant qu’on se contente d’une démarche scientifique rigoriste il n’y a aucun problème. Ce qui me dérange dans les sciences Co, c’est la tendance à foutre de la méta partout, y compris dans les projets de recherches, comme justification. Comprendre la réponse d’un paramètre à des stimulus se justifie dans une meilleure compréhension de la plasticité du cerveau et ne pose aucun problème, affirmer comprendre comment fonctionne le langage en analysant les neurones qui s’en occupent relève pour moi du non sens scientifique et relève de la communication et de la course au financement (pour ne pas parler de malhonnêté intellectuelle). La limite est mince, est certains la franchisse sans problème (d’où les articles de vulgarisation au passage).

  • Anastaze
    Anastaze
    inconsolable
    • Posté à 12h46 le 28/05/2011
    • Internaute 53186
      inconsolable

    Voyelles

    A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,
    Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
    A, noir corset velu des mouches éclatantes
    Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,

    Golfes d’ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes,
    Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d’ombelles ;
    I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
    Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;

    U, cycles, vibrement divins des mers virides,
    Paix des pâtis semés d’animaux, paix des rides
    Que l’alchimie imprime aux grands fronts studieux ;

    O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
    Silences traversés des Mondes et des Anges :
    - O l’Oméga, rayon violet de Ses Yeux !

    Arthur Rimbaud

  • pelicano
    pelicano
    intermittent
    • Posté à 12h48 le 28/05/2011
    • Internaute 156246
      intermittent

    A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,
    Je dirai quelque jour vos naissances latentes

  • algiedi
    algiedi
    Cuistre
    • Posté à 13h07 le 28/05/2011
    • Internaute 89961
      Cuistre

    Bon attention, j’adore les articles de vulgarisation scientifique hein.

    Mais un article pour dire « y’a un truc chelou, mais personne sait comment ça marche », était-ce vraiment la peine ?

    Allez, pour compenser, deux petits liens en anglais pour explorer le thème du début de l’article (voir ce que le cerveau perçoit) :

    Lien
    Lien (éventuellement déconseillé aux amoureux des chats)

  • Sébounet
    Sébounet
    Null
    • Posté à 13h21 le 28/05/2011
    • Internaute 131965
      Null

    Pas mal ... La recherche sur l’UA,les sciences cognitives, c’est pas nouveau ou c’est pas la même chose ? C’est comme d’habitude, juste la terminologie qui change, non ?

  • jm gruget
    jm gruget
    dans le bois
    • Posté à 13h23 le 28/05/2011
    • Internaute 150693
      dans le bois

    Rimbaud devait être synesthéte.

    • thierry reboud
      • Posté à 13h40 le 28/05/2011
      • Internaute 20923

      A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,
      Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
      A, noir corset velu des mouches éclatantes
      Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,

      Golfes d’ombre ; E, candeur des vapeurs et des tentes,
      Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d’ombelles ;
      I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
      Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;

      U, cycles, vibrements divins des mers virides,
      Paix des pâtis semés d’animaux, paix des rides
      Que l’alchimie imprime aux grands fronts studieux ;

      O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
      Silence traversés des Mondes et des Anges :
      - O l’Oméga, rayon violet de Ses Yeux ! -

    • A déménagé le 02-02-2012-2
      • Posté à 13h55 le 28/05/2011
      • Internaute 82025
        non connue

      Contrairement à Rambo qui voyait tout en kaki.

      • boboétie
        • Posté à 14h15 le 28/05/2011
        • Internaute 2816

        Je suis aussi synesthète (de type A) avec une bouteille de rhum blanc.
        Je suis aussi synesthète (de type B) avec une bouteille de vodka.
        Je suis aussi synesthète (de type C) avec une bouteille de tequila.
        Je suis aussi sisynesthète (de type Dédé) avec une boubouteille de je sais pus.

      • jiemo
        jiemo répond à A déménagé le 02-02-2012-2
        123 ignition lift off
        • Posté à 23h48 le 29/05/2011
        • Internaute 21993
          123 ignition lift off

        C’est pas sérieux çà Mr Liger...

        Je glousse...

