Infusion de sciences

La science est une activité très sérieuse dont il est fondamental de parler (aussi) avec dérision

Les mal lotis sont en mauvaise santé. La faute à qui ?

Damien Jayat
Médiateur scientifique
Publié le 26/12/2011 à 15h45

Les pauvres sont en moins bonne forme que les riches. C’est triste, mais c’est un fait. Parmi les – nombreuses – causes : des conditions de vie difficiles pendant l’enfance qui, des années plus tard, se manifestent en diabètes, cancers ou taux explosifs de cholestérol.

Pourquoi cette double peine ? Les biologistes tiennent une des coupables : l’épigénétique.

Anatomie d’un gène

Un gène sert à fabriquer une protéine. Une protéine remplit une fonction biologique : par exemple, l’hémoglobine transporte l’oxygène dans le sang.

Chaque fonction remplie permet à l’organisme de rester debout. Et la vie est belle. Sauf que dans les détails, la vie est plus tortueuse. Dès qu’on penche sa loupe sur un gène, un vrai, on tombe sur un fouillis comparable à un sac à main de femme enrhumée.

Il y a bien des parties du gène qui servent à fabriquer une protéine (schéma ci-dessous). Mais elles sont interrompues, chez tous les êtres vivants hormis les bactéries, par d’autres morceaux dont l’identification du rôle exact donne encore des sueurs froides aux spécialistes.

Et en amont de tout ça, il y a un autre bout d’ADN qu’on appelle un promoteur. Comme son cousin immobilier initie la construction d’un lotissement, le promoteur biologique initie la lecture d’un gène et l’échafaudage de la protéine correspondante. Sauf quand le promoteur est bloqué. Ce qui arrive souvent, et heureusement. Sinon nos cellules pondraient de la protéine à tour de bras et finiraient par s’étouffer avec.


Un gène : séquences pour fabrication de protéine (en rouge) + séquences intermédiaires (en gris) + séquence d’initiation (le promoteur, en bleu) + séquence de fin (en vert). A : promoteur non méthylé. B : promoteur méthylé.

Encore des promoteurs véreux

C’est là qu’intervient l’épigénétique, un ensemble de phénomènes qui décident si oui ou non un gène est lu et si la protéine correspondante est fabriquée. Par exemple, amusez-vous à farcir un promoteur (biologique, pas immobilier) de petites boulettes chimiques. Comme un promoteur véreux (immobilier, pas biologique) bourré de pots de vin peut annuler un chantier, avec un promoteur biologique farci aux boulettes, la lecture du gène s’arrête.

Ce mécanisme s’appelle la méthylation, sous prétexte que les boulettes en question ressemblent à des molécules de méthane. C’est un exemple de phénomène épigénétique : promoteur non méthylé, le gène est lisible, la protéine est fabriquée. Promoteur méthylé, fin de l’histoire, pas de protéine et tout le monde au dodo.

Le lien entre épigénétique, pauvreté et mauvaise santé ? Des chercheurs canadanglais, menés par Nada Borgho, viennent de mettre le doigt dessus en découvrant qu’entre un pauvre et un riche, les promoteurs ne sont pas méthylés pareil.

Selon que vous serez puissant ou misérable

L’expérience consistait à comparer l’état de méthylation des promoteurs chez plus de 3 000 personnes, toutes nées en mars 1958, réparties en quatre groupes selon leurs catégories socioprofessionnelles (CSP) :

  • groupe 1 : CSP basse pendant l’enfance et basse à l’âge adulte ;
  • groupe 2 : CSP basse pendant l’enfance et haute à l’âge adulte ;
  • groupe 3 : CSP haute pendant l’enfance et basse à l’âge adulte ;
  • groupe 4 : CSP haute pendant l’enfance et haute à l’âge adulte.

Le groupe 1 est ainsi celui des « pauvres » restés pauvres, le groupe 4 celui des « riches » restés riches, etc.

En secouant les données sur ces quatre groupes avec de sombres statistiques, l’équipe de Nada Borgho a bel et bien identifié des tendances. Selon qu’on ait grandi dans une famille plus ou moins riche, selon qu’on soit maintenant à l’aise ou dans la dèche, les traces épigénétiques ne sont pas les mêmes.

Pour ceux qui aiment les chiffres, un exemple : 666 (diable !) promoteurs sont davantage méthylés chez les gens ayant été élevés dans la soie ; et 586 autres promoteurs sont au contraire plus méthylés chez ceux qui claquaient des dents pendant l’hiver. Voire l’été, pour les cas extrêmes.

