Infusion de sciences

La science est une activité très sérieuse dont il est fondamental de parler (aussi) avec dérision

Hormone de croissance : la bactérie hors de cause

Damien Jayat
Médiateur scientifique
Publié le 17/02/2008 à 12h30

Des protéines de prion (DR).

Lors de l’ouverture du procès de l’hormone de croissance, mercredi 6 février, un avocat de la défense a fait une déclaration pour le moins intrigante : évoquant le fait qu’on ne savait toujours pas exactement comment se transmet la maladie, l’avocat a émis l’hypothèse d’une bactérie. C’est pourtant l’hypothèse la moins crédible. Explications.

L’affaire met en cause l’équipe chargée de récupérer lesdites hormones sur des cadavres humains. On lui reproche d’avoir organisé les prélèvements dans des conditions sanitaires douteuses ayant entraîné la contamination de plus d’une centaine d’enfants par la maladie de Creutzfeldt-Jacob (MCJ).

Cette encéphalopathie, comme la maladie de la vache folle ou la tremblante du mouton, fait des trous dans le cerveau, processus qui conduit irrémédiablement à la mort après de longs mois de délabrement moteur et psychique.

Contrairement à ce qu’affirme l’avocat, il est établi que le responsable de cette pathologie perforante est une protéine. Appelée prion, si elle décontenance la communauté scientifique par ses propriétés étonnantes, tout le monde s’accorde pour lui attribuer la responsabilité des encéphalopathies. Mais d’un point de vue strictement scientifique, l’avocat n’a pas entièrement tort.

En effet, les encéphalopathies font partie des maladies dites « infectieuses » , c’est-à-dire transmises par des agents extérieurs : virus, bactéries, parasites… Dans nombre d’entre elles, l’agent responsable de la transmission de la maladie est différent du composé réellement toxique. Exemple : si le choléra est transmis par une bactérie, c’est une protéine fabriquée par celle-ci qui, à la suite d’une chaîne d’événements compliquée, amène les cellules intestinales à se délester de grandes quantités de sel et d’eau, provoquant directement de la maladie.

Dans certains cas, les encéphalopathies sont elles aussi transmises par un agent extérieur. Le problème, c’est qu’on ne connaît toujours pas l’identité de cet agent. Et sa recherche fait patauger la science hors des sentiers battus puisqu’il ne ressemble à rien d’officiellement connu : ni virus ni bactérie…

La protéine du prion, coupable de la maladie

L’élément directement responsable du déclenchement des encéphalopathies est, lui, identifié avec quasi certitude : c’est la protéine du prion (PrP), naturellement présente chez les mammifères mais dont on ne connaît pas le rôle précis. A l’état naturel, la PrP vit sa petite vie de protéine sans chercher des noises à personne. Mais si, pour une raison ou pour une autre, la PrP subit une toute petite modification de sa structure, alors ça commence à barder.

Car l’activité d’une protéine est profondément liée à sa forme, à sa structure dans l’espace. Comme un CD n’est plus lisible lorsqu’il est tordu, une protéine qui n’a plus sa forme naturelle perd les pédales.

La modification de structure d’une protéine peut être due à une mutation du gène qui sert à sa fabrication. C’est le cas de la MCJ chez l’homme, qui peut apparaître suite à une mutation du gène de la PrP. Mais cette protéine est extraordinaire, car elle peut aussi être modifiée… par une autre PrP qui a déjà subi une transformation ! En fait, si une PrP malade (les savants l’appellent PrPsc) rencontre une PrP normale, une réaction a lieu entre les deux et la PrP normale devient à son tour malade. La PrPsc est donc capable de transmettre sa structure modifiée aux autres PrP. Du coup, si des PrPsc se promènent dans un cerveau, elles peuvent contaminer les PrP normales pour les transformer en PrPsc qui vont à leur tour en contaminer d’autres. Et ainsi de suite.

La maladie se propage à grande vitesse, des millions de PrPsc s’accumulent parmi les neurones, détruisent tout sur leur passage et transforment peu à peu le cerveau en une meule de gruyère qui aurait été attaquée par un essaim de musaraignes.

Mais qui est coupable de la transmission ?