    • pelicano
      pelicano répond à jm gruget
      intermittent
      • Posté à 14h16 le 28/05/2011
      • Internaute 156246
        intermittent

      D’après Verlaine, il ne voyait pas les lettres en couleurs, là on a à faire à un pur excercice de poésie, bien sur un « excercice de poésie » de Rimbaud égal un chef d’oeuvre.

      A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,
      Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
      A, noir corset velu des mouches éclatantes
      Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,

      d’abord il faut savoir que si Rimbaud parle de naissance latentes à propos des voyelles, il ne parle pas exclusivement de leur donner une couleur, mais de leur faire litteralement prendre vie...aussi il applique d’abord le système, « une voyelle, une couleur » un peu comme un dictionnaire transposé ou le A definition : première lettre de l’ordre alphabétique était transposé un dictionnaire rimbaldien par A définition, Premiere voyelle vivante, de couleur noire.etc...

      à partir de là l’objectivation première de ce système, laisse place à la suite à un processus de la définition en langage poétique...pour le A, le noir et la forme de la lettre s’identifie à la mouche (Visuellement une mouche vu du dessus peu être le plus graphiquement tracé comme un V renversé puis un « haa ! » de dégoût à la vue de mouches qui volettent autour d’une merde par exemple)

      Je vais pas faire le raisonnement pour le reste du texte, mais à partir de là tu dois pouvoir approfondir ce chef d’oeuvre de Rimbaud, et comprendre un peu mieux la démarche rimbaldienne. Enfin si tu ne l’a déjà comprise.

  • Haroeris
    Haroeris
    Grand maitre
    • Posté à 14h22 le 28/05/2011
    • Internaute 105815
      Grand maitre

    La pensée, avant tout, est une hallucination. Elle est le reflet de l’intéraction avec autrui et s’articule sur le language. Il s’agit d’une autohypnose, mieux encore, elle définit l’environnement. Avec l’âge et la compréhension la pensée s’étend.
    La compréhension elle est une micro-auto-destruction d’une zone défécatoire du cerveau pour une régénération par les rêves qui inclus l’auteur orignel de la pensée à comprendre.
    La dopamine est le médiateur des propriétés intellectuelles jusqu’aux neurotransmetteurs.

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 15h56 le 28/05/2011
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    « Comprendre la pensée ? Les chercheurs y pensent… »

    Ils devraient aller à Deauville et expliquer ça aux membres du G8 !
    Apprendre à penser juste, c’est extrêmement URGENT !

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 16h04 le 28/05/2011
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    « quoi de commun dans la triade “ épice, lever, ficelle ” ? Il s’agit du pain, car on mange du pain d’épice, pour faire du pain il faut faire lever une pâte, et la ficelle est une sorte de pain »

    Génial, nous voilà ravalés au niveau « intellectuel » des Jeux télévisés de Nagui ! ! !

    En fait, un inactif qui pense n’est pas plus utile qu’un actif qui ne pense à rien.

    Mais dans notre monde :
    - Nous avons ceux qui travaillent, qui contruisent et qui agissent tous azimuts,
    - Et ceux qui ne pensent qu’à réfléchir à la meilleure manière de les exploiter.

  • dilettante non mélomane
    • Posté à 16h39 le 28/05/2011
    • Internaute 107984
      En stand-by

    Bonjour,
    tout d’abord, @Algiedi :
    perso, je ne vois pas le rapport entre le lien que vous avez posté et la synesthésie. Il ne s’agit à première vue que de tenter d’imager ce qu’un chat peut voir, après reconstruction du signal visuel perçu via son tractus optique par son circuit cérébral. Je ne vais pas m’amuser tout de suite à lire les articles, mais leur algo de reconstruction du signal est visiblement imparfait. À vue de pif, c’est un code qui cherche un maximum de vraisemblance entre le signal détecté et une banque d’images de félins et canidés, avec une recherche particulière des yeux/nez/bouche.
    Pas assez convaincant... Mais merci de l’info, je vérifierai si ma première impression est la bonne et regarderai si leur traitement laisse la possibilité que le chat perçoive des visages humains...