Pas de conclusions hâtives

Y a-t-il un lien entre cet état épigénétique différent, lié notamment à l’enfance, et la santé plus fragile des mal lotis ? Réponse normale de Nada Borgho et ses collègues : peut-être. Le scientifique ne se mouille pas sur des questions aussi graves, et il a bien raison car il n’est pas là pour ça.

Il ne tire que les conclusions qui relèvent de ses compétences. Il remarque par exemple que les différences de méthylation entre « riches » et « pauvres » ne touchent pas uniformément toutes les régions du génome, mais sont concentrées sur certaines zones. Phénomène qui ressemble beaucoup à ce qu’on relève dans certains cancers.

Le scientifique note aussi que ces différences sont observées chez des rats ayant reçu des soins attentifs de leur maman… ou pas. Bref, nous dit-il, « des mécanismes épigénétiques pourraient contribuer au lien entre catégorie socioprofessionnelle pendant l’enfance et état de santé à l’âge adulte ». Mais ! Avant de relier clairement tout ça, il y a encore du brin d’ADN à moudre.

On sait déjà que les conditions de développement, intra-utérin et pendant l’enfance, laissent des traces épigénétiques, et que les traces épigénétiques ont des répercussions sur la taille de notre abonnement à la Sécurité sociale. Pourquoi ? Parce que la lecture plus ou moins abondante de certains gènes rend plus ou moins sensible à diverses pathologies.

Il y a donc dans l’épigénétique une piste à creuser, et nul doute que l’étude de Nada Borgho vient d’ajouter un bon coup de pioche. Mais quels sont les mécanismes biologiques précis impliqués dans cette histoire ? Le scientifique ne sait pas. Mais il cherche, et il donne le seul conseil qui soit à sa portée : chercher encore…

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  • unagi-
    unagi-
    卑語
    • Posté à 16h31 le 26/12/2011
    • Internaute 24252
      卑語

    Il est pas drôle ton sketches.

    • Bernardo Zorro
      Bernardo Zorro répond à unagi-
      Il était une fois dans le Sud- (...)
      • Posté à 16h41 le 26/12/2011
      • 176980
        Il était une fois dans le Sud- (...)

      Non pas du tout, les scientifiques me font parfois penser aux zombies qui buttent sur la baie vitrée parce que voulant atteindre la lumière mais ya la baie vitrée alors ils s’y cognent et se recognent indéfiniment...

      Bref vouloir expliquer ce qu’il se passe dans le cerveau sans prendre l’expérience dudit cerveau en compte relève carrément de la fumisterie même.

      • unagi-
        unagi- répond à Bernardo Zorro
        卑語
        • Posté à 16h43 le 26/12/2011
        • Internaute 24252
          卑語

        Tu as l’air de bonne humeur.

         
        • Bernardo Zorro
          Bernardo Zorro répond à unagi-
          Il était une fois dans le Sud- (...)
          • Posté à 17h48 le 26/12/2011
          • 176980
            Il était une fois dans le Sud- (...)

          C’est noël, ça me fait souvent ça pendant cette « période », puis la reprise par le nouvel obs aussi de notre rue, quelque chose est resté en travers de la gorge...

          • unagi-
            unagi- répond à Bernardo Zorro
            卑語
            • Posté à 22h08 le 26/12/2011
            • Internaute 24252
              卑語

            J’ai préféré picoler mais c’est la période qui veut ca.
            Haut les cœurs ! ! !

            • Bernardo Zorro
              Bernardo Zorro répond à unagi-
              Il était une fois dans le Sud- (...)
              • Posté à 22h19 le 26/12/2011
              • 176980
                Il était une fois dans le Sud- (...)

              Ah mais j’ai picolé aussi faut bien ça pour tenir le coup... : -)

        3 autres commentaires
      • pablico
        pablico répond à Bernardo Zorro
        Co-NOBEL de la Paix
        • Posté à 17h10 le 26/12/2011
        • Internaute 14278
          Co-NOBEL de la Paix

        hé hé,

        on dit toujours :

        il vaut mieux être riche et en bonne santé, que pauvre et malade...

        Ils se sont basé sur ce constat bien populaire, donc ils habillent de mots scientifiques pour expliquer une évidence ! !
         ; -)

         
        • Rose.Arno
          Rose.Arno répond à pablico
          Enseignante
          • Posté à 17h35 le 26/12/2011
          • Expert 136988
            Enseignante

          Ne serait ce pas plutôt le bon sens populaire vérifié par la science ?

          • pablico
            pablico répond à Rose.Arno
            Co-NOBEL de la Paix
            • Posté à 18h09 le 26/12/2011
            • Internaute 14278
              Co-NOBEL de la Paix

            réciprocité...