Les chercheurs commencent à comprendre comment la maladie se développe, même s’il reste de nombreuses zones d’ombre. Chez l’homme, la MCJ qui touche les plus de 60 ans a des causes similaires à celles qui provoquent certains cancers. Dans ces derniers cas, la mutation d’un gène entraîne une prolifération anarchique de cellules ; de la même manière, une mutation du gène de la PrP entraîne une prolifération de PrPsc.

Ce qu’on comprend moins bien, c’est comment la maladie se transmet d’un individu à un autre. Car elle ressemble sous certains aspects à un cancer, or un cancer n’est pas contagieux ! Chez le mouton, la maladie se transmet par voie orale : suite à l’ingestion de produits contaminés, on observe la présence de PrPsc d’abord dans l’intestin, puis dans le système lymphatique et nerveux proche du système digestif. La PrPsc se propage ensuite dans tout le système nerveux jusqu’à atteindre le cerveau.

De la vache à l’homme, le phénomène serait à peu près le même : la PrPsc se propagerait de l’intestin au cerveau en suivant les autoroutes biologiques que sont les nerfs et le circuit lymphatique.

Comment la PrPsc de vache parvient-elle à modifier des PrP humaines ? Il semble que les PrP bovine et humaine sont parfois suffisamment similaires pour que la PrPsc de vache puisse reconnaître la PrP normale humaine et lui refiler ses problèmes.

Le grand problème reste de savoir si c’est la PrPsc et elle seule qui, en passant d’un individu à l’autre, transmet la maladie. C’est aujourd’hui l’hypothèse la mieux étayée, mais aucune certitude n’est encore possible. L’idée qu’une protéine seule suffise pour rendre malade des millions de bêtes n’appartenant parfois pas à la même espèce étonne plus d’un chercheur. Ce serait un cas totalement inédit, une vraie révolution. Et la science est toujours méfiante envers les révolutions.

De plus, l’hypothèse d’une protéine seule ne répond pas à toutes les questions et ne colle pas avec toutes les observations. Par exemple, des études sur les souris ont montré que certains individus, pourtant malades, n’ont presque pas de PrPsc dans le cerveau.

Il semble donc, d’après l’ensemble des études réalisées sur le prion, que l’agent responsable de la maladie (la PrPsc) ne soit pas exactement le même que celui qui transmet la maladie. Plusieurs hypothèses restent en course quant à l’identité de celui-ci : il pourrait s’agir d’un amas de PrPsc déjà agglomérées sous forme de fibres, ou bien d’une PrPsc renfermant un petit morceau d’ARN suffisamment protégé pour qu’on ne le voie pas, ou encore d’un virus qui resterait indétectable par les moyens actuels.

L’hypothèse d’une bactérie, avancée par l’avocat de la défense dans l’affaire des hormones, est aujourd’hui écartée. Une bactérie, du point de vue du biologiste, c’est une grosse, grosse bête. Impossible de la rater. Si l’une d’entre elles était responsable de la transmission des encéphalopathies, on le saurait donc depuis longtemps.

Conclusion : l’avocat a raison de mettre en doute la nature exacte de l’agent de transmission, mais a tort de parler de bactérie, hypothèse la moins crédible. Et dans ce dossier, il ne s’agit pas de savoir si c’est un prion ou un virus qui transmet la maladie, mais de comprendre comment des hommes ont pu la transmettre à d’autres hommes qu’ils devaient soigner.

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  • angie
    • Posté à 12h54 le 17/02/2008
    • Internaute 30244

    ça fait plaisir de vous retrouver,mr Jayat ! tous ces mondes parallèles sont extraordinaires, et leur étude fera ,j’espère, avancer les choses !
    Et qui sait : nous sommes peut-être nous même, humains, des petits prions d’un gigantesque organisme !
    allez savoir...
    en tout cas, merci pour vos explications !