    Bon, ceci-dit, que les chats soient synesthètes fait partie de mon corpus de croyances à éprouver : -).

    • dilettante non mélomane
      • Posté à 17h11 le 28/05/2011
      • Internaute 107984
        En stand-by

      Ensuite, c’est amusant, je crois être le premier synesthète à publier...
      Ou plutôt, pour être claire, afin de corroborer l’hypothèse selon laquelle j’étais synesthète, j’ai participé à une étape de l’étude dont il est question dans l’article. Je ne fais pas partie des sujets impliqués dans l’étude - et tant mieux, car le pool est très restreint et je ne suis pas sûre de faire partie des normo-cognitifs... Suis peut-être aspie Lien. Le revers : je ne suis pas entrée à cette occasion dans un protocole permettant de valider/invalider mon hypothèse.

      Perso pas de synesthésie graphème-couleur, mais il y a quelque chose avec la couleur, difficile à exprimer : pour moi, chaque couleur est une couleur et une seule, à placer dans un continuum. Idem pour un son ou une saveur. Je n’ai pas de nom pour chacun d’entre eux mais impossible, par exemple, de laisser les autres attribuer à une couleur donnée un nom qui correspond à une autre dans ma perception. Ça sonne trrès faux, et la sensation tactile associée à ce que je perçois comme une erreur de l’autre est trrrès désagréable.

      Ok, maintenant, on part dans le bizarre. Enfin... Ça dépendra de qui lit : -).
      Je suis synesthète temps-espace (je perçois le temps en 3d), proprioception-temps, sapidité-odorat, sapidité-vision, toucher-ouïe, toucher-vue. Et j’arrête là.
      Autant dire que c’est un sacré fouilli !

      [edit d1 faute]

    • algiedi
      algiedi répond à dilettante non mélomane
      Cuistre
      • Posté à 20h13 le 28/05/2011
      • Internaute 89961
        Cuistre

      Le lien que j’ai posté était en rapport avec le titre & début de l’article - qui eux-même n’ont pas grand-chose à voir avec la synesthésie :

      Peut-on vraiment savoir ce que pensent les autres ? Et dans ce cas, que signifie « savoir » ce qu’ils pensent ?
      [...]
      La spécialité de J.-M. Hupé est l’étude des mécanismes cérébraux impliqués dans la perception de l’information visuelle : comment notre cerveau produit-il une image à partir des informations que l’œil lui expédie ?

      Le reste de l’article se résumant essentiellement à « ah bah personne sait en fait », ma foi autant partir en tangente.

      ––-

      Je ne vais pas m’amuser tout de suite à lire les articles, mais leur algo de reconstruction du signal est visiblement imparfait. À vue de pif, c’est un code qui cherche un maximum de vraisemblance entre le signal détecté et une banque d’images de félins et canidés, avec une recherche particulière des yeux/nez/bouche.

      J’ai ri tout haut.
      D’où l’intérêt de lire les articles, donc.

      • dilettante non mélomane
        dilettante non mélomane répond à algiedi
        En stand-by
        • Posté à 22h28 le 28/05/2011
        • Internaute 107984
          En stand-by

        « Le lien que j’ai posté [...] en tangente ».
        Ah, merci de la précision, je n’avais pas saisi. Vous avez raison, cet article a vraiment été écrit trop vite. L’info transmise peut être perçue comme « ah bah personne sait en fait », mais cela vient du manque de documentation de l’auteur. Quelques idées intéressantes existent déjà.
        Par exemple, il pourrait y avoir un lien génétique, raison pour laquelle il est intéressant pour les chercheurs d’obtenir des infos sur la famille (chromosomes 2 -lié aussi à l’autisme-, 5, 6, and 12 dans le cas de la synesthésie vision-audition), mais on ne sait pas pourquoi cette modif génétique existe. Voir vulgarisation Lien. On ne sais pas encore trop se qui se passe : inhibition déficiente de certaines voies d’échange, activation croisée de certaines aires cérébrales, défaut d’élimination de neurones. Le lien avec l’autisme asperger (si je ne dis pas de bêtises quant à la nature du type d’autisme impliqué, selon la classification DSM-IV **. ) est intéressant : la vitesse de croissance du cerveau de ceux-ci est accélérée par rapport à la population dite-moyenne, au cours de leur enfance, puis décélérée de sorte d’arriver à une taille semblable à la population moyenne à l’âge adulte.
        Le type de synesthésie éprouvée pourrait être corrélé au génotype, à l’apprentissage, on ne sait pas. Difficile à dire, car si les personnes ne savent pas forcément qu’elles sont synesthètes, l’intensité de certaines de leurs perceptions peut orienter leurs intérêts, ainsi que ceux de leurs enfants. Cela peut favoriser un entraînement précoce à l’affinage de certaines perceptions.