        • Bernardo Zorro
          Bernardo Zorro répond à pablico
          Il était une fois dans le Sud- (...)
          • Posté à 17h52 le 26/12/2011
          • 176980
            Il était une fois dans le Sud- (...)

          Voilà c’est exactement ça, tout ce qu’ils ne comprennent pas les inquiète, alors comme pour le suicide c’est du aux gènes ben la pauvreté c’est du aux gênes aussi, je ne comprends pas pourquoi personne n’a proposé d’interdire aux pauvres de faire des enfants d’ailleurs avec le bilan génétique désastreux qu’ils ont c’est eux qui freinent la croissance c’est sûr !

          Ils sont totalement inconscients, c’est une véritable horreur...

          • Samuel_A
            Samuel_A répond à Bernardo Zorro
            Expat'
            • Posté à 18h07 le 26/12/2011
            • Internaute 112135
              Expat'

            À dire vrai, vous ne comprenez pas grand chose, et en premier lieu, vous n’avez compris ni l’article que vous lisez, ni l’étude dont l’article traite, ni ce que disent ces scientifiques. Ce qui du coup rends vos commentaires un peu étrange.

            Le pire, c’est que si vous aviez lu plus attentivement, vous auriez compris que ces scientifiques, sans s’avancer car ce serait aller au delà de leur domaine de compétence, pensent avoir un indice allant très précisément dans le même sens que vous.
            À savoir que ce n’est pas du tout une question d’inné, mais bien une question d’expérience, de vécu : ils pensent avoir trouvé une marque biologique du vécu en fait : des vécus différents entrainent des marques biologiques différentes. Et donc des résultats différents (notamment sur le plan de la maladie).

            Cela peut paraitre aller de soi, mais cela restait, en pratique, à démontrer par A+B : par cette expérience, ils pensent avoir réussi un passage important de cette démonstration.

            A votre décharge, le premier titre de l’article (qui s’affiche encore dans mon flux RSS) était très imprécis, et pouvait amener à comprendre exactement le contraire de ce que dit l’article.

            • Bernardo Zorro
              Bernardo Zorro répond à Samuel_A
              Il était une fois dans le Sud- (...)
              • Posté à 13h10 le 27/12/2011
              • 176980
                Il était une fois dans le Sud- (...)

              Mais ils peuvent pas le dire plus clairement aussi ? Genre une petite conclusion bien placée...

              Du coup en effet je suis parti du titre,, vous vous rendez compte de l’impact qu’il pourrait avoir sur la population ? La grande majorité aurait réagi comme moi je pense (pour une fois c’est cool certes...) parce que je suis tout de même habitué à lire les articles du monde diplo qui sont tout de même bien plus denses mais beaucoup plus clairs malgré tout mais là pas du tout compris ça, désolé...

          • pablico
            pablico répond à Bernardo Zorro
            Co-NOBEL de la Paix
            • Posté à 18h12 le 26/12/2011
            • Internaute 14278
              Co-NOBEL de la Paix

            si l’on interdit aux pauvres d’avoir des enfants, les riches se retrouveront pauvres...

            pas de cela chez nous .. ah non...

             ; -)

          • Herostrate
            Herostrate répond à Bernardo Zorro
            mal barré...
            • Posté à 18h48 le 28/12/2011
            • Internaute 147050
              mal barré...

            Et vous, ce que vous ne comprenez pas vous faites comment ? Vous l’attribuez au divin (quel que soit le nom a lui donner...) ?
            Ou vous essayez de l’expliquer ?
            Ou vous essayez de « pas vous prendre la tete » ?

            Et si vous lisez l’article avant de commenter, vous verrez que justement c’est pas du aux genes...

            • Bernardo Zorro
              Bernardo Zorro répond à Herostrate
              Il était une fois dans le Sud- (...)
              • Posté à 19h32 le 28/12/2011
              • 176980
                Il était une fois dans le Sud- (...)

              Désolé c’est pas clair du tout, si vous lisiez le monde diplomatique vous sauriez qu’on peut publier du contenu dense et intelligent en se faisant comprendre parfaitement.

              Je le répète et j’insiste, arrêtez un peu avec votre solidarité entre scientifiques, au lieu de cela mettez de nouvelles lunettes, prenez du recul et remettez vos façons de vous exprimer en question.

              Si vous souhaitez mal vous faire comprendre et que les gens continuent à interpréter faussement vos informations ben continuez comme cela

              De cet article j’en ai retenu que ce que j’ai commenté, j’ai beau lire et relire je ne comprends rien du tout...

              Mais vous avez certainement raison vu comme vous prenez les gens de haut...