  • yapadebug
    • Posté à 13h28 le 17/02/2008
    • Internaute 840

    M. Jayat, vos articles sont toujours très compréhensibles et très intéressants. Merci !

  • A déménagé le 19-01-2012
    • Posté à 14h22 le 17/02/2008
    • Internaute 22670

    « »« L’idée qu’une protéine seule suffise pour rendre malade des millions de bêtes n’appartenant parfois pas à la même espèce étonne plus d’un chercheur. Ce serait un cas totalement inédit, une vraie révolution. Et la science est toujours méfiante envers les révolutions. » » »

    pourquoi ne pas se demander si les contaminations n’ont rien à voir entre elles, et ne seraient que parallèles ?

    parce que ça voudrait dire que des humains ont mangés des humains...et là, ça devient compliqué.

    peut-être une mauvaise blague du boucher...

    en même temps, au prix du kilo de boeuf, si j’étais serbe, ça me laisserai pensif tous ces charniers.

  • ppfri
    • Posté à 16h18 le 17/02/2008
    • Internaute 24481

    bien que ne partageant pas nécessairement votre assurance sur quelques points (l’aspect très « ratable » de certaines gram-positives par exemple), je vous félicite cher confrère pour cet excellent papier. j’envie les étudiants nantais qui ont probablement eu le plaisir d’assister à vos TD et autres TP …
    l’aspect dramatique de cette affaire est une petite piqûre de rappel pascalienne, le savoir accumulé par la communauté ne protège pas ni de l’appât du gain ni de la concupiscence de certains de ses membres …
    au plaisir de vous lire prochainement.

  • etonne
    etonne
    Rennes
    • Posté à 20h57 le 17/02/2008
    • Internaute 8626
      Rennes

    Monsieur Damien Jayat (vulgarisateur scientifique)

    Si vos vulgarisations scientifiques sont à l’aune de vos approximations juridiques, cela pose problème :

    vous écrivez :

    « un avocat de la défense a fait une déclaration pour le moins intrigante : »

    puis un peu plus loin :

    « Contrairement à ce qu’affirme le magistrat, il est établi que le responsable de cette pathologie perforante est une protéine. »

    Un avocat n’est pas un magistrat ;

    Ce que vous écrivez est aussi stupide que de prendre une bactérie pour un virus.

    Ce type d’approximation commence à être lourd et induit une vision biaisée des choses et en particulier sur le fonctionnement de la justice.
    (confusion entre le parquet et le siège, entre le juge d’instruction et le Juge des libertés et de la détention (JLD), etc...)

    allez suivre une formation sur l’un des blogs qui mettent les points sur les I en matière juridique, même si ces sujets ne sont pas « SCIENTIFIQUES’

    et on pourra vous suivre dans vos discours

    • Les Ln au carré
      Les Ln au carré répond à etonne
      démocrates sociales convaincues
      • Posté à 21h42 le 17/02/2008
      • Internaute 23203
        démocrates sociales convaincues

      Merci pour les précisions. Personne ne peut tout savoir sur tout (même un scientifique). De plus ce n’est pas vraiment le sujet de l’article. Nous sommes biologistes également et d’un point de vue scientifique le discours est juste. La vulgarisation scientifique est un travail difficile et particulièrement en biologie. S’il y a des approximation juridique, c’est bien de nous en faire part mais ce n’est pas le sujet principal de l’article.

    • cooper59
      cooper59 répond à etonne
      nazer c pueril et con
      • Posté à 22h59 le 17/02/2008
      • Internaute 18535
        nazer c pueril et con

      oh la v’la le bureau des reclamations ! allez un peu de comprehension ! pffffff !

      • cooper59
        cooper59 répond à cooper59
        nazer c pueril et con
        • Posté à 23h15 le 17/02/2008
        • Internaute 18535
          nazer c pueril et con

        je repondais a Etonne ; voilà qui est precisé , merci pour l’article , j’avais oublié de le preciser .

    • Damien Jayat
      Damien Jayat répond à etonne
      Médiateur scientifique
      • Posté à 08h56 le 18/02/2008
      • Internaute 20409
        Médiateur scientifique

      je me fais rapidement l’avocat (j’ai le droit, là ?) de ma propre défense : ce n’est pas moi qui ai introduit le terme « magistrat » mais les éditeurs du site Rue89. J’accepte donc la critique, d’autant qu’elle ne me concerne pas. Je la prends toutefois à mon compte car elle me rappelle que toute information nécessite d’être vérifiée, et tout terme mérite d’être pesé.
      Une petite remarque cependant : est-ce que tout cela mérite une critique aussi violente ? Comme le dit si bien « Les Ln au carré », tout cela n’est pas le plus important...