        Ainsi, ma grand-mère avait un odorat très fin. Celui de mon père l’est pas mal. Ma mère considère cela comme un handicap, car nous sommes très incommodés par certaines odeurs. Du fait de la reconnaissance de ce sens, je me suis depuis ma prime enfance amusée avec les odeurs. Je ne suis pas nez, mais j’ai un corpus sensoriel odorant large par rapport à la moyenne de la population, qui a encore été renforcé par un très fort intérêt de ma mère pour les plantes.
        Le revers de la synesthésie odorat-qlq chose (par exemple) est que lorsqu’une personne présentant un déficit de la sociabilité se rend compte qu’elle sent plus finement que les autres, mais aussi qu’à certains moments rien de présent ne peut être la source de l’odeur, ouïlle, « mais que se passe-t-il ? ».
        Il est salutaire alors d’être rationnel, de vérifier si l’on a des hallucinations pour ne pas se construire une vision du monde phantasmatique.

        Sinon, ok pour votre rire, il y avait en fait de l’auto-dérision dans mon texte, ainsi qu’une marque d’intérêt pour votre lien. Je le lirai, cet article.
        Cependant, d’habitude, je suis très performante en ce qui concerne le repérage de structures particulières, associé à la prise en compte des détails. Et puis, j’ai quelques connaissances sur le traitement du signal, pratiques et théoriques. D’où ma présupposition sur la méthode utilisée. Si je me suis plantée, je me suis plantée.
        Mais c’est bizarre, où le résultat d’une sélection abusive d’images : perso, je ne détecte pas les chats comme une ayant une apparence humanoïde. Tout au plus puis-je comparer et trouver semblables l’attitude corporelle d’un passant et celle de son chien. Pas leur physionomie. Ok, j’avoue, je ne suis pas physionomiste avec les humains, sauf si je m’entraîne à repérer leur visage.
        Je le lirai, vous dis-je.

        **À noter que celle-ci est intéressante faute de connaissances clairement étayées, mais insuffisante pour être autre chose que très fluctuante actuellement, à cause d’une prédominance de la démarche inductive pour son établissement.

         
        • algiedi
          algiedi répond à dilettante non mélomane
          Cuistre
          • Posté à 22h43 le 28/05/2011
          • Internaute 89961
            Cuistre

          La première partie de votre commentaire était très intéressante. Voilà ce que j’aurais aimé lire dans l’article de Rue89.

          Vous mentionnez l’autisme asperger, et je me suis demandé : avez-vous été diagnostiquée avec ce syndrome ? Votre façon de vous exprimer (à l’écrit du moins) est très particulière.

          Pour ce qui est du bouzin avec les chats, si j’ai bien saisi les images sont détectées avant le travail de « post-production » du cerveau.

          Il n’est d’ailleurs pas dit que cette expérience soit transposable aux humains, mais je me suis posé la même question en regardant mon chat tout à l’heure : est-ce que, quelque part, je perçois une qualité humaine dans ses « traits » ? Est-ce que, sans m’en rendre compte, je les calque sur une structure humaine ? Est-ce que les insectes sont instinctivement craints parce que leur physionomie est justement incalquable sur la nôtre ? Pourquoi les singes ne sont pas nos meilleurs potes du coup ?