              • Herostrate
                Herostrate répond à Bernardo Zorro
                mal barré...
                • Posté à 20h02 le 28/12/2011
                • Internaute 147050
                  mal barré...

                Je lis aussi le diplo, et ses articles sont le plus souvent construits comme des articles scientifiques : clarté, citations des sources etc...

                Il ne s’agit pas de solidarité entre scientifiques, je repondais certes un peu vertement, mais dans le ton de votre intervention. (sans rancune hein...).

                De manière générale, les communications et la vulgarisation scientifiques sont déplorables - et ce blog relève pourtant le niveau la plupart du temps (là j’ai l’impression que l’auteur n’a pas tout saisi au sujet...). Cet état de fait est la faute des scientifiques qui communiquent souvent mal mais aussi des médias et journalistes, qui écrivent presque toujours n’importe quoi et ne cherchent pas à s’informer.

                Les progrès en biologie font que cette science est d’une très grande complexité - moi même j’ai pas beaucoup de mérite de répondre sur le sujet, je suis chercheur en épigénétique (à peu près...).

                De fait je ne peux que déplorer que le grand public soit de fait tenu à l’écart des grands enjeux de la biologie et par là même de ceux de la médecine.

                Et tant que j’y suis, je précise que j’ai plusieurs fois proposé à la rédaction de la Rue de relire leurs papiers traitant de biologie a titre gracieux et que je n’ai jamais eu de réponse... Comme quoi les scientifiques ne sont aps les seuls fautifs.

        9 autres commentaires
    • Herostrate
      Herostrate répond à unagi-
      mal barré...
      • Posté à 18h42 le 28/12/2011
      • Internaute 147050
        mal barré...

      A preciser pour comprendre l’interet du truc :

      - un promoteur permet d’activer un gene en reponse a un stimulus : par exemple vous mangez des bonbons, vous avez du sucre dans le sang, ca joue (avec des intermediaires) sur le promoteur du gene pour l’insuline, produit cette derniere qui stocke ce sucre sous forme de graisse en ramenant le taux de sucre dans le sang a la normale.

      - l’epigenetique va jouer en plus de ce mecanisme. un promoteur methyle ne sera plus activable par la voie normale. Exemple cite dans l’article sur les rats : maltraites dans leur enfance, le promoteur d’un gene qui permet de ressentir le plaisir est methyle, et s’exprime donc beaucoup moins. Ces rats une fois a l’age adulte eprouveront moins de plaisir que leurs congeneres s’ils mangent la meme glace au chocolat (meme s’ils ne sont plus maltraites depuis longtemps).

      Les recherches dont parle l’auteur demontrent que les gens eleves dans des milieux differents montrent des « profils » de methylation legerement differents, mais sans precisions - c’est un domaine qui comporte encore d’immenses zones d’ombre.

      Certaines modifications epigenetiques durent toute la vie, d’autres peuvent meme se transmettre a la descendance - ceci soulignant l’interet de ce domaine de recherches.

      PS : je poste a la suite de votre commentaire qui n’a rien a voir, mais j’estime que ces informations sont un complement essentiel (je me trompe peut etre hein...) a la comprehension du message de l’article.

      • unagi-
        unagi- répond à Herostrate
        卑語
        • Posté à 18h58 le 28/12/2011
        • Internaute 24252
          卑語

        Merci pour votre post, je trouve de la carté dans votre intervention, en dessous d’un certain niveau la vulgarisation tue le sujet.

  • alaminos
    alaminos
    inventeur d'eau chaude
    • Posté à 16h38 le 26/12/2011
    • Internaute 103917
      inventeur d'eau chaude

    Au nom de la science si t’es pauvre et malade c’est pas à cause de tes conditions de boulot , de la bouffe dégueu que tu es obligé d’ingurgiter tous les jours, ni de ton con de chef sadique c’est épigénétique...
    Si tu ne comprends pas que c’est épigénétique c’est que c’est vrai puisque tu es pauvre et malade.....
    c’est un marronnier d’hiver ou quoi ?

    • unagi-
      unagi- répond à alaminos
      卑語
      • Posté à 16h46 le 26/12/2011
      • Internaute 24252
        卑語

      Et il y a encore de l’adn à moudre, on en est qu’au début, après le libéralisme darwinien le libéralisme génétique.

      • trouble fêtes
        trouble fêtes répond à unagi-
        aconforme
        • Posté à 17h08 le 26/12/2011
        • Internaute 156689
          aconforme

        le libéralisme darwinien le libéralisme génétique.

        Eugénisme !