    • Marie-Sophie Keller
      Marie-Sophie Keller répond à etonne
      Ex-Rue89 mais toujours fan
      • Posté à 12h42 le 18/02/2008
      • Internaute 26936
        Ex-Rue89 mais toujours fan

      Bonjour, permettez ce mea culpa de la part d’une éditrice qui, voulant éviter une répétition, a commis un contre-sens : je suis l’unique responsable de l’apparition inopinée du mot « magistrat », et non Damien Jayat. N’hésitez pas à me faire parvenir ces liens qui combleront mes lacunes juridiques.
      msk

  • pancréas
    • Posté à 21h27 le 17/02/2008
    • Internaute 31476

    Somme toute Stanley Prusiner a assez bien expliqué tout cela dans son discours Nobel....en 1997. Comment il s’est intéressé à la maladie de Creutzfeld Jacob dès 1972, comment on avait déjà à cette date la certitude que ce n’était pas une maladie bactérienne. Comment, à la recherche d’un virus il n’a trouvé qu’une protéine. Comment les hypothèses d’un agent infectieux purement protéique ont été formulées dès 1974, comment tout cela est devenu certitude dès 1982, comment l’hommage unanime de la communauté scientifique a pris la forme d’un prix Lasker, puis d’un Nobel. On peut réinventer l’histoire, reprendre les manips à zéro si on veut...mais la preuve est faite.
    La question de ce procès est : pourquoi y a t il eu plus des cas de MCJ en France parmi les enfants ayant reçu de l’hormone de croissance (extractive) alors qu’on ne déplore aucun cas parmi les enfants qui ont reçu de l’hormone de croissance (recombinante), en Allemagne par exemple. Ce qu’on juge c’est l’erreur d’appréciation des responsables de « France hypophyse », leur manque de clairvoyance. Les faits sont têtus, Stanley Prusiner avait déjà fait l’essentiel de son travail, le prix Lasker lui a été attribué en 1995.

    • Damien Jayat
      Damien Jayat répond à pancréas
      Médiateur scientifique
      • Posté à 09h01 le 18/02/2008
      • Internaute 20409
        Médiateur scientifique

      La science est au contraire une perpétuelle réinvention de l’histoire ! Aucune théorie ne peut (presque) jamais être considérée comme vraie, aucune certitude ne peut être affirmée, et si la théorie de Prusiner est tout à fait séduisante et comporte une grande partie de vérité, elle laisse des points d’ombre et des incertitudes. Les autres théories, les autres points de vue ont toujours leur place. La preuve n’est pas faite ! Celle que la protéine du prion est impliquée dans ces maladies, oui, d’accord. Mais le reste, les détails du mécanisme et de la transmission de la maladie sont loin d’être éclairés. Et quand ils seront mieux connus, peut-être que la théorie de la protéine seule de Prusiner sera à revoir. Peut-être pas. Mais en attendant, méfiance.

      • pancréas
        pancréas répond à Damien Jayat
        • Posté à 22h36 le 18/02/2008
        • Internaute 31476

        Refaites les expériences de Prusiner si vous voulez, mais il n’en restera pas moins que lorsque vous tamisez des extraits de cerveau de mouton, la fraction qui contient ce qui peut infecter d’autres moutons (la « scrapie ») est passé par des filtres dont les mailles ont retenu les grosses, les petites, les toutes petites bactéries, les gros, et les petits virus. Si vous regardez ce jus avec un microscope électronique dont la résolution est proche de la molécule on ne voit rien, et si on dose on ne trouve pas d’acide nucléique. Sommes toute une expérience assez simple, que n’importe quel étudiant de licence pourrait faire.
        La science est une perpétuelle réinvention de l’histoire : surement pas. La science détecte ses erreurs, en tire profit. La science bénéficie de nouveaux outils, instruments, connaissance pour affiner ses observations, mais elle ne se réinvente pas. Quand Einstein va au delà de Newton, il n’invalide pas Newton, il précise Newton, et ça n’est utile que quand on s’intéresse à autre chose qu’à la chute des pommes.