          On sait déjà que nous sommes « programmés » pour voir des visages partout, ce qui explique l’occurence de visages flottants dans le syndrome Charles Bonnet (Lien - à Googler parce que ça en dit beaucoup sur l’intéraction yeux-cerveau) ou notre tendance à voire la vierge dans des pancakes. Mais tant qu’on aura pas reproduit l’expérience sur un être humain, on ne pourra pas en être sûrs ;)

          • dilettante non mélomane
            dilettante non mélomane répond à algiedi
            En stand-by
            • Posté à 03h12 le 29/05/2011
            • Internaute 107984
              En stand-by

            « Vous mentionnez [...] particulière ».
            C’est une EXcellente question : -) ... que je ne m’étais jamais posée avant hier soir. La performance d’un acteur jouant un asperger m’a fourni une petite info, qui combinée aux données que j’avais accumulées sur les atteintes mentales m’a orienté vers cela. J’étais bêtement restée sur l’idée que seuls les hommes montrent ce syndrome. Mais ça colle pas mal, oui. Vraiment bien, en fait. L’autre profil était la douance. Je n’ai pas terminé de lire là-dessus, mais les psychologues qui en parlent - y compris ceux diagnostiqués comme tels- sont souvent trop peu rationnels. Il manquait un truc.
            Reste à confirmer cependant. Les deux. Pas pour avoir des étiquettes, mais pour tester cette solution et surtout, pour aider les petits de la famille à grandir sans risquer d’être détruits par la bêtise de la majorité des gamins non-aspie de leur âge.
            Pour ce qui est de ma façon de m’exprimer à l’écrit, le rythme et la prosodie dépendent de la situation de stress dans laquelle je suis... et de la difficulté que j’ai à exprimer mes idées de manière à ce que la personne en face les comprenne. Très stéréotypé si je sens que l’autre est inapte à décoder mon message, plus cool sinon. En général, la communication est impossible avec une personne irrationnelle, à moins qu’elle m’importe.
            Mais je suis tout-à-fait capable de composer des textes de différents styles. J’adorais copier Rimbaud (pâle copie adolescente), j’ai fait du Pouy bien avant de le connaître. Puis ça m’a soûlée. Je suppose que je suis rouillée à ce genre d’exercice, à présent.

            Pour la publi sur les chats, je ne sais pas, j’ai juste jeté un oeil rapide au texte vulgarisé.

            Je ne sais pas si l’expérience est transposable aux humains. S’il y a un volontaire, j’imagine que oui (je sens que je vais être nazée)...

            « Il n’est d’ailleurs pas [...] du coup ». Je ne peux pas répondre à votre place : -). Pour moi, un chat est un chat, un humain un humain, je me fous des insectes sauf s’ils puent ou sont trop dangereux, mais les trouve intéressants, et j’execrais les singes jusqu’à parvenir à contrôler ce dégoût. Pareil pour les humains jusqu’à ce que je décide de retourner vers eux, afin de trouver des semblables hors ma famille.
            La question délicate pour moi serait plutôt : « mince, mais je ne leur ressemble vraiment pas. Comment peuvent-ils continuer à penser aussi tordu ces m’sieurs-dames ? » Ceci ajouté au fait que j’ai longtemps plus facilement communiqué -verbalement ou gestuellement- avec les chats qu’avec les personnes de mon espèce et de mon âge, que je puisse passer devant une glace sans me reconnaître à moins d’y avoir intérêt... Ma foi, je vois des traits de mon caractère dans les chats qui vivent avec moi, donc ma perception d’eux est probablement biaisée, mais pas de la même manière que tout le monde.

            Pour ce qui est de la perception des visages dans les structures aléatoires : cela marche parfaitement. Je vois quasi instantanément les silhouette/visage de la vieille femme et de la jeune. Ce qui est lent, c’est l’outil du langage. C’est une frustration perpétuelle. Non pas que je parle lentement : en m’écoutant ou en suivant une de nos conversations à 5, vous seriez sans doute submergé.

        2 autres commentaires
  • Go to the page
  • 1
  • 2
Retour sur Rue89

Note Les notes de blogs ne sont pas toutes mises en forme par l'équipe de Rue89 contrairement aux articles du site.