      • LienRag
        LienRag répond à unagi-
        • Posté à 22h52 le 26/12/2011
        • Internaute 34767

        Il me semble que l’épigénétique vient complexifier le simplisme de la théorie du « gène égoïste » de Dawkins, qui elle est effectivement une apologie du libéralisme sauvage au nom d’un paradigme scientifique lui-même issu d’une vision idéologique...
        Vouloir remettre du réel dans ces fantasmagories est plutôt intéressant comme démarche, même si comme cet article cela reste largement « storytellé ».

         
        • a déménagé 23-04-2013
          a déménagé 23-04-2013 répond à LienRag
          non connue
          • Posté à 04h16 le 27/12/2011
          • 169677
            non connue

          Je ne vois pas où est la contradiction entre épigénétisme (qui n’est qu’un mot bidon pour parler de régulation pré-transcriptionnelle des gènes) et l’hypothèse de Dawkins. Par ailleurs je ne vois pas non plus en quoi l’hypothèse de Dawkins est une « apologie du libéralisme sauvage ». On pourrait même à l’inverse considérer que la théorie du gène égoïste est anti-libérale : plaçant les gènes au dessus de l’individu en terme d’évolution, elle va à l’encontre de l’individualisme et recentre la biologie sur les gènes, et donc l’espèce (le collectif si vous préférez). Vous gagnez grâce à votre commentaire un point Lyssenko.

        1 autres commentaires
    • evanligus
      evanligus répond à alaminos
      Skullkid
      • Posté à 16h59 le 26/12/2011
      • Internaute 111964
        Skullkid

      J’avais lu un article (faudrait que je cherche le lien) qui mettait en avant le fait qu’une bonne partie de la différence d’espérance de vie entre pauvres et riches s’expliquait du fait de notre hygiène de vie : le pauvre fume et boit plus et mange moins sainement (ce qui n’est pas qu’une affaire de moyens mais d’éducation).

      • Bernardo Zorro
        Bernardo Zorro répond à evanligus
        Il était une fois dans le Sud- (...)
        • Posté à 17h54 le 26/12/2011
        • 176980
          Il était une fois dans le Sud- (...)

        Cela est déjà bien plus proche de la réalité forcément...

    • Samuel_A
      Samuel_A répond à alaminos
      Expat'
      • Posté à 18h15 le 26/12/2011
      • Internaute 112135
        Expat'

      En fait si vous aviez lu plus attentivement vous auriez compris que cette épigénétique dit exactement la même chose que vous. Simplement, elle travaille à un niveau plus biologique, plus « profond » dans l’organisme.
      Mais cette expérience dit exactement la même chose que vous : si t’es malade quand t’es pauvre, c’est parce que quand t’es pauvre t’as un vécu vachement différent (moins agréable) que quand t’es riche, et que ça a des conséquences.

      On savait que :
      Etape 1 : T’es pauvre
      Etape 2 : T’as une vie de chien.
      Etape 3 : ? ? ?
      Etape 4 : ? ? ?
      Etape 5 : ? ? ?
      Etape 6 : ? ? ?
      Etape 7 : Résultat, t’es malade.

      L’épigénétique vient dire ce qui se passe à l’étape 4 et 5. On obtient :
      Etape 1 : T’es pauvre
      Etape 2 : T’as une vie de chien
      Etape 3 : ? ? ?
      Etape 4 : Cette vie de chien a des effets sur le fonctionnement « normal » de tes gènes.
      Etape 5 : Ces effets font que ton corps se construit/se répare/se régénère/etc. de travers.
      Etape 6 : ? ? ?
      Etape 7 : Résultat : t’es malade.

      Reste à trouver l’étape 3 (comment la vie de chien produit-elle ces effets sur les gènes, et quel vécu entraine quel effet sur quel gène), et l’étape 6 (quelles différences dans l’expression de quels gènes entraine quelles maladies et quels autres effets indésirables).

      En aucun cas l’épigénétique ne vient nier que les mauvaises conditions de vie ont un effet négatif sur la santé.

      Bien au contraire : l’épigénétique participe à expliquer pourquoi ces conditions de vie ont ces effets là.

      • lecteur-liseur
        lecteur-liseur répond à Samuel_A
        lecteur
        • Posté à 19h32 le 26/12/2011
        • Internaute 168212
          lecteur

        t as une vie de chien ?

        va chez le véto
        que ça saute
        pas remuer la queue

        hein !

         
        • Crepitus
          Crepitus répond à lecteur-liseur
          Retraité
          • Posté à 01h31 le 27/12/2011
          • Internaute 85789
            Retraité

          Pas de panique, c’est déjà envisagé.