         
        • Damien Jayat
          Damien Jayat répond à pancréas
          Médiateur scientifique
          • Posté à 09h32 le 19/02/2008
          • Internaute 20409
            Médiateur scientifique

          Refaire les expériences de Prusiner n’aurait en effet pas grand intérêt, car elles ne feraient que confirmer les résultats précédents. Le problème apparaît quand on fait d’autres expériences, que certaines confirment l’hypothèse de Prusiner et que d’autres semblent la contredire. Les chercheurs essaient simplement de comprendre pourquoi, et c’est comme ça qu’ils avancent. Mais comme vous et moi, la plupart sont d’accord aujourd’hui pour l’accepter comme hypothèse la plus probable. Probable, je précise...

          Pour ce qui est de l’histoire des sciences, on pourrait en discuter des heures. Mais je dois avouer que je ne suis pas d’accord avec vous quand vous dites que la science ne réinvente pas. Quand Copernic retourne le système solaire, il réinvente. Quand Lavoisier annihile le phlogistique, il réinvente. Quand Pasteur détruit la génération spontanée, il réinvente. Quand Avery montre que c’est l’ADN qui se charge de la transmission de l’info génétique, et pas les protéines, il réinvente. Quand DeBroglie suggère que l’électron a un comportement ondulatoire, il réinvente. Et même quand Einstein introduit le temps dans la théorie de Maxwell et Boltzmann, il réinvente.

          La science ne produit pas un simple dessin un peu flou dont on affine peu à peu les traits. C’est une histoire que les hommes se racontent pour expliquer le monde, mais cette histoire est en perpétuelle remise en question. Parfois elle progresse sans trop de vagues, d’autres fois elle bouleverse totalement notre vision de la nature. Les philosophes discutent de ça depuis des dizaines d’années, et il ressort de tous ces travaux que toujours, d’une manière ou d’une autre, la science réinvente. A commencer par elle-même.

        1 autres commentaires
  • Les Ln au carré
    Les Ln au carré
    démocrates sociales convaincues
    • Posté à 22h18 le 17/02/2008
    • Internaute 23203
      démocrates sociales convaincues

    Cher Damien Jayat (vulgarisateur scientifique, spécialisé en biochimie)

    Tout d’abord merci pour cet article intéressant.

    Nous allons essayer de répondre à vos questions d’un point de vue évolutif (c’est un peu notre spécialité(beaucoup : M2 recherche en écologie évolutive et génétique)) :
    « Comment la PrPsc de vache parvient-elle à modifier des PrP humaines ? Il semble que les PrP bovine et humaine sont parfois suffisamment similaires pour que la PrPsc de vache puisse reconnaître la PrP normale humaine et lui refiler ses problèmes. »

    Si nous avons bien compris, la mutation PrPsc intervient dans une cellule au cours du vieillissement (elle n’est pas transmissible génétiquement car trop contraignante et donc non évolutivement stable).
    Ce que la biologie évolutive nous dit alors, est que la protéine en question est TRES contrainte : c’est à dire qu’il n’est pas évolutivement possible que beaucoup de variants viables existent, et en particulier dans sa forme. En conséquence, le gène est très conservé dans les lignées. D’un point de vue évolutif, l’humain est très proche de la vache pour beaucoup de ses protéines structurelles, particulièrement les plus contraintes et sur leur formes 3D. C’est par exemple le cas des hémoglobines.

    Toujours d’un point de vue évolutif, il est donc logique que la maladie se retrouve dans les deux lignées.

    Si leur forme est contrainte, alors il est raisonnable de penser qu’elles se reconnaissent (site de reconnaissance plus ou moins conservé). Le passage interspécifique est alors possible par la voie alimentaire.

    De plus, il transporte son information. Il nécessite encore un organisme (vivant et peut-être même mort) pour se répliquer, comme un virus. Tant qu’il croise des PrP normales, il gagne la compétition et se répand. Il est donc évolutivement sélectionné, comme le sont les transposons (qui sont des virus génétiques).

    En espérant que nos explications sont claires et que la biologie évolutive et la biochimie se rencontrent plus souvent pour répondre à leurs questions mutuelles.

    • Damien Jayat
      Damien Jayat répond à Les Ln au carré
      Médiateur scientifique
      • Posté à 09h09 le 18/02/2008
      • Internaute 20409
        Médiateur scientifique

      Les formes de la PrP sont peut-être contraintes, mais il faudrait voir à quel point.
      On sait en tous cas que différentes formes de PrP existent, différentes « souches » les nomment même les spécialistes, et la présence de ces souches est un argument en faveur de la présence d’un ADN ou d’un ARN dans l’agent responsable de la transmission. Car seul l’ADN ou l’ARN peut a priori introduire de la variabilité génétique.
      Les formes humaine, bovine et ovine de la PrP sont assez proches d’un point de vue évolutif, et c’est en effet ce qui explique le passage de la barrière des espèces. Toutefois, on a pu constater que certaines formes de PrP étaient plus sensibles que d’autres. Ainsi, tous les malades humains contaminés par de la viande bovine portaient une mutation homozygote de V129M (méthionine en position 129 au lieu de valine). Dans le même genre, chez le mouton certains variants de PrP sont plus sensibles que d’autres à la maladie.

  • cooper59
    cooper59
    nazer c pueril et con
    • Posté à 23h10 le 17/02/2008
    • Internaute 18535
      nazer c pueril et con

    a savoir pour info : les prelevements se faisaient donc sur des cadavres , on peux pratiquement dire qu’il etait difficile ( a une certaine epoque )de trouver un cadavre non prelevé , le prelevement se faisait vite fait et « a la barbare » si je puis dire ; il a fallu ensuite prelever sur des cadavres a l’etranger , plus particulierement en Bulgarie ! bref , un melange de Docteur Franckenstein , de trafic d’organes et d’appat du gain ! TRASH ! un vrai film d’horreur , avec a la fin les images de ces malades terriblement diminués et conscients , comme leurs entourages , du denouement fatal ! y’a des balles rouillées qui se perdent ! A GERBER ! j’arrete là !

  • FdT
    FdT
    En pleine décroissance
    • Posté à 07h04 le 18/02/2008
    • Internaute 24641
      En pleine décroissance

    « une meule de gruyère qui aurait été attaquée par un essaim de musaraignes »

    Non, non et non ! Il y en a ras le bol de ces approximations pseudo scientifiques véhiculmant un savoir erroné auprès des masses populaires. Comment nous étonné de cette jeunesse inculte quand nous rencontrons partout ce type d’erreur grotesque ?
    La musaraigne est un mammifère insectivore à ne pas confondre avec la souris (mus musculus) rongeur omnivore opportuniste.
    Offrez à une musaraigne captive du fromage et elle mourra d’inanition dans les heures qui suivront ! Offrez-lui divers arthropodes, vers de terre...et elle en sera bien aises.
    J’exige à ce que cet article soit corrigé !

    Je plaisante, mais les informations fournies concerant la différence entre souris et musaraignes sont bien réelles.

    • Damien Jayat
      Damien Jayat répond à FdT
      Médiateur scientifique
      • Posté à 09h10 le 18/02/2008
      • Internaute 20409
        Médiateur scientifique

      et bien, vous ne lâchez, rien ! ; o)

      • FdT
        FdT répond à Damien Jayat
        En pleine décroissance
        • Posté à 02h16 le 19/02/2008
        • Internaute 24641
          En pleine décroissance

        Oui ! En tant que naturaliste amateur passionné c’est le genre de chose erronée qui me saute aux yeux et je ne résiste pas à le signaler quitte à apparaître pédant.

        Pour l’anecdote les musaraignes sont souvent victimes de cette méprise et tuées pour cette raison. Là où je réside il existe des variétés assez grosses de ces insectivores confondues avec rats et souris, ainsi les gens les détruisent après capture sans savoir que la présence de ces animaux insectivores dans leur jardin et à proximité de leur habitation est d’une très grande utilité car ils se nourrissent de limaces, escargots, blattes et autres insectes indésirables et non pas de leurs fruits, légumes et fromage !