        1 autres commentaires
      • Bernardo Zorro
        Bernardo Zorro répond à Samuel_A
        Il était une fois dans le Sud- (...)
        • Posté à 19h35 le 28/12/2011
        • 176980
          Il était une fois dans le Sud- (...)

        « En aucun cas l’épigénétique ne vient nier que les mauvaises conditions de vie ont un effet négatif sur la santé. “

        Vous comprenez bien que pour essayer de faire conclure quoi que ce soit avec des raisonnements aussi manichéens, chacun va le comprendre ou l’interpréter comme il le veut ?

        Si c’est clair dans votre tête cela devrait l’être aussi dans l’article, vous ne vous adressez pas à un public de scientifiques, au contraire même je pense qu’il y a surtout des littéraires, et des informaticiens aussi c’est vrai, que vous ayez à ramer après pour essayer de continuer l’explication prouve la confusion du propos...

        Attention cela n’est pas une critique directe c’est juste pour vous faire prendre conscience que la majeure partie de la population est totalement déconnectée du langage scientifique et qu’elle aime d’abord les (bons) vulgarisateurs parce que ces derniers maitrisent parfaitement la transmission de leur savoir à des pipes dans le domaine comme nous...

  • Tropicaleyes
    Tropicaleyes
    Jean-Christophe, En Slim, (...)
    • Posté à 16h49 le 26/12/2011
    • Internaute 95001
      Jean-Christophe, En Slim, (...)

    Les « riches » regardent très peu la TV, pourtant ils ont les moyens de s’en acheter plusieurs.

  • megalodon-
    megalodon-
    avatareux
    • Posté à 16h54 le 26/12/2011
    • 176877
      avatareux

    Kill the poor

    • unagi-
      unagi- répond à megalodon-
      卑語
      • Posté à 22h11 le 26/12/2011
      • Internaute 24252
        卑語

      and eat the rich

      • Crepitus
        Crepitus répond à unagi-
        Retraité
        • Posté à 01h35 le 27/12/2011
        • Internaute 85789
          Retraité

        C’était valable avant, mais depuis qu’ils surveillent leur ligne, leur santé, etc. il y a beaucoup moins de gras ; et comme c’est dans le gras qu’il y a le goût... C’est du pauvre qu’il faut manger, avec les cochonneries qu’ils ingurgitent il y a plus de graisse.

         
        • Bernardo Zorro
          Bernardo Zorro répond à Crepitus
          Il était une fois dans le Sud- (...)
          • Posté à 13h20 le 27/12/2011
          • 176980
            Il était une fois dans le Sud- (...)

          oui mais la graisse du pauvre est parfumée aux colorants et autres additifs tandis que celle qui reste du riche est parfumée au foie gras, à la truffe, au champagne de qualité, c’est pas le même fumet quand même, bouffons les riches oui...

          • Crepitus
            Crepitus répond à Bernardo Zorro
            Retraité
            • Posté à 13h31 le 27/12/2011
            • Internaute 85789
              Retraité

            Il est vrai, mais s’il n’y a pas assez de graisse les saveurs ne sont pas retenues. Problème complexe. Peut-être pourrait-on engraisser les riches, ou même les chaponiser avant de les manger.

        2 autres commentaires
  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 16h55 le 26/12/2011
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Et les antifumeurs qui ont étés pauvres et malades petits passent leurs temps a casser les couilles des fumeurs, même ceux qui ont des gènes en béton avec leurs promoteurs qui bossent comme des chefs.
    Alors que c’est a cause de l’epigenetique et pis c’est tout.

  • trouble fêtes
    trouble fêtes
    aconforme
    • Posté à 17h06 le 26/12/2011
    • Internaute 156689
      aconforme