        En conclusion mon intervention n’était pas aussi inutile qu’elle pouvait de prime abord apparaître, et encore moins la marque d’un esprit se plaisant à exposer une érudition affectée...
        Vive les musaraignes ! Aimons-les et protégeons-les ! : o)

         
        • Damien Jayat
          Damien Jayat répond à FdT
          Médiateur scientifique
          • Posté à 09h16 le 19/02/2008
          • Internaute 20409
            Médiateur scientifique

          Moi j’ai bien aimé votre précision, intéressante et pas du tout prétentieuse. Il est difficile de faire attention à tous les mots qu’on emploie, et des corrections comme la vôtre sont toujours les bienvenues. Moi qui voulais utiliser « musaraigne » pour éviter le cliché de la souris qui bouffe le fromage, me voilà prévenu...
          merci encore !

        1 autres commentaires
    • angie
      angie répond à FdT
      • Posté à 15h41 le 18/02/2008
      • Internaute 30244

      @FdT,bonjour !

      excusez mon intrusion : « comment nous étonné... » ! ! « étonner » se termine par ER...
       » elle en sera bien aises » « aise » ne prend pas de S à la fin...
      cordialement !

      • FdT
        FdT répond à angie
        En pleine décroissance
        • Posté à 01h24 le 19/02/2008
        • Internaute 24641
          En pleine décroissance

        Merci Angie ! J’avais besoin d’une secrétaire !

  • Lechat
    Lechat
    esprit critique
    • Posté à 08h21 le 18/02/2008
    • Internaute 23925
      esprit critique

    Epidémiologie de la maladie de Creutzfeldt-Jakob

    Ce qui est certain c’est qu’il y a eu de GRAVES NEGLIGENCES car l’Etat connaissait les risques
    J’espère que les responsables vont etre lourdement condamnés
    intéressant

  • Lechat
    Lechat
    esprit critique
    • Posté à 08h36 le 18/02/2008
    • Internaute 23925
      esprit critique
  • Lechat
    Lechat
    esprit critique
    • Posté à 08h43 le 18/02/2008
    • Internaute 23925
      esprit critique

    le lien ne fonctionne pas il faut donc le recopier
    INSERM
    10 PAGES
    point de vue d’un juriste
    l’hormone de croissance et la maladie de Creutzfeldt-Jacob Ethique de l’information

  • Lechat
    Lechat
    esprit critique
    • Posté à 11h31 le 18/02/2008
    • Internaute 23925
      esprit critique

    Paris, 31 juillet 2007

    Comment la protéine prion pénètre dans les cellules immunitaires

    Lien

    Protéine prion et radicaux libres : les liaisons dangereuses
    Lien

    Une protéine prion de champignon commence à dévoiler la structure de sa forme infectieuse
    Lien
    .........
    Ils constituent une étape importante dans la compréhension des mécanismes qui transforment une protéine en un agent infectieux.
    ........

  • Ti-bout
    • Posté à 22h03 le 18/02/2008
    • Internaute 32626

    Juste pour info (réponse à un commentaire) : les hommes se mangent, si si !
    La tribu de Kuru en Nouvelle Guinée a été presque décimée par la maladie à prion : le rituel du cannibalisme, souvent sur leurs morts, et souvent les personnes agées, a entretenu la transmission de la maladie...
    see you !

  • cooper59
    cooper59
    nazer c pueril et con
    • Posté à 09h18 le 19/02/2008
    • Internaute 18535
      nazer c pueril et con

    c’est vrai ça ! ingerer des hormones de croissance etait un acte de cannibalisme ! bouffer des extraits d’hypophise prelevé sur un nourisson mort bulgare ! voilà ce qui s’est passé .

  • tedral06
    tedral06
    Retraité
    • Posté à 17h31 le 20/02/2008
    • Internaute 27446
      Retraité

    Bien entendu il n’y aura pas de responsable,le fric toujours le fric ! ! ! Prenons garde à notre médecine au train ou vont les choses les pro de la santé sont plus préocupés par leur profits que par la santé des malades,il n’y à qu’à voir les dépassements d’honoraires pratiqués, dans certaines règions de France il est même impossible d’en trouver un qui n’en applique pas, si nous ne réagissons pas, le serment d’hyppocrate pourrait bien se transformer en un serment d’hypocrites

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