    Le remède ?
    Éradiquer la pauvreté !
    Oui, mais les scientifiques n’auraient plus de travail (dans l’étude des conséquences de la pauvreté par l’épigénétique dans le cas présent), comme les caritatifs de faire-valoir !
    QUI NE VEUT PAS DE L’ÉGALITÉ ?
    Légalité de l’Égalité. N’était-ce pas le simple titre du Livre maudit de 1789, dont la thèse simple – puisqu’ensevelie – proclamait que si tu crois avoir des dons et des qualités qui te révéleraient comme supérieur aux autres, tu doives bien te placer tout en bas de la société et soulever à bout de bras ?
    Et soulever la Société à bout de bras (non la regarder et la scruter de haut !). Sinon quel peut bien être l’utilité de se trouver au sommet ? Il semble qu’il n’y reste plus à soulever à bout de bras que les étoiles.
    Être intelligent, et le rester, transparaît, très soudain, comme accepter une participation à une pauvreté généralisée. Puisqu’il semble si aisé d’établir un « revenu minimum garanti », il devrait paraître encore plus facile d’établir un « revenu maximum garanti ». Toute richesse exagérée serait désormais définitivement exclue de la civilisation.
    Le splendide contrecoup c’est que la galopante misère nationale, puis
    mondiale, serait, tendanciellement, en voie de complète disparition (les parasites vivant de la misère et pauvreté itou). Il ne resterait plus que ce que nous nommons « pauvreté généralisée ». Ce mot, toutefois, se profile quelque peu trompeur puisqu’il ne l’est que par rapport au mot richesse. En fait, cette dite pauvreté généralisée serait un incroyable enrichissement collectif pour, au moins les 3/4 de l’humanité, soit dans chaque pays occidental pour plus de 70 %, dans les pays en développement pour plus de 80 % et dans les pays dits pauvres pour plus de 90 %. Bref, la loi du nombre, dite aussi démocratie, se verrait, pour la première fois, récompensée. L’acceptation de la « pauvreté généralisée » enrichit, grandement et à la seconde, les 3/4 de l’humanité. Mais, aussi, stabilise économiquement les autres 20 % tout en parvenant à la richesse de « les mettre en cohérence avec eux mêmes ». Restent 5 % : — les seuls qui « profitent » de l’humanité entière, des ressources non renouvelables, de la misère générale. En démocratie, ils restent définitivement minoritaires. D’entêtés marginaux.
    Vouloir maintenir que c’est pour le bien-être du plus grand nombre que ces riches exagérés n’arrêtent plus de se monopoliser les richesses pendant que l’inacceptable misère augmente de partout, oser poursuivre que le plaisir de 90 % de la population c’est de les voir devenir toujours plus riches et eux mêmes toujours plus pauvres, daigner asséner que c’est la responsabilité et la compétence qui, implacablement, obligent au « tout pour moi et rien pour les autres » d’Adam Smith (et qu’il dénonçait !) – tout cela paraît de plus en plus fermement allié à la bêtise crasse. Non, il n’est plus possible de défendre et de soutenir la richesse exagérée sans sombrer dans l’idiotie la plus évidente. En revanche, il émerge l’intelligence rayonnante qui admet que la « pauvreté généralisée » (ou le « revenu maximum garanti ») soit le seul moyen d’un véritable enrichissement collectif. Cette intelligence débordante rejoint les bases liberté, égalité, fraternité de la Constitution, oui mais constitution physiologique de chaque pays affilié à la démocratie. La légalité de l’égalité redevient triomphante. En plus que de parfaitement logique.

  • Anastaze
    Anastaze
    inconsolable absolument
    • Posté à 17h37 le 26/12/2011
    • Internaute 53186
      inconsolable absolument

    Finalement c’est rassurant, être pauvre et malade plutôt que riche et bien portant, je sais que ce n’est pas de ma faute, c’est génétique.

    Une grande baffe pour les évangélistes !

    • Administrateur Rue89
      Administrateur Rue89 répond à Anastaze
      En train de corriger des bugs... Rue89
      • Posté à 18h06 le 26/12/2011
        rédacteur
      • Expert 1
        En train de corriger des bugs...

      Ce n’est pas « génétique », c’est « épigénétique » : rien d’inné, que de l’acquis, comme l’explique très bien Damien. J’ai modifié le titre en page d’accueil de Rue89 pour lever toute ambiguïté sur son propos.

      • Anastaze
        Anastaze répond à Administrateur Rue89
        inconsolable absolument
        • Posté à 18h37 le 26/12/2011
        • Internaute 53186
          inconsolable absolument

        Merci pour vos précisions. L’article montre bien le rôle de l’environnement dans le processus.

        En voyant le mot « gène » qui à justifié de nombreux crimes au siècle passé, je n’ai pas pu m’empêcher de faire une vanne à deux balles en inversant les effets et les causes... finalement les évangélistes gardent leurs chances. Les dons du ciel aux plus méritants s’ils ne donnent pas l’éternité peuvent sacrément prolonger la vie. .

      • Bernardo Zorro
        Bernardo Zorro répond à Administrateur Rue89
        Il était une fois dans le Sud- (...)
        • Posté à 13h27 le 27/12/2011
        • 176980
          Il était une fois dans le Sud- (...)

        « comme l’explique très bien Damien »

        D’habitude il est bien plus précis désolé... : -)

  • zygzornifle
    zygzornifle
    Poussière d'étoiles
    • Posté à 17h45 le 26/12/2011
    • Internaute 160367
      Poussière d'étoiles

    Les riches vont bien, les pauvres sont malades : histoire de gènes ?

    Non histoire de fric pour avoir de la bonne nourriture du chauffage et de quoi se soigner, l’état est responsable de la misère qu’il entretient,ce président est le président du fric et de la richesse,c’est lui qui est le seul fautif de ce qui arrive et va arriver car ce mes est un grand deshumaniste.....

  • zygzornifle
    zygzornifle
    Poussière d'étoiles
    • Posté à 17h49 le 26/12/2011
    • Internaute 160367
      Poussière d'étoiles

    Les mal lotis sont en mauvaise santé. La faute à qui ?

  • glb
    glb
    en exil
    • Posté à 18h02 le 26/12/2011
    • Internaute 166001
      en exil

    Merci,article clair sur un sujet qui m’intéresse : les relations entre la génétique,l’environnement et les maladies.

    je me souviens avoir lu un article sur un lien existant entre l’obésité,l’environnement et la génétique.
    Il expliquait que dans les pays pauvres les générations étaient plus petites et que le corps avait besoin de moins de calories pour survivre : il s’adaptait à l’environnement et transmettait ces caractéristiques aux descendants.
    Lorsque eux-ci disposaient alors d’une alimentation qui ,à nos yeux, semble normale ,l’équilibre corporel hérité était définitivement perturbé et alors l’obésité s’installait...et se transmettait !

    Qui peut me donner des infos scientifiques complémentaires ? Merci.

    • glb
      glb répond à glb
      en exil
      • Posté à 04h03 le 27/12/2011
      • Internaute 166001
        en exil

      je viens de trouver un article ,indiqué ici-même :
      Lien
      mais ce n’est pas celui que j’avais lu initialement.

      Réflexion intéressante sur le déterminisme qui bat en brèche le système de pensée lié à l’intervention divine et oriente ,de ce fait , la recherche sur de nouvelles voies.

    • Darknono
      Darknono répond à glb
      « par exemple : (médecin) » (...)
      • Posté à 23h37 le 28/12/2011
      • Internaute 127126
        « par exemple : (médecin) » (...)

      Bonsoir,
      dans le même esprit, mais sans trop de précision, désolé :

      Il y a quelques années, (entre 5 et 10...) les médias ont « parlé » d’une étude de 2 chercheurs (1 Américain et 1 Islandais, qui doivent être assez agés maintenant) :

      Leurs travaux respectifs se sont recoupés autour du travail de l’Islandais qui avait étudié la morphologie de la population islandaise( Bon sujet d’étude, paraît-il, car une des population les moins métissée du monde) .

      LORS des famines, certains gènes (je pense du foetus chez les femmes enceintes) subissaient des changements. La mutation intervenait à un âge (intra-utérin) spécifique.

      Le résultat chez le nouveau né (ou plutôt nouvelle née) était d’avoir de futur bébé de taille plus réduite pour mieux s’adapter à leur morphologie lors de l’accouchement car il avait vécu une famine durant leur vie intra-utérine.

      Je n’ai plus entendu parler des ces travaux.
      J’espère avoir été clair.
      En y réfléchissant, j’espère également que les scientifiques connaissent leur métier (que je ne connais pas spécialement) pour prendre en compte la sélection naturelle qui aurait pût (bon ortho ?) faire mourir les bébés restaient aux mensurations antérieurs et ne pas augmenter les nombre des bébés « petits » mais seulement les faire juste devenir majoritaires, non une erreur aussi simple est inenvisageable.
      Adiu

  • Fantomax
    Fantomax
    génie du mal
    • Posté à 18h41 le 26/12/2011
    • Internaute 157606
      génie du mal

    C’est même plus qu’une double peine, elle est largement triple : parce que pour se soigner après quand t’es pauvre, bonne chance.
    Et ça, ça va pas s’arranger du tout avec la casse systématique de notre système de santé méthodiquement planifiée par la clique au pouvoir.

    • zygzornifle
      zygzornifle répond à Fantomax
      Poussière d'étoiles
      • Posté à 09h04 le 27/12/2011
      • Internaute 160367
        Poussière d'étoiles

      Après le PMU la CMU........

  • Nadia Aouassi
    Nadia Aouassi
    Employée
    • Posté à 19h25 le 26/12/2011
    • Internaute 68357
      Employée

    « Selon que vous serez puissants ou misérables les jugements de cour vous rendons noir ou blanc » .Citaion de Jean de la Fontaine toujours autant d’actualié ! ! !

  • zygzornifle
    zygzornifle
    Poussière d'étoiles
    • Posté à 20h57 le 26/12/2011
    • Internaute 160367
      Poussière d'étoiles

    Les mal lotis sont en mauvaise santé.

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